Encore une série majeure que j’ai relue avec grand plaisir… c’est vraiment bien écrit, bien construit, créatif et on lit les six albums d’une traite. C’est un joli conte plein d’enseignements sur l’humain si tant est que l’on ne sache pas déjà que l’Homme a bien des défauts ! L'humour est assez subtil, les dialogues délicieux et la parodie des contes de fées de notre enfance n’est jamais lourdingue. La confrontation « héros grenouille-humain » et son opposé, le « héros humain-grenouille » est drôle et tout est plein de très bons sentiments. Parfois trop plein de bons sentiments mais bon… c’est très sympa et on passe un bon moment ! J’ai quand même référé De Cape et de Crocs que j’ai trouvé plus fin !
Voici une Bd très rare, qui n'a été que peu diffusée en France, tout comme aux Etats-Unis, seulement connue d'un certain nombre d'initiés ; je l'ai découverte assez récemment grâce à un ami internaute que j'ai fini par rencontrer en Occitanie, et ça m'a tout de suite emballé, non seulement par son dessin (c'est le genre de dessin que j'aime en comics), par son duo d'auteurs que j'apprécie, mais aussi par ses péripéties, même si elles n'innovent pas tellement en fantasy US.
A l'origine, il s'agit d'un scénario destiné à "Red Sonja", mais Claremont revient sur sa décision et remodèle le tout, son héroïne passe de la chevelure rousse à la chevelure argentée, et l'Hyperborée fait place au décor de Rome antique, tout en restant dans le domaine de la fantasy, pas de l'historique. C'est de l'heroic fantasy classique qui fait penser à d'autres bandes comme "les Armées du conquérant" ou "Arn" de Jean-Claude Gal dans Métal Hurlant, mais surtout qui lorgne beaucoup plus vers "Red Sonja" ou "Ghita d'Alizarr" de Frank Thorne, à la différence que Marada est beaucoup moins déshabillée que Ghita, la dose d'érotisme étant latente mais pas dominante. Claremont utilise pas mal de ficelles que l'on trouve dans la fantasy US, mais le récit est dynamique et se suit bien, en étant en parfait accord avec le dessin de John Bolton.
Paru en 1982 et 1984 aux Etats-Unis dans Epic Illustrated, sous license Marvel, ce comics est publié en France peu après dans une bonne traduction pour la revue Epic Magazine, édité par Arédit. Delcourt en publie 2 albums à partir de 1986, à une époque où cet éditeur prenait des risques avec un type de bande plus difficile à vendre, c'était les débuts de Delcourt, une chouette époque, bien avant de lancer ses collections.
Un petit mot sur John Bolton, qui est un des premiers illustrateurs anglais à travailler quasi exclusivement pour les Etats-Unis, à la différence de Barry Smith qui dessine Conan au début, mais qui retourne ensuite dans son pays. Bolton est découvert en France grâce aux traductions dans Epic Magazine, c'est d'ailleurs dans cette revue que l'on découvre ensuite peu après Chroniques du temps où Kull était Roi. Dans "Marada", son dessin est certes d'un autre âge, mais superbe, le trait d'abord en noir & blanc est fin et soigné, les femmes ont des apparences ultra sexy, Marada est une femme guerrière canon, sensuelle et en même temps qui se laisse aller à la tendresse. Les scènes de batailles sont fouillées.
Par la suite, Claremont et Bolton récupèrent la license Marada et peuvent se lancer dans des récits plus libres, en même temps que Bolton passe à la couleur.
Voila donc une belle série, mais courte, que j'avais envie de faire découvrir parce qu'elle est très méconnue, et qui permet d'explorer de l'aventure épique et farouche, dans un contexte de fantasy qui se démarque des âges indéterminés où évoluent Conan et Red Sonja. Ces 2 albums sont pas faciles à dégoter en bouquinerie, mais sait-on jamais, si vous en voyez, n'hésitez pas, je pense que le prix doit être raisonnable car la série n'a pas de cote.
Je découvre le duo d'auteurs Ed Brubaker et Sean Phillips avec cet album ; ce n'est clairement pas le genre de BD que j'aurais achetée a priori, ne trainant que rarement dans les rayons Comics des librairies, et n'étant pas spécialement férue de polars et thrillers. Mais les récentes critiques publiées sur BDthèque - aussi bien celles concernant "Pulp" que Un été cruel - m'ont donné envie de découvrir leur univers. Et je ne regrette pas une seconde d'avoir franchi le pas !
Il n'y a pas grand chose à redire sur cet album : l'histoire est intéressante, bien racontée, et l'ambiance de New York à la veille de la seconde guerre mondiale très bien retranscrite. Le dessin, quant à lui, n'est pas vraiment le genre que j'affectionne, mais il est très maîtrisé et efficace.
J'ai juste été un peu frustrée de la longueur de l'album, j'aurais volontiers plongé plus longuement dans cette histoire, et certains aspects auraient gagné à être plus développés.
Quoiqu'il en soit, c'est un très bon album qui m'a beaucoup plu, j'en redemande et vais sûrement m'intéresser de plus près au reste de la production de ce duo.
Franchement je ne savais pas à quoi m’attendre quand j’ai emprunté cet album à la médiathèque de mon bled. Avec une colorisation tout en noir et blanc et un graphisme bien gras, je ne donnais pas très cher à la note que j’allais pouvoir mettre. J’ai bien fait d’aller au-delà de ma zone de confort.
C’est une BD décapante, bien noire, originale et un peu déconcertante. On se laisse absorber par l’histoire bien glauque au point de ne pas la lâcher avant de connaitre la fin que je n’ai pas du tout vu venir. Je vous le dis, l’intrigue va vous fasciner.
La narration est particulièrement adaptée. Le côté grivois est audacieux mais cela fonctionne merveilleusement bien. Le piège à cons progresse au fil des pages parfaitement.
C’est donc une vraie bonne surprise. Le cynisme tourne à plein régime. Les rebondissements sont nombreux et efficaces. L’impression par moment de plonger dans l’atmosphère lugubre de tchao pantin. C’est du tout bon cette lecture. Je dirais même un brun jubilatoire.
Note réelle = 3,5 étoiles
Aaron est la bande dessinée qui m’a le plus marqué depuis le début de cette année. Non qu’elle soit parfaite mais son thème central, son personnage principal ainsi que l’intelligence dont fait montre son auteur, Ben Gijsemans -qui parvient à créer une mise en abyme originale, nous mettant au sens propre du terme à la place de son personnage dans de nombreux passages du livre- ont fait en sorte que je ne risque pas d’oublier ce récit.
Il s’agit d’un pur roman graphique qui traite d’un sujet encore extrêmement tabou dans notre société. Et pour en apprécier pleinement le traitement offert par l’auteur, il vaut mieux, je pense, ne pas chercher à savoir de quoi cet album parle avant de le lire. Ce récit propose une plongée très progressive (lente diront beaucoup, chiante diront d’autres, passionnante à mes yeux) dans le tourment d’Aaron et l’impact de la lecture vient aussi du fait que nous, lecteur, comprenons progressivement ce qui tourmente ce personnage.
J’ai aimé :
- L’audace de l’auteur qui parvient à traiter d’un sujet extrêmement sensible avec tact et pudeur mais sans rien occulter ;
- Les mises en abymes créées par les passages fantaisistes qui nous proposent de lire des récits de superhéros… récits qui semblent tomber comme autant de cheveux dans la soupe mais qui ont eu un double intérêt pour moi ;
- Le rythme très lent du récit et son découpage qui permettent de donner beaucoup de matière à l’introspection du personnage.
Franchement bien à mes yeux. Très marquant et soulevant certains questionnements troublants.
Un témoignage plutôt intéressant. L'auteur, fils d'un couple d'instituteurs, recueille les souvenirs de ses parents. Ceux-ci ont exercé neuf ans durant sur un poste très particulier : dans un camp militaire, hébergeant des harkis débarqués en France suite aux évènements d'Algérie. Ce prétendu « centre d'accueil » se trouve être véritablement un camp de rétention, comme on s'en doute.
Le récit navigue entre deux époques : celle des années 60-70 pendant l'exercice de leurs fonctions d'instituteurs et le « présent » où l'auteur met en scène l'interview de ses parents, mais la narration est aisée et l'on n'est jamais perdu quant à la temporalité du récit.
J'ai aimé comprendre le ressenti de ces deux instits, venus là sans y être préparés et découvrant peu à peu la réalité du camp. Ils sont assez touchants. Ils avouent même n'avoir pas appréhendé complètement les aberrations et brimades dont étaient victimes les occupants des lieux. Ils ont fait de leur mieux pour au moins donner aux enfants l'instruction qui leur permettrait de sortir de là dans les meilleures conditions possibles. Leur témoignage à postériori, avec le recul est également instructif. On craint bien que maintenant, rien n'ait beaucoup changé sur le fond, dans les actuels « centres d'accueil » de migrants.
Personnellement, j'aurais classé cet ouvrage en historique plutôt qu'en documentaire. Ce n'est pas un documentaire sur les harkis ni sur les suites de la guerre d'Algérie, mais bien le témoignage d'une tranche de vie dans ces conditions très particulières. Ce sont tous ces détails, ces morceaux d'histoire, ces petits évènements qui, ensemble, font la grande histoire.
Le dessin est sobre, discret, parfaitement lisible et convient très bien au récit. On reconnaît bien ce couple aux deux extrêmes de leur carrière. Un beau témoignage, vraiment.
C'est suite aux deux avis élogieux ci-dessous que je me suis procuré cet album.
Et je ne le regrette vraiment pas.
Eddie, un sans abri alcoolique découvre le corps d'une jeune fille dans une benne.
Et contre tout attente, il va mener son enquête pour découvrir la vérité.
On est loin du Venice Beach "carte postale".
Eddie va nous plonger dans les bas-fonds de la ville et y côtoyer la fange.
On passe par toutes les émotions. La tristesse. La peur. Le dégoût. La colère. La surprise. La joie.
Un voyage au fin fond de l'âme humaine.
La force de ce Thriller.
Le dessin réaliste contribue à l'immersion dans cet univers de désolation.
Il suffit de regarder les "gueules" abîmées par l'alcool, burinées par le vent et le soleil.
Les décors sont soignés, que ce soit la plage et ses cocotiers ou les ruelles sordides.
Une belle mise en couleur, sans fausses notes.
Un thriller violent dans tous les sens du terme.
Allez-y les yeux fermés, pour mieux pouvoir les ouvrir après.
Le genre de série qui laisse perplexe.
Je n'ai lu qu'une seule fois la série pour l'instant et je n'ai clairement pas tout compris. Et j'en suis content ! Cela signifie que je vais encore prendre du plaisir en relisant de nombreuses fois. Car si je n'ai pas tout compris, ce n'est pas parce que c'est incompréhensible, c'est parce que le scénario est riche et dense. Il est donc nécessaire d'avoir plusieurs relectures pour saisir tous les tenants et aboutissements du scénario.
Maintenant je vous rassure, on comprend très bien l'histoire à la première lecture de manière générale. On sort de la lecture satisfait.
Jamais je n'ai réussi à prédire le scénario, tout est bien amené et le dessin est vraiment beau. Et chaque tome est de plus en plus beau visuellement.
3,5 étoiles
MAUPERTUIS, OSE ET RIT !
Pouaah mais qu'est ce que j'adore Riff Reb's. Encore une adaptation fabuleuse, même si je ne veux pas la placer au même niveau que sa Trilogie Maritime (anthologique à mes yeux).
Je suis peut être un tout petit peu frustré par la légère "répétitivité" du ton employé par rapport à ce que j'ai déjà lu de l'auteur. Même si les scènes ne se passent plus en mer mais dans une cellule (et surtout dans les passés du protagoniste), l'ambiance générale ne change pas trop trop.
Qu'à cela ne tienne ! Je me trouve parmi les lecteurs les plus réceptifs de Riff Reb's. Son dessin est fabuleux, les ombres et l'expression des visages dégagent toujours une profondeur complexe. L'histoire en elle-même est originale et sans savoir si l'adaptation est réussie, il est clair que la BD à elle seule nourrit beaucoup notre imaginaire.
L'ensemble paraît macabre mais on retrouve encore et toujours une poésie particulière qui permet de trouver une beauté pure à l'ouvrage. Le texte, que ce soit les dialogues et surtout la narration - très présente -, permet de nous emporter autant que le dessin.
Encore merci à cet auteur, mon plaisir reste intact!
Un scénario classique et un dessin remarquable, voilà en résumé ce que m’inspire cet album. Le scénario se tient parfaitement, c’est du très bon travail, bien écrit, bien rythmé, aux dialogues précis et pas bavards. La chute est très bien maitrisée et la morale de l’histoire : nul ne peut échapper à son destin ! Le dessin de Rosinski est une vraie claque. Toutes les pages ne se valent pas mais franchement l’album est d’une très grande qualité graphique. La mise en couleur sépia restitue ce qu’on imagine de sueur et de poussière dans l’ouest américain à la fin du XIXe siècle. Un album que je recommande sans hésiter.
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Garulfo
Encore une série majeure que j’ai relue avec grand plaisir… c’est vraiment bien écrit, bien construit, créatif et on lit les six albums d’une traite. C’est un joli conte plein d’enseignements sur l’humain si tant est que l’on ne sache pas déjà que l’Homme a bien des défauts ! L'humour est assez subtil, les dialogues délicieux et la parodie des contes de fées de notre enfance n’est jamais lourdingue. La confrontation « héros grenouille-humain » et son opposé, le « héros humain-grenouille » est drôle et tout est plein de très bons sentiments. Parfois trop plein de bons sentiments mais bon… c’est très sympa et on passe un bon moment ! J’ai quand même référé De Cape et de Crocs que j’ai trouvé plus fin !
L'odyssée de Marada la louve
Voici une Bd très rare, qui n'a été que peu diffusée en France, tout comme aux Etats-Unis, seulement connue d'un certain nombre d'initiés ; je l'ai découverte assez récemment grâce à un ami internaute que j'ai fini par rencontrer en Occitanie, et ça m'a tout de suite emballé, non seulement par son dessin (c'est le genre de dessin que j'aime en comics), par son duo d'auteurs que j'apprécie, mais aussi par ses péripéties, même si elles n'innovent pas tellement en fantasy US. A l'origine, il s'agit d'un scénario destiné à "Red Sonja", mais Claremont revient sur sa décision et remodèle le tout, son héroïne passe de la chevelure rousse à la chevelure argentée, et l'Hyperborée fait place au décor de Rome antique, tout en restant dans le domaine de la fantasy, pas de l'historique. C'est de l'heroic fantasy classique qui fait penser à d'autres bandes comme "les Armées du conquérant" ou "Arn" de Jean-Claude Gal dans Métal Hurlant, mais surtout qui lorgne beaucoup plus vers "Red Sonja" ou "Ghita d'Alizarr" de Frank Thorne, à la différence que Marada est beaucoup moins déshabillée que Ghita, la dose d'érotisme étant latente mais pas dominante. Claremont utilise pas mal de ficelles que l'on trouve dans la fantasy US, mais le récit est dynamique et se suit bien, en étant en parfait accord avec le dessin de John Bolton. Paru en 1982 et 1984 aux Etats-Unis dans Epic Illustrated, sous license Marvel, ce comics est publié en France peu après dans une bonne traduction pour la revue Epic Magazine, édité par Arédit. Delcourt en publie 2 albums à partir de 1986, à une époque où cet éditeur prenait des risques avec un type de bande plus difficile à vendre, c'était les débuts de Delcourt, une chouette époque, bien avant de lancer ses collections. Un petit mot sur John Bolton, qui est un des premiers illustrateurs anglais à travailler quasi exclusivement pour les Etats-Unis, à la différence de Barry Smith qui dessine Conan au début, mais qui retourne ensuite dans son pays. Bolton est découvert en France grâce aux traductions dans Epic Magazine, c'est d'ailleurs dans cette revue que l'on découvre ensuite peu après Chroniques du temps où Kull était Roi. Dans "Marada", son dessin est certes d'un autre âge, mais superbe, le trait d'abord en noir & blanc est fin et soigné, les femmes ont des apparences ultra sexy, Marada est une femme guerrière canon, sensuelle et en même temps qui se laisse aller à la tendresse. Les scènes de batailles sont fouillées. Par la suite, Claremont et Bolton récupèrent la license Marada et peuvent se lancer dans des récits plus libres, en même temps que Bolton passe à la couleur. Voila donc une belle série, mais courte, que j'avais envie de faire découvrir parce qu'elle est très méconnue, et qui permet d'explorer de l'aventure épique et farouche, dans un contexte de fantasy qui se démarque des âges indéterminés où évoluent Conan et Red Sonja. Ces 2 albums sont pas faciles à dégoter en bouquinerie, mais sait-on jamais, si vous en voyez, n'hésitez pas, je pense que le prix doit être raisonnable car la série n'a pas de cote.
Pulp
Je découvre le duo d'auteurs Ed Brubaker et Sean Phillips avec cet album ; ce n'est clairement pas le genre de BD que j'aurais achetée a priori, ne trainant que rarement dans les rayons Comics des librairies, et n'étant pas spécialement férue de polars et thrillers. Mais les récentes critiques publiées sur BDthèque - aussi bien celles concernant "Pulp" que Un été cruel - m'ont donné envie de découvrir leur univers. Et je ne regrette pas une seconde d'avoir franchi le pas ! Il n'y a pas grand chose à redire sur cet album : l'histoire est intéressante, bien racontée, et l'ambiance de New York à la veille de la seconde guerre mondiale très bien retranscrite. Le dessin, quant à lui, n'est pas vraiment le genre que j'affectionne, mais il est très maîtrisé et efficace. J'ai juste été un peu frustrée de la longueur de l'album, j'aurais volontiers plongé plus longuement dans cette histoire, et certains aspects auraient gagné à être plus développés. Quoiqu'il en soit, c'est un très bon album qui m'a beaucoup plu, j'en redemande et vais sûrement m'intéresser de plus près au reste de la production de ce duo.
La Cage aux cons
Franchement je ne savais pas à quoi m’attendre quand j’ai emprunté cet album à la médiathèque de mon bled. Avec une colorisation tout en noir et blanc et un graphisme bien gras, je ne donnais pas très cher à la note que j’allais pouvoir mettre. J’ai bien fait d’aller au-delà de ma zone de confort. C’est une BD décapante, bien noire, originale et un peu déconcertante. On se laisse absorber par l’histoire bien glauque au point de ne pas la lâcher avant de connaitre la fin que je n’ai pas du tout vu venir. Je vous le dis, l’intrigue va vous fasciner. La narration est particulièrement adaptée. Le côté grivois est audacieux mais cela fonctionne merveilleusement bien. Le piège à cons progresse au fil des pages parfaitement. C’est donc une vraie bonne surprise. Le cynisme tourne à plein régime. Les rebondissements sont nombreux et efficaces. L’impression par moment de plonger dans l’atmosphère lugubre de tchao pantin. C’est du tout bon cette lecture. Je dirais même un brun jubilatoire. Note réelle = 3,5 étoiles
Aaron
Aaron est la bande dessinée qui m’a le plus marqué depuis le début de cette année. Non qu’elle soit parfaite mais son thème central, son personnage principal ainsi que l’intelligence dont fait montre son auteur, Ben Gijsemans -qui parvient à créer une mise en abyme originale, nous mettant au sens propre du terme à la place de son personnage dans de nombreux passages du livre- ont fait en sorte que je ne risque pas d’oublier ce récit. Il s’agit d’un pur roman graphique qui traite d’un sujet encore extrêmement tabou dans notre société. Et pour en apprécier pleinement le traitement offert par l’auteur, il vaut mieux, je pense, ne pas chercher à savoir de quoi cet album parle avant de le lire. Ce récit propose une plongée très progressive (lente diront beaucoup, chiante diront d’autres, passionnante à mes yeux) dans le tourment d’Aaron et l’impact de la lecture vient aussi du fait que nous, lecteur, comprenons progressivement ce qui tourmente ce personnage. J’ai aimé : - L’audace de l’auteur qui parvient à traiter d’un sujet extrêmement sensible avec tact et pudeur mais sans rien occulter ; - Les mises en abymes créées par les passages fantaisistes qui nous proposent de lire des récits de superhéros… récits qui semblent tomber comme autant de cheveux dans la soupe mais qui ont eu un double intérêt pour moi ; - Le rythme très lent du récit et son découpage qui permettent de donner beaucoup de matière à l’introspection du personnage. Franchement bien à mes yeux. Très marquant et soulevant certains questionnements troublants.
Retour à Saint Laurent des arabes
Un témoignage plutôt intéressant. L'auteur, fils d'un couple d'instituteurs, recueille les souvenirs de ses parents. Ceux-ci ont exercé neuf ans durant sur un poste très particulier : dans un camp militaire, hébergeant des harkis débarqués en France suite aux évènements d'Algérie. Ce prétendu « centre d'accueil » se trouve être véritablement un camp de rétention, comme on s'en doute. Le récit navigue entre deux époques : celle des années 60-70 pendant l'exercice de leurs fonctions d'instituteurs et le « présent » où l'auteur met en scène l'interview de ses parents, mais la narration est aisée et l'on n'est jamais perdu quant à la temporalité du récit. J'ai aimé comprendre le ressenti de ces deux instits, venus là sans y être préparés et découvrant peu à peu la réalité du camp. Ils sont assez touchants. Ils avouent même n'avoir pas appréhendé complètement les aberrations et brimades dont étaient victimes les occupants des lieux. Ils ont fait de leur mieux pour au moins donner aux enfants l'instruction qui leur permettrait de sortir de là dans les meilleures conditions possibles. Leur témoignage à postériori, avec le recul est également instructif. On craint bien que maintenant, rien n'ait beaucoup changé sur le fond, dans les actuels « centres d'accueil » de migrants. Personnellement, j'aurais classé cet ouvrage en historique plutôt qu'en documentaire. Ce n'est pas un documentaire sur les harkis ni sur les suites de la guerre d'Algérie, mais bien le témoignage d'une tranche de vie dans ces conditions très particulières. Ce sont tous ces détails, ces morceaux d'histoire, ces petits évènements qui, ensemble, font la grande histoire. Le dessin est sobre, discret, parfaitement lisible et convient très bien au récit. On reconnaît bien ce couple aux deux extrêmes de leur carrière. Un beau témoignage, vraiment.
Goodnight paradise
C'est suite aux deux avis élogieux ci-dessous que je me suis procuré cet album. Et je ne le regrette vraiment pas. Eddie, un sans abri alcoolique découvre le corps d'une jeune fille dans une benne. Et contre tout attente, il va mener son enquête pour découvrir la vérité. On est loin du Venice Beach "carte postale". Eddie va nous plonger dans les bas-fonds de la ville et y côtoyer la fange. On passe par toutes les émotions. La tristesse. La peur. Le dégoût. La colère. La surprise. La joie. Un voyage au fin fond de l'âme humaine. La force de ce Thriller. Le dessin réaliste contribue à l'immersion dans cet univers de désolation. Il suffit de regarder les "gueules" abîmées par l'alcool, burinées par le vent et le soleil. Les décors sont soignés, que ce soit la plage et ses cocotiers ou les ruelles sordides. Une belle mise en couleur, sans fausses notes. Un thriller violent dans tous les sens du terme. Allez-y les yeux fermés, pour mieux pouvoir les ouvrir après.
Le Troisième Testament
Le genre de série qui laisse perplexe. Je n'ai lu qu'une seule fois la série pour l'instant et je n'ai clairement pas tout compris. Et j'en suis content ! Cela signifie que je vais encore prendre du plaisir en relisant de nombreuses fois. Car si je n'ai pas tout compris, ce n'est pas parce que c'est incompréhensible, c'est parce que le scénario est riche et dense. Il est donc nécessaire d'avoir plusieurs relectures pour saisir tous les tenants et aboutissements du scénario. Maintenant je vous rassure, on comprend très bien l'histoire à la première lecture de manière générale. On sort de la lecture satisfait. Jamais je n'ai réussi à prédire le scénario, tout est bien amené et le dessin est vraiment beau. Et chaque tome est de plus en plus beau visuellement. 3,5 étoiles MAUPERTUIS, OSE ET RIT !
Le Vagabond des Étoiles
Pouaah mais qu'est ce que j'adore Riff Reb's. Encore une adaptation fabuleuse, même si je ne veux pas la placer au même niveau que sa Trilogie Maritime (anthologique à mes yeux). Je suis peut être un tout petit peu frustré par la légère "répétitivité" du ton employé par rapport à ce que j'ai déjà lu de l'auteur. Même si les scènes ne se passent plus en mer mais dans une cellule (et surtout dans les passés du protagoniste), l'ambiance générale ne change pas trop trop. Qu'à cela ne tienne ! Je me trouve parmi les lecteurs les plus réceptifs de Riff Reb's. Son dessin est fabuleux, les ombres et l'expression des visages dégagent toujours une profondeur complexe. L'histoire en elle-même est originale et sans savoir si l'adaptation est réussie, il est clair que la BD à elle seule nourrit beaucoup notre imaginaire. L'ensemble paraît macabre mais on retrouve encore et toujours une poésie particulière qui permet de trouver une beauté pure à l'ouvrage. Le texte, que ce soit les dialogues et surtout la narration - très présente -, permet de nous emporter autant que le dessin. Encore merci à cet auteur, mon plaisir reste intact!
Western
Un scénario classique et un dessin remarquable, voilà en résumé ce que m’inspire cet album. Le scénario se tient parfaitement, c’est du très bon travail, bien écrit, bien rythmé, aux dialogues précis et pas bavards. La chute est très bien maitrisée et la morale de l’histoire : nul ne peut échapper à son destin ! Le dessin de Rosinski est une vraie claque. Toutes les pages ne se valent pas mais franchement l’album est d’une très grande qualité graphique. La mise en couleur sépia restitue ce qu’on imagine de sueur et de poussière dans l’ouest américain à la fin du XIXe siècle. Un album que je recommande sans hésiter.