Monstrueux !
Un album d'une intensité émotionnelle rarement atteinte pour un album de 360 pages, l'auteur nous fait plonger dans des drames humains où la violence est omniprésente.
Les personnages sont victimes de leurs histoires à travers plusieurs générations.Des lésions post traumatiques ou de chocs liés à l'enfance, tous les personnages vivent un enfer administré par des militaires qui n'ont qu'un objectif concevoir le soldat parfait en s'adonnant à des expérimentations sur des cobayes humains.
L'histoire s'étale sur plusieurs décennies et nous est racontée sans respecter la chronologie des événements. L'auteur utilise les changements d'époque avec beaucoup de talent pour nous faire vivre les angoisses de ses personnages et nous distille petit à petit des indices pour découvrir l'origine de leurs folies.
En toile de fond, l'auteur dénonce plusieurs thèmes: l'alcoolisme, les violences faites aux femmes et aux enfants, la folie de la guerre qui détruit les hommes et l'auteur ne fait pas dans la dentelle, c'est sans filtre et brutal.
Le dessin est en noir et blanc avec des cases très détaillées, les décors et les représentations des personnages à travers les ages sont vraiment réussis. Un niveau de qualité impressionnant pendant 360 pages qui doit représenter pour l'auteur un travail considérable.
Une descente dans l'enfer créé par Barry Windsor-Smith où la noirceur humaine parait ne pas avoir de limite.
Barry Windsor-Smith n'est pas un débutant dans le monde du comics. J'ai déjà pu apprécier son talent sur les X-MEN, Machine Man, Conan (allez voir Conan le Barbare - Les Clous rouges) et Wolverine, en particulier son Wolverine - Arme X où il est également au scénario avec aussi en toile de fond "la transformation d'un homme en arme de guerre".
L'histoire de Bobby Bailley de 1947 à 1964, de son enfance à sa mutation en monstre. Une histoire non linéaire qui prend aux tripes. J'y ai retrouvé certaines similitudes avec le Frankenstein de Mary Shelley, il s'en dégage une puissance émotionnelle qui ne m'a pas laissé indifférent. Un scénario diabolique où rien n'est laissé au hasard, tous les personnages se croisent et se recroisent à des périodes différentes pour mieux nous donner toutes les clefs de ce drame. J'ai particulièrement aimé la touche de fantastique et les passages avec le journal de Janet, la mère de Bobby, avec tantôt de l'espoir, de la détresse et de la résignation. Poignant.
Comme Alix, je me suis fait avoir plusieurs fois dans le sens de lecture des bulles, le seul point négatif.
Qui sont les monstres ?
Le noir et blanc de Barry Windsor-Smith est précis, détaillé, fluide et sombre lorsqu'il le faut. Il en émane une atmosphère dramatique digne des films noirs hollywoodien. 360 pages du même niveau.
Un artiste au sommet de son art.
Une œuvre marquante.
BWS est une mine d'or et ce comics sa plus belle pépite.
Coup de cœur et 5 étoiles.
3,5 arrondi au supérieur. Un chouette album.
Le procédé n’est pas nouveau, créer son récit à raison d’un dessin par jour, mais ça reste un peu casse gueule. Dans notre cas, Thierry Martin s’en sort avec les honneurs, homogène de bout en bout.
L’histoire est dès plus basique : un western crépusculaire sur fond de traque vengeresse, mais reste tout à fait plaisante à suivre grâce, et c’est la grande réussite de l’album, à sa partie graphique.
Nous avons droit à une narration muette qui prend son temps, et installe une ambiance lourde et pesante, avec un dessin aux petits oignons dans un noir et blanc mâtiné de bleu.
Lecture rapide mais immersive, on est dans cette forêt enneigée.
Une petite friandise (pas donnée au demeurant) pour tout amateur.
Hormis les films, Conan m'était complètement étranger mais j'aime cet univers, alors quand j'ai appris le concept de la série à savoir l'adaptation des récits initiaux d'Howard par des grands de la bd je ne pouvais être qu'intrigué, tout en restant méfiant sur une qualité inégale des albums à venir, problème majeur de ce genre de collection.
L'avenir me fera peut être mentir mais à ce jour (6 albums) c'est quasi un sans faute.
On sent des auteurs impliqués et heureux de travailler sur un tel matériel et leur vision du personnage bien que différente est sans faute de goût.
Visuellement on en prend plein les mirettes et les péripéties de Conan sont agréables à lire car assez variées et exotiques dans les destinations, il aura tenu bien des rôles en tout cas (mercenaire, général, roi, pirate ... pas qu'un simple barbare) même si on connaît le fin mot de l'histoire à chaque tome ... un peu comme Titanic ^^
Bref très bonne collection pour découvrir ou approfondir le personnage et le replacer à l'origine de son mythe dans la vison de son créateur.
tome 1 : gros scénario à faire rentrer dans un one shot, Morvan s'en tire pas mal (fin un poil trop rapide qq pages en sus auraient été la bienvenue) et l'intro avec la voix off de Conan est excellente pour cerner de suite le personnage et son côté dit barbare, Alary est surprenant et s'en tire magnifiquement bien dans la composition des pages.
Tome 2 : intro magnifique dans son traitement graphique, après les auteurs du Roy des ribauds ou d'Iras Dei déroulent leur savoir faire, du tout bon, mais aventure plus classique et linéaire.
Tome 3 : grosse claque par les auteurs de la licorne, avec une superbe conclusion. Dans le top.
Tome 4 : petite déception à la première lecture tant le scénario est maigre malgré une maîtrise graphique indéniable, heureusement la relecture fait mentir la 1ère impression, on a là une des plus belles adaptations des nouvelles d'Howard, Robin Recht s'est vraiment approprié le récit (mention spéciale).
Tome 5 : aïe le dérapage, j'en attendais peut être trop au vue des auteurs mais pas fameux comme album (et pauvre de moi je l'ai pris dans sa version noir et blanc, la version couleur m'ayant rebuté), alors attention l'album est pro et se laisse lire mais je n'ai pas senti d'investissement particulier des auteurs, histoire très linéaire et Etienne Le Roux rend une copie lisible mais sans forcer son talent (on est très loin de sa série l'éducation des assassins que je souhaiterai voir perdurer d'ailleurs ...) bref album classique et souffrant de la comparaison dans la collection.
Tome 6 : du très très bon Virginie Augustin m'a épaté graphiquement et narrativement, je ne l'attendais pas sur cette collection, excellente surprise.
Tome 7 : à venir ... mais grosse grosse attente sur le titre adapté (considéré comme une des meilleures nouvelles) et sur les noms affichés (Cassegrain, Hautiere et Vatine).
Nota : les 1ères éditions sont accompagnées d'un cahier bonus qui constitue un vrai plus, outre recherche graphique et dessin hommage, c'est le petit mot de Patrice Louinet qui donne tout le sel à la conclusion de l'album.
——————
Mise à jour 29/01/22
Je reste sur la même impression, cette collection continue à me plaire.
Tome 7 : La nouvelle adaptée est vraiment sympa et pousse à quelques réflexions, pour la partie graphique Cassegrain assure, j’aime beaucoup son trait (hormis sur sa dernière série la majesté des ours), il apporte un petit côté cartoonesque qui ne me déplaît pas. Très bon tome.
Tome 8 : pas mal de péripéties dans cet album, nous avons droit à une aventure dense, sous la patte graphique d’un auteur coréen que je ne connaissais pas. Pas mon préféré, mais album tout à fait recommandable .
Tome 9 : On retrouve Gess seul à la barre (comme sur les contes de la pieuvre), mise en page magistrale, l’auteur s’est fait plaisir, mais la nouvelle adaptée est très faible et source à débat sur le fond. Lecture placée sous le signe du plaisir graphique.
Tome 10 : adaptation sous la houlette de Patrice Louinet (spécialiste du mythe Conan), notre héros se retrouve au milieu d’une lutte de pouvoir entre puissants d’une cité état. Je ne suis pas fan du dessin mais je dois dire qu’il envoie bien. Pas une œuvre majeure, mais lecture tout à fait satisfaisante.
Tome 11 : aïe j’ai toujours eu du mal avec le trait de Civiello, il convient bien à l’illustration mais sur une page complète on frise souvent l’indigestion, et ses personnages ont la mauvaise habitude d’être déformée sur certaines cases. Dans cet album, on retrouve ses travers mais ça ne m’a pas gêné outre mesure, emporté par un scénario astucieux. L’intrigue se distingue des autres nouvelles, nous avons droit à une enquête policière en huis clos avec de nombreux témoignages. Originale dans la collection.
Tome 12 : du lourd pour ce tome, une chouette aventure du Cimmérien, riche et dense, servie par un dessin somptueux. On est dans le haut du panier de la collection avec cette adaptation.
Tome 13 : pas encore lu, mais la partie graphique aperçue va me régaler.
Quelle histoire, et quel album ! Alerté par les deux avis 5/5 postés à ce jour, je me suis précipité sur ce pavé. Je ressors marqué de ma lecture et rajoute mon 5/5 à l’édifice.
L’histoire est sombre au possible, et raconte les horreurs vécues par Bobby Bailey, monstre crée par des expérimentations scientifiques qui ont mal tourné. Mais voilà, l’album se nomme « Monstres » au pluriel : l’auteur nous fait en effet découvrir une galerie de personnages peu recommandables, à commencer par le père de Bobby… mais pas de manichéisme, juste des hommes faibles et torturés (le père souffre de troubles du stress post-traumatique). Et une vie d’enfant brisée à jamais.
Certains détails m’ont presque fait enlever une étoile. La narration est certes maitrisée voire impressionnante, mais les phylactères ne sont pas toujours clairement agencés, et je les ai souvent lus dans le désordre. De même, j’ai lu la VO, et je ne suis pas fan du tic narratif qui consiste mélanger les langues pour montrer qu’un personnage est étranger (ici, la belle-sœur française et ses « calme-toi, your sister needs you »)… d’autant plus que le français utilisé est parfois approximatif.
Mais je me retrouve incapable de ne pas mettre la note maximale. La lecture est certes longue et parfois ardue, mais j’en suis ressortie sonné. J’ai beaucoup aimé les touches de fantastique, et la fin du récit est magnifique et m’a beaucoup ému.
Quant au dessin, il faut certes aimer le style, et il est aussi noir que le récit, mais bon-sang, regardez-moi ces planches !
Un album que je ne suis pas près d’oublier.
Un western dans la pure tradition qui met en scène le Bouncer – le videur du saloon de Barro City - dans des aventures qui sentent la poussière, la crasse et le sang. Tour à tour bourreau ou justicier, le Bouncer traîne avec lui un passé familial lourd et douloureux qui ne cesse de le hanter. Secrets de famille, violence, traditions indiennes, mine d’or, chacals et vautours, tous les ingrédients sont là pour une très bonne histoire pleine de rebondissements. C’est une très belle série (l’intégrale est superbe) au dessin somptueux, réaliste, précis, aux détails qu’il faut prendre le temps d’apprécier et aux couleurs qui fleurent bon le grand ouest américain. Très belle ambiance. On sent la poussière, la chaleur, la crasse… Dans ce monde violent, sans concession et sans rémission, les auteurs ne font pas dans les bons sentiments mais nous plongent dans un univers dur et impitoyable. Un récit sombre sous le soleil de l’Ouest.
Les Sans-Âme sont une compagnie de mercenaires qui officient à une époque indéterminée. Ils vivent de pillages et de batailles sanglantes. Un jeune noble fuyant son passé et sa famille se joint à eux, mais ce n'est pas sans mal qu'il s'intégrera à la troupe qui commet plus d'exactions que de véritables contrats.
Courant pour l'instant sur quatre volumes nous suivons les pérégrinations de cette bande de soudards que rien n'arrête.
Lucas Enoch et Stefano Vietti nous propose un scénario bien ficelé mettant en scène cette troupe qui ne s'encombre pas de moralité et exempte de scrupules. Notre jeune héros parait bien innocent, mais son arrivée dans la bande est l'occasion d'échanges qui sont propices à faire avancer l'histoire.
Cette série dont le dessinateur change à chaque opus n'est pas celle qui révolutionnera le genre, mais elle est suffisamment captivante pour procurer un très agréable moment de lecture. Pour revenir sur le changement de dessinateur je dois avouer qu'il n'est en rien perturbant, les auteurs qui se succèdent respectant le cahier des charges inhérent au genre (gueules et scènes de combats lisibles).
Je ne peux que recommander ce titre.
C'est sans avoir lu la série précédente Blade Runner 2019 que je découvre cette suite qui semble pouvoir se lire sans problème malgré tout. En tout cas, cela ne m'a pas dérangé.
Nous donc sommes à Los Angeles en 2029 et nous retrouvons Anna "Ash" Ashina, une ancienne Blade Runner. Elle a réintégré les rangs de la police pour traquer les réplicants fugitifs ; mais ses supérieurs ignorent qu'elle travaille pour les deux camps... Car dans certains cas, elle n'élimine pas les réplicants mais leur rend leur liberté en les faisant disparaître dans la nature.
On retrouve toute l'ambiance qui faisait le charme et la marque de fabrique du film, à savoir ce temps pluvieux et pollué omniprésent. L'intrigue se construit d'ailleurs autour de la construction d'une digue titanesque après qu'en 2025 un tsunami ait ravagé la côte. C'est sur ce chantier que va la mener son enquête en cours et qu'elle se conclura aussi de façon... éclatante.
J'ai déjà pour commencé énormément apprécié le coup de crayon d'Andres Guinaldo, que je ne connaissais pas. Son trait est fin, minutieux, ses personnages son expressifs et ses décors très réussis. D'autant qu'il est bien mis en valeur par la colorisation intelligente de Marco Lesko. On est rapidement embarqué dans cette traque aux multiples rebondissements, et le final de ce premier tome nous laisse agréablement sur le cul.
J'attends donc avec impatience la suite de ce premier tome très réussi, qui a su garder l'esprit de Blade Runner tout en réussissant à se renouveler de façon pertinente.
Que dire, que dire. Du grand art absolu tant au niveau de la narration que du rendu graphique. Après un Dracula absolument fabuleux Georges Bess récidive avec ce Frankenstein que sans nul doute Mary Shelley n'aurait pas renié.
Il est intéressant de noter que dans l'imaginaire collectif Frankenstein c'est le monstre, alors que bien sûr il n'est que le créateur de cet être hideux en quête d'humanité. en fait si l'on y regarde de plus près la vox populi a en partie raison le monstre est bien le créateur.
Dans la lignée directe de son Dracula l'auteur propose une adaptation somptueuse ou toute la magie du noir et blanc nous explose au visage avec des planches d'une beauté qui laisse presque sidéré. Le trait est comme je l'aime, vif, acéré. Les images du Groenland sont à tomber.
Une double lecture pour moi; une pour lire l'histoire et une deuxième nettement plus longue pour m'en mettre plein les yeux.
La note suprême est obligatoire
Du sang, d'la chique et du molard ! Du sang, d'la chique et du molard !!! ... et des bisoussss ! Ba oui quoi !
C'est que derrière ses bonnes manières de barbare aguerri qui tronçonne tout ce qui se met en travers de sa route pour sauver des Princesses, notre cher Raowl ne rêve que d'un baiser de celle qu'il aura sauvé !
Voilà une série tout public qui en a sous le capot et qui décoiffe ! Chacun en fonction de son âge y trouvera son compte, que ce soit pour le rythme effréné de ces deux premiers albums, les péripéties drôlatiques ou les références aux contes d’antan. Ce melting pot détonnant et étonnant n'en est que plus jubilatoire et j'avoue qu'il y avait longtemps qu'une série jeunesse ne m'avait pas autant fait rire. Les dialogues sont punchy et mordants à souhait (mention spéciale aux Princesses qui ne se la laissent pas compter !), l'épique et l'Aventure sont toujours au rendez-vous, mâtiné d'un humour efficace et enfin le dessin dynamique et très expressif de Tébo est juste parfait pour cet exercice.
Bref, vous l'aurez compris, voici une excellente série qui vous promet un très bon moment de détente voire de rigolade.
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Monstres
Monstrueux ! Un album d'une intensité émotionnelle rarement atteinte pour un album de 360 pages, l'auteur nous fait plonger dans des drames humains où la violence est omniprésente. Les personnages sont victimes de leurs histoires à travers plusieurs générations.Des lésions post traumatiques ou de chocs liés à l'enfance, tous les personnages vivent un enfer administré par des militaires qui n'ont qu'un objectif concevoir le soldat parfait en s'adonnant à des expérimentations sur des cobayes humains. L'histoire s'étale sur plusieurs décennies et nous est racontée sans respecter la chronologie des événements. L'auteur utilise les changements d'époque avec beaucoup de talent pour nous faire vivre les angoisses de ses personnages et nous distille petit à petit des indices pour découvrir l'origine de leurs folies. En toile de fond, l'auteur dénonce plusieurs thèmes: l'alcoolisme, les violences faites aux femmes et aux enfants, la folie de la guerre qui détruit les hommes et l'auteur ne fait pas dans la dentelle, c'est sans filtre et brutal. Le dessin est en noir et blanc avec des cases très détaillées, les décors et les représentations des personnages à travers les ages sont vraiment réussis. Un niveau de qualité impressionnant pendant 360 pages qui doit représenter pour l'auteur un travail considérable. Une descente dans l'enfer créé par Barry Windsor-Smith où la noirceur humaine parait ne pas avoir de limite.
Monstres
Barry Windsor-Smith n'est pas un débutant dans le monde du comics. J'ai déjà pu apprécier son talent sur les X-MEN, Machine Man, Conan (allez voir Conan le Barbare - Les Clous rouges) et Wolverine, en particulier son Wolverine - Arme X où il est également au scénario avec aussi en toile de fond "la transformation d'un homme en arme de guerre". L'histoire de Bobby Bailley de 1947 à 1964, de son enfance à sa mutation en monstre. Une histoire non linéaire qui prend aux tripes. J'y ai retrouvé certaines similitudes avec le Frankenstein de Mary Shelley, il s'en dégage une puissance émotionnelle qui ne m'a pas laissé indifférent. Un scénario diabolique où rien n'est laissé au hasard, tous les personnages se croisent et se recroisent à des périodes différentes pour mieux nous donner toutes les clefs de ce drame. J'ai particulièrement aimé la touche de fantastique et les passages avec le journal de Janet, la mère de Bobby, avec tantôt de l'espoir, de la détresse et de la résignation. Poignant. Comme Alix, je me suis fait avoir plusieurs fois dans le sens de lecture des bulles, le seul point négatif. Qui sont les monstres ? Le noir et blanc de Barry Windsor-Smith est précis, détaillé, fluide et sombre lorsqu'il le faut. Il en émane une atmosphère dramatique digne des films noirs hollywoodien. 360 pages du même niveau. Un artiste au sommet de son art. Une œuvre marquante. BWS est une mine d'or et ce comics sa plus belle pépite. Coup de cœur et 5 étoiles.
Dernier souffle
3,5 arrondi au supérieur. Un chouette album. Le procédé n’est pas nouveau, créer son récit à raison d’un dessin par jour, mais ça reste un peu casse gueule. Dans notre cas, Thierry Martin s’en sort avec les honneurs, homogène de bout en bout. L’histoire est dès plus basique : un western crépusculaire sur fond de traque vengeresse, mais reste tout à fait plaisante à suivre grâce, et c’est la grande réussite de l’album, à sa partie graphique. Nous avons droit à une narration muette qui prend son temps, et installe une ambiance lourde et pesante, avec un dessin aux petits oignons dans un noir et blanc mâtiné de bleu. Lecture rapide mais immersive, on est dans cette forêt enneigée. Une petite friandise (pas donnée au demeurant) pour tout amateur.
Conan le Cimmérien
Hormis les films, Conan m'était complètement étranger mais j'aime cet univers, alors quand j'ai appris le concept de la série à savoir l'adaptation des récits initiaux d'Howard par des grands de la bd je ne pouvais être qu'intrigué, tout en restant méfiant sur une qualité inégale des albums à venir, problème majeur de ce genre de collection. L'avenir me fera peut être mentir mais à ce jour (6 albums) c'est quasi un sans faute. On sent des auteurs impliqués et heureux de travailler sur un tel matériel et leur vision du personnage bien que différente est sans faute de goût. Visuellement on en prend plein les mirettes et les péripéties de Conan sont agréables à lire car assez variées et exotiques dans les destinations, il aura tenu bien des rôles en tout cas (mercenaire, général, roi, pirate ... pas qu'un simple barbare) même si on connaît le fin mot de l'histoire à chaque tome ... un peu comme Titanic ^^ Bref très bonne collection pour découvrir ou approfondir le personnage et le replacer à l'origine de son mythe dans la vison de son créateur. tome 1 : gros scénario à faire rentrer dans un one shot, Morvan s'en tire pas mal (fin un poil trop rapide qq pages en sus auraient été la bienvenue) et l'intro avec la voix off de Conan est excellente pour cerner de suite le personnage et son côté dit barbare, Alary est surprenant et s'en tire magnifiquement bien dans la composition des pages. Tome 2 : intro magnifique dans son traitement graphique, après les auteurs du Roy des ribauds ou d'Iras Dei déroulent leur savoir faire, du tout bon, mais aventure plus classique et linéaire. Tome 3 : grosse claque par les auteurs de la licorne, avec une superbe conclusion. Dans le top. Tome 4 : petite déception à la première lecture tant le scénario est maigre malgré une maîtrise graphique indéniable, heureusement la relecture fait mentir la 1ère impression, on a là une des plus belles adaptations des nouvelles d'Howard, Robin Recht s'est vraiment approprié le récit (mention spéciale). Tome 5 : aïe le dérapage, j'en attendais peut être trop au vue des auteurs mais pas fameux comme album (et pauvre de moi je l'ai pris dans sa version noir et blanc, la version couleur m'ayant rebuté), alors attention l'album est pro et se laisse lire mais je n'ai pas senti d'investissement particulier des auteurs, histoire très linéaire et Etienne Le Roux rend une copie lisible mais sans forcer son talent (on est très loin de sa série l'éducation des assassins que je souhaiterai voir perdurer d'ailleurs ...) bref album classique et souffrant de la comparaison dans la collection. Tome 6 : du très très bon Virginie Augustin m'a épaté graphiquement et narrativement, je ne l'attendais pas sur cette collection, excellente surprise. Tome 7 : à venir ... mais grosse grosse attente sur le titre adapté (considéré comme une des meilleures nouvelles) et sur les noms affichés (Cassegrain, Hautiere et Vatine). Nota : les 1ères éditions sont accompagnées d'un cahier bonus qui constitue un vrai plus, outre recherche graphique et dessin hommage, c'est le petit mot de Patrice Louinet qui donne tout le sel à la conclusion de l'album. —————— Mise à jour 29/01/22 Je reste sur la même impression, cette collection continue à me plaire. Tome 7 : La nouvelle adaptée est vraiment sympa et pousse à quelques réflexions, pour la partie graphique Cassegrain assure, j’aime beaucoup son trait (hormis sur sa dernière série la majesté des ours), il apporte un petit côté cartoonesque qui ne me déplaît pas. Très bon tome. Tome 8 : pas mal de péripéties dans cet album, nous avons droit à une aventure dense, sous la patte graphique d’un auteur coréen que je ne connaissais pas. Pas mon préféré, mais album tout à fait recommandable . Tome 9 : On retrouve Gess seul à la barre (comme sur les contes de la pieuvre), mise en page magistrale, l’auteur s’est fait plaisir, mais la nouvelle adaptée est très faible et source à débat sur le fond. Lecture placée sous le signe du plaisir graphique. Tome 10 : adaptation sous la houlette de Patrice Louinet (spécialiste du mythe Conan), notre héros se retrouve au milieu d’une lutte de pouvoir entre puissants d’une cité état. Je ne suis pas fan du dessin mais je dois dire qu’il envoie bien. Pas une œuvre majeure, mais lecture tout à fait satisfaisante. Tome 11 : aïe j’ai toujours eu du mal avec le trait de Civiello, il convient bien à l’illustration mais sur une page complète on frise souvent l’indigestion, et ses personnages ont la mauvaise habitude d’être déformée sur certaines cases. Dans cet album, on retrouve ses travers mais ça ne m’a pas gêné outre mesure, emporté par un scénario astucieux. L’intrigue se distingue des autres nouvelles, nous avons droit à une enquête policière en huis clos avec de nombreux témoignages. Originale dans la collection. Tome 12 : du lourd pour ce tome, une chouette aventure du Cimmérien, riche et dense, servie par un dessin somptueux. On est dans le haut du panier de la collection avec cette adaptation. Tome 13 : pas encore lu, mais la partie graphique aperçue va me régaler.
Monstres
Quelle histoire, et quel album ! Alerté par les deux avis 5/5 postés à ce jour, je me suis précipité sur ce pavé. Je ressors marqué de ma lecture et rajoute mon 5/5 à l’édifice. L’histoire est sombre au possible, et raconte les horreurs vécues par Bobby Bailey, monstre crée par des expérimentations scientifiques qui ont mal tourné. Mais voilà, l’album se nomme « Monstres » au pluriel : l’auteur nous fait en effet découvrir une galerie de personnages peu recommandables, à commencer par le père de Bobby… mais pas de manichéisme, juste des hommes faibles et torturés (le père souffre de troubles du stress post-traumatique). Et une vie d’enfant brisée à jamais. Certains détails m’ont presque fait enlever une étoile. La narration est certes maitrisée voire impressionnante, mais les phylactères ne sont pas toujours clairement agencés, et je les ai souvent lus dans le désordre. De même, j’ai lu la VO, et je ne suis pas fan du tic narratif qui consiste mélanger les langues pour montrer qu’un personnage est étranger (ici, la belle-sœur française et ses « calme-toi, your sister needs you »)… d’autant plus que le français utilisé est parfois approximatif. Mais je me retrouve incapable de ne pas mettre la note maximale. La lecture est certes longue et parfois ardue, mais j’en suis ressortie sonné. J’ai beaucoup aimé les touches de fantastique, et la fin du récit est magnifique et m’a beaucoup ému. Quant au dessin, il faut certes aimer le style, et il est aussi noir que le récit, mais bon-sang, regardez-moi ces planches ! Un album que je ne suis pas près d’oublier.
Bouncer
Un western dans la pure tradition qui met en scène le Bouncer – le videur du saloon de Barro City - dans des aventures qui sentent la poussière, la crasse et le sang. Tour à tour bourreau ou justicier, le Bouncer traîne avec lui un passé familial lourd et douloureux qui ne cesse de le hanter. Secrets de famille, violence, traditions indiennes, mine d’or, chacals et vautours, tous les ingrédients sont là pour une très bonne histoire pleine de rebondissements. C’est une très belle série (l’intégrale est superbe) au dessin somptueux, réaliste, précis, aux détails qu’il faut prendre le temps d’apprécier et aux couleurs qui fleurent bon le grand ouest américain. Très belle ambiance. On sent la poussière, la chaleur, la crasse… Dans ce monde violent, sans concession et sans rémission, les auteurs ne font pas dans les bons sentiments mais nous plongent dans un univers dur et impitoyable. Un récit sombre sous le soleil de l’Ouest.
Sans-Âme
Les Sans-Âme sont une compagnie de mercenaires qui officient à une époque indéterminée. Ils vivent de pillages et de batailles sanglantes. Un jeune noble fuyant son passé et sa famille se joint à eux, mais ce n'est pas sans mal qu'il s'intégrera à la troupe qui commet plus d'exactions que de véritables contrats. Courant pour l'instant sur quatre volumes nous suivons les pérégrinations de cette bande de soudards que rien n'arrête. Lucas Enoch et Stefano Vietti nous propose un scénario bien ficelé mettant en scène cette troupe qui ne s'encombre pas de moralité et exempte de scrupules. Notre jeune héros parait bien innocent, mais son arrivée dans la bande est l'occasion d'échanges qui sont propices à faire avancer l'histoire. Cette série dont le dessinateur change à chaque opus n'est pas celle qui révolutionnera le genre, mais elle est suffisamment captivante pour procurer un très agréable moment de lecture. Pour revenir sur le changement de dessinateur je dois avouer qu'il n'est en rien perturbant, les auteurs qui se succèdent respectant le cahier des charges inhérent au genre (gueules et scènes de combats lisibles). Je ne peux que recommander ce titre.
Blade Runner 2029
C'est sans avoir lu la série précédente Blade Runner 2019 que je découvre cette suite qui semble pouvoir se lire sans problème malgré tout. En tout cas, cela ne m'a pas dérangé. Nous donc sommes à Los Angeles en 2029 et nous retrouvons Anna "Ash" Ashina, une ancienne Blade Runner. Elle a réintégré les rangs de la police pour traquer les réplicants fugitifs ; mais ses supérieurs ignorent qu'elle travaille pour les deux camps... Car dans certains cas, elle n'élimine pas les réplicants mais leur rend leur liberté en les faisant disparaître dans la nature. On retrouve toute l'ambiance qui faisait le charme et la marque de fabrique du film, à savoir ce temps pluvieux et pollué omniprésent. L'intrigue se construit d'ailleurs autour de la construction d'une digue titanesque après qu'en 2025 un tsunami ait ravagé la côte. C'est sur ce chantier que va la mener son enquête en cours et qu'elle se conclura aussi de façon... éclatante. J'ai déjà pour commencé énormément apprécié le coup de crayon d'Andres Guinaldo, que je ne connaissais pas. Son trait est fin, minutieux, ses personnages son expressifs et ses décors très réussis. D'autant qu'il est bien mis en valeur par la colorisation intelligente de Marco Lesko. On est rapidement embarqué dans cette traque aux multiples rebondissements, et le final de ce premier tome nous laisse agréablement sur le cul. J'attends donc avec impatience la suite de ce premier tome très réussi, qui a su garder l'esprit de Blade Runner tout en réussissant à se renouveler de façon pertinente.
Frankenstein (Bess)
Que dire, que dire. Du grand art absolu tant au niveau de la narration que du rendu graphique. Après un Dracula absolument fabuleux Georges Bess récidive avec ce Frankenstein que sans nul doute Mary Shelley n'aurait pas renié. Il est intéressant de noter que dans l'imaginaire collectif Frankenstein c'est le monstre, alors que bien sûr il n'est que le créateur de cet être hideux en quête d'humanité. en fait si l'on y regarde de plus près la vox populi a en partie raison le monstre est bien le créateur. Dans la lignée directe de son Dracula l'auteur propose une adaptation somptueuse ou toute la magie du noir et blanc nous explose au visage avec des planches d'une beauté qui laisse presque sidéré. Le trait est comme je l'aime, vif, acéré. Les images du Groenland sont à tomber. Une double lecture pour moi; une pour lire l'histoire et une deuxième nettement plus longue pour m'en mettre plein les yeux. La note suprême est obligatoire
Raowl
Du sang, d'la chique et du molard ! Du sang, d'la chique et du molard !!! ... et des bisoussss ! Ba oui quoi ! C'est que derrière ses bonnes manières de barbare aguerri qui tronçonne tout ce qui se met en travers de sa route pour sauver des Princesses, notre cher Raowl ne rêve que d'un baiser de celle qu'il aura sauvé ! Voilà une série tout public qui en a sous le capot et qui décoiffe ! Chacun en fonction de son âge y trouvera son compte, que ce soit pour le rythme effréné de ces deux premiers albums, les péripéties drôlatiques ou les références aux contes d’antan. Ce melting pot détonnant et étonnant n'en est que plus jubilatoire et j'avoue qu'il y avait longtemps qu'une série jeunesse ne m'avait pas autant fait rire. Les dialogues sont punchy et mordants à souhait (mention spéciale aux Princesses qui ne se la laissent pas compter !), l'épique et l'Aventure sont toujours au rendez-vous, mâtiné d'un humour efficace et enfin le dessin dynamique et très expressif de Tébo est juste parfait pour cet exercice. Bref, vous l'aurez compris, voici une excellente série qui vous promet un très bon moment de détente voire de rigolade. A ne pas manquer !