Cette histoire qui mêle drames et passions avec l'aventure, raconte avant tout le destin singulier de 3 femmes dans l'Inde éternelle. Elle s'étale sur 3 générations, de 1927 aux débuts des années 70, et elle est née au cours d'un voyage en Inde effectué par les époux Charles qui sont tombés sous le charme d'un passé prestigieux.
"India Dreams" est un bouquet de rêves qui renvoie en effet au temps des dernières splendeurs de l'empire colonial, des derniers feux d'une époque où la grandeur britannique de cet empire trouve sa source dans le beau film de David Lean en 1984 : "la Route des Indes". Est-ce pour cette raison que J.F. Charles a donné à l'un des personnages la physionomie de l'acteur Claude Rains dans Lawrence d'Arabie, autre film légendaire de David Lean ?
C'est avant tout une formidable saga romanesque où l'amour transcende ces 3 femmes, dont le côté sensuel de l'Inde leur révèle leur propre sensualité, surtout celle d'Amélia, première des 3 à succomber au charme de Dharma Singh, le maharadjah d'une région du Punjab. Sa fille Emy succombera elle aussi au charme exotique de la chair avec son ami d'enfance, le prince Jarawal, mais elle épousera un homosexuel ami de son père, Kenneth Lowther qui donnera une bonne éducation à sa fille Kamala, née de ses amours avec Jarawal. La progression de l'intrigue et des personnages est remarquable, même si la narration est par endroits confuse; le récit est dense, puisqu'il retrace aussi les étapes politiques du pays après l'indépendance, il faut donc le lire attentivement.
Les auteurs sacrifient au festival de clichés qu'on a généralement sur l'Inde, et ses décors réels superbes (le Palais des Vents à Jaïpur, le Taj Mahal à Agra ) contribuent à rendre cette série passionnante ; tout y est : palais de maharadjah, vaches sacrées, chasse au tigre, danseuses exotiques, éléphants, le Gange à Bénarès.... sans oublier la torpeur moite et l'érotisme discret qui font que le lecteur ne lachera pas facilement cette saga envoûtante, enluminée par la qualité graphique de J.F. Charles dans le style aquarelle dû aux couleurs directes. Cette histoire est susceptible de plaire plus à un lectorat féminin.
Je n'ai lu que le 1er cycle, et comme il tient toutes ses promesses, achat sans problème.
Akileos et Delirium rééditent ces EC comics des années 50/60 pour le plus grand bonheur des anciens...et des jeunes. Ces courts récits de 6 à 8 planches, au ton direct, presque journalistique, se terminaient généralement, non par un 'happy end', mais plutôt par un 'disastrous end'...pour le méchant ! Des récits sans concession aussi sur la guerre, alors que certaines éditions étaient publiées pendant la guerre de Corée. A lire aussi pour leur superbe graphisme noir et blanc.
J'ai pris un très grand plaisir à la lecture de ce récit qui réunit 2 bonnes qualités : de beaux dessins et une histoire qui a su me tenir en haleine. On retrouve ici des mots qui sont sûrement à la base de la civilisation (Connaissance, Partage, Solidarité). Laghou est peut-être le premier hominidé à avoir domestiqué le loup.
Les personnages sont très attachants, j'ai eu peur pour eux. Les cannibales m'ont fait frémir, même avec leurs traits grossiers ils étaient beaux ces hommes et femmes de Neandertal. Cette BD est un gros coup de cœur.
BD de Yanouch, auteur ayant fondé Y.I.L. édition (Yanouch Industrie Lourde).
Traitée dans un style original mêlant photo et 3D en noir et blanc, cette série joue sur le parallèle entre deux mondes, le nôtre et celui d'Ekko, héroïne fantasmée de l'écrivain Samuel Fausset.
Le monde d'Ekko est une Terre post-apocalyptique, violente et baroque.
Par certains côtés (réel/irréel) l'histoire fait penser à Matrix. On pourrait aussi parler de cyberpunk.
Original et beau !
Nouvelle série de la petite boîte qui monte, Y.I.L. édition !
Les auteurs sont novices, mais nous livrent une série ambitieuse. Et lorsque l'on passe sur les imperfections, on découvre une histoire qui lorgne du côté de 24 heures ou Die Hard et retranscrit bien l'ambiance des films américains de ce genre.
Après lecture des 6 tomes, voici une série réjouissante comme j'aime, qui n'hésite pas à farfouiller dans les arcanes de la politique, loin de ce que font les Ricains quand ils dénoncent leur démocratie, mais ça s'en approche. "Sisco" marque un retour aux sources au sein de la collection Troisième Vague du Lombard qui s'était un peu dispersée, un retour vers le thriller politique dans un style proche de Alpha ou I.R.$., tout en évoluant dans une thématique différente.
J'adore les personnages pas nets, et là on nous sert un type, Vincent Sisco, une sorte de barbouze qui se place dans la mouvance des héros de BD et de l'écran qui ne sont pas foncièrement sympathiques : odieux avec ses maîtresses, méprisant avec ses collègues, insolent avec ses supérieurs, froid dans sa profession, il est loin des personnages monolithiques d'antan ; désormais, les héros sont ambigus et s'éloignent de plus en plus de l'image lisse qu'ils ont véhiculée pendant longtemps. Même James Bond depuis Casino Royale n'est plus aussi clean qu'avant.
Sisco est un de ces hommes de l'ombre au service de l'Elysée, qui "effacent" les grains de sable et autres rouages qui grippent la mécanique bien huilée de la politique, l'homme idéal pour protéger le président de ses petits secrets, en s'assurant de l'immunité de la République. Dès le premier diptyque, l'histoire s'inspire d'une affaire réelle sous Mitterrand, et plante magistralement le portrait d'un héros cynique qui choisit une cour où les loups se dévorent entre eux. Malgré cet aspect négatif, le lecteur se surprend à aimer ce héros qu'il a envie de voir gagner à la fin, au milieu d'un festival réussi de meurtres, pièges et machinations sordides.
Dans le second diptyque, on apprend aussi des trucs, Sisco est malmené par les caprices de la fille du président, une peste qui évolue dans un milieu de riches bien rendu. Legrain, par son graphisme clair et fignolé, et son soin du décor, sert à merveille les sujets haletants écrits par Benec, qui sont entrain de faire de cette série un nouveau classique à l'originalité forte.
J'ai un petit faible pour cette Bd, et je la note bien même si certains penseront qu'elle est trop commerciale ou qu'elle ne le mérite pas...
Comme Serre, Mordillo est considéré comme un dessinateur de dessin humoristique, mais il a parfois approché la bande dessinée d'une façon un peu hybride avec ses célèbres Girafes que j'ai découvert dans Pif-Gadget vers 1972 ; d'emblée j'ai accroché à ce type d'humour et à ce dessin qu'il a servi avec une qualité extraordinaire dans des situations cocasses et surréalistes.
Mordillo s'est rendu célèbre avec ses buildings, ses labyrinthes, ses montagnes et ses jungles colorées où ses petits bonshommes aux gros nez et aux formes rondouillardes se plaisent à évoluer. A mi-chemin entre BD et illustration, il propose des gags toujours muets basés sur l'absurde et agrémentés de couleurs vives. Le tout est toujours d'une grande finesse. On regarde, on observe avec délice tous les détails, on y revient... un vrai régal. Je le place à égalité avec Serre parmi les meilleurs humoristes du dessin.
Pas besoin d'avoir tous les albums, on peut lire les "Opus" en biblio, et posséder au moins "Mordillo Football" (avec préface de Pelé) qui est certainement son meilleur.
Serre, c'est pas de la BD, c'est du dessin humoristique ! mais qu'est-ce que c'est bon. C'est un monument du dessin d'humour, un type qui sait manier un crayon avec un brio et une habileté percutante. Dès que je l'ai découvert, j'ai tout de suite aimé cette ration de rire corrosive et décapante servie par un dessin au style reconnaissable, fouillé et tout en trames finement travaillées. En 1977, j'ai réussi à obtenir ma première dédicace à Angoulême sur l'album Le Sport, ce fut un grand moment d'être en face de ce monsieur.
Je recommande tous ses classiques comme " la Bouffe ", à l'humour des plus sarcastique, avec des dessins superbement dégueu ; " Vice compris " avec des dessins parus dans Lui et des revues masculines (mais c'est loin d'être le meilleur) ; " Savoir Vivre " où la mort est un beau sujet pour triturer l'âme humaine et un humour très très noir ; " le Sport " est vraiment impitoyable avec les sportifs ; " Humour noir et hommes en blanc ", un best-seller dont la vision cruelle des hôpitaux et des professions médicales est très forte ; " l'Automobile ", pour moi le meilleur où l'absurde le dispute à l'humour rigolard.
Serre, c'est un énorme éclat de rire qui peut se lire vite, mais on peut aussi après avoir ri du gag, détailler le dessin toujours efficace avec ses trames et certaines gueules, s'attarder et y revenir longtemps après sans que le gag ait perdu sa force.
Dans mon avis sur Les 7 vies de l'épervier, j'évoquais déja cette série qui en est la suite directe tant attendue par les fans, en dehors de toutes les séries dérivées lancées par Cothias avec d'autres dessinateurs. Il est vrai qu'elle n'était peut-être pas justifiée au regard d'un tel monument de la BD historique, tout au moins au début, mais en y réfléchissant bien, la fin des 7 Vies... m'avait un peu déçu, aussi, cette suite s'imposait finalement, surtout qu'elle arrive 4 ans après, chez un autre éditeur, et propose une nouvelle histoire, c'est pas de la resucée, donc je fonce tête baissée évidemment. Et je ne suis pas déçu ; sans atteindre l'aura mythique imprimée à la série mère, les 2 auteurs Cothias et Juillard qui se retrouvent, réussissent une série passionnante.
Elle s'attache au personnage central d'Ariane de Troïl, devenue une belle jeune femme, partie aux Amériques à la recherche de son père. Le récit démarre un peu lentement lorsqu'elle croupit à demi-folle dans un hospice à la merci de Gaston d'Orléans, frère du roi, puis elle met au monde l'enfant de Germain Grandpin qui sera recueilli par le couple Lenclos, avant de retrouver sa raison et de partir vers le Nouveau Monde avec Champlain.
Comme toujours, Cothias est très doué pour mêler l'Histoire, la petite histoire et le fictif en un enchevêtrement extrêmement bien agencé, et Juillard réussit une superbe description des paysages canadiens et des peuples qui y vivent, grâce à son trait toujours aussi lumineux ; ces épisodes indiens d'une époque d'avant les colons du XVIIIème siècle, sont magnifiques et poétiques, c'est assurément ma partie préférée de cette série, on y sent une pureté en harmonie avec la nature chez ces peuples, qui sera détruite 2 siècles plus tard par les conquêtes de leurs territoires.
4 albums qui s'imposent pour les fans.
AAaah le Gaston Lagaffe !! Pour moi, c'est un personnage avant d'être une bande dessinée. J'entends par là que je ne riais que très rarement aux gags mais j'étais attaché irrésistiblement au personnage. Ce flemmard sans relâche qui dans la vraie vie se ferait étrangler par ses collègues de bureau ou pire, virer. Je me demandais tout le temps "Il est encore là, lui ??? Il a fait péter le bureau la semaine dernière et tout va bien ?". Et malgré cette fainéantise sans limites, Gaston est un génie. Il invente à tour de bras (ceci n'empêche pas celà).
Lagaffe, c'était aussi une dégaine divinement naze : un corps de grenouille avec une grosse tête, une coupe de cheveux de gueux moyen-ageux, un air constamment endormi et une paire de tatanes toutes déglinguées (rien que ça, ça me faisait marrer).
Frustrations à répétitions lorsque je voyais les échecs chroniques de la signature de contrat avec Demesmaeker ou la relation platonique avec mademoiselle Jeanne. Mais Gaston est un gars solide et ne se démonte pas pour des futilités.
Achat fortement recommandé à tout le monde. Lecture obligatoire pour la jeunesse actuelle (beh oui, ils ont pas d'argent!) pour qu'ils en prennent de la graine d'insoumission. M'ENFIN !
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India Dreams
Cette histoire qui mêle drames et passions avec l'aventure, raconte avant tout le destin singulier de 3 femmes dans l'Inde éternelle. Elle s'étale sur 3 générations, de 1927 aux débuts des années 70, et elle est née au cours d'un voyage en Inde effectué par les époux Charles qui sont tombés sous le charme d'un passé prestigieux. "India Dreams" est un bouquet de rêves qui renvoie en effet au temps des dernières splendeurs de l'empire colonial, des derniers feux d'une époque où la grandeur britannique de cet empire trouve sa source dans le beau film de David Lean en 1984 : "la Route des Indes". Est-ce pour cette raison que J.F. Charles a donné à l'un des personnages la physionomie de l'acteur Claude Rains dans Lawrence d'Arabie, autre film légendaire de David Lean ? C'est avant tout une formidable saga romanesque où l'amour transcende ces 3 femmes, dont le côté sensuel de l'Inde leur révèle leur propre sensualité, surtout celle d'Amélia, première des 3 à succomber au charme de Dharma Singh, le maharadjah d'une région du Punjab. Sa fille Emy succombera elle aussi au charme exotique de la chair avec son ami d'enfance, le prince Jarawal, mais elle épousera un homosexuel ami de son père, Kenneth Lowther qui donnera une bonne éducation à sa fille Kamala, née de ses amours avec Jarawal. La progression de l'intrigue et des personnages est remarquable, même si la narration est par endroits confuse; le récit est dense, puisqu'il retrace aussi les étapes politiques du pays après l'indépendance, il faut donc le lire attentivement. Les auteurs sacrifient au festival de clichés qu'on a généralement sur l'Inde, et ses décors réels superbes (le Palais des Vents à Jaïpur, le Taj Mahal à Agra ) contribuent à rendre cette série passionnante ; tout y est : palais de maharadjah, vaches sacrées, chasse au tigre, danseuses exotiques, éléphants, le Gange à Bénarès.... sans oublier la torpeur moite et l'érotisme discret qui font que le lecteur ne lachera pas facilement cette saga envoûtante, enluminée par la qualité graphique de J.F. Charles dans le style aquarelle dû aux couleurs directes. Cette histoire est susceptible de plaire plus à un lectorat féminin. Je n'ai lu que le 1er cycle, et comme il tient toutes ses promesses, achat sans problème.
Crime Suspenstories
Akileos et Delirium rééditent ces EC comics des années 50/60 pour le plus grand bonheur des anciens...et des jeunes. Ces courts récits de 6 à 8 planches, au ton direct, presque journalistique, se terminaient généralement, non par un 'happy end', mais plutôt par un 'disastrous end'...pour le méchant ! Des récits sans concession aussi sur la guerre, alors que certaines éditions étaient publiées pendant la guerre de Corée. A lire aussi pour leur superbe graphisme noir et blanc.
Neandertal
J'ai pris un très grand plaisir à la lecture de ce récit qui réunit 2 bonnes qualités : de beaux dessins et une histoire qui a su me tenir en haleine. On retrouve ici des mots qui sont sûrement à la base de la civilisation (Connaissance, Partage, Solidarité). Laghou est peut-être le premier hominidé à avoir domestiqué le loup. Les personnages sont très attachants, j'ai eu peur pour eux. Les cannibales m'ont fait frémir, même avec leurs traits grossiers ils étaient beaux ces hommes et femmes de Neandertal. Cette BD est un gros coup de cœur.
Entre-Monde
BD de Yanouch, auteur ayant fondé Y.I.L. édition (Yanouch Industrie Lourde). Traitée dans un style original mêlant photo et 3D en noir et blanc, cette série joue sur le parallèle entre deux mondes, le nôtre et celui d'Ekko, héroïne fantasmée de l'écrivain Samuel Fausset. Le monde d'Ekko est une Terre post-apocalyptique, violente et baroque. Par certains côtés (réel/irréel) l'histoire fait penser à Matrix. On pourrait aussi parler de cyberpunk. Original et beau !
Krys Farell
Nouvelle série de la petite boîte qui monte, Y.I.L. édition ! Les auteurs sont novices, mais nous livrent une série ambitieuse. Et lorsque l'on passe sur les imperfections, on découvre une histoire qui lorgne du côté de 24 heures ou Die Hard et retranscrit bien l'ambiance des films américains de ce genre.
Sisco
Après lecture des 6 tomes, voici une série réjouissante comme j'aime, qui n'hésite pas à farfouiller dans les arcanes de la politique, loin de ce que font les Ricains quand ils dénoncent leur démocratie, mais ça s'en approche. "Sisco" marque un retour aux sources au sein de la collection Troisième Vague du Lombard qui s'était un peu dispersée, un retour vers le thriller politique dans un style proche de Alpha ou I.R.$., tout en évoluant dans une thématique différente. J'adore les personnages pas nets, et là on nous sert un type, Vincent Sisco, une sorte de barbouze qui se place dans la mouvance des héros de BD et de l'écran qui ne sont pas foncièrement sympathiques : odieux avec ses maîtresses, méprisant avec ses collègues, insolent avec ses supérieurs, froid dans sa profession, il est loin des personnages monolithiques d'antan ; désormais, les héros sont ambigus et s'éloignent de plus en plus de l'image lisse qu'ils ont véhiculée pendant longtemps. Même James Bond depuis Casino Royale n'est plus aussi clean qu'avant. Sisco est un de ces hommes de l'ombre au service de l'Elysée, qui "effacent" les grains de sable et autres rouages qui grippent la mécanique bien huilée de la politique, l'homme idéal pour protéger le président de ses petits secrets, en s'assurant de l'immunité de la République. Dès le premier diptyque, l'histoire s'inspire d'une affaire réelle sous Mitterrand, et plante magistralement le portrait d'un héros cynique qui choisit une cour où les loups se dévorent entre eux. Malgré cet aspect négatif, le lecteur se surprend à aimer ce héros qu'il a envie de voir gagner à la fin, au milieu d'un festival réussi de meurtres, pièges et machinations sordides. Dans le second diptyque, on apprend aussi des trucs, Sisco est malmené par les caprices de la fille du président, une peste qui évolue dans un milieu de riches bien rendu. Legrain, par son graphisme clair et fignolé, et son soin du décor, sert à merveille les sujets haletants écrits par Benec, qui sont entrain de faire de cette série un nouveau classique à l'originalité forte. J'ai un petit faible pour cette Bd, et je la note bien même si certains penseront qu'elle est trop commerciale ou qu'elle ne le mérite pas...
Mordillo
Comme Serre, Mordillo est considéré comme un dessinateur de dessin humoristique, mais il a parfois approché la bande dessinée d'une façon un peu hybride avec ses célèbres Girafes que j'ai découvert dans Pif-Gadget vers 1972 ; d'emblée j'ai accroché à ce type d'humour et à ce dessin qu'il a servi avec une qualité extraordinaire dans des situations cocasses et surréalistes. Mordillo s'est rendu célèbre avec ses buildings, ses labyrinthes, ses montagnes et ses jungles colorées où ses petits bonshommes aux gros nez et aux formes rondouillardes se plaisent à évoluer. A mi-chemin entre BD et illustration, il propose des gags toujours muets basés sur l'absurde et agrémentés de couleurs vives. Le tout est toujours d'une grande finesse. On regarde, on observe avec délice tous les détails, on y revient... un vrai régal. Je le place à égalité avec Serre parmi les meilleurs humoristes du dessin. Pas besoin d'avoir tous les albums, on peut lire les "Opus" en biblio, et posséder au moins "Mordillo Football" (avec préface de Pelé) qui est certainement son meilleur.
Serre
Serre, c'est pas de la BD, c'est du dessin humoristique ! mais qu'est-ce que c'est bon. C'est un monument du dessin d'humour, un type qui sait manier un crayon avec un brio et une habileté percutante. Dès que je l'ai découvert, j'ai tout de suite aimé cette ration de rire corrosive et décapante servie par un dessin au style reconnaissable, fouillé et tout en trames finement travaillées. En 1977, j'ai réussi à obtenir ma première dédicace à Angoulême sur l'album Le Sport, ce fut un grand moment d'être en face de ce monsieur. Je recommande tous ses classiques comme " la Bouffe ", à l'humour des plus sarcastique, avec des dessins superbement dégueu ; " Vice compris " avec des dessins parus dans Lui et des revues masculines (mais c'est loin d'être le meilleur) ; " Savoir Vivre " où la mort est un beau sujet pour triturer l'âme humaine et un humour très très noir ; " le Sport " est vraiment impitoyable avec les sportifs ; " Humour noir et hommes en blanc ", un best-seller dont la vision cruelle des hôpitaux et des professions médicales est très forte ; " l'Automobile ", pour moi le meilleur où l'absurde le dispute à l'humour rigolard. Serre, c'est un énorme éclat de rire qui peut se lire vite, mais on peut aussi après avoir ri du gag, détailler le dessin toujours efficace avec ses trames et certaines gueules, s'attarder et y revenir longtemps après sans que le gag ait perdu sa force.
Plume aux vents (Les 7 vies de l'épervier - 2ème époque)
Dans mon avis sur Les 7 vies de l'épervier, j'évoquais déja cette série qui en est la suite directe tant attendue par les fans, en dehors de toutes les séries dérivées lancées par Cothias avec d'autres dessinateurs. Il est vrai qu'elle n'était peut-être pas justifiée au regard d'un tel monument de la BD historique, tout au moins au début, mais en y réfléchissant bien, la fin des 7 Vies... m'avait un peu déçu, aussi, cette suite s'imposait finalement, surtout qu'elle arrive 4 ans après, chez un autre éditeur, et propose une nouvelle histoire, c'est pas de la resucée, donc je fonce tête baissée évidemment. Et je ne suis pas déçu ; sans atteindre l'aura mythique imprimée à la série mère, les 2 auteurs Cothias et Juillard qui se retrouvent, réussissent une série passionnante. Elle s'attache au personnage central d'Ariane de Troïl, devenue une belle jeune femme, partie aux Amériques à la recherche de son père. Le récit démarre un peu lentement lorsqu'elle croupit à demi-folle dans un hospice à la merci de Gaston d'Orléans, frère du roi, puis elle met au monde l'enfant de Germain Grandpin qui sera recueilli par le couple Lenclos, avant de retrouver sa raison et de partir vers le Nouveau Monde avec Champlain. Comme toujours, Cothias est très doué pour mêler l'Histoire, la petite histoire et le fictif en un enchevêtrement extrêmement bien agencé, et Juillard réussit une superbe description des paysages canadiens et des peuples qui y vivent, grâce à son trait toujours aussi lumineux ; ces épisodes indiens d'une époque d'avant les colons du XVIIIème siècle, sont magnifiques et poétiques, c'est assurément ma partie préférée de cette série, on y sent une pureté en harmonie avec la nature chez ces peuples, qui sera détruite 2 siècles plus tard par les conquêtes de leurs territoires. 4 albums qui s'imposent pour les fans.
Gaston Lagaffe
AAaah le Gaston Lagaffe !! Pour moi, c'est un personnage avant d'être une bande dessinée. J'entends par là que je ne riais que très rarement aux gags mais j'étais attaché irrésistiblement au personnage. Ce flemmard sans relâche qui dans la vraie vie se ferait étrangler par ses collègues de bureau ou pire, virer. Je me demandais tout le temps "Il est encore là, lui ??? Il a fait péter le bureau la semaine dernière et tout va bien ?". Et malgré cette fainéantise sans limites, Gaston est un génie. Il invente à tour de bras (ceci n'empêche pas celà). Lagaffe, c'était aussi une dégaine divinement naze : un corps de grenouille avec une grosse tête, une coupe de cheveux de gueux moyen-ageux, un air constamment endormi et une paire de tatanes toutes déglinguées (rien que ça, ça me faisait marrer). Frustrations à répétitions lorsque je voyais les échecs chroniques de la signature de contrat avec Demesmaeker ou la relation platonique avec mademoiselle Jeanne. Mais Gaston est un gars solide et ne se démonte pas pour des futilités. Achat fortement recommandé à tout le monde. Lecture obligatoire pour la jeunesse actuelle (beh oui, ils ont pas d'argent!) pour qu'ils en prennent de la graine d'insoumission. M'ENFIN !