Tarzan contre la vie chère

Note: 3/5
(3/5 pour 1 avis)

Détournement situationniste.


Que disent réellement les stars hollywoodiennes du cinéma d'antan en V.O. ? Eh bien Stéphane Trapier nous livre la vérité: ils discourent sur l'actualité et toutes sortes d'absurdités. Détournements délirants: sérieux s'abstenir.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Octobre 2014
Statut histoire Strips - gags 1 tome paru
Couverture de la série Tarzan contre la vie chère
Les notes (1)
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29/11/2014 | Noirdésir
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Un peu comme le faisaient les situationnistes dans les années 1950-60 – mais c’est ici moins intellectualisé et corrosif (quoi que, parfois…), Stéphane Trapier s’amuse, et nous amuse à détourner des icônes médiatiques, voire carrément des scènes de films hollywoodiens d'antan. Un seul dessin, occupant une ou deux pages, avec un phylactère (rarement deux lorsqu’un court dialogue s’installe) : c’est peu bavard et joue sur le décalage extrême existant entre les propos et l’image (en cela la couverture, montrant Lénine écoutant Tarzan hurler son cri de ralliement est un bon résumé du style employé par la suite, les propos en plus). Voir ces chevaliers, cow-boys ou Jésus, tous ces anciens habitués de « La dernière séance », s’inquiéter du réchauffement climatique, des conséquences du mariage pour tous, tenir des propos politiques révolutionnaires ou réactionnaires, ou tout simplement délirer grave sur n’importe quoi et n’importe comment provoque immanquablement un effet de surprise et donc au minimum sourire – et, mais pas si souvent quand même, le rire. C’est con, totalement absurde et assumé comme tel, et il faut donc aimer ce genre d’humour pour apprécier cet album. Pour ce qui est du visuel, on a l’impression que Trapier a colorisé les images originelles qu’il détourne, en tout cas son dessin donne cette impression – peut-être fausse, mais qui renforce le côté « détournement » situationniste. Au passage, ce ne sont pas que les situations qui sont ridicules, ce sont aussi les discours placés dans des bouches aléatoires : peut-être finalement Trapier, avançant sous le masque de Guignol, n’en affirme pas moins une vision critique de notre société et de son langage, verbal ou visuel.

29/11/2014 (modifier)