Les derniers avis (39455 avis)

Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série London Vénus - Une vie d'Alison Lapper
London Vénus - Une vie d'Alison Lapper

Waow, quel album ! C'est le premier de Yaneck Chareyre, ancien éducateur spécialisé, qui au contact de publics en difficulté, a forgé sa carapace, ses convictions et le sentiment que l'humain est, malgré tout, merveilleux. Son premier album publié raconte donc le parcours d'une anglaise, Alison Lapper, née sans bras et avec les jambes atrophiées, une maladie due à l'absorption de certains médicaments par sa mère pendant sa grossesse. Mais en 1965, les enfants difformes sont cachés, et Alison disparaîtra quasiment de la vie de sa mère pendant plusieurs années, placée dans une institution au sein de laquelle elle va tout de même forger son caractère fort, ses amitiés pour la vie, et aussi les prémices de ses appétences artistiques. Plus tard elle va faire la connaissance de gens bons, qui vont vouloir l'adopter, ce à quoi sa mère, pourtant distante et agressive, va s'opposer farouchement. Mais Alison réussit à s'affirmer, se prendre en mains (sans mauvais jeux de mots, l'Anglaise a le sens de l'humour sur son handicap), et trouver sa voie. Une voie pas facile, entre mari maltraitant (la scène où elle comprend qu'elle ne DOIT pas se laisser faire et se rebelle est tétanisante), autorités qui détournent le regard et société partagée entre moqueries et dégoût. Mais encore une fois, Alison se bat, et devient une artiste connue, conduit sa propre voiture aménagée, aime, se sépare, élève son enfant, doit faire face à de nouvelles tragédies... Le scénario n'est pas exempt de défauts, mais on notera que Chareyre ne s'attarde pas sur des détails sans importance (comme sur les prothèses qu'utilise Alison, la façon dont son appartement est agencé...) et se concentre sur les éléments qui font avancer son histoire, sa vie. Alison Lapper ne sauve pas des vies, elle n'a pas des performances sportives hors du commun, n'est même pas (encore ?) une personnalité politique. Mais elle inspire le respect, est sans doute un exemple pour d'autres personnes handicapées moteur (un aspect seulement évoqué lors d'une séquence courte), et marque, à sa façon, la société anglaise. L'album fait 120 pages, et on a l'impression qu'il manque encore des petites choses pour faire le tour de sa vie, mais c'est vraiment un hommage à la fois en retenue et extrêmement émouvant. J'ai eu le coeur serré en voyant le drame auquel elle est confrontée vers la fin de l'ouvrage. Côté dessin c'est Mathieu Bertrand qui officie, dans un style semi-réaliste plein de détails qui ne m'attire pas vraiment au départ. Mais pris par la densité et l'émotion du sujet, j'ai peu à peu apprécié ce souci du détail, cette faculté à tout de même mettre en avant l'essentiel, et remarqué ses cadrages audacieux, avec une prédilection pour les plongées. Je ne connaissais pas du tout cette personne, mais je pense qu'avec cet album je n'oublierai pas Alison Lapper et sa vie hors normes.

09/02/2022 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série L'Écolier en bleu
L'Écolier en bleu

Je suis un peu le travail de Fabien Grolleau en ce moment, et cet album m'avait échappé. Sans doute parce que le milieu de l'art, celui des peintres, ne m'attire pas des masses. Mais il mérite quand même le détour, car il ne se destine pas seulement aux amateurs de l'oeuvre du célèbre peintre d'origine lituanienne. En effet on y voit peu de ses créations, Grolleau s'attachant surtout à nous montrer la lente descente vers la fin de la vie de Soutine, dans un cadre enchanteur, mais dans lequel il ne sera toujours pas en paix avec lui-même et avec les autres. Dans une ambiance qui plus est nimbée de paranoïa, avec les Nazis et leurs sbires qui traquent inlassablement les Juifs... J'avais remarqué le talent de Joël Legars avec ses BD jeunesse chez Carabas, et La Nuit des cendres montrait de belles dispositions au roman graphique. Pas mal d'années plus tard son trait a bien évolué avec cet album, tout en teintes douces, avec tout de même des touches particulières (du bleu, du rouge) lors de moments particuliers (avec Marcel, ou quand Soutine laisse éclater sa fureur). L'aide d'Anna Conzatti sur ces couleurs est sans doute déterminante quant à la qualité de ces nuances, et je tiens à souligner que l'ensemble est vraiment superbe, on a même des cases de pure poésie, quand Soutine peint, ou quand Marcel attend après le départ de son ami peintre... Un bel album, poétique et triste.

09/02/2022 (modifier)
Par Titanick
Note: 4/5
Couverture de la série Le Déploiement
Le Déploiement

Eeeehhh bien, on peut dire que voilà un ouvrage bien surprenant. C'est effectivement la première fois que je vois une thèse sous la forme d'une bande dessinée. Bon, il faut dire que le sujet s'y prête : si j'ai bien compris, il s'agit d'une thèse en science de l'éducation pour analyser les mécanismes cognitifs qui entrent en jeu avec la bd. L'auteur nous illustre les complémentarités de cette double approche texte-images et de très belle façon. En effet, quoi de mieux que de nous le « prouver par a+b » sous nos yeux ! Et d'ailleurs par un beau dessin noir et blanc très appréciable. L'ouvrage est vraiment bien construit, avec une progression dans l'approche, et je vous renvoie à l'avis de Cacal69 pour vous faire une idée du développement suivi. Des exemples très concrets, sur la vision en particulier, illustrent le propos et permettent à la néophyte que je suis de ne pas totalement sombrer. Parmi de nombreuses références, l'auteur s'est appuyé tout particulièrement pour sa démonstration (et pour son titre en vo) sur Flatland, un roman de « sf mathématique » du XIXe que j'avais lu il y a... quelques années et j'avoue avoir apprécié de pouvoir m'y rapporter. (trouvable en ebook gratuit et que j'en profite pour recommander à l'occasion) Une lecture donc que je n'hésite pas à conseiller à tout amateur de bd qui souhaite approfondir sa compréhension de ce médium. Tout comme L'Art Invisible d'ailleurs, certes différent, mais que j'avais également beaucoup apprécié.

09/02/2022 (modifier)
Couverture de la série Mattéo
Mattéo

Jean-Pierre Gibrat nous peint une fresque qui nous transporte dans le tourbillon révolutionnaire post Grande Guerre. Servi par un scénario d'excellence et soutenu par un dessin de maître, je ne peux qu'éprouver une forte empathie pour cet utopiste. Car l'une des conséquences de la Grande Guerre est de bouleverser l'ordre monarchique établi depuis des siècles dans nombre de pays européens pour ouvrir le champ des possibles à toutes les espérances. Mattéo est un stéréotype de tous les rêveurs utopistes qui croient dans la bonté et à la beauté des idéaux révolutionnaires. Comme il croit en l'amour de Juliette ou au sacrifice de Paulin. Son utopisme se fracassera sur le pragmatisme de ceux qui agissent sans état d'âme, à la guerre comme en amour. Gibrat n'axe pas son récit sur les dissensions meurtrières et destructrices des différents groupes révolutionnaires ( bien qu'évoquées au T2) ni à une analyse doctrinale mais à l'aventure humaine de son héros à la recherche de l'amour, du bien agir et de l'image de son père. Mattéo accepte ses doutes, reste responsables de ses actes dans toutes les circonstances même si les actes qu'il pose, n'ont pas les conséquences envisagées. Homme-jouet de la grande histoire des révolutions dans lesquelles le place Gibrat? Pas pour moi! Il reste maître de ses choix, même vis à vis des femmes qui l'accompagnent. Si les femmes peintes par l'auteur ont toutes un air de famille, elles sont toutes magnifiquement croquées tant physiquement que psychologiquement. Gibrat ajoute une pointe de sensualité, voire d'érotisme, qui contraste de façon heureuse avec l'ambiance tragique qui les entoure. Cela donne un côté festif propre aux illusions naissantes. Que dire des décors et du découpage. Gibrat nous invite au milieu des tranchées, dans la neige russe, la promiscuité des congés payés ou la rudesse des villages catalans. C'est du très haut niveau pictural à mon goût. Pour finir par un final grandiose où la mort est dépassée. Quel régal.

09/02/2022 (modifier)
Couverture de la série Les 1001 Nuits de Schéhérazade
Les 1001 Nuits de Schéhérazade

Cette oeuvre d'Eric Maltaite est un peu déroutante. En effet c'est l'attrait de l'érotisme qui pousse probablement beaucoup d'amateurs à entreprendre la lecture. Surprise, on se retrouve avec une oeuvre très littéraire où les récits choisis par l'auteur priment immédiatement sur le sexe. Il y a d'ailleurs un clin d'oeil à la fin puisque Schariar préfère commencer par l'histoire plutôt que par la belle Shéhérazade après quelques nuits. La chair s'effacerait-elle devant l'esprit? Comme le dit une blague bien connue, que faire des 23 heures qui restent? Et bien écouter les fabuleuses histoires de Schéhérazade!! Maltaite a choisi des contes peu connus ce qui a excité ma curiosité. Les épisodes sexuels assez soft sont tellement bien intégrés dans le découpage du récit que je n'y ai (presque) pas fait attention. Les dessins sont précis, le rythme est vif mais il faut rester attentif à cause de la structure de récits enchâssés très présente dans le conte original. Comme certains personnages se ressemblent , il faut bien suivre. L'esprit du conte sanglant, est bien respecté et nous avons de jolis décors des palais de Bagdad version conte, bien sûr. Une lecture très agréable pour un livre érotique. L'auteur ne s'est pas contenté d'aligner des scènes de sexe, il y une vrai contruction narrative. J'aime bien.

08/02/2022 (modifier)
Par Solo
Note: 4/5
Couverture de la série Le Crépuscule des Idiots
Le Crépuscule des Idiots

Je me joins à la troupe de satisfaits, cette lecture était très intéressante en plus d'être de très bon ton. En effet j'ai rapidement apprécié l'ambiance qui nous emmenait entre la violence et l'humour léger, ça éveille bien différents sentiments. Et puis le scénario aux apparences simples est en fait terriblement bien monté et cohérent. On sent qu'il y a eu comme un gros travail de préparation pour réussir à pondre un bouquin aussi limpide. Ainsi j'ai apprécié la manière qu'a eu l'auteur d'exposer "son" histoire de la religion, de sa naissance à sa dérive (qui arrive tout juste après sa naissance visiblement). Indubitablement, l'histoire se termine avec agnosticisme mais l'auteur est, je pense, foncièrement athée : l'Homme a créé Dieu à son image et pour son propre intérêt. De ce péché originel apparu le dogme avec son autorité suprême et ses inégalités. Quant aux miracles divins? Ils ne sont que coïncidences, fourberies et fautes d'interprétation, sauf qu'ils convainquent et la plèbe inculte idolâtre. Quelques planches suffisent pour comprendre où l'auteur vous nous emmener. Et c'est fait très intelligemment et non sans humour. Le dessin m'a également beaucoup plus, rien que la première aquarelle avec laquelle démarre le récit est une petite merveille. J'aurais aimé en trouver encore plus dans le récit pour continuer à profiter car le rendu est toujours réussi. Cette atmosphère japonisante et méditative peut être contemplé par le lecteur, mais non par les personnages. Ces macaques sont rigolos parce qu'ils sont cons et drôles. Sauf que les macaques ce sont nous, les hommes. Donc je rigole parce-que je suis drôle et con. Hmm, faut réfléchir là-dessus... Plus sérieusement, on ne fait pas que se détendre dans ce récit et nous rencontrons aussi des scènes qui nous rappellent les pratiques inhumaines entraînées par la folie d'un Culte. Rhésus (prénom issu du nom d'une espèce de singe qui se rapproche phonétiquement de Jésus), premier prophète, est le personnage qui m'aura le plus marqué car la représentation de l'avènement de l'idée est une interprétation qui est, ma foi, convaincante. A l'inverse, la femme du tyran Taro, Hisayo, ne m'a pas beaucoup plus. Je défends bien sûr la volonté de l'auteur de vouloir inclure un ou des thème(s) au sujet de la place des femmes dans un dogme religieux et/ou extrémiste, sauf que je trouve que c'est ce qui a été le moins bien exploité. Et puis surtout, pourquoi un seul personnage féminin ? Pour montrer l'homme qui se bat pour une "propriété" que tout le monde souhaite posséder peut-être ? Pour affirmer la volonté de domination d'un homme sur les autres ? En tout cas, on trouve bien une relation spirituelle homme-religion mais on ne trouve pas celle de femme-religion. Je le regrette un peu, car on se retrouve "seulement" avec une relation sociale homme-femme et donc de la soumission de cette dernière (et ce malgré les ambitions de Hisayo). Ca n'est pas moins intéressant, au contraire d'ailleurs, mais ça m'a semblé légèrement hors cadre par rapport au récit. Nous sommes dans un autre temps et en d'autres lieux, ce qui aide à gagner du recul et à percevoir les choses sous un autre style. Première fois que je lis une histoire de Krassinski, je n'ai que de bonnes raisons de vouloir continuer. L'esprit critique de l'auteur est mis à nu. A découvrir!

07/02/2022 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Un ennemi du peuple
Un ennemi du peuple

Un ennemi du peuple est une pièce du dramaturge norvégien Henrik Ibsen datant de 1882 mais son discours est fortement d'actualité. Tel qu'elle a été adaptée ici par Javi Rey et remise au goût du jour avec quelques légères modifications, elle m'a beaucoup fait penser au film Don't look up et à la négation par le peuple d'une vérité scientifique qu'on lui présente pourtant dans le but de le protéger. En même temps, Un ennemi du peuple va au-delà de cette thématique et affiche un message davantage politique ainsi qu'une surprenante critique de la démocratie elle-même en tant que système. C'est l'histoire d'une île d'allure nordique qui a su exploiter ses sources thermales pour en faire une attraction touristique qui attire les étrangers et promet un bel essor économique à ses habitants. Tout tourne pour le mieux... si ce n'était le médecin de la ville, qui officie dans la station thermale, et qui voit tout cela d'un très mauvais oeil... et s'inquiète surtout d'un véritable problème sanitaire lié à ces fameuses installations "de santé". Quand il essaiera d'alerter la population, il va se retrouver confronté à la défiance des autorités, en la personne de son propre frère, maire de la ville. Il fera alors face à la cupidité, aux abus de pouvoirs, à la corruption et aux trahisons, jusqu'à être finalement trahi par ceux auxquels il s'attendait le moins. J'ai beaucoup aimé cette BD. D'abord grâce à la clarté de son graphisme. Javi Rey a un trait très lisible, simple d'aspect a priori mais souvent beau et très agréablement rehaussé par des couleurs fortes et originales, hormis peut-être pour les scènes de jour en extérieur qui sont plus basiques. Ensuite grâce à la fluidité de sa mise en scène, aérée et bien rythmée. Si l'on n'est pas au courant, on ne se doute aucunement que ce récit date initialement d'il y a plus d'un siècle ; les dialogues coulent tellement bien et il semble tellement d'actualité qu'il aurait pu être écrit il y a quelques semaines à peine. Cela tient sans aucun doute au travail d'adaptation et de mise à jour réalisé par Javi Rey. Le personnage principal n'est pas des plus charismatiques et sa colère vers la fin est un peu frustrante alors qu'il avait probablement les moyens de trouver les bons arguments pour convaincre son auditoire, mais il dit beaucoup de choses intéressantes par ailleurs. Et enfin, même si la critique de la corruption et des esprits influençables est assez classique et sans grande surprise, la critique de la démocratie elle-même qui en découle ensuite est nettement plus étonnante et pourtant très juste. On en atteint presque le malaise en se demandant quelle échappatoire politique il peut rester pour l'humanité. L'auteur y apporte sa propre solution qui convaincra ou non mais qui tombe plutôt juste, une fois de plus. C'est donc une belle et intelligente BD qui amènera le lecteur à se poser lui-même quelques bonnes questions sur la démocratie et la société humaine.

07/02/2022 (modifier)
Par GREG
Note: 4/5
Couverture de la série De Cape et de Crocs
De Cape et de Crocs

J'arrive après la bataille. Beaucoup d'avis, en grande majorité positifs, très développés et argumentés, on va essayer de ne pas faire trop tâche si je puis dire. Nous sommes donc face à une aventure de cape et d'épée à l'apparence classique si je puis dire, avec de fins bretteurs, un personnage incarnant l'innocence/la naïveté presque infantile, une ou plusieurs damoiselles, et un affreux hidalgo. L'originalité se trouve ailleurs : nous avons effectivement d'un côté des animaux anthropomorphiques qui interagissent avec des humains, le monde que nous côtoyons est un monde parallèle qui mélange plusieurs références littéraires avec un grand respect, voire un amour de l’œuvre d'origine, ou plutôt des œuvres d'origine. Les références les plus évidents sont les deux personnages principaux, tirés du roman de Renart, Renart et Ysengrin, ainsi que Cyrano de Bergerac, qui se retrouve dans le magnifique personnage du maître d'armes. Mais ce n'est que le sommet de l'Iceberg, beaucoup de références sont évoquées de manière très intelligente, permettant par exemple au récit de passer dans de la pure science-fiction, mais science-fiction du XVIIIème siècle, avec notamment la visite imaginaire du Baron de Münchhausen dans la Lune qui trouve une belle adaptation dans plusieurs tomes. Les personnages s'expriment la plupart du temps en vers, bien écrits. Et les dessins sont pour la plupart bien réalisés. Alors pourquoi pas 5 étoiles? Parce que pour la plupart du temps, l’œuvre parfaite n'existe pas. Et celle-ci ne fait pas exception à la règle. Il faut donc relever quelques faiblesses. Tout d'abord les dialogues en vers, si bien écrits, se révèlent parfois un peu lourd à suivre, il faut être honnête. Ensuite, le dessinateur semble bien plus à l'aise avec ses animaux (époustouflants), ses décors (rien à redire), qu'avec ses humains : ils se ressemblent, et les femmes manquent singulièrement de sex-appeal. Enfin si le personnage censé invoquer l'innocence (à savoir le lapin blanc Eusèbe) est incroyablement mignon, son abus comme toutes les bonnes choses confère à l'indigestion. Cela arrive de temps en temps, et du coup on a envie d'en faire un civet. Le diptyque qui lui est consacré dans les tomes 11 et 12 est vraiment à conseiller aux fanatiques impénitents, car détaché de l’œuvre d'origine, c'est finalement une œuvre un peu ratée, Eusèbe étant simplement trop idiot et naïf pour éveiller l'intérêt. D'autant qu'il s'agit d'une préquelle : son personnage gagne en maturité et devient franchement attachant dans les derniers tomes, mais les tomes 11 et 12 se déroulent avant le tome 1, nous montrant un Eusèbe limite sorti de l’œuf.

07/02/2022 (modifier)
Couverture de la série Hombre
Hombre

Je n'aime pas les récits post apocalyptiques mais Hombre fait exception . J'ai lu l'intégrale qui présente des récits plus ou moins longs entre 12 et 46 planches. Chaque récit est indépendant et sans continuité avec le précédent. Les premiers récits ( les plus longs) qui posent la personnalité d'Hombre et les décors dans lesquels il évolue, sont les plus intéressants et les plus fouillés. Les récits les plus courts, comme celui des Vautours, s'organisent tous autour du couple Hombre-Attila qui rencontrent un groupe malveillant et violent, souvent des jeunes nazillons qu'ils sont bien obligés d'exterminer pour sauver la veuve et l'orphelin (et leur peau par la même occasion). Car sous son aspect de gros dur un peu cannibale, Hombre a un coeur d'or. Il est fidèle à ses engagements et à sa très jolie compagne Attila rencontrée dans la forêt quand il était à la poursuite de Latigo ( Pour moi le meilleur épisode). Comme l'indique Ro il y a de la discontinuité et quelques incohérences scénaristiques. Dans l'intégrale, la planche 1 nous présente la version écolo et politique du naufrage civilisationnel ( Nous consommons trop d'energie inutilement. Ce qui explique que les paysages non détruits ( typés rudesse espagnole) sont encore propices à un renouveau qui s'affirme au fil des albums. Je trouve que c'est dur, sans pitié mais la perspective d'un futur existe. Le côté politique, genre dictature, est absent et quand un petit groupe aux méthodes nazi apparaît c'est pour apprendre à leurs dépens, la recette des feux d'artifice. Le côté Macho? Je ne le sens pas trop car les (très jolies) femmes que Hombre rencontrent, savent se défendre. Surtout la superbe Attila qui me rappelle Kriss de Valnor. L'érotisme est bien présent mais si sage et presque pudique comparé aux possibles d'un cadre aussi violent. Les dialogues de Ségura sont loin d'être des niaiseries et certaines scènes rappelle des oeuvres majeures du patrimoine, comme le radeau de la Méduse ( le cannibalisme). Même si ce n'est pas ce type de dessins que je préfère, c'est très bien fait.

07/02/2022 (modifier)
Par doumé
Note: 4/5
Couverture de la série L'Oasis
L'Oasis

L'oasis est un sympathique intermède végétal, Simon Hureau nous présente l'évolution de son jardin. Il part d'une friche et se construit petit à petit son jardin idéal en respectant des principes souvent plein de bon sens. Un témoignage qui ne donne pas de leçon juste quelques principes basiques comme ne jamais utiliser de produit chimique, de tondeuse ou supprimer les haies de troènes. Son but est d'attirer et faire vivre naturellement la faune de sa région grâce à une flore qui se développe avec des produits naturels. L'auteur transmet sa passion pour la nature, il condamne l'exploitation industrielle des sols et prône pour un jardinage à taille humaine et réalisé de manière raisonnée. Les dessins des insectes et de toute la flore sont dignes d'une revue scientifique, les descriptions sont détaillés avec le nom scientifique en latin. Si tous les choix de l'auteur sont pour lui une évidence, je ne partage pas toute ses idées entre autre l'échange de ma tondeuse contre une faux mais le compostage et les engrais naturels peuvent nous servir d'exemple. Une lecture qui incite à prendre le temps de contempler la nature dès que l'occasion se présente et à chacun d'entre nous de construire son havre de paix qui n'est pas obligatoirement un jardin.

06/02/2022 (modifier)