Et voilà que nous revient par la bande notre fumeuse Brigade Chimérique pour notre plus grand bonheur !
Les auteurs de cette saga qui avait su trouver le succès avec des Super Héros "à l'européenne" avait effectivement laissé un petit trou de serrure pour un retour possible de leurs héros quand ils avaient clôturé leur série. Gess au dessin n'étant plus disponible malgré un début de travail sur ce projet (Contes de la Pieuvre oblige), c'est Stéphane De Caneva qui a brillamment pris la suite au pied levé pour coucher sur le papier cette suite imaginée par Serge Lehman.
Car autant ces Super Héros cadraient parfaitement avec l'imagerie et l'imaginaire du début XXe siècle, autant les faire ressurgir dans notre monde contemporain relevait du défi casse-gueule. Mais Serge Lehman en a sous la semelle, et son histoire fait plus que tenir la route en nous en mettant plein les yeux ! Il a parfaitement su trouver les angles pour jongler entre continuité et renouveau avec toujours au centre ses personnages. Et quels personnages ! Waouw ! Ses "méchants" sont juste géniaux ! J'adore ! J'ai dévoré ces 260 pages découpées en chapitres façon comics. L'esthétique est toujours de mise et les nombreux clins d'oeil qui parsèment les cases feront la joie des amateurs du genre pour retrouver toutes les références discrètes qui fourmillent à droite à gauche.
Alors si vous avez été adepte de La Brigade Chimérique, foncez, vous ne pourrez qu'être ravis, pour les autres, foncez, vous ne pourrez qu'être conquis, cet album pouvant très bien se lire malgré tout sans avoir lu la série mère !
Ahhhh la vie éternelle ! Mythe millénaire et convoitise ultime des puissants, qui malgré leur richesse n'ont aucune emprise sur cette chose impalpable qu'est le temps...
Mais ici point de pierre philosophale, de fontaine de jouvence ou de duel à la Highlander, non, juste un bled paumé où il est impossible de mourir. Si cela en ferait rêver plus d'un, Daniel West, jeune looser bobo, va vite comprendre que c'est plutôt l'enfer qui s'ouvre à lui...
Après s'être fait virer de sa boite, il reçoit un étrange courrier qui lui demande de venir à Stillwater en raison d'un potentiel héritage à recouvrer. Motivé par son comparse de soirées arrosées, voilà nos deux compères partis rafler la mise pour se refaire. Forcément, rien ne va se passer comme prévu et tout va partir en sucette...
Si le thème de l'immortalité peut sembler éculé et avoir été traité depuis des lustres sous toutes les coutures possibles, il est étonnant de voir qu'il est encore possible de proposer un récit original sur le sujet. Chip Zdarsky nous pond un scénario captivant qui tel un nœud coulant se resserre au fil des pages et des chapitres. L'intensité monte crescendo que ce soit psychologiquement ou à cause des événements dramatiques qui s'enchainent. Surtout que de nouveaux protagonistes s'invitent à la petite fête qui dégénère en fin de tome un en nous faisant miroiter une suite haute en couleur...
Côté dessin c'est Ramon Perez qui s'y colle, avec un coup de crayon nerveux et assez épais qui est à l'allant du récit proposé. La mise en couleur de Mike Spicer, avec cette dominante de couleurs un peu ternes, donne un petit côté photo de famille qui cadre parfaitement avec notre histoire et met agréablement en valeur le dessin de Ramon Perez.
Voilà donc un premier tome qui donne fermement le ton et qui finalement saurait nous faire apprécier d'être de simples mortels. Je suis impatient de lire la suite pour voir comment tout cela va évoluer !
Relire "Les Phalanges de l'Ordre Noir" 40 ans après ma première lecture me fait l'impression de me glisser dans la peau d'un de ces sexagénaires qui repartent en guerre après 40 ans de vie paisible.
J 'ai eu un plaisir très vif à retrouver cette œuvre de Bilal et Christin.
Le scénario de Christin est vraiment bon même si il y a quelques longueurs. Peu d'action sauf dans la scène finale décisive mais un côté enquête avec ses avancées et ses attentes.
Christin en profite pour fouiller la psychologie des protagonistes de la Brigade et nous faire voyager à travers l'Europe. Dans ces années de plomb, le terrorisme était une affaire concernant toute l'Europe. Chaque pays ayant sa marque déposée. ETA, IRA, RAF, Brigades Rouges, Action Directe. Rouges ou noires, les bombes et fusillades produisaient toujours le même résultat : des innocents assassinés pour une raison que tout le monde ignore aujourd'hui.
Christin et Bilal renvoient dos à dos ces tristes vieillards dans leurs corps et dans leurs têtes.
Un mot sur l'humour véhiculé par ces has been quant à leur potentiel physique (bien que monter le 1000 Vaches sur leurs vieilles bécanes...!).
L'excellent dessin de Bilal ne leur fait d'ailleurs pas de cadeau. Corps flasques, visages à faire peur, teints grisâtres : pas vraiment le look beaux gosses. Mais ça marche à merveille.
Mais ce que j'aime par dessus tout, ce sont les décors réalistes de Barcelone, Rome, la Suisse ou la Hollande que nous propose Bilal. Ce cadre porte une thématique qui n'a pas vieilli, malheureusement.
Ce que j'apprécie le plus dans Wika est le côté féérique de l'univers sans demi-mesure !
On y retrouve tous les classiques repris par le dessin-univers d'Olivier Ledroit et ses pages surchargées mais tellement lisibles. Un bonheur.
Une histoire manquant parfois un peu de trouvailles mais qui reste efficace et réussi à nous embarquer.
Seul défaut à relever pour moi, un côté misogyne, assez récurrent hélas dans l'héroic fantasy.
En dehors de ce point, amateurs d'heroic fantasy, faites vous plaisir, lisez Wika !
On a là un excellent Davodeau – sans aucun doute l’un de ses meilleurs si ce n’est son meilleur album, dans la lignée des « Ignorants ».
Le dessin est simple et aéré, mais donne quand même envie de suivre cette longue balade, nous donnant une belle vision des paysages traversés et observés par l’auteur durant son périple entre l’ancienne grotte préhistorique et le futur site d’enfouissement des déchets atomiques.
Le récit est aussi aéré que le dessin. Il alterne les passages bucoliques, les réflexions terre-à-terre de Davodeau, avec des considérations plus « élevées », autour de réflexions philosophiques, politiques et éthiques.
Pour rendre son récit captivant, Davodeau a la bonne idée de faire comme si les intervenants qu’il invite pour discourir l’accompagnait quelques temps sur les sentiers (alors que les entretiens ont eu lieu avant et ailleurs). Le procédé est simple mais efficace.
Et le message de Davodeau passe bien. On reste scandalisé par la désinvolture de nos dirigeants, soumis depuis des décennies au lobby nucléaire, et qui use de procédés antidémocratiques (absence de débat serein et informé, menaces et « achat de l’acquiescement au prix de subventions débiles, voire des lois scélérates prévues au départ pour lutter contre le terrorisme, et qui sont détournées pour briser la résistance passive et citoyenne de personnes non seulement non violentes, mais en plus habitées par la volonté de défendre le bien-être de l’humanité).
Le long parcours réalisé par Davodeau permet de relier la grotte de Pech Merle au site de Bure, et d’ainsi présenter en les reliant une belle et triste image de ce que nous allons léguer à nos futurs parents. Mais ce voyage permet aussi de montrer des choses simples et belles, le fonctionnement de la vie sur Terre, et d’ainsi placer les enjeux à leur véritable place.
Œuvre militante, certes, mais qui ne sacrifie jamais au prêchi-prêcha. Une belle réussite en tout cas, dont la lecture est hautement recommandable.
Note réelle 4,5/5.
C'est dans la version grand format, noir et blanc que j'ai découvert cette bande dessinée, et j'avoue que j'en apprécie autant le dessin de Boucq (j'avais d'ailleurs fait le même choix éditorial pour "New-York cannibals", pour mon plus grand bonheur)
Je suis féru d'histoire et j'ai beaucoup lu et vu de reportages sur cette période trouble. Mais le côté grotesque voire guignolesque de la naissance de la Vème République, ne m'avait, jamais sauté aux yeux jusqu'à présent.
C'est pourtant le parti pris certes discutable mais osé que prend Juncker pour nous relater les événements du 13 mai 58, pour la plus grande joie du lecteur.
En effet, la lecture de cet album est véritablement jubilatoire. J'ai beaucoup ri au fil des pages. Les allers retours du général Massu dans le souterrain reliant son bureau et celui de Salan est un véritable running gag.
Le tour de force de cette bd réside incontestablement dans les portraits ou plutôt les caricatures des généraux par un François Boucq en grande forme. On les reconnait tous ces généraux que tout le monde a déjà vu dans des documentaires : de Salan à Massu, en passant par Challe et De Gaulle, le seul à garder son calme dans cette tambouille politico-militaire.
Car outre les dirigeants de l'armée, les hommes politiques de la IVème République ne sont pas non plus épargnés dans ce que l'on peut qualifier de farce. On y trouve même Léon Delebecque, personnage qui a laissé un rôle ambigu dans ces évènements.
Un scénario reposant sur des faits historiques (qui font d'ailleurs l'objet d'un dossier en fin d'album), un dessin formidable, bref une de mes meilleures lectures de ce début d'année.
A lire sans modération !
J'ai l'impression de me retrouver dans l'avis d'Agecanonix. Tout pareil que lui, j'ai un peu honte de n'avoir pas su apprécier cette série quand j'étais ado abonnée au journal Tintin. Tout comme lui chaque semaine je me jetais sur les épisodes de mes héros favoris, Bernard Prince en tête. Je ne me souviens même pas avoir réellement lu les aventures de Zourine, à peine feuilletées. Qu'est-ce qui m'a déplu à l'époque ? Le noir et blanc peut-être... sans doute. Je regrette.
J'ai eu l'occasion de me procurer les albums récemment. Et bien c'était du tout bon !
Un héros finalement attachant, des aventures pleines d'exotisme. Certes pas tropical mais plutôt en chiens de traîneau dans les neiges de Russie !
J'avoue que j'ai suivi avec plaisir ces périples au cœur du Caucase et de la Sibérie en ce début de XXe siècle. J'imagine que les auteurs se sont bien documentés pour rendre l'ambiance dans ces villages reculés, c'est vraiment bien fait.
Le dessin n'est pas en reste, ce noir et blanc est finalement parfait pour retranscrire l'atmosphère de ces aventures. Une très belle patte pour ce dessinateur.
Les deux premiers tomes sont des histoires longues. Le troisième regroupe trois histoires courtes parues dans Spirou dans les années 80 et les auteurs se sont retrouvés pour faire vieillir le héros et le transformer en grand-père qui raconte ses souvenirs afin de lier les évènements entre eux. Une bonne idée de la part des éditeurs qui ont bien fait de ressortir ce petit bijou de l'oubli.
Je ne peux que recommander.
Le bonheur surprise depuis ce début d'année grâce à ce duo d'auteurs que je ne connaissais que de nom. Je ne sais pas si l'adaptation est réussie, mais cette BD est une pépite. Très difficile à résumer sans partir sur un mémoire mais bon, on y va.
Tout au long du récit, nous suivons la vie tourmentée de Vernon Subutex. Mélomane proche de la cinquantaine, ancien disquaire d'une boutique parisienne appelée "Revolver", dont il a fallu mettre la clé sous la porte. Il réussira à se débrouiller pour vivre convenablement pendant quelques temps grâce à ses petites affaires, puis surtout grâce à Alex Bleach, véritable star de la scène rock internationale. Le problème, c'est qu'Alex finit par mourir : Vernon a perdu à la fois un de ses plus vieux amis autant que celui qui payait son loyer. Quelques jours avant sa mort, Alex lui a remis une clé USB contenant son "testament". Sans savoir ce que cela contient vraiment, ce petit objet suscite des convoitises. Vernon, de son côté, entame sa vie de SDF quasi-assumée et cherche essentiellement à renouer le contact avec son cercle social afin de trouver un toit où dormir.
Au même titre que l'avenir opaque et précaire de Vernon, le lecteur ne sait pas comment cela peut bien terminer. Déroutant au début, on finit par comprendre qu'à travers l'intrigue, l'auteur veut aussi et surtout mettre en avant un point de vue sur l'évolution sociale en France, grosso modo entre les années 80 et aujourd'hui. Il n'y a aucun filtre, c'est trash, punk, et tout le récit résonne avec la culture Sexe, Drogue et Rock'n'Roll. Et pour ajouter encore plus d'intérêt, l'auteur donne une voix à des individus qui sont généralement écartés de la société, jugés sans réflexion : star system dépressive, actrice porno, SDF, transexuel, trader, drogué, bourgeoise complètement dévergondée, producteur haineux, musulman...
Toute cette ambiance underground dégage non seulement des péripéties originales, mais elle permet surtout de mettre en avant une génération qui a pu se paumer en cours de route. L'esprit rock 70'/80' est terminé, le monde évolue et certains deviennent des laissés pour compte qui assument leur exclusion sociale, ou qui la subissent. Alors ils encaissent, parce-que faut dire qu'ils prennent chers. Il y a quelque chose comme ça dans ce récit. L'ensemble peut paraître négatif et dépressif, sauf que j'y trouve énormément de beauté et d'espoir malgré tout. Puisque la musique est reine dans ce récit, je traduirais musicalement cette BD par du Mano Solo : ça souffre au quotidien, il y a du "no future" à chaque planche, mais chacun continue le combat, comme quand Vernon répond à Alex en disant "Je suis un Warrior !!!". Et enfin, il y a de l'humour, beaucoup d'humour.
Vernon est terriblement attachant, et solide mentalement. Beaucoup l'apprécient, le lecteur aussi, forcément. Pourquoi ? C'était le meilleur disquaire de Paris. Au fond, tout le monde apprécie Vernon. Et puis grâce à lui, ce récit regorge énormément de références musicales que j'ai eu plaisir à croiser. Tous les autres personnages sont vachement haut en couleurs et ont chacun une personnalité unique qui fait vivre le scénario à 10000%. Scénaristiquement, les scènes s'entre-mêlent, le passé se marie avec le présent, les péripéties se croisent... Tout ce petit monde est fait pour se rencontrer un de ces quatre, et c'est diablement bien fichu.
Je terminerai avec le dessin. C'est encore le genre où si je feuillette, je fais bof. Comme un imbécile, je me dis que ça paraît un peu trop "crado", et puis finalement le graphisme joue complètement son rôle pour nous happer dans cette histoire. Il y a des audaces graphiques bluffantes, à commencer par les pleines pages. Les couleurs font vivre les planches, c'est un bouquin en ébullition que j'ai eu entre les mains. Le seul reproche à lui donner serait peut-être le manque de régularités.
La fin du premier tome suffirait presque, en tout cas il ne nous fait pas trop languir pour le second (et dernier).
Alors pourquoi attendre ? Je vous conseille vraiment de foncer vous le procurer. C'est une lecture très dense, il faut prendre son temps pour la savourer. Merci également au travail éditorial, les pages sont épaisses, ce qui en fait un livre très agréable à parcourir.
Ce roman graphique plaira certainement à la génération visée par l'histoire, aux lecteurs proches de la culture punk, aux amateurs de musique, aux curieux intéressés par les problématiques sociétales, mais aussi psychologiques... Bref c'est hyper diversifié, on ne s'ennuiera pas lors des relectures.
Je suis quand même pressé de savoir comment va finir cette histoire. A suivre de très très près!
Christian Lacroix AKA Lax est un auteur qui s'engage. La série coécrite avec son frère Yves en est l'illustration.
A la fois oeuvre de fiction et biographique, le récit a pour but de faire découvrir le quotidien d'un grand handicapé (son frère).
Ce quotidien peut être assimilé à la plus difficile des aventures comme rechercher un ami, pouchassé par des services secrets hostiles, au fin fond du désert le plus dur.
Survivre au milieu de nulle part ou survivre au milieu d'une ville surpeuplée n'est-ce pas la même chose si vous n'avez pas une personne pour vous accompagner dans cette solitude ?
L'oeuvre date de 1987 qui fut le premier Téléthon. Date clé après 30 ans de combats presque anonymes tout va changer.
La lumière médiatique (dont cet ouvrage) et l'argent qui va en découler va transformer à la fois le bien être des malades, l'intérêt des scientifiques et surtout le regard des autres.
La scène où Yves reste bloqué des heures sur la pelouse de l'hôpital est inimaginable aujourd'hui, bien heureusement !
Sur la forme, Lax nous donne un dessin très réaliste presque d'un récit journalistique. Le noir et blanc fait la part belle aux ombres de l'histoire.
C'est une prouesse de mettre au centre du récit une personne qui peut difficilement s'exprimer par les mots et le mouvement.
Il en ressort une vérité que j'ai expérimentée avec beaucoup d'aidants que j'ai croisés. C'est difficile et épuisant mais l'accompagnement d'un parent atteint d'une telle pathologie vous donne une force que vous ignoriez.
Une belle lecture
Lu 2 ou 3 fois ado, un excellent souvenir de jeunesse !!
L’histoire, le dessin m’avaient bien marqué à l’époque mais sans retenir les références.
Récit devenu flou avec le temps et fort de ces bonnes impressions, cette lecture se rappelait à ma mémoire mais sans parvenir à l’identifier.
C’est 20 ans plus tard, en flânant dans ma nouvelle médiathèque que le heureux hasard se produit.
Mes goûts ayant évolués depuis (enfin ma période Soleil clôturée ^^), le plongeon dans cette bouffée de nostalgie s’est fait avec une petite appréhension ... vite envolée.
Ça reste une très chouette lecture malgré le poids des âges. Le 1er tome est une petite perle, le 2ème est un cran en dessous mais tout honorable.
Cette fois, j’ai noté les références et hormis la collection, les auteurs ne m’étaient plus inconnus .
En grand conteur, Dubois s’y entend pour nous narrer une histoire. Mention spéciale pour la première partie du dyptique, magique, elle peut se lire comme un one shot d’ailleurs. La deuxième partie, pas désagréable mais moins marquante, est plus tournée vers l’action.
Jérôme Lereculey qu’on ne présente plus, propose déjà, pour ses débuts, un dessin prometteur et solide.
Le tout est bien mis en valeur par les couleurs d’Isabelle Merlet.
Franchement du tout bon que je conseille à tout amateur de Fantasy.
Avec le recul, cet album était relativement novateur pour l’époque et garde sa part d’originalité dans un genre aujourd’hui archi saturé.
Un petit coup de cœur perso, ma madeleine de Proust que je peine à dénicher, une sortie en intégrale serait une excellente surprise, sans être un indispensable cette série mérite amplement d’être remise en lumière.
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La Brigade Chimérique - Ultime Renaissance
Et voilà que nous revient par la bande notre fumeuse Brigade Chimérique pour notre plus grand bonheur ! Les auteurs de cette saga qui avait su trouver le succès avec des Super Héros "à l'européenne" avait effectivement laissé un petit trou de serrure pour un retour possible de leurs héros quand ils avaient clôturé leur série. Gess au dessin n'étant plus disponible malgré un début de travail sur ce projet (Contes de la Pieuvre oblige), c'est Stéphane De Caneva qui a brillamment pris la suite au pied levé pour coucher sur le papier cette suite imaginée par Serge Lehman. Car autant ces Super Héros cadraient parfaitement avec l'imagerie et l'imaginaire du début XXe siècle, autant les faire ressurgir dans notre monde contemporain relevait du défi casse-gueule. Mais Serge Lehman en a sous la semelle, et son histoire fait plus que tenir la route en nous en mettant plein les yeux ! Il a parfaitement su trouver les angles pour jongler entre continuité et renouveau avec toujours au centre ses personnages. Et quels personnages ! Waouw ! Ses "méchants" sont juste géniaux ! J'adore ! J'ai dévoré ces 260 pages découpées en chapitres façon comics. L'esthétique est toujours de mise et les nombreux clins d'oeil qui parsèment les cases feront la joie des amateurs du genre pour retrouver toutes les références discrètes qui fourmillent à droite à gauche. Alors si vous avez été adepte de La Brigade Chimérique, foncez, vous ne pourrez qu'être ravis, pour les autres, foncez, vous ne pourrez qu'être conquis, cet album pouvant très bien se lire malgré tout sans avoir lu la série mère !
Stillwater
Ahhhh la vie éternelle ! Mythe millénaire et convoitise ultime des puissants, qui malgré leur richesse n'ont aucune emprise sur cette chose impalpable qu'est le temps... Mais ici point de pierre philosophale, de fontaine de jouvence ou de duel à la Highlander, non, juste un bled paumé où il est impossible de mourir. Si cela en ferait rêver plus d'un, Daniel West, jeune looser bobo, va vite comprendre que c'est plutôt l'enfer qui s'ouvre à lui... Après s'être fait virer de sa boite, il reçoit un étrange courrier qui lui demande de venir à Stillwater en raison d'un potentiel héritage à recouvrer. Motivé par son comparse de soirées arrosées, voilà nos deux compères partis rafler la mise pour se refaire. Forcément, rien ne va se passer comme prévu et tout va partir en sucette... Si le thème de l'immortalité peut sembler éculé et avoir été traité depuis des lustres sous toutes les coutures possibles, il est étonnant de voir qu'il est encore possible de proposer un récit original sur le sujet. Chip Zdarsky nous pond un scénario captivant qui tel un nœud coulant se resserre au fil des pages et des chapitres. L'intensité monte crescendo que ce soit psychologiquement ou à cause des événements dramatiques qui s'enchainent. Surtout que de nouveaux protagonistes s'invitent à la petite fête qui dégénère en fin de tome un en nous faisant miroiter une suite haute en couleur... Côté dessin c'est Ramon Perez qui s'y colle, avec un coup de crayon nerveux et assez épais qui est à l'allant du récit proposé. La mise en couleur de Mike Spicer, avec cette dominante de couleurs un peu ternes, donne un petit côté photo de famille qui cadre parfaitement avec notre histoire et met agréablement en valeur le dessin de Ramon Perez. Voilà donc un premier tome qui donne fermement le ton et qui finalement saurait nous faire apprécier d'être de simples mortels. Je suis impatient de lire la suite pour voir comment tout cela va évoluer !
Les Phalanges de l'ordre noir
Relire "Les Phalanges de l'Ordre Noir" 40 ans après ma première lecture me fait l'impression de me glisser dans la peau d'un de ces sexagénaires qui repartent en guerre après 40 ans de vie paisible. J 'ai eu un plaisir très vif à retrouver cette œuvre de Bilal et Christin. Le scénario de Christin est vraiment bon même si il y a quelques longueurs. Peu d'action sauf dans la scène finale décisive mais un côté enquête avec ses avancées et ses attentes. Christin en profite pour fouiller la psychologie des protagonistes de la Brigade et nous faire voyager à travers l'Europe. Dans ces années de plomb, le terrorisme était une affaire concernant toute l'Europe. Chaque pays ayant sa marque déposée. ETA, IRA, RAF, Brigades Rouges, Action Directe. Rouges ou noires, les bombes et fusillades produisaient toujours le même résultat : des innocents assassinés pour une raison que tout le monde ignore aujourd'hui. Christin et Bilal renvoient dos à dos ces tristes vieillards dans leurs corps et dans leurs têtes. Un mot sur l'humour véhiculé par ces has been quant à leur potentiel physique (bien que monter le 1000 Vaches sur leurs vieilles bécanes...!). L'excellent dessin de Bilal ne leur fait d'ailleurs pas de cadeau. Corps flasques, visages à faire peur, teints grisâtres : pas vraiment le look beaux gosses. Mais ça marche à merveille. Mais ce que j'aime par dessus tout, ce sont les décors réalistes de Barcelone, Rome, la Suisse ou la Hollande que nous propose Bilal. Ce cadre porte une thématique qui n'a pas vieilli, malheureusement.
Wika
Ce que j'apprécie le plus dans Wika est le côté féérique de l'univers sans demi-mesure ! On y retrouve tous les classiques repris par le dessin-univers d'Olivier Ledroit et ses pages surchargées mais tellement lisibles. Un bonheur. Une histoire manquant parfois un peu de trouvailles mais qui reste efficace et réussi à nous embarquer. Seul défaut à relever pour moi, un côté misogyne, assez récurrent hélas dans l'héroic fantasy. En dehors de ce point, amateurs d'heroic fantasy, faites vous plaisir, lisez Wika !
Le Droit du sol
On a là un excellent Davodeau – sans aucun doute l’un de ses meilleurs si ce n’est son meilleur album, dans la lignée des « Ignorants ». Le dessin est simple et aéré, mais donne quand même envie de suivre cette longue balade, nous donnant une belle vision des paysages traversés et observés par l’auteur durant son périple entre l’ancienne grotte préhistorique et le futur site d’enfouissement des déchets atomiques. Le récit est aussi aéré que le dessin. Il alterne les passages bucoliques, les réflexions terre-à-terre de Davodeau, avec des considérations plus « élevées », autour de réflexions philosophiques, politiques et éthiques. Pour rendre son récit captivant, Davodeau a la bonne idée de faire comme si les intervenants qu’il invite pour discourir l’accompagnait quelques temps sur les sentiers (alors que les entretiens ont eu lieu avant et ailleurs). Le procédé est simple mais efficace. Et le message de Davodeau passe bien. On reste scandalisé par la désinvolture de nos dirigeants, soumis depuis des décennies au lobby nucléaire, et qui use de procédés antidémocratiques (absence de débat serein et informé, menaces et « achat de l’acquiescement au prix de subventions débiles, voire des lois scélérates prévues au départ pour lutter contre le terrorisme, et qui sont détournées pour briser la résistance passive et citoyenne de personnes non seulement non violentes, mais en plus habitées par la volonté de défendre le bien-être de l’humanité). Le long parcours réalisé par Davodeau permet de relier la grotte de Pech Merle au site de Bure, et d’ainsi présenter en les reliant une belle et triste image de ce que nous allons léguer à nos futurs parents. Mais ce voyage permet aussi de montrer des choses simples et belles, le fonctionnement de la vie sur Terre, et d’ainsi placer les enjeux à leur véritable place. Œuvre militante, certes, mais qui ne sacrifie jamais au prêchi-prêcha. Une belle réussite en tout cas, dont la lecture est hautement recommandable. Note réelle 4,5/5.
Un général, des généraux
C'est dans la version grand format, noir et blanc que j'ai découvert cette bande dessinée, et j'avoue que j'en apprécie autant le dessin de Boucq (j'avais d'ailleurs fait le même choix éditorial pour "New-York cannibals", pour mon plus grand bonheur) Je suis féru d'histoire et j'ai beaucoup lu et vu de reportages sur cette période trouble. Mais le côté grotesque voire guignolesque de la naissance de la Vème République, ne m'avait, jamais sauté aux yeux jusqu'à présent. C'est pourtant le parti pris certes discutable mais osé que prend Juncker pour nous relater les événements du 13 mai 58, pour la plus grande joie du lecteur. En effet, la lecture de cet album est véritablement jubilatoire. J'ai beaucoup ri au fil des pages. Les allers retours du général Massu dans le souterrain reliant son bureau et celui de Salan est un véritable running gag. Le tour de force de cette bd réside incontestablement dans les portraits ou plutôt les caricatures des généraux par un François Boucq en grande forme. On les reconnait tous ces généraux que tout le monde a déjà vu dans des documentaires : de Salan à Massu, en passant par Challe et De Gaulle, le seul à garder son calme dans cette tambouille politico-militaire. Car outre les dirigeants de l'armée, les hommes politiques de la IVème République ne sont pas non plus épargnés dans ce que l'on peut qualifier de farce. On y trouve même Léon Delebecque, personnage qui a laissé un rôle ambigu dans ces évènements. Un scénario reposant sur des faits historiques (qui font d'ailleurs l'objet d'un dossier en fin d'album), un dessin formidable, bref une de mes meilleures lectures de ce début d'année. A lire sans modération !
Ivan Zourine
J'ai l'impression de me retrouver dans l'avis d'Agecanonix. Tout pareil que lui, j'ai un peu honte de n'avoir pas su apprécier cette série quand j'étais ado abonnée au journal Tintin. Tout comme lui chaque semaine je me jetais sur les épisodes de mes héros favoris, Bernard Prince en tête. Je ne me souviens même pas avoir réellement lu les aventures de Zourine, à peine feuilletées. Qu'est-ce qui m'a déplu à l'époque ? Le noir et blanc peut-être... sans doute. Je regrette. J'ai eu l'occasion de me procurer les albums récemment. Et bien c'était du tout bon ! Un héros finalement attachant, des aventures pleines d'exotisme. Certes pas tropical mais plutôt en chiens de traîneau dans les neiges de Russie ! J'avoue que j'ai suivi avec plaisir ces périples au cœur du Caucase et de la Sibérie en ce début de XXe siècle. J'imagine que les auteurs se sont bien documentés pour rendre l'ambiance dans ces villages reculés, c'est vraiment bien fait. Le dessin n'est pas en reste, ce noir et blanc est finalement parfait pour retranscrire l'atmosphère de ces aventures. Une très belle patte pour ce dessinateur. Les deux premiers tomes sont des histoires longues. Le troisième regroupe trois histoires courtes parues dans Spirou dans les années 80 et les auteurs se sont retrouvés pour faire vieillir le héros et le transformer en grand-père qui raconte ses souvenirs afin de lier les évènements entre eux. Une bonne idée de la part des éditeurs qui ont bien fait de ressortir ce petit bijou de l'oubli. Je ne peux que recommander.
Vernon Subutex
Le bonheur surprise depuis ce début d'année grâce à ce duo d'auteurs que je ne connaissais que de nom. Je ne sais pas si l'adaptation est réussie, mais cette BD est une pépite. Très difficile à résumer sans partir sur un mémoire mais bon, on y va. Tout au long du récit, nous suivons la vie tourmentée de Vernon Subutex. Mélomane proche de la cinquantaine, ancien disquaire d'une boutique parisienne appelée "Revolver", dont il a fallu mettre la clé sous la porte. Il réussira à se débrouiller pour vivre convenablement pendant quelques temps grâce à ses petites affaires, puis surtout grâce à Alex Bleach, véritable star de la scène rock internationale. Le problème, c'est qu'Alex finit par mourir : Vernon a perdu à la fois un de ses plus vieux amis autant que celui qui payait son loyer. Quelques jours avant sa mort, Alex lui a remis une clé USB contenant son "testament". Sans savoir ce que cela contient vraiment, ce petit objet suscite des convoitises. Vernon, de son côté, entame sa vie de SDF quasi-assumée et cherche essentiellement à renouer le contact avec son cercle social afin de trouver un toit où dormir. Au même titre que l'avenir opaque et précaire de Vernon, le lecteur ne sait pas comment cela peut bien terminer. Déroutant au début, on finit par comprendre qu'à travers l'intrigue, l'auteur veut aussi et surtout mettre en avant un point de vue sur l'évolution sociale en France, grosso modo entre les années 80 et aujourd'hui. Il n'y a aucun filtre, c'est trash, punk, et tout le récit résonne avec la culture Sexe, Drogue et Rock'n'Roll. Et pour ajouter encore plus d'intérêt, l'auteur donne une voix à des individus qui sont généralement écartés de la société, jugés sans réflexion : star system dépressive, actrice porno, SDF, transexuel, trader, drogué, bourgeoise complètement dévergondée, producteur haineux, musulman... Toute cette ambiance underground dégage non seulement des péripéties originales, mais elle permet surtout de mettre en avant une génération qui a pu se paumer en cours de route. L'esprit rock 70'/80' est terminé, le monde évolue et certains deviennent des laissés pour compte qui assument leur exclusion sociale, ou qui la subissent. Alors ils encaissent, parce-que faut dire qu'ils prennent chers. Il y a quelque chose comme ça dans ce récit. L'ensemble peut paraître négatif et dépressif, sauf que j'y trouve énormément de beauté et d'espoir malgré tout. Puisque la musique est reine dans ce récit, je traduirais musicalement cette BD par du Mano Solo : ça souffre au quotidien, il y a du "no future" à chaque planche, mais chacun continue le combat, comme quand Vernon répond à Alex en disant "Je suis un Warrior !!!". Et enfin, il y a de l'humour, beaucoup d'humour. Vernon est terriblement attachant, et solide mentalement. Beaucoup l'apprécient, le lecteur aussi, forcément. Pourquoi ? C'était le meilleur disquaire de Paris. Au fond, tout le monde apprécie Vernon. Et puis grâce à lui, ce récit regorge énormément de références musicales que j'ai eu plaisir à croiser. Tous les autres personnages sont vachement haut en couleurs et ont chacun une personnalité unique qui fait vivre le scénario à 10000%. Scénaristiquement, les scènes s'entre-mêlent, le passé se marie avec le présent, les péripéties se croisent... Tout ce petit monde est fait pour se rencontrer un de ces quatre, et c'est diablement bien fichu. Je terminerai avec le dessin. C'est encore le genre où si je feuillette, je fais bof. Comme un imbécile, je me dis que ça paraît un peu trop "crado", et puis finalement le graphisme joue complètement son rôle pour nous happer dans cette histoire. Il y a des audaces graphiques bluffantes, à commencer par les pleines pages. Les couleurs font vivre les planches, c'est un bouquin en ébullition que j'ai eu entre les mains. Le seul reproche à lui donner serait peut-être le manque de régularités. La fin du premier tome suffirait presque, en tout cas il ne nous fait pas trop languir pour le second (et dernier). Alors pourquoi attendre ? Je vous conseille vraiment de foncer vous le procurer. C'est une lecture très dense, il faut prendre son temps pour la savourer. Merci également au travail éditorial, les pages sont épaisses, ce qui en fait un livre très agréable à parcourir. Ce roman graphique plaira certainement à la génération visée par l'histoire, aux lecteurs proches de la culture punk, aux amateurs de musique, aux curieux intéressés par les problématiques sociétales, mais aussi psychologiques... Bref c'est hyper diversifié, on ne s'ennuiera pas lors des relectures. Je suis quand même pressé de savoir comment va finir cette histoire. A suivre de très très près!
Des maux pour le dire
Christian Lacroix AKA Lax est un auteur qui s'engage. La série coécrite avec son frère Yves en est l'illustration. A la fois oeuvre de fiction et biographique, le récit a pour but de faire découvrir le quotidien d'un grand handicapé (son frère). Ce quotidien peut être assimilé à la plus difficile des aventures comme rechercher un ami, pouchassé par des services secrets hostiles, au fin fond du désert le plus dur. Survivre au milieu de nulle part ou survivre au milieu d'une ville surpeuplée n'est-ce pas la même chose si vous n'avez pas une personne pour vous accompagner dans cette solitude ? L'oeuvre date de 1987 qui fut le premier Téléthon. Date clé après 30 ans de combats presque anonymes tout va changer. La lumière médiatique (dont cet ouvrage) et l'argent qui va en découler va transformer à la fois le bien être des malades, l'intérêt des scientifiques et surtout le regard des autres. La scène où Yves reste bloqué des heures sur la pelouse de l'hôpital est inimaginable aujourd'hui, bien heureusement ! Sur la forme, Lax nous donne un dessin très réaliste presque d'un récit journalistique. Le noir et blanc fait la part belle aux ombres de l'histoire. C'est une prouesse de mettre au centre du récit une personne qui peut difficilement s'exprimer par les mots et le mouvement. Il en ressort une vérité que j'ai expérimentée avec beaucoup d'aidants que j'ai croisés. C'est difficile et épuisant mais l'accompagnement d'un parent atteint d'une telle pathologie vous donne une force que vous ignoriez. Une belle lecture
Cairn - Le Miroir des eaux
Lu 2 ou 3 fois ado, un excellent souvenir de jeunesse !! L’histoire, le dessin m’avaient bien marqué à l’époque mais sans retenir les références. Récit devenu flou avec le temps et fort de ces bonnes impressions, cette lecture se rappelait à ma mémoire mais sans parvenir à l’identifier. C’est 20 ans plus tard, en flânant dans ma nouvelle médiathèque que le heureux hasard se produit. Mes goûts ayant évolués depuis (enfin ma période Soleil clôturée ^^), le plongeon dans cette bouffée de nostalgie s’est fait avec une petite appréhension ... vite envolée. Ça reste une très chouette lecture malgré le poids des âges. Le 1er tome est une petite perle, le 2ème est un cran en dessous mais tout honorable. Cette fois, j’ai noté les références et hormis la collection, les auteurs ne m’étaient plus inconnus . En grand conteur, Dubois s’y entend pour nous narrer une histoire. Mention spéciale pour la première partie du dyptique, magique, elle peut se lire comme un one shot d’ailleurs. La deuxième partie, pas désagréable mais moins marquante, est plus tournée vers l’action. Jérôme Lereculey qu’on ne présente plus, propose déjà, pour ses débuts, un dessin prometteur et solide. Le tout est bien mis en valeur par les couleurs d’Isabelle Merlet. Franchement du tout bon que je conseille à tout amateur de Fantasy. Avec le recul, cet album était relativement novateur pour l’époque et garde sa part d’originalité dans un genre aujourd’hui archi saturé. Un petit coup de cœur perso, ma madeleine de Proust que je peine à dénicher, une sortie en intégrale serait une excellente surprise, sans être un indispensable cette série mérite amplement d’être remise en lumière.