J'avoue directement, ...oui je suis fan de Georges Brassens. Alors peut-être qu'un non fan mettrait 4/5, mais moi je mets 5/5 car cette BD m'a vraiment touché. Tout ressemble à un travail qu'aurait pu faire Brassens. C'est quand même quelque chose ça !
Déjà dans le dessin, simple, léger, efficace. Je pourrais comparer cela aux mélodies de Brassens qui ont les mêmes qualités ! C'est beau et ça colle parfaitement à l'histoire. J'aime beaucoup. Et donc là dessus il n'y rien à redire.
Ensuite le scénario, il est lui aussi à l'image de Georges Brassens. Il est poétique dans un sens et encore une fois léger. C'est une histoire à laquelle je veux croire ! A cela on peut ajouter les diverses allusions aux chansons de Brassens (Hécatombe, La Cane de Jeanne, La Mauvaise Réputation, Supplique pour être enterré sur une plage de Sète, etc etc) qui font à chaque fois sourire.
C'est donc une magnifique histoire que j'aime lire et relire ! Bravo !
Dernier Exil de Jean-Michel Ponzio est l'adaptation du roman de Jacques Spitz "L’œil du purgatoire".
Une adaptation osée pour ce qui est sans aucun doute le chef-d’œuvre de Jacques Spitz. La complexité des réflexions de Dagerlöff n'était pas forcément aisée à retranscrire. Quant à l'ensemble du scénario, qui fait appel à une psychologie profonde, torturée est tellement sombre, il fallait, j'imagine, une grande force pour s'immiscer en elle.
Jean-Michel Ponzio signe ici deux albums absolument maîtrisés, aboutis. Toute la force du livre est magnifiquement retranscrite. Le dessin, les couleurs aux sépias grisés sont sublimes et collent parfaitement à l'atmosphère de l'œuvre.
Ponzio prend un grand soin à poser son personnage et sa réflexion borderline. Il y a une force incroyable, un réalisme extraordinaire dans les traits, mais aussi dans les non-dits. Les bulles qui se superposent cachant les propos d'Armande au profit des pensées de Jean, offrent une sorte de réalité virtuelle.
Quelques cases donnent à penser que techniquement, certaines scènes ont pu être des photos, redessinées, colorisées. Ce qui est d'autant plus intéressant quand on voit l'importance que la photo prendra dans une part de l'histoire.
Bref, une bande-dessinée magnifique à ne pas manquer, qui se suffit à elle-même.
S'il n'est pas utile d'avoir lu le livre de Jacques Spitz pour se plonger dans la BD, je vous conseille néanmoins cet incontournable de la SF (à la limite du fantastique) française.
Les auteurs utilisent habilement les ingrédients du roman de cape et d'épée, les intrigues de cour, les conspirations, les courtisans, pour installer un univers historiquement crédible dans lequel se déroulera le destin hors du commun de son héros. Le père de ce jeune infirme rejeté par tous sera condamné à lui faire subir une opération d'une inimaginable cruauté qui le transformera en machine humaine condamnée à servir, jusqu'à la fin de ses jours, celui qui l'a fait supplicier: le Roi de France. Un premier ressort dramatique très fort, pour une série qui en annonce bien d'autres.
- Un récit d'aventure très riche, sur des bases historiques solides.
- Au cœur de l'action, un super-héros d'un genre nouveau, dont l'origine dramatique renforce l'humanité.
- Une reconstitution graphique minutieuse de l'époque du XVIIe siècle.
Bref, j'ai bien aimé et le conseille!
Après la lecture de 5 tomes.
Une série qui m'a vraiment emballé.
Commençons par l'histoire ; dans un lycée censé former les super-héros de demain, les trois derniers de la classe vont devoir faire équipe pour passer leurs examens de fin d'année ; s'en suivront de multiples aventures passionnantes pleines de scènes de combats déjantés, d'histoires d'amours et d'amitiés, de tirades humoristiques bien trouvées, ainsi que de nombreuses références à des oeuvres cinématographiques et littéraires. Bref, un scénario très plaisant et addictif dans lequel on ne s'ennuie pas une seconde.
Au niveau dessins, je les trouve très réussis, le style manga à la française employé ici convient à merveille à la série. On peut juste regretter que les trois quarts de chaque album soient en noir et blanc, ce qui donne parfois un manque de fluidité dans certaines scènes de combats (il faut dire aussi que j'ai vraiment du mal avec les dessins non colorisés).
En résumé, une série à découvrir absolument et qui s'offre le luxe de commettre un sans faute sur toute la ligne (sauf pour le manque de couleur dans mon cas). Les ados risquent d'en tomber accros, les adultes apprécieront fortement aussi.
Ah, la dynastie Donald Duck...
Je crois bien que Donald restera un de mes héros préférés même si on me dit que j'ai passé l'âge de ces âneries. Donald, c'est un héros parfaitement humain mais représenté en canard (curieux paradoxe) à qui il arrive tellement de choses qu'à côté Indiana Jones ou Tintin peuvent se rhabiller.
Mais dans la foison d'auteurs qui en écrivirent des histoires, celles de Carl Barks restent mes petites préférées, par leur côté très insouciant, leurs aventures pleines de fraicheurs et d'imagination, et la plupart du temps très documentées.
La réunion des histoires est une excellente idée, surtout quand on voit la quantité (je vous laisse calculer : 380 pages fois 24 tomes !), et surtout dans une collection aussi bien faite ! On a toutes les histoires avec des pages d'explications, des précisions et des petit apports qui sont vraiment agréables, et qui donnent un aperçu du travail fourni par Barks.
Outre l'inventivité des histoires, dont Donald est le héros ou le dindon de la farce, variant sur un large panel de thèmes (tranches de vie, petits boulots, chasses au trésor, situations loufoques, rencontres avec des personnages irréels, ...), on pourra noter le dessin, très rond et frais, qui se laisse parfaitement regarder, très agréable à l'œil.
Et toujours on a cet univers si particulier, cette ville de Donaldville si semblable à n'importe quelle ville, ces personnes tellement normaux qu'on croirait parfois que ce sont nos voisins, ces têtes typiques : Gontran Bonheur, Grand-mère Donald, Gus, Géo Trouvetou, Riri, Fifi, Loulou, l'oncle Picsou... Une galerie de portraits types qui eux aussi ne sont pas figés dans les mêmes caractères : il évoluent dans cet univers, changeant au cours des histoires.
Et au coeur de tout ça, Donald, le héros parfait : colérique, courageux, lâche, inventif, fainéant, bosseur, maladroit, surprenant, ingénieux, incapable, acharné, amoureux... Toutes les émotions sont présentes à tel point qu'il parait tel n'importe quel humain.
Une collection qui me ravit personnellement, vu que je désespérais de pouvoir un jour voir l'ensemble de l'œuvre de Carl Barks réunie. A lire, et à relire en boucle, on ne se lasse pas de ces histoires.
Un 5/5 et un gros coup de cœur !
L'histoire du Titanic est archi-connue, a fortiori après le film de James Cameron. Mais Luc Brahy s'est demandé ce qu'il aurait bien pu se passer sur le plus grand paquebot du monde...
C'est son ami Roger Seiter qui a développé un scénario sur ce canevas, rajoutant une sombre histoire de tueur en série à la croisière classique et dont on connaît la fin... Une bonne idée, qui est pour l'heure bien exploitée dans ce premier volet du diptyque. Plusieurs personnages sont mis en lumière, chacun possédant sa part d'ombre ou sur le point de la révéler. Je suis par exemple très curieux du rôle que va jouer la belle mais ténébreuse Emily (qui pose sur la couverture, elle-même fort réussie) dans cette histoire.
Gageons que le second tome va voir tous ces personnages se révéler, et que le sang va couler, peut-être abondamment, avant qu'il ne se glace au contact de la mer froide de l'Atlantique nord...
Je crois que c'est la première fois que je lis un album dessiné par Luc Brahy, dessinateur stakhanoviste à la solide réputation. C'est du bon boulot, son style élégant et classique se marie à merveille avec la mode des années 1910, bien aidé il faut le dire par les couleurs très nuancées de Marine Tumélaire.
Curieux de lire la suite et fin.
Un scénario, des rebondissements, des surprises, de l’action, Acriboréa a tout pour plaire. Dans un univers de science-fiction où l’enjeu est la survie de l’humanité, le lecteur plongera dans une intrigue passionnante. Rythmée par un scénario original et bien ecrit, il tient le lecteur en haleine du début jusqu'à la fin.
Cette série possède également des dessins qui conviennent parfaitement à l'univers. Clairs et très riches, ils s'accordent très bien avec l'univers présenté. Prévue en 5 épisodes, Acriboréa se termine en apothéose et entre dans la catégorie des « immanquables » !
Un très bon moment de lecture pour les fan de SF et pour les autres!
Une vraie gifle sortie de nulle part, mais du genre de celles qui vous carressent pour mieux vous surprendre !
De Morvan je ne connaissais rien ou si peu, qu’il est prolifique et apprécié et basta mais j’ai beaucoup apprécié ce qui ressort comme étant surement le meilleur opus de la série 7 à savoir son « 7 Yakusas ».
C’est un peu le Jodorowsky de la culture japonaise, un type à l’imagination débordante sachant s’entourer des meilleures révélations au crayon. Et ce n’est surement pas « Le Petit Monde » qui m’empêchera de prétendre le contraire tant cette œuvre est unique par son style et sa narration débridée…
Imaginez vous l’univers de Peter Pan déclinée en fable futuriste et violente et vous aurez une idée du voyage en apnée que nous offrent sur un plateau JD Morvan et son mystérieux dessinateur chinois Terada.
En effet sans être nécessairement familier à l’univers de J.M Barrie, on en reconnait vite les personnages et l’univers transposé dans une société éclatée en plusieurs strates et dont chacun des 3 tomes de cette œuvre nous y fera descendre tels les niveaux d’un jeu video complètement barré.
Car si l’ensemble se lit vite et de façon particulièrement claire, tout va vite dans ce petit monde dont le titre faussement naïf rappelle celui de Aldous Huxley et de son ironique chef d’œuvre « Le meilleurs des mondes ». Morvan délivre un univers cohérent où les classes sociales se superposent dans les bidonvilles aux accents latins d’Amérique du Sud.
En haut, on se déplace en jet privé ou petite voiture british, les contours sont arrondis et les droides remplacent les devoirs parentaux. La meileure communication ? se plonger dans des rêves virtuels illicites afin de se sortir d’un quotidien trop aseptisé.
En bas dans les « favelas », tout le monde est solidaire, se serre les coudes et la technologie laisse place à des épaves. Les angles se resserent et deviennent anguleux et la violence règne en règle. Les notables « descendent » des beaux quartiers pour y trouver de quoi se shooter ou prendre du plaisir avec des filles faciles… La fée Clochette devient un délire de junkie… Tout n’est qu’une quête à lutter contre la solitude et l’ennui…
Au milieu de tout cela, Kumiko, fille d’un ambassadeur japonais, va tenter de trouver du réconfort avec l’écorché vif Piedra mais le Capitan Gancho, rival manchot de ce dernier, n’hésitera pas à les traquer par pure ambition vénale et/ou sentiment de jalousie…
Le bel univers cruel de J.M. Barrie est un écrin de qualité pour permettre à JD Morvan de se lâcher à toutes berzingues sur les dessins dingues et inspirés de l’inconnu Terada ! Un joli prétexte qui offre des angles et des perspectives de folie avec des séquences d’action voire même d’animation absolument démentes ! Les couleurs pastel sont tout à fait adaptées pour un spectacle visuel qui n’omet pas la poésie et de jolis moments d’accalmie.
Le fait de mixer format franco-belge et dessins d’influence manga est un choix judicieux. Terada ne manque pas de talents ni d’humour dans la façon très particulière de mettre tout ce petit monde en scène sans perdre le lecteur ni le prendre par la main.
Qu’il s’agisse d’une poursuite de véhicules sur autoroute, de gunfights à la Tarantino ou d’un assaut sur les eaux, on est pris à la gorge comme devant un film à grand spectacle.
Au final je me demande si le gamin qui ne veut pas grandir, ce n’est pas un peu moi qui ai pris un pied pas possible à lire une histoire qui a le mérite de rester cohérente de la première à la dernière page… Lire Peter Pan à la sauce Dragonball au rythme d’une séquence d’action à la Matrix, ça n’arrive pas si souvent mais je veux bien me shooter également pour m’y replonger et en redemande encore car le seul véritable défaut de cette série, c’est qu’elle est finie ! :(
Merci à la communauté BDT pour m’avoir fait découvrir presque par erreur cette série qui mérite amplement d’être reconnue à juste titre… Un gros, gros, gros coup de cœur !
Cette bd n’est clairement pas faite pour les anticléricaux. Si c’est ton cas, passe ton chemin car, à moins d’un miracle, tu n’apprécieras pas. Et pourtant . . .
. . . et pourtant ce serait passer à côté d’une petite perle qui dépoussière les évangiles du nouveau testament. Le ton est frais et moderne ; l’humour léger et bien vu. Il se dégage de ces pages une très grande sensibilité qui rend les personnages attachants (même Jonas !). Cette histoire, c’est celle de papas qui partent à la recherche de leurs fils embrigadés dans la secte tendance du moment menée par le nazaréen. Le discours n’est pas toujours tendre envers le catholicisme mais il se justifie par la crainte de l’inconnu et l’amour d’un père à son fils disparu. Jonas est particulièrement terrible et porte quasi à lui tout seul tout le sel du récit. La fin de la vie de Jésus est connue de tous, celle des apôtres et de leurs pères beaucoup moins. Maintenant, elle est dévoilée . . . Côté dessin, un gros travail est réalisé sur les personnages quasi-caricaturaux. C’est assez expressif et donc réussi . . .
Voici donc une bd à lire, à relire, à emprunter, à acheter, à offrir, à s’offrir ou à se faire offrir (comme c’est mon cas ^^).
Les amateurs de James Bond, Jack Bauer le héros de 24 heures chrono, Jason Bourne (les initiales sont les même et le titre sonne comme un roman de Robert Ludlum), de Sam Fisher, l'agent des jeux vidéos d'infiltration Splinter Cell, ou encore de Mission impossible et des films de John Woo vont se régaler. Sauf que Jack Black est encore plus fort qu'eux tous réunis. C'est un homme amélioré, transformé pour sa mission, il ne peut donc pas être mis en échec.
Visuellement, la couleur est belle et il y a un bon dosage entre scènes d'action et de violence.
Le scénario, qui ne réinvente pas le genre, est pourtant captivant. Les auteurs ne lésinent pas sur les dialogues et on a finalement une première mission menée à bien, sans temps mort, avec tous les ingrédients d'un très bon film d'action et d'espionnage, sans frustration à la fin de ce premier album.
Bravo et longue vie à Jack Black. Limite je mettrais 5/5, mais j'attends de voir si la suite est à la hauteur.
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Georges et la Mort
J'avoue directement, ...oui je suis fan de Georges Brassens. Alors peut-être qu'un non fan mettrait 4/5, mais moi je mets 5/5 car cette BD m'a vraiment touché. Tout ressemble à un travail qu'aurait pu faire Brassens. C'est quand même quelque chose ça ! Déjà dans le dessin, simple, léger, efficace. Je pourrais comparer cela aux mélodies de Brassens qui ont les mêmes qualités ! C'est beau et ça colle parfaitement à l'histoire. J'aime beaucoup. Et donc là dessus il n'y rien à redire. Ensuite le scénario, il est lui aussi à l'image de Georges Brassens. Il est poétique dans un sens et encore une fois léger. C'est une histoire à laquelle je veux croire ! A cela on peut ajouter les diverses allusions aux chansons de Brassens (Hécatombe, La Cane de Jeanne, La Mauvaise Réputation, Supplique pour être enterré sur une plage de Sète, etc etc) qui font à chaque fois sourire. C'est donc une magnifique histoire que j'aime lire et relire ! Bravo !
Dernier exil
Dernier Exil de Jean-Michel Ponzio est l'adaptation du roman de Jacques Spitz "L’œil du purgatoire". Une adaptation osée pour ce qui est sans aucun doute le chef-d’œuvre de Jacques Spitz. La complexité des réflexions de Dagerlöff n'était pas forcément aisée à retranscrire. Quant à l'ensemble du scénario, qui fait appel à une psychologie profonde, torturée est tellement sombre, il fallait, j'imagine, une grande force pour s'immiscer en elle. Jean-Michel Ponzio signe ici deux albums absolument maîtrisés, aboutis. Toute la force du livre est magnifiquement retranscrite. Le dessin, les couleurs aux sépias grisés sont sublimes et collent parfaitement à l'atmosphère de l'œuvre. Ponzio prend un grand soin à poser son personnage et sa réflexion borderline. Il y a une force incroyable, un réalisme extraordinaire dans les traits, mais aussi dans les non-dits. Les bulles qui se superposent cachant les propos d'Armande au profit des pensées de Jean, offrent une sorte de réalité virtuelle. Quelques cases donnent à penser que techniquement, certaines scènes ont pu être des photos, redessinées, colorisées. Ce qui est d'autant plus intéressant quand on voit l'importance que la photo prendra dans une part de l'histoire. Bref, une bande-dessinée magnifique à ne pas manquer, qui se suffit à elle-même. S'il n'est pas utile d'avoir lu le livre de Jacques Spitz pour se plonger dans la BD, je vous conseille néanmoins cet incontournable de la SF (à la limite du fantastique) française.
Le Chevalier Mécanique
Les auteurs utilisent habilement les ingrédients du roman de cape et d'épée, les intrigues de cour, les conspirations, les courtisans, pour installer un univers historiquement crédible dans lequel se déroulera le destin hors du commun de son héros. Le père de ce jeune infirme rejeté par tous sera condamné à lui faire subir une opération d'une inimaginable cruauté qui le transformera en machine humaine condamnée à servir, jusqu'à la fin de ses jours, celui qui l'a fait supplicier: le Roi de France. Un premier ressort dramatique très fort, pour une série qui en annonce bien d'autres. - Un récit d'aventure très riche, sur des bases historiques solides. - Au cœur de l'action, un super-héros d'un genre nouveau, dont l'origine dramatique renforce l'humanité. - Une reconstitution graphique minutieuse de l'époque du XVIIe siècle. Bref, j'ai bien aimé et le conseille!
Freaks' Squeele
Après la lecture de 5 tomes. Une série qui m'a vraiment emballé. Commençons par l'histoire ; dans un lycée censé former les super-héros de demain, les trois derniers de la classe vont devoir faire équipe pour passer leurs examens de fin d'année ; s'en suivront de multiples aventures passionnantes pleines de scènes de combats déjantés, d'histoires d'amours et d'amitiés, de tirades humoristiques bien trouvées, ainsi que de nombreuses références à des oeuvres cinématographiques et littéraires. Bref, un scénario très plaisant et addictif dans lequel on ne s'ennuie pas une seconde. Au niveau dessins, je les trouve très réussis, le style manga à la française employé ici convient à merveille à la série. On peut juste regretter que les trois quarts de chaque album soient en noir et blanc, ce qui donne parfois un manque de fluidité dans certaines scènes de combats (il faut dire aussi que j'ai vraiment du mal avec les dessins non colorisés). En résumé, une série à découvrir absolument et qui s'offre le luxe de commettre un sans faute sur toute la ligne (sauf pour le manque de couleur dans mon cas). Les ados risquent d'en tomber accros, les adultes apprécieront fortement aussi.
La Dynastie Donald Duck
Ah, la dynastie Donald Duck... Je crois bien que Donald restera un de mes héros préférés même si on me dit que j'ai passé l'âge de ces âneries. Donald, c'est un héros parfaitement humain mais représenté en canard (curieux paradoxe) à qui il arrive tellement de choses qu'à côté Indiana Jones ou Tintin peuvent se rhabiller. Mais dans la foison d'auteurs qui en écrivirent des histoires, celles de Carl Barks restent mes petites préférées, par leur côté très insouciant, leurs aventures pleines de fraicheurs et d'imagination, et la plupart du temps très documentées. La réunion des histoires est une excellente idée, surtout quand on voit la quantité (je vous laisse calculer : 380 pages fois 24 tomes !), et surtout dans une collection aussi bien faite ! On a toutes les histoires avec des pages d'explications, des précisions et des petit apports qui sont vraiment agréables, et qui donnent un aperçu du travail fourni par Barks. Outre l'inventivité des histoires, dont Donald est le héros ou le dindon de la farce, variant sur un large panel de thèmes (tranches de vie, petits boulots, chasses au trésor, situations loufoques, rencontres avec des personnages irréels, ...), on pourra noter le dessin, très rond et frais, qui se laisse parfaitement regarder, très agréable à l'œil. Et toujours on a cet univers si particulier, cette ville de Donaldville si semblable à n'importe quelle ville, ces personnes tellement normaux qu'on croirait parfois que ce sont nos voisins, ces têtes typiques : Gontran Bonheur, Grand-mère Donald, Gus, Géo Trouvetou, Riri, Fifi, Loulou, l'oncle Picsou... Une galerie de portraits types qui eux aussi ne sont pas figés dans les mêmes caractères : il évoluent dans cet univers, changeant au cours des histoires. Et au coeur de tout ça, Donald, le héros parfait : colérique, courageux, lâche, inventif, fainéant, bosseur, maladroit, surprenant, ingénieux, incapable, acharné, amoureux... Toutes les émotions sont présentes à tel point qu'il parait tel n'importe quel humain. Une collection qui me ravit personnellement, vu que je désespérais de pouvoir un jour voir l'ensemble de l'œuvre de Carl Barks réunie. A lire, et à relire en boucle, on ne se lasse pas de ces histoires. Un 5/5 et un gros coup de cœur !
Les Fantômes du passé
L'histoire du Titanic est archi-connue, a fortiori après le film de James Cameron. Mais Luc Brahy s'est demandé ce qu'il aurait bien pu se passer sur le plus grand paquebot du monde... C'est son ami Roger Seiter qui a développé un scénario sur ce canevas, rajoutant une sombre histoire de tueur en série à la croisière classique et dont on connaît la fin... Une bonne idée, qui est pour l'heure bien exploitée dans ce premier volet du diptyque. Plusieurs personnages sont mis en lumière, chacun possédant sa part d'ombre ou sur le point de la révéler. Je suis par exemple très curieux du rôle que va jouer la belle mais ténébreuse Emily (qui pose sur la couverture, elle-même fort réussie) dans cette histoire. Gageons que le second tome va voir tous ces personnages se révéler, et que le sang va couler, peut-être abondamment, avant qu'il ne se glace au contact de la mer froide de l'Atlantique nord... Je crois que c'est la première fois que je lis un album dessiné par Luc Brahy, dessinateur stakhanoviste à la solide réputation. C'est du bon boulot, son style élégant et classique se marie à merveille avec la mode des années 1910, bien aidé il faut le dire par les couleurs très nuancées de Marine Tumélaire. Curieux de lire la suite et fin.
Acriboréa
Un scénario, des rebondissements, des surprises, de l’action, Acriboréa a tout pour plaire. Dans un univers de science-fiction où l’enjeu est la survie de l’humanité, le lecteur plongera dans une intrigue passionnante. Rythmée par un scénario original et bien ecrit, il tient le lecteur en haleine du début jusqu'à la fin. Cette série possède également des dessins qui conviennent parfaitement à l'univers. Clairs et très riches, ils s'accordent très bien avec l'univers présenté. Prévue en 5 épisodes, Acriboréa se termine en apothéose et entre dans la catégorie des « immanquables » ! Un très bon moment de lecture pour les fan de SF et pour les autres!
Le Petit Monde
Une vraie gifle sortie de nulle part, mais du genre de celles qui vous carressent pour mieux vous surprendre ! De Morvan je ne connaissais rien ou si peu, qu’il est prolifique et apprécié et basta mais j’ai beaucoup apprécié ce qui ressort comme étant surement le meilleur opus de la série 7 à savoir son « 7 Yakusas ». C’est un peu le Jodorowsky de la culture japonaise, un type à l’imagination débordante sachant s’entourer des meilleures révélations au crayon. Et ce n’est surement pas « Le Petit Monde » qui m’empêchera de prétendre le contraire tant cette œuvre est unique par son style et sa narration débridée… Imaginez vous l’univers de Peter Pan déclinée en fable futuriste et violente et vous aurez une idée du voyage en apnée que nous offrent sur un plateau JD Morvan et son mystérieux dessinateur chinois Terada. En effet sans être nécessairement familier à l’univers de J.M Barrie, on en reconnait vite les personnages et l’univers transposé dans une société éclatée en plusieurs strates et dont chacun des 3 tomes de cette œuvre nous y fera descendre tels les niveaux d’un jeu video complètement barré. Car si l’ensemble se lit vite et de façon particulièrement claire, tout va vite dans ce petit monde dont le titre faussement naïf rappelle celui de Aldous Huxley et de son ironique chef d’œuvre « Le meilleurs des mondes ». Morvan délivre un univers cohérent où les classes sociales se superposent dans les bidonvilles aux accents latins d’Amérique du Sud. En haut, on se déplace en jet privé ou petite voiture british, les contours sont arrondis et les droides remplacent les devoirs parentaux. La meileure communication ? se plonger dans des rêves virtuels illicites afin de se sortir d’un quotidien trop aseptisé. En bas dans les « favelas », tout le monde est solidaire, se serre les coudes et la technologie laisse place à des épaves. Les angles se resserent et deviennent anguleux et la violence règne en règle. Les notables « descendent » des beaux quartiers pour y trouver de quoi se shooter ou prendre du plaisir avec des filles faciles… La fée Clochette devient un délire de junkie… Tout n’est qu’une quête à lutter contre la solitude et l’ennui… Au milieu de tout cela, Kumiko, fille d’un ambassadeur japonais, va tenter de trouver du réconfort avec l’écorché vif Piedra mais le Capitan Gancho, rival manchot de ce dernier, n’hésitera pas à les traquer par pure ambition vénale et/ou sentiment de jalousie… Le bel univers cruel de J.M. Barrie est un écrin de qualité pour permettre à JD Morvan de se lâcher à toutes berzingues sur les dessins dingues et inspirés de l’inconnu Terada ! Un joli prétexte qui offre des angles et des perspectives de folie avec des séquences d’action voire même d’animation absolument démentes ! Les couleurs pastel sont tout à fait adaptées pour un spectacle visuel qui n’omet pas la poésie et de jolis moments d’accalmie. Le fait de mixer format franco-belge et dessins d’influence manga est un choix judicieux. Terada ne manque pas de talents ni d’humour dans la façon très particulière de mettre tout ce petit monde en scène sans perdre le lecteur ni le prendre par la main. Qu’il s’agisse d’une poursuite de véhicules sur autoroute, de gunfights à la Tarantino ou d’un assaut sur les eaux, on est pris à la gorge comme devant un film à grand spectacle. Au final je me demande si le gamin qui ne veut pas grandir, ce n’est pas un peu moi qui ai pris un pied pas possible à lire une histoire qui a le mérite de rester cohérente de la première à la dernière page… Lire Peter Pan à la sauce Dragonball au rythme d’une séquence d’action à la Matrix, ça n’arrive pas si souvent mais je veux bien me shooter également pour m’y replonger et en redemande encore car le seul véritable défaut de cette série, c’est qu’elle est finie ! :( Merci à la communauté BDT pour m’avoir fait découvrir presque par erreur cette série qui mérite amplement d’être reconnue à juste titre… Un gros, gros, gros coup de cœur !
Le Voyage des Pères
Cette bd n’est clairement pas faite pour les anticléricaux. Si c’est ton cas, passe ton chemin car, à moins d’un miracle, tu n’apprécieras pas. Et pourtant . . . . . . et pourtant ce serait passer à côté d’une petite perle qui dépoussière les évangiles du nouveau testament. Le ton est frais et moderne ; l’humour léger et bien vu. Il se dégage de ces pages une très grande sensibilité qui rend les personnages attachants (même Jonas !). Cette histoire, c’est celle de papas qui partent à la recherche de leurs fils embrigadés dans la secte tendance du moment menée par le nazaréen. Le discours n’est pas toujours tendre envers le catholicisme mais il se justifie par la crainte de l’inconnu et l’amour d’un père à son fils disparu. Jonas est particulièrement terrible et porte quasi à lui tout seul tout le sel du récit. La fin de la vie de Jésus est connue de tous, celle des apôtres et de leurs pères beaucoup moins. Maintenant, elle est dévoilée . . . Côté dessin, un gros travail est réalisé sur les personnages quasi-caricaturaux. C’est assez expressif et donc réussi . . . Voici donc une bd à lire, à relire, à emprunter, à acheter, à offrir, à s’offrir ou à se faire offrir (comme c’est mon cas ^^).
Jack Black
Les amateurs de James Bond, Jack Bauer le héros de 24 heures chrono, Jason Bourne (les initiales sont les même et le titre sonne comme un roman de Robert Ludlum), de Sam Fisher, l'agent des jeux vidéos d'infiltration Splinter Cell, ou encore de Mission impossible et des films de John Woo vont se régaler. Sauf que Jack Black est encore plus fort qu'eux tous réunis. C'est un homme amélioré, transformé pour sa mission, il ne peut donc pas être mis en échec. Visuellement, la couleur est belle et il y a un bon dosage entre scènes d'action et de violence. Le scénario, qui ne réinvente pas le genre, est pourtant captivant. Les auteurs ne lésinent pas sur les dialogues et on a finalement une première mission menée à bien, sans temps mort, avec tous les ingrédients d'un très bon film d'action et d'espionnage, sans frustration à la fin de ce premier album. Bravo et longue vie à Jack Black. Limite je mettrais 5/5, mais j'attends de voir si la suite est à la hauteur.