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Comme un murmure (Hviskeleg)

Note: 5/5
(5/5 pour 1 avis)

Et si Anna disait la vérité ?


Adolescence Douleurs intimes Nouveautés BD, comics et manga Pays scandinaves Perles rares ?

Véra et ses amis jouent souvent au téléphone arabe, un jeu qui consiste à se dire une phrase dans l’oreille que chacune répète à l’autre pour qu’à la fin celle-ci ressorte mais souvent de manière déformée. Anna, une de leurs amies va un jour murmurer à l’oreille de Véra « ma mère me frappe », cela la laissera sans voix. Mais les murmures ont parfois besoin d’être dit tout haut pour être écoutés. C’est le chemin que fera Véra pour défendre Anna, même s’il est parfois difficile d’être entendu.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 06 Mai 2021
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Comme un murmure

01/05/2021 | Spooky
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Par Spooky
Note: 5/5
L'avatar du posteur Spooky

Il est rare de voir des bandes dessinées venues du Danemark être traduites dans l'Hexagone. Mais pour le coup, on comprend que celle-ci ait tapé dans l'oeil des éditrices ou éditeurs chez Jungle. Son sujet est dur. Lourd, complexe. Que faire (en l'occurrence, en tant que collégienne) lorsqu'on apprend qu'une de nos amies est victime des coups d'un de ses parents ? La première bonne idée du scénariste, "spécialiste" des sujets de société douloureux (notamment au travers de nombreux livres) est de nous placer dans l'esprit de Véra, qui apprend le secret d'Anna au cours d'un "jeu du murmure" (ce que nous appelons ici "le téléphone arabe"). Véra est d'abord surprise, troublée. Puis vient le gros doute, quand elle voit que la mère d'Anna semble sympathique. .Alors elle évite délibérément sa camarade de classe. Mais au travers de petits gestes, de regards à la dérobée d'Anna, de quelques mots jetés par sa mère en public, Véra comprend. Ce processus, probablement inspiré de faits réels, est tétanisant. Et malgré les dénégations de ses parents, de ses amies, Véra sait qu'elle doit faire quelque chose. En parler. Aux bonnes personnes. Et la fin est surprenante, très surprenante. C'est probablement celle à laquelle je m'attendais le moins au fil de ma lecture. Le dessin, la mise en scène de Sophie Louise Dam sont dépouillés, sans fioriture. on se croirait un peu dans un album de Bastien Vivès, pour le style, avec un surcroît d'expression des personnages. Il y a un subtil jeu sur les couleurs, l'album se présentant en bichromie évolutive. Lorsque l'ambiance est à l'ignorance, au doute, au déni, c'est une sorte de lie-de-vin. Lorsque Véra se pose des questions, on passe à l'orangé. Puis au turquoise lorsque la vérité éclate. Des teintes reposantes, mais significatives. A noter en annexe, un petit texte proposé par la CNAPE, une fédération d'associations spécialisées dans la protection de l'enfance, sur ce qu'est la violence envers les enfants, et la conduite à tenir lorsqu'on en est témoin ou qu'on en entend parler. Très utile. C'est une BD teintée d'humanité, d'amitié, d'entraide, qui parle des non-dits, du courage et de l'adolescence. Une perle.

01/05/2021 (modifier)