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Couverture de la série Isabelle - La Louve de France
Isabelle - La Louve de France

Très bien vu ! Réaliser une biographie historique sans être lourd et ennuyeux relève souvent du tour de force, même lorsqu'il s'agit de celle d'Isabelle de France dont la vie est au centre d'enjeux géopolitiques et d'intrigues de palais qui en font un merveilleux sujet de scénario. Maurice Druon ne s'y est pas trompé dans ses Rois maudits. Marie et Thierry Gloris construisent une histoire passionnante et bien rythmée autour de la réalité historique, que Jaime Calderón illustre avec brio. Les deux albums racontent 15 années de la vie d'Isabelle, fille de roi, mariée à un roi étranger, écartelée entre son sens du devoir, ses ambitions et ses passions. C'est brillamment raconté et les auteurs rendent compréhensible une époque et des querelles politiques qui ne le sont guère. Un petit dossier présentant les généalogies royales, quelques cartes et une chronologie en fin d'album ne seraient peut-être pas superflus. Isabelle la Louve de France est très bon diptyque qui séduira les passionnés d'histoire, mais aussi tous ceux qui aiment les sagas dramatiques centrées sur une personnalité attachante.

11/07/2014 (modifier)
Par BDenis
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Vents Contraires
Vents Contraires

(Avertissement : j'accorde toujours plus d'importance au scénario qu'au dessin) Pfiouuu ! Un tout bon thriller ! Genre qui est peut-être plus difficile à rendre en BD qu’au cinéma, par exemple, où l’on peut mettre du vrai rythme, des effets spéciaux, du son… Mais là, on commence le premier tome de ce diptyque et on ne lâche plus l’affaire jusqu’au dénouement du deuxième album, tellement on est pris par l’histoire, le dessin, précis, aidant bien à se mettre dans l’ambiance. Du coup, le rythme c’est toi qui te le donne puisque tu dévores les livres ! A partir de faits complètement réels (que je ne veux pas dévoiler au risque de déflorer un peu le contenu), M.Hautière, le scénariste, nous concocte un thriller haletant qui fait froid dans le dos si l’on vient à penser que tout cela est plausible. Et bon sang, que cela le semble ! De quoi en tirer un sacré film dans la veine des "Ne le dis à personne" ou "A bout portant" pour le rythme, d’un "Blood diamond" pour un thème plus approchant ! J’ai trouvé le héros très crédible et les seconds rôles bien présents. Bref que du bon (où les deux couvertures démontrent bien qu’il y est décidément question de lunettes !). Le dessin semble perfectible au début pour s’améliorer rapidement et grandement ensuite. Vraiment adapté au profil demandé. 16 / 20 4* oui

10/07/2014 (modifier)
Couverture de la série La Digue
La Digue

Voilà un petit album bien réjouissant, et une agréable découverte ! Une histoire qui pourrait paraître désespérée et désespérante, mais que j’ai au contraire trouvée franchement marrante et très poétique. Corbeyran développe ici un univers que j’ai beaucoup apprécié. Un album très influencé par le film Brazil (c’est d’ailleurs le nom de la barque où Paul fait connaissance de celle qui va l’accompagner dans sa quête). C’est un univers totalement absurde, désensibilisé, fataliste, qui se rapproche aussi fortement de celui développé par le génial Marc-Antoine Mathieu dans sa série Julius Corentin Acquefacques - en particulier dans l’album « La Qu… ». On se trouve dans une société sclérosée, froide, un système dictatorial indéfini dans lequel domine le loufoque, l’ennui. Au milieu – de quoi en fait ?, une digue, LA digue, dont on ne saisit pas vraiment l’utilité ni les extrémités. La chute est amusante – et apporte un grand vent de fraicheur dans cette aventure étrange. Et nous donne une version surprenante de l’histoire de Paul et Virginie (même si j’avais un peu vu venir la chose en faisant le lien avec les deux prénoms). Pour finir, il faut dire que le dessin en Noir et Blanc d’Alfred est excellent, tant pour les personnages « à trognes » des scrutateurs (entre autres) que pour les lignes éperdues des décors – essentiellement la digue et les quelques constructions qui la jalonnent. Un vrai coup de cœur pour cet univers kafkaïen !

09/07/2014 (modifier)
Couverture de la série Quasar contre Pulsar
Quasar contre Pulsar

Voilà un album franchement inclassable, et difficile à résumer, donc à présenter. Je vais pourtant m’y essayer ! C’est d’abord un visuel parfois violent, qui déborde de cases quasiment inexistantes, qui prend souvent le pas sur l’histoire proprement dite : on est là finalement assez proche de ce que pouvait faire Philippe Druillet dans ses albums inspirés comme les Lone Sloane ou le déchirant La Nuit. C’est très psychédélique, parfois kitchissime, avec des couleurs roses seventies à la fois pétantes, mais aussi « sages », puisque « cadrées » par le contour des formes : un dessin stylisé, finalement assez froid au milieu de ces couleurs chaudes. Le moins que l’on puisse dire, c’est que le parti pris esthétique est assez radical ! Les dialogues – souvent au style indirect, et les commentaires en off se baladent un peu partout dans les pages, avec un texte utilisant tailles et formes différentes (j’avoue que c’est parfois difficile à lire !) : ici aussi le côté final de feu d’artifice qui domine, ça explose dans tous les sens ! L’intrigue quant à elle – car il y en a une, pas toujours discernable, au milieu de l’explosion des couleurs et des cases, eh bien l’intrigue est elle aussi un peu foutraque. Grosso modo, il y a une opposition entre Quasar, roi de l’origami interstellaire, capable de tout plier (mais qui n’arrive pas à assumer ses nombreux succès auprès de la gente féminine), et un scientifique surpuissant et mégalomane, Pulsar, qui rêve de recréer l’univers. Là aussi, ça part dans tous les sens, et c’est difficilement résumable. Cela mélange l’onirisme pur, la création expérimentale et la simple caricature de la SF à papa. Improbable ! Mais qu’ont pris les auteurs pour stimuler leur inspiration ? Voilà le genre d’album qui en rebutera beaucoup, mais qui est plein de folie, de créativité, l’imagination des auteurs ayant débordé des cases pour nous sauter aux yeux ! Si son prix est relativement élevé, il faut aussi voir l’originalité du projet, et le souci qu’ont eu les éditions 2024 d’en faire un bel objet. Le prix de la rareté, de la beauté, qui n’a pas de prix.

08/07/2014 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Békame
Békame

Le sort des réfugiés clandestins en transit est un vrai problème de société en France. Aurélien Ducoudray, en tant que photographe de presse, avait réalisé plusieurs reportages à Sangatte, où s'est trouvé pendant des années un camp de transit. "Békame" est une fiction, née de ces fragments d'histoires vraies recueillies à cette époque. C'est pour cela qu'un fort parfum d'authenticité s'en dégage. Car le petit Bilel, débrouillard mais aussi malheureux dans certaines de ses rencontres, n'a qu'un but en débarquant en France : retrouver son frère aîné. Il y parviendra, mais quel sera son destin ? Combien de Bilels sont-ils passés par là ?Le diptyque de Ducoudray et Pourquié va plutôt loin dans cette réalité glauque et abrupte des clandestins qui sont coincés en Nord-Pas-de-Calais. Ils vont loin, mais leur message est plein d'espoir. l'argent peut faire énormément de choses, mais l'humain encore plus. Et c'est dans les rencontres les plus inattendues que se cache peut-être le bonheur. Le dessin de Jeff Pourquié est un peu dur dans cette BD, à l'image de l'histoire ; il apporte cette dimension fragile, ténue, sur le fil du rasoir qui caractérise le sort des réfugiés clandestins. Son trait réaliste accentue un peu - mais sans aller jusqu'à la caricature - les petits défauts physiques des personnages. Etrange et surprenant. Un beau diptyque sur un sujet sociétal difficile.

28/02/2012 (MAJ le 07/07/2014) (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Evil Eater
Evil Eater

On pourrait croire, de prime abord, qu'il s'agit d'une énième série avec des démons, des sorciers et tout le tralala... Mais curieusement, j'ai plus accroché à cette nouvelle série fantastique qu'à d'autres. Je ne sais pas trop à quoi cela tient... Aux pouvoirs et à l'histoire de Yôko Amagi, la jeune sorceriste ? Au fait que l'un de returners semble avoir échappé au débuggage et qu'il constitue donc une menace latente ? A l'histoire de la série, cette peine de mort inversée ? Peut-être tout ça à la fois... Toujours est-il que j'ai bien accroché à l'histoire, et que je suis curieux de lire la suite... ...suite qui se révèle plutôt intéressante, avec l'adjonction d'autres sorceristes aux pouvoirs liés à des armes à feu, ainsi que la découverte de l'"origine" des revenants, devenus des retourneras depuis. Côté dessin j'aime bien ce que fait Kojino, même si par moments j'ai un peu de mal à "lire" certains de ses dessins ; cela manque un peu de clarté, dans les scènes d'action, mais c'est très correct. La fin arrive bientôt, avec le tome 3, et j'avoue que je suis curieux de connaître le fin mot de l'histoire.

08/05/2014 (MAJ le 04/07/2014) (modifier)
Couverture de la série Sur la route de Selma
Sur la route de Selma

Au départ, je me méfiais un peu avec Tome, plus connu pour ses séries humoristiques, puis je me suis rappelé qu'il avait commis Berceuse assassine qui, même si j'avais aimé à moitié, faisait plus crédible sur sa carte de visite pour aborder ce polar. C'est une bonne histoire, tout en atmosphère, bien ancrée dans cet Alabama, symbole pour la communauté noire de la lutte contre la ségrégation ; le nom de Kounta Kinte, allusion au roman Racines, est d'ailleurs significatif, et Tome parvient à renouveler ce type de récit (déjà vu à l'écran) au sein d'une Amérique raciste des années 80, même si on s'aperçoit qu'il y a eu une légère évolution, puisqu'on y voit des Noirs dans un bar côtoyant des Blancs, chose qui n'aurait pu arriver avant. J'aime bien pourtant cette Amérique du Sud et du Midwest avec ses cafés truck stop, ses stations-service, ses motels perdus dans des petites villes, ses gros trucks et ses pick-up un peu déglingués... c'est tout un folklore U.S. très imagé que je préfère de loin au contexte urbain et souvent sombre des grandes villes. Et tout ceci est parfaitement restitué par le dessin élégant à la fois dépouillé et réaliste de Berthet, avec des cadrages et une mise en page très cinématographiques au service d'un scénario remarquablement huilé de Tome, qui entretient le suspense jusqu'à la dernière scène. Tous les personnages sont bien travaillés, y compris le chien pour un thriller impeccable en forme de tragédie grecque. Un grand moment de lecture.

02/07/2014 (modifier)
Par Alix
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Scalped
Scalped

Je réécris mon avis après la lecture de l’intégralité de la série, et j’enlève un point à la note. J’ai pourtant beaucoup aimé les premiers tomes. Initialement j’avais eu du mal à accrocher à la violence omniprésente, au héros, stéréotype même du « dur à cuire », et à la quantité de jurons par phylactère (dans la VO tout du moins). Et puis… je me suis laissé emporter par le scenario… rythmé, intéressant, bien construit, facile à suivre malgré la pléthore de personnages et les flashbacks incessants… quelle maîtrise narrative ! Mais voilà, 10 tomes, c’est trop, et en ce qui me concerne les auteurs ont trop allongé la sauce. Je n’ai rien contre les histoires qui mettent en place des protagonistes intéressants à la personnalité développée, mais à condition que cela se fasse naturellement. Ici on démarre sur les chapeaux de roues pendant 2-3 tomes, et puis… plus rien, l’intrigue n’avance presque plus pendant des albums entiers, qui se contentent de nous narrer le passé des personnages. J’ai failli décrocher lors du tome 7. Désolé, mais moi je vois ça comme un ajout « après coup », pour étaler l’intrigue sur plus de tomes. Les qualités indéniables de cette série sont certes toujours là (dessin, narration, contexte intéressant, noirceur omniprésente), mais selon moi les auteurs auraient dû boucler en 5-6 tomes maximum. Dans l’état, je me vois mal recommander un tel investissement à un ami.

17/03/2010 (MAJ le 01/07/2014) (modifier)
Par dut
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Homme de l'Année - 1967
L'Homme de l'Année - 1967

Le concept de cette série est plutôt accrocheur, on prend un événement marquant de l'histoire, et l'on raconte l'histoire d'un homme qui a un rôle important dans cet événement historique. Le tout est une fiction qui sort de la tête du scénariste. Outre le thème et l'époque abordés, ça repose quand même sur l'histoire imaginée par le scénariste. Les auteurs changent à chaque tomes pour garder un rythme de sortie soutenu, ça a son avantage mais aussi des inconvénients Difficile de noter cette série dans son ensemble, car dans les séries concept qui ne comprennent que des one shot, la qualité peut être assez inégale. Après 4 tomes, selon moi, la qualité fait dans l'ordre : très bien / moyen / moyen / excellent. Ce tome 4 est juste excellent ! Une histoire top par Lupano, pleine de symboles avec le Che, le dessin vraiment bon. Espérons que la qualité reste bonne pour les tomes suivants !

01/07/2014 (modifier)
Couverture de la série Isabelle - La Louve de France
Isabelle - La Louve de France

Cette collection les Reines de sang semble être amenée dans les années à venir à devenir une référence en matière de BD historique, car tout y est soigné et précis ; l'attente fut longue pour Aliénor, la légende noire, mais ça valait le détour, et ici, enfin le tome 2 arrive et ne me déçoit pas. Pour avoir été bercé très jeune par la diffusion à la télé du feuilleton les Rois Maudits (l'original de 1972 pas le remake incolore de 2005) et la lecture du roman de Maurice Druon dont il était adapté, j'ai sans doute approfondi ma passion du Moyen Age et surtout de ses turpitudes politico-sentimentalo-sanglantes, spécialement celles de cette période de fin XIIIème siècle-début XIVème, avec le règne du "roi de fer" Philippe le Bel, les déboires territoriaux de Robert d'Artois avec sa catin de tante Mahaut, le scandale des brus du roi et de la Tour de Nesle, le règne du chétif Louis le Hutin, et les débuts de la guerre de Cent Ans. Et Isabelle dans tout ça qui fait son trou à force d'intrigues de palais et de poigne de fer, jouant un rôle bien plus ferme et masculin que son piètre époux Edouard II, elle reste même imperturbable devant les supplices des personnes qui lui ont nui, savourant sa vengeance et affichant un caractère fort hérité de son père. Je ne pouvais donc que m'émerveiller à la lecture de ce tome 1 qui reprend la trame historique et l'intrigue développée par les Rois Maudits ; les événements sont riches, il y a matière à traiter une histoire forte, et quand le dessin est à la hauteur de l'histoire, que demander de plus ? Calderon fait preuve d'une très grande maîtrise graphique, son dessin est somptueux, décors et costumes très fidèles, malgré quelques raccourcis narratifs et la vision bien soft du supplice des frères d'Aunay (qui dans une Bd plus mordante, aurait sans doute été beaucoup plus crue, car ce supplice fut dans la réalité d'une atrocité sans nom). De même que le portrait d'Edouard II est ici plus viril et bien trop flatteur ; ce ne fut pas un grand roi, peu doué en politique comme le fut son père Edouard Ier, il n'a fait qu'affaiblir le royaume, d'où sa fin piteuse. Le tome 2 est certainement encore plus réussi, le dosage entre scènes de bataille et scènes de palais est bien dosé, on s'aperçoit que la politique est toujours au coeur des problèmes, et surtout tous les faits sont exacts, les scénaristes ne faisant que suivre le cours de l'Histoire et l'intrigue des "Rois Maudits". Il n'y a qu'un détail qui n'est pas forcément vrai, c'est la cause de la guerre de Cent Ans (qui éclate à la fin du tome), beaucoup d'auteurs de BD se laissent emporter par la thèse non officielle qui est l'ambition d'Edouard III à réclamer la couronne de France grâce à son lignage (héritier direct par sa mère Isabelle) ; en fait, c'est un prétexte, la vraie raison étant de récupérer la Guyenne pour ne plus avoir à rendre l'hommage simple au roi de France, cette position de vassal étant perçue comme humiliante. Graphiquement, Calderon se surpasse, c'est toujours aussi beau ; lorsque je l'ai rencontré en dédicace sur Les Voies du Seigneur, il m'a avoué adorer cette période moyenâgeuse, et ça se sent quand on voit la justesse des costumes, des armures (sauf certaines épées qui sont plutôt XVème siècle) et la précision sur les pierres des édifices et des salles de châteaux, ou les éléments de décor. Là encore, comme pour le supplice des frères d'Aunay, celui d'Edouard II est montré sobrement, je m'y attendais, car il est trop horrible ; le supplice de Despenser est également à peine montré. Je trouve que Calderon réussit mieux ses visages tels ceux d'Isabelle, de Mortimer, d'Edouard III ou Robert d'Artois... En tout cas, c'est passionnant, magnifique et bien conté sans ennui car ça ne vise pas qu'un public d'initiés ou de médiévistes, c'est de la grande Histoire et ça donne envie de s'y intéresser. Un splendide diptyque qui mérite les 5 étoiles.

06/08/2013 (MAJ le 01/07/2014) (modifier)