Tout d'abord, que se passe-t-il ? Cet album est paru en 2008 et la suite n'est toujours pas là. Si j'en juge par les critiques et ma lecture nous n'avons là que du bon !
Ce récit d'aventure se place en des lieux et à une époque fort peu connus. 1920, la révolution russe n'est pas achevée, les blancs résistent encore, aux frontières de l'ex empire les chinois sont aux aguets et les tribus mongoles et sibériennes veulent défendre leurs intérêts.
C'est dans ce maelstrom d'alliances, de trahisons, de massacres, etc. que nous suivons un médecin pris malgré lui dans des aventures et des rencontres qu'il n'avait pas souhaitées.
Quelle tuerie cet album ! Dans une ambiance très sombre, mais non dénuée d'humour (l'apprentissage de l'équitation de notre héros), il se débat, plus ballotté par les événements, qu'acteur de son destin.
Moultes péripéties donc dans cette histoire passionnante et dynamique dont le trait ainsi que les couleurs collent juste comme il faut. Hâte qu'une suite voit le jour !
Que voila un one shot enthousiasment, il y avait longtemps que je n'avais lu une histoire comme celle là qui vous embarque jusqu'au bout. On n'a pas vu le temps passer car tout cela est construit d'une manière machiavélique avec des retournements de situations que l'on ne voit pas venir.
L'auteur prends le temps de nous présenter ses personnages évoluant dans un monde qui leur est familier et ainsi leur donne une épaisseur qui est un grand plus pour la suite. Après cette introduction nous basculons dans un autre univers, celui d'une île paradisiaque, (enfin pas tant que cela!) et la on change radicalement de ton . Ceci avait été amorcé par l'histoire du vrp et concepteur de jouets. Au final tout se rejoint et se termine en apothéose.
Les personnages sont typés et caractéristiques de leur milieu mais ils ne sont jamais caricaturaux, la aussi une force de ce récit.
Le dessin est simple, (c'est un compliment), mais extrêmement dynamique et arrive à faire passer quelque chose de frais dans cette histoire: quand même une chasse à l'homme qui occasionne des morts.
Cette BD est déjà ancienne mais elle n'a pas reçu beaucoup d'avis, ce que je trouve dommage.
En effet, tout d'abord du fait du thème abordé ; celui de la folie et de la manière de la traiter au XIXème siècle. Je ne sais si l'expérience décrite ici, forcément romancée, a réellement eu lieu, mais elle montre en tout cas bien tous les travers de ce qui pouvait se passer à l'époque alors que la psychiatrie n'en était qu'à ses débuts. Qui dit débuts, dit forcément expérimentations à l'arrache où tout et n'importe quoi pouvait être tenté. Il aura fallu attendre très longtemps, et sous certaines latitudes la situation n'a pas évolué, pour que l'on prenne en compte le fait que derrière la folie il y a des êtres humains.
Ici, en plus des aliénés, on croise la trajectoire d'un jésuite en aussi grande forme que ses coreligionnaires plus un policier très frappadingue.
Le récit est très bien mené sans trop d'excès, le curé est un peu caricatural et, au travers des yeux de trois enfants "sains", nous déambulons dans un milieu où les éléments sont à l'unisson de l'action. De jolies cases et une belle colorisation font de ce diptyque un très agréable moment de lecture. Ma note vaut donc pour le thème original, l'histoire maîtrisée et de belles images.
La série Freaks' Squeele se scinde pour moi en 2 parties.
Il y a d'abord les 3 premiers tomes qui se déroulent durant la première année d'études de notre trio de protagonistes dans notre université pour futurs super-héros. Puis à partir du 4e tome, les faits se déroulent durant la seconde année de leurs études.
Première partie, tome 1 à 3 et premier chapitre du tome 4 :
Malgré les avis positifs lus ici et là, j'étais méfiant vis-à-vis de cette série que je craignais un peu trop adolescente. Mais en fait, j'ai eu le coup de cœur très rapidement.
C'est un beau cocktail d'influences de la sous-culture pop et otaku : mangas, comics, films, dessins animés, jeux vidéos, les influences et les références sont innombrables mais très bien assimilés et combinés avec beaucoup d'humour et d'efficacité. Ça aurait pu être une parodie humoristique tant les clins d’œil et l'humour sont présents, mais c'est avant tout une chouette histoire d'aventure et de fantastique. On y retrouve d'ailleurs la structure narrative d'un shonen avec son cadre scolaire initial, sa grande galerie de personnages et son déroulement sur plusieurs mois puis plusieurs années nous permettant d'approfondir et de faire évoluer les relations entre protagonistes et les différentes intrigues parallèles.
Le graphisme est d'excellente qualité, et encore meilleur à mes yeux dans les planches en couleur. Personnages, décors, scènes d'actions, expressions des visages, design d'ensemble et des costumes, tout est nickel. Et quand on voit la capacité de production de l'auteur qui nous sort un album de plus de 100 pages du même niveau tous les ans, il y a de quoi être impressionné.
Je me suis très vite attaché aux personnages, principaux et secondaires. Ils sont variés, amusants et le plus souvent charismatiques ou au moins intéressants.
L'ambiance m'a vraiment plu. Très dynamique, elle combine intrigue mystérieuse, action mouvementée et gros délires, tout en restant cohérente et prenante. Il y a aussi une petite touche de romance puisqu'on se demande avec qui les personnages vont finir par sortir.
Et puis surtout, c'est drôle, un vrai plaisir de lecture.
Seconde partie, tome 4 à 7 :
A partir du second ou troisième chapitre du tome 4, il y a un petit saut chronologique amenant nos héros dans leur seconde année d'étude. Et j'ai trouvé que l'ambiance changeait un peu. Ce qui m'a déplu, c'était le sentiment que les trois héros se prenaient tout à coup plus au sérieux, notamment depuis qu'ils avaient dévoilé leurs dons respectifs et avaient acquis une nouvelle réputation. L'auteur semble leur avoir donné une soudaine maturité qui les rend un peu moins sympathiques à mes yeux et je trouve le changement un peu brusque après seulement quelques mois passés dans la chronologie de la série.
Les intrigues également gagnent soudain en complexité et en noirceur. Le tome 4 pourrait se résumer à une grosse course-poursuite avec des gentils et des méchants mais ensuite l'intrigue du tome 5 est nettement plus compliquée (et je n'ai pas aimé l'astuce narrative qui le compose et qui fait qu'on se fait au final raconter l'histoire au passé sans y avoir participé directement). Sa continuation dans le 6e tome est là encore assez sombre et complexe, et j'ai trouvé que la narration devenait vraiment embrouillée, donnant un récit trop dense où le lecteur se perd un peu, ou du moins qui m'a moins permis de savourer les moments d'action et d'humour.
Pourtant l'humour est toujours bien présent. Il y a beaucoup de moments où j'ai franchement rigolé, dans chacun des tomes en question. Les personnages sont toujours bons et les scénarios sont intéressants. Mais j'ai été moins captivé qu'auparavant, moins sous le charme. Certains moments m'ont même paru rébarbatifs, notamment l'enquête des héros pour retrouver leur mémoire dans le tome 5, la longue explication sur les origines des universités pour héros, puis la succession trop rapide des niveaux des enfers dans le tome 6.
Le 7e et dernier tome n'est pas mauvais et apporte une conclusion satisfaisante même si elle met un peu de temps à se mettre en place. Néanmoins, j'aurais aimé qu'elle conserve la simplicité et l'ambiance légère et sans prise de tête des premiers tomes.
Chouette découverte que ce premier album de Will Morris.
Se plaçant comme un héritier, un imitateur ou un proche de Gipi, Morris se démarque par une plus grande maîtrise (à mon goût) que l'illustre Italien. Dès ce premier tome, il fait preuve d'un sens de la mise en scène et du cadrage assez bluffant. Sachant qu'une partie de l'histoire se déroule en haute mer, ce n'est pas un mince exploit.
L'histoire qu'il nous raconte, quant à elle, n'est pas d'un suspense haletant, c'est même assez banal avec ce lycéen qui pour tromper son ennui décide de braver l'un des interdits absolus du monde de la pêche. Mais grâce à ce sens de la mise en scène et à une voix off savamment dosée, Morris parvient à tenir son lecteur jusqu'à la fin.
Pas mal, donc.
Vraiment sympa cette série et pourtant je ne suis pas trop preneur de ces BD qui mettent en scène des animaux qui se comportent et parlent comme des humains. Ici nous sommes dans un monde où l'onirique est très présent. Le thème de la fête pour oublier, tout oublier, est vraiment bien trouvé. Tous ces personnages qui tournent, qui s'enivrent de musique, de déguisements, de nourriture au point d'oublier pourquoi ils sont là, ce qu'est le sens de leurs vies. Dit comme cela on pourrait penser que nous sommes face à une BD un peu chiante sur le sens de la vie et la vacuité des choses.
En fait tout est très bien tourné, nos héros, un peu malgré eux, sont obligés de sortir de ce monde et vont découvrir que finalement leurs vies si futiles ont finalement un sens. Pas forcément le sens qu'ils pensaient mais dirigé par d'autres. Je ne sais pas si je me trompe mais certains côtés m'ont beaucoup fait penser à La Nef des fous.
Le dessin, que faire d'autre que se pâmer! Une totale maîtrise du trait et de la couleur. Chaque personnage est à sa place : le capitaine déchu imbu de son poste, petit riquiqui avec une barbe professionnelle; le méchant, carré d'épaules avec une vilaine tête d'aigle; etc...
Je n'ai pas parlé de la maman! (c'est froid la banquise!); et on s'en fiche si c'est pas possible de s'y balader comme ça, voir d'y dormir au pôle nord, non vraiment du beau et grand dessin.
Laissons planer le mystère ce qui a conduit les humains à cet état...
Vivement conseillable +++++
Une excellente série, assurément.
Le scénario est original, mêlant habilement fantastique, frissons, suspense, émotion, et j'en passe, bref, cette lecture ne laisse pas indifférent.
Le tome 1 est particulièrement généreux en sentiments d'effroi, chair de poule garantie sur certains passages !!!
Le graphisme de Gabriel Rodriguez est magnifique, et pourtant, a priori, ce genre n'est pas ma tasse de thé.
Cependant, ce dessin aux couleurs informatisées est très travaillé, dans les moindres détails, même les polices utilisées dans les phylactères ne sont pas choisies au hasard.
Grâce à quelques bonus en fin d'album, on peut encore mieux apprécier ce travail, en le redécouvrant étape par étape.
Les plans utilisés sont très variés, très originaux eux aussi, et permettent toujours de saisir l'atmosphère de la double page en cours d'un coup d’œil.
La lecture est donc très fluide, ce qui est une qualité essentielle.
J'étais un peu réservé sur l'ambiance dans laquelle pouvait se passer certaines scènes, particulièrement le lycée, car j'avais peur d'y retrouver les impayables clichés vomis années après années dans les séries TV abrutissantes destinées aux ados, et que j'avais pu aussi découvrir pendant mon enfance.
Néanmoins, on ne retrouve pas ce côté lourdingue, manichéen ,et démodé des clichés de la belle pom pom-girl, du footballeur costaud avec un pois-chiche dans la tête, et autres.
J'ai tout de même quelques griefs sur cette série, en fait, seulement sur le tome 4, qui m'a tout de même un peu déçu, car il n'est pas à la hauteur des trois précédents.
Dans cet opus, il faut attendre de passer la moitié des pages pour que l'action débute vraiment. En gros, jusqu'à ce que le petit autiste rencontre le fantôme de Sam Lesser.
Avant, je trouve que les auteurs ne respectent vraiment pas les lecteurs.
Déjà, ce tome contient beaucoup moins de pages que les autres, et je ne trouve donc pas normal qu'il soit aussi cher.
De plus, la première partie, un peu mollassonne, est composée d'un premier chapitre dessiné à la Bill Watterson, ce qui m'est apparu des plus dispensables, car ça casse vraiment le côté sérieux du récit.
Ensuite, dans les chapitres suivants, l'action est menée bien trop rapidement, les scènes se déroulent après que les auteurs aient appuyé sur "avance rapide", même les moments importants, sans complexe.
Franchement, le minimum aurait été de développer les scènes dans lesquelles la dame en noir/Zack attaque les enfants Locke, Ty en premier lieu.
Là, on a droit à un enchaînement de pages de deux cases, et démerde toi avec ça, lecteur.
Enfin, on nous fait découvrir pas mal de nouvelles clés dans cet album, pourquoi pas, mais c'est trop. La plupart d'entre elles n'apporte rien à l'intrigue, et on a l'impression que c'est juste du meublage en attendant que l'action arrive.
Heureusement donc que la deuxième partie du tome 4 vaut le coup, sinon, j'aurais été plus sévère dans ma note.
Et franchement, vu comment ce tome se termine, il est clair que l'on a très très envie de se ruer sur la suite.
Au final, une série récente de très bonne qualité, dont je vous conseille la lecture (et même l'achat, ce qui n'est pas rien venant de moi !) .
J'espère juste que Joe Hill sait où il mène sa barque et qu'il ne nous égarera pas dans des méandres inutiles et tirés par les cheveux ou manquant d'originalité.
Edit: Je viens de lire le tome 5 après avoir relu les 4 premiers. La relecture fut très plaisante, j'ai redécouvert les nombreux détails et recoupements entre les différents tomes, qui ne m'avaient pas frappés de prime abord.
Même le tome 4 qui m'avait un peu déçu par rapport aux 3 premiers m'a plus contenté que lors de ma première lecture.
Quant au tome 5, j'en reste sur le cul...Pondre un scénario aussi original, bien ficelé, intrigant, et crédible....Gros coup de chapeau. J'en mets un p'tit coup de coeur.
Edit 2/9/14: dernier tome décevant...Celui-ci est bâclé, le rythme de la narration n'y est plus, l'histoire devient confuse, alors que, jusque là, les rouages étaient parfaitement huilés. Quant à la fin, c'est le coup de grâce. En voulant à tout prix faire un happy end, nos auteurs ont carrément dépassé les bornes du possible, et ne cherchent même plus à nous conter une histoire logique.
Je baisse ma note de 5 à 4/5.
( 238 )
Loisel reprend à son compte le très célèbre Peter Pan, mais il signe ici une oeuvre noire à souhait au ton vraisemblablement très adulte qui dépeint tous les travers de l'humanité.
A la lecture des premières pages on ressent comme une sorte de choc devant autant de personnages sordides et vulgaires, cela sonne comme un contre pied total mais rudement bien trouvé car dans l'inconscient des gens Peter Pan reste ce gentil garçon qui combat les méchants pirates avec sa gentille fée clochette.
C'est clair qu'on est à des années lumière de la version édulcorée pour enfants de Walt Disney, d'ailleurs on peut dire que ce sont des histoires complètement différentes puisque l'auteur nous dépeint ici les origines de ce héros bien connu de tous : Qui était-il avant de venir sur l'île aux pirates ? D'où lui vient ce surnom de Peter Pan ? Qui sont les enfants perdus et le capitaine Crochet ? et bien d'autres questions encore.
L'histoire est tellement bien écrite qu'elle en devient vite envoûtante au point que l'on veut lire l'ensemble d'une traite ; de plus le rendu visuel est lui aussi d'une excellente qualité.
Il demeure juste, pour ma part, un petit bémol en ce qui concerne la fin que je trouve un poil décevante, mais au vu des événements et toujours pour rester dans ce thème de "l'avant Walt Disney" elle sonne presque comme une évidence.
Bref, voilà une série d'une très bonne qualité autant scénaristique que visuelle et qui reste pour moi une des meilleures de Loisel.
Voilà donc de la BD pour adultes dont la lecture n'a rien de réjouissant, disons même qu'elle est franchement déprimante. Ceci dit les BD ne sont pas forcément toutes faites pour nous faire marrer. Ici Loisel, dont le dessin et les couleurs sont juste impeccables, ne fait pas dans la dentelle puisqu'il convoque pratiquement tous les travers de l'âme humaine.
Aussi bien dans le Londres qu'il décrit que sur l'île, les personnages se débattent entre veulerie, trahison, mensonge, leur but étant d'asservir l'autre.
Peter veut être le chef, Clochette, ah Clochette!, ne pense qu'à son bonheur, etc , etc.. Si l'on y regarde de plus près le seul bon de l'histoire c'est ce brave Mr Kundal et à mon sens dans une moindre mesure le Capitaine Crochet, même s'il est rattrapé par ses vieux démons à la recherche d'un trésor.
Walt Disney à côté c'est de la gnognotte! Ici c'est violent, voire nauséeux par certains aspects. Alors pour cet ancrage dans une réalité dérangeante mais hélas reflet du monde de l'époque et au combien actuel, je conseille vivement la lecture de cette série qui se doit de figurer sur vos rayonnages.
Avec Compagnon, cet album était celui de la collection Before Watchmen que j'étais le moins pressé de lire. Laurie Jupiter est en effet le personnage qui m'a le moins intéressé dans le chef d'oeuvre d'Alan Moore et de savoir que le récit se situait en plein Flower Power avec une part importante de la communauté hippie et des drogues dans son intrigue, ça ne me motivait pas du tout.
Eh bien j'avais tort, car ce fut une excellente lecture, presque aussi bonne à mes yeux que Minutemen, le meilleur album de la collection à mes yeux.
D'abord il y a l'excellent dessin d'Amanda Conner. Très soigné et très agréable, il donne aux personnages des visages et expressions excellentes. La jeune Laurie notamment est rendue très expressive et très attachante.
Ensuite il y a un scénario parfaitement bien mené. Il redonne vie d'excellente manière aux anciens Minutemen vieillissants, Sally Jupiter, Hollis Mason et un Comédien plus détestable que jamais. Mais surtout il donne une vraie profondeur et intérêt au personnage de Laurie, avec une jeunesse très mi-figue mi-raisin sous l'influence d'une mère trop possessive et exigeante mais pourtant indéniablement aimante, puis une adolescence rebelle où elle va découvrir par elle-même son envie de devenir justicière.
L'intrigue mélange récits d'adolescence dans les années hippies et peu à peu enquête policière et combat contre un dangereux complot bien intégré dans cette époque si spéciale.
Après un récit dense et bien agréable, j'ai particulièrement apprécié la conclusion du récit, la métamorphose et le retour de Laurie devenue pour de bon le Spectre Soyeux, tout en restant jeune d'esprit et prête à tomber amoureuse du Dr Manhattan. Avec les mêmes qualités que la lecture de Minutemen, je trouve que ce récit est à la fois très respectueux de l'oeuvre de Moore tout en l'approfondissant et en lui apportant une facette supplémentaire, rendant ici le personnage du Spectre Soyeux particulièrement attachant et sympathique.
Ah, et j'ai aussi bien aimé les quelques touches humoristiques en clins d’œil aux évènements futurs imaginés par Moore, comme notamment la réflexion "je ne sortirai jamais avec un gars comme ça : trop ringard !".
Bref, je suis heureux de pouvoir ranger cet album à côté de Watchmen dans ma bibliothèque.
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Taïga rouge
Tout d'abord, que se passe-t-il ? Cet album est paru en 2008 et la suite n'est toujours pas là. Si j'en juge par les critiques et ma lecture nous n'avons là que du bon ! Ce récit d'aventure se place en des lieux et à une époque fort peu connus. 1920, la révolution russe n'est pas achevée, les blancs résistent encore, aux frontières de l'ex empire les chinois sont aux aguets et les tribus mongoles et sibériennes veulent défendre leurs intérêts. C'est dans ce maelstrom d'alliances, de trahisons, de massacres, etc. que nous suivons un médecin pris malgré lui dans des aventures et des rencontres qu'il n'avait pas souhaitées. Quelle tuerie cet album ! Dans une ambiance très sombre, mais non dénuée d'humour (l'apprentissage de l'équitation de notre héros), il se débat, plus ballotté par les événements, qu'acteur de son destin. Moultes péripéties donc dans cette histoire passionnante et dynamique dont le trait ainsi que les couleurs collent juste comme il faut. Hâte qu'une suite voit le jour !
Tropique de l'agneau
Que voila un one shot enthousiasment, il y avait longtemps que je n'avais lu une histoire comme celle là qui vous embarque jusqu'au bout. On n'a pas vu le temps passer car tout cela est construit d'une manière machiavélique avec des retournements de situations que l'on ne voit pas venir. L'auteur prends le temps de nous présenter ses personnages évoluant dans un monde qui leur est familier et ainsi leur donne une épaisseur qui est un grand plus pour la suite. Après cette introduction nous basculons dans un autre univers, celui d'une île paradisiaque, (enfin pas tant que cela!) et la on change radicalement de ton . Ceci avait été amorcé par l'histoire du vrp et concepteur de jouets. Au final tout se rejoint et se termine en apothéose. Les personnages sont typés et caractéristiques de leur milieu mais ils ne sont jamais caricaturaux, la aussi une force de ce récit. Le dessin est simple, (c'est un compliment), mais extrêmement dynamique et arrive à faire passer quelque chose de frais dans cette histoire: quand même une chasse à l'homme qui occasionne des morts.
Les Démons de Marie
Cette BD est déjà ancienne mais elle n'a pas reçu beaucoup d'avis, ce que je trouve dommage. En effet, tout d'abord du fait du thème abordé ; celui de la folie et de la manière de la traiter au XIXème siècle. Je ne sais si l'expérience décrite ici, forcément romancée, a réellement eu lieu, mais elle montre en tout cas bien tous les travers de ce qui pouvait se passer à l'époque alors que la psychiatrie n'en était qu'à ses débuts. Qui dit débuts, dit forcément expérimentations à l'arrache où tout et n'importe quoi pouvait être tenté. Il aura fallu attendre très longtemps, et sous certaines latitudes la situation n'a pas évolué, pour que l'on prenne en compte le fait que derrière la folie il y a des êtres humains. Ici, en plus des aliénés, on croise la trajectoire d'un jésuite en aussi grande forme que ses coreligionnaires plus un policier très frappadingue. Le récit est très bien mené sans trop d'excès, le curé est un peu caricatural et, au travers des yeux de trois enfants "sains", nous déambulons dans un milieu où les éléments sont à l'unisson de l'action. De jolies cases et une belle colorisation font de ce diptyque un très agréable moment de lecture. Ma note vaut donc pour le thème original, l'histoire maîtrisée et de belles images.
Freaks' Squeele
La série Freaks' Squeele se scinde pour moi en 2 parties. Il y a d'abord les 3 premiers tomes qui se déroulent durant la première année d'études de notre trio de protagonistes dans notre université pour futurs super-héros. Puis à partir du 4e tome, les faits se déroulent durant la seconde année de leurs études. Première partie, tome 1 à 3 et premier chapitre du tome 4 : Malgré les avis positifs lus ici et là, j'étais méfiant vis-à-vis de cette série que je craignais un peu trop adolescente. Mais en fait, j'ai eu le coup de cœur très rapidement. C'est un beau cocktail d'influences de la sous-culture pop et otaku : mangas, comics, films, dessins animés, jeux vidéos, les influences et les références sont innombrables mais très bien assimilés et combinés avec beaucoup d'humour et d'efficacité. Ça aurait pu être une parodie humoristique tant les clins d’œil et l'humour sont présents, mais c'est avant tout une chouette histoire d'aventure et de fantastique. On y retrouve d'ailleurs la structure narrative d'un shonen avec son cadre scolaire initial, sa grande galerie de personnages et son déroulement sur plusieurs mois puis plusieurs années nous permettant d'approfondir et de faire évoluer les relations entre protagonistes et les différentes intrigues parallèles. Le graphisme est d'excellente qualité, et encore meilleur à mes yeux dans les planches en couleur. Personnages, décors, scènes d'actions, expressions des visages, design d'ensemble et des costumes, tout est nickel. Et quand on voit la capacité de production de l'auteur qui nous sort un album de plus de 100 pages du même niveau tous les ans, il y a de quoi être impressionné. Je me suis très vite attaché aux personnages, principaux et secondaires. Ils sont variés, amusants et le plus souvent charismatiques ou au moins intéressants. L'ambiance m'a vraiment plu. Très dynamique, elle combine intrigue mystérieuse, action mouvementée et gros délires, tout en restant cohérente et prenante. Il y a aussi une petite touche de romance puisqu'on se demande avec qui les personnages vont finir par sortir. Et puis surtout, c'est drôle, un vrai plaisir de lecture. Seconde partie, tome 4 à 7 : A partir du second ou troisième chapitre du tome 4, il y a un petit saut chronologique amenant nos héros dans leur seconde année d'étude. Et j'ai trouvé que l'ambiance changeait un peu. Ce qui m'a déplu, c'était le sentiment que les trois héros se prenaient tout à coup plus au sérieux, notamment depuis qu'ils avaient dévoilé leurs dons respectifs et avaient acquis une nouvelle réputation. L'auteur semble leur avoir donné une soudaine maturité qui les rend un peu moins sympathiques à mes yeux et je trouve le changement un peu brusque après seulement quelques mois passés dans la chronologie de la série. Les intrigues également gagnent soudain en complexité et en noirceur. Le tome 4 pourrait se résumer à une grosse course-poursuite avec des gentils et des méchants mais ensuite l'intrigue du tome 5 est nettement plus compliquée (et je n'ai pas aimé l'astuce narrative qui le compose et qui fait qu'on se fait au final raconter l'histoire au passé sans y avoir participé directement). Sa continuation dans le 6e tome est là encore assez sombre et complexe, et j'ai trouvé que la narration devenait vraiment embrouillée, donnant un récit trop dense où le lecteur se perd un peu, ou du moins qui m'a moins permis de savourer les moments d'action et d'humour. Pourtant l'humour est toujours bien présent. Il y a beaucoup de moments où j'ai franchement rigolé, dans chacun des tomes en question. Les personnages sont toujours bons et les scénarios sont intéressants. Mais j'ai été moins captivé qu'auparavant, moins sous le charme. Certains moments m'ont même paru rébarbatifs, notamment l'enquête des héros pour retrouver leur mémoire dans le tome 5, la longue explication sur les origines des universités pour héros, puis la succession trop rapide des niveaux des enfers dans le tome 6. Le 7e et dernier tome n'est pas mauvais et apporte une conclusion satisfaisante même si elle met un peu de temps à se mettre en place. Néanmoins, j'aurais aimé qu'elle conserve la simplicité et l'ambiance légère et sans prise de tête des premiers tomes.
Silver Darling
Chouette découverte que ce premier album de Will Morris. Se plaçant comme un héritier, un imitateur ou un proche de Gipi, Morris se démarque par une plus grande maîtrise (à mon goût) que l'illustre Italien. Dès ce premier tome, il fait preuve d'un sens de la mise en scène et du cadrage assez bluffant. Sachant qu'une partie de l'histoire se déroule en haute mer, ce n'est pas un mince exploit. L'histoire qu'il nous raconte, quant à elle, n'est pas d'un suspense haletant, c'est même assez banal avec ce lycéen qui pour tromper son ennui décide de braver l'un des interdits absolus du monde de la pêche. Mais grâce à ce sens de la mise en scène et à une voix off savamment dosée, Morris parvient à tenir son lecteur jusqu'à la fin. Pas mal, donc.
Terre mécanique
Vraiment sympa cette série et pourtant je ne suis pas trop preneur de ces BD qui mettent en scène des animaux qui se comportent et parlent comme des humains. Ici nous sommes dans un monde où l'onirique est très présent. Le thème de la fête pour oublier, tout oublier, est vraiment bien trouvé. Tous ces personnages qui tournent, qui s'enivrent de musique, de déguisements, de nourriture au point d'oublier pourquoi ils sont là, ce qu'est le sens de leurs vies. Dit comme cela on pourrait penser que nous sommes face à une BD un peu chiante sur le sens de la vie et la vacuité des choses. En fait tout est très bien tourné, nos héros, un peu malgré eux, sont obligés de sortir de ce monde et vont découvrir que finalement leurs vies si futiles ont finalement un sens. Pas forcément le sens qu'ils pensaient mais dirigé par d'autres. Je ne sais pas si je me trompe mais certains côtés m'ont beaucoup fait penser à La Nef des fous. Le dessin, que faire d'autre que se pâmer! Une totale maîtrise du trait et de la couleur. Chaque personnage est à sa place : le capitaine déchu imbu de son poste, petit riquiqui avec une barbe professionnelle; le méchant, carré d'épaules avec une vilaine tête d'aigle; etc... Je n'ai pas parlé de la maman! (c'est froid la banquise!); et on s'en fiche si c'est pas possible de s'y balader comme ça, voir d'y dormir au pôle nord, non vraiment du beau et grand dessin. Laissons planer le mystère ce qui a conduit les humains à cet état... Vivement conseillable +++++
Locke & Key
Une excellente série, assurément. Le scénario est original, mêlant habilement fantastique, frissons, suspense, émotion, et j'en passe, bref, cette lecture ne laisse pas indifférent. Le tome 1 est particulièrement généreux en sentiments d'effroi, chair de poule garantie sur certains passages !!! Le graphisme de Gabriel Rodriguez est magnifique, et pourtant, a priori, ce genre n'est pas ma tasse de thé. Cependant, ce dessin aux couleurs informatisées est très travaillé, dans les moindres détails, même les polices utilisées dans les phylactères ne sont pas choisies au hasard. Grâce à quelques bonus en fin d'album, on peut encore mieux apprécier ce travail, en le redécouvrant étape par étape. Les plans utilisés sont très variés, très originaux eux aussi, et permettent toujours de saisir l'atmosphère de la double page en cours d'un coup d’œil. La lecture est donc très fluide, ce qui est une qualité essentielle. J'étais un peu réservé sur l'ambiance dans laquelle pouvait se passer certaines scènes, particulièrement le lycée, car j'avais peur d'y retrouver les impayables clichés vomis années après années dans les séries TV abrutissantes destinées aux ados, et que j'avais pu aussi découvrir pendant mon enfance. Néanmoins, on ne retrouve pas ce côté lourdingue, manichéen ,et démodé des clichés de la belle pom pom-girl, du footballeur costaud avec un pois-chiche dans la tête, et autres. J'ai tout de même quelques griefs sur cette série, en fait, seulement sur le tome 4, qui m'a tout de même un peu déçu, car il n'est pas à la hauteur des trois précédents. Dans cet opus, il faut attendre de passer la moitié des pages pour que l'action débute vraiment. En gros, jusqu'à ce que le petit autiste rencontre le fantôme de Sam Lesser. Avant, je trouve que les auteurs ne respectent vraiment pas les lecteurs. Déjà, ce tome contient beaucoup moins de pages que les autres, et je ne trouve donc pas normal qu'il soit aussi cher. De plus, la première partie, un peu mollassonne, est composée d'un premier chapitre dessiné à la Bill Watterson, ce qui m'est apparu des plus dispensables, car ça casse vraiment le côté sérieux du récit. Ensuite, dans les chapitres suivants, l'action est menée bien trop rapidement, les scènes se déroulent après que les auteurs aient appuyé sur "avance rapide", même les moments importants, sans complexe. Franchement, le minimum aurait été de développer les scènes dans lesquelles la dame en noir/Zack attaque les enfants Locke, Ty en premier lieu. Là, on a droit à un enchaînement de pages de deux cases, et démerde toi avec ça, lecteur. Enfin, on nous fait découvrir pas mal de nouvelles clés dans cet album, pourquoi pas, mais c'est trop. La plupart d'entre elles n'apporte rien à l'intrigue, et on a l'impression que c'est juste du meublage en attendant que l'action arrive. Heureusement donc que la deuxième partie du tome 4 vaut le coup, sinon, j'aurais été plus sévère dans ma note. Et franchement, vu comment ce tome se termine, il est clair que l'on a très très envie de se ruer sur la suite. Au final, une série récente de très bonne qualité, dont je vous conseille la lecture (et même l'achat, ce qui n'est pas rien venant de moi !) . J'espère juste que Joe Hill sait où il mène sa barque et qu'il ne nous égarera pas dans des méandres inutiles et tirés par les cheveux ou manquant d'originalité. Edit: Je viens de lire le tome 5 après avoir relu les 4 premiers. La relecture fut très plaisante, j'ai redécouvert les nombreux détails et recoupements entre les différents tomes, qui ne m'avaient pas frappés de prime abord. Même le tome 4 qui m'avait un peu déçu par rapport aux 3 premiers m'a plus contenté que lors de ma première lecture. Quant au tome 5, j'en reste sur le cul...Pondre un scénario aussi original, bien ficelé, intrigant, et crédible....Gros coup de chapeau. J'en mets un p'tit coup de coeur. Edit 2/9/14: dernier tome décevant...Celui-ci est bâclé, le rythme de la narration n'y est plus, l'histoire devient confuse, alors que, jusque là, les rouages étaient parfaitement huilés. Quant à la fin, c'est le coup de grâce. En voulant à tout prix faire un happy end, nos auteurs ont carrément dépassé les bornes du possible, et ne cherchent même plus à nous conter une histoire logique. Je baisse ma note de 5 à 4/5. ( 238 )
Peter Pan
Loisel reprend à son compte le très célèbre Peter Pan, mais il signe ici une oeuvre noire à souhait au ton vraisemblablement très adulte qui dépeint tous les travers de l'humanité. A la lecture des premières pages on ressent comme une sorte de choc devant autant de personnages sordides et vulgaires, cela sonne comme un contre pied total mais rudement bien trouvé car dans l'inconscient des gens Peter Pan reste ce gentil garçon qui combat les méchants pirates avec sa gentille fée clochette. C'est clair qu'on est à des années lumière de la version édulcorée pour enfants de Walt Disney, d'ailleurs on peut dire que ce sont des histoires complètement différentes puisque l'auteur nous dépeint ici les origines de ce héros bien connu de tous : Qui était-il avant de venir sur l'île aux pirates ? D'où lui vient ce surnom de Peter Pan ? Qui sont les enfants perdus et le capitaine Crochet ? et bien d'autres questions encore. L'histoire est tellement bien écrite qu'elle en devient vite envoûtante au point que l'on veut lire l'ensemble d'une traite ; de plus le rendu visuel est lui aussi d'une excellente qualité. Il demeure juste, pour ma part, un petit bémol en ce qui concerne la fin que je trouve un poil décevante, mais au vu des événements et toujours pour rester dans ce thème de "l'avant Walt Disney" elle sonne presque comme une évidence. Bref, voilà une série d'une très bonne qualité autant scénaristique que visuelle et qui reste pour moi une des meilleures de Loisel.
Peter Pan
Voilà donc de la BD pour adultes dont la lecture n'a rien de réjouissant, disons même qu'elle est franchement déprimante. Ceci dit les BD ne sont pas forcément toutes faites pour nous faire marrer. Ici Loisel, dont le dessin et les couleurs sont juste impeccables, ne fait pas dans la dentelle puisqu'il convoque pratiquement tous les travers de l'âme humaine. Aussi bien dans le Londres qu'il décrit que sur l'île, les personnages se débattent entre veulerie, trahison, mensonge, leur but étant d'asservir l'autre. Peter veut être le chef, Clochette, ah Clochette!, ne pense qu'à son bonheur, etc , etc.. Si l'on y regarde de plus près le seul bon de l'histoire c'est ce brave Mr Kundal et à mon sens dans une moindre mesure le Capitaine Crochet, même s'il est rattrapé par ses vieux démons à la recherche d'un trésor. Walt Disney à côté c'est de la gnognotte! Ici c'est violent, voire nauséeux par certains aspects. Alors pour cet ancrage dans une réalité dérangeante mais hélas reflet du monde de l'époque et au combien actuel, je conseille vivement la lecture de cette série qui se doit de figurer sur vos rayonnages.
Before Watchmen - Le Spectre Soyeux
Avec Compagnon, cet album était celui de la collection Before Watchmen que j'étais le moins pressé de lire. Laurie Jupiter est en effet le personnage qui m'a le moins intéressé dans le chef d'oeuvre d'Alan Moore et de savoir que le récit se situait en plein Flower Power avec une part importante de la communauté hippie et des drogues dans son intrigue, ça ne me motivait pas du tout. Eh bien j'avais tort, car ce fut une excellente lecture, presque aussi bonne à mes yeux que Minutemen, le meilleur album de la collection à mes yeux. D'abord il y a l'excellent dessin d'Amanda Conner. Très soigné et très agréable, il donne aux personnages des visages et expressions excellentes. La jeune Laurie notamment est rendue très expressive et très attachante. Ensuite il y a un scénario parfaitement bien mené. Il redonne vie d'excellente manière aux anciens Minutemen vieillissants, Sally Jupiter, Hollis Mason et un Comédien plus détestable que jamais. Mais surtout il donne une vraie profondeur et intérêt au personnage de Laurie, avec une jeunesse très mi-figue mi-raisin sous l'influence d'une mère trop possessive et exigeante mais pourtant indéniablement aimante, puis une adolescence rebelle où elle va découvrir par elle-même son envie de devenir justicière. L'intrigue mélange récits d'adolescence dans les années hippies et peu à peu enquête policière et combat contre un dangereux complot bien intégré dans cette époque si spéciale. Après un récit dense et bien agréable, j'ai particulièrement apprécié la conclusion du récit, la métamorphose et le retour de Laurie devenue pour de bon le Spectre Soyeux, tout en restant jeune d'esprit et prête à tomber amoureuse du Dr Manhattan. Avec les mêmes qualités que la lecture de Minutemen, je trouve que ce récit est à la fois très respectueux de l'oeuvre de Moore tout en l'approfondissant et en lui apportant une facette supplémentaire, rendant ici le personnage du Spectre Soyeux particulièrement attachant et sympathique. Ah, et j'ai aussi bien aimé les quelques touches humoristiques en clins d’œil aux évènements futurs imaginés par Moore, comme notamment la réflexion "je ne sortirai jamais avec un gars comme ça : trop ringard !". Bref, je suis heureux de pouvoir ranger cet album à côté de Watchmen dans ma bibliothèque.