J’adore la BD underground américaine, et le dessin et résumé de cet album m’avaient tout de suite attiré… et je ne suis pas déçu. A chaud je dirais presque qu’il s’agit d’un de mes « romans graphiques » préférés !
Les thèmes sont durs (la cruauté chez les enfants, les problèmes d’intégration à l’école, les soucis à la maison) mais ne verse (presque) jamais dans le larmoyant, et surtout l’auteur dédramatise son récit en y incorporant les rêveries du gamins, véritable mécanisme d’évasion et de défense contre ce monde cruel, produisant des passages oniriques remarquablement mis en scène et souvent remplis d’humour. La fin est très belle, très simple et remplie de poésie.
J’ai moins accroché aux passages textuels et autres fausses pubs, intercalés entre les chapitres en BD. Mais ce petit détail n’a pas du tout gâché ma lecture… une chouette découverte, et un coup de cœur !
Hub, le concepteur de cette série géniale a laissé entendre dans diverses interviews qu’il n’avait jamais été au Japon par phobie de prendre l’avion…
C’est cette anecdote qui fait toute la saveur de ce monde mi-médiéval mi-fantastique car dès la première page le dépaysement est totalement réussi.
La faute à des dessins clairs et chatoyants, un beau style simple permettant une immersion dans un univers riche complet et dont on accepte vite les règles.
La faute également à des scénarios simples en surface et un peu plus complexes en substance.
Okko est un véritable petit bijou appelé à devenir un classique au même titre que des séries comme Tintin ou la quète de l’oiseau du temps auquel il emprunte le souffle épique et enchanteur tout en demeurant unique.
Au premier abord ces histoires de chasseurs de démons menées par un guerrier déchu de tout honneur et antipathique restent d’un abord classique.
Okko pourtant ne se résume pas à cela tant son équipe formée d’un moine alcoolique, d’un géant invulnérable caché sous un masque démoniaque et d’un disciple candide s’attribuent tour à tour une importance conséquente dans les différents cycles.
Les personnages sont difficiles à cerner par un manque voulu d’informations à leur égard ce qui permet d’en développer par petites touches leur passé trouble et différentes origines au gré des albums.
Chaque cycle reprenant les éléments (eau, terre, ciel, feu et le néant) peut se lire presque de façon indépendante par dyptique.
Et même là où on pourrait y cerner certaines facilités comme la ballade parmi les monastères du cycle de la terre avec répétition d’événements banals, j’y retrouve davantage une aisance à poser les ambiances pour mieux les tordre et surprendre son lectorat sans le gratter dans le sens du poil.
Car Hub sait parfaitement où il va et même s’il est encore trop tôt pour poser un certain regard de recul sur les histoires déjà contées, nul doute que la conclusion en sera surprenante.
La force de ces histoires est d’amener un cliffhanger improbable et haletant à la fin de chaque premier tome de cycle pour le conclure par une mélancolie et une certaine forme de poésie n’excluant pas des scènes d’action proprement ébouriffantes par leur montage et mise en scène.
L’œuvre m’a curieusement renvoyé vers Apocalypse Now avec cette lente dérive vers l’inconnu dont on sait qu’on n’en sortira pas indemne.
Hub mixe beaucoup d’éléments issus du jeu de rôle et du cinéma asiatique sans pour autant les copier et c’est très fort. J’ai retrouvé ce qui me plaisait tant dans la défunte série Lotus de Jade en bien plus travaillé…
De même des références comme les films du Sabreur Manchot ou des Baby Cart me paraissent évidentes.
On y parle même des premiers Méchas japonais avec ces armures de guerre fabuleuses et presque plausibles.
Le fantastique est omniprésent mais agit par légères touches car tout n’est que mystères et chuchotement en ces temps troubles.
L’essentiel n’est pas forcément la façon dont chaque enquête ou aventure sera résolue mais plutôt les impacts qu’elle laissera aux principaux protagonistes pour leur honneur et leur vécu.
Il s’agit d’un monde bien sombre mais aux atours bien sensuels comme des décors et des costumes magnifiques ainsi que pas mal de touches humoristiques bienvenues avec les deux moines dont le plus jeune raconte son histoire à la façon du « Nom de la Rose ».
Il y a suffisamment de choses agréables pour lire et relire Okko et je me surprends à en attendre vivement le huitième tome vu comme l’histoire prend un tournant encore inédit avec certains rebondissements et ne peux qu’en conseiller la lecture tout en pestant moi-même pour l’avoir découverte si tardivement.
Epique et magnifique, Okko est bien la preuve que l’on peut manier l’aventure et le dépaysement tout en touchant à la sensibilité de chacun. Merci à Hub pour cette œuvre unique et intemporelle qui touche du doigt la magie des Histoires de Fantômes Chinois avec finesse et talent.
Cet album regroupe des gags parus sur l'excellent blog de Martin Videberg dans lequel il caricature quotidiennement l'actualité politique (mais pas que), en mettant en scène ces célèbres personnages en forme de patates.
Son dessin aux allures simplistes, est en fait terriblement efficace. Les personnalités sont parfaitement identifiables, le trait est fun et naïf. Il colle à merveille à l'humour de l'auteur. Le ton est uniforme, mais les gags sont variés. Ils sont faciles d'accès, même si on ne suit pas la politique de près, on en saisit facilement le sens et la chute.
Souvent les transpositions blogs vers format papier ne réussissent pas à garder la même fraîcheur, des répétitions se font sentir et l'album papier peut être indigeste. Ce n'est absolument pas le cas ici. Le découpage en petits chapitres permet de regrouper des gags d'un même thème sur quelques pages et d’enchaîner ensuite sur un autre sujet.
D'ailleurs avec un titre comme "quinquennat nerveux" on pourrait penser que l'on aura droit exclusivement a des gags politiques. Heureusement ce n'est pas le cas, et on a également droit aux meilleures vannes sur l'équipe de France de foot, les geeks et Apple, Fukushima... bref tout ce qui à fait l'actu des dernières années.
Un album plein de bonne humeur que je recommande chaudement.
J'ai rarement eu autant le sentiment d'une note injuste qu'en lisant l'avis de ThePatrick sur ce manga. Certes le début du premier tome est un peu déroutant, mais la suite est extraordinairement forte et bouleversante.
Cette série réussit l'exploit de parler de handicap avec un réalisme parfois quasi documentaire, sans pathos, ni bons sentiments dégoulinants, ni militantisme. Il y est avant tout question d'humains à la personnalité très travaillée, soumis à rudes épreuves, et qui s'en tirent (ou non) par la force de leur caractère.
En fait je me retrouve en tous points dans la critique de Ro. Inoue nous prouve encore une fois qu'il n'est pas seulement un (très) grand dessinateur, mais surtout un grand auteur. Le sujet est anti-glamour au possible, et pourtant il le rend absolument passionnant, et émouvant.
Un gros coup de coeur, pour une oeuvre qui en plus se bonnifie avec le temps.
Tiens, c'est curieux! Je suis l'un des rares à trouver cette BD franchement bien... Le voyageur, c'est l'histoire d'un homme doté d’un gène quantique, qui traverse les époques et se frotte aux paradoxes inhérents aux voyages temporels. Un seul lieu : Paris du passé, du présent et du futur. Cette unité de lieu a pour souci de renforcer la cohérence de la série.
Les couvertures toutes signée par Guarnido sont plutôt réussies. Les dessins semi-réalistes de Stalner sont toujours aussi magnifiques! Le scénario de Boisserie m'a littéralement captivé. Mention spéciale également pour une colorisation judicieuse tout à fait à mon goût. Je sais qu'il s'agit là d'un projet plutôt ambitieux de décliner la série en trois cycles: futur, présent et passé. Cette série sera constituée de 3 cycles de 4 tomes et un dernier album dessiné par Juanjo Guarnido en guise d’épilogue. Tout un programme! Je trouve qu'au-delà de l'aspect "commande purement commerciale", c'est plutôt bien de contenter son public de lecteur en ne les faisant pas attendre des années pour une hypothétique suite.
Les voyages temporels m'ont toujours captivé. J'ai lu peu de BD traitant de ce thème assez sérieusement. Aussi, je trouve ce récit franchement original. On est troublé par le jeu des personnages qui se déchirent. Le mystère s’épaissit également sur l’identité du voyageur car ce n’est pas aussi simple que les premiers éléments ne le laissaient transparaître. Cette histoire est véritablement passionnante.
1er cycle: Futur
Je suis juste un peu perplexe sur le fait que le 3ème tome du cycle "futur" nous plonge dans le passé de l’Antiquité un court instant. Peut-être les auteurs ont-ils voulu signifier que ce dont il est question : ce n’est pas simplement les déplacements dans l’espace mais surtout dans le temps. En tout cas, ce premier cycle est réellement prenant après un fastidieux apprentissage de la téléportation. Le 4ème tome qui clôture le premier cycle sur le futur tient toutes ses promesses. On est véritablement époustouflé par le dénouement du scénario et les nombreux rebondissements.
2ème cycle: Présent
Le second cycle qui se passe dans le Paris du présent arrive à nous captiver autant que le monde du futur. La barre a été placé assez haute avec un changement de taille puisqu'il s'agit de suivre une intrigue policière plutôt convaincante. On éprouve même du plaisir à reconstituer certains morceaux du puzzle. Il y a une logique et une cohérence du scénario jusque dans les moindres détails et cela ne peut que me plaire. Le changement de dessinateur ne se fait pas du tout ressentir. Par ailleurs, Stalner fait un clin d'oeil assez audacieux à sa série La Croix de Cazenac (Présent - 3ème tome). Pour l'instant, c'est du tout bon !
3ème cycle: Passé
Il y a comme quelquechose qui va casser l'unité scénaristique voir narrative avec tout ces sauts temporels. On a l'impression que chacun de ces albums est totalement indépendant à la manière d'un one-shot puisqu'on explore à chaque fois une époque différente. J'ai bien aimé Passé 2 qui nous entraîne dans le Paris de l'Occupation allemande. On se rend compte également que l'un des deux jumeaux évolue dans un sens où on ne l'attendait plus. Cela redynamise l'histoire. Bref, on n'est point gagner par la lassitude ce qui constitue un exploit pour une série plutôt longue. On attend néanmoins avec impatience le fameux tome 13 (Omega) qui nous livrera, on l'espère, tous les secrets de cette magnifique saga sur le voyage spacio-temporel.
Dernier tome: Oméga
Nous avons enfin une conclusion avec un retour vers le futur pour Vedder. On arrive à comprendre pourquoi il fallait absolument 3 cycles même si celui du passé apparaissait un peu superflu. L'intrigue se rejoint assez efficacement. Curieusement, on regrettera un peu le dessin de Guarnido qui est moins grandiose qu'à l'accoutumé et dont le style tranche avec les dessinateurs qui se sont succédés sur la série. Au niveau du dénouement, j'avais espéré un peu mieux même si je dois reconnaître que cette conclusion est bien construite. En effet, les auteurs nous font partager un devenir de l'humanité bien sombre mais qui se semble se dessiner sous nos pieds avec des Etats endettés et rachetés par de grosses multinationales qui vont faire la pluie et surtout le mauvais temps.
En conclusion, une saga temporelle à découvrir car elle remplie honnêtement sa part de marché !
Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5
Coup de cœur !!! C'est sans conteste une des plus belles bandes dessinées qu'il m'ait été donné de lire. Chaque planche, chaque case, est une œuvre d'art. Le choix des couleurs est formidable. Parler de chef-d’œuvre pour une histoire qui parle d'Art c'est bien le mieux que l'on puisse faire.
Rendre visuel l'incontournable récit d'Oscar Wilde était évidemment un pari auquel déjà d'autres se sont essayés, au moins par le cinéma. Mais cette version de Corominas dépasse toutes les attentes. Chaque dessin est un enchantement. On connait tous l'histoire de Dorian Gray qui vendit son âme pour obtenir la jeunesse éternelle. Et celle de ce tableau, son portrait qui absorbe toute la noirceur de son être, pour vieillir et s'enlaidir à la place du jeune homme. Oscar Wilde a transposé dans son œuvre une vraie réflexion sur la Beauté, sur l'Art et sur la Critique. Sur la liberté, aussi, la culpabilité et la perdition. Il est normal que le roman original ait traversé les décennies. Intemporel comme l'aurait été le beau visage de Dorian Gray, s'il avait vécu.
Corominas nous offre un très beau cadeau artistique, jusque dans la représentation de l'époque victorienne.
Et les éditions Daniel Maghen en ont tiré le meilleur avec un ouvrage de très bonne qualité agrémenté d'un supplément de planches et de doubles pages somptueuses.
Sympathique album loin des préoccupations commerciales de l’industrie des goûts et couleurs. A moins d’y voir au contraire la recherche d’une niche, favorable aux productions « différentes » avec une garantie de rendement.
Sommes-nous si loin du propos ? Je ne crois pas, car cette histoire d’amour entre la mort et Georges Brassens s’apparente à un conflit entre la raison et l’idéalisme. L’album me fait penser à cette chanson de Ferrat :
« Toi dont tous les marchands honnêtes
N'auraient pas de tes chansonnettes
Donné deux sous
Voilà qu'pour leur déconfiture
Elles resteront dans la nature
Bien après nous »
A ce curieux déséquilibre qui fait basculer un laborieux idéaliste en difficulté à un monstre sacré.
La mort séduite va nous raconter les mésaventures de Georges au lieu de le tuer. Nous vivrons quelques chansons transposés dans la vie de notre héros, avec malice nous nous amuserons à savoir combien de chansons sont ainsi reprises en clins d’œil. Tout cela se fait sous l’œil désapprobateur du destin : le chat, qui rappelle à qui veut bien l’entendre que l’on ne doit pas briser les rouages de son bon vouloir.
L’histoire d’amour évolue, tout n’est pas permis et la mort va sévir, cela nous vaudra de nouveaux passages poétiques jusqu’à cette fin diablement drôle qui m’a rappelé Ferrat.
Le graphisme nourrit le propos avec pertinence. La simplicité bonhomme met en relief les personnages tournés en caricature avec humour. Léger, mais de qualité cela me rappelle un peu les accords de Brassens. A ses débuts, tout est basique, mais au gré de son parcours, on s’aperçoit d’une richesse harmonique insoupçonnée que bien des guitaristes finissent par simplifier ! Ici le dessin parait basique mais la qualité narrative révèle un bel exercice de style pas si évident qu’il n’y parait.
Au final, voici un joli moment pour ceux ayant une accointance avec Georges, pour les autres je ne vois pas trop ce qu’ils pourraient trouver. L’inconvénient d’une niche commerciale… A toutes fins utiles lorsque Brassens parle de niche ça sonne nettement mieux…
« Juste au bord de la mer, à deux pas des flots bleus
creusez si c'est possible un petit trou moelleux
une bonne petite niche
Auprès de mes amis d'enfance les dauphins
le long de cette grève ou le sable est si fin »
Librement adapté de la légende des Nibelungen qui a inspiré à Wagner l'un de ses plus beaux opéras, Siegfried renoue avec les mythes fondateurs des plus belles légendes qu’on a un peu oublié ces temps-ci avec la réussite incontestable du Seigneur des Anneaux.
Ce premier tome d'une extraordinaire trilogie signé Alex Alice, nous raconte la jeunesse de Siegfried, fils des hommes et des dieux, élevé parmi les loups par Mime, le Nibelung. Cette quête initiatique va nous entraîner au cœur de la légende des Walkyries. Il faut savoir que Siegfried vît dans l’ignorance des Dieux et ne se doute absolument pas de la destinée grandiose qui l’attend. Il est vrai que ce premier volet est le moins épique mais il n’en demeure pas moins très intéressant.
Je suis complètement époustouflé par cette œuvre ! Des décors somptueux, des cadrages intelligents, des contrastes de couleurs magistraux ! Et surtout une virtuosité du récit narratif !
L'auteur sait nous combler avec un incroyable esthétisme propre à lui. C'est mieux qu'un atout majeur: on frise le chef d'œuvre !
Je crois qu'on tient là l'une des meilleurs bd d'héroic fantasy jamais réalisé. J'ai vraiment hâte de découvrir la suite ! Cette adaptation sera complétée par la Walkyrie et le Crépuscule des Dieux afin de former une véritable trilogie à l’aura mythique.
Et cette suite est réellement à la hauteur de nos espérances. Je ne m'étais pas trompé! C'est une fresque aux accents d'opéra et de poésie. La composition est réellement magistrale de la part de l'auteur qui a une extraordinaire maîtrise. Quand on referme la dernière page, on a une sensation bien particulière: celle d'avoir lu quelquechose de grandiose.
Note Dessin: 4.75/5 - Note Scénario: 4.25/5 - Note Globale: 4.5/5
Voici une œuvre de jeunesse de Lorenzo Mattotti. Initialement publiée en Italie en 1978, Gallimard propose enfin une édition traduite en français.
Bien loin de ses oeuvres "pastellisées", Mattotti présente un trait épais, rond et délié, voire charbonneux par moment. La colorisation (faite spécialement pour cette édition par Céline Puthier) met bien en valeur ce trait plus caricatural et déformé. Quant au récit, il reprend dans les grandes lignes le roman de Mark Twain. Des coupes inévitables ont dû être faites mais cela ne s’en ressent pas à la lecture. L’ensemble reste cohérent et proche de l’atmosphère du récit originel. Le récit commence par la rencontre de Huck avec Jim sur une île au milieu du Mississipi. Chacun essaye de se faire oublier : Huck pour fuir l’autorité d’un père marginal, violent et qui en veut à son argent ; Jim parce qu’il a eu vent que Miss Watson allait le vendre pour travailler dans les plantations du sud. C’est le point de départ de leur échappée en radeau descendant le grand fleuve. Echappée qui sera bien sûr mouvementée avec des rencontres hautes en couleurs et pas toujours heureuses.
Un bel album au format à l’italienne qui permet de revisiter ce livre de Mark Twain et de découvrir un Mattotti jeune mais pas dénué de talent.
Une oeuvre majeure du genre. Avec dessins de très bonne facture, assez réalistes et de belles couleurs.
Mais toute la force de cette série réside dans son scénario haletant, prenant, très bien ficelé, à la fois complexe et limpide qui traite pèle mêle, de voyage dans le temps, de la folie des hommes et de leurs côtés les plus sombres, de la destinée, de fatalité, d'amour, d'ultra libéralisme, de libre arbitre....
Bref, une série incontournable, impressionnante de maîtrise, que tout bdphile qui se respecte doit posséder absolument.
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Les Gratte-Ciel du Midwest
J’adore la BD underground américaine, et le dessin et résumé de cet album m’avaient tout de suite attiré… et je ne suis pas déçu. A chaud je dirais presque qu’il s’agit d’un de mes « romans graphiques » préférés ! Les thèmes sont durs (la cruauté chez les enfants, les problèmes d’intégration à l’école, les soucis à la maison) mais ne verse (presque) jamais dans le larmoyant, et surtout l’auteur dédramatise son récit en y incorporant les rêveries du gamins, véritable mécanisme d’évasion et de défense contre ce monde cruel, produisant des passages oniriques remarquablement mis en scène et souvent remplis d’humour. La fin est très belle, très simple et remplie de poésie. J’ai moins accroché aux passages textuels et autres fausses pubs, intercalés entre les chapitres en BD. Mais ce petit détail n’a pas du tout gâché ma lecture… une chouette découverte, et un coup de cœur !
Okko
Hub, le concepteur de cette série géniale a laissé entendre dans diverses interviews qu’il n’avait jamais été au Japon par phobie de prendre l’avion… C’est cette anecdote qui fait toute la saveur de ce monde mi-médiéval mi-fantastique car dès la première page le dépaysement est totalement réussi. La faute à des dessins clairs et chatoyants, un beau style simple permettant une immersion dans un univers riche complet et dont on accepte vite les règles. La faute également à des scénarios simples en surface et un peu plus complexes en substance. Okko est un véritable petit bijou appelé à devenir un classique au même titre que des séries comme Tintin ou la quète de l’oiseau du temps auquel il emprunte le souffle épique et enchanteur tout en demeurant unique. Au premier abord ces histoires de chasseurs de démons menées par un guerrier déchu de tout honneur et antipathique restent d’un abord classique. Okko pourtant ne se résume pas à cela tant son équipe formée d’un moine alcoolique, d’un géant invulnérable caché sous un masque démoniaque et d’un disciple candide s’attribuent tour à tour une importance conséquente dans les différents cycles. Les personnages sont difficiles à cerner par un manque voulu d’informations à leur égard ce qui permet d’en développer par petites touches leur passé trouble et différentes origines au gré des albums. Chaque cycle reprenant les éléments (eau, terre, ciel, feu et le néant) peut se lire presque de façon indépendante par dyptique. Et même là où on pourrait y cerner certaines facilités comme la ballade parmi les monastères du cycle de la terre avec répétition d’événements banals, j’y retrouve davantage une aisance à poser les ambiances pour mieux les tordre et surprendre son lectorat sans le gratter dans le sens du poil. Car Hub sait parfaitement où il va et même s’il est encore trop tôt pour poser un certain regard de recul sur les histoires déjà contées, nul doute que la conclusion en sera surprenante. La force de ces histoires est d’amener un cliffhanger improbable et haletant à la fin de chaque premier tome de cycle pour le conclure par une mélancolie et une certaine forme de poésie n’excluant pas des scènes d’action proprement ébouriffantes par leur montage et mise en scène. L’œuvre m’a curieusement renvoyé vers Apocalypse Now avec cette lente dérive vers l’inconnu dont on sait qu’on n’en sortira pas indemne. Hub mixe beaucoup d’éléments issus du jeu de rôle et du cinéma asiatique sans pour autant les copier et c’est très fort. J’ai retrouvé ce qui me plaisait tant dans la défunte série Lotus de Jade en bien plus travaillé… De même des références comme les films du Sabreur Manchot ou des Baby Cart me paraissent évidentes. On y parle même des premiers Méchas japonais avec ces armures de guerre fabuleuses et presque plausibles. Le fantastique est omniprésent mais agit par légères touches car tout n’est que mystères et chuchotement en ces temps troubles. L’essentiel n’est pas forcément la façon dont chaque enquête ou aventure sera résolue mais plutôt les impacts qu’elle laissera aux principaux protagonistes pour leur honneur et leur vécu. Il s’agit d’un monde bien sombre mais aux atours bien sensuels comme des décors et des costumes magnifiques ainsi que pas mal de touches humoristiques bienvenues avec les deux moines dont le plus jeune raconte son histoire à la façon du « Nom de la Rose ». Il y a suffisamment de choses agréables pour lire et relire Okko et je me surprends à en attendre vivement le huitième tome vu comme l’histoire prend un tournant encore inédit avec certains rebondissements et ne peux qu’en conseiller la lecture tout en pestant moi-même pour l’avoir découverte si tardivement. Epique et magnifique, Okko est bien la preuve que l’on peut manier l’aventure et le dépaysement tout en touchant à la sensibilité de chacun. Merci à Hub pour cette œuvre unique et intemporelle qui touche du doigt la magie des Histoires de Fantômes Chinois avec finesse et talent.
L'Actu en patates
Cet album regroupe des gags parus sur l'excellent blog de Martin Videberg dans lequel il caricature quotidiennement l'actualité politique (mais pas que), en mettant en scène ces célèbres personnages en forme de patates. Son dessin aux allures simplistes, est en fait terriblement efficace. Les personnalités sont parfaitement identifiables, le trait est fun et naïf. Il colle à merveille à l'humour de l'auteur. Le ton est uniforme, mais les gags sont variés. Ils sont faciles d'accès, même si on ne suit pas la politique de près, on en saisit facilement le sens et la chute. Souvent les transpositions blogs vers format papier ne réussissent pas à garder la même fraîcheur, des répétitions se font sentir et l'album papier peut être indigeste. Ce n'est absolument pas le cas ici. Le découpage en petits chapitres permet de regrouper des gags d'un même thème sur quelques pages et d’enchaîner ensuite sur un autre sujet. D'ailleurs avec un titre comme "quinquennat nerveux" on pourrait penser que l'on aura droit exclusivement a des gags politiques. Heureusement ce n'est pas le cas, et on a également droit aux meilleures vannes sur l'équipe de France de foot, les geeks et Apple, Fukushima... bref tout ce qui à fait l'actu des dernières années. Un album plein de bonne humeur que je recommande chaudement.
Real
J'ai rarement eu autant le sentiment d'une note injuste qu'en lisant l'avis de ThePatrick sur ce manga. Certes le début du premier tome est un peu déroutant, mais la suite est extraordinairement forte et bouleversante. Cette série réussit l'exploit de parler de handicap avec un réalisme parfois quasi documentaire, sans pathos, ni bons sentiments dégoulinants, ni militantisme. Il y est avant tout question d'humains à la personnalité très travaillée, soumis à rudes épreuves, et qui s'en tirent (ou non) par la force de leur caractère. En fait je me retrouve en tous points dans la critique de Ro. Inoue nous prouve encore une fois qu'il n'est pas seulement un (très) grand dessinateur, mais surtout un grand auteur. Le sujet est anti-glamour au possible, et pourtant il le rend absolument passionnant, et émouvant. Un gros coup de coeur, pour une oeuvre qui en plus se bonnifie avec le temps.
Voyageur
Tiens, c'est curieux! Je suis l'un des rares à trouver cette BD franchement bien... Le voyageur, c'est l'histoire d'un homme doté d’un gène quantique, qui traverse les époques et se frotte aux paradoxes inhérents aux voyages temporels. Un seul lieu : Paris du passé, du présent et du futur. Cette unité de lieu a pour souci de renforcer la cohérence de la série. Les couvertures toutes signée par Guarnido sont plutôt réussies. Les dessins semi-réalistes de Stalner sont toujours aussi magnifiques! Le scénario de Boisserie m'a littéralement captivé. Mention spéciale également pour une colorisation judicieuse tout à fait à mon goût. Je sais qu'il s'agit là d'un projet plutôt ambitieux de décliner la série en trois cycles: futur, présent et passé. Cette série sera constituée de 3 cycles de 4 tomes et un dernier album dessiné par Juanjo Guarnido en guise d’épilogue. Tout un programme! Je trouve qu'au-delà de l'aspect "commande purement commerciale", c'est plutôt bien de contenter son public de lecteur en ne les faisant pas attendre des années pour une hypothétique suite. Les voyages temporels m'ont toujours captivé. J'ai lu peu de BD traitant de ce thème assez sérieusement. Aussi, je trouve ce récit franchement original. On est troublé par le jeu des personnages qui se déchirent. Le mystère s’épaissit également sur l’identité du voyageur car ce n’est pas aussi simple que les premiers éléments ne le laissaient transparaître. Cette histoire est véritablement passionnante. 1er cycle: Futur Je suis juste un peu perplexe sur le fait que le 3ème tome du cycle "futur" nous plonge dans le passé de l’Antiquité un court instant. Peut-être les auteurs ont-ils voulu signifier que ce dont il est question : ce n’est pas simplement les déplacements dans l’espace mais surtout dans le temps. En tout cas, ce premier cycle est réellement prenant après un fastidieux apprentissage de la téléportation. Le 4ème tome qui clôture le premier cycle sur le futur tient toutes ses promesses. On est véritablement époustouflé par le dénouement du scénario et les nombreux rebondissements. 2ème cycle: Présent Le second cycle qui se passe dans le Paris du présent arrive à nous captiver autant que le monde du futur. La barre a été placé assez haute avec un changement de taille puisqu'il s'agit de suivre une intrigue policière plutôt convaincante. On éprouve même du plaisir à reconstituer certains morceaux du puzzle. Il y a une logique et une cohérence du scénario jusque dans les moindres détails et cela ne peut que me plaire. Le changement de dessinateur ne se fait pas du tout ressentir. Par ailleurs, Stalner fait un clin d'oeil assez audacieux à sa série La Croix de Cazenac (Présent - 3ème tome). Pour l'instant, c'est du tout bon ! 3ème cycle: Passé Il y a comme quelquechose qui va casser l'unité scénaristique voir narrative avec tout ces sauts temporels. On a l'impression que chacun de ces albums est totalement indépendant à la manière d'un one-shot puisqu'on explore à chaque fois une époque différente. J'ai bien aimé Passé 2 qui nous entraîne dans le Paris de l'Occupation allemande. On se rend compte également que l'un des deux jumeaux évolue dans un sens où on ne l'attendait plus. Cela redynamise l'histoire. Bref, on n'est point gagner par la lassitude ce qui constitue un exploit pour une série plutôt longue. On attend néanmoins avec impatience le fameux tome 13 (Omega) qui nous livrera, on l'espère, tous les secrets de cette magnifique saga sur le voyage spacio-temporel. Dernier tome: Oméga Nous avons enfin une conclusion avec un retour vers le futur pour Vedder. On arrive à comprendre pourquoi il fallait absolument 3 cycles même si celui du passé apparaissait un peu superflu. L'intrigue se rejoint assez efficacement. Curieusement, on regrettera un peu le dessin de Guarnido qui est moins grandiose qu'à l'accoutumé et dont le style tranche avec les dessinateurs qui se sont succédés sur la série. Au niveau du dénouement, j'avais espéré un peu mieux même si je dois reconnaître que cette conclusion est bien construite. En effet, les auteurs nous font partager un devenir de l'humanité bien sombre mais qui se semble se dessiner sous nos pieds avec des Etats endettés et rachetés par de grosses multinationales qui vont faire la pluie et surtout le mauvais temps. En conclusion, une saga temporelle à découvrir car elle remplie honnêtement sa part de marché ! Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 4/5 - Note Globale: 4/5
Dorian Gray
Coup de cœur !!! C'est sans conteste une des plus belles bandes dessinées qu'il m'ait été donné de lire. Chaque planche, chaque case, est une œuvre d'art. Le choix des couleurs est formidable. Parler de chef-d’œuvre pour une histoire qui parle d'Art c'est bien le mieux que l'on puisse faire. Rendre visuel l'incontournable récit d'Oscar Wilde était évidemment un pari auquel déjà d'autres se sont essayés, au moins par le cinéma. Mais cette version de Corominas dépasse toutes les attentes. Chaque dessin est un enchantement. On connait tous l'histoire de Dorian Gray qui vendit son âme pour obtenir la jeunesse éternelle. Et celle de ce tableau, son portrait qui absorbe toute la noirceur de son être, pour vieillir et s'enlaidir à la place du jeune homme. Oscar Wilde a transposé dans son œuvre une vraie réflexion sur la Beauté, sur l'Art et sur la Critique. Sur la liberté, aussi, la culpabilité et la perdition. Il est normal que le roman original ait traversé les décennies. Intemporel comme l'aurait été le beau visage de Dorian Gray, s'il avait vécu. Corominas nous offre un très beau cadeau artistique, jusque dans la représentation de l'époque victorienne. Et les éditions Daniel Maghen en ont tiré le meilleur avec un ouvrage de très bonne qualité agrémenté d'un supplément de planches et de doubles pages somptueuses.
Georges et la Mort
Sympathique album loin des préoccupations commerciales de l’industrie des goûts et couleurs. A moins d’y voir au contraire la recherche d’une niche, favorable aux productions « différentes » avec une garantie de rendement. Sommes-nous si loin du propos ? Je ne crois pas, car cette histoire d’amour entre la mort et Georges Brassens s’apparente à un conflit entre la raison et l’idéalisme. L’album me fait penser à cette chanson de Ferrat : « Toi dont tous les marchands honnêtes N'auraient pas de tes chansonnettes Donné deux sous Voilà qu'pour leur déconfiture Elles resteront dans la nature Bien après nous » A ce curieux déséquilibre qui fait basculer un laborieux idéaliste en difficulté à un monstre sacré. La mort séduite va nous raconter les mésaventures de Georges au lieu de le tuer. Nous vivrons quelques chansons transposés dans la vie de notre héros, avec malice nous nous amuserons à savoir combien de chansons sont ainsi reprises en clins d’œil. Tout cela se fait sous l’œil désapprobateur du destin : le chat, qui rappelle à qui veut bien l’entendre que l’on ne doit pas briser les rouages de son bon vouloir. L’histoire d’amour évolue, tout n’est pas permis et la mort va sévir, cela nous vaudra de nouveaux passages poétiques jusqu’à cette fin diablement drôle qui m’a rappelé Ferrat. Le graphisme nourrit le propos avec pertinence. La simplicité bonhomme met en relief les personnages tournés en caricature avec humour. Léger, mais de qualité cela me rappelle un peu les accords de Brassens. A ses débuts, tout est basique, mais au gré de son parcours, on s’aperçoit d’une richesse harmonique insoupçonnée que bien des guitaristes finissent par simplifier ! Ici le dessin parait basique mais la qualité narrative révèle un bel exercice de style pas si évident qu’il n’y parait. Au final, voici un joli moment pour ceux ayant une accointance avec Georges, pour les autres je ne vois pas trop ce qu’ils pourraient trouver. L’inconvénient d’une niche commerciale… A toutes fins utiles lorsque Brassens parle de niche ça sonne nettement mieux… « Juste au bord de la mer, à deux pas des flots bleus creusez si c'est possible un petit trou moelleux une bonne petite niche Auprès de mes amis d'enfance les dauphins le long de cette grève ou le sable est si fin »
Siegfried
Librement adapté de la légende des Nibelungen qui a inspiré à Wagner l'un de ses plus beaux opéras, Siegfried renoue avec les mythes fondateurs des plus belles légendes qu’on a un peu oublié ces temps-ci avec la réussite incontestable du Seigneur des Anneaux. Ce premier tome d'une extraordinaire trilogie signé Alex Alice, nous raconte la jeunesse de Siegfried, fils des hommes et des dieux, élevé parmi les loups par Mime, le Nibelung. Cette quête initiatique va nous entraîner au cœur de la légende des Walkyries. Il faut savoir que Siegfried vît dans l’ignorance des Dieux et ne se doute absolument pas de la destinée grandiose qui l’attend. Il est vrai que ce premier volet est le moins épique mais il n’en demeure pas moins très intéressant. Je suis complètement époustouflé par cette œuvre ! Des décors somptueux, des cadrages intelligents, des contrastes de couleurs magistraux ! Et surtout une virtuosité du récit narratif ! L'auteur sait nous combler avec un incroyable esthétisme propre à lui. C'est mieux qu'un atout majeur: on frise le chef d'œuvre ! Je crois qu'on tient là l'une des meilleurs bd d'héroic fantasy jamais réalisé. J'ai vraiment hâte de découvrir la suite ! Cette adaptation sera complétée par la Walkyrie et le Crépuscule des Dieux afin de former une véritable trilogie à l’aura mythique. Et cette suite est réellement à la hauteur de nos espérances. Je ne m'étais pas trompé! C'est une fresque aux accents d'opéra et de poésie. La composition est réellement magistrale de la part de l'auteur qui a une extraordinaire maîtrise. Quand on referme la dernière page, on a une sensation bien particulière: celle d'avoir lu quelquechose de grandiose. Note Dessin: 4.75/5 - Note Scénario: 4.25/5 - Note Globale: 4.5/5
Les Aventures de Huckleberry Finn
Voici une œuvre de jeunesse de Lorenzo Mattotti. Initialement publiée en Italie en 1978, Gallimard propose enfin une édition traduite en français. Bien loin de ses oeuvres "pastellisées", Mattotti présente un trait épais, rond et délié, voire charbonneux par moment. La colorisation (faite spécialement pour cette édition par Céline Puthier) met bien en valeur ce trait plus caricatural et déformé. Quant au récit, il reprend dans les grandes lignes le roman de Mark Twain. Des coupes inévitables ont dû être faites mais cela ne s’en ressent pas à la lecture. L’ensemble reste cohérent et proche de l’atmosphère du récit originel. Le récit commence par la rencontre de Huck avec Jim sur une île au milieu du Mississipi. Chacun essaye de se faire oublier : Huck pour fuir l’autorité d’un père marginal, violent et qui en veut à son argent ; Jim parce qu’il a eu vent que Miss Watson allait le vendre pour travailler dans les plantations du sud. C’est le point de départ de leur échappée en radeau descendant le grand fleuve. Echappée qui sera bien sûr mouvementée avec des rencontres hautes en couleurs et pas toujours heureuses. Un bel album au format à l’italienne qui permet de revisiter ce livre de Mark Twain et de découvrir un Mattotti jeune mais pas dénué de talent.
Universal War One
Une oeuvre majeure du genre. Avec dessins de très bonne facture, assez réalistes et de belles couleurs. Mais toute la force de cette série réside dans son scénario haletant, prenant, très bien ficelé, à la fois complexe et limpide qui traite pèle mêle, de voyage dans le temps, de la folie des hommes et de leurs côtés les plus sombres, de la destinée, de fatalité, d'amour, d'ultra libéralisme, de libre arbitre.... Bref, une série incontournable, impressionnante de maîtrise, que tout bdphile qui se respecte doit posséder absolument.