Les derniers avis (39456 avis)

Par doumé
Note: 4/5
Couverture de la série L'Oasis
L'Oasis

L'oasis est un sympathique intermède végétal, Simon Hureau nous présente l'évolution de son jardin. Il part d'une friche et se construit petit à petit son jardin idéal en respectant des principes souvent plein de bon sens. Un témoignage qui ne donne pas de leçon juste quelques principes basiques comme ne jamais utiliser de produit chimique, de tondeuse ou supprimer les haies de troènes. Son but est d'attirer et faire vivre naturellement la faune de sa région grâce à une flore qui se développe avec des produits naturels. L'auteur transmet sa passion pour la nature, il condamne l'exploitation industrielle des sols et prône pour un jardinage à taille humaine et réalisé de manière raisonnée. Les dessins des insectes et de toute la flore sont dignes d'une revue scientifique, les descriptions sont détaillés avec le nom scientifique en latin. Si tous les choix de l'auteur sont pour lui une évidence, je ne partage pas toute ses idées entre autre l'échange de ma tondeuse contre une faux mais le compostage et les engrais naturels peuvent nous servir d'exemple. Une lecture qui incite à prendre le temps de contempler la nature dès que l'occasion se présente et à chacun d'entre nous de construire son havre de paix qui n'est pas obligatoirement un jardin.

06/02/2022 (modifier)
Couverture de la série Imbroglio
Imbroglio

L’un des meilleurs Trondheim de la collection patte de mouche. Il exploite le filon jusqu’au bout, je le vois comme un pastiche des soaps, avec ce concept de rebondissements incessants, lecture complètement absurde et comique. Je le fais souvent lire à des non initiés du 9ème art, il fait toujours son petit effet. Pari réussi pour ce court album.

06/02/2022 (modifier)
Couverture de la série Sept yakuzas
Sept yakuzas

Au bout de 3 saisons, soit 21 albums, quelle déception cette collection, beaucoup de passable et peu de réussite. Pourtant le concept était accrocheur et promettait sur le champ des possibles, mais trop peu d’auteurs tirent leur épingle du jeu sur ce travail de commande. 7 Yakuzas, 6ème et avant dernier tome annoncé de la collection (à l’époque ^^), il fait parti des bons crus. Morvan, en grand connaisseur de la culture nippone, propose un récit banalisé mais dense sur fond de vengeance mafieuse, très plaisant à suivre, on découvre tout un pan du Japon à travers de nombreux flash-back de notre homme en couche culotte. Le bas blesse un peu avec la partie graphique, un trait gras et une colorisation terne mais qui finalement accompagne bien le récit. L’application du cahier des charges passe ici très bien à mes yeux. Lecture divertissante et recommandable. 3,5 arrondi à 4*

06/02/2022 (modifier)
Couverture de la série Sept Missionnaires
Sept Missionnaires

Au bout de 3 saisons, soit 21 albums, quelle déception cette collection, beaucoup de passable et peu de réussite. Pourtant le concept était accrocheur et promettait sur le champ des possibles, mais trop peu d’auteurs tirent leur épingle du jeu sur ce travail de commande. 7 missionnaires - 4ème parution de la collection et Le plus réussi, l’un des rares à pouvoir trôner avec fierté dans votre bedetheque. On retrouve au scénario Ayroles (De cape et de crocs, Garulfo), artiste peu prolifique qui privilégie la qualité à la quantité. Il nous pond un scénario malin, avec ses 7 hommes d’église (incarnant chacun un des 7 péchés) chargés d’évangéliser chez les vikings. Au dessin Luigi Critone, que je ne connaissais pas, fait plus qu’assurer, c’est fin, fluide, détaillé ... pas spécialement ma came mais un plaisir pour les yeux. Le tout est magnifiquement mis en valeur par Lorenzo Pieri le coloriste, qui nous sort de belles ambiances. Du très bon boulot de la part de ce trio, le plaisir de lecture en découle. Un mot sur la couverture, la maquette de la collection laisse peu de place au dessinateur pour s’exprimer, mais je trouve l’illustration de cette dernière très réussie, une fois l’album refermé. Bref un chouette moment de lecture, les auteurs ont magnifié le cahier des charges, dommage que ça n’ai pas inspiré pour la suite. Du grand art !! Album qui se relit.

06/02/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Retour
Le Retour

Bruno Duhamel est vraiment un artiste selon mon goût et selon mon coeur. Il est capable de diversifier les scenarii d'une façon époustouflante. Il y a bien cette question directrice qui accompagne son œuvre : la solitude ontologique de l'homme face à sa libre destinée. Cette solitude est d'autant plus grande que cet homme est un artiste comme Cristobal. Incompris de son père et de ses concitoyens, il ne peut trouver refuge que dans son art et la nature. Je lis "Le Retour" presque comme une œuvre philosophique écologique. De plus j'aime le dessin et ses couleurs. Duhamel prend toujours autant de soin à ses décors. Ici il y a un méga-plus avec les dessins de sculptures qu'il nous propose. Si ces propositions de sculptures sont les vôtres, monsieur Duhamel lancez-vous !!! Vôtre « Esclave » et vôtre « Christ » sont d'une beauté saisissante. Je trouve tout beau dans cet album, la couverture, l'introduction, l'histoire où le présent est sans couleur et le passé si riche malgré cette part d'ombre. Seulement quatre étoiles mais tout mon coeur. Punaise je me sens l'âme d'un affreux touriste pour visiter Lanzarote.

06/02/2022 (modifier)
Couverture de la série Sept psychopathes
Sept psychopathes

Au bout de 3 saisons, soit 21 albums, quelle déception cette collection, beaucoup de passable et peu de réussite. Pourtant le concept était accrocheur et promettait sur le champ des possibles, mais trop peu d’auteurs tirent leur épingle du jeu sur ce travail de commande. 7 psychopathes est le tome inaugural de la série, et se place à mes yeux dans le haut du panier, il laissait présager de bonnes choses pour la suite. Au dessin on retrouve Sean Phillips (mon 1er contact avec lui), je ne suis pas fan de son trait mais il fait le taf niveau narration. La bonne surprise vient du scénario dense, original et malin de Vehlmann, regroupant des psychopathes bien différents en vue d’assassiner Hilltler. Lecture distrayante et recommandable + cahier des charges rempli. 3,5 qui se valorise à 4* pour comparaison aux autres albums de la collection.

06/02/2022 (modifier)
Couverture de la série Saccage
Saccage

On est sans doute là à la limite de la BD – même si je pense que c’en est une. Un léger fil narratif unit les images qui nous sont données à voir. Comme le titre pouvait le laisser pressentir, Peeters nous livre ici une vision sacrément noire d’un univers qui pourrait être le nôtre (qui ne devrait pas l’être en fait). Ça peut se lire comme un recueil de cauchemars, de visions hallucinées d’un monde en déliquescence, un portfolio dans lequel un artiste chercherait à exorciser sa déprime. Par contre visuellement, c’est à la fois fort et beau ! Clairement inspirés d’artistes de différentes époques (je n’avais pas repéré toutes les références, mais Peeters livre les clés en fin d’album), ces dessins sont vraiment très chouettes. Et la colorisation (ainsi que le travail éditorial d’Atrabile) habillent superbement les visions de Peeters. Un imaginaire franchement influencé par le surréalisme sur plusieurs tableaux, une esthétique proche de celle de Burns ou de Micol je trouve, j’ai vraiment été captivé par cette lecture – très rapide, mais aussi inspirée et inspirante. A découvrir !

05/02/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Doggybags - Mapple squares
Doggybags - Mapple squares

Je ne pars pas en territoire inconnu avec cet album, j'ai déjà pu apprécier ce duo d'auteurs avec le superbe Frank Lee - L'après Alcatraz. Mais on est rarement déçu avec le label 619. Deux agents du FBI, Bénédict et Gill, enquêtent sur plusieurs disparitions et leurs recherches vont les mener à Mapple, une petite ville du Nebraska. L'heure de gloire de cette bourgade remonte à son usine de bonbons : les mapple squares. A sa fermeture, elle sera transformée en institut pour criminels avec de gros problèmes psychiatriques, le haut du panier dans le genre "cinglé". Hasteda nous a concocté un récit tout à fait déjanté. Ça va à vive allure, une narration faite de flash-back qui nous éclaire sur les événements qui déboucheront sur un bain de sang. Ça gicle, ça charcute et ça dézingue à tout va. Des personnages aux profils attachants, je parle bien sûr de nos deux détectives, les autres sont azimutés à souhaits, des friandises acidulées et pimentées. Sans oublier la touche d'humour noir. Chesnot propose un graphisme qui se rapproche du comics, il est dynamique, détaillé avec un trait acéré. Je reconnais sa touche personnelle, ses visages semi-caricaturaux expressifs. Une mise en page énergique associée à une colorisation dans des tons mates accentuent le degré de folie de ce one shot. Un polar délirant que je conseille aux amoureux du genre.

05/02/2022 (modifier)
Couverture de la série Chiens de fusil
Chiens de fusil

Pour finaliser le Brexit, les fonctionnaires ont discuté pendant des mois sur ce tout petit bout d'Europe. Preuve que sur place le sujet est encore sensible. Lax nous renvoie aux heures sombres de Belfast et Londonderry, des noms qui ne disent rien aux plus jeunes mais qui faisaient l'actualité des années 70. Lax place son observation du point de vue de L'I.R.A. C'est le point de vue révolutionnaire. Assez mythique à l'époque. Le déroulé chronologique a peu d'importance car c'est une succession d'attentats et d'arrestations non décisifs sur vingt ans. Ce qui est le plus intéressant est la psychologie des protagonistes. Denis, le révolutionnaire actif et meurtrier peu sympathique et Dermot, son frère, artiste ouvert à la réconciliation. Les dessins de Lax dans les rues de Belfast sont dignes d'un photo reportage. Pour les scènes familiales ses visages sont superbes mais ses couleurs un peu fades à mon goût. L'introduction, très hypothétique de Stephen ami protestant de Dermot sert au scénario de façon romanesque sur deux points. Il justifie pourquoi l'I.R.A. n'a jamais bénéficié d'une grande sympathie en Europe de l'Ouest avec cette image extrémiste. En effet elle était surtout perçue comme faisant partie d'une nébuleuse terroriste aidée en sous-main par les Libyens et le KGB. Ensuite Stephen nous permet d'évoquer un des points d'orgue de la lutte catholique Nord-Irlandaise : la mort par grève de la faim de Bobby Sands et neuf de ses camarades à la prison de Long Kesh. Thatcher y gagnera son surnom de "Dame de Fer". De plus, Dermot peintre nous permet de découvrir un joyau de l'art de Belfast, les "murals". Lax nous en propose quelques photos en fin d'ouvrage, c'est une belle réussite. Lecture agréable sur un conflit très dur, si proche de nous et souvent oublié hors du Royaume-Uni et de l'Irlande.

05/02/2022 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
Couverture de la série Blacksad
Blacksad

Mon avis sur le tome 6 : Il aura donc fallu huit ans pour voir sortir ce sixième tome – en deux parties - attendu avec impatience par les fans de cette série culte de la BD franco-belge. Une si longue attente était-elle justifiée ? Incontestablement, les auteurs Juan Díaz Canales et Juanjo Guarnido nous livrent une histoire digne des épisodes précédents, où l’on retrouve tout ce qui a fait le succès de « Blacksad ». « Alors tout tombe » nous emmène dans un New-York fictif des années 50 (même si la ville n’est jamais citée), où la corruption sévit à tous les étages jusqu’au sommet du pouvoir. Le point de départ de l’action concerne un fait historique désormais avéré à l’époque, non seulement aux Etats-Unis mais à travers le monde : le démantèlement des transports publics au profit de la voiture individuelle, à l’époque nouveau symbole de liberté et de richesse. Ici, c’est un projet urbanistique de grande ampleur, un point autoroutier gigantesque entre deux quartiers, qui doit sceller le sort des travailleurs du métro. Évidemment comme dans toute affaire de gros sous, la mafia, jamais très loin, marche main dans la main avec le maire et place ses pions, prête à éliminer froidement tout opposant au projet. Bref, l’histoire est plutôt bien construite, on passe des sous-sols de la ville à ses hauteurs, entre les demeures luxueuses et les bas-fonds. Au menu, du sordide et de la castagne, de l’amour et du glamour, pas de doute, c’est du « Blacksad » ! L’écriture est noire, désabusée. Dans ce monde de brutes, les puissants se fichent du bien commun et auront toujours le dernier mot. Et les sans-grades n’ont qu’à bien se tenir… Comme toujours avec Guarnido, la partie graphique est saisissante, soutenue par une composition dynamique et des visages animaliers pittoresques, sans oublier les décors grandioses toujours très réalistes de « The Big Apple ». On appréciera le petit clin d’œil bienvenu au célèbre « Nighthawk » d’Edward Hopper, avec la célèbre scène nocturne où deux amants s’épanchent au comptoir d’un café quasi désert. Tout comme ce final très shakespearien avec l’apparition d’un ancien amour de John Blacksad, Alma… On ne peut pas vraiment dire que ce premier volet se distingue des tomes précédents. Attendons la suite pour se prononcer définitivement, mais on peut affirmer que le cahier des charges est largement rempli. A défaut de surprendre, l’histoire se laisse lire sans déplaisir et devrait contenter les passionnés. Tome 6 - "Alors tout tombe, première partie" ----------------------------------------------------- Cela faisait un moment que j’avais envie de découvrir cette série, et bien m’en a pris. Graphiquement, je trouve qu’il y a un vrai style, un trait très affuté, avec un sens du détail impressionnant. Guarnido a paraît-il travaillé dans le dessin animé, et ça se voit. Il possède un don particulier dans la mise en page et le cadrage pour insuffler du mouvement aux images. C’est tranchant, net et sans bavures, on a presque l’impression de regarder un film d’animation. L’idée de faire un polar animalier est assez bien vue : les personnages ont des vrais « gueules », et le fait qu’ils soient anthropomorphes semblent renforcer encore leur expressivité, c’en est parfois vraiment étonnant. L’environnement et les décors aux couleurs chaudes sont toujours chiadés, la technique à l’aquarelle est admirable. Pour le reste, c’est très polar, tant au niveau des textes que des dialogues avec quelques allusions animalières bien placées et un humour savamment dosé. Le mode de récit à la première personne par Blacksad, empreint de l’amertume que lui inspire le monde, colle bien à l’atmosphère « roman noir » de cette série. Et si le scénario déjà vu du premier tome ne m’avait guère convaincu, Juan Díaz Canales semble s’être réveillé pour les suivants avec des intrigues plus recherchées, au risque d’une certaine dispersion dans le troisième et encore plus dans le quatrième. Au final, il ne fait pas de doute que Blacksad est une grande série. Tome 1 – Quelque part entre les ombres Tome 2 – Arctic Nation Tome 3 – Âme rouge Tome 4 - L'Enfer, le silence Tome 5 - Amarillo

17/11/2012 (MAJ le 05/02/2022) (modifier)