Tremen

Note: 3.17/5
(3.17/5 pour 6 avis)

Récit Post-Apo surréaliste muet


Auteurs néérlandais BD muette

Dans un monde gris, futuriste et apocalyptique, un étrange voyageur et sa monture errent dans des terres désolées. Obligés de se recharger en énergie, ils ne peuvent toutefois pas rester trop longtemps éloignés de la civilisation. Bien que d'autres créatures y vivent, la ville se montre pourtant tout autant inhospitalière, vide et morne. Mais partout où passe le voyageur, les choses se dérèglent, les machines perdent la tête et sèment le chaos. Il lui faut alors quitter la ville et explorer à nouveau les vastes étendues grises, seul. C'est avec une parfaite maîtrise que ce récit surréaliste, post-apocalyptique et muet, au graphisme époustouflant dans la lignée d'Arzach de Moebius, nous transmet une profonde impression de solitude et de mélancolie à travers l'errance de son personnage.

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 06 Septembre 2019
Statut histoire Une histoire par tome 2 tomes parus

Couverture de la série Tremen © Dargaud 2019
Les notes
Note: 3.17/5
(3.17/5 pour 6 avis)
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10/10/2019 | Jetjet
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Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Un récit muet et beau dans un univers de science-fiction étrange aux accents des récits de Métal Hurlant. Cette BD marque avant tout par son graphisme, une belle peinture en teintes de gris, réaliste et envoutant. Puis elle marque par son univers exotique et original. Le premier tome nous en donne un aperçu en suivant les errances d'un être silencieux, une sorte d'Arzach chevauchant ici un quadrupède bedonnant et sans tête. A ses côtés, nous découvrons un monde où organique et mécanique se mêlent dans une bizarre harmonie souvent cruelle. Il n'y a pas de réelle intrigue mais plus une ambiance, un récit évocateur que le lecteur suit autant pour la beauté des planches que pour la découverte de cet univers étrange et des émotions mêlées qu'il dégage. Pour le second tome, l'auteur s'adjoint la collaboration du scénariste Marc Caro qui lui amène cette fois une véritable histoire avec un début, une fin et même une vraie action entre les deux. On retrouve le même monde et le même héros cette fois moins débonnaire mais nous sommes bien plongés dans une intrigue mouvementée, avec deux peuples qui s'affrontent, des dominés se rebellant contre leurs oppresseurs. Si sur le fond, cette intrigue reste basique, l'originalité de ce monde demeure et fascine encore le lecteur, avec toujours ce très beau graphisme et ses nombreux éléments rappelant les pérégrinations imaginaires de Moebius. Il ne faut pas y chercher un scénario profond et captivant, mais c'est avant tout l'originalité de ce monde et la beauté du dessin qui font la force de cette série.

21/02/2023 (modifier)
Par grogro
Note: 4/5
L'avatar du posteur grogro

Je ne m'attendais vraiment pas à une suite. Je découvre par le plus grand des hasards que Pim Bos a remis le couvert pour prolonger les aventures intrigantes et muettes de ce héros surgi de nulle part. Et ça le fait toujours autant, sinon plus. Difficile de parler de Tremen car Tremen ne se raconte pas vraiment. Tremen, c'est avant tout un univers, une ambiance, des sensations. Et puis on n'est pas certain de tout comprendre. D'où vient ce personnage solitaire ? Est-ce sa vrai tête ou porte-t-il un masque ? Où va-t-il et que cherche-t-il ? D'ailleurs, cherche-t-il seulement quelque chose ? Pas une parole, pas une phrase, ni même une onomatopée pour nous mettre sur la voie. On se contente de suivre ces drôles de personnages dans ce monde capitonné d'où n'émane pas le moindre son. Tremen, c'est une atmosphère graphique très très forte qui m'évoque tout un tas de trucs assez différents, Les Eaux de Mortelune comme THX 1138, en passant par Moebius sans toutefois que ça ressemble à quelque chose de précis. En ce sens, Tremen est très original. Le lecteur est immergé dans un autre monde régi par d'autres règles, dans un autre temps. Il perd tout référentiel. Graphiquement, c'est sublime, d'une texture presque caoutchouteuse. Et le noir et blanc ne change rien à l'affaire, bien au contraire. L'histoire quant à elle est tellement intrigante que le scénario passe finalement au second plan, presque. Il y a pourtant une histoire : les personnages évoluent, agissent, mus par d'obscurs réflexes survivalistes. Dans ce nouvel opus, le héros (que l'éditeur baptise Rumpert) découvre un bébé qu'il va sauver on ne sait pourquoi, puis convoyer on ne sait où, pour se retrouver au beau milieu d'un conflit entre deux petits-peuples mignons mais pas trop... Mais comme je le disais, pour moi la BD se suffit à elle-même, comme un cauchemar entêtant et poisseux qui vous hante toute la sainte journée. Je n'aurais pour ma part qu'un seul regret : ça se lit trop vite. Mais vu le boulot fourni, il ne s'agit pas de faire la fine-gueule. J'ignore encore s'il y aura un tome 3, mais la fin le laisse entendre. Ce sera quoiqu'il en soit avec grand plaisir !

02/04/2022 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Qu’elle est étrange et difficilement pénétrable, cette « histoire », totalement muette, terriblement grise et désespérante, fantastique autant que minimaliste. Il est étonnant, aussi, de la retrouver chez Dargaud (dans sa collection « Visions du futur » qui, pour le coup, qui plus est en cette période anxiogène, ne pêche pas ici par excès d’optimisme). On aurait tout aussi bien pu la rencontrer chez les Humanos à leur grande époque (d’ailleurs, Druillet – en intro – et Caro – en conclu – se fendent d’un court texte de mise en perspective). On peut lire cet album comme un long et triste poème visuel, une balade éperdue sur les grèves où se déposent des rebus de la vie, et où ne se rencontre aucun repère pouvant ancrer le récit dans quelque chose de connu, de mesurable, de situable. D’où la légère frustration qui peut s’emparer du lecteur à la sortie de sa lecture – très rapide. Je ne chercherai pas à expliquer ce qui ne s’y prête pas. Mais j’ai vraiment aimé le travail graphique (qui justifie mon coup de cœur) de cet auteur néerlandais que je découvre ici. ******************************* Après lecture du deuxième tome, je monte ma note (et confirme le coup de coeur visuel !), car c'est vraiment un univers captivant. Toujours muette, l'histoire se développe dans des décors grisâtres et déprimant, entre le post-industriel et la planète déserte, avec une guerre entre diverses peuplades non identifiées. C'est d'ailleurs l'une des forces de cet album de ne pas livrer facilement et/ou totalement toutes les clés, et de laisser au lecteur - qui dois donc être réceptif à ce genre de production - la possibilité de combler les trous. Il y a quelques clins d'oeil à Moebius (l'un des personnages à chapeau et son véhicule), mais aussi quelque chose de certaines productions des Humanos des années 70-80 encore. Caro, qui se fendait d'une postface dans le premier tome, a franchi le pas, et coscénarise le suivant (on peut y retrouver quelques accointances, même fragiles, avec Délicatessen ou Contrapunktiques (Tot / In Vitro)). Un univers à découvrir !

21/01/2021 (MAJ le 30/08/2021) (modifier)
Par cac
Note: 3/5
L'avatar du posteur cac

Esthétiquement superbe avec un dessin ultra léché en niveaux de gris. Une ambiance qui rappelle Moebius il est vrai avec cet homme solitaire et sa monture, L'armée des douze singes aussi pour cette espèce de monde post-apo un peu brumeux. Une histoire muette avec un hommage à Edward Hopper et son café de nuit. Alors certes c'est muet, on n'a pas beaucoup de clés d'interprétation de l'histoire et cela se lit très vite. Qu'est-ce qu'on en retient vraiment ? Je pense que d'ordinaire j'aurai noté plus sévèrement mais quel dessin ce Pim Bos...

03/07/2021 (modifier)
L'avatar du posteur Guillaume.M

« Tremen » est l’un des six albums parus ces dernières semaines chez Dargaud dans la collection « Visions du futur ». Graphiquement, il est le plus abouti de cette collection et de loin. Le dessin nous aspire vers un monde triste, froid et violent, à la fois mécanique et organique... une sorte de mélange entre le fog londonien du début du siècle dernier, le western crasseux et Star Wars (le personnage principal ressemble beaucoup aux aliens du Techno-syndicat). La sensation d’oppression et le dépaysement sont au rendez-vous. Ce one shot se lit presque en apnée. Chaque planche a été soignée et bénéficie d’un visuel convaincant et attirant. Dépaysement garanti, les personnages et le bestiaire n’étant pas sans rappeler Arzach de Moebius. Avis aux amateurs ! Malheureusement, la déception scénaristique est à la hauteur de la gifle visuelle. Comme souvent lorsque la bande dessinée est muette, il est plus difficile de s’imprégner de l’histoire, pour ma part en tout cas. Les différents chapitres ont peu de liens entre eux et me laissent sceptique. Pim Bos ouvre de nombreuses portes mais n’en referme aucune. Son personnage principal arpente ce monde étouffant, contribuant au passage à le rendre invivable par ses actions. Mais dans quel but ? Qui est-il ? Et cette société ? Comment fonctionne-t-elle ? Comment notre futur en est-il arrivé là (la collection s’intitule « Visions du futur » après tout) ? Bref… les questions sont multiples et ce d’autant plus qu’une fois encore, l’univers décrit est franchement intéressant et intrigant. Quand la fin, abrupte et mal amenée, de l’album arrive, le lecteur reste un peu planté là sans avoir été emporté assez longtemps. Après tout l’apnée n’est possible que quelques minutes… Il y avait tellement à dire, à expliquer, à raconter… Dommage…

29/10/2019 (modifier)
Par Jetjet
Note: 3/5
L'avatar du posteur Jetjet

Au royaume des bonnes fées de la bd, Druillet et Caro se sont penchés sur la première oeuvre recensée du Hollandais Pim Bos. Druillet tout le monde connait, Marc Caro également en tant que co-réalisateur de Delicatessen et de La Cité des Enfants Perdus avec Jean-Pierre Jeunet. Bref que des grosses pointures dans le monde de la bd fantastico-française de la vieille époque des Métal Hurlant qui nous donnent quelques explications en début et fin d'ouvrage sur l'intriguant Tremen que voici. Et ce ne sera guère superflu car Tremen (ou passage en breton) ne donne guère plus de détails sur une quelconque interprétation de son histoire. Ici il est question d'un monde gris rempli de personnages muets, adepte de sacrifices, d'art et de vers gluants. Le dessin est à la fois magnifique et dérangeant mais rappelle sans cesse trop de références évidentes déjà vues et revues. On peut parler pêle-mêle de Bilal, de Moebius bien sur mais également de Tarkovski et même du peintre Edward Hopper dont Pim Bos décalque son célèbre Nighthawks dans son univers singulier. C'est à la fois magnifique et inquiétant, incompréhensible et perturbant. De ce style d'album concept, on aura immédiatement aussi à l'idée les récents Love Nest / Nid d'Amour de Burns ou Saccage de Peeters pour vous donner l'idée ou une partie de la clé pour résoudre cette énigme. Avec une fois encore le sentiment qu'on ne touche que du bout un univers bien plus grand dont on n'aura jamais la solution. Pouvant se lire en 30 secondes comme en une heure si on s'y attarde et qu'on souhaite y passer du temps, Tremen n'est ni à conseiller ni à fuir et s'inscrit comme une peinture désabusée du monde actuel. Une de plus me direz-vous...

10/10/2019 (modifier)