Cet album part sur la base d'une idée pas très originale mais qui pouvait être amusante : inverser les gentils et les méchants dans les contes traditionnels. Cette fois, le Loup est gentil et végétarien et a bien du fil à retordre face à l'ignoble Chaperon Rouge, Pierro le Fou, la Chèvre de Monsieur Seguin imbue d'elle-même ou encore l'entreprise immobilière sans scrupule des 3 petits cochons.
L'album est scindé en histoires courtes qui sont autant de contes revisités et inversés à l'exception de la dernière qui sert d'épilogue à l'ensemble.
Le dessin est dans un style volontairement enfantin. Ce n'est pas beau mais c'est voulu... En tout cas, ce graphisme ne m'a pas donné tellement envie à priori et ne m'a pas davantage séduit après lecture.
Les histoires jouent la carte de l'humour mais... hormis la première qui m'a mis dans l'ambiance et que j'ai trouvée simplement amusante, sans plus, les autres ne m'ont pas franchement fait rire. Trop prévisibles ou sans véritable impact humoristique, elles n'ont pas davantage accroché ma fille de 7 ans quand elle les a lues.
Ca se laisse lire pour divertir quelques minutes mais je pense rapidement oublier cette lecture.
Deux valeurs sûres du monde de la bande dessinée nous offrent un récit... dont la seule originalité provient du personnage central. Léonard de Vinci est donc mis à contribution pour une histoire de vengeance d'une telle banalité que je ne peux que la trouver indigne du talent du duo Convard – Chaillet.
Restent donc l'évocation historique et le trait classique et précis de Chaillet pour m'éviter de sombrer dans les bras de Morphée. Et c'est vrai que le contexte historique rigoureusement restitué est digne d'intérêt, et que les décors (surtout les divers bâtiments) sont plaisants à l'oeil.
Mais quelle pitoyable banalité que cette histoire de vengeance !
Depuis le temps que je suis son blog, j'attendais davantage de la première BD de Tanxxx que je lis.
Autant j'aime son graphisme très inspiré de Charles Burns en tant qu'illustratrice, autant j'aime moins son style BD. Il a certes une personnalité reconnaissable, notamment dans la tronche de ses personnages, mais il ne me séduit pas vraiment. Il fait en outre preuve dans cet album de quelques défauts manifestes, notamment en termes de perspective.
Mais c'est surtout l'histoire qui m'a un peu déçu. Elle ne se base finalement que sur une grosse idée, toute la population d'un concert rock qui se transforme en zombie, agrémentée d'une petite sous-idée, celle d'un type un peu collant qui agace l'héroïne et la suit même dans son combat contre les morts-vivants. A part ça, pas grand chose. Résumons : concert rock, binouze, de plus en plus de zombies, l'héroïne qui s'en sort avec juste quelques vêtements arrachés, marave la gueule de tout le monde et pouf se retrouve de nouveau avec son type collant sur les bras. C'est tout. Pas très drôle, trop court, pas très original et bien sûr pas crédible du tout mais ça, c'était voulu.
Trop vite lu, trop vite oublié.
Voilà un shojo moderne qui se démarque un peu des classiques du genre par quelques originalités, dans la narration, dans le déroulement du récit mais aussi surtout par une présence de davantage de personnages masculins que féminins. Faut-il y voir une inversion du genre shonen harem en shojo harem ? Il faut admettre que les personnages sont tous à rivaliser de qui sera le plus cool, le plus intelligent, le plus mystérieux, le plus surprenant... "Kyaaaa !", comme dirait Freud. Plus qu'à choisir son ou ses chouchous pour les jeunes lectrices romantiques.
Le scénario est un peu étrange, décousu. Il se contente au départ de poser la jeune héroïne dans le cadre bien particulier de cette classe de surdoués, sous l'aile protectrice du groupe des 5 meilleurs surdoués, tous aussi cools et infaillibles les uns que les autres. Puis l'auteur emmène ce petit monde et ceux qui les rejoignent au fur et à mesure dans une suite de péripéties allant du grand classique au délire complet : romances étudiantes, fête du lycée, tournoi de tennis, vacances et jeux entre amis et même la libération d'un otage dans des circonstances aussi peu crédibles que rapidement expédiées. Il faut dire que les héros de ce manga sont vraiment "trop trop trop forts". C'est des surdoués on vous dit, ils sont bons en tout, sauf quand l'auteur a décidé de leur donner un petit défaut rigolo histoire de les rendre plus "humains", plus mignons encore.
J'ai lu ce shojo sans aucune passion, et avec un réel ennui à bien des passages. Il y a peu d'humour, les situations sont souvent invraisemblables ou trop artificielles et les personnages ne m'ont pas intéressé ni séduit. Hormis le désir de suivre l'évolution des relations entre les protagonistes ou de percer le mystère de tel ou tel d'entre eux, il n'y a guère de fil rouge narratif à ce manga, rien qui me donne envie d'aller de l'avant. En outre, le dessin ne m'a pas charmé car il est trop cliché dans le genre shojo (personnages filiformes, yeux énormes) et surtout j'ai vraiment eu le sentiment que les personnages ne se différenciaient physiquement que par leurs différentes coiffures, accessoires et détails vestimentaires.
Je ne suis pas le bon public pour cette oeuvre qui, par ailleurs, a l'air de bien plaire à certains lecteurs adolescents.
L'intégrale se nomme à juste titre Tout Paulette, je pensais donc en entamant la lecture tout apprendre de Polette, pardon de Paulette et j'ai été servi. Plus de 400 pages sur les aventures rocambolesques et parfois sans queue ni tête de la jeune et jolie Paulette plus souvent dénudée qu'à son tour. Les histoires varient avec des retournements de situations parfois invraisemblables.
Pour donner quelques exemples de ce qu'on peut lire dans ces 7 tomes, Paulette riche héritière décide de distribuer son argent et chacun fait la queue chez elle pour expliquer de combien il a besoin et pourquoi. Ou encore Paulette crée sa ville utopiste Ras-le-bol ville. J'ai bien aimé cette histoire où la jeune fille crée son monde sur une petite île à la géographie évocatrice de l'anatomie féminine loin de la ville stressante. Tout le monde commence à quitter son boulot et à la rejoindre par tout moyen de locomotion imaginable dans une cité de rêve où toutes les devises sont distribuées généreusement par sa fondatrice reniant le capitalisme.
Paulette rencontre des nazis exilés en Amérique du sud comme chacun sait après avoir croisé un juif au look de français typique, Mosher, qui a fait exploser son avion avec une bombe dissimulée dans son pain de trois. Paulette tombe enceinte sans savoir comment et accouche d'un gamin qui se fait kidnapper et qu'un obscur savant fou fait vieillir physiquement de 50 ans. Il va par la suite retrouver sa mère qui bien entendu ne va pas le reconnaître. Et le must Paulette a une amie aussi sexy qu'elle mais qui s'avère être un vieil homme à la base, il tombe amoureux de sa propre personne devenue femme.
A l'image de ce Narcisse revisité, Wolinski part dans tous les sens pour des aventures prétextes à ne montrer que la physionomie voluptueuse de Paulette et plutôt bien dessinée par Pichard, ce qui n'est pas forcément le cas des décors. J'ai eu l'impression que plus j'avançais dans ma lecture, que j'ai fait en plusieurs fois vu le pavé, et plus on voyait souvent les seins de l'héroïne sardanapalesque et de sa comparse Joseph. Là où au début c'était assez chaste avec des cheveux dissimulant habilement la pointe des seins par exemple et les parties les plus intimes, cela ne dépareillait pas trop dans le scénario. Au fil des pages et des histoires alambiquées, Paulette en plus de se faire violer plus d'une fois bien que ce ne soit pas explicitement montré, dévoile toujours des positions et des tenues légères sans que cela ne soit pour le moins justifiable par un quelconque scénario. Pour autant, c'est dommage de ne pas en avoir fait un vrai truc érotique assumé au lieu de multiplier les ellipses sur les moments les plus chauds. Avec le dessin de Pichard qui a d'ailleurs œuvré sur de la bande dessinée dite sobrement "pour adultes", cela aurait pu donner quelque chose de correct si je puis dire dans le genre. Mais là on reste sur la brèche entre un récit d'aventures teinté de "fan service" comme on dit dans les mangas, et le récit érotique ayant au moins un semblant de scénario comme support. Mais peut-être et même sûrement ce fut le cahier des charges de l'époque, cette série datant du début des années 1970.
Un thriller psychologique dont la sauce ne prend jamais en raison d'un trop grand nombre de raccourcis et de clichés utilisés par l'auteur. Dès le départ, le coup de fil du héros à sa compagne sonne faux (sans mauvais jeu de mots). Ensuite le choix de tuer la personne qui veut les faire chanter arrive un peu vite selon moi ; il aurait fallu plus développer la réflexion du personnage principal l'amenant à cette issue inévitable. Enfin, d'un point de vue psychologie des personnages, ce genre d'histoire sent fortement le réchauffé avec le lien entre l'enfance perturbée du héros et sa psychose le menant à tuer des gens.
Je ne m'attarderai pas non plus sur le dessin réalisé à la peinture et très photo-réaliste à la manière d'un Red Bridge. Personnellement, je trouve que cela donne un rendu beaucoup trop figé aux scènes et aux visages des personnages.
En résumé une BD décevante dont le scénario s'approche de celui des téléfilms journaliers de M6.
Originalité : 2/5
Histoire : 1,5/5
Dessin : 2/5
Mise en couleurs : 2/5
NOTE GLOBALE : 7,5/20
C’est de la bd pour les tous petits.
Des petits manchots vont tomber sur un ours polaire à la dérive. Compagnons de jeu ou menu fretin ? L’ours affamé a vite fait son choix !
Cette histoire se lit très vite, la faute à un contenu très pauvre. Rien d’original, rien de touchant. C’est un récit convenu dénué de tout intérêt. Seul le dessin est sympathique.
Je suis pas sûr que même nos petits bouts s’éclateront avec ce livre.
Pythagore, c’est un mathématicien rendu célèbre par son fameux théorème. C’est aussi un hibou écolo avant-gardiste.
Le dessin de Derib est bon (comme à son habitude). Le trait moins réaliste est plus adapté à un lectorat plus jeune (à l’image de Yakari). La composition des planches m’a par contre laissé indifférent. L’univers de Derib étant par essence le far-west, j’ai plus de mal lorsqu’il s’aventure dans des époques plus contemporaines. Même sans faire partie du public cible, je trouve les scénarii très faibles et naïfs. Un point positif est la sensibilisation du public aux problèmes environnementaux. Mais cette proximité avec la nature et son écoute fait partie intégrante de l’univers de Derib (Buddy Longway et Yakari).
Bref, quitte à choisir une série pour nos petits bouts, je préfère (et de loin) la série Yakari et petit tonnerre du même duo.
Sam Leighton est un jeune flic, encore pétri d’idéaux. Lui s’applique à faire des rapports précis et détaillés sur une récente vague d’assassinats, alors que ses supérieurs, pour leur part, espèrent classer sans suite un maximum de dossiers. Les excès de zèle de Sam finissent par lui valoir les foudres de la hiérarchie. Contacté par un informateur anonyme, dans le cadre de ces meurtres sanglants, le jeune Leighton décide d’agir de son propre chef et de passer outre la voie légale.
Le début du récit est on ne peut plus classique et pourtant ça marche, l’on y croit ! La chute par contre est incompréhensible ! Comment formuler cela, tout en évitant les 'spoilers' ? De deux choses l’une : soit le récit est réaliste et la fin est dès lors tout à fait incohérente, soit le récit est fantastique (dans le genre dimension parallèle, voyage dans le temps, etc.) et, dans ce cas, le narrateur a oublié d’en avertir le lecteur ! Quoi qu’il en soit, il y a un réel problème avec cette conclusion…
Hermann, quant à lui, s’est acquitté honorablement de sa part du contrat. Il a son style bien à lui. Un style que j’apprécie. Dommage que la majeure partie du récit soit nocturne. En effet, la magie de la luminosité de la palette d’Hermann ne peut opérer. Par ailleurs, le dessinateur a toujours autant de mal à rendre les dames attirantes (quelques cours intensifs avec Milo Manara lui feraient sans doute le plus grand bien…)
Après les expériences graphiques de Quartier lointain et Le Journal de mon père, le succès ici de cet ouvrage m’a fait tenter une fois de plus la lecture d’un opus Taniguchi
Graphiquement, nous ne sommes pas surpris : le trait magistral qui officiait en noir et blanc se distingue toujours pour sa précision et sa clarté. Une colorisation pastel magnifique vient compléter le dessin, nous découvrons ici la grande qualité de colorisation de cet auteur en plus de sa technique de trait. Cependant si les premières planches dépaysent le lecteur habitué au noir et blanc, la suite du récit, même de très grande qualité m’est apparue fade et sans saveur. Certaines vues particulièrement travaillées paraissent certes de qualité mais il manque une atmosphère. On ne sent pas les odeurs des lieux en les voyant, on a plutôt l’impression de très belles cartes postales, sans vie, sans âme.
Le scénario nous raconte le quotidien d’une famille de trois membres les parents et cette enfant particulière. Particulière car vivant avec un handicap certain par rapport à d’autres enfants. Mais handicapée n’est pas un gros mot à mon sens ou une catégorisation qui exclue, cette enfant suit encore le cursus commun mais présente de grosses difficultés à suivre le même chemin que les enfants de son âge. L’album nous raconte comment cette fille même différente des autres va vivre son propre univers et tente de nous montrer que son univers nous touche. Le début du récit se situe dans un lieu complètement impersonnel typique de nos sociétés urbanisées, les parents vivent des situations complexes, on a l’impression qu’ils font toujours des efforts pour ne pas dire ou faire ce qu’ils voudraient vraiment. Une telle situation aurait pu être un festival de dégoulinade de pathos, or il y en a pas mal, mais je n’en ai pas ressenti à un moment trop. En revanche un moment m’a clairement fait décrocher du récit : celui avec la maison de campagne bien Française ! Les deux parents avaient tellement eu jusque là des expressions de retenue et montré une mentalité japonaise que de les imaginer européens m’a tout chamboulé. Du coup je n’ai plus cru en rien, toutes les réactions suivantes et les péripéties m’ont paru convenues et décalés par rapport à la culture française. Des colères qui n’en sont pas, une femme bien soumise, bien élevée, une relation au travail typiquement nippone, tout cela sonnait faux, un peu comme si on avait calé un écrin scénaristique nippon avec le code d’expression corporelle dans un univers Français. Dommage… D’autant que l’univers de la petite fille fourmille de détails attachants. Les grands parents forment un cliché géant qu’il est également difficile de regarder avec des yeux naïfs.
Bref au final, beaucoup de bruit pour rien, le récit s’enlise dans un univers fantôme ne cadrant pas du tout avec les personnages, les parents, à grand renforts de fausses colères, de silences langoureux nous rejouent du théâtre Nô. Reste la petite fille qui elle seule m’a plu dans ce récit et lui évite la note minimale, il y a vraiment de jolies choses chez cette petite, dommage que tout ce qui l’entoure soit artificiel, soit faux, soit plat… Faire du plat au moment critique où la petite doit quitter l’enseignement général pour passer en cursus spécialisé, je n’ose imaginer la suite.
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Le Grand Gentil Loup
Cet album part sur la base d'une idée pas très originale mais qui pouvait être amusante : inverser les gentils et les méchants dans les contes traditionnels. Cette fois, le Loup est gentil et végétarien et a bien du fil à retordre face à l'ignoble Chaperon Rouge, Pierro le Fou, la Chèvre de Monsieur Seguin imbue d'elle-même ou encore l'entreprise immobilière sans scrupule des 3 petits cochons. L'album est scindé en histoires courtes qui sont autant de contes revisités et inversés à l'exception de la dernière qui sert d'épilogue à l'ensemble. Le dessin est dans un style volontairement enfantin. Ce n'est pas beau mais c'est voulu... En tout cas, ce graphisme ne m'a pas donné tellement envie à priori et ne m'a pas davantage séduit après lecture. Les histoires jouent la carte de l'humour mais... hormis la première qui m'a mis dans l'ambiance et que j'ai trouvée simplement amusante, sans plus, les autres ne m'ont pas franchement fait rire. Trop prévisibles ou sans véritable impact humoristique, elles n'ont pas davantage accroché ma fille de 7 ans quand elle les a lues. Ca se laisse lire pour divertir quelques minutes mais je pense rapidement oublier cette lecture.
Vinci
Deux valeurs sûres du monde de la bande dessinée nous offrent un récit... dont la seule originalité provient du personnage central. Léonard de Vinci est donc mis à contribution pour une histoire de vengeance d'une telle banalité que je ne peux que la trouver indigne du talent du duo Convard – Chaillet. Restent donc l'évocation historique et le trait classique et précis de Chaillet pour m'éviter de sombrer dans les bras de Morphée. Et c'est vrai que le contexte historique rigoureusement restitué est digne d'intérêt, et que les décors (surtout les divers bâtiments) sont plaisants à l'oeil. Mais quelle pitoyable banalité que cette histoire de vengeance !
Rock, zombie !
Depuis le temps que je suis son blog, j'attendais davantage de la première BD de Tanxxx que je lis. Autant j'aime son graphisme très inspiré de Charles Burns en tant qu'illustratrice, autant j'aime moins son style BD. Il a certes une personnalité reconnaissable, notamment dans la tronche de ses personnages, mais il ne me séduit pas vraiment. Il fait en outre preuve dans cet album de quelques défauts manifestes, notamment en termes de perspective. Mais c'est surtout l'histoire qui m'a un peu déçu. Elle ne se base finalement que sur une grosse idée, toute la population d'un concert rock qui se transforme en zombie, agrémentée d'une petite sous-idée, celle d'un type un peu collant qui agace l'héroïne et la suit même dans son combat contre les morts-vivants. A part ça, pas grand chose. Résumons : concert rock, binouze, de plus en plus de zombies, l'héroïne qui s'en sort avec juste quelques vêtements arrachés, marave la gueule de tout le monde et pouf se retrouve de nouveau avec son type collant sur les bras. C'est tout. Pas très drôle, trop court, pas très original et bien sûr pas crédible du tout mais ça, c'était voulu. Trop vite lu, trop vite oublié.
Five
Voilà un shojo moderne qui se démarque un peu des classiques du genre par quelques originalités, dans la narration, dans le déroulement du récit mais aussi surtout par une présence de davantage de personnages masculins que féminins. Faut-il y voir une inversion du genre shonen harem en shojo harem ? Il faut admettre que les personnages sont tous à rivaliser de qui sera le plus cool, le plus intelligent, le plus mystérieux, le plus surprenant... "Kyaaaa !", comme dirait Freud. Plus qu'à choisir son ou ses chouchous pour les jeunes lectrices romantiques. Le scénario est un peu étrange, décousu. Il se contente au départ de poser la jeune héroïne dans le cadre bien particulier de cette classe de surdoués, sous l'aile protectrice du groupe des 5 meilleurs surdoués, tous aussi cools et infaillibles les uns que les autres. Puis l'auteur emmène ce petit monde et ceux qui les rejoignent au fur et à mesure dans une suite de péripéties allant du grand classique au délire complet : romances étudiantes, fête du lycée, tournoi de tennis, vacances et jeux entre amis et même la libération d'un otage dans des circonstances aussi peu crédibles que rapidement expédiées. Il faut dire que les héros de ce manga sont vraiment "trop trop trop forts". C'est des surdoués on vous dit, ils sont bons en tout, sauf quand l'auteur a décidé de leur donner un petit défaut rigolo histoire de les rendre plus "humains", plus mignons encore. J'ai lu ce shojo sans aucune passion, et avec un réel ennui à bien des passages. Il y a peu d'humour, les situations sont souvent invraisemblables ou trop artificielles et les personnages ne m'ont pas intéressé ni séduit. Hormis le désir de suivre l'évolution des relations entre les protagonistes ou de percer le mystère de tel ou tel d'entre eux, il n'y a guère de fil rouge narratif à ce manga, rien qui me donne envie d'aller de l'avant. En outre, le dessin ne m'a pas charmé car il est trop cliché dans le genre shojo (personnages filiformes, yeux énormes) et surtout j'ai vraiment eu le sentiment que les personnages ne se différenciaient physiquement que par leurs différentes coiffures, accessoires et détails vestimentaires. Je ne suis pas le bon public pour cette oeuvre qui, par ailleurs, a l'air de bien plaire à certains lecteurs adolescents.
Paulette
L'intégrale se nomme à juste titre Tout Paulette, je pensais donc en entamant la lecture tout apprendre de Polette, pardon de Paulette et j'ai été servi. Plus de 400 pages sur les aventures rocambolesques et parfois sans queue ni tête de la jeune et jolie Paulette plus souvent dénudée qu'à son tour. Les histoires varient avec des retournements de situations parfois invraisemblables. Pour donner quelques exemples de ce qu'on peut lire dans ces 7 tomes, Paulette riche héritière décide de distribuer son argent et chacun fait la queue chez elle pour expliquer de combien il a besoin et pourquoi. Ou encore Paulette crée sa ville utopiste Ras-le-bol ville. J'ai bien aimé cette histoire où la jeune fille crée son monde sur une petite île à la géographie évocatrice de l'anatomie féminine loin de la ville stressante. Tout le monde commence à quitter son boulot et à la rejoindre par tout moyen de locomotion imaginable dans une cité de rêve où toutes les devises sont distribuées généreusement par sa fondatrice reniant le capitalisme. Paulette rencontre des nazis exilés en Amérique du sud comme chacun sait après avoir croisé un juif au look de français typique, Mosher, qui a fait exploser son avion avec une bombe dissimulée dans son pain de trois. Paulette tombe enceinte sans savoir comment et accouche d'un gamin qui se fait kidnapper et qu'un obscur savant fou fait vieillir physiquement de 50 ans. Il va par la suite retrouver sa mère qui bien entendu ne va pas le reconnaître. Et le must Paulette a une amie aussi sexy qu'elle mais qui s'avère être un vieil homme à la base, il tombe amoureux de sa propre personne devenue femme. A l'image de ce Narcisse revisité, Wolinski part dans tous les sens pour des aventures prétextes à ne montrer que la physionomie voluptueuse de Paulette et plutôt bien dessinée par Pichard, ce qui n'est pas forcément le cas des décors. J'ai eu l'impression que plus j'avançais dans ma lecture, que j'ai fait en plusieurs fois vu le pavé, et plus on voyait souvent les seins de l'héroïne sardanapalesque et de sa comparse Joseph. Là où au début c'était assez chaste avec des cheveux dissimulant habilement la pointe des seins par exemple et les parties les plus intimes, cela ne dépareillait pas trop dans le scénario. Au fil des pages et des histoires alambiquées, Paulette en plus de se faire violer plus d'une fois bien que ce ne soit pas explicitement montré, dévoile toujours des positions et des tenues légères sans que cela ne soit pour le moins justifiable par un quelconque scénario. Pour autant, c'est dommage de ne pas en avoir fait un vrai truc érotique assumé au lieu de multiplier les ellipses sur les moments les plus chauds. Avec le dessin de Pichard qui a d'ailleurs œuvré sur de la bande dessinée dite sobrement "pour adultes", cela aurait pu donner quelque chose de correct si je puis dire dans le genre. Mais là on reste sur la brèche entre un récit d'aventures teinté de "fan service" comme on dit dans les mangas, et le récit érotique ayant au moins un semblant de scénario comme support. Mais peut-être et même sûrement ce fut le cahier des charges de l'époque, cette série datant du début des années 1970.
L'Oeil était dans la tombe
Un thriller psychologique dont la sauce ne prend jamais en raison d'un trop grand nombre de raccourcis et de clichés utilisés par l'auteur. Dès le départ, le coup de fil du héros à sa compagne sonne faux (sans mauvais jeu de mots). Ensuite le choix de tuer la personne qui veut les faire chanter arrive un peu vite selon moi ; il aurait fallu plus développer la réflexion du personnage principal l'amenant à cette issue inévitable. Enfin, d'un point de vue psychologie des personnages, ce genre d'histoire sent fortement le réchauffé avec le lien entre l'enfance perturbée du héros et sa psychose le menant à tuer des gens. Je ne m'attarderai pas non plus sur le dessin réalisé à la peinture et très photo-réaliste à la manière d'un Red Bridge. Personnellement, je trouve que cela donne un rendu beaucoup trop figé aux scènes et aux visages des personnages. En résumé une BD décevante dont le scénario s'approche de celui des téléfilms journaliers de M6. Originalité : 2/5 Histoire : 1,5/5 Dessin : 2/5 Mise en couleurs : 2/5 NOTE GLOBALE : 7,5/20
Boule de poils et mon canard
C’est de la bd pour les tous petits. Des petits manchots vont tomber sur un ours polaire à la dérive. Compagnons de jeu ou menu fretin ? L’ours affamé a vite fait son choix ! Cette histoire se lit très vite, la faute à un contenu très pauvre. Rien d’original, rien de touchant. C’est un récit convenu dénué de tout intérêt. Seul le dessin est sympathique. Je suis pas sûr que même nos petits bouts s’éclateront avec ce livre.
Pythagore et Cie
Pythagore, c’est un mathématicien rendu célèbre par son fameux théorème. C’est aussi un hibou écolo avant-gardiste. Le dessin de Derib est bon (comme à son habitude). Le trait moins réaliste est plus adapté à un lectorat plus jeune (à l’image de Yakari). La composition des planches m’a par contre laissé indifférent. L’univers de Derib étant par essence le far-west, j’ai plus de mal lorsqu’il s’aventure dans des époques plus contemporaines. Même sans faire partie du public cible, je trouve les scénarii très faibles et naïfs. Un point positif est la sensibilisation du public aux problèmes environnementaux. Mais cette proximité avec la nature et son écoute fait partie intégrante de l’univers de Derib (Buddy Longway et Yakari). Bref, quitte à choisir une série pour nos petits bouts, je préfère (et de loin) la série Yakari et petit tonnerre du même duo.
Liens de Sang
Sam Leighton est un jeune flic, encore pétri d’idéaux. Lui s’applique à faire des rapports précis et détaillés sur une récente vague d’assassinats, alors que ses supérieurs, pour leur part, espèrent classer sans suite un maximum de dossiers. Les excès de zèle de Sam finissent par lui valoir les foudres de la hiérarchie. Contacté par un informateur anonyme, dans le cadre de ces meurtres sanglants, le jeune Leighton décide d’agir de son propre chef et de passer outre la voie légale. Le début du récit est on ne peut plus classique et pourtant ça marche, l’on y croit ! La chute par contre est incompréhensible ! Comment formuler cela, tout en évitant les 'spoilers' ? De deux choses l’une : soit le récit est réaliste et la fin est dès lors tout à fait incohérente, soit le récit est fantastique (dans le genre dimension parallèle, voyage dans le temps, etc.) et, dans ce cas, le narrateur a oublié d’en avertir le lecteur ! Quoi qu’il en soit, il y a un réel problème avec cette conclusion… Hermann, quant à lui, s’est acquitté honorablement de sa part du contrat. Il a son style bien à lui. Un style que j’apprécie. Dommage que la majeure partie du récit soit nocturne. En effet, la magie de la luminosité de la palette d’Hermann ne peut opérer. Par ailleurs, le dessinateur a toujours autant de mal à rendre les dames attirantes (quelques cours intensifs avec Milo Manara lui feraient sans doute le plus grand bien…)
Mon année
Après les expériences graphiques de Quartier lointain et Le Journal de mon père, le succès ici de cet ouvrage m’a fait tenter une fois de plus la lecture d’un opus Taniguchi Graphiquement, nous ne sommes pas surpris : le trait magistral qui officiait en noir et blanc se distingue toujours pour sa précision et sa clarté. Une colorisation pastel magnifique vient compléter le dessin, nous découvrons ici la grande qualité de colorisation de cet auteur en plus de sa technique de trait. Cependant si les premières planches dépaysent le lecteur habitué au noir et blanc, la suite du récit, même de très grande qualité m’est apparue fade et sans saveur. Certaines vues particulièrement travaillées paraissent certes de qualité mais il manque une atmosphère. On ne sent pas les odeurs des lieux en les voyant, on a plutôt l’impression de très belles cartes postales, sans vie, sans âme. Le scénario nous raconte le quotidien d’une famille de trois membres les parents et cette enfant particulière. Particulière car vivant avec un handicap certain par rapport à d’autres enfants. Mais handicapée n’est pas un gros mot à mon sens ou une catégorisation qui exclue, cette enfant suit encore le cursus commun mais présente de grosses difficultés à suivre le même chemin que les enfants de son âge. L’album nous raconte comment cette fille même différente des autres va vivre son propre univers et tente de nous montrer que son univers nous touche. Le début du récit se situe dans un lieu complètement impersonnel typique de nos sociétés urbanisées, les parents vivent des situations complexes, on a l’impression qu’ils font toujours des efforts pour ne pas dire ou faire ce qu’ils voudraient vraiment. Une telle situation aurait pu être un festival de dégoulinade de pathos, or il y en a pas mal, mais je n’en ai pas ressenti à un moment trop. En revanche un moment m’a clairement fait décrocher du récit : celui avec la maison de campagne bien Française ! Les deux parents avaient tellement eu jusque là des expressions de retenue et montré une mentalité japonaise que de les imaginer européens m’a tout chamboulé. Du coup je n’ai plus cru en rien, toutes les réactions suivantes et les péripéties m’ont paru convenues et décalés par rapport à la culture française. Des colères qui n’en sont pas, une femme bien soumise, bien élevée, une relation au travail typiquement nippone, tout cela sonnait faux, un peu comme si on avait calé un écrin scénaristique nippon avec le code d’expression corporelle dans un univers Français. Dommage… D’autant que l’univers de la petite fille fourmille de détails attachants. Les grands parents forment un cliché géant qu’il est également difficile de regarder avec des yeux naïfs. Bref au final, beaucoup de bruit pour rien, le récit s’enlise dans un univers fantôme ne cadrant pas du tout avec les personnages, les parents, à grand renforts de fausses colères, de silences langoureux nous rejouent du théâtre Nô. Reste la petite fille qui elle seule m’a plu dans ce récit et lui évite la note minimale, il y a vraiment de jolies choses chez cette petite, dommage que tout ce qui l’entoure soit artificiel, soit faux, soit plat… Faire du plat au moment critique où la petite doit quitter l’enseignement général pour passer en cursus spécialisé, je n’ose imaginer la suite.