Les derniers avis (39411 avis)

Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série La Ballade du soldat Odawaa
La Ballade du soldat Odawaa

La ballade du soldat Odawaa est de celle qui vous marque au fer rouge. On plonge en plein champs de bataille de la première guerre mondiale. Les tranchées et les champs de ruines. La désolation à perte de vue. Je découvre que des amérindiens canadiens ont participé à cette boucherie humaine. Lecture d'une seule traite, on est immergé de suite dans la dure (et le mot est faible) réalité de la guerre. Scénario captivant, mais pas innovant malgré quelques bonnes idées. On retrouve effectivement du Sergio Léone dans le découpage, il suffit de regarder les premières planches. Le dessin réaliste retranscrit à merveille l'apreté des conditions de vie des soldats et des combats. Il est très beau. Les couleurs "sombres" accentuent cette atmosphère pesante. Une réussite. A découvrir. Si vous venez dans le Pas-de-Calais, je vous invite à venir découvrir le mémorial de Vimy, qui honore les soldats canadiens morts/disparus pendant la grande guerre. 11 285 noms inscrits.

02/09/2021 (modifier)
Couverture de la série Catherine de Médicis - La Reine maudite
Catherine de Médicis - La Reine maudite

Catherine de Médicis est sans conteste un personnage important et intrigant de l’histoire de France. Intrigant parce que, femme, « étrangère », issue de la richesse banquière et non de la noblesse, elle a pourtant occupé le pouvoir durant plusieurs décennies au sommet d’un Etat puissant. Important parce qu’elle l’a fait à un moment charnière, au cœur des guerres de religions, alors que la France, paradoxalement affaiblie par ces guerres religieuses, est en passe de prendre le dessus sur ses adversaires (cela se fera réellement au siècle suivant). J’ai remis ici l’introduction de mon avis sur l’album Catherine de Médicis paru chez Glénat, que j’ai lu juste avant ce triptyque. Je regrettais d’ailleurs à propos de « Catherine de Médicis » le choix de ne traiter le sujet qu’en un seul album. Je ne peux donc que saluer celui de Delalande et Mogavino de le faire en trois albums. En effet, cela leur a permis de bien planter le décor et de développer un portrait très riche, sans sacrifier la grande histoire ni les étapes de la construction d’une personnalité. En cela le premier tome, qui montre bien la violence des intérêts en jeu dans l’Italie de la première moitié du XVIème siècle, est très intéressant. Il l’est aussi pour comprendre pourquoi et comment Catherine a pu et surtout dû se forger une carapace pour se protéger, elle qui fut confrontée très tôt à la folie des hommes, dont elle a d’abord été un instrument, pour ensuite devenir maitresse de son destin – ce que les deux albums suivants montrent bien. Les deux tomes suivants, construits sur des flash-backs, montrent l’action de Catherine en France, en tant que reine, mais surtout en tant que reine-mère et inspiratrice de la politique de ses rois de fils, recherchant sans fin et sans succès un équilibre entre les différentes factions (catholiques et protestants, mais aussi grandes familles). Les auteurs réussissent très bien le dosage de la part romancée, inventée, au milieu de ces faits historiques (évidemment, tout culmine avec les massacres de la Saint-Barthélemy) : cela se lit agréablement, et on est captivé par cette histoire rendue vivante. Ce qui rend aussi cette série intéressante et d’une lecture très fluide, c’est bien évidemment le dessin, vraiment très bon et très beau (et très bien mis en lumière et en valeur par une colorisation aux petits oignons). Bref, voilà une série historique de très belle facture, et sans doute l’une des meilleures de cette collection des « Reines de sang ».

02/09/2021 (modifier)
Couverture de la série Algues vertes - L'Histoire interdite
Algues vertes - L'Histoire interdite

On reste complètement ahuri tout le long de ce récit documenté du phénomène de marée d'algues vertes en Bretagne. Comment autant de manipulations, mensonges, hypocrisies, malhonnêtetés pour protéger les filières viandes et transformation de la part de tous ces lobbies et ces représentants de l’État peuvent rester impunis face aux morts, face au désastre écologique... Quelle honte!

01/09/2021 (modifier)
Par marilène
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Odyssée d'Hakim
L'Odyssée d'Hakim

Cette histoire devrait être enseignée à l'école. On entend parler de réfugiés, de Syrie, de demande d'asile et même si cela nous touche profondément, lire cette histoire est bénéfique. Il est difficile d'imaginer la durée d'une telle épreuve, les nombreux rebondissements, les désillusions que doivent vivre les personnes déracinées. Un grand MERCI à tous les organismes qui les aident et un grand merci à Fabien Toulmé. La seule différence entre eux et nous, c'est que nous sommes nés du bon côté. Bon courage et bonne chance à Hakim et les siens!

01/09/2021 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série L'Appel de Cthulhu
L'Appel de Cthulhu

Je continue ma sainte découverte des mangas et plus particulièrement le monde de Gou Tanabe et ses adaptations de HP Lovecraft. Encore un agréable moment de lecture. Lovecraft s'inspira du Horla de Guy de Maupassant. Tanabe ne reprend que le meilleur du roman, avec ce savoir-faire pour susciter l'angoisse qui va monter crescendo. Une tension palpable avec cette narration non linéaire. Je reprendrai le mot mille-feuille, cité ci-dessous, qui correspond bien au montage scénaristique. On est jamais perdu, bien au contraire, cela contribue à rendre le récit captivant et vivant. Le dessin de Tanabe est précis, fluide et sombre à souhait. Un découpage classique mais que de détails, il suffit de regarder l'architecture de R'lyeh. Sublime. Et ce noir et blanc ne fait qu'accentuer le sentiment d'anxiété. Quel régal pour les yeux. Une réussite, on en redemande.

01/09/2021 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Sur un air de Fado
Sur un air de Fado

« Sur un air de fado » aborde un sujet historique assez peu traité en BD : la dictature Salazar au Portugal. 1968, Fernando Pais est un médecin bien implanté qui officie pour une clientèle aisée ainsi que pour les services de police de la dictature. Son passé de contestation est bien loin, il a préféré tirer un trait dessus pour profiter de son bel âge et de sa situation. Mais la rencontre avec un gamin qu’il va défendre de la colère d’un policier va changer la donne et remettre en cause cette insouciance et ce déni. Nicolas Barral nous offre avec cet album réalisé en solo une formidable plongée dans le passé sombre du Portugal. L’intérêt tient au prisme choisi par l’auteur : Fernando Pais, son personnage principal, nous fait nous interroger sur l’engagement de chacun, la résistance à une dictature dans laquelle chacun pourrait s’engager… et s’y faire broyer. Et c’est aussi toute cette vie sous un tel régime à faire « comme si de rien » que nous fait réaliser Nicolas Barral de façon subtile et intelligente. Mais quand les convictions affrontent le Destin, la vie de tout un chacun peut prendre un nouveau virage à tout moment… Une étincelle, une rencontre, suffisent à tout remettre en cause. Ajoutez à cela un dessin somptueux et lumineux qui rend parfaitement grâce à cette merveilleuse ville de Lisbonne où se déroule l’essentiel du récit, et vous obtenez un album des plus réussi !

01/09/2021 (modifier)
Par patwer
Note: 4/5
Couverture de la série Un monde en pièces
Un monde en pièces

Un univers entièrement peuplé de pièces du jeu d’échecs, il fallait le faire. Mais ce n’est pas déroutant pour autant car les références à notre monde actuel sont nombreuses et judicieuses. Tout y est : inégalités sociales, problèmes liés à l’immigration, fanatisme et intolérance, corruption, manipulations. Le scénario me parait bien construit. Tout tourne autour du jeu d’échecs, y compris les citations de joueurs ou maitres reconnus, il faut cependant connaître un peu les règles et le monde des échecs pour apprécier toutes les allusions qui parsèment l’album. Cependant, sans connaître les finesses et règles, on peut s’attacher au graphisme noir et blanc d’une grande finesse, surtout dans le domaine des ombres et des portraits de dame (les quinze premières planches sont particulièrement réussies) Je n’ai lu que le premier tome et vais m’empresser de me procurer la suite. Car cette partie est très prometteuse. A suivre donc

31/08/2021 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Sha
Sha

Le duo Mills/Ledroit nous gratifie d'un superbe triptyque. Une histoire de vengeance qui commence en France au XVI° siècle pour se terminer aux États-Unis dans un futur proche. L'inquisition fait brûler Lara pour sorcellerie. Elle invoque la sorcière/guerrière Sha et jure de revenir châtier ses meurtriers. Pat Mills nous gratifie de son savoir faire en la matière, les deux premiers tomes sont équilibrés avec une narration fluide. Il sait où il veut aller. Par contre le troisième est plus condensé, avec une fin plus que prévisible. Ce qui gâche un peu l'ensemble. On peut ne pas aimer le dessin de Ledroit, moi je l'adore. Il a su créer une ville futuriste vivante, sombre et inquiétante. Ça fourmille de détails. Les cases explosent sur chaque planche. Des visages expressifs. Des femmes merveilleusement dessinées. Des décors époustouflants. Du grand art. La force de Ledroit est de savoir se réinventer sur chaque série. Évidemment j'en conseille la lecture. Encore une réédition avec des couvertures moins belles.

31/08/2021 (modifier)
Par doumé
Note: 5/5
Couverture de la série Le Voyage du Commodore Anson
Le Voyage du Commodore Anson

Le voyage du Commodore Anson est un périple qui dure 4 années, une aventure dantesque pour les marins et les soldats qui composent l'équipage avec des faits de guerre ou de piraterie et surtout un combat permanent contre les tempêtes, contre la maladie et la famine. Cet ouvrage est un témoignage sans concession sur une traversée des océans en 1740, L'auteur commence par présenter les événements historiques et la situation politique pour comprendre les objectifs de la mission d'Anson. Il nous décrit une époque où l’appât du gain et les luttes d'influence entre les pays européens n'ont pas de limite, les trésors des colonies réels ou fantasmés deviennent vitales pour devenir le pays le plus puissant d'Europe. Dès le départ, les mensonges et les trahisons subis par Anson sur les moyens maritimes et humains promis font craindre le pire. La détermination d'Anson pour appareiller quelque soit la saison ou les hommes qui composent son équipage nous emmènent à la découverte d'une aventure réelle hors du commun. L'auteur ne cache rien du drame humain que représente cette aventure, les conditions de vie des marins sont représentées avec réalisme. Les faits relatés sont extraits d'un journal de bord et d'un livre sorti juste après cette aventure. Les déplacements, l'hécatombe humaine et les dates sont donc réels. A chaque chapitre, l'auteur situe sur une carte d'époque la position de l'expédition et le trajet parcouru pendant le chapitre, un procédé simple et efficace pour suivre le parcours de la flotte. La lecture est captivante avec en plus un dessin superbe, des couleurs qui incitent au voyage et un lettrage original comme si l'auteur nous faisait lire son journal de bord rédigé dans des conditions parfois difficiles. Merci aux aviseurs précédents pour la découverte de cette bd, une belle surprise et un superbe moment de lecture

30/08/2021 (modifier)
Couverture de la série Tremen
Tremen

Qu’elle est étrange et difficilement pénétrable, cette « histoire », totalement muette, terriblement grise et désespérante, fantastique autant que minimaliste. Il est étonnant, aussi, de la retrouver chez Dargaud (dans sa collection « Visions du futur » qui, pour le coup, qui plus est en cette période anxiogène, ne pêche pas ici par excès d’optimisme). On aurait tout aussi bien pu la rencontrer chez les Humanos à leur grande époque (d’ailleurs, Druillet – en intro – et Caro – en conclu – se fendent d’un court texte de mise en perspective). On peut lire cet album comme un long et triste poème visuel, une balade éperdue sur les grèves où se déposent des rebus de la vie, et où ne se rencontre aucun repère pouvant ancrer le récit dans quelque chose de connu, de mesurable, de situable. D’où la légère frustration qui peut s’emparer du lecteur à la sortie de sa lecture – très rapide. Je ne chercherai pas à expliquer ce qui ne s’y prête pas. Mais j’ai vraiment aimé le travail graphique (qui justifie mon coup de cœur) de cet auteur néerlandais que je découvre ici. ******************************* Après lecture du deuxième tome, je monte ma note (et confirme le coup de coeur visuel !), car c'est vraiment un univers captivant. Toujours muette, l'histoire se développe dans des décors grisâtres et déprimant, entre le post-industriel et la planète déserte, avec une guerre entre diverses peuplades non identifiées. C'est d'ailleurs l'une des forces de cet album de ne pas livrer facilement et/ou totalement toutes les clés, et de laisser au lecteur - qui dois donc être réceptif à ce genre de production - la possibilité de combler les trous. Il y a quelques clins d'oeil à Moebius (l'un des personnages à chapeau et son véhicule), mais aussi quelque chose de certaines productions des Humanos des années 70-80 encore. Caro, qui se fendait d'une postface dans le premier tome, a franchi le pas, et coscénarise le suivant (on peut y retrouver quelques accointances, même fragiles, avec Délicatessen ou Contrapunktiques (Tot / In Vitro)). Un univers à découvrir !

21/01/2021 (MAJ le 30/08/2021) (modifier)