Très agréable petit one shot !
L'histoire est très intéressante, et la postface, de grande qualité, vous apprendra s'il en est encore besoin, qu'il s'agit de faits authentiques.
J'ai beaucoup apprécié la fluidité de cette histoire, le découpage et la mise en page sont bien maitrisés, et ce fut un vrai plaisir que de se plonger dans cet album.
Je salue la performance de l'auteur qui, en dépit d'un scénario pas très gai, avec des coups, de la colère, et du sang, est arrivé avec brio à ajouter un bonne dose d'humour dans son travail.
On a également droit à une sacrée flopée de personnages divers et variés tous très bien croqués.
Ma principale critique vient du dessin, que j'ai eu un peu de mal à encaisser au début avec son trait très anguleux, son côté très épuré. Par contre, ce qui fait vraiment défaut, c'est la lisibilité de certaines cases. Heureusement, les cases ratées sont vraiment peu nombreuses (2-3), mais il y en a pour lesquelles j'ai vraiment pas du tout su interpréter ce que je voyais.
Facilement trouvable à petit prix (je l'ai eu à 2€), le rapport qualité/coût est des plus avantageux, et je vous conseille de vous laisser tenter.
(291)
La mangaka Mari Yamazaki, qui a vécu en Europe, a deux passions : la Rome antique et les bains. Un beau jour elle décide de concilier ses passions avec son métier d'auteur, et cela donne Thermae Romae. Lequel remporte le Grand prix du manga et le prix culturel Osamu Tezuka en 2010.
Nous sommes donc dans les pas de Lucius Modestus, architecte romain spécialisés dans les bains thermaux, qui lorsqu'il se laisse submerger par un bain chaud, est catapulté dans le Japon des années 2000, "le pays des visages plats". Choc culturel, mais Lucius en ramène plein d'idées pour améliorer le principe des bains thermaux de son époque.
C'est vraiment très sympathique.
Lucius est bien sûr une personne humaniste, humble, même si son vernis culturel l'empêche de saisir toutes les subtilités du Japon moderne. Tout autre que lui aurait probablement perdu la raison... Le manga nous permet d'en apprendre plus sur les deux sociétés, très éloignées de nos canons européens du XXIème siècle. Et Mari Yamazaki n'oublie pas que derrière l'architecte visionnaire se cache un homme, qui a ses propres problèmes du quotidien (avec sa femme notamment).
Le dessin de Mari Yamazaki n'est pas forcément maîtrisé partout -les jeunes Japonais sont par exemple bien moins travaillés que Lucius, avec son physique de statue gréco-romaine. Il y a toutefois une belle maîtrise de la mise en scène, une bonne gestion des moments comiques, et le suspense est ménagé... Le second tome nous montre d'autres aspects, d'autres idées -souvent inattendues- qui entourent les piscines ou les bains. Il y a des petits interludes où Mari Yamazaki raconte sa passion pour les bains publics, et la façon dont cette tradition est différenciée en Orient et en Occident.
L'autre dimension qui à mon avis rajoute de l'intérêt au manga, est la description de la société romaine ; par ses incursions, toutes involontaires, Lucius découvre des pans de cette culture, avec ses yeux de Romain de l'époque classique. C'est vraiment intéressant, et le troisième tome nous emmène plus loin, dans les coulisses d'une crise politique envers l'empereur Hadrien.
Mais, alors qu'on eût pu craindre une certaine répétition dans les histoires, entraînant la lassitude du lecteur, Mari Yamazaki fait prendre au tome 4 un virage à la fois surprenant et intrigant à son histoire. Exit en effet les aller-retour entre les deux époques et les deux lieux, place à une histoire beaucoup plus longue, qui s'étale d'ailleurs sur deux tomes, au cours desquels Lucius va vivre l'un des moments les plus importants de sa vie, tandis que la Rome qu'il a quittée va aussi basculer dans autre chose avec la fin prochaine d'Hadrien. Il y a des moments un peu too much avec la jument et le côté chevaleresque du Romain, mais ce segment relance l'intérêt de la série avant qu'il ne soit émoussé. Bien vu de la part de l'auteure et de son éditeur... Et le tome 6, qui conclue la série, permet de refermer tous ces arcs, ou presque, avec le renversement de l'intrigue.
Une chouette découverte. Une série rafraîchissante et intéressante.
J’avais lu cet album il y a pas mal de temps, et je viens de l’acheter, et donc de le relire, avec un grand plaisir. D’abord pour me remémorer ce couple et particulièrement cette dame, qui nourrissaient le zapping de leurs saillies drolatiques : je me rappelle à l’époque avoir souvent hésité entre me scandaliser et rire des agissements de ce couple haut en couleurs. J’optais souvent pour le rire.
Cette suite d’historiettes d’une page chacune est une charge assez violente de Luz contre les agissements des Mégret à Vitrolles, une des premières villes gérées par le FN. C’est outrancier, caricatural (même si parfois Luz n’a pas eu besoin de forcer le trait), et totalement jouissif. On imagine aisément – ce que la préface rappelle, que les Mégret n’aient pas apprécié, et que leur sens de l’humour n’était pas assez développé pour accepter cette caricature. Il y eut procès, perdu par les Mégret, et donc le droit de Guignol a été (r)établi.
On pourrait craindre, les années ayant passé, que cet album perde de son côté corrosif. Que, les références ayant disparu avec la mémoire, le rire s’estompe. Et bien que nenni ! Même si les frasques ubuesques et moyennement démocratiques du couple Mégret vous sont inconnues, vous trouverez néanmoins dans cet album de quoi agiter vos zygomatiques ! C’est en effet vraiment très drôle.
Si vous aimez l’humour noir, la caricature politique à charge, et que vous n’êtes pas un nostalgique du troisième Reich dépourvu d’humour, vous pouvez sans hésitation acheter ce livre, dont la lecture est fortement recommandée ! C'est clairement l'un des meilleurs albums de cette collection Bichromie, publiant les auteurs de Charlie Hebdo. Et aussi l'une des plus belles réussites de Luz !
Moi qui suis un amateur de fantastique, me voilà servi, avec ce triptyque qui oscille entre ce genre et le thriller un poil techno-médical...
Dès les premières cases j'ai été littéralement happé par le dessin et l'histoire. Le dessin de Tirso est vraiment incroyable, exceptionnel, extrêmement beau. Les couleurs qui l'accompagnent, réalisées par Javi Montes, contribuent à installer une ambiance envoûtante dans la plupart des cases. Tout juste ai-je trouvé une case un peu ratée au début... Le deuxième tome est quant à lui magnifique, incroyable de beauté et de virtuosité. Par contre j'ai trouvé le troisième un cran en-dessous, dans ses deux premiers tiers. Peut-être est-ce dû à un traitement des couleurs différent ? Il y a du mieux sur la fin, mais ça m'a un peu fait sortir de ma lecture.
Tirso illustre une histoire écrite par le co-scénariste de l'Echine du Diable, l'excellent film de Guillermo Del Toro, et c'est une patte que l'on retrouve effectivement dans l'histoire, avec cette atmosphère des années 40. Le récit est fort, bien rythmé la plupart du temps, même si j'ai trouvé le tome trois plus brouillon.
Une belle série toutefois, que je recommande.
Je ne connais que très peu Tif et Tondu, et pour les rares aventures que j'ai pu lire, aucune ne m'a passionné. Pire, je trouvais le méchant Choc plutôt ridicule.
Alors quand j'ai vu ce livre sur les étals, j'ai juste trouvé ça curieux. Il a fallu quelques critiques pour que je me décide à le lire.
Et là, ce fut une belle claque : les dessins sont très beaux, l'histoire est vraiment prenante, la noirceur qui s'en dégage est très inhabituelle. Je suis plus que conquis, et il me tarde de découvrir le deuxième tome de cette aventure qui nous conte le passé choc de Choc.
Une excellente et inattendue surprise !
9/10
Par sa collection DC Nemesis, Urban a offert une belle opportunité aux amateurs des DC Comics d’en savoir un peu plus sur les êtres malfaisants peuplant les villes de Metropolis et surtout de Gotham City.
Ce titre permet ainsi aux amateurs d’en savoir un peu plus sur l’un des méchants les plus populaires mais également un des plus méconnus.
Le récit ironiquement retitré en français sous le nom de « La splendeur du pingouin » s’inspire grandement de la représentation qu’en avait fait l’époque Tim Burton pour son magnifique Batman Returns mais pas uniquement.
On y retrouve les origines d’un être méprisé par les siens et les difficultés à se faire accepter comme tel enfant avec ses difformités par une société cruelle qui repousse et se moque des différences d’autrui.
Le Pingouin, né petit, obèse, laid et avec un nez rappelant l’animal qui lui sert de sobriquet, va donc devenir un personnage trouble bien plus craint par ses tiers que respecté en tant que tel.
Son rayon d’action passe par un réseau souterrain, de magouilles et de trafics en tous genres, d’influence, d’esclaves et de contrebande. Il est à la fois un personnage clé de la bourgeoisie de Gotham comme un de ses plus perfides dangers.
La démonstration de sa cruauté sans limites s’effectue par un petit jeu rodé inaliénable : convoquer le sujet qui aurait agacé Mr. Cobblepot dans son bureau et lui annoncer de façon continue et sur un ton monotone les évènements tragiques arrivés en temps réel (et commandités par Le Pingouin) à son entourage pour mieux le détruire psychologiquement.
Par ailleurs son obstination à combler ses proches par des bijoux dérobés lors d’assauts très violents achèvent de faire du Pingouin un personnage aussi dangereux voire davantage que son grand collègue le Joker dont on aperçoit deux apparitions furtives et muettes laissant supposer que ce dernier est également à la botte de l’homme-oiseau.
L’ambiance est donc glaçante et le lecteur se sent rapidement mal à l’aise, tantôt touché par les flashbacks de l’enfance d’Oswald et les soin qu’il prodigue à sa mère ou à sa compagne (nous y reviendrons) que par les excès de violence outranciers et indirects dictés par sa colère.
Le Pingouin cultive donc la peur paradoxalement à son allure désuète et inoffensive à l’exception notable d’un seul autre personnage emblématique de Gotham : le Batman ici peu présent (la véritable vedette ce n’est pas lui) mais indispensable à une enquête somme toute assez classique au final.
L’attachement du Pingouin à une jeune fille aveugle et sincèrement amoureuse de lui va-t-il l’emmener à sa propre perte ? Je n’en dirais pas plus mais ce récit malmené par l’ambiance volontairement glauque et très sombre de Kudransky s’accorde aussi bien que la splendide couverture sombre de ce recueil. Dommage que le découpage soit parfois si confus en espérant qu’une seconde lecture lèvera ces légers soucis de continuité.
Le duo d’auteurs est d’ailleurs spécialisé dans les comics à tendance « supervilain » pour avoir représenté d’autres personnages troubles chez le Punisher ou Spawn.
Puisqu’il s’agit de recueil on a également droit à une autre histoire bien plus courte d’une dizaine de pages sur la situation amoureuse complexe du Pingouin. Elle n’est absolument pas dénuée d’intérêt et ferme l’ouvrage de façon réellement satisfaisante pour peu que l’on s’intéresse à un personnage que l’on croit connaître sur le bout des doigts mais dont on ignore véritablement les griefs.
Le procédé n’est pas nouveau et ne le sera pas (l’ensemble m’a rappelé curieusement la genèse de Moloch dans Before Watchmen Compagnon) mais il peut apporter au novice comme à l’amateur confirmé de l’univers Batman un complément relativement pertinent sans être indispensable.
La splendeur du pingouin n’est donc pas un récit indispensable ni inoubliable mais il risque de hanter au moins votre prochaine nuit pour toute la noirceur et le pessimisme qu’il dégage.
Quelle belle surprise!
L'histoire est rondement bien menée, les personnages sont très bien trouvés et les dessins font mouche.
Le scénario a de quoi réconcilier les lecteurs allergiques aux westerns, on se plait à suivre les aventures des personnages et chaque page tournée apporte son lot de surprise.
A lire d'urgence.
Princesse Saphir!Cela a été un vrai coup de coeur (décevant!) car j'ai eu cette collection à Noël 2012 en tant que très grande fan de Osamu Tezuka. Mais en la lisant et relisant je me suis rendue compte que c'est fade. Certes les dessins sont très beaux, avec une ambiance assez proche de Walt Disney, mais l'histoire n'est pas assez approfondie.
Saphir est un personnage attachant ainsi que son ange Tink, mais certains me sont particulièrement antipathiques en commençant par le Prince Frantz, qui se tient en goujat avec l'héroïne en ignorant que c'est la "Fille aux cheveux d'or" car Saphir, tourmentée par ses 2 âmes se déguise en femme au bal. Frantz l'accuse également de méfaits qu'elle n'a pas commis et la jette dans sa prison, et au dernier moment il se rend compte que c'est Saphir grâce à un pirate cynique et pas très attachant!
Le dernier chapitre se termine avec Vénus, déesse de l'amour et de la beauté ici caricaturée comme jalouse et perfide (telle une certaine Junon/Héra) puis la fin du livre n'est pas superbe, Frantz et Saphir se marient mais on ne les voit pas en tenues de mariés, comparé au dessin animé de 1969 "Princesse Saphir" qui est un poil au dessus meilleur. (Frantz étant remplacé par le cool et sympathique Prince Thibaut joué par Rock, une des célèbres stars de Tezuka)
Seul point positif de ces histoires : les dessins.
Après le savoureux La Légende des nuées écarlates, Saverio Tenuta n'en a pas fini avec ce Japon médiéval qui l'inspire tant.
Il revient donc nous raconter une histoire où les Izunas, ces loups intelligents, tiennent une large place. Pour cela il a constitué un véritable studio autour de lui, puisqu'ils sont désormais deux au scénario, et que c'est sa compagne, Carita Lupattelli, qui tient les pinceaux, sur un storyboard du maître. Et le résultat est de haute volée. On est dans le même style graphique, à part peut-être pour les humains, des personnages où je sens Lupattelli moins à l'aise, même si Aki est particulièrement soignée. La mise en couleurs, assurée par Lupattelli, écrase un peu son trait, mais la richesse de la palette provoque un véritable orgasme visuel. Rarement les kamis auront été si sublimement représentés...
Sur le plan de l'histoire, ce premier tome est très dense, entre la disparition de l'arbre sacré, la présence d'Aki au milieu des Izunas (avec un fonctionnement tribal très particulier), le jeune Kenshin qui semble avoir un destin sans pareil et les Noggos qui menacent toute vie dans la forêt. Et puis ces ninjas qui font des bonds dans les bambous...
En finissant ce premier tome, j'apprends que la série sera un diptyque ; j'avoue que j'espère que ce sera aussi réussi au deuxième tome, car il y a beaucoup de choses à résoudre...
Mesdames et messieurs, voici la pépite du moment ! Je ne peux être que d'accord avec l'ensemble des critiques précédentes.
Trois septuagénaires se retrouvent à l'occasion d'une crémation, et, suite à la révélation d’événements de leur passé, partent sur les routes de France et d'Italie à bord d'un vieux camion rouge estampillé d'un loup en slip... L'histoire oscille entre moments présents et flash-back, parfaitement reconnaissables grâce aux passages en noir et blanc. L'intrigue principale est intéressante et réaliste. Mais surtout, l'humour est omniprésent sans desservir l'histoire. Je pense avoir ri à chaque page. Nos retraités sont très attachants et donneraient presque envie d'être vieux !
Lupano nous prouve encore une fois son immense talent avec "Les vieux fourneaux", après l'excellent Ma révérence.
Cet album est génial, et si la suite est du même niveau, je gonflerai ma note jusqu'au 5/5 sans hésiter. Un futur immanquable !
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Malet
Très agréable petit one shot ! L'histoire est très intéressante, et la postface, de grande qualité, vous apprendra s'il en est encore besoin, qu'il s'agit de faits authentiques. J'ai beaucoup apprécié la fluidité de cette histoire, le découpage et la mise en page sont bien maitrisés, et ce fut un vrai plaisir que de se plonger dans cet album. Je salue la performance de l'auteur qui, en dépit d'un scénario pas très gai, avec des coups, de la colère, et du sang, est arrivé avec brio à ajouter un bonne dose d'humour dans son travail. On a également droit à une sacrée flopée de personnages divers et variés tous très bien croqués. Ma principale critique vient du dessin, que j'ai eu un peu de mal à encaisser au début avec son trait très anguleux, son côté très épuré. Par contre, ce qui fait vraiment défaut, c'est la lisibilité de certaines cases. Heureusement, les cases ratées sont vraiment peu nombreuses (2-3), mais il y en a pour lesquelles j'ai vraiment pas du tout su interpréter ce que je voyais. Facilement trouvable à petit prix (je l'ai eu à 2€), le rapport qualité/coût est des plus avantageux, et je vous conseille de vous laisser tenter. (291)
Thermae Romae
La mangaka Mari Yamazaki, qui a vécu en Europe, a deux passions : la Rome antique et les bains. Un beau jour elle décide de concilier ses passions avec son métier d'auteur, et cela donne Thermae Romae. Lequel remporte le Grand prix du manga et le prix culturel Osamu Tezuka en 2010. Nous sommes donc dans les pas de Lucius Modestus, architecte romain spécialisés dans les bains thermaux, qui lorsqu'il se laisse submerger par un bain chaud, est catapulté dans le Japon des années 2000, "le pays des visages plats". Choc culturel, mais Lucius en ramène plein d'idées pour améliorer le principe des bains thermaux de son époque. C'est vraiment très sympathique. Lucius est bien sûr une personne humaniste, humble, même si son vernis culturel l'empêche de saisir toutes les subtilités du Japon moderne. Tout autre que lui aurait probablement perdu la raison... Le manga nous permet d'en apprendre plus sur les deux sociétés, très éloignées de nos canons européens du XXIème siècle. Et Mari Yamazaki n'oublie pas que derrière l'architecte visionnaire se cache un homme, qui a ses propres problèmes du quotidien (avec sa femme notamment). Le dessin de Mari Yamazaki n'est pas forcément maîtrisé partout -les jeunes Japonais sont par exemple bien moins travaillés que Lucius, avec son physique de statue gréco-romaine. Il y a toutefois une belle maîtrise de la mise en scène, une bonne gestion des moments comiques, et le suspense est ménagé... Le second tome nous montre d'autres aspects, d'autres idées -souvent inattendues- qui entourent les piscines ou les bains. Il y a des petits interludes où Mari Yamazaki raconte sa passion pour les bains publics, et la façon dont cette tradition est différenciée en Orient et en Occident. L'autre dimension qui à mon avis rajoute de l'intérêt au manga, est la description de la société romaine ; par ses incursions, toutes involontaires, Lucius découvre des pans de cette culture, avec ses yeux de Romain de l'époque classique. C'est vraiment intéressant, et le troisième tome nous emmène plus loin, dans les coulisses d'une crise politique envers l'empereur Hadrien. Mais, alors qu'on eût pu craindre une certaine répétition dans les histoires, entraînant la lassitude du lecteur, Mari Yamazaki fait prendre au tome 4 un virage à la fois surprenant et intrigant à son histoire. Exit en effet les aller-retour entre les deux époques et les deux lieux, place à une histoire beaucoup plus longue, qui s'étale d'ailleurs sur deux tomes, au cours desquels Lucius va vivre l'un des moments les plus importants de sa vie, tandis que la Rome qu'il a quittée va aussi basculer dans autre chose avec la fin prochaine d'Hadrien. Il y a des moments un peu too much avec la jument et le côté chevaleresque du Romain, mais ce segment relance l'intérêt de la série avant qu'il ne soit émoussé. Bien vu de la part de l'auteure et de son éditeur... Et le tome 6, qui conclue la série, permet de refermer tous ces arcs, ou presque, avec le renversement de l'intrigue. Une chouette découverte. Une série rafraîchissante et intéressante.
Les Mégret Gèrent la Ville
J’avais lu cet album il y a pas mal de temps, et je viens de l’acheter, et donc de le relire, avec un grand plaisir. D’abord pour me remémorer ce couple et particulièrement cette dame, qui nourrissaient le zapping de leurs saillies drolatiques : je me rappelle à l’époque avoir souvent hésité entre me scandaliser et rire des agissements de ce couple haut en couleurs. J’optais souvent pour le rire. Cette suite d’historiettes d’une page chacune est une charge assez violente de Luz contre les agissements des Mégret à Vitrolles, une des premières villes gérées par le FN. C’est outrancier, caricatural (même si parfois Luz n’a pas eu besoin de forcer le trait), et totalement jouissif. On imagine aisément – ce que la préface rappelle, que les Mégret n’aient pas apprécié, et que leur sens de l’humour n’était pas assez développé pour accepter cette caricature. Il y eut procès, perdu par les Mégret, et donc le droit de Guignol a été (r)établi. On pourrait craindre, les années ayant passé, que cet album perde de son côté corrosif. Que, les références ayant disparu avec la mémoire, le rire s’estompe. Et bien que nenni ! Même si les frasques ubuesques et moyennement démocratiques du couple Mégret vous sont inconnues, vous trouverez néanmoins dans cet album de quoi agiter vos zygomatiques ! C’est en effet vraiment très drôle. Si vous aimez l’humour noir, la caricature politique à charge, et que vous n’êtes pas un nostalgique du troisième Reich dépourvu d’humour, vous pouvez sans hésitation acheter ce livre, dont la lecture est fortement recommandée ! C'est clairement l'un des meilleurs albums de cette collection Bichromie, publiant les auteurs de Charlie Hebdo. Et aussi l'une des plus belles réussites de Luz !
Le Manoir des Murmures
Moi qui suis un amateur de fantastique, me voilà servi, avec ce triptyque qui oscille entre ce genre et le thriller un poil techno-médical... Dès les premières cases j'ai été littéralement happé par le dessin et l'histoire. Le dessin de Tirso est vraiment incroyable, exceptionnel, extrêmement beau. Les couleurs qui l'accompagnent, réalisées par Javi Montes, contribuent à installer une ambiance envoûtante dans la plupart des cases. Tout juste ai-je trouvé une case un peu ratée au début... Le deuxième tome est quant à lui magnifique, incroyable de beauté et de virtuosité. Par contre j'ai trouvé le troisième un cran en-dessous, dans ses deux premiers tiers. Peut-être est-ce dû à un traitement des couleurs différent ? Il y a du mieux sur la fin, mais ça m'a un peu fait sortir de ma lecture. Tirso illustre une histoire écrite par le co-scénariste de l'Echine du Diable, l'excellent film de Guillermo Del Toro, et c'est une patte que l'on retrouve effectivement dans l'histoire, avec cette atmosphère des années 40. Le récit est fort, bien rythmé la plupart du temps, même si j'ai trouvé le tome trois plus brouillon. Une belle série toutefois, que je recommande.
Choc
Je ne connais que très peu Tif et Tondu, et pour les rares aventures que j'ai pu lire, aucune ne m'a passionné. Pire, je trouvais le méchant Choc plutôt ridicule. Alors quand j'ai vu ce livre sur les étals, j'ai juste trouvé ça curieux. Il a fallu quelques critiques pour que je me décide à le lire. Et là, ce fut une belle claque : les dessins sont très beaux, l'histoire est vraiment prenante, la noirceur qui s'en dégage est très inhabituelle. Je suis plus que conquis, et il me tarde de découvrir le deuxième tome de cette aventure qui nous conte le passé choc de Choc. Une excellente et inattendue surprise ! 9/10
La Splendeur du Pingouin
Par sa collection DC Nemesis, Urban a offert une belle opportunité aux amateurs des DC Comics d’en savoir un peu plus sur les êtres malfaisants peuplant les villes de Metropolis et surtout de Gotham City. Ce titre permet ainsi aux amateurs d’en savoir un peu plus sur l’un des méchants les plus populaires mais également un des plus méconnus. Le récit ironiquement retitré en français sous le nom de « La splendeur du pingouin » s’inspire grandement de la représentation qu’en avait fait l’époque Tim Burton pour son magnifique Batman Returns mais pas uniquement. On y retrouve les origines d’un être méprisé par les siens et les difficultés à se faire accepter comme tel enfant avec ses difformités par une société cruelle qui repousse et se moque des différences d’autrui. Le Pingouin, né petit, obèse, laid et avec un nez rappelant l’animal qui lui sert de sobriquet, va donc devenir un personnage trouble bien plus craint par ses tiers que respecté en tant que tel. Son rayon d’action passe par un réseau souterrain, de magouilles et de trafics en tous genres, d’influence, d’esclaves et de contrebande. Il est à la fois un personnage clé de la bourgeoisie de Gotham comme un de ses plus perfides dangers. La démonstration de sa cruauté sans limites s’effectue par un petit jeu rodé inaliénable : convoquer le sujet qui aurait agacé Mr. Cobblepot dans son bureau et lui annoncer de façon continue et sur un ton monotone les évènements tragiques arrivés en temps réel (et commandités par Le Pingouin) à son entourage pour mieux le détruire psychologiquement. Par ailleurs son obstination à combler ses proches par des bijoux dérobés lors d’assauts très violents achèvent de faire du Pingouin un personnage aussi dangereux voire davantage que son grand collègue le Joker dont on aperçoit deux apparitions furtives et muettes laissant supposer que ce dernier est également à la botte de l’homme-oiseau. L’ambiance est donc glaçante et le lecteur se sent rapidement mal à l’aise, tantôt touché par les flashbacks de l’enfance d’Oswald et les soin qu’il prodigue à sa mère ou à sa compagne (nous y reviendrons) que par les excès de violence outranciers et indirects dictés par sa colère. Le Pingouin cultive donc la peur paradoxalement à son allure désuète et inoffensive à l’exception notable d’un seul autre personnage emblématique de Gotham : le Batman ici peu présent (la véritable vedette ce n’est pas lui) mais indispensable à une enquête somme toute assez classique au final. L’attachement du Pingouin à une jeune fille aveugle et sincèrement amoureuse de lui va-t-il l’emmener à sa propre perte ? Je n’en dirais pas plus mais ce récit malmené par l’ambiance volontairement glauque et très sombre de Kudransky s’accorde aussi bien que la splendide couverture sombre de ce recueil. Dommage que le découpage soit parfois si confus en espérant qu’une seconde lecture lèvera ces légers soucis de continuité. Le duo d’auteurs est d’ailleurs spécialisé dans les comics à tendance « supervilain » pour avoir représenté d’autres personnages troubles chez le Punisher ou Spawn. Puisqu’il s’agit de recueil on a également droit à une autre histoire bien plus courte d’une dizaine de pages sur la situation amoureuse complexe du Pingouin. Elle n’est absolument pas dénuée d’intérêt et ferme l’ouvrage de façon réellement satisfaisante pour peu que l’on s’intéresse à un personnage que l’on croit connaître sur le bout des doigts mais dont on ignore véritablement les griefs. Le procédé n’est pas nouveau et ne le sera pas (l’ensemble m’a rappelé curieusement la genèse de Moloch dans Before Watchmen Compagnon) mais il peut apporter au novice comme à l’amateur confirmé de l’univers Batman un complément relativement pertinent sans être indispensable. La splendeur du pingouin n’est donc pas un récit indispensable ni inoubliable mais il risque de hanter au moins votre prochaine nuit pour toute la noirceur et le pessimisme qu’il dégage.
L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu
Quelle belle surprise! L'histoire est rondement bien menée, les personnages sont très bien trouvés et les dessins font mouche. Le scénario a de quoi réconcilier les lecteurs allergiques aux westerns, on se plait à suivre les aventures des personnages et chaque page tournée apporte son lot de surprise. A lire d'urgence.
Princesse Saphir
Princesse Saphir!Cela a été un vrai coup de coeur (décevant!) car j'ai eu cette collection à Noël 2012 en tant que très grande fan de Osamu Tezuka. Mais en la lisant et relisant je me suis rendue compte que c'est fade. Certes les dessins sont très beaux, avec une ambiance assez proche de Walt Disney, mais l'histoire n'est pas assez approfondie. Saphir est un personnage attachant ainsi que son ange Tink, mais certains me sont particulièrement antipathiques en commençant par le Prince Frantz, qui se tient en goujat avec l'héroïne en ignorant que c'est la "Fille aux cheveux d'or" car Saphir, tourmentée par ses 2 âmes se déguise en femme au bal. Frantz l'accuse également de méfaits qu'elle n'a pas commis et la jette dans sa prison, et au dernier moment il se rend compte que c'est Saphir grâce à un pirate cynique et pas très attachant! Le dernier chapitre se termine avec Vénus, déesse de l'amour et de la beauté ici caricaturée comme jalouse et perfide (telle une certaine Junon/Héra) puis la fin du livre n'est pas superbe, Frantz et Saphir se marient mais on ne les voit pas en tenues de mariés, comparé au dessin animé de 1969 "Princesse Saphir" qui est un poil au dessus meilleur. (Frantz étant remplacé par le cool et sympathique Prince Thibaut joué par Rock, une des célèbres stars de Tezuka) Seul point positif de ces histoires : les dessins.
La Légende des nuées écarlates - Izunas
Après le savoureux La Légende des nuées écarlates, Saverio Tenuta n'en a pas fini avec ce Japon médiéval qui l'inspire tant. Il revient donc nous raconter une histoire où les Izunas, ces loups intelligents, tiennent une large place. Pour cela il a constitué un véritable studio autour de lui, puisqu'ils sont désormais deux au scénario, et que c'est sa compagne, Carita Lupattelli, qui tient les pinceaux, sur un storyboard du maître. Et le résultat est de haute volée. On est dans le même style graphique, à part peut-être pour les humains, des personnages où je sens Lupattelli moins à l'aise, même si Aki est particulièrement soignée. La mise en couleurs, assurée par Lupattelli, écrase un peu son trait, mais la richesse de la palette provoque un véritable orgasme visuel. Rarement les kamis auront été si sublimement représentés... Sur le plan de l'histoire, ce premier tome est très dense, entre la disparition de l'arbre sacré, la présence d'Aki au milieu des Izunas (avec un fonctionnement tribal très particulier), le jeune Kenshin qui semble avoir un destin sans pareil et les Noggos qui menacent toute vie dans la forêt. Et puis ces ninjas qui font des bonds dans les bambous... En finissant ce premier tome, j'apprends que la série sera un diptyque ; j'avoue que j'espère que ce sera aussi réussi au deuxième tome, car il y a beaucoup de choses à résoudre...
Les Vieux Fourneaux
Mesdames et messieurs, voici la pépite du moment ! Je ne peux être que d'accord avec l'ensemble des critiques précédentes. Trois septuagénaires se retrouvent à l'occasion d'une crémation, et, suite à la révélation d’événements de leur passé, partent sur les routes de France et d'Italie à bord d'un vieux camion rouge estampillé d'un loup en slip... L'histoire oscille entre moments présents et flash-back, parfaitement reconnaissables grâce aux passages en noir et blanc. L'intrigue principale est intéressante et réaliste. Mais surtout, l'humour est omniprésent sans desservir l'histoire. Je pense avoir ri à chaque page. Nos retraités sont très attachants et donneraient presque envie d'être vieux ! Lupano nous prouve encore une fois son immense talent avec "Les vieux fourneaux", après l'excellent Ma révérence. Cet album est génial, et si la suite est du même niveau, je gonflerai ma note jusqu'au 5/5 sans hésiter. Un futur immanquable !