L'humour de Daniel Goossens fait s'esclaffer certains et d'autres demandent ce qu'il y a de drôle. Je fais radicalement partie de la première catégorie. Il est pour moi un génie de l'humour (ni plus, ni moins) et mon auteur préféré au sein de l'équipe Fluide Glacial. J'ai pourtant plus de plaisir à lire ses albums que les extraits pré-publiés dans le magazine. Peut-être est-ce dû à une meilleure fluidité narrative ou que sais-je... Bref.
"Voyage au bout de la lune" est pour moi, avec L'Encyclopédie des Bébés, un des ses meilleurs albums (je les ai quasiment tous, à l'exception de deux ou trois désormais presque introuvables).
Un album que j'ai relu à chaque fois avec le même plaisir et surtout qui me fait rire systématiquement. Les personnages sont caricaturaux et sont souvent parodiques. Mentions spéciales au professeur et surtout au sergent Jack, râleur obsessionnel et sarcastique. La gent militaire en prend pour son grade (ouuuuh je l'aime bien celle-là) dans cette histoire où celui qui pourrait être considéré comme le plus brillant (le prof scientifique) est tout simplement ignoré.
Mais ce qui fait la force de cette oeuvre -et dans le travail de Goossens en général- sont les dialogues et les tronches de ses personnages. Ce sont des fois des tout petits riens qui me font rire bêtement : une grimace, une non-grimace, une position, un gros mot judicieusement placé, une réflexion pertinente qui tombe à plat,...
"Et voilà. Je t'avais dit. Tu as cassé le talon de ta chaussure. On ne peut pas marcher avec ça. C'est normal, bonhomme. Les talons aiguilles, ça oblige à se dandiner comme une cocotte. Alors bien sûr, pendant un temps on piaffe, on glousse, on se pavane, mais un jour ça casse."
Comme d'habitude l'aventure dérive là où nous ne nous y attendions pas et je trouve qu'ici l'absurde est savamment dosé. Les clichés du cinéma d'action et d'aventure sont brillamment ridiculisés. Le comique prend de plus en plus d'importance au fur et à mesure du déroulement de l'histoire. Et pour ceux qui connaissent Georges et Louis, ils auront le bonheur de découvrir Louis en militaire (je vous laisse imaginer le pire).
Chamboulée dans sa vie professionnelle et personnelle, Sabela décide de se rendre en Galice afin d'y retrouver un ami de sa famille. Lui seul pourra, pense t-elle, lui communiquer des informations sur son grand père, parti chercher fortune du coté de Cuba il y a fort longtemps. Arrivé sur les lieux, elle doit rapidement faire face à la méfiance, voire à l'hostilité des locaux qui la soupçonne de vouloir faire main basse sur la fortune supposé de Fidel, un vieil original qui vit un peu en marge de la communauté.
Une relation de confiance et d'amitié va alors s'installer entre Fidel et Sabela, cette dernière ayant le sentiment que Fidel a pu connaitre son grand père. Celui ci ne cesse en effet de lui faire part de ses souvenirs de voyage accumulés alors qu'il travaillait sur les navires.
Fidel vit en effet au milieu des fantômes du passé, Rosalia une prostituée avec qui il aurait eut une relation et Ramon un séducteur qui fut un de ses compagnons de voyage. Et au milieu de tout ca, il y a des poissons, des baleines un peu comme dans "les baleines publiques" l'ouvrage de Frank Pé dans la série Broussaille chez Dupuis.
Fidel le jure il se souvient bien du grand père de Sabela qui s'enthousiasme de plus en plus pour ce vieil homme.
Pourtant la cafetière du village est formelle : Fidel n'a jamais quitté l'Espagne, où il a été élevé par une mère maquerelle. A qui appartiennent donc ses souvenirs ? Sont-ce les siens ou ceux des autres ?
Entre rêve et réalité, Prado nous entraîne dans un superbe récit sur la mémoire, constituée de souvenirs réels ou imaginaires au travers de plus de 250 planches d'une beauté à couper le souffle dessinées en couleur directes, qui sont autant de superbes tableaux. Le grand auteur Espagnol nous revient ainsi dans un récit onirique dans la même veine sur Trait de craie ou le passé resurgit dans le présent. Une œuvre superbe et rare malheureusement reproduite dans un petit format, sans doute pour des considérations économiques. Mais que cela n'arrête pas le lecteur et qu'il se plonge vite dans ce beau récit initiatique.
Je sais que la politique du site est d'éviter les 5/5 car ils ne sont réservés qu'aux BD cultes. Mais qui peut juger ou non de l'intégration ou non d'une BD au panthéon des BD ayant marqué l'histoire. Il ne s'agit que d'un avis subjectif à chaque fois, même si 1000 personnes le pensent. Autant, la 1001ème ne sera pas du même avis, ni même les 150.000 suivantes.
D'un point de vue personnel, je trouve les séries "Litteul Kévin" et Mammouth et Piston cultissimes tant elles nous renvoient à cette période où l'argot était encore drôle et coloré. Les personnages sont tout autant charismatiques et hauts en couleurs les uns que les autres, et les jeux de mots sont souvent fins et subtils, contrairement à ce qu'une certaine pseudo-élite voudrait le faire croire.
Je tiens à remercier l'auteur Coyote (que j'aimerais beaucoup rencontrer un jour afin de tailler une bavette), et je rêverais qu'il reprenne Mammouth et Piston ainsi que "Litteul Kévin" qui me font mourir de rire chaque fois que je les relis ; et dieu sait que je les relis au moins 2 fois par semaine depuis quelques années.
Merci Coyote !
Un manga comme je les adore !! Une histoire relativement courte (et terminée !), des dessins hallucinants -normal c'est du Otomo- et une histoire qui tient en haleine du début à la fin.
Les découpages cinématographiques sont audacieux et certaines perspectives donnent le tournis. Les scènes d'action sont utilisées avec parcimonie et sont d'une violence jusqu'au boutiste, retranscrites avec brio si bien que l'on s'y croirait.
Les personnages sont intéressants, l'histoire polar/thriller/sf m'a passionné. L'ambiance est glauque et malsaine, ponctuée de scènes gore ou action franchement terribles. J'adoooore la conclusion de Dômu qui me je me souviens, à l'époque, m'avait fait dire: "WAAAAAAAAAH" à haute voix les yeux écarquillés en la découvrant.
L'humour est noir et cynique à souhait. Je ne suis pas un grand connaisseur des raisons qui ont poussé Franquin à sortir ce bouquin, mais la seule chose dont j'ai la certitude c'est que c'est une œuvre nécessaire et indispensable.
De part la qualité et l'homogénéité de l'ensemble, mais aussi la férocité de certains gags. Et le dessin de Franquin est un vecteur qui pourrait de prime abord paraitre trop simpliste ou enfantin mais pourtant cela ajoute un degré supplémentaire à cet humour qui en possède déjà plusieurs.
Autre remarque, cette œuvre est assez ancienne et pourtant elle reste d'une actualité et d'un modernisme terrible, la patte des grands.
A posséder.
J'avais pris pied dans l'œuvre de Gibrat par Le Sursis puis le Vol du Corbeau. Quel plaisir de lecture que ce Matteo. Je vais commencer par le seul bémol à mes yeux de l'histoire : j'en aurais bien repris une louche de plus. Y a un goût de trop peu entre le T1 et le T2 même si c'est maitrisé au niveau de l'histoire. Gibrat parvient d'ailleurs à éviter de faire de Matteo un héros de guerre en le faisant déserteur puis en transportant son personnage lors de la révolution russe.
Dans ce tome, une belle mise en relief des différentes factions révolutionnaires qui se combattaient autant qu'elles faisaient la guerre à la monarchie tsariste. Et Matteo navigue toujours entre deux eaux, porté par le romantisme aiguillé au cœur, que ce soit vis à vis de sa belle Juliette ou de sa pensée anarchiste révolutionnaire (opposée au pragmatisme de Léa par exemple).
Le dessin est toujours aussi beau, avec le petit reproche effectivement que Léa, Juliette et Amélie sont sœurs jumelles. Dommage.
Mais vraiment à lire et découvrir.
Je vais aller dans le sens de la plupart des avis. Cette trilogie est une vraie réussite !
Les auteurs ont réussi à créer un monde fictif très proche de la Russie du début du 20ème siècle. L’histoire à la fois romanesque et passionnante nous tient en haleine jusqu’au bout : personnages travaillés, narration impeccable, ton juste et dramatique… C’est du beau boulot.
Les dessins stylisés, modernes et terriblement expressifs d’Alfred illustrent parfaitement le scénario.
Petit bémol, j’ai trouvé le dernier tome en deçà des autres aussi bien dans l’histoire que dans les traits, ce qui m’empêche de mettre la meilleure note.
Le Désespoir du Singe est une grande série à lire absolument.
Siegfried, ou l'adaptation d'un opéra de Richard Wagner mélangeant héroïque fantasy, lutte divines et poésie viking.
Alex Alice, dont je suis devenu admiratif, en fait un chef d’œuvre de bande dessinée et remplit plus que de raison son cahier des charges initiales.
Un récit foisonnant 3 gros tomes durant, des illustrations en tous genres, allant du noir complet agrémenté d'une unique bulle à des doubles pages tourbillonnantes et titanesques. Les personnages sont attachants, jamais noirs ou blancs, fouillés et croqués à la perfection. Alice maitrise totalement son trait et l'anatomie de ses héros, et nous les offre dans des décors impressionnants.
Une fois lancé dans l'aventure flamboyante aux légères touches d'humour, difficile d'en sortir tant que l’on n’a pas atteint la dernière page de cette épopée. Il est rare de dire que l'on trouve finalement une série trop courte. Ici, la relecture pourra se faire sans problème, pour en récupérer toute la moelle.
Un seul mot me vient en tête pour qualifier Siegfried : Épique. On en redemande de cette ivresse.
Pour moi ce manga sublime le genre auquel il appartient et m'a emmené à des hauteurs jamais atteintes au cours de mes précédentes lectures.
Je pense avoir aujourd'hui le recul nécessaire pour avancer qu'il s'agit du Manga n°1 (cela ne concerne que mon avis bien entendu). Les doubles pages se laissent admirer pendant de longues minutes, le scénario est bien ficelé avec de nombreux rebondissements et nous tient en haleine tout au long des tomes. Cependant l'élément qui donne tout son charme à l’œuvre reste ses personnages. Je retiendrai principalement Anotsu ("Le méchant" si on peut l'appeler ainsi) ainsi que Makie et la relation que ces 2 personnages entretiennent.
J'ajouterais enfin que jamais auparavant je n'avais constaté une évolution si naturelle chez des personnages de mangas.
Une ambiance forte, des combat épiques, des dessins doux et sensuels, des personnages humains, profonds et incroyablement bien dessinés. A posséder chez soi dans sa bibliothèque !!!
Mais quelle épopée que cette aventure où nous entrainent LF Bollée et Philippe Nicoux.
Je ne m'attendais pas à une telle lecture en commençant ce pavé. Littéralement, nous sommes proches d'un récit digne de l'Odyssée avec des personnages emblématiques comme le colosse Caesar ou le freluquet John Hudson, sans oublier le gouverneur Phillip et le romantique lieutenant Ralph Clark.
Ce récit qui m'a vraiment surpris est mené de main de maître. Au cours des premières pages nous découvrons les principaux protagonistes de cette fantastique aventure : les déportés constitués de bagnards et forçats dans un Londres du XVIIIème parfaitement reconstitué par le dessin sublime de Philippe Nicoux,-avec de magnifiques planches consacrées aux fameux pontons et à la prison de Londres- et les marins de sa royale Majesté, le Roi Georges.
Cette aventure sur plus de 500 pages nous retrace non seulement le voyage maritime vers la future Sydney mais aussi un reportage sur ces futurs colons, condamné(e)s à des peines diverses et qui peupleront le nouveau continent.
En composant des pleines planches superbes, Philippe Nicloux nous offre un récit en noir et blanc d'une beauté à couper le souffle, le tout servi sur un scénario en béton de LF Bollée, dont je suis la carrière depuis plusieurs années.
Ouvrage imposant s'il le faut, assez cher également, mais qui a su, aux dires de l'éditeur, conquérir un public assez large.
Pour le moment, il s'agit pour moi, d'une des meilleures bandes dessinées que j'ai lues depuis ce début d'année.
Dépaysant, instructif, intéressant et surtout bien dessiné.
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Voyage au bout de la Lune
L'humour de Daniel Goossens fait s'esclaffer certains et d'autres demandent ce qu'il y a de drôle. Je fais radicalement partie de la première catégorie. Il est pour moi un génie de l'humour (ni plus, ni moins) et mon auteur préféré au sein de l'équipe Fluide Glacial. J'ai pourtant plus de plaisir à lire ses albums que les extraits pré-publiés dans le magazine. Peut-être est-ce dû à une meilleure fluidité narrative ou que sais-je... Bref. "Voyage au bout de la lune" est pour moi, avec L'Encyclopédie des Bébés, un des ses meilleurs albums (je les ai quasiment tous, à l'exception de deux ou trois désormais presque introuvables). Un album que j'ai relu à chaque fois avec le même plaisir et surtout qui me fait rire systématiquement. Les personnages sont caricaturaux et sont souvent parodiques. Mentions spéciales au professeur et surtout au sergent Jack, râleur obsessionnel et sarcastique. La gent militaire en prend pour son grade (ouuuuh je l'aime bien celle-là) dans cette histoire où celui qui pourrait être considéré comme le plus brillant (le prof scientifique) est tout simplement ignoré. Mais ce qui fait la force de cette oeuvre -et dans le travail de Goossens en général- sont les dialogues et les tronches de ses personnages. Ce sont des fois des tout petits riens qui me font rire bêtement : une grimace, une non-grimace, une position, un gros mot judicieusement placé, une réflexion pertinente qui tombe à plat,... "Et voilà. Je t'avais dit. Tu as cassé le talon de ta chaussure. On ne peut pas marcher avec ça. C'est normal, bonhomme. Les talons aiguilles, ça oblige à se dandiner comme une cocotte. Alors bien sûr, pendant un temps on piaffe, on glousse, on se pavane, mais un jour ça casse." Comme d'habitude l'aventure dérive là où nous ne nous y attendions pas et je trouve qu'ici l'absurde est savamment dosé. Les clichés du cinéma d'action et d'aventure sont brillamment ridiculisés. Le comique prend de plus en plus d'importance au fur et à mesure du déroulement de l'histoire. Et pour ceux qui connaissent Georges et Louis, ils auront le bonheur de découvrir Louis en militaire (je vous laisse imaginer le pire).
Ardalén - Vent de mémoires
Chamboulée dans sa vie professionnelle et personnelle, Sabela décide de se rendre en Galice afin d'y retrouver un ami de sa famille. Lui seul pourra, pense t-elle, lui communiquer des informations sur son grand père, parti chercher fortune du coté de Cuba il y a fort longtemps. Arrivé sur les lieux, elle doit rapidement faire face à la méfiance, voire à l'hostilité des locaux qui la soupçonne de vouloir faire main basse sur la fortune supposé de Fidel, un vieil original qui vit un peu en marge de la communauté. Une relation de confiance et d'amitié va alors s'installer entre Fidel et Sabela, cette dernière ayant le sentiment que Fidel a pu connaitre son grand père. Celui ci ne cesse en effet de lui faire part de ses souvenirs de voyage accumulés alors qu'il travaillait sur les navires. Fidel vit en effet au milieu des fantômes du passé, Rosalia une prostituée avec qui il aurait eut une relation et Ramon un séducteur qui fut un de ses compagnons de voyage. Et au milieu de tout ca, il y a des poissons, des baleines un peu comme dans "les baleines publiques" l'ouvrage de Frank Pé dans la série Broussaille chez Dupuis. Fidel le jure il se souvient bien du grand père de Sabela qui s'enthousiasme de plus en plus pour ce vieil homme. Pourtant la cafetière du village est formelle : Fidel n'a jamais quitté l'Espagne, où il a été élevé par une mère maquerelle. A qui appartiennent donc ses souvenirs ? Sont-ce les siens ou ceux des autres ? Entre rêve et réalité, Prado nous entraîne dans un superbe récit sur la mémoire, constituée de souvenirs réels ou imaginaires au travers de plus de 250 planches d'une beauté à couper le souffle dessinées en couleur directes, qui sont autant de superbes tableaux. Le grand auteur Espagnol nous revient ainsi dans un récit onirique dans la même veine sur Trait de craie ou le passé resurgit dans le présent. Une œuvre superbe et rare malheureusement reproduite dans un petit format, sans doute pour des considérations économiques. Mais que cela n'arrête pas le lecteur et qu'il se plonge vite dans ce beau récit initiatique.
Litteul Kévin
Je sais que la politique du site est d'éviter les 5/5 car ils ne sont réservés qu'aux BD cultes. Mais qui peut juger ou non de l'intégration ou non d'une BD au panthéon des BD ayant marqué l'histoire. Il ne s'agit que d'un avis subjectif à chaque fois, même si 1000 personnes le pensent. Autant, la 1001ème ne sera pas du même avis, ni même les 150.000 suivantes. D'un point de vue personnel, je trouve les séries "Litteul Kévin" et Mammouth et Piston cultissimes tant elles nous renvoient à cette période où l'argot était encore drôle et coloré. Les personnages sont tout autant charismatiques et hauts en couleurs les uns que les autres, et les jeux de mots sont souvent fins et subtils, contrairement à ce qu'une certaine pseudo-élite voudrait le faire croire. Je tiens à remercier l'auteur Coyote (que j'aimerais beaucoup rencontrer un jour afin de tailler une bavette), et je rêverais qu'il reprenne Mammouth et Piston ainsi que "Litteul Kévin" qui me font mourir de rire chaque fois que je les relis ; et dieu sait que je les relis au moins 2 fois par semaine depuis quelques années. Merci Coyote !
Dômu - Rêves d'enfants
Un manga comme je les adore !! Une histoire relativement courte (et terminée !), des dessins hallucinants -normal c'est du Otomo- et une histoire qui tient en haleine du début à la fin. Les découpages cinématographiques sont audacieux et certaines perspectives donnent le tournis. Les scènes d'action sont utilisées avec parcimonie et sont d'une violence jusqu'au boutiste, retranscrites avec brio si bien que l'on s'y croirait. Les personnages sont intéressants, l'histoire polar/thriller/sf m'a passionné. L'ambiance est glauque et malsaine, ponctuée de scènes gore ou action franchement terribles. J'adoooore la conclusion de Dômu qui me je me souviens, à l'époque, m'avait fait dire: "WAAAAAAAAAH" à haute voix les yeux écarquillés en la découvrant.
Idées Noires
L'humour est noir et cynique à souhait. Je ne suis pas un grand connaisseur des raisons qui ont poussé Franquin à sortir ce bouquin, mais la seule chose dont j'ai la certitude c'est que c'est une œuvre nécessaire et indispensable. De part la qualité et l'homogénéité de l'ensemble, mais aussi la férocité de certains gags. Et le dessin de Franquin est un vecteur qui pourrait de prime abord paraitre trop simpliste ou enfantin mais pourtant cela ajoute un degré supplémentaire à cet humour qui en possède déjà plusieurs. Autre remarque, cette œuvre est assez ancienne et pourtant elle reste d'une actualité et d'un modernisme terrible, la patte des grands. A posséder.
Mattéo
J'avais pris pied dans l'œuvre de Gibrat par Le Sursis puis le Vol du Corbeau. Quel plaisir de lecture que ce Matteo. Je vais commencer par le seul bémol à mes yeux de l'histoire : j'en aurais bien repris une louche de plus. Y a un goût de trop peu entre le T1 et le T2 même si c'est maitrisé au niveau de l'histoire. Gibrat parvient d'ailleurs à éviter de faire de Matteo un héros de guerre en le faisant déserteur puis en transportant son personnage lors de la révolution russe. Dans ce tome, une belle mise en relief des différentes factions révolutionnaires qui se combattaient autant qu'elles faisaient la guerre à la monarchie tsariste. Et Matteo navigue toujours entre deux eaux, porté par le romantisme aiguillé au cœur, que ce soit vis à vis de sa belle Juliette ou de sa pensée anarchiste révolutionnaire (opposée au pragmatisme de Léa par exemple). Le dessin est toujours aussi beau, avec le petit reproche effectivement que Léa, Juliette et Amélie sont sœurs jumelles. Dommage. Mais vraiment à lire et découvrir.
Le Désespoir du Singe
Je vais aller dans le sens de la plupart des avis. Cette trilogie est une vraie réussite ! Les auteurs ont réussi à créer un monde fictif très proche de la Russie du début du 20ème siècle. L’histoire à la fois romanesque et passionnante nous tient en haleine jusqu’au bout : personnages travaillés, narration impeccable, ton juste et dramatique… C’est du beau boulot. Les dessins stylisés, modernes et terriblement expressifs d’Alfred illustrent parfaitement le scénario. Petit bémol, j’ai trouvé le dernier tome en deçà des autres aussi bien dans l’histoire que dans les traits, ce qui m’empêche de mettre la meilleure note. Le Désespoir du Singe est une grande série à lire absolument.
Siegfried
Siegfried, ou l'adaptation d'un opéra de Richard Wagner mélangeant héroïque fantasy, lutte divines et poésie viking. Alex Alice, dont je suis devenu admiratif, en fait un chef d’œuvre de bande dessinée et remplit plus que de raison son cahier des charges initiales. Un récit foisonnant 3 gros tomes durant, des illustrations en tous genres, allant du noir complet agrémenté d'une unique bulle à des doubles pages tourbillonnantes et titanesques. Les personnages sont attachants, jamais noirs ou blancs, fouillés et croqués à la perfection. Alice maitrise totalement son trait et l'anatomie de ses héros, et nous les offre dans des décors impressionnants. Une fois lancé dans l'aventure flamboyante aux légères touches d'humour, difficile d'en sortir tant que l’on n’a pas atteint la dernière page de cette épopée. Il est rare de dire que l'on trouve finalement une série trop courte. Ici, la relecture pourra se faire sans problème, pour en récupérer toute la moelle. Un seul mot me vient en tête pour qualifier Siegfried : Épique. On en redemande de cette ivresse.
L'Habitant de l'infini
Pour moi ce manga sublime le genre auquel il appartient et m'a emmené à des hauteurs jamais atteintes au cours de mes précédentes lectures. Je pense avoir aujourd'hui le recul nécessaire pour avancer qu'il s'agit du Manga n°1 (cela ne concerne que mon avis bien entendu). Les doubles pages se laissent admirer pendant de longues minutes, le scénario est bien ficelé avec de nombreux rebondissements et nous tient en haleine tout au long des tomes. Cependant l'élément qui donne tout son charme à l’œuvre reste ses personnages. Je retiendrai principalement Anotsu ("Le méchant" si on peut l'appeler ainsi) ainsi que Makie et la relation que ces 2 personnages entretiennent. J'ajouterais enfin que jamais auparavant je n'avais constaté une évolution si naturelle chez des personnages de mangas. Une ambiance forte, des combat épiques, des dessins doux et sensuels, des personnages humains, profonds et incroyablement bien dessinés. A posséder chez soi dans sa bibliothèque !!!
Terra Australis
Mais quelle épopée que cette aventure où nous entrainent LF Bollée et Philippe Nicoux. Je ne m'attendais pas à une telle lecture en commençant ce pavé. Littéralement, nous sommes proches d'un récit digne de l'Odyssée avec des personnages emblématiques comme le colosse Caesar ou le freluquet John Hudson, sans oublier le gouverneur Phillip et le romantique lieutenant Ralph Clark. Ce récit qui m'a vraiment surpris est mené de main de maître. Au cours des premières pages nous découvrons les principaux protagonistes de cette fantastique aventure : les déportés constitués de bagnards et forçats dans un Londres du XVIIIème parfaitement reconstitué par le dessin sublime de Philippe Nicoux,-avec de magnifiques planches consacrées aux fameux pontons et à la prison de Londres- et les marins de sa royale Majesté, le Roi Georges. Cette aventure sur plus de 500 pages nous retrace non seulement le voyage maritime vers la future Sydney mais aussi un reportage sur ces futurs colons, condamné(e)s à des peines diverses et qui peupleront le nouveau continent. En composant des pleines planches superbes, Philippe Nicloux nous offre un récit en noir et blanc d'une beauté à couper le souffle, le tout servi sur un scénario en béton de LF Bollée, dont je suis la carrière depuis plusieurs années. Ouvrage imposant s'il le faut, assez cher également, mais qui a su, aux dires de l'éditeur, conquérir un public assez large. Pour le moment, il s'agit pour moi, d'une des meilleures bandes dessinées que j'ai lues depuis ce début d'année. Dépaysant, instructif, intéressant et surtout bien dessiné. Que demandez de mieux ?