Les derniers avis (9715 avis)

Par jurin
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Storm Dogs
Storm Dogs

Je ne pense pas prendre beaucoup de risques en « boostant » Storm Dogs , j’ai trouvé ce premier tome de SF excellent. Le monde mis en place par les auteurs est débordant d’imagination, on retrouve sur Amarante, planète située aux confins de la civilisation, une faune et une flore très riches et très étonnantes. Une colonie terrienne peuplée d’aventuriers exploite le sous-sol de la lointaine planète. Le scénario est solide et prenant, l’histoire débute avec une enquête policière orchestrée par le pouvoir central mais on bascule assez vite vers le fantastique, Amarante recèle de lourds secrets que les auteurs nous dévoilent pour l’instant à dose homéopathique. Une histoire assez fouillée qui demande un minimum de concentration, néanmoins la lecture est passionnante. Le dessin est très bien travaillé, les couleurs sont étonnantes mais l’ensemble est original et agréable. La BD est munie d’un addendum expliquant de façon assez détaillée les caractéristiques des différents protagonistes, comme quoi les auteurs prennent à cœur le jeu des personnages.

30/07/2014 (modifier)
Par herve
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Madame Livingstone
Madame Livingstone

Vous en avez assez des commémorations de la guerre de 1914 ? Et bien lisez Madame Livingstone de Barly Barruti et de Christophe Cassiau-Haurie, vous découvrirez un aspect méconnu de la grande guerre, celle qui se déroulait au Congo Belge. Certes, ce n’est pas la première fois que la bande dessinée aborde la guerre de 14 sous d’autres cieux que celui de la Somme (on se souvient de Papeete 1914 de Sébastien Morice et de Didier Quella-Guyot, ou encore La Grippe Coloniale d’Appolo et d’Huo Chao Si- sur l’après guerre dans l’Ile de la Réunion) mais là nous sommes plongés dans la région des Grands Lacs où l’unique mission des hommes de l’armée royale belge est de couler un cuirassé allemand (lisez le dossier en fin d’album, et vous découvrirez l’étonnant destin de ce navire de guerre). Sur une idée d'Appolo (tiens, tiens, le revoilà !), ce récit nous retrace l’histoire d’un aviateur, Gaston Mercier, pris entre son engagement militaire et son amitié pour le fameux « Madame Livingstone », son fixeur, comme on dit dans l’armée, métis de surcroit et se disant fils du grand explorateur. Entre absurdité de cette guerre entre troupes coloniales, humanisme, et bravoure militaire se glisse une amitié profonde entre ces deux personnages ; parfaitement mis en image par Barly Baruti ; le tout avec des paysages du Tanganyika. Malgré une édition dans un format plus réduit que les albums Glénat habituels, la force du dessin reste puissante. Même dans les scènes nocturnes, le dessin est précis, parfaitement maitrisé et d’une grande beauté. Quelques pleines pages viennent renforcer, pour ceux qui en doutaient encore, le talent du dessinateur. Cet album mérite donc toute votre attention, tant par le thème retenu, que par le dessin qui, pour ma part, m’a littéralement bluffé. Une véritable bouffée d’air frais dans une période estivale de grand calme éditorial.

27/07/2014 (modifier)
Couverture de la série Le Ventre de la Hyène
Le Ventre de la Hyène

Ce fut un bon moment de lecture, mais quelques petites choses me chagrinent : . l'histoire ne prend jamais aux tripes, malgré le propos gravissime qu'elle aborde ; . l'histoire est inventée (et pas inspirée de personnages existants), ce qui enlève clairement de la force au propos. Le fait de pouvoir me dire que l'histoire était basée sur des faits réels, quitte à ce qu'elle soit moins "extraordinaire", m'aurait un peu plus happé. Reste la fin de l'histoire, vraiment très bien amenée, même si elle reste classique de nos jours. Note réelle : 3,5/5.

27/07/2014 (modifier)
Par Chéreau
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Quelques Mois à l'Amélie
Quelques Mois à l'Amélie

Je découvre cet été 2014 l'oeuvre de Jean-Claude Denis, avec deux albums, ces Quelques mois à l'Amélie et Zone blanche. Celui-ci me plaît peut-être encore davantage que le second, même si les deux sont des coups de coeur. On y suit Aloys Clark, un auteur en plein spleen, complètement à sec, n'arrivant plus à écrire une ligne et qui retrouve un jour, en mettant un peu d'ordre dans sa bibliothèque, un livre qu'il n'a jamais lu et qu'il ignorait posséder. "Le Coucou", d'un certain Dorian. Ce roman étrange raconte les pérégrinations de son auteur, imposteur et série et jouisseur funambule. Clark décide de suivre ses pas, à la fois dans les lieux qu'il a fréquentés et dans son jeu de l'imposture, pour tenter de retrouver l'inspiration. Cette quête hasardeuse l'amènera à des rencontres qu'il n'avait pas du tout prévues. Le dessin de Denis, qu'on pourrait qualifier de ligne claire adulte, rappelle Martin Veyron, Gibrat ou Giardino. Le découpage est sage et classique, mais c'est surtout le sens de l'histoire, la qualité des personnages, en un mot le talent de novelliste de Denis qui séduit. La BD est ici tout entière au service du récit. Non pas que le dessin soit faible, mais il est tout entier au service du propos. Un auteur justement récompensé à Angoulême.

26/07/2014 (modifier)
Couverture de la série Barracuda
Barracuda

Une fois lancé dans cette histoire, j'ai foncé tête baissée. J'avais d'abord hésité parce que ça parlait encore de pirates, et les pirates, j'en avais un peu marre. Mais comme mon pote de la Fnac m'a prêté les albums, je m'y suis mis, et finalement je n'ai pas regretté. Je me méfiais aussi de Dufaux qui ces derniers temps m'avait tant déçu avec des séries comme Conquistador (Glénat), Croisade, Ombres ou Jaguar... Sa préface m'a un peu rassuré, il y dévoile sa passion pour un certain cinéma hollywoodien que j'ai moi aussi aimé, surtout son attirance envers Errol Flynn (que je partage) ; le personnage du capitaine Flynn est donc un joli clin d'oeil. Dufaux renouvelle les histoires de pirates par un côté plus moderne et surtout plus sanglant, on y sent l'influence des films Pirates des Caraïbes (ce n'est pas forcément une bonne référence), on n'est donc plus dans Barbe-Rouge qui pour son époque, restait tout de même la référence en la matière. Ici, la violence, l'érotisme, le sang occupent les pages, et puis surtout, ça ne se réduit pas qu'à des abordages ennuyeux, toute l'action étant pratiquement concentrée sur l'île de Puerto Blanco. Dufaux revisite le genre de belle façon, avec une intrigue qui ressemble un peu à Captain Blood, un des plus célèbres films d'Errol Flynn. Si je marche allègrement dans cette histoire, c'est non seulement pour cette relecture plus spectaculaire, mais aussi pour le dessin de Jérémy, un trait superbe, bien maîtrisé, envoûtant, précis, qui possède une évidente ressemblance avec celui de Delaby. Hélas, Dufaux n'est pas fidèle à sa promesse de triptyque qu'il annonce dans sa préface du tome 1, l'aventure s'étire, ça sent la récup commerciale alors que les 3 premiers tomes se tiennent bien ; il y a des flash-back importants qui permettent de mieux comprendre les enjeux de cette aventure aux nombreux rebondissements. Il y a aussi des incohérences : dans ce siècle dominé par les hommes, et même s'il y a eu des cas de femmes pirates, un poste de gouverneur tenu par une femme, même d'une île-repaire de pirates, ce n'est guère crédible. Même chose pour Ferrango : je doute qu'un marchand d'esclaves de sa trempe devienne le jouet des caprices de son ancienne esclave.. A part ces détails, il n'y a pas d'intervention directe du fantastique sur l'histoire comme Dufaux aime souvent à le faire, c'est déjà ça, et ça reste une bonne série de détente vers laquelle je peux lever l'ancre sans regrets.

25/07/2014 (modifier)
Par SkAmby
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Vieux Fourneaux
Les Vieux Fourneaux

Sans aucun doute un des meilleurs scénarios de Lupano. Le Singe de Hartlepool était déjà juste magique. Là, on se retrouve avec des dialogues dignes des "tontons flingueurs". Tous les personnages sont absolument humains, avec des défauts finalement communs. Des fous rires, des coups de sang, une vraie amitié entre amis d'enfance. Voilà les ingrédients simples d'une recette savoureuse à souhait. L'histoire de chacun d'entre eux mériterait une histoire. On veut rapidement en savoir plus, mieux les connaitre. Un vieux qui peine à sortir d'une voiture trop basse, "rabaissée par un fossé qui s'est jeté sur la voiture" se révèle être plus tatoué qu'un yakuza et son passé pourrait faire pâlir bien des aventuriers. Un autre vieux fourneaux est un ancien syndicaliste prêt à faire ruer la société dans ses brancards juste pour le plaisir de la secouer comme par exemple en s'incrustant avec un gang d'handicapés à des soirées mondaines. La cohérence du scénario est parfaite, les rebondissements inattendus donnent un rythme haletant à ce début de série plus que prometteur. Un ouvrage à recommander aux ex soixante-huitards et à tous les autres. A consommer sans modération !

22/07/2014 (modifier)
Par SkAmby
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Ventre de la Hyène
Le Ventre de la Hyène

Le Ventre de la Hyène fait partie de ces bandes dessinées qui vous filent un coup de poing en pleine face. Une histoire d'enfant soldat. Histoire au sens large, le récit montre le cheminement de Talino, son passé, sa vie, sa famille et les rencontres qui laisseront une marque profonde en lui. Les guerres de clans, la manipulation des esprits en entretenant les espoirs et les désillusions des gosses perdus. Ceux qui rêvent d'un monde meilleur, qui permettrait d'envisager un avenir. C'est par la violence qu'il semble le plus simple de l'obtenir... L'inéluctable l'amène à sombrer dans une violence où les limites semblent ne pas exister. Le scénario est ultra dynamique, pas le temps de souffler. Le trait précis, incisif et tranchant d'Alliel et la colorisation de Facio viennent soutenir le propos de Clément Balou. Une BD coup de poing.

22/07/2014 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Vacuum
Vacuum

L’adolescence est un vaste débat. Déjà parce qu’il s’agit d’une période particulière que tout le monde vit de façon très brutale ou effacée mais toujours très personnelle. Après parce qu’on n’en sort jamais réellement de ce douloureux passage de l’enfance à l’age adulte (j’en suis un bel exemple ;) ). Enfin parce que toutes les œuvres consacrées à l’adolescence sont toujours passionnantes à mes yeux et riches d’instructions. Après avoir refermé Vacuum du méconnu mais talentueux Lukas Jüliger, on se remémore forcément certaines images imprimées à vie sur nos rétines de Virgin Suicides, Donnie Darko (encore et toujours ce film) sans oublier Elephant de Gus Van Sant. Malgré les nombreuses références évoquées (Vacuum pourrait être effectivement une adaptation littéraire de Donnie Darko et de son apocalypse en compte à rebours), le présent bouquin n’est pas un plagiat de plus mais possède sa propre identité s’affranchissant tour à tour de ses références par un univers qui lui est propre et distinct. Aidé par un dessin tout en substances et en douceurs tirant vers le beige et le gris, on nous prend par la main sans brusquer les choses, aidé il est vrai par un rythme calme et précédant la tempête qu’on nous promet en fin d’ouvrage (il s’agit de relater la dernière semaine avant la fin du monde chapitrée par les jours). Quelques vignettes sont tout à fait sublimes et évoquent autant la contemplation que la mélancolie qui habite chaque page comme chaque cœur de nos jeunes protagonistes. Car l’auteur n’a pas son pareil pour dépeindre une révolte passive mais bien présente. Les « héros » déjà n’ont pas de prénom afin de mieux s’en identifier à part Sho qui a trop abusé de drogues et s’invente un monde alternatif dont lui seul possède les clés d’entrée comme de sortie. A côté de cela une histoire d’amour perturbée et complexe s’installe entre le narrateur et la « girl next door » qui lui ouvrira certaines voix de perception rajoutant un peu de fantastique et surtout de poésie par petites touches là où Charles Burns cherchait à installer un électrochoc « cronenbergien » avec les mutants isolés de Black Hole. Ici les actes violents sont évoqués et effleurés là où le duo Mezzo/Pirus usait et abusait d’ironie et de provocation dans le Roi des Mouches. On peut trouver l’histoire immobile mais son côté figé amène une véritable progression sur l’ensemble des personnages dont on pourra comprendre leur passé dans une narration complètement maîtrisée de l’auteur. Les ellipses peuvent paraître brutales mais l’ensemble est d’une telle cohérence et évidence au final qu’il est difficile de ne pas y adhérer pour peu que l’on soit sensible au sujet. Le choc ressenti à la fin de l’ouvrage découle même d’une logique implacable là où tout parait flotter et donne envie de s’y replonger plus tard, le cœur un peu plus vide des sensations évoquées. Il s’agit surement d’un des plus beaux romans graphiques que Rackham nous fait l’honneur d’éditer dans un format approprié sur un papier de qualité. Difficile de résister à ces jolis dessins au contenu finalement pas si anodin.

21/07/2014 (modifier)
Par Cusanno
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Naufragés du temps
Les Naufragés du temps

"Les naufragés du temps" est vraiment ma série SF préférée. Le dessin de Gillon est vraiment génial, les courbes féminines sont les plus réussies que je connaisse, on voit bien le dessinateur qui a appris la BD sans couleur, simplement en jouant entre les contrastes de traits noirs sur blanc. Selon les éditions et numéro la série a été colorisée et permet de décrire un univers SF d'une richesse absolue. Cette série porte en elle toute l'histoire de la technique BD. L'histoire sur l'ensemble de toute la série est un peu chaotique, dans un multivers d'une imagination incroyable, pour ma part certaines idées m'ont fait rêver.

19/07/2014 (modifier)
Par zébu
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Putain de guerre !
Putain de guerre !

Une BD qui aborde la première guerre mondiale de manière assez atypique puisqu'elle ne développe pas vraiment de réel scénario, on se contente de nous présenter certains faits année après année (de 1914 à l'armistice) vus par les yeux d'un soldats français enrolé comme tant d'autres dans une guerre qui va le changer à tout jamais. Ainsi l'histoire ne comporte aucun dialogue mais seulement la voix off du "héros" qui utilise le jargon du troufion de base de l'époque. On met l'accent sur ses impressions, son ressenti en décrivant avec minutie certaines horreurs de cette guerre, la bétise des hauts gradés, le désespoir des combattants et leurs sacrifices inutiles, les conditions de vie déplorables dans les tranchées, la boucherie des grandes offensives, mais aussi les avancées technologiques, la vie des populations civiles de l'arrière. Le récit se termine sur le destin croisé de plusieurs personnages de tous camps qui ont vécu de près ou de loin ce terrible conflit. Quant aux dessins, ceux qui connaissent les oeuvres de Tardi (comme le très célèbre Nestor Burma) reconnaitront son style propre qui se marie très bien avec toutes ces scènes de combats et d'horreurs. La colorisation, au début, comprend une palette diverse et lumineuse mais s'estompe progressivement pour en arriver sur une dominante de gris comme pour mieux coller au moral du soldat ou au paysage du front d'une uniformité cataclismique. La dernière partie est une sorte de document, avec photos d'archives à l'appui, qui dépeind le conflit de a à z avec toutes les répercutions géopolitiques qui en découleront. En une vingtaine de pages l'essentiel est résumé pour les années 1914 à 1919 et on peut dire que cette analyse est tellement complète qu'elle n'a rien à envier à certains livres d'histoire. Bref, cette BD comprend tous les attributs d'un pamphlet anti militariste poignant traitant des affres de cette guerre qui, aux égards d'une telle cruauté, aurait vraiment dû être la der des ders. A lire pour tous les amateurs d'histoire ou ceux qui veulent découvrir un des conflits les plus sanglants de l'humanité.

11/07/2014 (modifier)