J’ai été enfant à une époque où l’on jouait encore aux Indiens et aux cow-boys (j’étais toujours un Indien).
L’époque des grands westerns au cinéma était finie, hormis quelques surgeons, mais la télévision entretenait encore la flamme. Je regardais des westerns le dimanche après midi, parfois. Puis plus tard dans La Dernière Séance présentée par Eddy Mitchell.
C’est au milieu de ces influences que j’ai découvert Blueberry. Et cette série a cristallisé en elle tout l’imaginaire du western tel qu’il s’est construit dans mon esprit.
J’ai été captivé par les aventures du lieutenant Blueberry. Charlier est redoutable d’efficacité – et il n’est pas question ici de marketing ! Que ce soit sur un album ou sur des cycles entiers, il sait maintenir l’attention du lecteur, sans pour autant étirer artificiellement une intrigue.
Comme toute série "ancienne", et qui s’est étalée dans le temps, une évolution s’est fait sentir, et heureusement ! Il n’y a pas eu ici de ronronnement. Et cette évolution a toujours été positive. Si les premiers albums tâtonnent un peu (y compris au niveau du dessin de Giraud), personnages et intrigues vont se densifier rapidement. Charlier va utilement et habilement user de la trame historique fournie par les guerres indiennes, la construction du chemin de fer, et des échos de la guerre de sécession. Il va aussi s’inspirer des westerns hollywoodiens, dans lesquels l’image de l’Indien était revisitée (à son profit).
Les personnages secondaires sont souvent excellents. McClure est le pendant des sous-officiers irlandais des films de John Ford : il en a la passion pour le Whisky, mais il est moins monolithique (il "trahit" même un peu Blueberry dans "La mine de l’allemand perdu") et a une personnalité plus affirmée. Son duo avec Red Neck encadre parfaitement la geste et les gestes du héros principal. Guffie est un personnage à la fois typique et improbable, qui sert de respiration dans l’histoire, et parfois de baguette magique pour sortir Blueberry du pétrin. Mais Charlier sait rendre crédible ce qui ne l’est pas !
Les méchants sont très bons (comme Jethro ou Mac Allister par exemple).
Chihuahua Pearl est à la fois avec et contre (parfois tout contre !) le héros, et est une véritable bombe – dans tous les sens du terme…
De très bons scénarii donc, mais qui sont exaltés par le dessin du grand Giraud. Très influencé par Jigé, avec lequel il a travaillé (la couverture de "Fort Navajo" ne dépareillerait pas sur un Jerry Spring !)
Mais Giraud s’affranchit des influences, et va lui-même créer un style, souvent copié, et rarement égalé. Il est capable de remplir le décor de détails très précis sans que cela fasse surchargé et que cela ne gêne la lecture : ses paysages sont superbes !
Et avec le cycle des Monts de la superstition ("La mine de l’Allemand perdu" et "Le spectre aux balles d’or"), je trouve que son dessin atteint un niveau hallucinant. Un niveau non suivi de pente, mais d’un plateau… Mais je crois que c’est à ce moment que son "double", Moebius, va accaparer une partie de son inspiration (sa dernière œuvre, Arzak, propose de superbes décors d’extérieur, qui pourraient convenir à un western comme Blueberry).
Pour revenir sur les albums proprement dits, il n’y a que du bon (parfois), et du très bon (souvent !!!), les cycles faisant intervenir les Indiens sont très bons, que Blueberry soit leur ennemi (à son corps défendant), au début, ou leur allié à la fin. Le cycle mexicain est très bien mené… Il faudrait presque que je cite toute la série !
Je voudrais finir par la dernière période, où Giraud a officié seul, et qui est différente du reste. Un ton, un éclairage, une amertume qu’on ne retrouve pas dans les autres albums. Il n’y a plus la patte de Charlier, certes, mais je trouve que Giraud s’en sort plutôt bien et que ces derniers albums humanisent le héros, et qu’ils ne méritent pas toutes les critiques trop marquées que j’ai pu lire dans certains avis précédents.
La geste de Blueberry s’achève, le héros a vieilli (comme Giraud d’ailleurs !). Mais le monde qui l’entoure aussi. Les "guerres indiennes" sont finies, la « frontière » chère aux historiens américains n’a plus lieu d’être. Le temps du bilan arrive, avec les désillusions qui peuvent aller avec. Je ferai ici un parallèle avec les sublimes photographies d’Edward Sherif Curtis qui, à la fin du XIXème siècle, ont magnifié – et peut-être embaumé-, ce "monde" qui disparaissait…
Au final, c’est une bd culte, qui s’impose avec l’évidence de la simplicité, cette autre dénomination du talent. Pour toutes ces heures de plaisir, au gré des nombreuses (re)lectures – passées et futures, je vous dis merci, messieurs Charlier et Giraud !
Attiré par les bonnes critiques lues ici et là, il n’y a pas fallu beaucoup d’hésitation avant d’embarquer ce petit bouquin aux apparats de comics francophone après l’avoir feuilleté, séduit tant par la qualité des dessins que par la réalisation toujours aussi bonne des éditions Ankama.
La couverture plutôt étonnante est bien plus jolie en réalité que sur la vignette que l’on peut voir ici desservant davantage ses propos. Brrémaud le scénariste n’y va pas par 4 chemins pour présenter cette histoire plutôt curieuse se situant dans un futur proche et alternatif et où des créatures diverses et monstrueuses côtoient le plus naturellement possible les humains.
En effet la trame de l’histoire est expédiée en quelques pages : un mafieux new yorkais mourant convie son fils légitime à défier Drakka, son autre fils illégitime et caché pour désigner lequel des deux lui succédera.
Problème : aucun des deux frères n’a connaissance de l’autre et le fameux Drakka porte en lui quelques origines vampiriques qu’il doit à sa maman.
Passée cette introduction, l’action se porte directement dans une mégalopole d’Europe de l’Est gangrénée par la pollution et la famine et où nous faisons connaissance de Drakka et de son quotidien pour survivre…
Le premier affrontement avec la Hyène, le frère sans scrupules américain, sera le point d’orgue de ce premier tome d’une trilogie annoncée…
Lorenzo di Felice aux pinceaux n’a pas son pareil pour mettre en scène de façon excessivement rythmée la course poursuite de Drakka dans les ruines de sa cité…
Fuite de pillards, défense contre la Hyène et son équipe de tueurs, on a à peine le temps de souffler quelques pages pour introduire des personnages secondaires comme cette bande déclinante de vampires ou cette rencontre impromptue avec une jeune survivante et son frère.
Les dessins sont beaux, très beaux dans un style mixant école européenne, japonaise et américaine que les couleurs informatiques ne dénaturent pas. Là où le bât blesse c’est que les dialogues sont d’une extrême pauvreté entre insultes de tous genre et vocabulaire réduit à sa portion congrue.
Le parler « Djeuns » ne me dérange pas outre mesure mais ici il dessert davantage les dialogues qu’il ne les équilibre !
Ce qui est rageant par contre c’est que le scénariste nous impose son monde dont il nous manque pas mal de bases afin d’en distinguer toutes les subtilités.
D’où viennent aussi tous ces personnages inhumains ? On a du mal à croire que l’environnement puisse être aussi riche pour uniquement soulever une querelle familiale à base de coups de poings et d’explosions en tous genre.
Le scénario tient sur un bout de ficelle mais certaines zones d’ombre nous sont ménagées dans l’espoir que les deux prochains tomes vont rééquilibrer un peu plus tout ce fatras car l’ensemble est encore bien mince pour être conseillé là où un premier tome de Mutafukaz jouait dans le même registre avec beaucoup plus de jubilation !
En effet un marginal dans un monde hostile pseudo futuriste à qui l'on cherche des noises et qui est promis à un grand avenir, ça ne vous rappelle rien ? Moi si...
Le tout s’adresse néanmoins à un public mi adulte car les scènes sont plutôt violentes et même si l’ensemble peut se targuer d’être bien découpé, certaines cases peuvent être difficiles à déchiffrer par l’anatomie inconnue de ces mercenaires verts muets.
Le tout n’est pas forcément déplaisant et réserve aux amateurs d’action de jolies scènes d’action mais il me faudra en lire la suite pour savoir si Drakka va devenir une trilogie incontournable ou seulement une lecture divertissante dont on aura vite oublié une fois les bouquins terminés.
En l’état on a un peu l'impression d'être en face d'une belle démo de jeu vidéo aux caractéristiques techniques impressionnantes mais dont on se lasse vite par manque d'interactivité donc un peu de patience avec les tomes suivants car le meilleur est surement à venir … tout du moins je l’espère vivement.
EDIT APRES LECTURE TOME 2 :
Ce qui pouvait constituer une semi-déception après avoir appris que la série serait achevée en deux tomes à la place des trois prévus initialement en constitue en fait un redoutable avantage…
Le récit démarre sur les chapeaux de roues en déplaçant rapidement l’action de l’Europe au siège du grand méchant de l’histoire La Hyène.
Les personnages, menaces et enjeux se développent sur de jolies pages très colorées entre nuances rouges et bleutées du plus bel effet à l’égal d’une couverture bien plus réussie que la première avec un joli pied de nez que l’on pourra apprécier ou pas !
Entre monstres surpuissants et la création d’une super-vilaine aussi mystérieuse que fulgurante, Brrémaud et di Felice entrent définitivement dans la cour des grands avec une récréation jouissive de toute beauté dont le final en laissera plus d’un pantois…
Ne vous méprenez pas sur le contenu ainsi que le premier tome qui constitue à la fois un acte et, Drakka c’est de la bonne grosse lecture divertissante et légèrement déviante pour tout amateur de série B à la mécanique bien huilée ce qui rend ce diptyque tout simplement indispensable, la ultima cena laisse sur le cul et donne immédiatement envie d’en lire davantage. Du bestiaire aux flashback et aux scènes d’action furibondes, j’ai hâte de lire une nouvelle œuvre de cette association dont ce Drakka constitue un baptême de feu dont il serait indélicat de se priver.
Je ne suis pas totalement objectif, je vous l'accorde... forcément vu que j'en suis l'auteur...
Dessinateur, scénariste ET coloriste... J'ai tout fait tout seul avec mes petites mains ! Je n'ai pas cherché à viser un public en particulier. Au contraire, j'ai pris le risque de faire la BD dont je rêvais. Quitte à ce qu'elle risque de ne plaire à personne. Heureusement, il n'en est rien, elle remporte un franc succès auprès de ceux qui l'ont lue.
Le Monde de Titus est une série qui parle des choses sérieuses et intemporelles de la Vie. Ces petites et grandes choses qui nous ont fait grandir, réfléchir, évoluer que Koulou a glanées au fil de sa propre existence et dont il s'efforce de nous faire profiter aujourd'hui à travers son œuvre... Une BD qui s'adresse à des lecteurs intelligents et non à des consommateurs.
De par ce fait, cette BD possède plusieurs niveaux de lecture qui la font apprécier des 7 ans comme des 77 ans. Chacun y trouvant son miel.
C'est une saga en plusieurs tomes d'histoires complètes situées dans un monde entièrement imaginaire "Antic fantasy"... (y a pas que le médiéval dans la vie !)
Dans ce premier tome, on découvre puis suis les péripéties des trois héros, Titus, Cyrius et Maya, qui ont dans les 20 ans et vivent les aventures de leurs âge (confrontation aux inégalités sociales, indignation, fête, picole, orientation scolaire, examens, etc...) en même temps que l'on découvre leur société dans tous ses aspects (mœurs, croyances, organisation sociales, mode de vie, traditions, culture, mythe fondateurs, etc.)
Pour l'heure les Snogards vive sur une île. Une île paradisiaque peuplée de tortue géantes, où il fait toujours beau. On ne leur connaît ni voisin ni ennemi et ils ne manquent de rien... Mais... Mais... Tout cela ne serait-il pas trop beau pour durer ?
Bien sûr l'intrigue réserve d'autres surprises mais que je ne saurais vous dévoiler ici sans vous gâcher le plaisir de lire l'album ensuite.
Ecouter son libraire, c'est bien ! C'est encore grâce à lui que je découvre ce jeune auteur sud coréen et cet étrange et non moins formidable album inspiré d'une histoire vraie.
Tout commence par cette garde à vue somme toute classique où un jeune simple d'esprit est soumis à un interrogatoire. Rien de très original, jusqu'à ce qu'une jeune fille présente au commissariat et étroitement mêlée à l'affaire disparaisse...
Commence alors une narration un brin complexe et audacieuse de par la chronologie que décide d'en faire l'auteur. Les têtes de chapitre avec dates et heures sont à se mettre en post it dans un coin de cerveau accessible pour reconstituer le puzzle que nous propose O Se Hyung. Non pas qu'il y ait d'énorrrrmmmeuuu mystère à résoudre, tout est pratiquement posé page 11 dans le procès verbal du policier, mais c'est le "pourquoi ?" de tout cela qui prévaut dans chaque affaire criminelle que nous écartèle et recompose l'auteur avec brio.
Graphiquement, c'est de toute beauté ! Tout est posé dans les contrastes. L'auteur joue des équilibres entre les planches et les compositions pour nous proposer un album que j'ai trouvé magnifique. J'ai énormément apprécié sa façon de composer ses planches : cases fermées, absence de cases, pleines pages, pages utilisées au tiers ; tout cela est d'une grande richesse et assoit l'ambiance qu'il compose radicalement.
Ajoutez à cela des tons froids qui soulignent cette ambiance glaciale et tendue posés soit par un trait très fin et simple, comme pour les personnages, soit par un grand réalisme, comme les objets ou les paysages, et vous obtenez ce fascinant album de "Bicycle 3000"
Le seul reproche que je ferais à cet album, c'est l'autocollant accrocheur de l'éditeur :
"Un polar coréen inspiré d'une histoire vraie ! Si Park Chan-wook, le réalisateur de Old Boy, rencontrait Akira Kurosawa..."
Franchement, j'ai beaucoup apprécié l'album, mais certainement pas pour la comparaison dont je n'ai pas encore trouvé la pertinence...
A lire et à découvrir en tout cas !
Bonsoir,
C'est un avis un peu biaisé parce que j'ai dessiné la BD. Mais le site autorise les auteurs à parler de leur BD... Alors merci à ceux qui ont posté un avis, franchement c'est très intéressant d'avoir des retours sur mon travail. Surtout que je suis chez un petit éditeur, bien distribué, mais un peu "confidentiel".
C'est une BD en noir et blanc qui est assez graphique et s'adresse plutôt à des amateurs de dessins un peu stylisés. Et puis on peut s'y intéresser si on aime l'univers d'Oscar Wilde. Nous avons pris quelques libertés par rapport au texte original et je m'en excuse auprès des puristes, c'est une adaptation avec tout ce que cela comporte... voici un lien pour aller sur le site de l'éditeur qui présente quelques planches et une vidéo, et plein d'autres choses :
www.roymodus.com
Bonne lecture,
Très belle surprise pour moi.
La série est une réussite à tous les niveaux. Les ambiances du Paris des années 30, ainsi que celle de la maison close de luxe sont parfaites. Les dessins ne touchent certes pas au sublime mais ils sont modernes et dynamiques. Ils sont assez « mignons » et le décalage avec des personnages durs et une histoire cruelle est saisissant.
J’ai adoré l’héroïne à la fois touchante et drôle, sorte de Sainte-Nitouche en contraste avec un environnement plein de vices. L’histoire, quant à elle, est passionnante et j’ai littéralement dévoré les 4 tomes.
A lire de toute urgence.
Un beau Batman ça...
C'est peut-être à cause de l'aspect dépassé et trop classique des illustrations que Proie n'a pas été réédité, pourtant cette histoire mérite d'être lue et connue. Il y a quelques bons Batman oubliés, Proie en fait partie.
L'histoire est accessible, situé au début de carrière du Batman post Crisis, soit peu de temps après Year One, que ce soit au niveau de la parution ou chronologiquement dans l'histoire du héros. A la lecture c'est très perceptible, pourtant rien ne lie ces deux histoires au niveau du scénario, si ce n'est les rapports "compliqués" que Batman entretient avec la police et Jim Gordon.
La trame est simple, on y trouve un Batman qui évolue comme une bête un peu maladroite, tel une chauve-souris bizarrement égarée dans un univers diurne. Le Bad, le méchant, la crapule de l'histoire est intéressant aussi, plutôt rarement utilisé dans les titres Batman parus en VF, pourtant il est l'un des ennemis historiques depuis le début de Batman, il s'agit d'Hugo Strange, un fieffé salopard qui en connait long sur le Chevalier Noir.
Le problème de ce type de personnage est que l'on ne peut guère les réutiliser une fois qu'ils ont perdu leur crédit aux yeux des gens qu'ils manipulent. Cette histoire, d'ailleurs, en rappelle d'autres plus anciennes entre les deux vieux ennemis, même si eux ne le savent pas. Oui hein, il s'agit de leur première rencontre depuis la réécriture des origines de Batman.
C'est classique, c'est bien, ça enquête, ça castagne c'est Batman comme on l'aime, même si son costume est un peu moins élaboré que ce que l'on voit aujourd'hui, si ses sens sont un peu moins affutés et si sa légende n'est que naissante.
Les dessins sont bons, même plus que ça ils sont très bons, le style Gulacy est propre et fluide, il ne colle juste plus avec ce que l'on a l'habitude de voir aujourd'hui. Ne pas oublié que cette BD est parue en 1992 et que les comics qui sortaient en VF de cette qualité, n'était pas légions à ce moment là.
Bref, Proie est rare, on a parfois le bonheur de lui tomber dessus dans les bacs des BD d'occasions pas chères, ceux que l'on glisse sous les étals et que personne ne fouille avec vraiment d'attention, ce qui est dommage, mais les petites pépites ne méritent-elles pas un peu de recherche ?
JJJ
Héros ou criminel, ce Batman ? La question se pose en ville. Le docteur Hugo Strange admire en secret Batman, et le déteste à la fois. Conseiller psychologique pour la police, il va hypnotiser Cort, le chef de la brigade anti-Batman pour le pousser à devenir un justicier hors-la-loi encore plus expéditif afin de faire porter le chapeau à notre héros. Entre Strange le dérangé et un Batman pas toujours sûr de faire le bon choix, un combat psychologique s'annonce.
Pas de superméchant ridicule, une bonne intrigue bien solide, et même si le dessin n'est pas à mon goût ça fait le boulot. On retrouve l'univers poisseux et réaliste de Year One à connotation sexuelle, une Catwoman garçon manqué, un Batman pas encore surhumain auquel il est facile de s'attacher. Certaines scènes d'Hugo Strange sont fascinantes de perversité et de délabrement psychologique.
Ma première BD Batman, ma préférée avec Year One (qu'il vaut mieux lire avant car Proie lui fait suite !).
MàJ :
J'avais lu Proie en empruntant un exemplaire à la bibliothèque, probablement une ancienne édition car j'ai récemment acheté la BD qui contient elle une deuxième histoire.
Le dr Hugo Strange est de retour et veut se venger de Batman (étonnant !). Mais il ne veut pas simplement se venger, il veut le détruire symboliquement et psychologiquement. Afin d'accomplir cette tâche difficile, il décide de trouver de l'aide auprès d'un autre taré, à savoir Jonathan Crane, enfermé à l'asile, et spécialiste de la peur. Tout un programme !
L'histoire est moins bien menée que la première, le dessin pas toujours heureux (surtout concernant les courbes de Catwoman) ; ça sent parfois la grosse série B. Mais il y a de l'idée et de l'ambition. Même si les expressions grossières des visages font perdre du sel à leur relation ambiguë, le couple Batman/Catwoman avec sa dynamique traditionnelle attraction/répulsion fonctionne bien. L'intrigue centrée sur la peur est aussi une belle idée, touchant évidemment à un thème central du personnage Batman, mais également employée d'une manière intéressante, Jonathan Crane, ancien souffre-douleur, voulant redevenir le maître de la peur, titre que lui aurait volé Batman, ce bourreau des bourreaux lui rappelant de mauvais souvenirs d'enfance.
Après dans la BD ça ne se traduit pas toujours de manière très subtile. Une part de l'action se déroule dans une vieille maison abandonnée comme dans les films d'épouvante ; bonne idée selon moi. Seulement on retrouve aussi beaucoup de clichés de ce genre de cinéma, quand on ne tombe pas dans des facilités propres à la BD.
Ça reste une histoire tout à fait divertissante, et un complément à Proie, lui faisant suite, que pour ma part je suis satisfait de posséder. Ma note serait de 3/5.
Requiem, on aime ou on déteste; moi j’adore! Enfin une série qui ne fait pas dans le « bon chic bon genre » : c’est trash, violent, malsain et diablement prenant !
Les dessins sont somptueux même si il est compréhensible que l’on puisse les trouver trop chargé. Ledroit est vraiment l’un des meilleurs artistes du 9ème art. Certaines planches sont de vrais tableaux. La mise en couleur, quant à elle, correspond tout à fait à l’ambiance recherchée, sanglante!
Cette série est totalement novatrice. Faire d’un ancien SS le héros d’une bande dessinée c’est déjà osé mais l’inclure dans un enfer où les violeurs, les zombies, les tueurs, les loups garous, les vampires (…) se font la guerre… il fallait quand même y penser! On découvre un univers extrêmement riche et complexe. A cela s’ajoute une histoire sombre et complexe où de nombreux personnages charismatiques se croisent (un peu trop).
Bref Requiem, Chevalier Vampire est une série pour adulte car elle est extrêmement violente. Ici, la rédemption et les idéologies malsaines se côtoient dans un univers glauque. Âmes sensibles s’abstenir.
Petit bémol, l'intrigue commence à se faire un peu longue à partir du 10ème tome. De plus les délires sur la musique métal/rock n'est pas franchement "tripant" pour les non initiés.
-1 étoile à cause d'un scénario qui n’avance plus et des délires moyens sur le métal.
J'avoue que je ne savais pas trop à quoi m'attendre en lisant cette BD...
Je ne connaissais pas Efa, qui semble travailler surtout chez Paquet, mais j'avoue que son trait est assez séduisant, et qu'il me rappelle un peu celui de Duhamel dans Kochka, pour l'aspect détaillé de certaines de ses cases, pour la technique générale aussi. Un point amusant, mais qui ne gêne aucunement la lecture : la tête des personnages est trop grosse par rapport au reste du corps, mais cela rajoute un effet un peu "enfantin" au style. Son dessin est bien accompagné par les couleurs chaudes, mais pas trop.
Le scénario, réalisé en tandem par la famille Jouvray, nous permet de suivre un moment-clé de l’histoire de la Nouvelle-Zélande, ce pays tellement éloigné et tellement fascinant : la crise économique dans les années 1930 pousse certains maoris à partir à l’étranger pour se produire et faire connaître leur culture. Le récit, sans qu’il ne se passe réellement grand-chose, est très prenant, grâce au découpage assez agréable réalisé par les deux auteurs. A noter d’ailleurs qu’Efa passe à un gaufrier très strict à partir du moment où les parents de Nyree quittent leur maison, comme s’il avait voulu marquer une rupture, mais une rupture solide, vers un ailleurs sécurisant.
Après la (re)lecture de l'ensemble de la série, le soufflet est un peu retombé, je trouve que la série manque un peu de souffle, et Efa a un peu négligé certaines cases dans le tome 2... Je redescends ma note d'un point, car elle reste pas mal, et tout de même intéressante.
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J’ai été enfant à une époque où l’on jouait encore aux Indiens et aux cow-boys (j’étais toujours un Indien). L’époque des grands westerns au cinéma était finie, hormis quelques surgeons, mais la télévision entretenait encore la flamme. Je regardais des westerns le dimanche après midi, parfois. Puis plus tard dans La Dernière Séance présentée par Eddy Mitchell. C’est au milieu de ces influences que j’ai découvert Blueberry. Et cette série a cristallisé en elle tout l’imaginaire du western tel qu’il s’est construit dans mon esprit. J’ai été captivé par les aventures du lieutenant Blueberry. Charlier est redoutable d’efficacité – et il n’est pas question ici de marketing ! Que ce soit sur un album ou sur des cycles entiers, il sait maintenir l’attention du lecteur, sans pour autant étirer artificiellement une intrigue. Comme toute série "ancienne", et qui s’est étalée dans le temps, une évolution s’est fait sentir, et heureusement ! Il n’y a pas eu ici de ronronnement. Et cette évolution a toujours été positive. Si les premiers albums tâtonnent un peu (y compris au niveau du dessin de Giraud), personnages et intrigues vont se densifier rapidement. Charlier va utilement et habilement user de la trame historique fournie par les guerres indiennes, la construction du chemin de fer, et des échos de la guerre de sécession. Il va aussi s’inspirer des westerns hollywoodiens, dans lesquels l’image de l’Indien était revisitée (à son profit). Les personnages secondaires sont souvent excellents. McClure est le pendant des sous-officiers irlandais des films de John Ford : il en a la passion pour le Whisky, mais il est moins monolithique (il "trahit" même un peu Blueberry dans "La mine de l’allemand perdu") et a une personnalité plus affirmée. Son duo avec Red Neck encadre parfaitement la geste et les gestes du héros principal. Guffie est un personnage à la fois typique et improbable, qui sert de respiration dans l’histoire, et parfois de baguette magique pour sortir Blueberry du pétrin. Mais Charlier sait rendre crédible ce qui ne l’est pas ! Les méchants sont très bons (comme Jethro ou Mac Allister par exemple). Chihuahua Pearl est à la fois avec et contre (parfois tout contre !) le héros, et est une véritable bombe – dans tous les sens du terme… De très bons scénarii donc, mais qui sont exaltés par le dessin du grand Giraud. Très influencé par Jigé, avec lequel il a travaillé (la couverture de "Fort Navajo" ne dépareillerait pas sur un Jerry Spring !) Mais Giraud s’affranchit des influences, et va lui-même créer un style, souvent copié, et rarement égalé. Il est capable de remplir le décor de détails très précis sans que cela fasse surchargé et que cela ne gêne la lecture : ses paysages sont superbes ! Et avec le cycle des Monts de la superstition ("La mine de l’Allemand perdu" et "Le spectre aux balles d’or"), je trouve que son dessin atteint un niveau hallucinant. Un niveau non suivi de pente, mais d’un plateau… Mais je crois que c’est à ce moment que son "double", Moebius, va accaparer une partie de son inspiration (sa dernière œuvre, Arzak, propose de superbes décors d’extérieur, qui pourraient convenir à un western comme Blueberry). Pour revenir sur les albums proprement dits, il n’y a que du bon (parfois), et du très bon (souvent !!!), les cycles faisant intervenir les Indiens sont très bons, que Blueberry soit leur ennemi (à son corps défendant), au début, ou leur allié à la fin. Le cycle mexicain est très bien mené… Il faudrait presque que je cite toute la série ! Je voudrais finir par la dernière période, où Giraud a officié seul, et qui est différente du reste. Un ton, un éclairage, une amertume qu’on ne retrouve pas dans les autres albums. Il n’y a plus la patte de Charlier, certes, mais je trouve que Giraud s’en sort plutôt bien et que ces derniers albums humanisent le héros, et qu’ils ne méritent pas toutes les critiques trop marquées que j’ai pu lire dans certains avis précédents. La geste de Blueberry s’achève, le héros a vieilli (comme Giraud d’ailleurs !). Mais le monde qui l’entoure aussi. Les "guerres indiennes" sont finies, la « frontière » chère aux historiens américains n’a plus lieu d’être. Le temps du bilan arrive, avec les désillusions qui peuvent aller avec. Je ferai ici un parallèle avec les sublimes photographies d’Edward Sherif Curtis qui, à la fin du XIXème siècle, ont magnifié – et peut-être embaumé-, ce "monde" qui disparaissait… Au final, c’est une bd culte, qui s’impose avec l’évidence de la simplicité, cette autre dénomination du talent. Pour toutes ces heures de plaisir, au gré des nombreuses (re)lectures – passées et futures, je vous dis merci, messieurs Charlier et Giraud !
Drakka
Attiré par les bonnes critiques lues ici et là, il n’y a pas fallu beaucoup d’hésitation avant d’embarquer ce petit bouquin aux apparats de comics francophone après l’avoir feuilleté, séduit tant par la qualité des dessins que par la réalisation toujours aussi bonne des éditions Ankama. La couverture plutôt étonnante est bien plus jolie en réalité que sur la vignette que l’on peut voir ici desservant davantage ses propos. Brrémaud le scénariste n’y va pas par 4 chemins pour présenter cette histoire plutôt curieuse se situant dans un futur proche et alternatif et où des créatures diverses et monstrueuses côtoient le plus naturellement possible les humains. En effet la trame de l’histoire est expédiée en quelques pages : un mafieux new yorkais mourant convie son fils légitime à défier Drakka, son autre fils illégitime et caché pour désigner lequel des deux lui succédera. Problème : aucun des deux frères n’a connaissance de l’autre et le fameux Drakka porte en lui quelques origines vampiriques qu’il doit à sa maman. Passée cette introduction, l’action se porte directement dans une mégalopole d’Europe de l’Est gangrénée par la pollution et la famine et où nous faisons connaissance de Drakka et de son quotidien pour survivre… Le premier affrontement avec la Hyène, le frère sans scrupules américain, sera le point d’orgue de ce premier tome d’une trilogie annoncée… Lorenzo di Felice aux pinceaux n’a pas son pareil pour mettre en scène de façon excessivement rythmée la course poursuite de Drakka dans les ruines de sa cité… Fuite de pillards, défense contre la Hyène et son équipe de tueurs, on a à peine le temps de souffler quelques pages pour introduire des personnages secondaires comme cette bande déclinante de vampires ou cette rencontre impromptue avec une jeune survivante et son frère. Les dessins sont beaux, très beaux dans un style mixant école européenne, japonaise et américaine que les couleurs informatiques ne dénaturent pas. Là où le bât blesse c’est que les dialogues sont d’une extrême pauvreté entre insultes de tous genre et vocabulaire réduit à sa portion congrue. Le parler « Djeuns » ne me dérange pas outre mesure mais ici il dessert davantage les dialogues qu’il ne les équilibre ! Ce qui est rageant par contre c’est que le scénariste nous impose son monde dont il nous manque pas mal de bases afin d’en distinguer toutes les subtilités. D’où viennent aussi tous ces personnages inhumains ? On a du mal à croire que l’environnement puisse être aussi riche pour uniquement soulever une querelle familiale à base de coups de poings et d’explosions en tous genre. Le scénario tient sur un bout de ficelle mais certaines zones d’ombre nous sont ménagées dans l’espoir que les deux prochains tomes vont rééquilibrer un peu plus tout ce fatras car l’ensemble est encore bien mince pour être conseillé là où un premier tome de Mutafukaz jouait dans le même registre avec beaucoup plus de jubilation ! En effet un marginal dans un monde hostile pseudo futuriste à qui l'on cherche des noises et qui est promis à un grand avenir, ça ne vous rappelle rien ? Moi si... Le tout s’adresse néanmoins à un public mi adulte car les scènes sont plutôt violentes et même si l’ensemble peut se targuer d’être bien découpé, certaines cases peuvent être difficiles à déchiffrer par l’anatomie inconnue de ces mercenaires verts muets. Le tout n’est pas forcément déplaisant et réserve aux amateurs d’action de jolies scènes d’action mais il me faudra en lire la suite pour savoir si Drakka va devenir une trilogie incontournable ou seulement une lecture divertissante dont on aura vite oublié une fois les bouquins terminés. En l’état on a un peu l'impression d'être en face d'une belle démo de jeu vidéo aux caractéristiques techniques impressionnantes mais dont on se lasse vite par manque d'interactivité donc un peu de patience avec les tomes suivants car le meilleur est surement à venir … tout du moins je l’espère vivement. EDIT APRES LECTURE TOME 2 : Ce qui pouvait constituer une semi-déception après avoir appris que la série serait achevée en deux tomes à la place des trois prévus initialement en constitue en fait un redoutable avantage… Le récit démarre sur les chapeaux de roues en déplaçant rapidement l’action de l’Europe au siège du grand méchant de l’histoire La Hyène. Les personnages, menaces et enjeux se développent sur de jolies pages très colorées entre nuances rouges et bleutées du plus bel effet à l’égal d’une couverture bien plus réussie que la première avec un joli pied de nez que l’on pourra apprécier ou pas ! Entre monstres surpuissants et la création d’une super-vilaine aussi mystérieuse que fulgurante, Brrémaud et di Felice entrent définitivement dans la cour des grands avec une récréation jouissive de toute beauté dont le final en laissera plus d’un pantois… Ne vous méprenez pas sur le contenu ainsi que le premier tome qui constitue à la fois un acte et, Drakka c’est de la bonne grosse lecture divertissante et légèrement déviante pour tout amateur de série B à la mécanique bien huilée ce qui rend ce diptyque tout simplement indispensable, la ultima cena laisse sur le cul et donne immédiatement envie d’en lire davantage. Du bestiaire aux flashback et aux scènes d’action furibondes, j’ai hâte de lire une nouvelle œuvre de cette association dont ce Drakka constitue un baptême de feu dont il serait indélicat de se priver.
Le Monde de Titus
Je ne suis pas totalement objectif, je vous l'accorde... forcément vu que j'en suis l'auteur... Dessinateur, scénariste ET coloriste... J'ai tout fait tout seul avec mes petites mains ! Je n'ai pas cherché à viser un public en particulier. Au contraire, j'ai pris le risque de faire la BD dont je rêvais. Quitte à ce qu'elle risque de ne plaire à personne. Heureusement, il n'en est rien, elle remporte un franc succès auprès de ceux qui l'ont lue. Le Monde de Titus est une série qui parle des choses sérieuses et intemporelles de la Vie. Ces petites et grandes choses qui nous ont fait grandir, réfléchir, évoluer que Koulou a glanées au fil de sa propre existence et dont il s'efforce de nous faire profiter aujourd'hui à travers son œuvre... Une BD qui s'adresse à des lecteurs intelligents et non à des consommateurs. De par ce fait, cette BD possède plusieurs niveaux de lecture qui la font apprécier des 7 ans comme des 77 ans. Chacun y trouvant son miel. C'est une saga en plusieurs tomes d'histoires complètes situées dans un monde entièrement imaginaire "Antic fantasy"... (y a pas que le médiéval dans la vie !) Dans ce premier tome, on découvre puis suis les péripéties des trois héros, Titus, Cyrius et Maya, qui ont dans les 20 ans et vivent les aventures de leurs âge (confrontation aux inégalités sociales, indignation, fête, picole, orientation scolaire, examens, etc...) en même temps que l'on découvre leur société dans tous ses aspects (mœurs, croyances, organisation sociales, mode de vie, traditions, culture, mythe fondateurs, etc.) Pour l'heure les Snogards vive sur une île. Une île paradisiaque peuplée de tortue géantes, où il fait toujours beau. On ne leur connaît ni voisin ni ennemi et ils ne manquent de rien... Mais... Mais... Tout cela ne serait-il pas trop beau pour durer ? Bien sûr l'intrigue réserve d'autres surprises mais que je ne saurais vous dévoiler ici sans vous gâcher le plaisir de lire l'album ensuite.
Bicycle 3000
Ecouter son libraire, c'est bien ! C'est encore grâce à lui que je découvre ce jeune auteur sud coréen et cet étrange et non moins formidable album inspiré d'une histoire vraie. Tout commence par cette garde à vue somme toute classique où un jeune simple d'esprit est soumis à un interrogatoire. Rien de très original, jusqu'à ce qu'une jeune fille présente au commissariat et étroitement mêlée à l'affaire disparaisse... Commence alors une narration un brin complexe et audacieuse de par la chronologie que décide d'en faire l'auteur. Les têtes de chapitre avec dates et heures sont à se mettre en post it dans un coin de cerveau accessible pour reconstituer le puzzle que nous propose O Se Hyung. Non pas qu'il y ait d'énorrrrmmmeuuu mystère à résoudre, tout est pratiquement posé page 11 dans le procès verbal du policier, mais c'est le "pourquoi ?" de tout cela qui prévaut dans chaque affaire criminelle que nous écartèle et recompose l'auteur avec brio. Graphiquement, c'est de toute beauté ! Tout est posé dans les contrastes. L'auteur joue des équilibres entre les planches et les compositions pour nous proposer un album que j'ai trouvé magnifique. J'ai énormément apprécié sa façon de composer ses planches : cases fermées, absence de cases, pleines pages, pages utilisées au tiers ; tout cela est d'une grande richesse et assoit l'ambiance qu'il compose radicalement. Ajoutez à cela des tons froids qui soulignent cette ambiance glaciale et tendue posés soit par un trait très fin et simple, comme pour les personnages, soit par un grand réalisme, comme les objets ou les paysages, et vous obtenez ce fascinant album de "Bicycle 3000" Le seul reproche que je ferais à cet album, c'est l'autocollant accrocheur de l'éditeur : "Un polar coréen inspiré d'une histoire vraie ! Si Park Chan-wook, le réalisateur de Old Boy, rencontrait Akira Kurosawa..." Franchement, j'ai beaucoup apprécié l'album, mais certainement pas pour la comparaison dont je n'ai pas encore trouvé la pertinence... A lire et à découvrir en tout cas !
Le Crime de Lord Arthur Savile
Bonsoir, C'est un avis un peu biaisé parce que j'ai dessiné la BD. Mais le site autorise les auteurs à parler de leur BD... Alors merci à ceux qui ont posté un avis, franchement c'est très intéressant d'avoir des retours sur mon travail. Surtout que je suis chez un petit éditeur, bien distribué, mais un peu "confidentiel". C'est une BD en noir et blanc qui est assez graphique et s'adresse plutôt à des amateurs de dessins un peu stylisés. Et puis on peut s'y intéresser si on aime l'univers d'Oscar Wilde. Nous avons pris quelques libertés par rapport au texte original et je m'en excuse auprès des puristes, c'est une adaptation avec tout ce que cela comporte... voici un lien pour aller sur le site de l'éditeur qui présente quelques planches et une vidéo, et plein d'autres choses : www.roymodus.com Bonne lecture,
Miss Pas Touche
Très belle surprise pour moi. La série est une réussite à tous les niveaux. Les ambiances du Paris des années 30, ainsi que celle de la maison close de luxe sont parfaites. Les dessins ne touchent certes pas au sublime mais ils sont modernes et dynamiques. Ils sont assez « mignons » et le décalage avec des personnages durs et une histoire cruelle est saisissant. J’ai adoré l’héroïne à la fois touchante et drôle, sorte de Sainte-Nitouche en contraste avec un environnement plein de vices. L’histoire, quant à elle, est passionnante et j’ai littéralement dévoré les 4 tomes. A lire de toute urgence.
La Proie d'Hugo Strange (Batman - Proie)
Un beau Batman ça... C'est peut-être à cause de l'aspect dépassé et trop classique des illustrations que Proie n'a pas été réédité, pourtant cette histoire mérite d'être lue et connue. Il y a quelques bons Batman oubliés, Proie en fait partie. L'histoire est accessible, situé au début de carrière du Batman post Crisis, soit peu de temps après Year One, que ce soit au niveau de la parution ou chronologiquement dans l'histoire du héros. A la lecture c'est très perceptible, pourtant rien ne lie ces deux histoires au niveau du scénario, si ce n'est les rapports "compliqués" que Batman entretient avec la police et Jim Gordon. La trame est simple, on y trouve un Batman qui évolue comme une bête un peu maladroite, tel une chauve-souris bizarrement égarée dans un univers diurne. Le Bad, le méchant, la crapule de l'histoire est intéressant aussi, plutôt rarement utilisé dans les titres Batman parus en VF, pourtant il est l'un des ennemis historiques depuis le début de Batman, il s'agit d'Hugo Strange, un fieffé salopard qui en connait long sur le Chevalier Noir. Le problème de ce type de personnage est que l'on ne peut guère les réutiliser une fois qu'ils ont perdu leur crédit aux yeux des gens qu'ils manipulent. Cette histoire, d'ailleurs, en rappelle d'autres plus anciennes entre les deux vieux ennemis, même si eux ne le savent pas. Oui hein, il s'agit de leur première rencontre depuis la réécriture des origines de Batman. C'est classique, c'est bien, ça enquête, ça castagne c'est Batman comme on l'aime, même si son costume est un peu moins élaboré que ce que l'on voit aujourd'hui, si ses sens sont un peu moins affutés et si sa légende n'est que naissante. Les dessins sont bons, même plus que ça ils sont très bons, le style Gulacy est propre et fluide, il ne colle juste plus avec ce que l'on a l'habitude de voir aujourd'hui. Ne pas oublié que cette BD est parue en 1992 et que les comics qui sortaient en VF de cette qualité, n'était pas légions à ce moment là. Bref, Proie est rare, on a parfois le bonheur de lui tomber dessus dans les bacs des BD d'occasions pas chères, ceux que l'on glisse sous les étals et que personne ne fouille avec vraiment d'attention, ce qui est dommage, mais les petites pépites ne méritent-elles pas un peu de recherche ? JJJ
La Proie d'Hugo Strange (Batman - Proie)
Héros ou criminel, ce Batman ? La question se pose en ville. Le docteur Hugo Strange admire en secret Batman, et le déteste à la fois. Conseiller psychologique pour la police, il va hypnotiser Cort, le chef de la brigade anti-Batman pour le pousser à devenir un justicier hors-la-loi encore plus expéditif afin de faire porter le chapeau à notre héros. Entre Strange le dérangé et un Batman pas toujours sûr de faire le bon choix, un combat psychologique s'annonce. Pas de superméchant ridicule, une bonne intrigue bien solide, et même si le dessin n'est pas à mon goût ça fait le boulot. On retrouve l'univers poisseux et réaliste de Year One à connotation sexuelle, une Catwoman garçon manqué, un Batman pas encore surhumain auquel il est facile de s'attacher. Certaines scènes d'Hugo Strange sont fascinantes de perversité et de délabrement psychologique. Ma première BD Batman, ma préférée avec Year One (qu'il vaut mieux lire avant car Proie lui fait suite !). MàJ : J'avais lu Proie en empruntant un exemplaire à la bibliothèque, probablement une ancienne édition car j'ai récemment acheté la BD qui contient elle une deuxième histoire. Le dr Hugo Strange est de retour et veut se venger de Batman (étonnant !). Mais il ne veut pas simplement se venger, il veut le détruire symboliquement et psychologiquement. Afin d'accomplir cette tâche difficile, il décide de trouver de l'aide auprès d'un autre taré, à savoir Jonathan Crane, enfermé à l'asile, et spécialiste de la peur. Tout un programme ! L'histoire est moins bien menée que la première, le dessin pas toujours heureux (surtout concernant les courbes de Catwoman) ; ça sent parfois la grosse série B. Mais il y a de l'idée et de l'ambition. Même si les expressions grossières des visages font perdre du sel à leur relation ambiguë, le couple Batman/Catwoman avec sa dynamique traditionnelle attraction/répulsion fonctionne bien. L'intrigue centrée sur la peur est aussi une belle idée, touchant évidemment à un thème central du personnage Batman, mais également employée d'une manière intéressante, Jonathan Crane, ancien souffre-douleur, voulant redevenir le maître de la peur, titre que lui aurait volé Batman, ce bourreau des bourreaux lui rappelant de mauvais souvenirs d'enfance. Après dans la BD ça ne se traduit pas toujours de manière très subtile. Une part de l'action se déroule dans une vieille maison abandonnée comme dans les films d'épouvante ; bonne idée selon moi. Seulement on retrouve aussi beaucoup de clichés de ce genre de cinéma, quand on ne tombe pas dans des facilités propres à la BD. Ça reste une histoire tout à fait divertissante, et un complément à Proie, lui faisant suite, que pour ma part je suis satisfait de posséder. Ma note serait de 3/5.
Requiem - Chevalier Vampire
Requiem, on aime ou on déteste; moi j’adore! Enfin une série qui ne fait pas dans le « bon chic bon genre » : c’est trash, violent, malsain et diablement prenant ! Les dessins sont somptueux même si il est compréhensible que l’on puisse les trouver trop chargé. Ledroit est vraiment l’un des meilleurs artistes du 9ème art. Certaines planches sont de vrais tableaux. La mise en couleur, quant à elle, correspond tout à fait à l’ambiance recherchée, sanglante! Cette série est totalement novatrice. Faire d’un ancien SS le héros d’une bande dessinée c’est déjà osé mais l’inclure dans un enfer où les violeurs, les zombies, les tueurs, les loups garous, les vampires (…) se font la guerre… il fallait quand même y penser! On découvre un univers extrêmement riche et complexe. A cela s’ajoute une histoire sombre et complexe où de nombreux personnages charismatiques se croisent (un peu trop). Bref Requiem, Chevalier Vampire est une série pour adulte car elle est extrêmement violente. Ici, la rédemption et les idéologies malsaines se côtoient dans un univers glauque. Âmes sensibles s’abstenir. Petit bémol, l'intrigue commence à se faire un peu longue à partir du 10ème tome. De plus les délires sur la musique métal/rock n'est pas franchement "tripant" pour les non initiés. -1 étoile à cause d'un scénario qui n’avance plus et des délires moyens sur le métal.
Kia Ora
J'avoue que je ne savais pas trop à quoi m'attendre en lisant cette BD... Je ne connaissais pas Efa, qui semble travailler surtout chez Paquet, mais j'avoue que son trait est assez séduisant, et qu'il me rappelle un peu celui de Duhamel dans Kochka, pour l'aspect détaillé de certaines de ses cases, pour la technique générale aussi. Un point amusant, mais qui ne gêne aucunement la lecture : la tête des personnages est trop grosse par rapport au reste du corps, mais cela rajoute un effet un peu "enfantin" au style. Son dessin est bien accompagné par les couleurs chaudes, mais pas trop. Le scénario, réalisé en tandem par la famille Jouvray, nous permet de suivre un moment-clé de l’histoire de la Nouvelle-Zélande, ce pays tellement éloigné et tellement fascinant : la crise économique dans les années 1930 pousse certains maoris à partir à l’étranger pour se produire et faire connaître leur culture. Le récit, sans qu’il ne se passe réellement grand-chose, est très prenant, grâce au découpage assez agréable réalisé par les deux auteurs. A noter d’ailleurs qu’Efa passe à un gaufrier très strict à partir du moment où les parents de Nyree quittent leur maison, comme s’il avait voulu marquer une rupture, mais une rupture solide, vers un ailleurs sécurisant. Après la (re)lecture de l'ensemble de la série, le soufflet est un peu retombé, je trouve que la série manque un peu de souffle, et Efa a un peu négligé certaines cases dans le tome 2... Je redescends ma note d'un point, car elle reste pas mal, et tout de même intéressante.