Les derniers avis (39456 avis)

Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Le Pré derrière l'église
Le Pré derrière l'église

Un autre album que je n'aurais sûrement jamais lu sans ce merveilleux site ! Je suis surpris que le scénariste soit Crisse car ce récit est très différent de ce qu'il produit habituellement. La première chose qui m'a frappé est le dessin qui est absolument superbe à regarder et qui est très bon pour recréer une atmosphère campagnarde. Je me 'sentais' vraiment à la campagne ! Le scénario est bien construit. J'ai surtout aimé le parallèle entre les animaux et les humains et surtout que les animaux ne comprennent pas le langage des hommes, ce qui va amener des quiproquos. L'humour fonctionne bien et les dialogues sont souvent savoureux. Le récit est captivant et j'ai lu l'album d'une traite tellement je voulais savoir la fin ! Sinon, je vois qu'il y a un album qui sort le mois prochain. J'ai rien contre le fait que les auteurs développent cet univers, mais j'espère que la suite sera aussi bonne que ce premier tome qui est très réussi.

05/02/2022 (modifier)
Couverture de la série Wonderland (Graph Zeppelin)
Wonderland (Graph Zeppelin)

J’ai lu cette série dans l’intégrale que les éditions Graph Zeppelin viennent de faire paraitre. Celle-ci reprend les 3 tomes de l’histoire complète, mais pas le quatrième (suite d’histoires courtes présentant le monde et les personnages). Et c’est plutôt une agréable surprise (la parution des albums m’avait échappé). Raven Gregory reprend la trame d’origine de Lewis Caroll, en la pervertissant (dans tous les sens du terme d’ailleurs). En effet, Alice est devenue femme, au sein d’une famille américaine a priori idéale, mais c’est sa fille qui, embarquée elle aussi « de l’autre côté du miroir », va découvrir un envers de décor extraordinaire, et pousser sa mère à lui porter secours. Il faut dire que dès le départ le ton est donné, et que le lecteur sait qu’il n’aura pas droit ici à une énième resucée de la version Disney d’Alice. En effet, la famille idéale incarnée par Alice, son mari, son fils et sa fille Caroll Ann (Calie) vole en éclat. Alice tente de se suicider, le mari est en fait volage et adepte de relations sadomasochistes, le fils est quelque peu psychopathe, et Calie délurée. Mais c’est surtout à partir du moment où Calie bascule au Pays des Merveilles que l’histoire – tout en gardant personnages et décors classiques, du moins à l’extérieur – dévie singulièrement de la trame originale. Le fantastique onirique de Lewis Caroll est ici remplacé par un fantastique nettement plus noir, tout est dangereux, menaçant, certaines scènes virant presque au gore, avec quelques petites touches un peu trashy. Il reste un peu de poésie, mais l’horreur la place très loin au second plan. Un grand classique revisité donc, une histoire qui se laisse lire facilement et agréablement. Mon principal bémol concerne l’aspect graphique. Le dessin est techniquement très bon, très classique pour ce type de comics, avec quelques clichés inhérents au genre, comme ces femmes qui sont toutes des bombasses hyper sexuées, une esthétique SM souvent présente (au point qu’au vu de la couverture et de l’éditeur, j’ai un temps pensé avoir à faire à une version porno hard, mais en fait pas du tout, même si un érotisme assez fort imprègne pas mal de pages). Mais c’est surtout la colorisation informatique dont je ne suis pas fan, elle lisse un peu tout (affaire de goût, mais ce n’est pas mon truc). On a en tout cas là une vision originale et intéressante d’un grand classique, qui pourra plaire aux amateurs de l’histoire originelle, mais aussi à ceux qui, ne la connaissant pas, cherchent tout simplement une intrigue fantastique bien fichue. Note réelle 3,5/5.

04/02/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Trésor du Cygne Noir
Le Trésor du Cygne Noir

C’est un album qui mêle divers genres : une enquête policière (avec certains détails la rapprochant d’un thriller, lorsque des services secrets tentent de faire pression sur l’un des personnages principaux, qui vient d’intégrer le cabinet du ministère de la culture espagnole), au milieu d’un conflit entre État espagnol et pilleurs d’épaves, de l’aventure presque vieille école (quelques accointances avec Tintin ou Cousteau – auquel il est d’ailleurs fait allusion). Le scénariste s’inspire de faits réels, auxquels il a été en partie confronté. Peu importe en fait, car cela fonctionne. Sur un rythme assez pépère parfois, l’intrigue se densifie continuellement, et se révèle au final très intéressante (avec en sus des aspects historiques, d’espionnage pour pimenter certains moments). Bref, voilà un album qui ne paye pas de mine, mais dont la lecture procure un bon moment de détente intelligente.

04/02/2022 (modifier)
Couverture de la série Oumpah-Pah
Oumpah-Pah

YAK YAK YAK!!Après le décollage de Jehan Pistolet, le second étage de la fusée qui va mettre Astérix au firmament de la BD franco-belge est bien lancé. Il s'appelle Oumpah-pah, le puma est son totem et Double-scalp son ami. Il est aussi le grand frère d'un certain Astérix et de son ami Obélix. Il préfère les poulettes aux petits chiens et possède la sagesse d'un petit gaulois et la force d'un plus costaud. Cinq épisodes dont les trois derniers s'enchaînent. Que dire de "La mission secrète" et de "Foie-Malade" ? "Vormitable!" "Egzdraordinaire!", on dit Kulte aujourd'hui. Tout est déjà en place, les dessins vifs et tranchants d'Uderzo accompagnés de dialogues sublimes, modèles de second degré et d'auto-dérision. Un Foie-Malade qui a un air de Petit-René, travesti en Napoléon belliciste qui va proposé son aide aux Prussiens, lui le chef sournois des "Yeux-Bochés" (oups "Yeux-pochés" pardon). Les camps retranchés, le festin final, la distribution de baffes, les noms humoristiques, cet esprit pacifiste qui sourde derrière la bêtise des conflits, il ne manquait que d'être du bon côté de la Résistance. "Diantre", nous sommes fiers de vous, "monsieur Ktazenblummerswishundwagenplaftembomm", en 60 ans vous n'avez pas pris une ride. YAK YAK YAK.

04/02/2022 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série La Danse du Soleil et de la Lune
La Danse du Soleil et de la Lune

Kasane, La Voleuse de Visage m'avait marqué, surtout au début, par son côté ambigu, manipulateur, presque malsain. J'avais lâché l'affaire 3 tomes avant la fin (il y en a eu 14), car l'intrigue n'avançait pas. Daruma Matsuura nous revient avec un récit sensiblement différent, mais j'avoue que je suis accroché. Ici le cadre est médiéval, on a un samourai qui désespère de trouver un travail car il a la fâcheuse faculté de ne pouvoir toucher du métal sans que celui-ci se torde... Ce qui lui ferme de nombreuses portes, en premier lieu celui de faire partie des forces de l'ordre, son voeu le plus cher depuis la tragique disparition de sa mère sous le coup de voyous quand il était jeune. Mais l'arrivée inattendue de Tsuki, une belle et sensible jeune femme, qui se distingue par son altruisme, va radicalement changer sa vie. Pour autant il ne va pas être tranquille... Moins malaisant que la série citée ci-dessus, ce conte fantastique m'a accroché assez vite. La romance est moins naïve qu'on pourrait le croire, et la dimension surnaturelle de la malédiction de Konosuke ne laisse de m'intriguer. De plus on se doute que Tsuki a quelque chose de particulier, comme le soulignent différents éléments dispersés dans l'histoire. Le personnage de Konosuke est également intéressant ; ressenti comme un lâche par ses pairs, il se révèle pourtant un guerrier honorable, pour peu que du métal ne soit pas concerné. Côte dessin Matsuura a un peu évolué dans son trait, qui est plus assuré, et s'avère vraiment dynamique et nerveux dans les scènes d'action. Sans être subjugué, j'ai trouvé ça bien foutu et surtout lisible. Ce premier tome se termine sur un coup de théâtre et un cliffhanger, et j'avoue que j'ai bien envie de connaître la suite, en espérant qu'elle ne tire pas en longueur.

04/02/2022 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série La Nuit est mon royaume
La Nuit est mon royaume

Comme Alix, j'ai découvert l'auteure avec Phoolan Devi, reine des bandits, que j'avais beaucoup apprécié. Ici, la BD exploite d'autres thématiques, même si certaines semblent assez proche. A travers les yeux d'une adolescente de banlieue qui découvre la musique, la BD va se développer sur de nombreux thèmes. Que ce soit la question de l'identité et de l'immigration, mais aussi de l'écart social entre les classes, la difficulté de faire son nom dans le milieu de la musique (amplifiée par les problématiques soulevées précédemment). La BD prend son temps, ce qui est appréciable, développant son propos sur plusieurs années. L'évolution permet de caractériser les personnages, et progressivement on s'attache à cette jeune fille. Entre les dilemmes personnels et la progression de son envie, l'histoire se densifie progressivement jusqu'à un final prenant et pas non plus extraordinaire. Il est juste dans le ton, en accord avec ce qu'il s'est passé auparavant et la résolution est une réussite à mes yeux. C'est parfaitement exécutée, d'une façon que je n'avais pas envisagé. Le dessin est en accord avec ce propos et se développe petit à petit, dans une magnifique représentation de cette nuit enchanteresse. Claire Fauvel à un coup de crayon que j'apprécie beaucoup et qui donne envie de retourner contempler ces images. Bref, une BD que j'ai bien aimée et qui présente une situation de façon très prenante, à mon gout. J'ai été accroché par son scénario et ce qu'il s'en dégage, cette conclusion tout en beauté qui vient achever une maturation de la protagoniste, bref, une réussite !

03/02/2022 (modifier)
Par DamBDfan
Note: 4/5
Couverture de la série VilleVermine
VilleVermine

Très très chouette ce Villevermine, j'ai lu les trois tomes à la suite et j'espère qu'il y en aura d'autres. Un héros singulier qui a du style et qui, sous ses airs de grand dur, cache une certaine sensibilité. Et puis, l'idée qu'il puisse s'exprimer avec tout les objets du quotidien, c'est une idée toute bête mais il fallait la trouver. Cela permet toutes les fantaisies et on se marre. La patte graphique est assez personnelle avec moults détails dans les cases et les distortions de corps facilitent les extravagances. On peut oublier la "figitude", c'est ultra dynamique. A noter, des intrigues fantasques bien élaborées qui marquent les esprits (la fin du tome 2 est trippante, violente avec le ressenti du méchant dans le corps du monstre et le tome 3 est totalement surprenant dans son dénouement) A découvrir.

03/02/2022 (modifier)
Couverture de la série Kochka
Kochka

La violence et le chaos dans la démesure. C'est comme cela que je résumerais le diptyque "Kochka" de Brrémaud et Duhamel si je devais n'écrire qu'une phrase. Plus je lis les œuvres de Duhamel et plus je trouve son travail intelligent et recherché. Nombreux sont ceux qui louent son dessin et j'abonde dans ce sens. J'aime beaucoup le contraste entre les couleurs chaudes, une dynamique assez comique au départ de l'action mais qui vire vite à l'acte froid et d'une cruauté absolue. J'ai en tête la scène où Hans ramène un déserteur à 8 dollars qui a fait une première mauvaise rencontre avec un alligator. De nombreuses scènes sont sur ce schéma. Le scénario est très technique dans ma compréhension. 3 histoires qui s'entrechoquent et se nourrissent les unes les autres. Le fil rouge est la désertion de Sanders, fils et petit-fils de très riches planteurs. Cela permet de mettre en scène Mullighan à la tête de son unité anti-désertion. Plus proche d'un Quantrill que de Steve McQueen en Josh Randall, il est la représentation même de l'horreur froide qui s'exprime dans ces périodes de folies meurtrières. Le cadre est un épisode peu connu de la Civil War US. Merci aux auteurs, car la victoire de l'Union à La Nouvelle-Orléans faisait partie des priorités de Lincoln. Il s'agissait d'entamer la maîtrise du Mississipi, voie de communication et d'approvisionnement numéro1 des armées Confédérées. D'où l'importance des forces marines souvent sous-estimées dans d'autres récits. Cela permet aussi de montrer la particularité de cette ville qui aurait pu être ville neutre. Ville Catholique et Animiste, avec un brassage de population assez unique à cette époque dans le Sud, indéfendable, elle s'est rendue sans combattre dès le printemps 1862. De plus c'est de là que furent créés 3 régiments d'infanteries Afro-américains avec des officiers Noirs. On y promulgua des lois favorables aux Afro-américains qui incitèrent les esclaves des états Confédérés à s'y réfugier et ainsi affaiblir considérablement la force de travail des armées sudistes. Enfin Kochka, le chat, que je lis comme une sorte de Bastet, à la fois protectrice et symbole de la séduction qu'est Michka. Mais aussi dévastatrice lorsqu'elle se transforme en véritable lion. Mais lorsque Kochka croisera les forces de l'ordre bien aveugles son pouvoir de protection disparaîtra. Du comique au tragique, on vous avait prévenus : violence et chaos.

03/02/2022 (modifier)
Couverture de la série Jehan Pistolet
Jehan Pistolet

Les premières armes (de corsaires) du duo Uderzo/Goscinny a produit ces albums racontant une petite équipe de corsaires bien farfelus. Si on lit cet ouvrage hors contexte des années 50, je crains que l'on manque beaucoup du sel de ces histoires. Scénarii classiques? Je n'en suis pas si sûr. En effet je trouve que Goscinny introduit dans ses créations un humour décalé peut être moins visible aujourd'hui mais très novateur pour la BD de l'époque. Nous sommes loin d'un héros à la Eroll Flynn comme dans Barracuda qui était le lot de nombreuses publications. Au contraire nous voila avec une équipe de bras cassés qui multiplie les situations burlesques. Jehan en voit de toutes les couleurs ( de corsaire) avant de retomber sur ses pieds avec l'aide de son perroquet. Nous sommes dans la dérision irréaliste assumée ( pauvre Petit René ravalé au rôle du simple matelot gauche et sans initiative) avec des gags toutes les deux pages bien soutenus par le dessin très dynamique d'Uderzo. Il y a nombre de cases qui annoncent Astérix. Il y a bien quelques hiatus comme le quartier maître qui disparaît au cours de l'épisode du "Corsaire du Roy", l'océan à Nantes ou quelques dessins moins finis. Mais autrement c'est un régal. Pour finir ce que je considère comme la cerise et la graine en germe du génie de Goscinny. L'épisode de "L'Espion" pensé par Goscinny comme "Pistolet colonisateur" puis heureusement débaptisé ( voir L'Intégrale). Jehan part de Nantes, premier port européen de l'époque à cause de l'infamante traite négrière, avec pour mission de coloniser un bout d'Afrique. Goscinny et Uderzo retournent, par un coup de génie, la situation en nous présentant des Africains lettrés, cultivés et pacifiques qui refusent d'être les porteurs de Jehan et de son équipage. Qui sont les sauvages ? Mais ce sont les Blancs des autres bateaux, ces furieux Européens qui s'entretuent pour la richesse de la nouvelle colonie convoitée. Et Jehan qui finit par se ranger aux côtés et défendre ses nouveaux amis Africains. Il finit ami-ami avec le roi Africain, d'égal à égal, une larme à l'œil au départ. Cela écrit et dessiné dans ces années de décolonisations meurtrières avec des soldats belges, français, portugais ou anglais dans presque tous les pays d'Afrique. Sous mes yeux ébahis vient de naître LE thème vertébral de l'œuvre du duo. Hubert de la Pâte Feuilletée sera un colonisateur qui deviendra l'élève-ami de Oumpah-Pah et apprendra de la culture Indienne. Pour finir à Astérix le Résistant. Un thème qui nous colle à la peau encore aujourd'hui, militairement, culturellement ou commercialement. Chapeaux bas messieurs.

03/02/2022 (modifier)
Par Peter7580
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Petit Noël
Le Petit Noël

C'est un merveilleux comte de Noël pour enfant à la fois tendre et naïf. Un excellent équilibre entre histoire et pédagogie, caractère et sensibilité amenant progressivement avec chaleur de l'humanité et de la poésie dans le quotidien. Un peu de recul fait du bien. Les personnages sont bien campés et l'Elaoin a une forte personnalité pour une machine. A noter que elaoin sdrétu n'est pas un assemblage de lettres au hasard mais les lettres des deux premières colonnes de caractères d'une linotype.

02/02/2022 (modifier)