7 ans se sont écoulés depuis la parution de Blankets - Manteau de neige. Le moins qu’on puisse dire, c’est que Craig Thompson a pris son temps pour nous concocter son nouvel album… mais bon sang, quel résultat ! Je doute pouvoir écrire un avis faisant honneur au travail accompli, à la richesse dont regorge chaque page de cette grande épopée.
L’histoire suit deux personnages aux destins entremêlés sur fond de culture orientale. Les références à la Bible et surtout au Coran sont nombreuses, les paraboles ingénieuses, et le symbolisme présent dans chaque situation. En commençant ce projet, l’auteur avait en tête de mieux comprendre l’Islam, et vu le boulot de recherche accompli (par exemple sur la calligraphie arabe), je pense qu’il a réussi son pari.
Et ce qui est fort, c’est qu’à part de rares passages un peu longuets, l’ensemble a su me captiver, moi qui ne suis pourtant pas amateur d’histoires à caractère religieux. Le ton reste malgré tout très humain, et graphiquement, le boulot accompli force le respect. Maintenir une telle qualité sur 672 pages, c’est presque du masochisme ! Les planches sont magnifiques, souvent très détaillées, et les passages issus du Coran sont magnifiquement mis en scène. Un délice pour les yeux.
Voila, je me doute bien qu’un pavé de 672 pages à 25 euros, puisant son inspiration dans l’histoire de l’Islam, ça ne risque pas d’attirer les foules. J’imagine que bon nombres de BDPhiles trouveront ça barbant, prétentieux, voire parfois raciste (accusations apparemment lancées par certains journalistes). Mais moi je ressors marqué et impressionné par ma lecture. Habibi ressemble à l’œuvre d’une vie, un grand bravo à Craig Thompson.
Qui ne connait pas Garfield, ce chat cynique qui ne pense qu'à manger des lasagnes, dormir, écraser les araignées à coup de journal , regarder la télé et se moquer de son maître (le roi des râteaux)...
On retrouve souvent les mêmes situations comme l'anniversaire de Garfield ou la fête de Noël, et les gags sont un peu répétitifs (surtout les araignées) mais cette bd me fait rire et sourire. Garfield est un peu le reflet de notre société cynique et égoïste.
Je pense qu'il est indispensable d'avoir au moins un tome de Garfield chez soi. Moi je complète tranquillement ma collection quand ils sortent des tomes en promotion.
Que la couverture est attrayante ! J’avais peur que la bd s’adresse exclusivement à un public jeune, heureusement non, elle s'adresse à tous ! Hourra ! La surprise a été d’autant plus grande que je n’avais pas la moindre idée du contenu du scénario, ça a été une vraie découverte. Le tout début est un peu déroutant et on découvre tout doucement ce que cache ce monde de prime abord assez étrange, un peu à la minimoys, et une fois le tout décanté on s’embarque dans cette aventure le cœur joyeux. Elle est d’ailleurs réglée comme du papier à musique, tous les évènements s’enchaînent à la perfection et les personnages sont attachants. Il y a de l’humour juste ce qu’il faut et quand il le faut, et surtout, surtout, elle fourmille de cases toutes plus jolies les unes que les autres. Si vous voulez garder tout le suspense il est préférable de ne pas lire le résumé - qui en dit trop d’ailleurs - et de vous lancer sans filet dans cette incroyable lecture.
Le dessin est réellement super mignon ! Les personnages ont des visages excellents, très diversifiés et aux expressions étonnantes. Les décors ne sont pas des plus riches mais il y en a suffisamment pour créer une ambiance. Et les couleurs ! Belles ! Mais belles !
Tome 2
Le second tome est tout aussi agréable que le premier, tout d'abord la qualité du graphisme reste la même, joyeux et expressif, et le scénario est encore plus riche que le tome précédent. C'est d'ailleurs plutôt original, le scénariste prend le parti d'en dire suffisamment tout en laissant une petite dose de suspense planer sur le monde - pas sur l'intrigue en elle-même - ce qui se révèle être une idée intéressante, plutôt que de se lancer dans une chute trop classique. Cependant, même si on nous propose une histoire complète j'aimerais bien avoir une suite, histoire de suivre un peu plus loin les personnages et leur environnement.
Quitte à me répéter, l'autre avantage de ce diptyque est qu'il s'adresse à tous, ce n'est ni naïf ni nais pour les adultes et tout à fait abordable pour les plus jeunes.
La France traverse actuellement une crise identitaire sans précédent, et la place de ceux qui sont nés dans un autre pays devient de plus en plus contestée par les autorités. A l'heure où l'on clame la prédominance de la patrie, il est bon de rappeler que nombreux furent ceux, nés sous d'autres horizons que les frontières actuelles, qui ont donné leur vie pour cette... patrie. Qu'on les appelle tirailleurs (sénégalais, algériens...) ou tout simplement Turcos (surnom donné par les soldats russes, confondus par les tenues des soldats concernés), il est vital de se souvenir d'eux.
C'est ainsi que Kamel Mouellef, entrepreneur (je ne sais pas de quoi et au final cela n'a aucun intérêt) a voulu raconter l'histoire de son arrière-grand-père, dont le régiment a participé à toutes les batailles du front français de 14-18. Il s'agit bien sûr d'une fiction, placée dans le cadre historique de la Der des Ders (pour le tome 1 du moins). Cette oeuvre de mémoire est salvatrice, complétée par des bonus en fin d'album racontant les conditions de vie de ces soldats, la façon dont ils furent reconnus, etc. de nombreuses photos de ces combattants émérites et de leurs sépultures sont aussi présentes.
Un récit très intéressant, puisque nous voyons la façon dont sont utilisés ces soldats, parfois pour des tâches un peu ingrates. le récit se lit sans grande gêne, avec le dessin semi-réaliste de batist, qui fait du beau boulot même si on est loin d'un Tardi en termes de style, par exemple. Il y a tout de même un souci en termes de narration. Les transitions entre les différentes parties du récit me semblent un peu artificielles, et on se perd parfois entre les deux personnages principaux, Mourad et Alouache.
Mais malgré ces petits défauts, il faut saluer le travail de l'éditeur, qui a réalisé une superbe maquette, à la hauteur de l'album.
ATTENTION ! Ne pas fuir cette série sous prétexte que c'est un manga ! Essayez au moins d'en lire un !
Dessin de qualité, scénario complexe et prenant, personnages attachants, virtuosité de l'auteur pour mélanger les époques et accrocher le lecteur, grande cohérence de l'ensemble (je considère personnellement que la série n'est complète qu'avec 21th century boys), j'ai passé de longues heures à lire cette série sans me lasser ! Eh oui, sans me lasser !
Qu'est ce qu'une œuvre qui s'étire artificiellement ? C'est un récit qui se répète, qui n'ajoute rien et qui sent le maintien en vie forcé (je pense à XIII ou Thorgal sur une certaine période). Ici, l'auteur nous promène dans sa vision passé/présent/futur sans jamais perdre le fil de son intrigue, mais tout en prenant le temps de décrire sa vision des ces trois époques. Le lecteur qui veut juste savoir qui est Ami et pourquoi il est ainsi trouvera cela forcément trop long. Celui qui veut avoir le dénouement de suite également.
Mais à mon sens un récit ne se résume pas à une fin ou une résolution d'énigme, si tant est que l'environnement décrit est un univers dans lequel on se plonge avec plaisir. Et c'est exactement le cas dans cette série. De la nostalgie de l'enfance ou d'une certaine époque, jusqu'à un futur extrême mais pas excessif, j'ai lu les 24 (j'insiste !) tomes sans agacement, sans lassitude, juste parce que j'ai aimé être baladé ainsi d'époque en époque, de personnage en personnage, d'énigme en énigme, de rebondissement en rebondissement. Comme un morceau de musique qui dure longtemps mais sans qu'on voit le temps passer...
Alors oui, j'admets sans problème que quelques ficelles sont un peu grosses, que certaines questions restent sans réponses, qu'un ou deux dispositifs peuvent paraître peu crédibles, mais tout cela n'apparaît que lorsqu'on cherche à analyser le travail de l'auteur...
Oui encore, la série aurait pu faire 4 ou 5 tomes de moins, soit, mais moi, on m'aurait privé de 4 ou 5 tomes à lire avec délice dans la mesure où quand l'auteur vous manipule avec autant de dextérité et de talent, je dis Encore !!! Oui aussi, on aurait pu avoir des réponses plus précises sur certains points, mais un récit qui vous laisse une petite part d'interprétation et d'interrogation après la lecture de la dernière page, est un récit qui continue à vivre en vous et qui vous donnera envie de le relire !!!
Donc, en conclusion : essayez au moins le premier tome de cette série, la qualité d'ensemble vaut largement cette tentative ! Par contre il faut savoir qu'à moins de l'avoir intégralement dans une bibliothèque, si vous accrochez, votre porte-monnaie ne vous dira pas merci, lui !
Waouh..., « Duam » c’est une damnation visuelle, presque mille fois plus beau que Les Epées de verre… tourner les pages c’est la joie de découvrir une autre merveille et la tristesse de laisser les précédentes. Je dirais que c’est de la couleur directe, je bien vu certains coups de pinceau, mais y a-t-il de l’informatisation derrière tout ça… ? Je ne sais pas, peu importe c’est tellement beau que c’est divin. Les couleurs sont magnifiques et d'une variété infinie, le trait est super fin et le tout méticuleusement détaillé. J’ai refermé la bd il y a bien trois heures déjà et depuis je l’ai réouverte je ne sais combien de fois, et je reste ébahie à chaque fois par tant de beauté.
Qu’en est-il du scénario ? De bonnes surprises aussi. Cette histoire à mi-chemin entre fantastique et fantasy a sa part de déjà-vu, tout ne peut pas avoir le goût du neuf, mais elle recèle certains éléments très originaux. Elle mêle magie, pantins, dieux monstrueux et un personnage qui a une particularité vraiment étonnante et que je vous laisse découvrir... allez juste un indice, on le voit sur la couverture.
L'histoire est prenante du début à la fin, le suspense est soutenu, je ne dirais pas qu'il est haletant, car tant de beauté ne laisse pas de place à l'excitation, il faut déguster chaque case avec lenteur. Voici une série qui pourrait tirer en longueur comme savent si bien le faire certaines, et qui me comblerait de joie.
Finalement le seul défaut notable en début de lecture mais que l’on finit par accepter, c’est sa narration. Celle-ci est trop simple, je ne dis pas simpliste ni naïve, juste trop simple, les phrases sont courtes et manquent de recherche et de poésie, elles ont le ton des histoires que l’on raconte aux enfants, un style sans fioriture tout en simplicité. C’est pour cette raison que j’ai classé ce récit dans le genre conte, car à la lecture c’est l’impression que l’on ressent le plus, un conte fantastique.
Dommage quand même ce petit manque de poids au niveau narratif.
Tome 2
J'en ai profité pour relire le tome 1 et l'impression est la même, excellent dessin et scénario intéressant, c'est ce qui m'a fait passer outre le problème narratif, qui pourra se révéler assez rédhibitoire pour certains ; c'est aussi la raison pour laquelle j'ai un peu baissé ma note.
L'auteur nous gratifie d'une voix-off qui raconte ce que l'on voit, pour que cela passe il aurait fallu un style plus poétique empli de métaphores par exemple, hélas la trop grande simplicité de l'écriture n'émeut pas et agace. Ce défaut et d'ailleurs plus prononcé dans le second tome. C'est vraiment dommage car le reste est réellement excellent.
Merci pour cette admirable BD qui m'a mis le pied à l'étrier de la BD, vieux novice dans cet art, j'ai voulu faire un cadeau de Noël, j'ai feuilleté le premier tome dans un grand magasin et je me le suis acheté, depuis je suis devenu accro aux BD, l'époque napoléonienne est admirablement restituée, les personnages sont ce que l'on attend de ces héros oubliés.
Le dessin est clair et fouillé, le scénario est très bien construit. A lire absolument si comme moi vous êtes marqué par cette période de l'histoire de France.
Dommage que cette série soit déjà finie, je guette le prochain album de Stalner.
Allez, je mets le coup de coeur pour cette série qui est quand même encore dans mon cœur et pour longtemps.
D'abord, je dois dire que c'est grâce à ce site que je me suis lancé dans cet achat, connaissant Ayrolles par son autre série phare : De capes et de crocs. Je suis donc parti avec un avis positif et j'ai acheté les yeux fermés les 6 tomes.
Un achat que je ne regrette vraiment pas !
Garulfo, c'est un conte moderne qui est à la hauteur de ces prédécesseurs ! Ici, pas de gentillesse tout mignonne tout au long de l'histoire ! On a des gens pas sympa du tout, et parfois c'est cruel (rassurez-vous, c'est vraiment peu souvent). Mais comme la plupart des contes, ça se finit bien, on a une (des) morale(s) bien distillées dans le tout, et une histoire qui tient parfaitement la route !
Ensuite, je viens au gros point fort de l'histoire : l’humour ! Car ici, l'humour est omniprésent, aussi bien dans les mimiques, dans les attitudes, les parodies de contes célèbres, les dialogues... On a vraiment une œuvre parfaite dirais-je. Il ne manque vraiment rien.
Pour le dessin, rien à souligner, il est parfaitement en accord avec l'histoire, sans être extrêmement détaillé mais tout de même très beau. Bref, une parfaite symbiose.
En conclusion, une excellente BD, qui trône parfaitement dans n'importe quelle bibliothèque, et qui mérite parfaitement ses louanges. Et un coup de cœur pour moi même si ça fait un moment maintenant.
Je m'étais pourtant juré de ne plus acheter de bd adaptées de romans ou de nouvelles. Et patatras! débarque Corominas avec cette adaptation du seul roman d'Oscar Wilde, roman que j'ai lu dans ma jeunesse et qu'Albert Lewin avait superbement porté à l'écran en 1945.
Que dire, sinon que les planches sont sublimes, véritablement magnifiques, et la version que nous livre Corominas est d'une intelligence remarquable. Le découpage en 5 actes, débutant, à chaque fois, sur la métamorphose du tableau, est fort bien amené.
L'auteur a réussi le pari fou de restituer deux idées principales du roman, à savoir le monde de l'Angleterre Victorienne et le goût de l'esthétisme porté au paroxysme.
J'ai pour ma part craqué sur l'édition Canalbd, édition d'une très grande qualité qui est complétée de superbes illustrations. Un régal !
Ana Miralles s'est fait connaître en France avec le sensuel Djinn, sur scénario de Jean Dufaux. Pour Muraqqa', elle travaille à nouveau avec son mari, Emilio Ruiz Zavala, en nous plongeant dans l'Inde du XVIIème siècle.
La dessinatrice aime toujours croquer de jolies femmes nues, et c'est encore le cas ici, puisque nous sommes au sein d'un harem. Mais il n'y a pas forcément de la fesse à toutes les pages, c'est presque toujours justifié, et réalisé sans voyeurisme. Ana Miralles réalise en outre de très belles cases, un peu contemplatives, qui nous permettent de découvrir ce Zenana en profondeur. Il y a de très belles vues de paysages urbains, de petits carrés floraux, des bains réservés aux femmes... les femmes sont belles, mais plutôt que la longiligne Priti, celle que j'ai trouvé la plus belle, physiquement parlant mais aussi avec ses vêtements et bijoux, est Ladli.
Très bonne idée du scénariste de nous faire découvrir cette micro-société en même temps que cette artiste-peintre. Cependant je trouve que les personnages, hormis Priti, Ladli et Aqa, manquent un peu d'épaisseur. C'est normal pour des eunuques et des castrats, mais un peu frustrant, si j'ose écrire. Il y a également des bouts d'intrigue qui m'échappent un peu, comme cette conspiration interne au sujet d'un anniversaire. L'un des éléments importants est aussi le Choc des religions, puisque Priti est une Jaïn, autrement dit une végétarienne très attachée à la nature, et qu'elle se retrouve dans un cadre musulman. Le fait qu'elle soit mandatée pour peindre le réel dans ce cadre m'a étonné, je pensais que ce n'était pas le cas chez les Musulmans...
La part de mystère que représente le prince renégat est toutefois assez prenante, et l'on a envie de lire la suite, ne serait-ce que pour le trait élégant et les couleurs chaudes d'Ana Miralles.
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Habibi
7 ans se sont écoulés depuis la parution de Blankets - Manteau de neige. Le moins qu’on puisse dire, c’est que Craig Thompson a pris son temps pour nous concocter son nouvel album… mais bon sang, quel résultat ! Je doute pouvoir écrire un avis faisant honneur au travail accompli, à la richesse dont regorge chaque page de cette grande épopée. L’histoire suit deux personnages aux destins entremêlés sur fond de culture orientale. Les références à la Bible et surtout au Coran sont nombreuses, les paraboles ingénieuses, et le symbolisme présent dans chaque situation. En commençant ce projet, l’auteur avait en tête de mieux comprendre l’Islam, et vu le boulot de recherche accompli (par exemple sur la calligraphie arabe), je pense qu’il a réussi son pari. Et ce qui est fort, c’est qu’à part de rares passages un peu longuets, l’ensemble a su me captiver, moi qui ne suis pourtant pas amateur d’histoires à caractère religieux. Le ton reste malgré tout très humain, et graphiquement, le boulot accompli force le respect. Maintenir une telle qualité sur 672 pages, c’est presque du masochisme ! Les planches sont magnifiques, souvent très détaillées, et les passages issus du Coran sont magnifiquement mis en scène. Un délice pour les yeux. Voila, je me doute bien qu’un pavé de 672 pages à 25 euros, puisant son inspiration dans l’histoire de l’Islam, ça ne risque pas d’attirer les foules. J’imagine que bon nombres de BDPhiles trouveront ça barbant, prétentieux, voire parfois raciste (accusations apparemment lancées par certains journalistes). Mais moi je ressors marqué et impressionné par ma lecture. Habibi ressemble à l’œuvre d’une vie, un grand bravo à Craig Thompson.
Garfield
Qui ne connait pas Garfield, ce chat cynique qui ne pense qu'à manger des lasagnes, dormir, écraser les araignées à coup de journal , regarder la télé et se moquer de son maître (le roi des râteaux)... On retrouve souvent les mêmes situations comme l'anniversaire de Garfield ou la fête de Noël, et les gags sont un peu répétitifs (surtout les araignées) mais cette bd me fait rire et sourire. Garfield est un peu le reflet de notre société cynique et égoïste. Je pense qu'il est indispensable d'avoir au moins un tome de Garfield chez soi. Moi je complète tranquillement ma collection quand ils sortent des tomes en promotion.
Planète Nabiroo (Carrion)
Que la couverture est attrayante ! J’avais peur que la bd s’adresse exclusivement à un public jeune, heureusement non, elle s'adresse à tous ! Hourra ! La surprise a été d’autant plus grande que je n’avais pas la moindre idée du contenu du scénario, ça a été une vraie découverte. Le tout début est un peu déroutant et on découvre tout doucement ce que cache ce monde de prime abord assez étrange, un peu à la minimoys, et une fois le tout décanté on s’embarque dans cette aventure le cœur joyeux. Elle est d’ailleurs réglée comme du papier à musique, tous les évènements s’enchaînent à la perfection et les personnages sont attachants. Il y a de l’humour juste ce qu’il faut et quand il le faut, et surtout, surtout, elle fourmille de cases toutes plus jolies les unes que les autres. Si vous voulez garder tout le suspense il est préférable de ne pas lire le résumé - qui en dit trop d’ailleurs - et de vous lancer sans filet dans cette incroyable lecture. Le dessin est réellement super mignon ! Les personnages ont des visages excellents, très diversifiés et aux expressions étonnantes. Les décors ne sont pas des plus riches mais il y en a suffisamment pour créer une ambiance. Et les couleurs ! Belles ! Mais belles ! Tome 2 Le second tome est tout aussi agréable que le premier, tout d'abord la qualité du graphisme reste la même, joyeux et expressif, et le scénario est encore plus riche que le tome précédent. C'est d'ailleurs plutôt original, le scénariste prend le parti d'en dire suffisamment tout en laissant une petite dose de suspense planer sur le monde - pas sur l'intrigue en elle-même - ce qui se révèle être une idée intéressante, plutôt que de se lancer dans une chute trop classique. Cependant, même si on nous propose une histoire complète j'aimerais bien avoir une suite, histoire de suivre un peu plus loin les personnages et leur environnement. Quitte à me répéter, l'autre avantage de ce diptyque est qu'il s'adresse à tous, ce n'est ni naïf ni nais pour les adultes et tout à fait abordable pour les plus jeunes.
Turcos
La France traverse actuellement une crise identitaire sans précédent, et la place de ceux qui sont nés dans un autre pays devient de plus en plus contestée par les autorités. A l'heure où l'on clame la prédominance de la patrie, il est bon de rappeler que nombreux furent ceux, nés sous d'autres horizons que les frontières actuelles, qui ont donné leur vie pour cette... patrie. Qu'on les appelle tirailleurs (sénégalais, algériens...) ou tout simplement Turcos (surnom donné par les soldats russes, confondus par les tenues des soldats concernés), il est vital de se souvenir d'eux. C'est ainsi que Kamel Mouellef, entrepreneur (je ne sais pas de quoi et au final cela n'a aucun intérêt) a voulu raconter l'histoire de son arrière-grand-père, dont le régiment a participé à toutes les batailles du front français de 14-18. Il s'agit bien sûr d'une fiction, placée dans le cadre historique de la Der des Ders (pour le tome 1 du moins). Cette oeuvre de mémoire est salvatrice, complétée par des bonus en fin d'album racontant les conditions de vie de ces soldats, la façon dont ils furent reconnus, etc. de nombreuses photos de ces combattants émérites et de leurs sépultures sont aussi présentes. Un récit très intéressant, puisque nous voyons la façon dont sont utilisés ces soldats, parfois pour des tâches un peu ingrates. le récit se lit sans grande gêne, avec le dessin semi-réaliste de batist, qui fait du beau boulot même si on est loin d'un Tardi en termes de style, par exemple. Il y a tout de même un souci en termes de narration. Les transitions entre les différentes parties du récit me semblent un peu artificielles, et on se perd parfois entre les deux personnages principaux, Mourad et Alouache. Mais malgré ces petits défauts, il faut saluer le travail de l'éditeur, qui a réalisé une superbe maquette, à la hauteur de l'album.
20th Century Boys
ATTENTION ! Ne pas fuir cette série sous prétexte que c'est un manga ! Essayez au moins d'en lire un ! Dessin de qualité, scénario complexe et prenant, personnages attachants, virtuosité de l'auteur pour mélanger les époques et accrocher le lecteur, grande cohérence de l'ensemble (je considère personnellement que la série n'est complète qu'avec 21th century boys), j'ai passé de longues heures à lire cette série sans me lasser ! Eh oui, sans me lasser ! Qu'est ce qu'une œuvre qui s'étire artificiellement ? C'est un récit qui se répète, qui n'ajoute rien et qui sent le maintien en vie forcé (je pense à XIII ou Thorgal sur une certaine période). Ici, l'auteur nous promène dans sa vision passé/présent/futur sans jamais perdre le fil de son intrigue, mais tout en prenant le temps de décrire sa vision des ces trois époques. Le lecteur qui veut juste savoir qui est Ami et pourquoi il est ainsi trouvera cela forcément trop long. Celui qui veut avoir le dénouement de suite également. Mais à mon sens un récit ne se résume pas à une fin ou une résolution d'énigme, si tant est que l'environnement décrit est un univers dans lequel on se plonge avec plaisir. Et c'est exactement le cas dans cette série. De la nostalgie de l'enfance ou d'une certaine époque, jusqu'à un futur extrême mais pas excessif, j'ai lu les 24 (j'insiste !) tomes sans agacement, sans lassitude, juste parce que j'ai aimé être baladé ainsi d'époque en époque, de personnage en personnage, d'énigme en énigme, de rebondissement en rebondissement. Comme un morceau de musique qui dure longtemps mais sans qu'on voit le temps passer... Alors oui, j'admets sans problème que quelques ficelles sont un peu grosses, que certaines questions restent sans réponses, qu'un ou deux dispositifs peuvent paraître peu crédibles, mais tout cela n'apparaît que lorsqu'on cherche à analyser le travail de l'auteur... Oui encore, la série aurait pu faire 4 ou 5 tomes de moins, soit, mais moi, on m'aurait privé de 4 ou 5 tomes à lire avec délice dans la mesure où quand l'auteur vous manipule avec autant de dextérité et de talent, je dis Encore !!! Oui aussi, on aurait pu avoir des réponses plus précises sur certains points, mais un récit qui vous laisse une petite part d'interprétation et d'interrogation après la lecture de la dernière page, est un récit qui continue à vivre en vous et qui vous donnera envie de le relire !!! Donc, en conclusion : essayez au moins le premier tome de cette série, la qualité d'ensemble vaut largement cette tentative ! Par contre il faut savoir qu'à moins de l'avoir intégralement dans une bibliothèque, si vous accrochez, votre porte-monnaie ne vous dira pas merci, lui !
Duam
Waouh..., « Duam » c’est une damnation visuelle, presque mille fois plus beau que Les Epées de verre… tourner les pages c’est la joie de découvrir une autre merveille et la tristesse de laisser les précédentes. Je dirais que c’est de la couleur directe, je bien vu certains coups de pinceau, mais y a-t-il de l’informatisation derrière tout ça… ? Je ne sais pas, peu importe c’est tellement beau que c’est divin. Les couleurs sont magnifiques et d'une variété infinie, le trait est super fin et le tout méticuleusement détaillé. J’ai refermé la bd il y a bien trois heures déjà et depuis je l’ai réouverte je ne sais combien de fois, et je reste ébahie à chaque fois par tant de beauté. Qu’en est-il du scénario ? De bonnes surprises aussi. Cette histoire à mi-chemin entre fantastique et fantasy a sa part de déjà-vu, tout ne peut pas avoir le goût du neuf, mais elle recèle certains éléments très originaux. Elle mêle magie, pantins, dieux monstrueux et un personnage qui a une particularité vraiment étonnante et que je vous laisse découvrir... allez juste un indice, on le voit sur la couverture. L'histoire est prenante du début à la fin, le suspense est soutenu, je ne dirais pas qu'il est haletant, car tant de beauté ne laisse pas de place à l'excitation, il faut déguster chaque case avec lenteur. Voici une série qui pourrait tirer en longueur comme savent si bien le faire certaines, et qui me comblerait de joie. Finalement le seul défaut notable en début de lecture mais que l’on finit par accepter, c’est sa narration. Celle-ci est trop simple, je ne dis pas simpliste ni naïve, juste trop simple, les phrases sont courtes et manquent de recherche et de poésie, elles ont le ton des histoires que l’on raconte aux enfants, un style sans fioriture tout en simplicité. C’est pour cette raison que j’ai classé ce récit dans le genre conte, car à la lecture c’est l’impression que l’on ressent le plus, un conte fantastique. Dommage quand même ce petit manque de poids au niveau narratif. Tome 2 J'en ai profité pour relire le tome 1 et l'impression est la même, excellent dessin et scénario intéressant, c'est ce qui m'a fait passer outre le problème narratif, qui pourra se révéler assez rédhibitoire pour certains ; c'est aussi la raison pour laquelle j'ai un peu baissé ma note. L'auteur nous gratifie d'une voix-off qui raconte ce que l'on voit, pour que cela passe il aurait fallu un style plus poétique empli de métaphores par exemple, hélas la trop grande simplicité de l'écriture n'émeut pas et agace. Ce défaut et d'ailleurs plus prononcé dans le second tome. C'est vraiment dommage car le reste est réellement excellent.
Ils étaient Dix
Merci pour cette admirable BD qui m'a mis le pied à l'étrier de la BD, vieux novice dans cet art, j'ai voulu faire un cadeau de Noël, j'ai feuilleté le premier tome dans un grand magasin et je me le suis acheté, depuis je suis devenu accro aux BD, l'époque napoléonienne est admirablement restituée, les personnages sont ce que l'on attend de ces héros oubliés. Le dessin est clair et fouillé, le scénario est très bien construit. A lire absolument si comme moi vous êtes marqué par cette période de l'histoire de France. Dommage que cette série soit déjà finie, je guette le prochain album de Stalner.
Garulfo
Allez, je mets le coup de coeur pour cette série qui est quand même encore dans mon cœur et pour longtemps. D'abord, je dois dire que c'est grâce à ce site que je me suis lancé dans cet achat, connaissant Ayrolles par son autre série phare : De capes et de crocs. Je suis donc parti avec un avis positif et j'ai acheté les yeux fermés les 6 tomes. Un achat que je ne regrette vraiment pas ! Garulfo, c'est un conte moderne qui est à la hauteur de ces prédécesseurs ! Ici, pas de gentillesse tout mignonne tout au long de l'histoire ! On a des gens pas sympa du tout, et parfois c'est cruel (rassurez-vous, c'est vraiment peu souvent). Mais comme la plupart des contes, ça se finit bien, on a une (des) morale(s) bien distillées dans le tout, et une histoire qui tient parfaitement la route ! Ensuite, je viens au gros point fort de l'histoire : l’humour ! Car ici, l'humour est omniprésent, aussi bien dans les mimiques, dans les attitudes, les parodies de contes célèbres, les dialogues... On a vraiment une œuvre parfaite dirais-je. Il ne manque vraiment rien. Pour le dessin, rien à souligner, il est parfaitement en accord avec l'histoire, sans être extrêmement détaillé mais tout de même très beau. Bref, une parfaite symbiose. En conclusion, une excellente BD, qui trône parfaitement dans n'importe quelle bibliothèque, et qui mérite parfaitement ses louanges. Et un coup de cœur pour moi même si ça fait un moment maintenant.
Dorian Gray
Je m'étais pourtant juré de ne plus acheter de bd adaptées de romans ou de nouvelles. Et patatras! débarque Corominas avec cette adaptation du seul roman d'Oscar Wilde, roman que j'ai lu dans ma jeunesse et qu'Albert Lewin avait superbement porté à l'écran en 1945. Que dire, sinon que les planches sont sublimes, véritablement magnifiques, et la version que nous livre Corominas est d'une intelligence remarquable. Le découpage en 5 actes, débutant, à chaque fois, sur la métamorphose du tableau, est fort bien amené. L'auteur a réussi le pari fou de restituer deux idées principales du roman, à savoir le monde de l'Angleterre Victorienne et le goût de l'esthétisme porté au paroxysme. J'ai pour ma part craqué sur l'édition Canalbd, édition d'une très grande qualité qui est complétée de superbes illustrations. Un régal !
Muraqqa'
Ana Miralles s'est fait connaître en France avec le sensuel Djinn, sur scénario de Jean Dufaux. Pour Muraqqa', elle travaille à nouveau avec son mari, Emilio Ruiz Zavala, en nous plongeant dans l'Inde du XVIIème siècle. La dessinatrice aime toujours croquer de jolies femmes nues, et c'est encore le cas ici, puisque nous sommes au sein d'un harem. Mais il n'y a pas forcément de la fesse à toutes les pages, c'est presque toujours justifié, et réalisé sans voyeurisme. Ana Miralles réalise en outre de très belles cases, un peu contemplatives, qui nous permettent de découvrir ce Zenana en profondeur. Il y a de très belles vues de paysages urbains, de petits carrés floraux, des bains réservés aux femmes... les femmes sont belles, mais plutôt que la longiligne Priti, celle que j'ai trouvé la plus belle, physiquement parlant mais aussi avec ses vêtements et bijoux, est Ladli. Très bonne idée du scénariste de nous faire découvrir cette micro-société en même temps que cette artiste-peintre. Cependant je trouve que les personnages, hormis Priti, Ladli et Aqa, manquent un peu d'épaisseur. C'est normal pour des eunuques et des castrats, mais un peu frustrant, si j'ose écrire. Il y a également des bouts d'intrigue qui m'échappent un peu, comme cette conspiration interne au sujet d'un anniversaire. L'un des éléments importants est aussi le Choc des religions, puisque Priti est une Jaïn, autrement dit une végétarienne très attachée à la nature, et qu'elle se retrouve dans un cadre musulman. Le fait qu'elle soit mandatée pour peindre le réel dans ce cadre m'a étonné, je pensais que ce n'était pas le cas chez les Musulmans... La part de mystère que représente le prince renégat est toutefois assez prenante, et l'on a envie de lire la suite, ne serait-ce que pour le trait élégant et les couleurs chaudes d'Ana Miralles.