J'ai tout simplement adoré. J'ai toujours été assez admiratif de ces auteurs qui arrivent à raconter une histoire complète au travers de strips de trois cases qui possèdent chacun leur propre chute. Et dans ce genre difficile, cet album est sans doute le meilleur que j'aie jamais lu. J'aime beaucoup aussi le dessin tout en rondeur de Fabrice Erre. Un must.
[TOME 1]
Une histoire de ronins, de fantômes, d'êtres surnaturels dans le Japon du XIIème siècle.
On suit les traces d'Isabellae, suivie par le fantôme de son père, à la recherche de sa jeune soeur.
Beaucoup de combats, de rencontres variées, de surprises même, un peu d'humour ici et là (très peu, mais salutaire) et un dessin plutôt joli et gracieux (à l'exception de quelques visages, parfois).
Un premier tome d'introduction très réussi, original, et qui donne envie de connaître le reste du premier triptyque.
Dans un univers assez proche, et presque à la même période, on peut penser à Okko en lisant Isabellae, mais je trouve Okko plus classique et moins prenant.
Note du T1 : 3,5/55
Cette histoire de Jack l'Eventreur, je la connais par coeur, j'ai lu des tas de bouquins, vu des docs sur des chaînes câblées, et plusieurs films. Je n'ai pas lu heureusement From Hell, et je ne sais pas si je le lirai, mais lorsque j'ai ouvert le tome 1 de ce diptyque, j'avais l'étrange impression d'avoir vu le même traitement ailleurs. Il s'agit d'une très bonne adaptation du TV-film du même titre réalisé en 1988 par David Wickes, co-prod anglo-U.S. de prestige où Michael Caine incarnait l'inspecteur Frederick Abberline ; ce TV-film a été diffusé soit en 2 parties de 2h, soit en mini-série de 4 épisodes, il a été vendu et salué dans plusieurs pays, récoltant de nombreux prix dont un pour Caine qui y livre une interprétation particulièrement brillante.
On retrouve donc dans cette Bd les mêmes personnages, outre Abberline, son adjoint George, le commissaire Warren, Lusk le chef du comité de vigilance, avec le même discours de lutte des classes ; on entrevoit aussi furtivement l'acteur Richard Mansfield qui joue sur scène "Dr Jekyll et Mr Hyde", et bien-sûr les infortunées prostituées victimes de l'Eventreur. La Bd joue sur le même registre trottoirs mouillés, rues sombres et enfumées par le smog, aspect grouillant et ambiance populaire du Whitechapel de 1888.
Le dessin restitue parfaitement tout ça, de même que la mise en page, les cadrages, les angles de vue un peu tordus contribuent à une sorte de malaise troublant et de frisson imprégnés dans les murs humides de ce quartier sordide des docks londoniens. L'histoire suit les grandes lignes des faits connus, mais s'écarte légèrement du TV-film qui proposait une théorie audacieuse, mais plausible. Ici, la fin est beaucoup plus troublante, sinon j'y ai retrouvé la même fascination pour le macabre et le caractère morbide qui circulent sur le mythe sanglant de Jack, à une époque où Londres est une ville monstrueuse, tentaculaire et rongée par la misère et la débauche des bas-quartiers.
L'imagination romanesque a fait de cette histoire criminelle l'une des plus grandes légendes urbaines de tous les temps, et une des figures les plus étonnantes du folklore britannique.
Le tome 2 embraye sur un autre récit qui n'a plus rien à voir avec le fameux TV-film, mais qui est une continuité du tome précédent, Abberline se rendant en France pour enquêter sur des meurtres similaires à ceux de Jack. La fin de ce tome renvoie habilement au tome 1, mais la théorie choisie du coupable pourra surprendre, surtout avec sa dernière phrase.
J'aime bien le dessin un peu torturé qui correspond aux ambiances troubles de cette époque, et il est amusant de voir des monuments célèbres qui en 1888, étaient encore en construction tels le Tower Bridge de Londres (avec une double page spectaculaire) ou le Sacré-Coeur de Paris. Narration et dessin, tout est bon, tout est réuni pour savourer une Bd de qualité.
Enfin lu cette fameuse oeuvre d'Otomo, un peu éclipsée par le monstre qu'est Akira, oeuvre maîtresse du manga s.f. et de la bd tout court. J'avais plusieurs fois feuilleté ce pavé (intégrale parue chez les Humanos).
Ce qui frappe tout d'abord, c'est la modernité des cadrages et de la mise en scène (ça date de 82 tout de même !) digne des meilleurs films fantastiques et s.f. récents. Quand tu penses qu'à la même époque au cinéma c'était la guerre des étoiles tu hallucines sur le côté précurseur de ces scènes d'action, dignes de Matrix ou Inception !
Ensuite le récit est très clair et vraiment haletant. On n'a pas le temps de s'ennuyer. Cette histoire de meurtres et de suicides mystérieux dans une barre d'immeuble à Tokyo nous prend vraiment à la gorge. Que se passe-t-il dans ce paysage ordinaire apparemment hanté ? Qui est ce mystérieux petit vieillard apparemment inoffensif ? Je ne vais pas trop en dire afin de ne pas spoiler. Le récit s'attarde sur chaque protagoniste (assez nombreux) et chaque personnage est réussi. Ce récit est digne d'un excellent thriller fantastique ne lésinant pas sur la violence (quelques scènes gores sublimissimes !).
Le décor a une importance capitale et préfigure la destruction à grande échelle d'Akira. Les 2 "mutants télé-kinésistes" se combattant en virevoltant dans le vide au milieu de ce décor de béton à l'aide de forces psychiques monumentales comparables à de l'énergie nucléaire ou aux héros du film " Scanners " de Cronenberg. Ces combats en lévitation au milieu de l'album sont hallucinants. Cela m'a laissé bouche-bée.
Bref un chef d'oeuvre de la bd.
Par contre je n'ai pas bien compris les dernières pages de l'histoire. Si quelqu'un peut éclairer ma lanterne ?
Découvert avec elveen à l’occasion d’une séance d’expo et dédicace dans notre région, nous avons pu lire le premier tome de cette série en primeur avec 10 jours d’avance sur sa sortie officielle.
Tout comme elveen, j’ai été conquis par ce premier opus de jeunes auteurs talentueux. J’ai été bluffé par la maîtrise graphique de Hamo et la narration de Morel qui signent là leur première publication. Pour situer le trait de Hamo, il est à mi-chemin entre celui de Denis Bodart et celui de Pierre Alary. La comparaison est flatteuse mais amplement méritée ! J’ai eu l’occasion de visiter une expo des planches originales et c’est vraiment du beau travail. Côté récit, Morel plonge le lecteur dans l’époque victorienne (à défaut d’une date précise) où un personnage nébuleux cherche à tirer les ficelles. Ce premier opus, d’une série qui en comptera trois, est dense, riche en événements et assez intrigante. La narration est d’une grande fluidité pour un récit non linéaire et les dialogues sont travaillés sans être pompeux. Chapeau bas !
Rarement une première publication aura atteint une telle perfection.
MAJ après relecture des trois tomes
Un bon récit de bout en bout. Les deux premiers opus ne laissent en rien transparaître le final qui conclut l'histoire sans doute de manière plus cartésienne qu'escompté. Mais rien n'est bâclé. C'est propre et, pour une première publication, ça reste assez impressionnant.
A recommander !
Bon, les trois premiers "Broussaille" sont des chefs-d'œuvre absolus. Je me souviens encore de mon émerveillement à la lecture des Baleines publiques ; je n'avais rien lu de pareil, tout en ayant l'impression que j'avais toujours connu ce personnage et sa drôle de façon de voir la vie (qui le lui rendra bien!). Il y a une grâce toute particulière dans les albums scénarisés par Bom, un équilibre. Après, je trouve que ça tourne à vide, c'est forcé. Mais ce n'est pas grave, Brou continue à chaque relecture à m'embarquer dans sa réalité magique. Merci Frank !
J'ai longtemps tourné autour de cette série; mais quel idiot! Que ne l'ai-je pas lue plus tôt?
Admirateur de Lauffray et Alice j'ai admiré le travail de N. Siner qui, sans imiter les premiers, livre un ensemble qui fait preuve d'une grande maturité artistique. A tous les niveaux, rien à redire.
L'histoire qui nous est contée n'est pas si légère qu'une lecture rapide pourrait laisser penser. C'est bien de la fin d'un monde, d'une époque qu'il s'agit. Les personnages que l'on rencontre sont à la fois grandioses et pathétiques, profondément humains. Tout a déjà été dit par mes petits camarades. Je ne m'attarde que pour réclamer la conclusion de cette histoire.
J'ai été un peu surpris en fin d'album de réaliser que ce n'était pas un one-shot. Il y a dans ce seul premier tome tout à fait de quoi former une histoire complète. Mais quoiqu'il en soit, ce fut pour moi une très chouette lecture !
Soutenu par un excellent dessin, le récit met en scène un excellent trio de vieillards pleins de vie qui ont à peine vieilli dans leur tête. Le récit est drôle, prenant, bien mené et rythmé. Les personnages sont succulents, les dialogues exquis, les situations pleines d'humour et d'humanité.
Ces vieux fourneaux mais aussi la jeune Lucette enceinte sont très attachants et j'ai bien hâte de lire la suite de leurs aventures.
Le couple Charles récidive dans la saga introspective et romantique, un peu comme dans India Dreams, et d'ailleurs J.F. Charles adopte le même dessin de style aquarelle, aux tons doux et apaisants qui avaient si brillamment mis en valeur cette précédente série. Ici, c'est pareil, ce dessin en couleurs directes transcende littéralement l'histoire, et Charles livre quelques pleine pages de toute beauté.
Les auteurs entrecroisent les rêves et les souvenirs de 4 personnages qui reviennent sur les traces de leur passé, sur la Côte d'Opale. Je connais bien ce lieu, c'est vrai que le Cap Gris-Nez avec ses rochers sombres est propice à la mélancolie (surtout vu sous un ciel incertain et avec peu de monde), plus que le Cap Blanc-Nez qui avec ses 134 m de falaise calcaire, affiche un air grandiose. L'endroit entre ces 2 caps mythiques des côtes françaises, permet effectivement de voir les côtes anglaises par temps clair uniquement.
Et les auteurs réussissent bien à faire passer cette impression de désenchantement ; refusant de conter la guerre de façon classique et violente, ils optent pour une aventure humaine très intimiste et pleine de sensibilité, joliment contée, très mélancolique, poétique et empreinte d'une grande tristesse par endroits, mais pas du tout rasoir ou désagréable à lire, au contraire. De plus, le chassé-croisé entre ces personnages, l'alternance entre les scènes de guerre et le présent d'aujourd'hui sont fort bien élaborés. Il y a un petit côté "à l'eau de rose" qui transparaît, surtout avec les personnages de l'Allemand (qu'il faut rendre sympathique) et de l'Anglais, mais pas bien gênant.
Je regrette seulement que les auteurs n'aient pas continué sur leur lancée dans le tome 4, en retranscrivant en dessin traditionnel ce qui était conté, ça brise un peu la magie du récit, et d'un autre côté, ce tome ne sert pas à grand chose, la série pouvant se lire en triptyque. Dans son ensemble, ça reste une belle histoire aux accents tragiques et contemplatifs.
Le hasard, mais aussi le talent de ma bibliothécaire, ont fait que j'ai lu cet album juste après 520 km, auquel il répond comme par un effet de miroir.
En effet nous sommes dans les pas de Louise, qui a quitté Simon par facebook -et par inadvertance- et qui se retrouve dans une nouvelle histoire sentimentale, dont elle n'est pas sûre de la légitimité. Une nouvelle fois de Radiguès se montre très précis et réaliste dans les relations entre ses personnages, entre garçon pas encore sûr de sa sexualité et jeune fille au caractère bien trempé, sans toutefois tomber dans la caricature.
Comme dans ses autres albums, son graphisme est assez simple, mais plutôt maîtrisé dans l'expressivité de ses personnages et la mise en scène.
Max de Radiguès n'en a peut-être pas encore fini avec ses adolescents, mais je suis prêt à le suivre s'il est toujours aussi convaincant...
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Mars !
J'ai tout simplement adoré. J'ai toujours été assez admiratif de ces auteurs qui arrivent à raconter une histoire complète au travers de strips de trois cases qui possèdent chacun leur propre chute. Et dans ce genre difficile, cet album est sans doute le meilleur que j'aie jamais lu. J'aime beaucoup aussi le dessin tout en rondeur de Fabrice Erre. Un must.
Isabellae
[TOME 1] Une histoire de ronins, de fantômes, d'êtres surnaturels dans le Japon du XIIème siècle. On suit les traces d'Isabellae, suivie par le fantôme de son père, à la recherche de sa jeune soeur. Beaucoup de combats, de rencontres variées, de surprises même, un peu d'humour ici et là (très peu, mais salutaire) et un dessin plutôt joli et gracieux (à l'exception de quelques visages, parfois). Un premier tome d'introduction très réussi, original, et qui donne envie de connaître le reste du premier triptyque. Dans un univers assez proche, et presque à la même période, on peut penser à Okko en lisant Isabellae, mais je trouve Okko plus classique et moins prenant. Note du T1 : 3,5/55
Jack L'Eventreur (Soleil)
Cette histoire de Jack l'Eventreur, je la connais par coeur, j'ai lu des tas de bouquins, vu des docs sur des chaînes câblées, et plusieurs films. Je n'ai pas lu heureusement From Hell, et je ne sais pas si je le lirai, mais lorsque j'ai ouvert le tome 1 de ce diptyque, j'avais l'étrange impression d'avoir vu le même traitement ailleurs. Il s'agit d'une très bonne adaptation du TV-film du même titre réalisé en 1988 par David Wickes, co-prod anglo-U.S. de prestige où Michael Caine incarnait l'inspecteur Frederick Abberline ; ce TV-film a été diffusé soit en 2 parties de 2h, soit en mini-série de 4 épisodes, il a été vendu et salué dans plusieurs pays, récoltant de nombreux prix dont un pour Caine qui y livre une interprétation particulièrement brillante. On retrouve donc dans cette Bd les mêmes personnages, outre Abberline, son adjoint George, le commissaire Warren, Lusk le chef du comité de vigilance, avec le même discours de lutte des classes ; on entrevoit aussi furtivement l'acteur Richard Mansfield qui joue sur scène "Dr Jekyll et Mr Hyde", et bien-sûr les infortunées prostituées victimes de l'Eventreur. La Bd joue sur le même registre trottoirs mouillés, rues sombres et enfumées par le smog, aspect grouillant et ambiance populaire du Whitechapel de 1888. Le dessin restitue parfaitement tout ça, de même que la mise en page, les cadrages, les angles de vue un peu tordus contribuent à une sorte de malaise troublant et de frisson imprégnés dans les murs humides de ce quartier sordide des docks londoniens. L'histoire suit les grandes lignes des faits connus, mais s'écarte légèrement du TV-film qui proposait une théorie audacieuse, mais plausible. Ici, la fin est beaucoup plus troublante, sinon j'y ai retrouvé la même fascination pour le macabre et le caractère morbide qui circulent sur le mythe sanglant de Jack, à une époque où Londres est une ville monstrueuse, tentaculaire et rongée par la misère et la débauche des bas-quartiers. L'imagination romanesque a fait de cette histoire criminelle l'une des plus grandes légendes urbaines de tous les temps, et une des figures les plus étonnantes du folklore britannique. Le tome 2 embraye sur un autre récit qui n'a plus rien à voir avec le fameux TV-film, mais qui est une continuité du tome précédent, Abberline se rendant en France pour enquêter sur des meurtres similaires à ceux de Jack. La fin de ce tome renvoie habilement au tome 1, mais la théorie choisie du coupable pourra surprendre, surtout avec sa dernière phrase. J'aime bien le dessin un peu torturé qui correspond aux ambiances troubles de cette époque, et il est amusant de voir des monuments célèbres qui en 1888, étaient encore en construction tels le Tower Bridge de Londres (avec une double page spectaculaire) ou le Sacré-Coeur de Paris. Narration et dessin, tout est bon, tout est réuni pour savourer une Bd de qualité.
Dômu - Rêves d'enfants
Enfin lu cette fameuse oeuvre d'Otomo, un peu éclipsée par le monstre qu'est Akira, oeuvre maîtresse du manga s.f. et de la bd tout court. J'avais plusieurs fois feuilleté ce pavé (intégrale parue chez les Humanos). Ce qui frappe tout d'abord, c'est la modernité des cadrages et de la mise en scène (ça date de 82 tout de même !) digne des meilleurs films fantastiques et s.f. récents. Quand tu penses qu'à la même époque au cinéma c'était la guerre des étoiles tu hallucines sur le côté précurseur de ces scènes d'action, dignes de Matrix ou Inception ! Ensuite le récit est très clair et vraiment haletant. On n'a pas le temps de s'ennuyer. Cette histoire de meurtres et de suicides mystérieux dans une barre d'immeuble à Tokyo nous prend vraiment à la gorge. Que se passe-t-il dans ce paysage ordinaire apparemment hanté ? Qui est ce mystérieux petit vieillard apparemment inoffensif ? Je ne vais pas trop en dire afin de ne pas spoiler. Le récit s'attarde sur chaque protagoniste (assez nombreux) et chaque personnage est réussi. Ce récit est digne d'un excellent thriller fantastique ne lésinant pas sur la violence (quelques scènes gores sublimissimes !). Le décor a une importance capitale et préfigure la destruction à grande échelle d'Akira. Les 2 "mutants télé-kinésistes" se combattant en virevoltant dans le vide au milieu de ce décor de béton à l'aide de forces psychiques monumentales comparables à de l'énergie nucléaire ou aux héros du film " Scanners " de Cronenberg. Ces combats en lévitation au milieu de l'album sont hallucinants. Cela m'a laissé bouche-bée. Bref un chef d'oeuvre de la bd. Par contre je n'ai pas bien compris les dernières pages de l'histoire. Si quelqu'un peut éclairer ma lanterne ?
Noirhomme
Découvert avec elveen à l’occasion d’une séance d’expo et dédicace dans notre région, nous avons pu lire le premier tome de cette série en primeur avec 10 jours d’avance sur sa sortie officielle. Tout comme elveen, j’ai été conquis par ce premier opus de jeunes auteurs talentueux. J’ai été bluffé par la maîtrise graphique de Hamo et la narration de Morel qui signent là leur première publication. Pour situer le trait de Hamo, il est à mi-chemin entre celui de Denis Bodart et celui de Pierre Alary. La comparaison est flatteuse mais amplement méritée ! J’ai eu l’occasion de visiter une expo des planches originales et c’est vraiment du beau travail. Côté récit, Morel plonge le lecteur dans l’époque victorienne (à défaut d’une date précise) où un personnage nébuleux cherche à tirer les ficelles. Ce premier opus, d’une série qui en comptera trois, est dense, riche en événements et assez intrigante. La narration est d’une grande fluidité pour un récit non linéaire et les dialogues sont travaillés sans être pompeux. Chapeau bas ! Rarement une première publication aura atteint une telle perfection. MAJ après relecture des trois tomes Un bon récit de bout en bout. Les deux premiers opus ne laissent en rien transparaître le final qui conclut l'histoire sans doute de manière plus cartésienne qu'escompté. Mais rien n'est bâclé. C'est propre et, pour une première publication, ça reste assez impressionnant. A recommander !
Broussaille
Bon, les trois premiers "Broussaille" sont des chefs-d'œuvre absolus. Je me souviens encore de mon émerveillement à la lecture des Baleines publiques ; je n'avais rien lu de pareil, tout en ayant l'impression que j'avais toujours connu ce personnage et sa drôle de façon de voir la vie (qui le lui rendra bien!). Il y a une grâce toute particulière dans les albums scénarisés par Bom, un équilibre. Après, je trouve que ça tourne à vide, c'est forcé. Mais ce n'est pas grave, Brou continue à chaque relecture à m'embarquer dans sa réalité magique. Merci Frank !
Horacio d'Alba
J'ai longtemps tourné autour de cette série; mais quel idiot! Que ne l'ai-je pas lue plus tôt? Admirateur de Lauffray et Alice j'ai admiré le travail de N. Siner qui, sans imiter les premiers, livre un ensemble qui fait preuve d'une grande maturité artistique. A tous les niveaux, rien à redire. L'histoire qui nous est contée n'est pas si légère qu'une lecture rapide pourrait laisser penser. C'est bien de la fin d'un monde, d'une époque qu'il s'agit. Les personnages que l'on rencontre sont à la fois grandioses et pathétiques, profondément humains. Tout a déjà été dit par mes petits camarades. Je ne m'attarde que pour réclamer la conclusion de cette histoire.
Les Vieux Fourneaux
J'ai été un peu surpris en fin d'album de réaliser que ce n'était pas un one-shot. Il y a dans ce seul premier tome tout à fait de quoi former une histoire complète. Mais quoiqu'il en soit, ce fut pour moi une très chouette lecture ! Soutenu par un excellent dessin, le récit met en scène un excellent trio de vieillards pleins de vie qui ont à peine vieilli dans leur tête. Le récit est drôle, prenant, bien mené et rythmé. Les personnages sont succulents, les dialogues exquis, les situations pleines d'humour et d'humanité. Ces vieux fourneaux mais aussi la jeune Lucette enceinte sont très attachants et j'ai bien hâte de lire la suite de leurs aventures.
War and dreams
Le couple Charles récidive dans la saga introspective et romantique, un peu comme dans India Dreams, et d'ailleurs J.F. Charles adopte le même dessin de style aquarelle, aux tons doux et apaisants qui avaient si brillamment mis en valeur cette précédente série. Ici, c'est pareil, ce dessin en couleurs directes transcende littéralement l'histoire, et Charles livre quelques pleine pages de toute beauté. Les auteurs entrecroisent les rêves et les souvenirs de 4 personnages qui reviennent sur les traces de leur passé, sur la Côte d'Opale. Je connais bien ce lieu, c'est vrai que le Cap Gris-Nez avec ses rochers sombres est propice à la mélancolie (surtout vu sous un ciel incertain et avec peu de monde), plus que le Cap Blanc-Nez qui avec ses 134 m de falaise calcaire, affiche un air grandiose. L'endroit entre ces 2 caps mythiques des côtes françaises, permet effectivement de voir les côtes anglaises par temps clair uniquement. Et les auteurs réussissent bien à faire passer cette impression de désenchantement ; refusant de conter la guerre de façon classique et violente, ils optent pour une aventure humaine très intimiste et pleine de sensibilité, joliment contée, très mélancolique, poétique et empreinte d'une grande tristesse par endroits, mais pas du tout rasoir ou désagréable à lire, au contraire. De plus, le chassé-croisé entre ces personnages, l'alternance entre les scènes de guerre et le présent d'aujourd'hui sont fort bien élaborés. Il y a un petit côté "à l'eau de rose" qui transparaît, surtout avec les personnages de l'Allemand (qu'il faut rendre sympathique) et de l'Anglais, mais pas bien gênant. Je regrette seulement que les auteurs n'aient pas continué sur leur lancée dans le tome 4, en retranscrivant en dessin traditionnel ce qui était conté, ça brise un peu la magie du récit, et d'un autre côté, ce tome ne sert pas à grand chose, la série pouvant se lire en triptyque. Dans son ensemble, ça reste une belle histoire aux accents tragiques et contemplatifs.
Un Eté en apnée (Simon & Louise)
Le hasard, mais aussi le talent de ma bibliothécaire, ont fait que j'ai lu cet album juste après 520 km, auquel il répond comme par un effet de miroir. En effet nous sommes dans les pas de Louise, qui a quitté Simon par facebook -et par inadvertance- et qui se retrouve dans une nouvelle histoire sentimentale, dont elle n'est pas sûre de la légitimité. Une nouvelle fois de Radiguès se montre très précis et réaliste dans les relations entre ses personnages, entre garçon pas encore sûr de sa sexualité et jeune fille au caractère bien trempé, sans toutefois tomber dans la caricature. Comme dans ses autres albums, son graphisme est assez simple, mais plutôt maîtrisé dans l'expressivité de ses personnages et la mise en scène. Max de Radiguès n'en a peut-être pas encore fini avec ses adolescents, mais je suis prêt à le suivre s'il est toujours aussi convaincant...