Une série que je guettais depuis longtemps, me jurant de l’acheter si l’occasion se présentait. Pensez : un récit policier réaliste qui nous entraine dans le quotidien des R.G. (comprenez Renseignements Généraux et non Tintin et Milou), c’est le genre de truc qui me plait, d’habitude.
Cependant, je me méfiais quand même un peu de l’objet car le scénariste, Pierre Dragon, s’il sait de quoi il cause, n’est pas un pro de la bd. Le risque de me retrouver devant une histoire intéressante mais mal racontée était donc réel !
Et pourtant… Et pourtant, j’ai été scié par la qualité, justement, de cette narration ! En peu de mots bien choisis, en courtes séquences bien représentatives, en quelques traits d’humour viril (primaire, diront certains), l’auteur nous fait rentrer dans son quotidien. Et, dans mon cas, impossible d’en sortir avant la dernière page.
Le propos est très bien soutenu par un dessin vif et pourtant travaillé, brut et pourtant élégant, simple et pourtant expressif. Le genre de dessin dont vous ne pouvez isoler une case en vous disant « que c’est beau » mais qui illustre à merveille le propos.
Les histoires en elles-mêmes n’ont rien d’explosif. Il s’agit bel et bien du quotidien d’une équipe des Renseignements Généraux, un quotidien principalement occupé par d’interminables planques, par de discrètes filatures, par des coups de bluff qui font monter l’adrénaline chez leurs auteurs sans que rien ne transpire. Et c’est là que la narration devient essentielle, car la tension devient palpable, les frustrations aussi… et l’on comprend parfaitement ces moments de relâchement faits de blagues à deux balles, courts moments rapidement interrompus par la réalité du quotidien.
Enfin, il y a ces personnages, souvent attachants par leur humanité, réalistes voire résignés quant à leur importance et l’efficacité de leurs actions.
Excellent, pour les amateurs du genre. Vraiment, vraiment, très très bien. Je regrette même qu’il n’existe que deux tomes tant j’aurais aimé continuer à suivre ces personnages !
Voici un pavé qu'il est bien difficile de lâcher une fois entamé ! Et pourtant je suis loin d'être une adepte de la BD reportage sur sujet d'actualité.
Jusqu'à présent, malgré sa bonne réputation, je ne m'étais jamais laissée tenter par l'emprunt et encore moins l'achat, et c'est en lisant Les Ignorants que l'envie est venue. En effet, dans cette BD, Davodeau fait lire "Le photographe" à son ami Richard (qui pour une fois ne s'endort pas dessus comme pour ses autres découvertes BD, bien au contraire) puis lui présente d'une part Emmanuel Guibert - qui raconte comment la rencontre avec le photographe et toute l'aventure elle-même l'a marqué à jamais - puis les deux médecins reconvertis en producteurs de vin dans le vignoble bordelais.
J'ai entamé ma lecture sans grande conviction malgré tout : ce mélange pas super esthétique de photos souvent trop petites et de dessins d'un style qui n'est pas pour m'enthousiasmer outre mesure n'était vraiment pas très attirant pour quelqu'un comme moi qui donne beaucoup d'importance à la beauté du dessin en bande dessinée (ce qui m'amène souvent à la déception côté scénario soi dit en passant…).
Et puis tout doucement, au fil des pages et de la narration du photographe mes yeux sont restés accrochés, mes mains tournaient les pages les unes après les autres sans trouver d'occasions de faire des pauses : cette aventure de plusieurs mois d'un photographe au milieu d'une mission de Médecins Sans Frontières en Afghanistan est extraordinaire et passionnante ! Ces humanitaires font face à des difficultés monumentales et prennent des risques considérables pour aller soigner et porter secours dans des coins complètement reculés, risques qu'ils reprennent sans hésiter quelques mois plus tard tellement ils sont attachés aux populations locales qu'ils croisent et aident.
Les Afghans – hommes, femmes, enfants, vieillards - qui pour moi jusqu'à présent n'étaient que des individus déshumanisés et interchangeable vus par l'œil rectangulaire de la télévision, prennent vie et montrent un visage "humain" (pas toujours très reluisant d'aileurs) et j'ai compris ce qui pouvait motiver ces hommes et femmes exceptionnels à faire ce métier pour le moins inconfortable, erreintant et risqué. Ma petite vie occidentale pépère me semble bien fade à côté… ce n'est pas pour autant que je me sens capable d'en faire autant ; moi aussi, comme Didier (le photographe), j'ai envie de leur dire mon admiration à chaque page !
Empruntez-le, achetez-le, offrez-le sans risque, c'est un témoignage exceptionnel ! Et comme le suggère Monsieur Davodeau dans ses "Ingnorants", je vais peut-être m'intéresser à La Guerre d'Alan d'ici peu.
Il arrive un moment ou des choses comme le bon sens, la droiture d'esprit, la bien séance, n'ont plus cours dans l'art. Ce genre de moment où on ne peut vraiment critiquer une œuvre car son audace est justifiée par la folie de son auteur, la folie de la perte, du malheur...
Comment critiquer une œuvre pareil quand on sait qu'elle a servi d'exutoire à la douleur la plus intense que peut ressentir un homme dans son existence ?
Comment critiquer ses dialogues primaires, incompréhensibles, et lourdingues ? Car ces adjectifs sont justement justifiés par une douleur sans fin, une espèce d'écriture automatique qui fait ressurgir les pulsions les plus malsaines de l'homme. Les tensions les plus grandes.
Dire que l'on a aimé cette BD est un mensonge, dire qu'on l'a détesté l'est tout autant. Non, on ne peut pas juger cette BD sur une échelle de goût tel qu'on peut le faire avec les autres. Elle est dans son exubérance et son exagération, l'archétype même de la souffrance symbolisée dans sa plus belle expression.
Je ris envoyant certaines personnes tentant de donner du sens à une œuvre pareil. Bien sûr qu'elle a du sens, mais pas ce genre de sens terre à terre que certains lui trouve. Ne posez pas cette BD après lecture en vous disant que vous n'avez rien compris (tel que moi-même j'ai fait à ma première lecture...), relisez-là, essayez d'en comprendre l'essence et de faire correspondre le sentiment qui sort de cette œuvre à un sentiment que vous avez déjà ressentis (sauf si vous vivez dans un monde de bisounours et que rien ne vous a jamais fait souffrir...). Redonnez une chance à cette BD et surtout ne la jugez pas. Ne la jugez pas, car cela reviendrait à juger la souffrance elle-même.
Je considère cette BD comme culte pour toutes les raisons évoquées précédemment.
A vous maintenant d'essayer de comprendre la signification de cette BD, d'échouez, et de vous émouvoir.
La première fois que j’ai lu cette série, je l’ai trouvée intéressante, plus réaliste et moins édulcorée que la version de notre bon vieux Walt. Les personnages avaient plus de profondeur, plus de contradictions et surtout des sentiments plus plausibles : égoïsme, prétention, cruauté, indifférence, etc. Par ailleurs, il n’y avait pas les ‘bons’ d’un côté et les ‘mauvais’ de l’autre, c’était plus nuancé : le capitaine Crochet n’avait pas que des défauts tandis que le gentil Peter paraissait très égoïste plus d’une fois…
A la suite d’une seconde lecture récente, des années plus tard, j’ai réalisé que je n’avais rien compris du message de Loisel et que j’étais resté à une lecture assez superficielle de l’œuvre.
En refermant le sixième tome, une question me turlupinait : pourquoi diantre Loisel avait-il intégré Jack l’Éventreur dans l’histoire ?
- Pour mettre une ambiance un peu glauque dans le récit ? Bizarre car il y avait déjà assez d’autres éléments trash dans l’histoire.
- Pour intégrer un fait historique dans ce récit imaginaire ? Peu probable car le Londres des quartiers pauvres du récit de Loisel était déjà suffisamment réaliste sans avoir besoin d’en rajouter.
Non, il devait y avoir une autre raison. Mais laquelle ?
Et puis, j’ai eu un flash, une illumination : mais oui, bon sang, mais c’est bien sûr ! La raison est que [censuré]. Mais alors, tout se tient. Mais quel maître ce Loisel ! Comment peut-on écrire une histoire pareille qui suggère mais ne dévoile pas, qui évoque mais ne dit pas ? Le message est donc bien plus profond que celui d’une simple petite historiette…
Je ne vous donnerai évidemment pas la réponse car c’est à vous de chercher – pour vous aider, je peux vous dire que diverses critiques de ce site l’ont plus qu’évoquée – Loisel lui-même a fait un commentaire plus qu’explicite sur le forum de ce site - mais combien d’autres sont passés complètement à côté (non, l’histoire de Jack n’est pas aussi secondaire qu'il n'y paraît).
Disons, simplement, que le récit est parfaitement cohérent et n’aurait jamais pu s’arrêter au tome 5 comme d’aucuns l’écrivent car le sens du message de Loisel n’aurait pas eu la même clarté. Bien sûr, il n’y a pas de certitude dans le propos de l’auteur mais juste une piste, une hypothèse qui nous emmène bien au-delà du livre.
Sans dévoiler ni l’intrigue ni le rôle exact des personnages principaux, on peut s’interroger sur la réelle beauté du Pays imaginaire et sur la si grande noirceur de Londres. Le monde du rêve, de l’imaginaire, de l’enfance est-il aussi pur et beau qu’on ne le souhaiterait ? Le retour du Pays imaginaire vers le réel est-il aussi facile que l’on croit ou devient-il de plus en plus difficile – voire impossible ?
Au-delà du conte réécrit par Loisel, on se met à réfléchir à des thèmes universels tels que les relations entre parents et enfants, la recherche de paradis (artificiels ?) pour supporter la réalité, la cruauté du monde de l’enfance (si prompt à passer d’un extrême à l’autre – on ne peut s’empêcher de rapprocher le récit de Peter Pan de celui de William Golding – The Lord of the Flies), les désastres de la jalousie, l’absence de mémoire des individus et de l’humanité, …
Bravo, monsieur Loisel, votre réécriture de l’œuvre de James Barrie (que je devrais lire car je ne la connais que par l’entremise de Disney) est vraiment du grand Art, de la vraie Littérature.
Pour moi, "3 Secondes" est franchement bien, limite culte, tellement le concept est original et bien mené (surtout couplé à la version numérique disponible sur internet).
J'ai scruté chaque image, j'ai adoré la descente vers le stade de foot ou la fuite dans l'espace.
A la lecture de la BD je me suis demandée parfois si la trajectoire était bien réaliste, mais quand je suis passée à la version numérique, à quelques rares exceptions je me suis bien rendue compte à quel point la réalisation est précise et minutieuse. C'est un travail titanesque ! Il y a bien quelques passages un peu confus, mais dans l'ensemble ça se suit sans difficulté.
La version disponible sur internet est très bien pensée aussi, elle ne se contente pas de nous offrir l'animé de la BD, on peut aussi jouer sur le sens et la vitesse de lecture. C'est un plus indéniable qui complète parfaitement la version papier.
Une belle surprise, dont je vais avoir du mal à me séparer car je l'ai achetée pour l'offrir à Noël... MAM ne m'avait pas convaincue jusqu'à présent (en fait je n'ai lu que Le Dessin je crois...) mais du coup je vais sans doute m'intéresser un peu plus à la production de ce monsieur.
A commander au Père Noël sans hésiter.
Puisque tout le monde y va de sa préférence entre Tirésias et « La Gloire d’Héra », pour ma part j’ai légèrement préféré cette dernière, plus riche en évènements, plus humoristique et moins dramatique que la première, bien que la fin prenne le contre-pied à cette caractéristique, comme si l’humour étalé tout au long du diptyque, éclatait dans un éclair de violence et partait en fumée sur les dix dernières planches. Cela peut s'avérer surprenant, mais achève le récit comme il se doit, en bonne tragédie grecque, riche de fureur et coucheries. Par ailleurs, non seulement cette lecture est très divertissante mais en plus elle est instructive. J'aurais tout de même souhaité que les auteurs se lancent dans les Douze Travaux d’Héraclès, même si connaître le passé d’un héros est déjà pas mal.
Tout ceci est soutenu par le dessin de Rossi, dont j’adore le style, il apporte par ses mimiques beaucoup d’humour aux personnages, ainsi qu’un fort attachement, notamment pour Agrios le centaure. Les couleurs sont très agréables et offre une belle dynamique à l’ensemble.
Je connais mal la vie de Brassens mais cela ne m’a pas empêché d’apprécier toute la substance de cette bd. Je dirais même que c’est une manière originale de découvrir ce poète/chanteur et ce que fut sa vie d’alors.
L’affection de la mort pour Brassens (qui conduit au "sursis" de ce dernier) est une trouvaille originale et bien exploitée. Alors, certes ce livre en dévoile peu sur la vie de cet ours mal léché mais il restitue par contre admirablement bien sa manière de penser et d’appréhender les choses. Bref, c’est l’état d’esprit de Brassens qui transpire de ces pages. Côté dessin, le trait simple est rehaussé par une mise en couleur dans des tons bruns/ocres pour donner à l’ensemble un parfum suranné des pages jaunies d’un vieux cahier.
Gare au gorille et, surtout, attention à Blaise Guinin . . . un auteur qui fera encore parler de lui, à coup sûr !
C'est une bd avec un rythme d'enfer, le scénario va tambour battant de bout en bout.
Baru brasse les tourbillons de vies a priori distinctes et qui deviennent chorales à travers cette histoire pas originale mais très bien ciselée. Il livre au passage des points de vue politiques et sociaux par petites touches bien dosées.
J'aime bien la manière dont les nombreux personnages passent alternativement au premier plan de l'histoire.
Le graphisme est expressif et tranché, il sert à merveille cette course effrénée.
La preuve que la bande dessinée est une forme d'expression, une forme d'art, un médium des plus intéressants et complets, car il permet de toucher à tous types de sujets, des plus futiles et divertissants, aux plus engagés, touchant aux problèmes de société mais néanmoins d'une manière instructive et touchante.
Les albums commandés par l'association BD Boum font partie de ces albums que j'ai le plus envie de lire. Le concept est simple, prendre un sujet sensible, et recueillir des témoignages pour les mettre en images par des auteurs reconnus (comme l'excellent album "Paroles sans papier" mais la démarche est proche aussi des En chemin elle rencontre...).
Ici, c'est l'auteur (des plus connus), Luc Brunschwig qui a recueilli les témoignages sur l’illettrisme de 8 personnes avec leur histoire et leur expérience.
Au vu des thèmes proposés par les autres albums, on peut se dire que celui de cet album est le moins "grave", mais à la lecture de ce magnifique album, on se rend compte comment une vie détruite peut mener à l’illettrisme (et vice-versa).
Et si les problèmes de société, tout comme les romans graphiques, ne vous intéressent pas, cette BD pourra quand même vous plaire pour son magnifique graphisme.
Brunschwig ne s'est entouré que de pointures, aux dessins souvent torturés (Benjamin Flao), modernes (Bandini), épurés (Brüno), contrastés (Laurent Astier), détaillés (Phicil), aux allures de crayonnés (Simon Hureau) ou avec un encrage plus gras (Ralph Meyer), mais toujours magnifiques (Eddy Vaccaro).
Des témoignages "coups de poing", poignants et vrais (comme l'ont pu l'être des lectures comme Pourquoi j'ai tué Pierre), qui attendent une réflexion de notre part sur des "fléaux de société". Des récits graves ou au contraire remplis d'espoir, servis par de magnifiques dessins : une BD incontournable pour tous amateurs de récits humains. Quelle qualité !!!
Note : 4.5/5
C'est toujours un plaisir de lire les aventures de Paul. Cette fois-ci, nous sommes dans l'enfance de Paul et, chronologiquement, c'est le tome qui se situe au commencement. J'avais un peu peur que le Paul jeune soit moins intéressant que le Paul adulte et même que l'histoire serait moins mature, mais je me suis heureusement trompé.
J'ai vraiment aimé voir Paul chez les scouts. On a droit à des passages savoureux. Son histoire d'amour avec une fille est un peu moins intéressante car je trouve qu'elle n'est pas très développée, mais cela doit être parce qu'ils sont encore jeunes pour comprendre ce qu'est l'amour. L'histoire se passe en 1970 et fait référence à l'ambiance politique de l'époque et je ne sais pas si cela dérangerait un lecteur qui ne connait pas la politique québécoise.
Le découpage est toujours aussi bien fait et j'ai bien aimé qu'il y ait une planche consacrée à chacun des chefs scouts qui montre un moment de leur vie. Dans chaque cas, leur nom est marqué sur le haut de la page et la planche est numérotée 'b'.
Paradoxalement, le récit contient des thèmes moins matures que dans 'Paul à Québec' ou 'Paul à la pêche' tout en ayant la scène la plus 'choquante' de toute la série jusqu'à présent. Une de ces scènes qui vous retourne les tripes et qui vous donne envie de relire l'album car cela change tout. Qu'une scène me bouleverse à ce point est rare et rien que pour cela je ne peux pas mettre moins que 5 étoiles.
Chapeau monsieur Rabagliati !
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RG
Une série que je guettais depuis longtemps, me jurant de l’acheter si l’occasion se présentait. Pensez : un récit policier réaliste qui nous entraine dans le quotidien des R.G. (comprenez Renseignements Généraux et non Tintin et Milou), c’est le genre de truc qui me plait, d’habitude. Cependant, je me méfiais quand même un peu de l’objet car le scénariste, Pierre Dragon, s’il sait de quoi il cause, n’est pas un pro de la bd. Le risque de me retrouver devant une histoire intéressante mais mal racontée était donc réel ! Et pourtant… Et pourtant, j’ai été scié par la qualité, justement, de cette narration ! En peu de mots bien choisis, en courtes séquences bien représentatives, en quelques traits d’humour viril (primaire, diront certains), l’auteur nous fait rentrer dans son quotidien. Et, dans mon cas, impossible d’en sortir avant la dernière page. Le propos est très bien soutenu par un dessin vif et pourtant travaillé, brut et pourtant élégant, simple et pourtant expressif. Le genre de dessin dont vous ne pouvez isoler une case en vous disant « que c’est beau » mais qui illustre à merveille le propos. Les histoires en elles-mêmes n’ont rien d’explosif. Il s’agit bel et bien du quotidien d’une équipe des Renseignements Généraux, un quotidien principalement occupé par d’interminables planques, par de discrètes filatures, par des coups de bluff qui font monter l’adrénaline chez leurs auteurs sans que rien ne transpire. Et c’est là que la narration devient essentielle, car la tension devient palpable, les frustrations aussi… et l’on comprend parfaitement ces moments de relâchement faits de blagues à deux balles, courts moments rapidement interrompus par la réalité du quotidien. Enfin, il y a ces personnages, souvent attachants par leur humanité, réalistes voire résignés quant à leur importance et l’efficacité de leurs actions. Excellent, pour les amateurs du genre. Vraiment, vraiment, très très bien. Je regrette même qu’il n’existe que deux tomes tant j’aurais aimé continuer à suivre ces personnages !
Le Photographe
Voici un pavé qu'il est bien difficile de lâcher une fois entamé ! Et pourtant je suis loin d'être une adepte de la BD reportage sur sujet d'actualité. Jusqu'à présent, malgré sa bonne réputation, je ne m'étais jamais laissée tenter par l'emprunt et encore moins l'achat, et c'est en lisant Les Ignorants que l'envie est venue. En effet, dans cette BD, Davodeau fait lire "Le photographe" à son ami Richard (qui pour une fois ne s'endort pas dessus comme pour ses autres découvertes BD, bien au contraire) puis lui présente d'une part Emmanuel Guibert - qui raconte comment la rencontre avec le photographe et toute l'aventure elle-même l'a marqué à jamais - puis les deux médecins reconvertis en producteurs de vin dans le vignoble bordelais. J'ai entamé ma lecture sans grande conviction malgré tout : ce mélange pas super esthétique de photos souvent trop petites et de dessins d'un style qui n'est pas pour m'enthousiasmer outre mesure n'était vraiment pas très attirant pour quelqu'un comme moi qui donne beaucoup d'importance à la beauté du dessin en bande dessinée (ce qui m'amène souvent à la déception côté scénario soi dit en passant…). Et puis tout doucement, au fil des pages et de la narration du photographe mes yeux sont restés accrochés, mes mains tournaient les pages les unes après les autres sans trouver d'occasions de faire des pauses : cette aventure de plusieurs mois d'un photographe au milieu d'une mission de Médecins Sans Frontières en Afghanistan est extraordinaire et passionnante ! Ces humanitaires font face à des difficultés monumentales et prennent des risques considérables pour aller soigner et porter secours dans des coins complètement reculés, risques qu'ils reprennent sans hésiter quelques mois plus tard tellement ils sont attachés aux populations locales qu'ils croisent et aident. Les Afghans – hommes, femmes, enfants, vieillards - qui pour moi jusqu'à présent n'étaient que des individus déshumanisés et interchangeable vus par l'œil rectangulaire de la télévision, prennent vie et montrent un visage "humain" (pas toujours très reluisant d'aileurs) et j'ai compris ce qui pouvait motiver ces hommes et femmes exceptionnels à faire ce métier pour le moins inconfortable, erreintant et risqué. Ma petite vie occidentale pépère me semble bien fade à côté… ce n'est pas pour autant que je me sens capable d'en faire autant ; moi aussi, comme Didier (le photographe), j'ai envie de leur dire mon admiration à chaque page ! Empruntez-le, achetez-le, offrez-le sans risque, c'est un témoignage exceptionnel ! Et comme le suggère Monsieur Davodeau dans ses "Ingnorants", je vais peut-être m'intéresser à La Guerre d'Alan d'ici peu.
La Nuit
Il arrive un moment ou des choses comme le bon sens, la droiture d'esprit, la bien séance, n'ont plus cours dans l'art. Ce genre de moment où on ne peut vraiment critiquer une œuvre car son audace est justifiée par la folie de son auteur, la folie de la perte, du malheur... Comment critiquer une œuvre pareil quand on sait qu'elle a servi d'exutoire à la douleur la plus intense que peut ressentir un homme dans son existence ? Comment critiquer ses dialogues primaires, incompréhensibles, et lourdingues ? Car ces adjectifs sont justement justifiés par une douleur sans fin, une espèce d'écriture automatique qui fait ressurgir les pulsions les plus malsaines de l'homme. Les tensions les plus grandes. Dire que l'on a aimé cette BD est un mensonge, dire qu'on l'a détesté l'est tout autant. Non, on ne peut pas juger cette BD sur une échelle de goût tel qu'on peut le faire avec les autres. Elle est dans son exubérance et son exagération, l'archétype même de la souffrance symbolisée dans sa plus belle expression. Je ris envoyant certaines personnes tentant de donner du sens à une œuvre pareil. Bien sûr qu'elle a du sens, mais pas ce genre de sens terre à terre que certains lui trouve. Ne posez pas cette BD après lecture en vous disant que vous n'avez rien compris (tel que moi-même j'ai fait à ma première lecture...), relisez-là, essayez d'en comprendre l'essence et de faire correspondre le sentiment qui sort de cette œuvre à un sentiment que vous avez déjà ressentis (sauf si vous vivez dans un monde de bisounours et que rien ne vous a jamais fait souffrir...). Redonnez une chance à cette BD et surtout ne la jugez pas. Ne la jugez pas, car cela reviendrait à juger la souffrance elle-même. Je considère cette BD comme culte pour toutes les raisons évoquées précédemment. A vous maintenant d'essayer de comprendre la signification de cette BD, d'échouez, et de vous émouvoir.
Peter Pan
La première fois que j’ai lu cette série, je l’ai trouvée intéressante, plus réaliste et moins édulcorée que la version de notre bon vieux Walt. Les personnages avaient plus de profondeur, plus de contradictions et surtout des sentiments plus plausibles : égoïsme, prétention, cruauté, indifférence, etc. Par ailleurs, il n’y avait pas les ‘bons’ d’un côté et les ‘mauvais’ de l’autre, c’était plus nuancé : le capitaine Crochet n’avait pas que des défauts tandis que le gentil Peter paraissait très égoïste plus d’une fois… A la suite d’une seconde lecture récente, des années plus tard, j’ai réalisé que je n’avais rien compris du message de Loisel et que j’étais resté à une lecture assez superficielle de l’œuvre. En refermant le sixième tome, une question me turlupinait : pourquoi diantre Loisel avait-il intégré Jack l’Éventreur dans l’histoire ? - Pour mettre une ambiance un peu glauque dans le récit ? Bizarre car il y avait déjà assez d’autres éléments trash dans l’histoire. - Pour intégrer un fait historique dans ce récit imaginaire ? Peu probable car le Londres des quartiers pauvres du récit de Loisel était déjà suffisamment réaliste sans avoir besoin d’en rajouter. Non, il devait y avoir une autre raison. Mais laquelle ? Et puis, j’ai eu un flash, une illumination : mais oui, bon sang, mais c’est bien sûr ! La raison est que [censuré]. Mais alors, tout se tient. Mais quel maître ce Loisel ! Comment peut-on écrire une histoire pareille qui suggère mais ne dévoile pas, qui évoque mais ne dit pas ? Le message est donc bien plus profond que celui d’une simple petite historiette… Je ne vous donnerai évidemment pas la réponse car c’est à vous de chercher – pour vous aider, je peux vous dire que diverses critiques de ce site l’ont plus qu’évoquée – Loisel lui-même a fait un commentaire plus qu’explicite sur le forum de ce site - mais combien d’autres sont passés complètement à côté (non, l’histoire de Jack n’est pas aussi secondaire qu'il n'y paraît). Disons, simplement, que le récit est parfaitement cohérent et n’aurait jamais pu s’arrêter au tome 5 comme d’aucuns l’écrivent car le sens du message de Loisel n’aurait pas eu la même clarté. Bien sûr, il n’y a pas de certitude dans le propos de l’auteur mais juste une piste, une hypothèse qui nous emmène bien au-delà du livre. Sans dévoiler ni l’intrigue ni le rôle exact des personnages principaux, on peut s’interroger sur la réelle beauté du Pays imaginaire et sur la si grande noirceur de Londres. Le monde du rêve, de l’imaginaire, de l’enfance est-il aussi pur et beau qu’on ne le souhaiterait ? Le retour du Pays imaginaire vers le réel est-il aussi facile que l’on croit ou devient-il de plus en plus difficile – voire impossible ? Au-delà du conte réécrit par Loisel, on se met à réfléchir à des thèmes universels tels que les relations entre parents et enfants, la recherche de paradis (artificiels ?) pour supporter la réalité, la cruauté du monde de l’enfance (si prompt à passer d’un extrême à l’autre – on ne peut s’empêcher de rapprocher le récit de Peter Pan de celui de William Golding – The Lord of the Flies), les désastres de la jalousie, l’absence de mémoire des individus et de l’humanité, … Bravo, monsieur Loisel, votre réécriture de l’œuvre de James Barrie (que je devrais lire car je ne la connais que par l’entremise de Disney) est vraiment du grand Art, de la vraie Littérature.
3 Secondes (3'')
Pour moi, "3 Secondes" est franchement bien, limite culte, tellement le concept est original et bien mené (surtout couplé à la version numérique disponible sur internet). J'ai scruté chaque image, j'ai adoré la descente vers le stade de foot ou la fuite dans l'espace. A la lecture de la BD je me suis demandée parfois si la trajectoire était bien réaliste, mais quand je suis passée à la version numérique, à quelques rares exceptions je me suis bien rendue compte à quel point la réalisation est précise et minutieuse. C'est un travail titanesque ! Il y a bien quelques passages un peu confus, mais dans l'ensemble ça se suit sans difficulté. La version disponible sur internet est très bien pensée aussi, elle ne se contente pas de nous offrir l'animé de la BD, on peut aussi jouer sur le sens et la vitesse de lecture. C'est un plus indéniable qui complète parfaitement la version papier. Une belle surprise, dont je vais avoir du mal à me séparer car je l'ai achetée pour l'offrir à Noël... MAM ne m'avait pas convaincue jusqu'à présent (en fait je n'ai lu que Le Dessin je crois...) mais du coup je vais sans doute m'intéresser un peu plus à la production de ce monsieur. A commander au Père Noël sans hésiter.
La Gloire d'Héra
Puisque tout le monde y va de sa préférence entre Tirésias et « La Gloire d’Héra », pour ma part j’ai légèrement préféré cette dernière, plus riche en évènements, plus humoristique et moins dramatique que la première, bien que la fin prenne le contre-pied à cette caractéristique, comme si l’humour étalé tout au long du diptyque, éclatait dans un éclair de violence et partait en fumée sur les dix dernières planches. Cela peut s'avérer surprenant, mais achève le récit comme il se doit, en bonne tragédie grecque, riche de fureur et coucheries. Par ailleurs, non seulement cette lecture est très divertissante mais en plus elle est instructive. J'aurais tout de même souhaité que les auteurs se lancent dans les Douze Travaux d’Héraclès, même si connaître le passé d’un héros est déjà pas mal. Tout ceci est soutenu par le dessin de Rossi, dont j’adore le style, il apporte par ses mimiques beaucoup d’humour aux personnages, ainsi qu’un fort attachement, notamment pour Agrios le centaure. Les couleurs sont très agréables et offre une belle dynamique à l’ensemble.
Georges et la Mort
Je connais mal la vie de Brassens mais cela ne m’a pas empêché d’apprécier toute la substance de cette bd. Je dirais même que c’est une manière originale de découvrir ce poète/chanteur et ce que fut sa vie d’alors. L’affection de la mort pour Brassens (qui conduit au "sursis" de ce dernier) est une trouvaille originale et bien exploitée. Alors, certes ce livre en dévoile peu sur la vie de cet ours mal léché mais il restitue par contre admirablement bien sa manière de penser et d’appréhender les choses. Bref, c’est l’état d’esprit de Brassens qui transpire de ces pages. Côté dessin, le trait simple est rehaussé par une mise en couleur dans des tons bruns/ocres pour donner à l’ensemble un parfum suranné des pages jaunies d’un vieux cahier. Gare au gorille et, surtout, attention à Blaise Guinin . . . un auteur qui fera encore parler de lui, à coup sûr !
Fais péter les basses, Bruno !
C'est une bd avec un rythme d'enfer, le scénario va tambour battant de bout en bout. Baru brasse les tourbillons de vies a priori distinctes et qui deviennent chorales à travers cette histoire pas originale mais très bien ciselée. Il livre au passage des points de vue politiques et sociaux par petites touches bien dosées. J'aime bien la manière dont les nombreux personnages passent alternativement au premier plan de l'histoire. Le graphisme est expressif et tranché, il sert à merveille cette course effrénée.
Paroles d'illettrisme
La preuve que la bande dessinée est une forme d'expression, une forme d'art, un médium des plus intéressants et complets, car il permet de toucher à tous types de sujets, des plus futiles et divertissants, aux plus engagés, touchant aux problèmes de société mais néanmoins d'une manière instructive et touchante. Les albums commandés par l'association BD Boum font partie de ces albums que j'ai le plus envie de lire. Le concept est simple, prendre un sujet sensible, et recueillir des témoignages pour les mettre en images par des auteurs reconnus (comme l'excellent album "Paroles sans papier" mais la démarche est proche aussi des En chemin elle rencontre...). Ici, c'est l'auteur (des plus connus), Luc Brunschwig qui a recueilli les témoignages sur l’illettrisme de 8 personnes avec leur histoire et leur expérience. Au vu des thèmes proposés par les autres albums, on peut se dire que celui de cet album est le moins "grave", mais à la lecture de ce magnifique album, on se rend compte comment une vie détruite peut mener à l’illettrisme (et vice-versa). Et si les problèmes de société, tout comme les romans graphiques, ne vous intéressent pas, cette BD pourra quand même vous plaire pour son magnifique graphisme. Brunschwig ne s'est entouré que de pointures, aux dessins souvent torturés (Benjamin Flao), modernes (Bandini), épurés (Brüno), contrastés (Laurent Astier), détaillés (Phicil), aux allures de crayonnés (Simon Hureau) ou avec un encrage plus gras (Ralph Meyer), mais toujours magnifiques (Eddy Vaccaro). Des témoignages "coups de poing", poignants et vrais (comme l'ont pu l'être des lectures comme Pourquoi j'ai tué Pierre), qui attendent une réflexion de notre part sur des "fléaux de société". Des récits graves ou au contraire remplis d'espoir, servis par de magnifiques dessins : une BD incontournable pour tous amateurs de récits humains. Quelle qualité !!! Note : 4.5/5
Paul au parc
C'est toujours un plaisir de lire les aventures de Paul. Cette fois-ci, nous sommes dans l'enfance de Paul et, chronologiquement, c'est le tome qui se situe au commencement. J'avais un peu peur que le Paul jeune soit moins intéressant que le Paul adulte et même que l'histoire serait moins mature, mais je me suis heureusement trompé. J'ai vraiment aimé voir Paul chez les scouts. On a droit à des passages savoureux. Son histoire d'amour avec une fille est un peu moins intéressante car je trouve qu'elle n'est pas très développée, mais cela doit être parce qu'ils sont encore jeunes pour comprendre ce qu'est l'amour. L'histoire se passe en 1970 et fait référence à l'ambiance politique de l'époque et je ne sais pas si cela dérangerait un lecteur qui ne connait pas la politique québécoise. Le découpage est toujours aussi bien fait et j'ai bien aimé qu'il y ait une planche consacrée à chacun des chefs scouts qui montre un moment de leur vie. Dans chaque cas, leur nom est marqué sur le haut de la page et la planche est numérotée 'b'. Paradoxalement, le récit contient des thèmes moins matures que dans 'Paul à Québec' ou 'Paul à la pêche' tout en ayant la scène la plus 'choquante' de toute la série jusqu'à présent. Une de ces scènes qui vous retourne les tripes et qui vous donne envie de relire l'album car cela change tout. Qu'une scène me bouleverse à ce point est rare et rien que pour cela je ne peux pas mettre moins que 5 étoiles. Chapeau monsieur Rabagliati !