Et bien, cela faisait longtemps que je ne m’étais plus goinfré (excusez l’expression) une série aussi rapidement !
Faut dire qu’elle en jette ! Tout d’abord, il y a l’évocation historique puisque Franck Giroud nous emmène à la découverte des premiers avionneurs. Tout le monde connait la rigueur du scénariste dès qu’il s’agit d’histoire et, une fois de plus, on en a pour son argent. Le cadre historique est des plus crédibles et l’histoire qu’il nous conte vient se greffer dans l’Histoire sans que j’y retrouve quoi que ce soit à redire.
Ensuite, il y a les personnages. Un duo vedette intéressant et de multiples seconds rôles qui, tous, permettent de bâtir cette grande saga. Théodore Fayard, le personnage principal, est un anti-héros parfait qui m’aura, par plus d’un aspect, fait penser à Louis Ferchot (alias « Louis la Guigne »).
Enfin, un puissant souffle épique traverse ces aventures. C’est très classique mais super bien foutu. Chaque tome nous raconte une histoire tout en construisant un récit complet. Rien n’est inutile et l’aventure est toujours au coin de la page. Le romantisme est également à l’honneur avec cette belle histoire d’amour impossible.
Non, franchement, je n’ai rien à redire. Même le dessin de Luc Brahy, parfois imprécis sur les personnages et assombri par une colorisation pas toujours très nuancée, m’a vraiment bien plu par sa précision technique, sa mise en page classique et diversifiée et son art du cadrage opportun.
Reste juste ce petit détail : la fin n’en est pas une !! Une suite est plus que probable, donc ne croyez pas en être quitte pour « seulement » quatre tomes.
N’empêche, je vous recommande vivement l’achat de cette série, surtout si, comme moi, vous êtes amateur de ce genre de récit classique reposant sur une solide trame historique.
Du solide, de l'aérien, du tragique, du romanesque... De la très bonne bd, en somme...
Je me décide à commenter cette BD que j'ai lue maintenant voilà un moment. J'ai été empêché d'écrire immédiatement une critique, et finalement ma note aura changé, de même que l'avis que je portais sur la BD.
Ce qui m'a dérangé à ma première lecture, c'est d'abord le dessin qui semble assez peu maitrisé au début du tome, mais qui évolue ensuite vers une forme personnelle et qui reste fixe tout au long de l'album. J'ai tiqué aussi lors des relectures, mais c'est vraiment dans les cinquante premières pages qu'on le note, ensuite on passe largement outre.
Niveau forme j'ai également adoré l'alternance des narrations, avec différents points de vue et protagonistes que l'on suit, la façon de représenter des personnages dans la même période mais dans leurs univers chacun (comme les différents Noëls de chacun), tout comme les interludes avec les questions qui sont posées aux personnages, lesquels répondent. Ce sont des petits rajouts supplémentaires, mais ils rajoutent à l'ensemble du roman graphique et permettent de mieux cerner chacun des personnages.
Plus que la forme, par contre, j'ai adoré le fond de la BD, cette tranche de vie de personnages dans la vingtaine qui tentent de vivre et de se démerder dans New-York, qui vivent des histoires belles et tristes, moches et connes, des tranches de vies qui sonnent vraiment très juste, au point qu'on croirait qu'il y a une part d'autobiographie. Toutes se croisent, toutes ne se finiront pas bien, et toutes sont intéressantes.
Lors de ma première lecture, je m'étais trop arrêté à quelques personnages et j'avais passé outre certains qui me semblaient insipides. J'ai remarqué ensuite, en y repensant puis en le relisant, qu'en fait tous ont bien des côtés attachants et sympathiques, mais ma première lecture avait été trop "rapide", et j'ai du le relire pour apprécier tout ce qui en ressort. Il faut dire que le pavé à de quoi rendre indigeste, et il mérite bien quelques relectures pour tout appréhender depuis le début.
Et j'ai aussi beaucoup aimé la représentation que l'auteur faisait de ce monde, de cette jeunesse perdue dans la grosse pomme, de ces auteurs, de ces artistes, de ces gens qui essayent de s'en sortir au jour le jour, de ceux qui s'en sortent déjà. Un beau portrait qui dénonce par bien des côtés.
En bref, j'ai beaucoup apprécié ce roman graphique pur jus, mais d'autant plus à la seconde lecture et à celles ensuite que lors de ma première. Je pense que sa densité et son volume nécessitent des relectures, mais il est vraiment de très bonne facture. Je lui décerne allègrement mon coup de cœur du moment parce que je l'ai vraiment en tête en ce moment et que ça ne me déplait pas.
L'histoire d'un médium qui aide la police à résoudre des crimes inexplicables grace à ses capacités.
L'ensemble fait un peu penser à la série du même nom car le héros réussi à avoir de brèves visions sur le passé ou le futur des personnes qu'il croise.
Ce héros au look improbable (entre le motard et le chaman indien) mène son enquête dans une petite ville d'amérique profonde qui semble assez tranquille mais dont les apparences sont parfois trompeuses.
La grosse qualité de cette série est incontestablement le graphisme qui rassemble tout ce que j'aime dans le dessin à savoir un trait trés fin, précis et réaliste avec un soucis du détail et des couleurs autant harmonieuses qu'agréables ; en gros une réussite totale tant au niveau des personnages que des paysages.
Le scénario n'est pas en reste lui aussi car trés bon ; on ressent à merveille l'ambiance toute particulière de l'amérique profonde et on suit avec délectation une intrigue extrèmenant cohérante mais aussi prenante car rondement mené du début à la fin et qui pourrait trés bien se produire dans la réalité.
A noter que les deux premiers albums forment un dyptique et que le troisième est une histoire complète indépendante qui tient plus du road movies que de l'enquète policière proprement dite.
L'ensemble serait formidable si on ne laissait pas planer quelques questions sans réponse notamment au sujet de la mort mystérieuse des parents du héros ; la fin du troisième album nous met clairement l'eau à la bouche en annonçant un quatrième tome qui, hélas, ne verra certainement jamais le jour.
Dommage, car avec une paire d'intrigues supplémentaires toutes aussi réussies que celle du dyptique, et qui concluraient vraiment la série, l'ensemble toucherai presque la perfection.
J'attribue quand même la note de 3.5/5 (4/5 pour les deux premiers tomes et 3/5 pour le troisième) et en recomande vivement l'achat, surtout de l'intégrale dont le prix reste trés abordable.
En 1981, j'achète le gros album de la collection Mythologie chez Glénat, et j'aime immédiatement ce traitement de l'oeuvre d'Homère qui lui est assez fidèle, bien que surprenant. On parle alors de chef-d'oeuvre.
C'est le Club Français du Livre qui a l'idée de faire adapter L'Odyssée d'Homère en bande dessinée. Georges Pichard est choisi comme dessinateur tandis que l'adaptation est confiée à Jacques Lob, qui avait déja scénarisé Ténébrax, Submerman et Blanche Epiphanie pour le même Pichard. De L'Odyssée, Lob garde les principaux épisodes et protagonistes : le cyclope Polyphème, les Sirènes, Circé, Calypso, les Harpies, Charybde et Scylla, Pénélope et les prétendants.... mais il enrichit tout cela de son propre univers où se mêlent la science-fiction et l'érotisme, et que Pichard illustre de façon classique en n'omettant pas la sensualité de beaux fessiers et les séduisantes poitrines qui font la réputation des femmes pichardiennes. L'artiste évite seulement les entrejambes féminins complaisamment offerts dont il usera dans ses oeuvres ultérieures : on est en 1968.
Cette année-là, le Club Français du Livre refuse cette adaptation trop osée, elle paraît alors en Italie dans la revue Linus, puis le récit se poursuit en France dans Charlie Mensuel et Phénix en 1974. Le nu a pu effrayer cette vénérable institution littéraire, pourtant il n'était pas vulgaire et plutôt esthétique. Ulysse y apparaissait comme un beau ténébreux qui séduit Calypso et Circé avec qui il connaît de brûlantes étreintes, et surtout il amuse les dieux de l'Olympe, représentés comme des humanoïdes extraterrestres utilisant quantité de gadgets futuristes qui leur permettent de se jouer des mortels avec dédain, trompant leur ennui. Seule Athéna protège Ulysse dans ses épreuves infligées par Zeus et ses congénères ; cette innovation est fort bien trouvée, rompant avec le cliché de dieux poussiéreux flottant sur des nuages célestes.
Cette réinterprétation d'un récit universel était d'une certaine audace pour son époque, et garde encore son attrait malgré les années, je le recommande.
Une très bonne surprise que ce western fantastique.
Franchement, gros coup de chapeau aux auteurs pour l'originalité du scénario. On se retrouve dans l'Amérique naissante, avec la conquête de l'ouest, sauf que celle-ci n'est pas ralentie par des hordes d'indiens, mais par des créatures infernales.
Le graphisme en noir et blanc est bien maîtrisé, seul le vilain père missionnaire est un peu raté, je trouve.
On a droit à des personnages charismatiques au plus haut point. Le sergent Outburst, et son acolyte Little, l'indien au totem de loup, ils déchirent !
J'ai trouvé que les dialogues étaient très soignés et les répliques très bien choisies, ça fait vrai, la lecture est fluide, c'est divertissant.
S'il fallait encore une qualité à énumérer pour vous donner envie de goûter à cette BD, je dirais qu'elle ne manque pas d'humour, savamment distillé, notamment lorsque notre trappeur fait son spectacle au "frontier show".
Du tout bon, à découvrir, en tout cas, ça m'a donné envie de devenir édinaute du tome 2 !
(246)
Cette fresque villageoise est absolument épatante, tant par la beauté du dessin et des couleurs que par la drôlerie et la sensibilité des différents protagonistes, qui semblent littéralement sortir des cases tant ils sonnent vrais. On sent que les personnages, qui ont chacun une personnalité bien marquée, ont fait l’objet d’une étude fouillée. Le parler québecois ajoute un côté truculent aux situations souvent drôles. On est parfois saisi de fou-rire mais on pleure aussi avec Marie, à fleur de peau et toute en pudeur. Le dessin est vraiment réussi et certaines cases sont de véritables petits tableaux, les scènes champêtres y sont dépeintes avec subtilité et poésie. D’autres sont purement éblouissantes (la soirée du réveillon de Noël préparée par Serge), j’ai lâché des « oooh » d’émerveillement tel un gosse devant le sapin… C’est vivant, vibrant, chatoyant, chaleureux, cocasse, sensible, émouvant…
Amateurs d’aventures avec un grand A, passez votre chemin. Ici, pas de conquête de grands espaces et de monstres menaçants (même si nous sommes dans le Grand Nord canadien), c’est juste la vie dans un village à une époque comme il en existe partout avec toutes ses composantes humaines. En fait, il s’agit plus d’une conquête de la vie et de ses plaisirs (de la chair et de la bonne chère !) face à la culpabilité, aux préjugés et aux ragots. C’est aussi l’histoire d’un homme-fée (Serge) qui va traverser ce village en s’efforçant de redonner vie à une fleur fanée trop vite, Marie, et en accrochant des étoiles dans les yeux et l’âme des villageois présents, femmes, enfants et vieux, les hommes étant partis bivouaquer pour quelques semaines. Une sorte de Bagdad Café en BD.
Mon seul bémol est la présence de ces phylactères (de Loisel sans aucun doute) quelque peu envahissants qui parasitent parfois le plaisir qu’on a à admirer les dessins. Il me semble que dans une BD, une bulle doit être élégante et savoir se faire oublier. Celles-ci sont trop stylées, trop pointues, trop nerveuses, et ne vont pas avec le style du dessin. Si cela fonctionnait dans Peter Pan et La Quête de l'Oiseau du Temps , c’est devenu presque gênant ici, un peu comme un gravier dans une chaussure. La présence récurrente des petits animaux (le chiot, le chaton et le caneton) a aussi un côté agaçant - surtout au tome 7 avec l’apparition de l’ourson. C’est bien mignon mais aussi très enfantin. J’ai par ailleurs cru déceler un certain essoufflement scénaristique dans ce même tome 7.
Cela étant, cette association des deux dessinateurs Tripp et Loisel est néanmoins tout à fait concluante. Ils ont su mettre leur ego de côté, et produire quelque chose de graphiquement époustouflant (hormis les bulles). Je ne connais pas d’autres exemples en BD mais il me semble que la démarche est innovante et intéressante, et gagnerait à se généraliser étant donné le résultat ici présent où la synergie des deux dessinateurs soutenue par le travail du scénariste a fonctionné à plein !
MAJ 10/08/13
A mon grand dam, je suis obligé de rétrograder cette BD après la lecture des deux derniers tomes. J’espérais que le tome 9 viendrait redresser la barre suite à un léger essoufflement constaté dans l’épisode précédent. Hélas, il n’en est rien, l’histoire tourne en rond, avec beaucoup de redite et peu de passages vraiment dignes d’intérêt. Certes, le charme est toujours là, mais la magie s’est estompée.
Tome 1 : Marie
Tome 2 : Serge
Tome 3 : Les hommes
Tome 4 : Confessions
Tome 5 : Montréal
Tome 6 : Ernest Latulippe
Tome 7 : Charleston
Tome 8 : Les femmes
N’ayant pas lu le roman de Jack London, je peux difficilement faire la comparaison, toujours est-il que cette adaptation m’a autant impressionné par le forme que par le fond. Je ne connaissais pas non plus Riff Reb’s (étonnant pseudo) et j’ai beaucoup apprécié son dessin nerveux et racé, qui retranscrit parfaitement la puissance démoniaque de Loup Larsen. Le choix chromatique est très réussi, avec un ton dominant pour chaque chapitre. L’ouvrage bénéficie d’un cadrage et d’un tempo parfaits, et l’auteur utilise avec brio l’ombre et la lumière. C’est juste magnifique à regarder.
Pour ce qui est du contenu, j’ai été littéralement emmené à bord de ce bateau, de la même façon que sur des montagnes russes. L’histoire contient moult rebondissements, avec une tension psychologique permanente qui tient évidemment pour beaucoup à la présence du capitaine de la goélette, personnage terrifiant, fascinant, monumental, extraordinaire, cruel, immoral, insaisissable, mystérieux, à la fois détestable et attachant, barbare autodidacte et philosophe forgé par les océans en furie et chevauchant les vagues tel Poséidon, chez qui l’on peut percevoir les failles derrière l’armure du surhomme, notamment par ses migraines particulièrement douloureuses. Le personnage de van Weyden, à la fois acteur et spectateur, bombardé dans un univers cauchemardesque à des années-lumière de son petit confort bourgeois et intellectuel, va quant à lui tenter de survivre, on ne sait comment, à cette aventure en forme de parcours initiatique dont il ressortira marqué à jamais.
Gros coup de cœur pour cette BD d’un auteur que je découvre seulement (et qui pourtant n’est pas vraiment un petit nouveau). Cette superbe adaptation m’a par ailleurs donné envie de faire connaissance avec son inspirateur Jack London.
Pour l'instant, je n'ai lu que le 1er cycle, et ça me suffit, c'est de la bonne SF comme je l'aime, qui ne se passe pas dans l'espace, sans vaisseaux et armes futuristes. C'est un futur proche, un monde menacé par la montée des eaux qui voit l'opposition d'un monde aseptisé réservé à une élite vivant sur une cité flottante, et d'une poignée de parias vivant sur le continent dans un univers de violence, de trafics et de pauvreté.
Le milliardaire Banks qui va passer de dirigeant de Golden City à proscrit, va être plongé dans une effroyable machination qui implique un trafic de clones humains, en avançant dans sa descente aux enfers et en faisant des découvertes surprenantes. Ce monde à la "Waterworld" est bien imaginé et aborde des thèmes actuels qui sans trop porter le lecteur à la réflexion, ne cherche au contraire qu'à le divertir. Tout s'enchaîne au fil des épisodes comme une mécanique bien huilée, en faisant intervenir des personnages intéressants : Kate la secrétaire qui trahit Banks, Mifa et sa petite bande de pilleurs d'épaves attachants, Amber une tueuse acharnée, le Chacal un mercenaire qui fournit les bordels flottants et qui vend des cadavres, soeur Léa à l'esprit humanitaire, l'ambitieuse Seed, et une belle Inuit qui sauve Banks dans l'Arctique....
On se laisse entraîner facilement par un scénario bien construit qui suit une progression bien orchestrée, émaillée de rebondissements et de scènes d'action, mais qui n'évite pas certaines grosses ficelles et des clichés, où le dessin fluide et précis de Malfin fait merveille ; c'est un graphisme et une mise en page modernes, très différent de mes anciennes Bd années 80, aux couleurs informatisées pas désagréables. La série s'inscrit dans la ligne graphique lancée par Fred Blanchard et Olivier Vatine pour la collection Série B chez Delcourt, que l'on retrouve sur Aquablue, Carmen Mc Callum, Travis ou Nash.
Un excellent divertissement.
Cette histoire qui mêle drames et passions avec l'aventure, raconte avant tout le destin singulier de 3 femmes dans l'Inde éternelle. Elle s'étale sur 3 générations, de 1927 aux débuts des années 70, et elle est née au cours d'un voyage en Inde effectué par les époux Charles qui sont tombés sous le charme d'un passé prestigieux.
"India Dreams" est un bouquet de rêves qui renvoie en effet au temps des dernières splendeurs de l'empire colonial, des derniers feux d'une époque où la grandeur britannique de cet empire trouve sa source dans le beau film de David Lean en 1984 : "la Route des Indes". Est-ce pour cette raison que J.F. Charles a donné à l'un des personnages la physionomie de l'acteur Claude Rains dans Lawrence d'Arabie, autre film légendaire de David Lean ?
C'est avant tout une formidable saga romanesque où l'amour transcende ces 3 femmes, dont le côté sensuel de l'Inde leur révèle leur propre sensualité, surtout celle d'Amélia, première des 3 à succomber au charme de Dharma Singh, le maharadjah d'une région du Punjab. Sa fille Emy succombera elle aussi au charme exotique de la chair avec son ami d'enfance, le prince Jarawal, mais elle épousera un homosexuel ami de son père, Kenneth Lowther qui donnera une bonne éducation à sa fille Kamala, née de ses amours avec Jarawal. La progression de l'intrigue et des personnages est remarquable, même si la narration est par endroits confuse; le récit est dense, puisqu'il retrace aussi les étapes politiques du pays après l'indépendance, il faut donc le lire attentivement.
Les auteurs sacrifient au festival de clichés qu'on a généralement sur l'Inde, et ses décors réels superbes (le Palais des Vents à Jaïpur, le Taj Mahal à Agra ) contribuent à rendre cette série passionnante ; tout y est : palais de maharadjah, vaches sacrées, chasse au tigre, danseuses exotiques, éléphants, le Gange à Bénarès.... sans oublier la torpeur moite et l'érotisme discret qui font que le lecteur ne lachera pas facilement cette saga envoûtante, enluminée par la qualité graphique de J.F. Charles dans le style aquarelle dû aux couleurs directes. Cette histoire est susceptible de plaire plus à un lectorat féminin.
Je n'ai lu que le 1er cycle, et comme il tient toutes ses promesses, achat sans problème.
Akileos et Delirium rééditent ces EC comics des années 50/60 pour le plus grand bonheur des anciens...et des jeunes. Ces courts récits de 6 à 8 planches, au ton direct, presque journalistique, se terminaient généralement, non par un 'happy end', mais plutôt par un 'disastrous end'...pour le méchant ! Des récits sans concession aussi sur la guerre, alors que certaines éditions étaient publiées pendant la guerre de Corée. A lire aussi pour leur superbe graphisme noir et blanc.
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Et bien, cela faisait longtemps que je ne m’étais plus goinfré (excusez l’expression) une série aussi rapidement ! Faut dire qu’elle en jette ! Tout d’abord, il y a l’évocation historique puisque Franck Giroud nous emmène à la découverte des premiers avionneurs. Tout le monde connait la rigueur du scénariste dès qu’il s’agit d’histoire et, une fois de plus, on en a pour son argent. Le cadre historique est des plus crédibles et l’histoire qu’il nous conte vient se greffer dans l’Histoire sans que j’y retrouve quoi que ce soit à redire. Ensuite, il y a les personnages. Un duo vedette intéressant et de multiples seconds rôles qui, tous, permettent de bâtir cette grande saga. Théodore Fayard, le personnage principal, est un anti-héros parfait qui m’aura, par plus d’un aspect, fait penser à Louis Ferchot (alias « Louis la Guigne »). Enfin, un puissant souffle épique traverse ces aventures. C’est très classique mais super bien foutu. Chaque tome nous raconte une histoire tout en construisant un récit complet. Rien n’est inutile et l’aventure est toujours au coin de la page. Le romantisme est également à l’honneur avec cette belle histoire d’amour impossible. Non, franchement, je n’ai rien à redire. Même le dessin de Luc Brahy, parfois imprécis sur les personnages et assombri par une colorisation pas toujours très nuancée, m’a vraiment bien plu par sa précision technique, sa mise en page classique et diversifiée et son art du cadrage opportun. Reste juste ce petit détail : la fin n’en est pas une !! Une suite est plus que probable, donc ne croyez pas en être quitte pour « seulement » quatre tomes. N’empêche, je vous recommande vivement l’achat de cette série, surtout si, comme moi, vous êtes amateur de ce genre de récit classique reposant sur une solide trame historique. Du solide, de l'aérien, du tragique, du romanesque... De la très bonne bd, en somme...
De mal en pis
Je me décide à commenter cette BD que j'ai lue maintenant voilà un moment. J'ai été empêché d'écrire immédiatement une critique, et finalement ma note aura changé, de même que l'avis que je portais sur la BD. Ce qui m'a dérangé à ma première lecture, c'est d'abord le dessin qui semble assez peu maitrisé au début du tome, mais qui évolue ensuite vers une forme personnelle et qui reste fixe tout au long de l'album. J'ai tiqué aussi lors des relectures, mais c'est vraiment dans les cinquante premières pages qu'on le note, ensuite on passe largement outre. Niveau forme j'ai également adoré l'alternance des narrations, avec différents points de vue et protagonistes que l'on suit, la façon de représenter des personnages dans la même période mais dans leurs univers chacun (comme les différents Noëls de chacun), tout comme les interludes avec les questions qui sont posées aux personnages, lesquels répondent. Ce sont des petits rajouts supplémentaires, mais ils rajoutent à l'ensemble du roman graphique et permettent de mieux cerner chacun des personnages. Plus que la forme, par contre, j'ai adoré le fond de la BD, cette tranche de vie de personnages dans la vingtaine qui tentent de vivre et de se démerder dans New-York, qui vivent des histoires belles et tristes, moches et connes, des tranches de vies qui sonnent vraiment très juste, au point qu'on croirait qu'il y a une part d'autobiographie. Toutes se croisent, toutes ne se finiront pas bien, et toutes sont intéressantes. Lors de ma première lecture, je m'étais trop arrêté à quelques personnages et j'avais passé outre certains qui me semblaient insipides. J'ai remarqué ensuite, en y repensant puis en le relisant, qu'en fait tous ont bien des côtés attachants et sympathiques, mais ma première lecture avait été trop "rapide", et j'ai du le relire pour apprécier tout ce qui en ressort. Il faut dire que le pavé à de quoi rendre indigeste, et il mérite bien quelques relectures pour tout appréhender depuis le début. Et j'ai aussi beaucoup aimé la représentation que l'auteur faisait de ce monde, de cette jeunesse perdue dans la grosse pomme, de ces auteurs, de ces artistes, de ces gens qui essayent de s'en sortir au jour le jour, de ceux qui s'en sortent déjà. Un beau portrait qui dénonce par bien des côtés. En bref, j'ai beaucoup apprécié ce roman graphique pur jus, mais d'autant plus à la seconde lecture et à celles ensuite que lors de ma première. Je pense que sa densité et son volume nécessitent des relectures, mais il est vraiment de très bonne facture. Je lui décerne allègrement mon coup de cœur du moment parce que je l'ai vraiment en tête en ce moment et que ça ne me déplait pas.
James Healer
L'histoire d'un médium qui aide la police à résoudre des crimes inexplicables grace à ses capacités. L'ensemble fait un peu penser à la série du même nom car le héros réussi à avoir de brèves visions sur le passé ou le futur des personnes qu'il croise. Ce héros au look improbable (entre le motard et le chaman indien) mène son enquête dans une petite ville d'amérique profonde qui semble assez tranquille mais dont les apparences sont parfois trompeuses. La grosse qualité de cette série est incontestablement le graphisme qui rassemble tout ce que j'aime dans le dessin à savoir un trait trés fin, précis et réaliste avec un soucis du détail et des couleurs autant harmonieuses qu'agréables ; en gros une réussite totale tant au niveau des personnages que des paysages. Le scénario n'est pas en reste lui aussi car trés bon ; on ressent à merveille l'ambiance toute particulière de l'amérique profonde et on suit avec délectation une intrigue extrèmenant cohérante mais aussi prenante car rondement mené du début à la fin et qui pourrait trés bien se produire dans la réalité. A noter que les deux premiers albums forment un dyptique et que le troisième est une histoire complète indépendante qui tient plus du road movies que de l'enquète policière proprement dite. L'ensemble serait formidable si on ne laissait pas planer quelques questions sans réponse notamment au sujet de la mort mystérieuse des parents du héros ; la fin du troisième album nous met clairement l'eau à la bouche en annonçant un quatrième tome qui, hélas, ne verra certainement jamais le jour. Dommage, car avec une paire d'intrigues supplémentaires toutes aussi réussies que celle du dyptique, et qui concluraient vraiment la série, l'ensemble toucherai presque la perfection. J'attribue quand même la note de 3.5/5 (4/5 pour les deux premiers tomes et 3/5 pour le troisième) et en recomande vivement l'achat, surtout de l'intégrale dont le prix reste trés abordable.
Ulysse
En 1981, j'achète le gros album de la collection Mythologie chez Glénat, et j'aime immédiatement ce traitement de l'oeuvre d'Homère qui lui est assez fidèle, bien que surprenant. On parle alors de chef-d'oeuvre. C'est le Club Français du Livre qui a l'idée de faire adapter L'Odyssée d'Homère en bande dessinée. Georges Pichard est choisi comme dessinateur tandis que l'adaptation est confiée à Jacques Lob, qui avait déja scénarisé Ténébrax, Submerman et Blanche Epiphanie pour le même Pichard. De L'Odyssée, Lob garde les principaux épisodes et protagonistes : le cyclope Polyphème, les Sirènes, Circé, Calypso, les Harpies, Charybde et Scylla, Pénélope et les prétendants.... mais il enrichit tout cela de son propre univers où se mêlent la science-fiction et l'érotisme, et que Pichard illustre de façon classique en n'omettant pas la sensualité de beaux fessiers et les séduisantes poitrines qui font la réputation des femmes pichardiennes. L'artiste évite seulement les entrejambes féminins complaisamment offerts dont il usera dans ses oeuvres ultérieures : on est en 1968. Cette année-là, le Club Français du Livre refuse cette adaptation trop osée, elle paraît alors en Italie dans la revue Linus, puis le récit se poursuit en France dans Charlie Mensuel et Phénix en 1974. Le nu a pu effrayer cette vénérable institution littéraire, pourtant il n'était pas vulgaire et plutôt esthétique. Ulysse y apparaissait comme un beau ténébreux qui séduit Calypso et Circé avec qui il connaît de brûlantes étreintes, et surtout il amuse les dieux de l'Olympe, représentés comme des humanoïdes extraterrestres utilisant quantité de gadgets futuristes qui leur permettent de se jouer des mortels avec dédain, trompant leur ennui. Seule Athéna protège Ulysse dans ses épreuves infligées par Zeus et ses congénères ; cette innovation est fort bien trouvée, rompant avec le cliché de dieux poussiéreux flottant sur des nuages célestes. Cette réinterprétation d'un récit universel était d'une certaine audace pour son époque, et garde encore son attrait malgré les années, je le recommande.
Hell West
Une très bonne surprise que ce western fantastique. Franchement, gros coup de chapeau aux auteurs pour l'originalité du scénario. On se retrouve dans l'Amérique naissante, avec la conquête de l'ouest, sauf que celle-ci n'est pas ralentie par des hordes d'indiens, mais par des créatures infernales. Le graphisme en noir et blanc est bien maîtrisé, seul le vilain père missionnaire est un peu raté, je trouve. On a droit à des personnages charismatiques au plus haut point. Le sergent Outburst, et son acolyte Little, l'indien au totem de loup, ils déchirent ! J'ai trouvé que les dialogues étaient très soignés et les répliques très bien choisies, ça fait vrai, la lecture est fluide, c'est divertissant. S'il fallait encore une qualité à énumérer pour vous donner envie de goûter à cette BD, je dirais qu'elle ne manque pas d'humour, savamment distillé, notamment lorsque notre trappeur fait son spectacle au "frontier show". Du tout bon, à découvrir, en tout cas, ça m'a donné envie de devenir édinaute du tome 2 ! (246)
Magasin général
Cette fresque villageoise est absolument épatante, tant par la beauté du dessin et des couleurs que par la drôlerie et la sensibilité des différents protagonistes, qui semblent littéralement sortir des cases tant ils sonnent vrais. On sent que les personnages, qui ont chacun une personnalité bien marquée, ont fait l’objet d’une étude fouillée. Le parler québecois ajoute un côté truculent aux situations souvent drôles. On est parfois saisi de fou-rire mais on pleure aussi avec Marie, à fleur de peau et toute en pudeur. Le dessin est vraiment réussi et certaines cases sont de véritables petits tableaux, les scènes champêtres y sont dépeintes avec subtilité et poésie. D’autres sont purement éblouissantes (la soirée du réveillon de Noël préparée par Serge), j’ai lâché des « oooh » d’émerveillement tel un gosse devant le sapin… C’est vivant, vibrant, chatoyant, chaleureux, cocasse, sensible, émouvant… Amateurs d’aventures avec un grand A, passez votre chemin. Ici, pas de conquête de grands espaces et de monstres menaçants (même si nous sommes dans le Grand Nord canadien), c’est juste la vie dans un village à une époque comme il en existe partout avec toutes ses composantes humaines. En fait, il s’agit plus d’une conquête de la vie et de ses plaisirs (de la chair et de la bonne chère !) face à la culpabilité, aux préjugés et aux ragots. C’est aussi l’histoire d’un homme-fée (Serge) qui va traverser ce village en s’efforçant de redonner vie à une fleur fanée trop vite, Marie, et en accrochant des étoiles dans les yeux et l’âme des villageois présents, femmes, enfants et vieux, les hommes étant partis bivouaquer pour quelques semaines. Une sorte de Bagdad Café en BD. Mon seul bémol est la présence de ces phylactères (de Loisel sans aucun doute) quelque peu envahissants qui parasitent parfois le plaisir qu’on a à admirer les dessins. Il me semble que dans une BD, une bulle doit être élégante et savoir se faire oublier. Celles-ci sont trop stylées, trop pointues, trop nerveuses, et ne vont pas avec le style du dessin. Si cela fonctionnait dans Peter Pan et La Quête de l'Oiseau du Temps , c’est devenu presque gênant ici, un peu comme un gravier dans une chaussure. La présence récurrente des petits animaux (le chiot, le chaton et le caneton) a aussi un côté agaçant - surtout au tome 7 avec l’apparition de l’ourson. C’est bien mignon mais aussi très enfantin. J’ai par ailleurs cru déceler un certain essoufflement scénaristique dans ce même tome 7. Cela étant, cette association des deux dessinateurs Tripp et Loisel est néanmoins tout à fait concluante. Ils ont su mettre leur ego de côté, et produire quelque chose de graphiquement époustouflant (hormis les bulles). Je ne connais pas d’autres exemples en BD mais il me semble que la démarche est innovante et intéressante, et gagnerait à se généraliser étant donné le résultat ici présent où la synergie des deux dessinateurs soutenue par le travail du scénariste a fonctionné à plein ! MAJ 10/08/13 A mon grand dam, je suis obligé de rétrograder cette BD après la lecture des deux derniers tomes. J’espérais que le tome 9 viendrait redresser la barre suite à un léger essoufflement constaté dans l’épisode précédent. Hélas, il n’en est rien, l’histoire tourne en rond, avec beaucoup de redite et peu de passages vraiment dignes d’intérêt. Certes, le charme est toujours là, mais la magie s’est estompée. Tome 1 : Marie
Tome 2 : Serge
Tome 3 : Les hommes
Tome 4 : Confessions
Tome 5 : Montréal
Tome 6 : Ernest Latulippe
Tome 7 : Charleston
Tome 8 : Les femmes 
Le Loup des Mers
N’ayant pas lu le roman de Jack London, je peux difficilement faire la comparaison, toujours est-il que cette adaptation m’a autant impressionné par le forme que par le fond. Je ne connaissais pas non plus Riff Reb’s (étonnant pseudo) et j’ai beaucoup apprécié son dessin nerveux et racé, qui retranscrit parfaitement la puissance démoniaque de Loup Larsen. Le choix chromatique est très réussi, avec un ton dominant pour chaque chapitre. L’ouvrage bénéficie d’un cadrage et d’un tempo parfaits, et l’auteur utilise avec brio l’ombre et la lumière. C’est juste magnifique à regarder. Pour ce qui est du contenu, j’ai été littéralement emmené à bord de ce bateau, de la même façon que sur des montagnes russes. L’histoire contient moult rebondissements, avec une tension psychologique permanente qui tient évidemment pour beaucoup à la présence du capitaine de la goélette, personnage terrifiant, fascinant, monumental, extraordinaire, cruel, immoral, insaisissable, mystérieux, à la fois détestable et attachant, barbare autodidacte et philosophe forgé par les océans en furie et chevauchant les vagues tel Poséidon, chez qui l’on peut percevoir les failles derrière l’armure du surhomme, notamment par ses migraines particulièrement douloureuses. Le personnage de van Weyden, à la fois acteur et spectateur, bombardé dans un univers cauchemardesque à des années-lumière de son petit confort bourgeois et intellectuel, va quant à lui tenter de survivre, on ne sait comment, à cette aventure en forme de parcours initiatique dont il ressortira marqué à jamais. Gros coup de cœur pour cette BD d’un auteur que je découvre seulement (et qui pourtant n’est pas vraiment un petit nouveau). Cette superbe adaptation m’a par ailleurs donné envie de faire connaissance avec son inspirateur Jack London.
Golden City
Pour l'instant, je n'ai lu que le 1er cycle, et ça me suffit, c'est de la bonne SF comme je l'aime, qui ne se passe pas dans l'espace, sans vaisseaux et armes futuristes. C'est un futur proche, un monde menacé par la montée des eaux qui voit l'opposition d'un monde aseptisé réservé à une élite vivant sur une cité flottante, et d'une poignée de parias vivant sur le continent dans un univers de violence, de trafics et de pauvreté. Le milliardaire Banks qui va passer de dirigeant de Golden City à proscrit, va être plongé dans une effroyable machination qui implique un trafic de clones humains, en avançant dans sa descente aux enfers et en faisant des découvertes surprenantes. Ce monde à la "Waterworld" est bien imaginé et aborde des thèmes actuels qui sans trop porter le lecteur à la réflexion, ne cherche au contraire qu'à le divertir. Tout s'enchaîne au fil des épisodes comme une mécanique bien huilée, en faisant intervenir des personnages intéressants : Kate la secrétaire qui trahit Banks, Mifa et sa petite bande de pilleurs d'épaves attachants, Amber une tueuse acharnée, le Chacal un mercenaire qui fournit les bordels flottants et qui vend des cadavres, soeur Léa à l'esprit humanitaire, l'ambitieuse Seed, et une belle Inuit qui sauve Banks dans l'Arctique.... On se laisse entraîner facilement par un scénario bien construit qui suit une progression bien orchestrée, émaillée de rebondissements et de scènes d'action, mais qui n'évite pas certaines grosses ficelles et des clichés, où le dessin fluide et précis de Malfin fait merveille ; c'est un graphisme et une mise en page modernes, très différent de mes anciennes Bd années 80, aux couleurs informatisées pas désagréables. La série s'inscrit dans la ligne graphique lancée par Fred Blanchard et Olivier Vatine pour la collection Série B chez Delcourt, que l'on retrouve sur Aquablue, Carmen Mc Callum, Travis ou Nash. Un excellent divertissement.
India Dreams
Cette histoire qui mêle drames et passions avec l'aventure, raconte avant tout le destin singulier de 3 femmes dans l'Inde éternelle. Elle s'étale sur 3 générations, de 1927 aux débuts des années 70, et elle est née au cours d'un voyage en Inde effectué par les époux Charles qui sont tombés sous le charme d'un passé prestigieux. "India Dreams" est un bouquet de rêves qui renvoie en effet au temps des dernières splendeurs de l'empire colonial, des derniers feux d'une époque où la grandeur britannique de cet empire trouve sa source dans le beau film de David Lean en 1984 : "la Route des Indes". Est-ce pour cette raison que J.F. Charles a donné à l'un des personnages la physionomie de l'acteur Claude Rains dans Lawrence d'Arabie, autre film légendaire de David Lean ? C'est avant tout une formidable saga romanesque où l'amour transcende ces 3 femmes, dont le côté sensuel de l'Inde leur révèle leur propre sensualité, surtout celle d'Amélia, première des 3 à succomber au charme de Dharma Singh, le maharadjah d'une région du Punjab. Sa fille Emy succombera elle aussi au charme exotique de la chair avec son ami d'enfance, le prince Jarawal, mais elle épousera un homosexuel ami de son père, Kenneth Lowther qui donnera une bonne éducation à sa fille Kamala, née de ses amours avec Jarawal. La progression de l'intrigue et des personnages est remarquable, même si la narration est par endroits confuse; le récit est dense, puisqu'il retrace aussi les étapes politiques du pays après l'indépendance, il faut donc le lire attentivement. Les auteurs sacrifient au festival de clichés qu'on a généralement sur l'Inde, et ses décors réels superbes (le Palais des Vents à Jaïpur, le Taj Mahal à Agra ) contribuent à rendre cette série passionnante ; tout y est : palais de maharadjah, vaches sacrées, chasse au tigre, danseuses exotiques, éléphants, le Gange à Bénarès.... sans oublier la torpeur moite et l'érotisme discret qui font que le lecteur ne lachera pas facilement cette saga envoûtante, enluminée par la qualité graphique de J.F. Charles dans le style aquarelle dû aux couleurs directes. Cette histoire est susceptible de plaire plus à un lectorat féminin. Je n'ai lu que le 1er cycle, et comme il tient toutes ses promesses, achat sans problème.
Crime Suspenstories
Akileos et Delirium rééditent ces EC comics des années 50/60 pour le plus grand bonheur des anciens...et des jeunes. Ces courts récits de 6 à 8 planches, au ton direct, presque journalistique, se terminaient généralement, non par un 'happy end', mais plutôt par un 'disastrous end'...pour le méchant ! Des récits sans concession aussi sur la guerre, alors que certaines éditions étaient publiées pendant la guerre de Corée. A lire aussi pour leur superbe graphisme noir et blanc.