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Tremen

Note: 2.5/5
(2.5/5 pour 2 avis)

Récit Post-Apo surréaliste muet


Auteurs néérlandais BD muette

Dans un monde gris, futuriste et apocalyptique, un étrange voyageur et sa monture errent dans des terres désolées. Obligés de se recharger en énergie, ils ne peuvent toutefois pas rester trop longtemps éloignés de la civilisation. Bien que d'autres créatures y vivent, la ville se montre pourtant tout autant inhospitalière, vide et morne. Mais partout où passe le voyageur, les choses se dérèglent, les machines perdent la tête et sèment le chaos. Il lui faut alors quitter la ville et explorer à nouveau les vastes étendues grises, seul. C'est avec une parfaite maîtrise que ce récit surréaliste, post-apocalyptique et muet, au graphisme époustouflant dans la lignée d'Arzach de Moebius, nous transmet une profonde impression de solitude et de mélancolie à travers l'errance de son personnage.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 06 Septembre 2019
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Tremen
Les notes (2)
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10/10/2019 | Jetjet
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L'avatar du posteur Guillaume.M

« Tremen » est l’un des six albums parus ces dernières semaines chez Dargaud dans la collection « Visions du futur ». Graphiquement, il est le plus abouti de cette collection et de loin. Le dessin nous aspire vers un monde triste, froid et violent, à la fois mécanique et organique... une sorte de mélange entre le fog londonien du début du siècle dernier, le western crasseux et Star Wars (le personnage principal ressemble beaucoup aux aliens du Techno-syndicat). La sensation d’oppression et le dépaysement sont au rendez-vous. Ce one shot se lit presque en apnée. Chaque planche a été soignée et bénéficie d’un visuel convaincant et attirant. Dépaysement garanti, les personnages et le bestiaire n’étant pas sans rappeler Arzach de Moebius. Avis aux amateurs ! Malheureusement, la déception scénaristique est à la hauteur de la gifle visuelle. Comme souvent lorsque la bande dessinée est muette, il est plus difficile de s’imprégner de l’histoire, pour ma part en tout cas. Les différents chapitres ont peu de liens entre eux et me laisse sceptique. Pim Bos ouvre de nombreuses portes mais n’en referme aucune. Son personnage principal arpente ce monde étouffant, contribuant au passage à le rendre invivable par ses actions. Mais dans quel but ? Qui est-il ? Et cette société ? Comment fonctionne-t-elle ? Comment notre futur en est-il arrivé là (la collection s’intitule « Visions du futur » après tout) ? Bref… les questions sont multiples et ce d’autant plus qu’une fois encore, l’univers décrit est franchement intéressant et intrigant. Quand la fin, abrupte et mal amenée, de l’album arrive, le lecteur reste un peu planté là sans avoir été emporté assez longtemps. Après tout l’apnée n’est possible que quelques minutes… Il y avait tellement à dire, à expliquer, à raconter… Dommage…

29/10/2019 (modifier)
Par Jetjet
Note: 3/5
L'avatar du posteur Jetjet

Au royaume des bonnes fées de la bd, Druillet et Caro se sont penchés sur la première oeuvre recensée du Hollandais Pim Bos. Druillet tout le monde connait, Marc Caro également en tant que co-réalisateur de Delicatessen et de La Cité des Enfants Perdus avec Jean-Pierre Jeunet. Bref que des grosses pointures dans le monde de la bd fantastico-française de la vieille époque des Métal Hurlant qui nous donnent quelques explications en début et fin d'ouvrage sur l'intriguant Tremen que voici. Et ce ne sera guère superflu car Tremen (ou passage en breton) ne donne guère plus de détails sur une quelconque interprétation de son histoire. Ici il est question d'un monde gris rempli de personnages muets, adepte de sacrifices, d'art et de vers gluants. Le dessin est à la fois magnifique et dérangeant mais rappelle sans cesse trop de références évidentes déjà vues et revues. On peut parler pêle-mêle de Bilal, de Moebius bien sur mais également de Tarkovski et même du peintre Edward Hopper dont Pim Bos décalque son célèbre Nighthawks dans son univers singulier. C'est à la fois magnifique et inquiétant, incompréhensible et perturbant. De ce style d'album concept, on aura immédiatement aussi à l'idée les récents Love Nest / Nid d'Amour de Burns ou Saccage de Peeters pour vous donner l'idée ou une partie de la clé pour résoudre cette énigme. Avec une fois encore le sentiment qu'on ne touche que du bout un univers bien plus grand dont on n'aura jamais la solution. Pouvant se lire en 30 secondes comme en une heure si on s'y attarde et qu'on souhaite y passer du temps, Tremen n'est ni à conseiller ni à fuir et s'inscrit comme une peinture désabusée du monde actuel. Une de plus me direz-vous...

10/10/2019 (modifier)