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Mary Jane

Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 2 avis)

Londres 1880 . Une tragédie qui met en scène la courte et triste vie de Mary Jane Kelly


1872 - 1899 : de la IIIe république à la fin du XIXe siècle Ere Victorienne Jack l'Eventreur Londres

Quatrième de couverture: C'est l'histoire d'une femme. C'est l'histoire d'une tragédie annoncée. Elle s'appelle Mary Jane Kelly, mais qu'importe ? Comme toutes les autres femmes, sa vie vaut moins que celle d'un chien. Veuve à dix-neuf ans, elle fuit le Pays de Galles pour rejoindre Londres l'opulente, qui promet à tous travail et félicité. Elle n'y trouvera que l'enfer en dégringolant, une mauvaise marche après l'autre, l'effroyable escalier où l'entrainent les diables de rencontre tapis dans l'ombre des ruelles. C'est l'histoire d'une femme qui se bat, dans un monde où, pour les femmes le combat était perdu d'avance...

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 19 Février 2020
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Mary Jane
Les notes (2)
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24/05/2020 | sloane
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Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Comme l'évoque le texte explicatif offert par Frank Le Gall en fin d'album, Mary Jane ne se veut pas du tout focalisé sur Jack L'Eventreur et ses meurtres, même si l'héroïne en question est bien la fameuse Mary Jane Kelly, dernière victime supposée de l'assassin. C'est avant tout l'histoire d'une femme dans l'Angleterre Victorienne, d'une miséreuse qui a essayé de s'en sortir puis simplement de vivre. La véritable biographie de Mary Jane Kelly est assez floue et faite de beaucoup de suppositions mais je vois que l'auteur a su respecter les grandes lignes de cette dernière et broder son histoire autour. Nous y suivons donc une jeune femme issue du Pays de Galles, devenue veuve à 19 ans et qui se retrouve sur les routes car sans moyen de subsister. Son chemin va l'amener jusqu'à Londres où elle deviendra prostituée et fera de ce métier sa vie durant les quelques années qui vont la séparer de son meurtre. Mais l'objectif de Frank Le Gall est précisément de ne pas résumer sa vie à la prostitution mais bien de montrer qu'elle était une femme avec ses particularités, ses qualités, ses défauts, un passé, etc... pas juste un nom, un métier et un statut de victime parmi d'autres. Quand j'ai découvert l'album, j'ai un peu tiqué à l'idée que Le Gall n'y soit qu'au scénario et pas au dessin alors qu'il excelle dans ce domaine. Il y a une explication à cela et elle est donnée dans le texte de fin d'album. Mais en réalité, on n'y perd pas du tout au change car, même si son style est très différent, le dessin de Damien Cuvillier est excellent ! Son trait est réaliste, très détaillé et soigné, et soutenu par de belles couleurs directes à l'aquarelle. C'est une belle plongée graphique dans l'Angleterre du 19e siècle qu'il nous offre, d'abord celle des campagnes puis celle de la ville de Londres. Le scénario m'a moins enthousiasmé que je l'espérais. J'ai bien aimé sa première partie, avec la découverte de cette communauté de miséreux marchant vers un avenir qu'ils espèrent meilleur et vivant de rapines en attendant. J'ai été un peu moins enthousiasmé par l'arrivée à Londres et la façon stéréotypée dont Mary Jane se fait embobiner comme on le voit dans tant de récits d'un immigré arrivant dans un lieu nouveau avec forcément l'escroc local qui va lui tomber dessus dès ses premiers pas. Puis ensuite, j'ai trouvé assez abrupte sa transformation de la petite fille timide de province en une prostituée sans état d'âme, et surtout sa très rapide addiction à l'alcool. D'un personnage en retrait et à la limite de l'agacement du fait de son côté mijaurée, elle en devient un autre très différent auquel j'ai bien du mal à m'attacher. Certes, le récit laisse à penser qu'elle n'a eu guère d'autre choix pour s'en sortir mais le peu d'empathie que je ressens pour elle m'empêche d'apprécier pour de bon son histoire. Pourtant j'apprécie le réalisme et la bonne tenue du récit. La mise en scène est bien réalisée, avec cette insertion des points de vue de différents témoins accentuant peu à peu la pression vers l'issue fatale, qui ne sera jamais vraiment montrée d'ailleurs puisque seule compte la vie de Mary Jane, et pas sa mort. Mais je n'ai pas ressenti cette touche d'émotion qui j'aurais dû sentir, en fin d'album, quand justement on revient sur son passé et sur le symbole de son mouchoir rouge.

19/08/2020 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur sloane

Mes aïeux ! Quelle BD ! Encore une fois Futuropolis fait très fort avec ce one shot de Messieurs Le Gall et Cuvillier. Pourtant cette histoire n'est pas originale puisqu'elle s'attache à la vie de la dernière victime du tristement célèbre Jack l'éventreur, sujet largement abordé par une foultitude d'auteurs. Ce qui est hautement intéressant dans ce récit c'est qu'il s'attache essentiellement à mettre à l'honneur la vie des victimes du bourreau, ce n'est donc pas une énième théorie sur la personnalité du tueur. Par ce biais le scénario s'attache plus à la condition féminine de l'époque dans le plus grand empire de l'époque (sur lequel le soleil ne se couchait jamais). À l'heure de l'industrialisation à marche forcée de l'Angleterre victorienne les laissés-pour-compte étaient nombreux et ce n'est pas un hasard si cette histoire possède des accents que l'on retrouve chez un auteur comme C. Dickens. Alors quelques grincheux trouveront sans doute que le récit n'est pas d'une grande originalité, que la narration propose quelques ellipses mal venues, pour ma part je n'ai pas boudé mon plaisir, me faisant embarquer pour ce voyage au bout de l'enfer. A moins d'être le plus insensible qui soit comment ne pas être touché par le destin de Mary Jane ? Que dire du dessin si ce n'est qu'il est superbe sur Londres et ses bas-fonds, le tout magnifié par une mise en couleur aquarellée où l'ocre domine, les personnages possèdent de vraies gueules, le tout dans un style réaliste. Du vrai grand art. Alors j'insiste cette histoire a déjà été racontée, c'est triste, poignant, horrible, mais ici un je-ne-sais-quoi lui donne ce petit supplément d'âme qui fait que j'en fais mon coup de cœur du moment évidemment.

24/05/2020 (modifier)