Chef d'oeuvre ultime de Jodorowsky mon scénariste préféré c'est également son oeuvre que je trouve la mieux illustrée tant le dessin de Gimenez est un véritable plaisir pour les yeux (je suis moins fan de Moebius et des couleurs de L'incal). La couverture du sixième album, Dona Vincenza l'aieule, est juste sublime. Une planche merveilleuse: l'arrivée d'Honorata la trisaïeule chez Othon avec son voile qui se soulève peu peu laissant découvrir son corps sublime, c'est l'apogée du talent de Gimenez ce n'est pas de l'érotisme facile mais un réel choc esthétique.
J'adore particulièrement les 4 premiers tomes, tout en admirant l'ensemble de la série. Bien sûr il faut adhérer à certains délires de Jodorowsky pour pouvoir l'apprécier pleinement (le suprapoux dans le dernier album par exemple) et ne pas être gêné par la surenchère (chaque guerrier devenant de plus en plus puissant de génération en génération, forcément au bout d'un moment ça devient n'importe quoi).
J'ai particulièrement adhéré à l'hommage à Dune (les nones putes, la substance convoitée du premier tome) qui est mon roman de SF préféré. ça s'inscrit parfaitement dans l'univers que crée Jodorowsky et ne vient pas là comme un cheveux sur la soupe.
Contrairement à beaucoup d'autres les dialogues entre les deux robots m'ont beaucoup plût et apportent une touche d'humour nécessaire pour apprécier pleinement cette tragédie grecque. Ces robots jouent finalement le rôle du choeur antique et permette un peu de distance pour éviter l'étouffement du lecteur.
C'est avec cette oeuvre que j'ai découvert jodo et son univers si particulier et elle reste celle qui m'a le plus marquée même si j'adhère à l'ensemble de son travail. Pour cette raison La caste gardera toujours une place à part dans mon coeur de bdphile. C'est grâce à La caste des méta-barons que j'ai compris que la bande-dessinée était un art.
Quelle formidable adaptation ! Je ne connaissais pas le roman de Jean Teulé avant de lire la BD mais j'ai fait le chemin inverse et je l'ai lu après. Et à part peut-être une ou deux scènes, on retrouve dans la BD point par point tous les chapitres du roman. Guérineau a su rendre à la perfection tout l'humour de Jean Teulé en en ajoutant même par ses fantaisies dans le dessin (changements de styles, références à d'autres BD comme Lucky Luke,...).
Arriver à nous faire sourire et même rire (j'adore la façon qu'a Charly 9 de se cacher !) avec une aussi sombre période de l'histoire de France, il faut le faire et ils le font magnifiquement bien. Chapeau bas messieurs Teulé et Guérineau !
Je ne connais pas assez l'histoire de France pour savoir quelle est la part de vérité, mais que ce pays ait pu être gouverné par un tel dérangé, ça fait peur...
On apprend plein de choses par les petites anecdotes qui fourmillent dans le récit (l'origine du poisson d'avril, du muguet du 1er mai,...). S'instruire tout en s'amusant, que demander de plus ?
Le dessin est très beau et les couleurs changeantes suivant les chapitres retransmettent bien l'ambiance.
J'ai hésité entre le "Franchement bien" et le "Culte", mais vu que je la relirai avec beaucoup de plaisir j'ai finalement opté pour le 5/5.
En bref, une BD amusante, instructive, passionnante que je vous recommande chaudement !
Je ne sais pas quelle aurait été mon appréciation si je n’avais été charmé par cette région de Bretagne et si le sort des pécheurs du XXème n’avait pas un écho personnel chez moi (puisque je suis arrière-petit fils de pêcheur). Mais, voilà, me retrouver à Douarnenez en ce début du XXème siècle, en compagnie de ces chasseurs d’écume (et de sardines) ou au cœur de ces conserveries a été très agréable.
Par ailleurs, et outre le cadre de cette histoire, il faut bien avouer que le récit est bien mené, construit sur une traditionnelle opposition entre deux familles et sur un amour impossible. De plus, chaque tome est séparé des autres par un nombre d’années non négligeable, ce qui permet d’évoquer l’évolution de la société mais aussi des personnages (en trois tomes, le jeune mousse du premier tome est devenu capitaine de bateau).
Le dessin n’a rien d’exceptionnel mais cherche à retranscrire fidèlement les décors de cette histoire (qu’il s’agisse de bateau ou de bâtiments). Ce souci de véracité est louable et contribue au fait que je me suis senti plongé dans une autre époque. Par ailleurs, les personnages sont bien typés, le trait est expressif et dynamique au besoin. Rien de marquant à première vue, donc, mais ce genre de trait convient parfaitement au récit et ne souffre d’aucun gros point faible.
Pas mal du tout, en résumé. Une série que je continuerai à suivre avec plaisir.
Génial ! J’ai tout simplement adoré cette histoire racontant les années de lycée d’un des pires tueurs en série américains (lisez donc la page Wikipédia du charmant jeune homme).
L’auteur était ami avec Dahmer au lycée, et j’avais peur que cet album sente le « claim to fame » comme on dit en anglais (vous savez, quand on se la pète parce qu’on a côtoyé quelqu’un de vaguement connu). Mais non, pas du tout, le ton est juste, et l’auteur présente les faits de manières très habile. Il s’intéresse surtout aux années précédant les meurtres, et on observe la lente détérioration sociale de Dahmer, et surtout le fait que personne ne s’en soucie, ado ou adulte. Il nous raconte le côté humain de ce qui restera l’un des pires monstres de l’Histoire (ses pulsions incontrôlables qu’il tentait de supprimer en se saoulant, sa vie de famille épouvantable, ses problèmes d’intégration).
L’ouvrage se base bien entendu sur les souvenirs de l’auteur, mais ce dernier s’est quand même beaucoup documenté, a lu les rapports du FBI et des interviews du meurtrier, interviewé des tas de gens, bref, c’est du solide (voir notes en fin d’ouvrage). La lecture est vraiment aisée, la narration est maitrisée, et l’album s’engloutit rapidement malgré ses 222 pages.
Le dessin est parfaitement adapté et typique des comics indépendants.
Un album indispensable, et la plus grosse vente de cet éditeur en 2013 avec 7290 exemplaires vendus (source). C’est bien peu pour une telle pépite, et assez représentatif de la situation précaire dans laquelle se trouvent de nombreux petits éditeurs de BD.
Un vrai coup de coeur pour moi que cette bd… dans laquelle il ne se passe absolument rien. C’est de la vie quotidienne en plein avec ce jeune en recherche d’emploi, passionné de modélisme, mais les auteurs ont une telle tendresse pour leurs personnages que ceux-ci deviennent très attachants à mes yeux.
Les passages amusants sont nombreux et le trait de Bibeur-Lu apporte à l’ensemble un supplément de candeur des plus adéquats. C’est frais, un brin naïf, sympathique, spontané et naturel.
Une lecture très plaisante que je recommande aux amateurs du genre… mais il faut clairement apprécier ce type de récit du quotidien dans lequel il ne se passe rien.
Haaaa en voilà une bd rafraichissante ! Il faut quelques cases pour rentrer dans les dessins mais une fois qu'on y est on n'en ressort plus !
Cette bd m'a fait du bien. Ca fait plaisir quand on tombe sur une bd ou il y a un vrai travail qui a été fait (et qui fonctionne) mais qu'on ne le ressente que par le plaisir de la lecture.
L'émotion est encore plus forte quand on aime se ballader en montagne, ce qui est mon cas, car dans cette bd on sent bien la force d'attraction que la montagne peut exercer.
Je recommande vivement cette bd qui offre un peu de rêve du ciel, et c'est pas si courant.
PS : en plus le titre est très bien trouvé.
Bernard Werber semble être quelque peu passé de mode depuis son succès initial et inattendu des Fourmis. Pourtant il a écrit d'autres bons bouquins et l'un d'eux fait donc l'objet d'une adaptation en BD, sous la houlette de l'hyperactif Eric Corbeyran. Le pitch, qui rappelle un peu celui du film L'Expérience interdite (dont les deux seuls atouts se nomment Julia Roberts et Kevin Bacon), nous emmène donc, sur les pas de Michael Pinson (qu'est-ce que c'est encore que ce nom...) aux frontières de la mort...
Je n'ai pas lu le roman original, mais l'utilisation qui en est faite ici est digne d'intérêt, Werber et Corbeyran parvenant à nous tenir pas mal en haleine, sans toutefois que ce soit vraiment passionnant. Dans un premier temps la construction est intrigante, on a envie de savoir où Michael et ses amis vont aller. Le second tome est une sorte de montée en charge, mais souvent avec Werber ça déconne et ça délire. On se retrouve avec une drôle d'histoire de guerre, qui se résout dans la réalité, et j'ai trouvé ça vraiment foutraque. Le troisième montre comment la société va être changé par la révolution thanatonautique. Pas mal vu, pour le coup.
Au niveau de l'exécution graphique, c'est Pierre Taranzano qui officie. Son trait a évolué depuis Les Portes de Shamballah, il a modernisé son style pour coller presque parfaitement, à mon goût, au récit. Ses cadrages sont vraiment intéressants, même si j'aimerais que ses décors soient un peu plus fouillés par moments. Son style réaliste comporte cette étincelle d'humour qui sied au récit. Les couleurs de Ruby me semblent un peu sombres par moments par contre...
Au final, un triptyque assez sympathique, malgré un tome 2 qui part dans tous les sens.
J'ai adoré Le Chat du kimono et Tea Party. C'est donc avec beaucoup d'attentes que je me suis lancé dans la lecture de ce troisième opus. Et le moins que je puisse dire, c'est que je n'ai pas été déçu.
It's not a piece of cake débute dans la continuité du volume précédent à savoir par un nouveau match culinaire entre deux lords anglais. On retrouve d'ailleurs avec plaisir Alice Barnes et Victor Neville, les deux héros de Tea Party. Autant dire qu'on a plus qu'une impression de déjà-vu.
Et bien non ! Nancy Pena évite la tentation (ou le piège) du « remake » en nous proposant un nouveau récit plein de surprises. En effet, sans être occulter, le match culinaire passe au second plan et l'auteur développe le passé de la famille Neville et les relations entre Victor et son frère Percy. Et ça marche à fond. L'intrigue et les personnages gagnent en substance et l'intérêt de la série est littéralement relancé. Le scénario, plus dense et complexe que dans tomes précédents, est passionnant. L'auteure, tout en gardant l'univers de la série, fait évoluer son récit vers l'enquête policière. Du coup, le ton est plus grave, plus pesant mais Nancy Pena n'abandonne pas son humour si particulier.
Les dessins gagnent encore en finesse et en audace. Le rendu graphique est une fois de plus magnifique et original.
It's not a piece of cake est pour moi le volume le plus réussi de cette série de très grande qualité.
Un très grand bravo à l'auteure et vivement la suite !
Rien à redire sur les avis unanimes du moment qui soufflent par ici : « Les vieux fourneaux » est sans doute une de mes meilleures lectures depuis ce début d’année !
Moi qui ai jusqu’ici toujours apprécié les scénarios de Wilfrid Lupano, cet album ne fait que conforter à mes yeux son talent d’écriture, tant pour ce qui est de la trame du récit que des dialogues. Il a ce don pour nous camper des personnages au caractère ciselé, qu’ils soient attachants ou imbuvables ; impossible de rester de marbre face à ces « gueules » qui vont forger l’âme et illuminer les récits qu’il nous balance. Car avec lui ça jette ! Ca balance ! Ca pulvérise dirait tonton ! Et cerise sur le gâteau, tout cela s’inscrit dans un cadre réaliste et contemporain qui sait aller s’appuyer intelligemment sur l’actualité tout en la détournant. C’est fin, ça se mange sans faim.
Et si ces trois vioques pas piqués des hannetons qui tiennent le haut de l’affiche de cette série ne sont pas des adeptes du flingue (quoi que…), ça ne les empêche pas de sabrer à tout va à coup de réparties cinglantes à pisser de rire. Car ce qui fait aussi la force de cet album c’est cet humour distillé sous les formes les plus variées. Que ce soit le ton décapant que peuvent prendre les dialogues, les jeux de mots qui viennent nourrir le scénario (cf. le coup du polichinelle) ou les détails nichés dans les cases et/ou les expressions que retranscrit Paul Cauuet par le biais de son dessin, on n'a vraiment pas le temps de s’ennuyer !
Mais ce n’est pas le tout d’amuser la galerie, encore faut-il avoir un comparse qui tienne la comparaison et le rythme au dessin pour porter bien haut ces tribulations épiques. Et pour une découverte, j’avoue avoir été servi ! Paul Cauuet que je ne connaissais pas du tout tient là un sacré coup de patte ! Son dessin a du style et autant de gueule que ses personnages ont de caractère. Sa narration est impeccable. Ses cadrages sont justes hallucinants par moments (j’ai scotché sur la même case que MacArthur, celle en contreplongée vu de l’intérieur de la camionnette). Sa colorisation est chaude et lumineuse et rend ses personnages encore plus vivants. Bref, j’arrête là avant que môssieur, un peu comme ces p’tits vieux qu’il croque si bien, ne se sente plus pisser.
Vous l’aurez compris, ce premier tome, qui aurait par ailleurs comme l’ont fait remarquer certains pu se suffire à lui-même, est un vrai petit bijou, et comble de bonheur pour nous,il devrait se poursuivre dans un second tome. Vivement la suite !
Rien à redire sur les avis unanimes du moment qui soufflent par ici.
Très bon album.
Tenter de raconter avec talent les début de Batman était un pari risqué et Frank Miller s'en est tiré avec brio.
J'ai beaucoup aimé le dessin old school qui colle parfaitement à l'ambiance, "vintage", mais pas vieillot.
La façon dont le chevalier noir et le commissaire Gordon font connaissance et finissent par s'apprivoiser, avec force et faiblesse, est très bien amenée et narrée, dans ce petit album rapide à lire, mais qui va à l'essentiel.
Du très bon boulot.
(293)
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La Caste des Méta-barons
Chef d'oeuvre ultime de Jodorowsky mon scénariste préféré c'est également son oeuvre que je trouve la mieux illustrée tant le dessin de Gimenez est un véritable plaisir pour les yeux (je suis moins fan de Moebius et des couleurs de L'incal). La couverture du sixième album, Dona Vincenza l'aieule, est juste sublime. Une planche merveilleuse: l'arrivée d'Honorata la trisaïeule chez Othon avec son voile qui se soulève peu peu laissant découvrir son corps sublime, c'est l'apogée du talent de Gimenez ce n'est pas de l'érotisme facile mais un réel choc esthétique. J'adore particulièrement les 4 premiers tomes, tout en admirant l'ensemble de la série. Bien sûr il faut adhérer à certains délires de Jodorowsky pour pouvoir l'apprécier pleinement (le suprapoux dans le dernier album par exemple) et ne pas être gêné par la surenchère (chaque guerrier devenant de plus en plus puissant de génération en génération, forcément au bout d'un moment ça devient n'importe quoi). J'ai particulièrement adhéré à l'hommage à Dune (les nones putes, la substance convoitée du premier tome) qui est mon roman de SF préféré. ça s'inscrit parfaitement dans l'univers que crée Jodorowsky et ne vient pas là comme un cheveux sur la soupe. Contrairement à beaucoup d'autres les dialogues entre les deux robots m'ont beaucoup plût et apportent une touche d'humour nécessaire pour apprécier pleinement cette tragédie grecque. Ces robots jouent finalement le rôle du choeur antique et permette un peu de distance pour éviter l'étouffement du lecteur. C'est avec cette oeuvre que j'ai découvert jodo et son univers si particulier et elle reste celle qui m'a le plus marquée même si j'adhère à l'ensemble de son travail. Pour cette raison La caste gardera toujours une place à part dans mon coeur de bdphile. C'est grâce à La caste des méta-barons que j'ai compris que la bande-dessinée était un art.
Charly 9
Quelle formidable adaptation ! Je ne connaissais pas le roman de Jean Teulé avant de lire la BD mais j'ai fait le chemin inverse et je l'ai lu après. Et à part peut-être une ou deux scènes, on retrouve dans la BD point par point tous les chapitres du roman. Guérineau a su rendre à la perfection tout l'humour de Jean Teulé en en ajoutant même par ses fantaisies dans le dessin (changements de styles, références à d'autres BD comme Lucky Luke,...). Arriver à nous faire sourire et même rire (j'adore la façon qu'a Charly 9 de se cacher !) avec une aussi sombre période de l'histoire de France, il faut le faire et ils le font magnifiquement bien. Chapeau bas messieurs Teulé et Guérineau ! Je ne connais pas assez l'histoire de France pour savoir quelle est la part de vérité, mais que ce pays ait pu être gouverné par un tel dérangé, ça fait peur... On apprend plein de choses par les petites anecdotes qui fourmillent dans le récit (l'origine du poisson d'avril, du muguet du 1er mai,...). S'instruire tout en s'amusant, que demander de plus ? Le dessin est très beau et les couleurs changeantes suivant les chapitres retransmettent bien l'ambiance. J'ai hésité entre le "Franchement bien" et le "Culte", mais vu que je la relirai avec beaucoup de plaisir j'ai finalement opté pour le 5/5. En bref, une BD amusante, instructive, passionnante que je vous recommande chaudement !
Les Chasseurs d'écume
Je ne sais pas quelle aurait été mon appréciation si je n’avais été charmé par cette région de Bretagne et si le sort des pécheurs du XXème n’avait pas un écho personnel chez moi (puisque je suis arrière-petit fils de pêcheur). Mais, voilà, me retrouver à Douarnenez en ce début du XXème siècle, en compagnie de ces chasseurs d’écume (et de sardines) ou au cœur de ces conserveries a été très agréable. Par ailleurs, et outre le cadre de cette histoire, il faut bien avouer que le récit est bien mené, construit sur une traditionnelle opposition entre deux familles et sur un amour impossible. De plus, chaque tome est séparé des autres par un nombre d’années non négligeable, ce qui permet d’évoquer l’évolution de la société mais aussi des personnages (en trois tomes, le jeune mousse du premier tome est devenu capitaine de bateau). Le dessin n’a rien d’exceptionnel mais cherche à retranscrire fidèlement les décors de cette histoire (qu’il s’agisse de bateau ou de bâtiments). Ce souci de véracité est louable et contribue au fait que je me suis senti plongé dans une autre époque. Par ailleurs, les personnages sont bien typés, le trait est expressif et dynamique au besoin. Rien de marquant à première vue, donc, mais ce genre de trait convient parfaitement au récit et ne souffre d’aucun gros point faible. Pas mal du tout, en résumé. Une série que je continuerai à suivre avec plaisir.
Mon ami Dahmer
Génial ! J’ai tout simplement adoré cette histoire racontant les années de lycée d’un des pires tueurs en série américains (lisez donc la page Wikipédia du charmant jeune homme). L’auteur était ami avec Dahmer au lycée, et j’avais peur que cet album sente le « claim to fame » comme on dit en anglais (vous savez, quand on se la pète parce qu’on a côtoyé quelqu’un de vaguement connu). Mais non, pas du tout, le ton est juste, et l’auteur présente les faits de manières très habile. Il s’intéresse surtout aux années précédant les meurtres, et on observe la lente détérioration sociale de Dahmer, et surtout le fait que personne ne s’en soucie, ado ou adulte. Il nous raconte le côté humain de ce qui restera l’un des pires monstres de l’Histoire (ses pulsions incontrôlables qu’il tentait de supprimer en se saoulant, sa vie de famille épouvantable, ses problèmes d’intégration). L’ouvrage se base bien entendu sur les souvenirs de l’auteur, mais ce dernier s’est quand même beaucoup documenté, a lu les rapports du FBI et des interviews du meurtrier, interviewé des tas de gens, bref, c’est du solide (voir notes en fin d’ouvrage). La lecture est vraiment aisée, la narration est maitrisée, et l’album s’engloutit rapidement malgré ses 222 pages. Le dessin est parfaitement adapté et typique des comics indépendants. Un album indispensable, et la plus grosse vente de cet éditeur en 2013 avec 7290 exemplaires vendus (source). C’est bien peu pour une telle pépite, et assez représentatif de la situation précaire dans laquelle se trouvent de nombreux petits éditeurs de BD.
Tartines de courant d'air
Un vrai coup de coeur pour moi que cette bd… dans laquelle il ne se passe absolument rien. C’est de la vie quotidienne en plein avec ce jeune en recherche d’emploi, passionné de modélisme, mais les auteurs ont une telle tendresse pour leurs personnages que ceux-ci deviennent très attachants à mes yeux. Les passages amusants sont nombreux et le trait de Bibeur-Lu apporte à l’ensemble un supplément de candeur des plus adéquats. C’est frais, un brin naïf, sympathique, spontané et naturel. Une lecture très plaisante que je recommande aux amateurs du genre… mais il faut clairement apprécier ce type de récit du quotidien dans lequel il ne se passe rien.
L'Invention du Vide
Haaaa en voilà une bd rafraichissante ! Il faut quelques cases pour rentrer dans les dessins mais une fois qu'on y est on n'en ressort plus ! Cette bd m'a fait du bien. Ca fait plaisir quand on tombe sur une bd ou il y a un vrai travail qui a été fait (et qui fonctionne) mais qu'on ne le ressente que par le plaisir de la lecture. L'émotion est encore plus forte quand on aime se ballader en montagne, ce qui est mon cas, car dans cette bd on sent bien la force d'attraction que la montagne peut exercer. Je recommande vivement cette bd qui offre un peu de rêve du ciel, et c'est pas si courant. PS : en plus le titre est très bien trouvé.
Les Thanatonautes
Bernard Werber semble être quelque peu passé de mode depuis son succès initial et inattendu des Fourmis. Pourtant il a écrit d'autres bons bouquins et l'un d'eux fait donc l'objet d'une adaptation en BD, sous la houlette de l'hyperactif Eric Corbeyran. Le pitch, qui rappelle un peu celui du film L'Expérience interdite (dont les deux seuls atouts se nomment Julia Roberts et Kevin Bacon), nous emmène donc, sur les pas de Michael Pinson (qu'est-ce que c'est encore que ce nom...) aux frontières de la mort... Je n'ai pas lu le roman original, mais l'utilisation qui en est faite ici est digne d'intérêt, Werber et Corbeyran parvenant à nous tenir pas mal en haleine, sans toutefois que ce soit vraiment passionnant. Dans un premier temps la construction est intrigante, on a envie de savoir où Michael et ses amis vont aller. Le second tome est une sorte de montée en charge, mais souvent avec Werber ça déconne et ça délire. On se retrouve avec une drôle d'histoire de guerre, qui se résout dans la réalité, et j'ai trouvé ça vraiment foutraque. Le troisième montre comment la société va être changé par la révolution thanatonautique. Pas mal vu, pour le coup. Au niveau de l'exécution graphique, c'est Pierre Taranzano qui officie. Son trait a évolué depuis Les Portes de Shamballah, il a modernisé son style pour coller presque parfaitement, à mon goût, au récit. Ses cadrages sont vraiment intéressants, même si j'aimerais que ses décors soient un peu plus fouillés par moments. Son style réaliste comporte cette étincelle d'humour qui sied au récit. Les couleurs de Ruby me semblent un peu sombres par moments par contre... Au final, un triptyque assez sympathique, malgré un tome 2 qui part dans tous les sens.
It's not a Piece of Cake
J'ai adoré Le Chat du kimono et Tea Party. C'est donc avec beaucoup d'attentes que je me suis lancé dans la lecture de ce troisième opus. Et le moins que je puisse dire, c'est que je n'ai pas été déçu. It's not a piece of cake débute dans la continuité du volume précédent à savoir par un nouveau match culinaire entre deux lords anglais. On retrouve d'ailleurs avec plaisir Alice Barnes et Victor Neville, les deux héros de Tea Party. Autant dire qu'on a plus qu'une impression de déjà-vu. Et bien non ! Nancy Pena évite la tentation (ou le piège) du « remake » en nous proposant un nouveau récit plein de surprises. En effet, sans être occulter, le match culinaire passe au second plan et l'auteur développe le passé de la famille Neville et les relations entre Victor et son frère Percy. Et ça marche à fond. L'intrigue et les personnages gagnent en substance et l'intérêt de la série est littéralement relancé. Le scénario, plus dense et complexe que dans tomes précédents, est passionnant. L'auteure, tout en gardant l'univers de la série, fait évoluer son récit vers l'enquête policière. Du coup, le ton est plus grave, plus pesant mais Nancy Pena n'abandonne pas son humour si particulier. Les dessins gagnent encore en finesse et en audace. Le rendu graphique est une fois de plus magnifique et original. It's not a piece of cake est pour moi le volume le plus réussi de cette série de très grande qualité. Un très grand bravo à l'auteure et vivement la suite !
Les Vieux Fourneaux
Rien à redire sur les avis unanimes du moment qui soufflent par ici : « Les vieux fourneaux » est sans doute une de mes meilleures lectures depuis ce début d’année ! Moi qui ai jusqu’ici toujours apprécié les scénarios de Wilfrid Lupano, cet album ne fait que conforter à mes yeux son talent d’écriture, tant pour ce qui est de la trame du récit que des dialogues. Il a ce don pour nous camper des personnages au caractère ciselé, qu’ils soient attachants ou imbuvables ; impossible de rester de marbre face à ces « gueules » qui vont forger l’âme et illuminer les récits qu’il nous balance. Car avec lui ça jette ! Ca balance ! Ca pulvérise dirait tonton ! Et cerise sur le gâteau, tout cela s’inscrit dans un cadre réaliste et contemporain qui sait aller s’appuyer intelligemment sur l’actualité tout en la détournant. C’est fin, ça se mange sans faim. Et si ces trois vioques pas piqués des hannetons qui tiennent le haut de l’affiche de cette série ne sont pas des adeptes du flingue (quoi que…), ça ne les empêche pas de sabrer à tout va à coup de réparties cinglantes à pisser de rire. Car ce qui fait aussi la force de cet album c’est cet humour distillé sous les formes les plus variées. Que ce soit le ton décapant que peuvent prendre les dialogues, les jeux de mots qui viennent nourrir le scénario (cf. le coup du polichinelle) ou les détails nichés dans les cases et/ou les expressions que retranscrit Paul Cauuet par le biais de son dessin, on n'a vraiment pas le temps de s’ennuyer ! Mais ce n’est pas le tout d’amuser la galerie, encore faut-il avoir un comparse qui tienne la comparaison et le rythme au dessin pour porter bien haut ces tribulations épiques. Et pour une découverte, j’avoue avoir été servi ! Paul Cauuet que je ne connaissais pas du tout tient là un sacré coup de patte ! Son dessin a du style et autant de gueule que ses personnages ont de caractère. Sa narration est impeccable. Ses cadrages sont justes hallucinants par moments (j’ai scotché sur la même case que MacArthur, celle en contreplongée vu de l’intérieur de la camionnette). Sa colorisation est chaude et lumineuse et rend ses personnages encore plus vivants. Bref, j’arrête là avant que môssieur, un peu comme ces p’tits vieux qu’il croque si bien, ne se sente plus pisser. Vous l’aurez compris, ce premier tome, qui aurait par ailleurs comme l’ont fait remarquer certains pu se suffire à lui-même, est un vrai petit bijou, et comble de bonheur pour nous,il devrait se poursuivre dans un second tome. Vivement la suite ! Rien à redire sur les avis unanimes du moment qui soufflent par ici.
Batman - Année Un (Year One)
Très bon album. Tenter de raconter avec talent les début de Batman était un pari risqué et Frank Miller s'en est tiré avec brio. J'ai beaucoup aimé le dessin old school qui colle parfaitement à l'ambiance, "vintage", mais pas vieillot. La façon dont le chevalier noir et le commissaire Gordon font connaissance et finissent par s'apprivoiser, avec force et faiblesse, est très bien amenée et narrée, dans ce petit album rapide à lire, mais qui va à l'essentiel. Du très bon boulot. (293)