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Les Filles de Salem

Note: 3.63/5
(3.63/5 pour 8 avis)

Une plongée passionnante et terrifiante dans l'univers étriqué et oppressant de la colonie de Salem, en Nouvelle-Angleterre, au 17e siècle.


1643 - 1788 : Au temps de Versailles et des Lumières Nouveau Monde Sorcières Violences faites aux femmes [USA] - Nord Est

Tout commence quand un jeune garçon lui offre un joli petit âne en bois sculpté... Une plongée passionnante et terrifiante dans l'univers étriqué et oppressant de la colonie de Salem, en Nouvelle-Angleterre, au 17e siècle. Un village dont le nom restera tristement célèbre pour l'affaire dite des « Sorcières » qu'Abigail nous raconte, elle qui, à 17 ans, fut une des victimes de l'obscurantisme et du fanatisme religieux à l'oeuvre.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 21 Septembre 2018
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Les Filles de Salem
Les notes (8)
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25/09/2018 | Mac Arthur
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L'avatar du posteur Noirdésir

L’album est épais (près de 200 pages), mais, sur un sujet douloureux, se laisse lire facilement. On le doit d’abord au dessin, très moderne, mais vivant et dynamique. Mais aussi à une narration fluide, centrée autour de la personne d’Abigail, une fille qui nous raconte comment peu à peu s’est installée l’horreur dans le village de Salem. Le sentiment d’insécurité (la famine menace, les Indiens autour sont encore hostiles), le repli sur soi, une vision rigoriste d’un protestantisme castrateur, les frustrations (sexuelles entre autres – surtout !?) qui en découlent, et une forte misogynie, avec comme détonateur un pasteur plus ou moins illuminé et de bonne foi (sans mauvais jeu de mots), voilà les ingrédients de ce drame « historique ». Thomas Gilbert a en partie romancé son récit (tout en respectant les grandes lignes de cette affaire célèbre), mais a quand même très bien fait ressortir les éléments fondateurs de cette « chasse aux sorcières », qui a fleuri dans plusieurs régions surtout entre les XVIème et XVIIIème siècles (et non pas au moyen-âge, comme on ne cesse de le croire). De l’insouciance – relative dans ce cadre quand même ! – à l’horreur du procès, puis des exécutions, Gilbert montre assez bien les cheminements, la « préparation psychologique » qui a permis à une foule, un village, d’appeler au massacre d’une dizaine des leurs, en ayant la certitude que leur mort ferait disparaitre l’obstacle qui les séparent du salut. J’émettrais juste quelques réserves sur l’insouciance d’Abigail avec son « ami » indien, « l’homme noir ». Outre que fréquenter un Indien dans ce contexte à l’époque était hautement improbable pour jeune fille, le fait qu’elle continue à le faire alors même que la tension monte et rend cet acte encore plus grave et improbable m’a un peu fait tiquer. Mais bon, l’ensemble se laisse lire agréablement, et met bien en lumière ce que la connerie, la bêtise de la foule et l’obscurantisme religieux – mais aussi une société patriarcale traitant les femmes uniquement comme des « réserves à péchés », peut en arriver à faire pour maintenir une fragile cohésion (certains juifs, musulmans et chrétiens actuels n’ont peut-être pas tant évolué que ça sur la question, hélas).

30/06/2020 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

Il est des endroits dans le monde que je préfère ne pas visiter comme par exemple Auschwitz ou encore Salem qui sont des lieux marqués par l’infamie de l’histoire. L’auteur nous raconte de manière fort intelligente une version de ce qui s’est passé à Salem où l’on a brûlé vives des femmes qu’on a accusé d’être des sorcières diaboliques. Pour se débarrasser de son chien, un dicton nous dit qu’il faut l’accuser d’avoir la rage. C’est assez pratique comme procédé comme pour désigner le méchant et agrandir son influence. On appelle ce procédé une chasse aux sorcières. J’avoue que ce que ce pasteur évangélique a fait à ces pauvres femmes pour masquer son forfait personnel (être puritain et aimer la luxure) ainsi que d’assurer sa domination sur cette ville est tout simplement abjecte. Cependant, quand on pense qu’une bonne partie de la population haineuse a collaboré, c’est tout simplement édifiant. Pourtant, les exemples ne manquent pas à travers le monde de peuple soutenant leurs présidents dérangés ou leurs dictateurs assoiffés de pouvoir. Que dire également de l’emprise de la religion qui est simplement néfaste ? Ceux qui ne se rangent pas dans cette foi sont tués. Bien entendu, cela nous rappelle toujours quelque chose. De mon côté, je vais plus loin en indiquant que presque toutes les religions au monde ont leurs fanatiques. Au final, l’auteur a très bien retranscrit cette histoire de la ville de Salem rongée par le puritanisme au point de mener à une haine absurde et mortelle. J’ai pu apprécier une réelle maîtrise de la mise en scène avec un graphisme absolument magnifique. Une bd qui nous permet de décortiquer le phénomène de l’influence des foules en se servant de la peur. Un drame de plus dans la folie des hommes…

03/01/2020 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

2.5 Je me retrouve dans l'avis de Ro. J'aime bien l'histoire de Salem qui montre la connerie humaine dans toute son horreur (et pour frimer, j'ajoute que j'ai visité Salem avec ma classe lorsqu'on était allé à Boston) et lorsque j'ai vu cette série avec plein d'avis positifs, je n'ai pas hésité à emprunter l'album. Malheureusement, je n'avais que vaguement regardé les avis et dans ma tête j'allais lire un récit historique sur les sorcières de Salem et vu le titre cela mettrait en scène le groupe de filles qui ont tout commencé en agissant bizarrement et qui ont ensuite expliqué leurs comportements en accusant des femmes de sorcelleries. En fait, c'est une oeuvre de fiction qui se base sur les faits pour dénoncer le puritanisme et la folie de la religion. C'est aussi une oeuvre un peu féministe vu qu'on montre des femmes victimes des préjugés d'une société patriarcale quoique je dois préciser que même si on parle des sorcières de Salem, dans la vraie vie il y a aussi eu des hommes comme victimes (dont l'ancien révérend de la ville qui a fini pendu). J'ai pas trouvé que c'était captivant. J'ai eu l'impression d'avoir déjà vu les thèmes abordés dans cette BD une bonne centaine de fois et souvent dans de meilleurs récits. Il n'y a que quelques passages qui m'ont un peu intéressé et le reste se laisse lire sans plus. Je ne suis pas fan de la manière dont l'auteur dessine les personnages, mais au moins son trait est dynamique et il est bon pour dessiner des scènes dérangeantes. Ah oui il y a des scènes de violences, surtout sur le plan psychologie, alors âme sensible abstenir !

25/12/2019 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Alix

Quelle horreur. Je suis ressorti de ma lecture écœuré. Et en colère… quel gâchis de vies devant tant de bêtise humaine… on se rassure, on se dit que les mœurs ont évolué, qu’on n’est plus capable de ça… et puis on regarde autour de soi, l’actualité ou l’histoire récente, et on se dit que nos libertés sont finalement bien fragiles. L’adaptation de Thomas Gilbert de l’épisode tristement célèbre du procès des sorcières de Salem est exemplaire… la narration est fluide, j’ai avalé l’album d’une traite malgré les 200 pages. La mise en image est superbe, avec cette représentation judicieuse de l’hystérie collective et hallucinatoire qui a déclenché cet engrenage terrible. J’adore aussi la représentation de la nature, des paysages forestiers, c’est vraiment magnifique, et propose un contraste déroutant avec l’horreur ambiante. Un album marquant, et un rappel essentiel du mal que peuvent causer l’intolérance et de l’obscurantisme.

15/10/2019 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
L'avatar du posteur sloane

La petite Abigail doit profiter pour quelques courtes heures de sa jeunesse insouciante, elle a quatorze ans et la vie devant elle comme l'on dit. Hélas mille fois hélas la destinée ou quoi que ce soit a décidé qu'elle naitrait et vivrait dans le nord-est des jeunes états unis vers l'an 1692. Une communauté professant un protestantisme rigoureux pour ne pas dire rigoriste et c'est justement là, à cause de cela que tout va basculer. Point de suspense dans cette histoire que tout le monde connait ou devrait connaitre, mise en scène au théâtre et objet d'un film, puis à l'origine ou servant de références à de nombreuse séries TV. Donc ici ce n'est pas le dénouement qui importe mais plutôt la mécanique implacable de la bêtise humaine la plus crasse qui soit, j'ai nommé le fanatisme religieux. Ici l'auteur Thomas Gilbert reprend le déroulement des évènements qui ont conduit au fameux procès et à l'exécution de tant d'innocentes. Pour un tel événement il fallait un "méchant" à la hauteur et il l'est le bougre en la personne de ce bon révérend et la manipulation exercée par celui-ci est très bien montrée par l'auteur. Utilisant le peu d'éducation de ses ouailles il en profite pour imposer sa foi et conserver ainsi son pouvoir. Par les dieux, il y a des coups de pieds au cul qui se perdent. Dernier point d'agacement il est évident que cette histoire fait écho dans notre temps. Certains naïfs pourraient même penser qu'il serait impossible que de tels évènements puissent se reproduire Warf, Warf! Mais revenons à l'objet de cet avis, tout cela est impitoyablement bien construit avec un crescendo qui se retrouve également dans le dessin lumineux et frais dans les débuts puis au fur et à mesure les visages deviennent plus anguleux, ce dessin tout en restant de qualité s'enlaidit presque. A mon sens une réussite que ce récit qui devrait être lu par le plus grand nombre et dans certains endroits que je ne nommerais pas, j'ai assez vitupéré contre cette bonne église catholique apostolique et romaine et nos amis Luthériens.

11/10/2019 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

Je suis légèrement déçu par cette BD car j'en attendais davantage. En effet, sa couverture m'avait séduit, ainsi que son sujet, les quelques pages que j'en avais vues et le fait de la voir classée parmi les meilleures nouveautés de ces derniers mois. Mais sa lecture, même si elle reste bien, m'a moins enthousiasmé que je l'espérais. Après m'être brièvement renseigné, je comprends que les Filles de Salem ne rapporte pas de manière rigoureusement exacte les faits qui se sont déroulés à Salem Village à la fin du XVIIe siècle mais qu'il brode une semi-fiction autour de nombreux éléments et personnages authentiques. Quand je compare avec ce qui est établi comme étant les faits historiques réels, je me dis que cette romance est plutôt bien trouvée et crédible. Pourtant le récit ne m'a pas réellement captivé. La faute à une trop longue mise en place et des réactions des personnages qui ont titillé mon agacement. L'auteur fait très bien ressortir l'aveuglement puritain, la peur idiote et la haine facile de la population de cette petite ville. Du coup, j'étais énervé de voir les héroïnes réaliser autant d'actes immanquablement dangereux dans ce contexte. J'avais envie de leur dire d'arrêter. Le comble étant quand le père de l'héroïne, réalisant le risque que sa famille court, propose de quitter le village mais que sa fille, qui vient pourtant de voir son ami indien et deux femmes injustement massacrés, lui demande de rester et que tout va s'arranger. Mais non enfin ! Un peu la même sensation que dans un mauvais film d'horreur quand les protagonistes font visiblement tout pour se faire tuer. Passé ce côté un peu long et légèrement agaçant, j'ai quand même bien aimé cette BD, son dessin, et la justesse avec laquelle elle arrive à montrer l'horreur et la bêtise des hommes et de ce procès de Salem. Et puis la toute fin et la dernière page ont su tout de même finalement me toucher par l'émotion qui s'en dégage.

18/12/2018 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
L'avatar du posteur Blue Boy

De l’histoire des sorcières de Salem, Arthur Miller en avait tiré une pièce de théâtre pour dénoncer le maccarthysme dans les années 50, pièce qu’il porta ensuite au cinéma (en 1996), quarante ans après une première adaptation française par Raymond Rouleau et Jean-Paul Sartre. Mais c’est la première fois que le neuvième art s’y est intéressé. Son auteur, Thomas Gilbert, à la fois à la plume et aux pinceaux, n’a pas retenu l’allégorie de Miller, se contentant d’en modifier la perspective. Bien plus que le maccarthysme, qui désormais appartient au passé, c’est le patriarcat tenace de nos sociétés qu’il dénonce, lequel continue à peser lourdement sur la condition féminine, malgré une évolution certaine depuis que les femmes ont commencé, au début du XXe siècle, à réclamer l’égalité de statut par rapport aux hommes. Pour mieux étayer ses propos, l’auteur a conçu un scénario bien structuré avec des personnages marquants. Dans ce paisible petit village du Massachusetts fondé par des colons protestants, tout a l’air presque idyllique, jusqu’au jour où Abigail, fille de paysans, va croiser le chemin d’un Indien rôdant autour du village, « L’homme en noir ». Cette dernière tombera vite sous le charme de ce personnage furtif, presque irréel, qui semble vivre en totale communion avec les éléments. Si les villageois l’ont surnommé ainsi, c’est en raison de son visage grimé en noir. Aucun doute pour eux, il ne peut s’agir que d’une incarnation du malin ! Avec sa seule flûte et son pas aérien, l’homme va entraîner Abigail et son amie Betty, fille du révérend, dans une folle sarabande champêtre de danse, de musique et de légendes tribales millénaires, à mille lieues de tout ce qu’elles ont connu jusqu’alors. Hélas, cette liberté nouvelle, que les jeunes filles tentent de garder secrète, sera de courte durée. Car les récoltes ont été mauvaises et l’impatience se fait sentir dans la communauté de Salem. En tant que « notable protecteur » grassement rémunéré par cette dernière, le révérend va devoir désigner des boucs-émissaires afin de détourner de sa personne la colère croissante des habitants. Ainsi, le village tout entier se verra submergé par un déferlement de haine et de violence hystérique d’une ampleur inédite. Abigail, ainsi que celles et ceux qui l’ont côtoyée, connaîtront une terrible descente aux enfers jusqu’au tragique dénouement que l’on connaît… Thomas Gilbert a mis en images son histoire de façon saisissante. Au fil des pages, la tension se fait de plus en plus palpable, contrastant avec les scènes du début tout en poésie légère où l’on voit danser Abigail avec son nouvel ami indien au beau milieu d’une nature luxuriante, lumineuse et protectrice. Mais à partir du moment où les choses se gâtent, le trait laisse progressivement ressortir ses aspérités et c’est alors qu’apparaissent des images « subliminales » tirées d’enluminures religieuses représentant des créatures sataniques. Alors que les couleurs s’assombrissent peu à peu, il ne reste que le rouge des flammes pour éclairer l’obscurité, car à Salem, l’enfer est arrivé sur Terre…. Les visages, eux, se font plus grimaçants et haineux. Quant au révérend, son personnage apparaît comme le plus terrifiant, bien davantage que « L’homme en noir » et tous ceux qu’il accuse d’accointances avec le démon. Comme si d’une certaine manière, il était gêné par son propre reflet au cœur trop pur, lui-même étant vêtu de noir des pieds à la tête et non exempt de tout soupçon… À quelques jours d’Halloween, une célébration qui continue à « diaboliser joyeusement » les sorcières, « Les filles de Salem » délivre non seulement un propos sociologique fort sur le traitement indigne du patriarcat à l’égard des femmes, mais constitue parallèlement une ode à la liberté et à la fête. De même, l’auteur nous met en garde sur les dangers de l’effet de meute en rappelant comment la haine peut être contagieuse. Transposé à notre époque où la tendance politique consiste de plus en plus à emprunter les chemins de l’intolérance sous les provocations d’un leader un peu trop charismatique (un peu comme dans les années 30...), où les réseaux sociaux jouent parfois le rôle de défouloir cruel, son livre équivaut à un acte de salubrité publique. Cette très belle relecture du « mythe » s’impose ainsi comme une des meilleures productions de l’année.

21/10/2018 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Bien sûr, la plupart d’entre nous connaissent dans ses grandes lignes cette histoire mais le traitement qu’en livre Thomas Gilbert est d’une implacable violence telle qu’elle ne peut que toucher, émouvoir, bouleverser. La violence des actes est parfaitement rendue via un trait cinglant comme une gifle, sec et rond à la fois. Le dessin de l’auteur est pour beaucoup dans mon appréciation de cet album tant il renforce les propos. Extrêmement lisible, il laisse passer beaucoup d’émotions mais ce sont les scènes les plus violentes (dont une de lapidation) qui me restent gravées en mémoire. La narration à la première personne est efficace et la progression dans la tension et dans l’horreur absurde est excellente. J’ai été happé par ce récit, pourtant je craignais de m’ennuyer en ne découvrant qu’une ènième version d’une histoire trop bien connue. Mais il n’en a rien été, Thomas Gilbert a réussi à me surprendre en mettant en avant certains aspects souvent oubliés voire totalement ignorés (du moins de moi). Il a réussi à m’émouvoir grâce à l’humanité dont il dote Abigail, et à me faire désespérer de cette putain de race humaine en voyant ce troupeau suivre un leader charismatique par goût du sang, de la haine, par peur de se retrouver isolé… par ignorance, par cupidité, et surtout parce que l’humain aime se sentir fort en meute et craint tout ce qui pourrait l’affaiblir en l’isolant. Ce récit, aux accents féministes est avant tout une ode à la liberté, liberté d’être et de penser, et une mise en garde devant notre goût à la conformité qui nous pousse trop souvent à suivre le troupeau, sans esprit critique, juste portés par la voix d’un orateur plus doué qu’un autre, ou plus terrifiant, fut-il prêtre comme dans le cas présent, ou autre… Ce récit demeure par conséquent très moderne même si les faits évoqués se sont déroulés au 17ème siècle. En nous proposant de redécouvrir cette histoire, Thomas Gilbert nous rappelle que la liberté n’est pas un fait acquis et qu’il suffit de peu pour que l’obscurantisme et le fanatisme reviennent en force… une petite crise économique par exemple (dans le cas présent, un début de famine). Un très bel album, même s’il m’a cassé le moral. Historique et moderne à la fois, il prend aux tripes et nous oblige à réfléchir sur notre propre société. A lire !

25/09/2018 (modifier)