Avec cet album, Nicolas Wild réussit à produire une histoire très lisible, fluide, d’une lecture agréable, tout en étant très riche.
En effet, c’est un mélange de roman graphique (avec l’auteur qui se met en scène, autour de la mort d’un homme et du procès de son meurtrier), avec beaucoup de sujets qui enrichissent l’intrigue (qui en devient presque policière parfois), comme la découverte d’une religion (le zoraostrisme), d’un pays (l’Iran), avec aussi la thématique des migrants et autres réfugiés.
L’ensemble est fluide donc (et le dessin à la fois simple et précis de Wild y est pour beaucoup), jamais rébarbatif, au point qu’on ne sait plus ce qui est avéré, historique, et ce que l’auteur a inventé.
Lecture recommandée en tout cas.
EXCELLENT ! Voici un histoire très touchante et émouvante. Elle met en scène la bêtise humaine qui condamne la différence et exclut ce que l'on considère comme "anormal" ou "hors normes". Le dessin est stylé et les expressions des personnages bien tracés. Ce manga gagne à être lu et transmis à beaucoup de personnes car il nous offre une VRAIE leçon de vie. Je recommande vivement !
Très belle série que l'histoire de cette petite oursonne qui sait se mettre en boule pour défendre sa vie.
A travers cette magnifique histoire d'amour entre Lhahl la Tibétaine et Porridge l'Anglais, Cosey défend une fois de plus la liberté d'un peuple à choisir ses croyances, ses pensées et son mode de vie.
Une fois de plus son talent explose au service de la nature montagneuse et neigeuse qu'il peint comme nul autre.
Toujours dans son registre de bleu-blanc-jaune, il y ajoute malheureusement des pages rouges qui fendent le cœur.
Comme pour Jonathan, Cosey évite le manichéisme en séparant système politique et individu libre et responsable grâce au rôle très actif de la Chinoise Fang.
Il faut accepter le rythme de la narration qui s'adapte à l'environnement. Lent au début puis qui s'accélère avec la montée de l'intensité dramatique du récit.
Entre Beatles et Longchenpa, Cosey nous guide vers une ouverture à l'autre. Encore une série très agréable.
Pour conclure, j'aime beaucoup la façon dont Cosey dessine les femmes asiatiques. Il n'a pas besoin de les dénuder pour leur donner une charge érotique intense. Un regard suffit.
Je place le Vol du Corbeau au même niveau que Le Sursis.
Bon le dessin bien sûr... Le décor donne un rendu incroyable et très immersif tout du long. Le trait toute en finesse et la palette de couleurs admirablement nuancées donnent beaucoup de légèreté et de beauté dans cette période combattante à l'ambiance délétère. Jeanne est magnifique et les poses offertes par Gibrat lui donne une courbe élégante. Pour moi, c'est à classer parmi l'un des plus beaux personnages féminins que l'on rencontre en bande dessinée. D'autant que la personnalité de Jeanne, comme celle de tous les personnages, est intéressante. Les pensées qui les traversent sont narrées en accord avec les différentes histoires du récit : son amour pour l'homme, son sentiment de trahir ou d'avoir été trahi, ses inquiétudes. François a un caractère bien trempé mais attachant. Franchouillard, vif d'esprit, cultivé, pragmatique, vulgaire, généreux, sentimental, voleur. L'opinion qu'il a de lui-même et le regard qu'il porte sur ce qui l'entoure sont 2 problématiques hyper bien exploitées par Gibrat, qui lui a construit une mentalité solide et fière. Son approche de la vie est très intéressante je trouve.
Les révélations proche de l'épilogue sont surprenantes et donnent une nouvelle dimension au récit. Par contre le véritable final ne m'a pas emballé, ça manque un peu de subtilité, mais bon elle donne le sourire.
L'écriture est parfaite pour moi, les tournures de phrase sont bien trouvées, et les dialogues sont géniaux: les engueulades entre René et Huguette présentent très bien le tableau de ce couple fusionnel, les différentes scènes de conflits d'idées sont intelligentes, le jeu entre Jeanne et François m'a étonnement plus. Ca fait un peu la Belle et le Clochard, et j'aime bien l'idée parce-que dans le contexte ou chacun doit choisir son camp sous l'Occupation, on suit la floraison d'un amour qui brise cette ségrégation sociale ambiante. L'évolution de cette relation est bien rythmée et assez linéaire donc j'ai pu me laissé embarquer de la première à la dernière planche.
Les péripéties sont parfois rocambolesques et certaines sont très anecdotiques. Je crois avoir déjà indiqué ce reproche dans Le Sursis. Je ne sais pas trop quoi en penser, d'un côté je trouve que Gibrat apaise un peu trop les 2 histoires que j'ai lues de lui, ou au contraire je trouve que c'est bien là la patte de l'auteur et qu'il réussit à créer une atmosphère particulièrement réussie et attirante. Mon avis balance en fonction des scènes en fait, certaines m'ont ennuyé plus que d'autres.
Je crois que je préfère le Vol du Corbeau au Sursis (la beauté de Jeanne pèse dans la balance)
C'est une très belle histoire qu'il faut découvrir.
3.5
Alpha Flight est une équipe de super-héros canadienne qui avait fait son apparition dans la série X-Men et qui ont fini par avoir leur propre série de comics. J'ai été surpris de voir qu'une bonne partie de la première intégrale contenait des épisodes déjà publié dans les intégrales X-Men ou l'album sur Machine Man. Je pensais qu'il y aurait juste la première apparition de l'équipe dans X-Men et ensuite les épisodes de leur série. Je ne suis pas fan d'avoir autant de récits déjà publiés ailleurs, surtout que les intégrales coutent cher. Heureusement que je les empruntes à la bibliothèque !
Bon malgré ce désagrément qui a fait en sorte que sur un album de 335 pages j'ai sauté pratiquement 130 pages parce que j'avais pas envie de lire des épisodes que j'avais déjà lu, cela reste une bonne série de super-héros. John Byrne était un des meilleurs auteurs des années 70-80 et cela se voit ici. Non seulement son dessin est très bon, mais il est un bon scénariste et Alpha Flight est une des meilleurs séries de lui que j'ai lu jusqu'à présent. Byrne doit développer une grosse équipe de super-héros qui a été créé à la base juste pour affronter les X-Men et il le fait avec des récits qui à chaque fois mets en vedette différents membres de l'équipe, se qui permets à chacun de développer une personnalité propre. C'est le point fort de la série, les personnages sont vraiment attachants et j'ai vraiment envie de lire la suite de leurs aventures. C'est du très bon récit de super-héros à l'ancienne et c'est à lire si on est pas allergique à ce type de récit.
Bon toutefois je trouve que le nom des francophones sont souvent rigolos (quelqu'un connait une femme qui s'appelle Jeanne-Marie ?). Bon au moins personne ne dit sacrebleu ou zut alors, du moins dans la VF.
Les Dingodossiers sont évidemment une série historique clé de la BD franco-belge.
Pour s'en convaincre " bande de cancres", je vous invite à lire le texte de Marie-Ange Guillaume en préface du tome 3 (Texte que "je ne connaissais pas il y a 1/4 d'heure !").
Goscinny en 1965 entraîne Gotlib dans une aventure qui va révolutionner l'humour français pour des décennies.
Dans les Dingodossiers nous avons un humour potache qui s'adresse aux ados d'avant mai 68. Il y a bien le petit Chaprot et ses merveilleuses fautes d'orthographe (que faisaient les modérateurs ?), mais c'est surtout un catalogue de petites situations ou inhibitions du quotidien qui sont traitées avec un œil totalement novateur.
Pour une jeunesse gavée de "A mon époque...", "Si vous aviez connu la guerre...", on comprend qu'elle se soit approprié ce langage (mots + images) libérateur.
Une œuvre probablement initiatique pour Gotlib, qu'il faut lire tellement elle ouvre une voie créative pour la BD d'humour des années 70 et 80.
La lecture de Saison brune m'avait laissé saisi, en état de choc, et pour tout dire assez désespéré.
En allant glaner des informations sur le sujet du réchauffement climatique, je suis tombé par hasard sur une vidéo de Jean-Marc Jancovici.
Faut-il le présenter ? Polytechnicien, inventeur du bilan carbone, co-fondateur du Shift Project, infatigable vulgarisateur, travaillant sur le sujet du réchauffement climatique depuis plus de 20 ans maintenant, il a sa cohorte de fans... et de détracteurs.
Quoiqu'on en pense, il connaît très bien son sujet. Il pourra même paraître arrogant à certains. Forcément, il a 20 ans d'avance sur celui qui - comme moi - débarque sur le sujet ! Il fait en outre montre d'un esprit très vif et souvent taquin, pour ne pas dire carrément rentre-dedans, y compris lorsqu'il est audité par des sénateurs.
Une de ses grandes forces est de présenter des choses complexes avec une limpidité évidente. Qu'on ne s'y trompe cependant pas, ses affirmations restent discutables. Ou plutôt, puisque nous sommes dans le domaine scientifique, vérifiables.
Au minimum, ses conférences disponibles sur YouTube ont l'immense mérite d'apporter à tous ceux qui prennent le temps de les regarder des informations pointues et précises sur des sujets qui sinon n'ont qu'une visibilité ridicule dans nos médias, que ce soit en volume ou en profondeur.
Sans surprise, cet album reprend le fond de son propos. En près de 200 pages, la somme d'informations est très importante. Et des sujets évoqués en à peine deux pages pourront ensuite conduire le lecteur intéressé à plusieurs heures d'approfondissement. Il constitue à mon avis une excellente approche d'une écologie non punitive et relevant d'une simple nécessité de survie.
Loin de susciter un effroi paralysant, il incite bien plutôt à l'action en donnant les clés permettant la compréhension et le choix éclairé.
Alors, à lire ? Oui, évidemment !
Culte ? Oui, de facto !
Et pour citer Jean-Marc Jancovici dans ce livre : Le reste n'a qu'une importance relative.
Un polar d'après le roman de Douglas Burroughs, lui-même inspiré par un histoire vraie. Celle d'une émission radiophonique, Orson Welles raconte d'une manière réaliste La Guerre des Mondes de H. G. Wells. Ce qui provoquera une peur panique dans le pays. Et en particulier à Heatheote, États-Unis, deux morts et un blessé dans le coma.
Nous sommes en octobre 1938, CBS la radio qui a diffusé cette émission va envoyer sur place Douglas Burroughs pour enquêter, CBS ne veut pas être tenu pour responsable.
Sur fond de racisme, de mentalité rurale et de rebondissements, ce thriller tient en haleine du début à la fin. Une narration linéaire, fluide et un épilogue détonant qui vous fera cogiter sur les "fake news".
Maîtrise et surprise sont au rendez-vous.
Une immersion dans ces années d'avant guerre grâce à un dessin qui colle parfaitement à cette période bien aidé en cela par une colorisation dans des teintes sépias. Superbe.
C'est plus qu'un excellent polar.
A découvrir rapidement.
Monstrueux !
Un album d'une intensité émotionnelle rarement atteinte pour un album de 360 pages, l'auteur nous fait plonger dans des drames humains où la violence est omniprésente.
Les personnages sont victimes de leurs histoires à travers plusieurs générations.Des lésions post traumatiques ou de chocs liés à l'enfance, tous les personnages vivent un enfer administré par des militaires qui n'ont qu'un objectif concevoir le soldat parfait en s'adonnant à des expérimentations sur des cobayes humains.
L'histoire s'étale sur plusieurs décennies et nous est racontée sans respecter la chronologie des événements. L'auteur utilise les changements d'époque avec beaucoup de talent pour nous faire vivre les angoisses de ses personnages et nous distille petit à petit des indices pour découvrir l'origine de leurs folies.
En toile de fond, l'auteur dénonce plusieurs thèmes: l'alcoolisme, les violences faites aux femmes et aux enfants, la folie de la guerre qui détruit les hommes et l'auteur ne fait pas dans la dentelle, c'est sans filtre et brutal.
Le dessin est en noir et blanc avec des cases très détaillées, les décors et les représentations des personnages à travers les ages sont vraiment réussis. Un niveau de qualité impressionnant pendant 360 pages qui doit représenter pour l'auteur un travail considérable.
Une descente dans l'enfer créé par Barry Windsor-Smith où la noirceur humaine parait ne pas avoir de limite.
Barry Windsor-Smith n'est pas un débutant dans le monde du comics. J'ai déjà pu apprécier son talent sur les X-MEN, Machine Man, Conan (allez voir Conan le Barbare - Les Clous rouges) et Wolverine, en particulier son Wolverine - Arme X où il est également au scénario avec aussi en toile de fond "la transformation d'un homme en arme de guerre".
L'histoire de Bobby Bailley de 1947 à 1964, de son enfance à sa mutation en monstre. Une histoire non linéaire qui prend aux tripes. J'y ai retrouvé certaines similitudes avec le Frankenstein de Mary Shelley, il s'en dégage une puissance émotionnelle qui ne m'a pas laissé indifférent. Un scénario diabolique où rien n'est laissé au hasard, tous les personnages se croisent et se recroisent à des périodes différentes pour mieux nous donner toutes les clefs de ce drame. J'ai particulièrement aimé la touche de fantastique et les passages avec le journal de Janet, la mère de Bobby, avec tantôt de l'espoir, de la détresse et de la résignation. Poignant.
Comme Alix, je me suis fait avoir plusieurs fois dans le sens de lecture des bulles, le seul point négatif.
Qui sont les monstres ?
Le noir et blanc de Barry Windsor-Smith est précis, détaillé, fluide et sombre lorsqu'il le faut. Il en émane une atmosphère dramatique digne des films noirs hollywoodien. 360 pages du même niveau.
Un artiste au sommet de son art.
Une œuvre marquante.
BWS est une mine d'or et ce comics sa plus belle pépite.
Coup de cœur et 5 étoiles.
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Ainsi se tut Zarathoustra
Avec cet album, Nicolas Wild réussit à produire une histoire très lisible, fluide, d’une lecture agréable, tout en étant très riche. En effet, c’est un mélange de roman graphique (avec l’auteur qui se met en scène, autour de la mort d’un homme et du procès de son meurtrier), avec beaucoup de sujets qui enrichissent l’intrigue (qui en devient presque policière parfois), comme la découverte d’une religion (le zoraostrisme), d’un pays (l’Iran), avec aussi la thématique des migrants et autres réfugiés. L’ensemble est fluide donc (et le dessin à la fois simple et précis de Wild y est pour beaucoup), jamais rébarbatif, au point qu’on ne sait plus ce qui est avéré, historique, et ce que l’auteur a inventé. Lecture recommandée en tout cas.
Un shiba en plus !
EXCELLENT ! Voici un histoire très touchante et émouvante. Elle met en scène la bêtise humaine qui condamne la différence et exclut ce que l'on considère comme "anormal" ou "hors normes". Le dessin est stylé et les expressions des personnages bien tracés. Ce manga gagne à être lu et transmis à beaucoup de personnes car il nous offre une VRAIE leçon de vie. Je recommande vivement !
Le Bouddha d'Azur
Très belle série que l'histoire de cette petite oursonne qui sait se mettre en boule pour défendre sa vie. A travers cette magnifique histoire d'amour entre Lhahl la Tibétaine et Porridge l'Anglais, Cosey défend une fois de plus la liberté d'un peuple à choisir ses croyances, ses pensées et son mode de vie. Une fois de plus son talent explose au service de la nature montagneuse et neigeuse qu'il peint comme nul autre. Toujours dans son registre de bleu-blanc-jaune, il y ajoute malheureusement des pages rouges qui fendent le cœur. Comme pour Jonathan, Cosey évite le manichéisme en séparant système politique et individu libre et responsable grâce au rôle très actif de la Chinoise Fang. Il faut accepter le rythme de la narration qui s'adapte à l'environnement. Lent au début puis qui s'accélère avec la montée de l'intensité dramatique du récit. Entre Beatles et Longchenpa, Cosey nous guide vers une ouverture à l'autre. Encore une série très agréable. Pour conclure, j'aime beaucoup la façon dont Cosey dessine les femmes asiatiques. Il n'a pas besoin de les dénuder pour leur donner une charge érotique intense. Un regard suffit.
Le Vol du Corbeau
Je place le Vol du Corbeau au même niveau que Le Sursis. Bon le dessin bien sûr... Le décor donne un rendu incroyable et très immersif tout du long. Le trait toute en finesse et la palette de couleurs admirablement nuancées donnent beaucoup de légèreté et de beauté dans cette période combattante à l'ambiance délétère. Jeanne est magnifique et les poses offertes par Gibrat lui donne une courbe élégante. Pour moi, c'est à classer parmi l'un des plus beaux personnages féminins que l'on rencontre en bande dessinée. D'autant que la personnalité de Jeanne, comme celle de tous les personnages, est intéressante. Les pensées qui les traversent sont narrées en accord avec les différentes histoires du récit : son amour pour l'homme, son sentiment de trahir ou d'avoir été trahi, ses inquiétudes. François a un caractère bien trempé mais attachant. Franchouillard, vif d'esprit, cultivé, pragmatique, vulgaire, généreux, sentimental, voleur. L'opinion qu'il a de lui-même et le regard qu'il porte sur ce qui l'entoure sont 2 problématiques hyper bien exploitées par Gibrat, qui lui a construit une mentalité solide et fière. Son approche de la vie est très intéressante je trouve. Les révélations proche de l'épilogue sont surprenantes et donnent une nouvelle dimension au récit. Par contre le véritable final ne m'a pas emballé, ça manque un peu de subtilité, mais bon elle donne le sourire. L'écriture est parfaite pour moi, les tournures de phrase sont bien trouvées, et les dialogues sont géniaux: les engueulades entre René et Huguette présentent très bien le tableau de ce couple fusionnel, les différentes scènes de conflits d'idées sont intelligentes, le jeu entre Jeanne et François m'a étonnement plus. Ca fait un peu la Belle et le Clochard, et j'aime bien l'idée parce-que dans le contexte ou chacun doit choisir son camp sous l'Occupation, on suit la floraison d'un amour qui brise cette ségrégation sociale ambiante. L'évolution de cette relation est bien rythmée et assez linéaire donc j'ai pu me laissé embarquer de la première à la dernière planche. Les péripéties sont parfois rocambolesques et certaines sont très anecdotiques. Je crois avoir déjà indiqué ce reproche dans Le Sursis. Je ne sais pas trop quoi en penser, d'un côté je trouve que Gibrat apaise un peu trop les 2 histoires que j'ai lues de lui, ou au contraire je trouve que c'est bien là la patte de l'auteur et qu'il réussit à créer une atmosphère particulièrement réussie et attirante. Mon avis balance en fonction des scènes en fait, certaines m'ont ennuyé plus que d'autres. Je crois que je préfère le Vol du Corbeau au Sursis (la beauté de Jeanne pèse dans la balance) C'est une très belle histoire qu'il faut découvrir.
Alpha Flight - L'intégrale
3.5 Alpha Flight est une équipe de super-héros canadienne qui avait fait son apparition dans la série X-Men et qui ont fini par avoir leur propre série de comics. J'ai été surpris de voir qu'une bonne partie de la première intégrale contenait des épisodes déjà publié dans les intégrales X-Men ou l'album sur Machine Man. Je pensais qu'il y aurait juste la première apparition de l'équipe dans X-Men et ensuite les épisodes de leur série. Je ne suis pas fan d'avoir autant de récits déjà publiés ailleurs, surtout que les intégrales coutent cher. Heureusement que je les empruntes à la bibliothèque ! Bon malgré ce désagrément qui a fait en sorte que sur un album de 335 pages j'ai sauté pratiquement 130 pages parce que j'avais pas envie de lire des épisodes que j'avais déjà lu, cela reste une bonne série de super-héros. John Byrne était un des meilleurs auteurs des années 70-80 et cela se voit ici. Non seulement son dessin est très bon, mais il est un bon scénariste et Alpha Flight est une des meilleurs séries de lui que j'ai lu jusqu'à présent. Byrne doit développer une grosse équipe de super-héros qui a été créé à la base juste pour affronter les X-Men et il le fait avec des récits qui à chaque fois mets en vedette différents membres de l'équipe, se qui permets à chacun de développer une personnalité propre. C'est le point fort de la série, les personnages sont vraiment attachants et j'ai vraiment envie de lire la suite de leurs aventures. C'est du très bon récit de super-héros à l'ancienne et c'est à lire si on est pas allergique à ce type de récit. Bon toutefois je trouve que le nom des francophones sont souvent rigolos (quelqu'un connait une femme qui s'appelle Jeanne-Marie ?). Bon au moins personne ne dit sacrebleu ou zut alors, du moins dans la VF.
Les Dingodossiers
Les Dingodossiers sont évidemment une série historique clé de la BD franco-belge. Pour s'en convaincre " bande de cancres", je vous invite à lire le texte de Marie-Ange Guillaume en préface du tome 3 (Texte que "je ne connaissais pas il y a 1/4 d'heure !"). Goscinny en 1965 entraîne Gotlib dans une aventure qui va révolutionner l'humour français pour des décennies. Dans les Dingodossiers nous avons un humour potache qui s'adresse aux ados d'avant mai 68. Il y a bien le petit Chaprot et ses merveilleuses fautes d'orthographe (que faisaient les modérateurs ?), mais c'est surtout un catalogue de petites situations ou inhibitions du quotidien qui sont traitées avec un œil totalement novateur. Pour une jeunesse gavée de "A mon époque...", "Si vous aviez connu la guerre...", on comprend qu'elle se soit approprié ce langage (mots + images) libérateur. Une œuvre probablement initiatique pour Gotlib, qu'il faut lire tellement elle ouvre une voie créative pour la BD d'humour des années 70 et 80.
Le Monde sans fin
La lecture de Saison brune m'avait laissé saisi, en état de choc, et pour tout dire assez désespéré. En allant glaner des informations sur le sujet du réchauffement climatique, je suis tombé par hasard sur une vidéo de Jean-Marc Jancovici. Faut-il le présenter ? Polytechnicien, inventeur du bilan carbone, co-fondateur du Shift Project, infatigable vulgarisateur, travaillant sur le sujet du réchauffement climatique depuis plus de 20 ans maintenant, il a sa cohorte de fans... et de détracteurs. Quoiqu'on en pense, il connaît très bien son sujet. Il pourra même paraître arrogant à certains. Forcément, il a 20 ans d'avance sur celui qui - comme moi - débarque sur le sujet ! Il fait en outre montre d'un esprit très vif et souvent taquin, pour ne pas dire carrément rentre-dedans, y compris lorsqu'il est audité par des sénateurs. Une de ses grandes forces est de présenter des choses complexes avec une limpidité évidente. Qu'on ne s'y trompe cependant pas, ses affirmations restent discutables. Ou plutôt, puisque nous sommes dans le domaine scientifique, vérifiables. Au minimum, ses conférences disponibles sur YouTube ont l'immense mérite d'apporter à tous ceux qui prennent le temps de les regarder des informations pointues et précises sur des sujets qui sinon n'ont qu'une visibilité ridicule dans nos médias, que ce soit en volume ou en profondeur. Sans surprise, cet album reprend le fond de son propos. En près de 200 pages, la somme d'informations est très importante. Et des sujets évoqués en à peine deux pages pourront ensuite conduire le lecteur intéressé à plusieurs heures d'approfondissement. Il constitue à mon avis une excellente approche d'une écologie non punitive et relevant d'une simple nécessité de survie. Loin de susciter un effroi paralysant, il incite bien plutôt à l'action en donnant les clés permettant la compréhension et le choix éclairé. Alors, à lire ? Oui, évidemment ! Culte ? Oui, de facto ! Et pour citer Jean-Marc Jancovici dans ce livre : Le reste n'a qu'une importance relative.
A Fake Story (d'après le roman de Douglas Burroughs)
Un polar d'après le roman de Douglas Burroughs, lui-même inspiré par un histoire vraie. Celle d'une émission radiophonique, Orson Welles raconte d'une manière réaliste La Guerre des Mondes de H. G. Wells. Ce qui provoquera une peur panique dans le pays. Et en particulier à Heatheote, États-Unis, deux morts et un blessé dans le coma. Nous sommes en octobre 1938, CBS la radio qui a diffusé cette émission va envoyer sur place Douglas Burroughs pour enquêter, CBS ne veut pas être tenu pour responsable. Sur fond de racisme, de mentalité rurale et de rebondissements, ce thriller tient en haleine du début à la fin. Une narration linéaire, fluide et un épilogue détonant qui vous fera cogiter sur les "fake news". Maîtrise et surprise sont au rendez-vous. Une immersion dans ces années d'avant guerre grâce à un dessin qui colle parfaitement à cette période bien aidé en cela par une colorisation dans des teintes sépias. Superbe. C'est plus qu'un excellent polar. A découvrir rapidement.
Monstres
Monstrueux ! Un album d'une intensité émotionnelle rarement atteinte pour un album de 360 pages, l'auteur nous fait plonger dans des drames humains où la violence est omniprésente. Les personnages sont victimes de leurs histoires à travers plusieurs générations.Des lésions post traumatiques ou de chocs liés à l'enfance, tous les personnages vivent un enfer administré par des militaires qui n'ont qu'un objectif concevoir le soldat parfait en s'adonnant à des expérimentations sur des cobayes humains. L'histoire s'étale sur plusieurs décennies et nous est racontée sans respecter la chronologie des événements. L'auteur utilise les changements d'époque avec beaucoup de talent pour nous faire vivre les angoisses de ses personnages et nous distille petit à petit des indices pour découvrir l'origine de leurs folies. En toile de fond, l'auteur dénonce plusieurs thèmes: l'alcoolisme, les violences faites aux femmes et aux enfants, la folie de la guerre qui détruit les hommes et l'auteur ne fait pas dans la dentelle, c'est sans filtre et brutal. Le dessin est en noir et blanc avec des cases très détaillées, les décors et les représentations des personnages à travers les ages sont vraiment réussis. Un niveau de qualité impressionnant pendant 360 pages qui doit représenter pour l'auteur un travail considérable. Une descente dans l'enfer créé par Barry Windsor-Smith où la noirceur humaine parait ne pas avoir de limite.
Monstres
Barry Windsor-Smith n'est pas un débutant dans le monde du comics. J'ai déjà pu apprécier son talent sur les X-MEN, Machine Man, Conan (allez voir Conan le Barbare - Les Clous rouges) et Wolverine, en particulier son Wolverine - Arme X où il est également au scénario avec aussi en toile de fond "la transformation d'un homme en arme de guerre". L'histoire de Bobby Bailley de 1947 à 1964, de son enfance à sa mutation en monstre. Une histoire non linéaire qui prend aux tripes. J'y ai retrouvé certaines similitudes avec le Frankenstein de Mary Shelley, il s'en dégage une puissance émotionnelle qui ne m'a pas laissé indifférent. Un scénario diabolique où rien n'est laissé au hasard, tous les personnages se croisent et se recroisent à des périodes différentes pour mieux nous donner toutes les clefs de ce drame. J'ai particulièrement aimé la touche de fantastique et les passages avec le journal de Janet, la mère de Bobby, avec tantôt de l'espoir, de la détresse et de la résignation. Poignant. Comme Alix, je me suis fait avoir plusieurs fois dans le sens de lecture des bulles, le seul point négatif. Qui sont les monstres ? Le noir et blanc de Barry Windsor-Smith est précis, détaillé, fluide et sombre lorsqu'il le faut. Il en émane une atmosphère dramatique digne des films noirs hollywoodien. 360 pages du même niveau. Un artiste au sommet de son art. Une œuvre marquante. BWS est une mine d'or et ce comics sa plus belle pépite. Coup de cœur et 5 étoiles.