Cela faisait longtemps que je n'avais pas trouvé une série aussi intéressante. Malgré ses 800 pages et plus, j'ai dévoré ce manga sans problème et sans ressentir de lassitude.
L'auteur raconte très bien sa vie. La narration est très fluide et j'ai eu du plaisir à m'instruire sur le Japon d'après-guerre. J'aimais surtout lorsqu'on en apprenait sur le milieu du manga de l'époque et notamment comment un auteur débutant essayait de se faire publier. On voit très bien comment Tatsumi évolue et va créer un mouvement qui a révolutionné le manga.
Je trouve tout de même dommage que l'auteur s'arrête aux années 60. J'aurais bien aimé voir ce qu'il a fait ensuite, mais peut-être que cela aurait fini par devenir répétitif.
Ce petit coup de cœur pourrait, je l’espère, remettre en avant la qualité de cette série vieille de trente ans !
Par-ailleurs, je ne lui trouve pas de vrai défaut, si ce n’est une légère baisse de rythme dans l’un ou l’autre volume. Du reste, cette série est un exemple de récit de capes et d’épées. Tandis que le background historique se plante habilement, le récit se développe quant à lui au travers de personnages évoluant au fil des monarques et des prédictions d’une voyante. Qu’est-ce que c’est bien foutu !
Le graphisme s'améliore aussi au fil des albums, s’affine et devient de plus en plus précis. Malgré l’âge de l’album, je trouve le trait dans son ensemble très précis et détaillé, en parfaite adéquation avec le thème.
Au final, cette série figure parmi les fers de lance de la collection Vécu chez Glénat même si sa suite, vue au travers d’une deuxième et troisième époque, a trouvé preneur chez Dargaud. Une grande réussite, tout simplement !
Une autre œuvre assez rare de Vincent Hardy (elles sont pratiquement toutes rares de toute façon) que j'ai trouvée d'occasion dans son superbe grand format souple d'origine (éditions du miroir). Par contre les feuilles se délitant un peu au fur et à mesure (4 euros), ça c'est moins cool, je crois qu'il me manque une histoire. Il n’empêche que ce qui reste est tout à fait fameux.
Toujours ce style complètement foutraque et hyper carré en même temps. Indéfinissable, géométrique, absurde, ultra précis, comique... Un style franco-belge futuriste très en avance sur son temps. Imaginez des décors urbains assez froids (bichromie de bleu) et spacieux (le grand format aère beaucoup les pages), une certaine ambiance à la Julius Corentin Aquefaque et des personnages assez simples (comparé au style assez fouillé des décors) plus proches du gang Mazda (ça c'est pour l'histoire du courseur qui donne son nom à l'album). En gros un "courseur" court à toute allure à travers les rues labyrinthiques d'une ville désertée par endroits (et par d'autres non). Je ne reviendrais par sur les textes : c'est du Vincent Hardy, ça peut être lourdingue ou paraître faussement absurde (des mots inventés).
Les autres histoires n'ont strictement rien à voir, la 2ème: " Qu'est ce qu'est Dieu " enfin si un peu, par son caractère absurde. Celle-ci m'a moins marqué en dehors de jolis dessins de balustres étrangement belles par rapport à leur importance quasi nulle dans le récit.
Avec la 3ème histoire "Ophélie" nous changeons radicalement de style, de couleur et d'univers. Il s'agit d'une femme nue qui erre dans la jungle puis s'envole à travers le ciel. C'est un simple exercice de style (très réussi) qui démontre toute la palette de talents différents de Vincent Hardy. La couleur est magnifique.
Il y a sûrement une autre histoire mais elle n'est plus là.
Donc un recueil de très grande qualité (surtout le courseur) à acheter les yeux fermés.
3.5
En feuilletant le premier album, je sens tout de suite que c'est le genre d'aventure qui va me plaire... et ça commence fort par une mutinerie, puis ça embraye vers le gros mélo historique et romanesque tel qu'on en voyait dans certains feuilletons télé des années 80, un peu comme pour Le Fer et le Feu des mêmes Stalner.
Les éléments sont classiques : un ruffian spoliateur, parvenu et ignoble, une pauvre fille au bonheur bafoué, un père dépassé par les événements, un brave type aventurier qui souhaite oublier son passé en se rachetant une conduite...le tout dans un décor exotique ; mais tout ceci est fort bien agencé pour aboutir sur des situations tendues et inextricables au sein d'un drame familial, porté de façon magistrale par la perfidie de Portero qui campe un méchant intégral avec délectation, relayé par sa fille qui devient une belle garce se montrant à sa hauteur.
On en apprend un peu plus sur la culture du tabac, mais ce n'est que l'arbre qui cache la forêt, le sujet principal étant les rapports humains dans ce Cuba du XIXème siècle, c'est ce que les auteurs ont élaboré sur un ton très romanesque, passé l'épisode du bateau, y compris les relations entre Créoles et Espagnols, et la condition des esclaves dans cette île, qui prend ici une petite tournure façon " Racines ". La série est fort bien conçue en jouant la carte de l'évasion pour atténuer la partie dramatique. D'autre part, l'interaction entre le passé et la partie contemporaine fonctionne plutôt bien.
Le dessin limpide et propre sert encore une fois parfaitement l'histoire, c'est exactement ce qu'il faut pour m'intéresser à ce genre de récit ; j'aime le style de Stalner qui s'améliore à chacune de ses séries, quels progrès depuis Les Poux. Le style léché de Lambert m'a aussi toujours séduit, et je crois que c'est lui qui domine dans la partie dessin, Stalner étant plus habitué à la partie scénaristique ; la colorisation superbe colle parfaitement avec l'ambiance exotique.
Le début du second cycle a l'air d'être bien parti avec un enchaînement de situations sensationnelles et violentes, mais je ne sais pas encore si j'ai envie de continuer, le premier cycle m'ayant laissé une telle impression positive ; j'ai peur qu'en tirant trop sur la corde, elle se casse et que ça vire à de la resucée... ce serait dommage. Une très belle série.
C'est une vision personnelle des sagas et de la mythologie germano-scandinave, mais très conforme aux légendes connues ; c'est là-dessus que s'est appuyé Wagner pour écrire sa Tétralogie. Passionné par cette mythologie, je savais à peu près que j'allais passer un bon moment, et c'est gagné ! Dès la seconde double page, avec le royaume souterrain des Nibelungen qui apparaît dans une vision dantesque, je comprends que je suis tombé dans un univers que j'aime et tel que je l'avais imaginé d'après ce que j'en connaissais par les opéras de Wagner et des lectures sur ce sujet.
Le film de Fritz Lang, les Nibelungen tourné en 1924, juste avant Metropolis, est paraît-il très fidèle à la légende, ainsi qu'une autre version : un film allemand réalisé en 1967 par Harald Reinl, grosse production en 2 parties : La Vengeance de Siegfried, et Le Massacre des Burgondes.
Tout démarre avec le Nibelung Albéric, c'est pourquoi le tome 0 réalisé après le début de la saga s'imposait pour connaître les fondements du récit. L'intrigue est dense, il y a beaucoup de personnages, d'événements qui se recoupent avec des faits historiques, et il n'est peut-être pas superflu pour le lecteur peu familier de cette légende fabuleuse de s'initier sur Internet ou dans des bouquins pour avoir une idée de l'ensemble ; visionner le film très complet de 1967 peut aussi aider à mieux comprendre cette saga dessinée.
Tout est donc bien respecté, les différentes étapes de la légende sont conformes à ce que j'ai lu ou vu ailleurs. Là-dessus, comme le réclamait ce sujet, il fallait un dessin qui puisse retranscrire tout cet imaginaire clinquant et évocateur, cette fantasy germanique fascinante pleine de poésie et de fureur ; le but est atteint : c'est du lourd, du grand et bel art graphique, policé et précis qui correspond exactement à l'histoire contée et à la vision qu'on s'en fait. De nombreuses images rappellent le Seigneur des Anneaux, c'est là qu'on comprend où Tolkien a puisé ses sources, ne serait-ce qu'avec l'Anneau qui possède des pouvoirs presque similaires ; Tolkien est un copieur mais en bien, il a enrichi sa propre oeuvre, et après tout, les légendes appartiennent à tout le monde.
En résumé, au risque de me répéter, cette formidable saga correspond exactement à mon attente et m'a fait oublier très vite la déception rencontrée avec le Siegfried d'Alice.
La lecture du cinquième et avant dernier opus de la série a été un vrai déclic en ce qui me concerne.
J'avais il est vrai été enchantée par le premier tome lors de sa sortie, mais le rythme de sortie des suivants, ma mémoire défaillante et l'arrivée laborieuse du quatrième tome avaient eu un peu raison de ma compréhension du récit et de tous les fils tissés au fil des pages des précédents volumes. Heureusement, ce cinquième tome qui nous plonge dans le passé offre un réel éclairage sur toutes les clés du récit qui avaient été semées ici et là. Rendell (père) Locke et sa bande de potes, la transformation de Dodge, la dissimulation des clés, et même plus loin encore, au point de départ de tout ça : tout prend son sens et tout se remet enfin dans l'ordre ici.
C'est donc avec un réel plaisir que j'ai tout repris du début et, contrairement à ma première lecture, tout resitué dans son contexte et sa réalité. Et c'est vraiment maintenant que je prends la vraie mesure des énormes qualités de cette série.
Graphiquement c'est du tout bon également et cette deuxième lecture m'a permis de voir tout un tas de choses qui m'avaient échappé au départ (petits détails en rapport avec des aspects du récit pas encore développés à ce stade de l'histoire ou simples touches d'humour des auteurs).
Cette seconde lecture m'a vraiment ouvert les yeux à la fois sur le scénario et sur le dessin.
Franchement culte, le T6 qui conclut la série est grandiose (avec un joli clin d'oeil à papa King en passant), vivement la prochaine production Hill/Rodriguez !
Christian de Metter signe là une histoire prenante d'un bout à l'autre et (ce n'est pas surprenant) remarquablement mise en images. Au niveau des couleurs, on reste dans le même ton marron rouge pendant tout l'album. C'est certes pas joyeux, par contre niveau ambiance c'est très efficace. Ça reste hyper lisible et on est happé par l'atmosphère qui se dégage des planches. Au niveau du trait, il se passe aussi quelque chose, surtout au niveau des expressions des personnages. Bref visuellement on a une BD percutante.
L'histoire aussi m'a tenu en haleine. Dès le départ, ça fonctionne : on s’intéresse à cette femme et à sa famille. Il n'y a pas d'introduction inutile, on rentre rapidement dans le vif du sujet. Une fois plongé au coeur de l'histoire, il y a juste ce qu'il faut de rebondissements pour donner une tournure inattendue à l'intrigue.Ces péripéties ne tombent pas dans la surenchère inutile. L'histoire est prenante, cohérente et crédible du début à la fin. Le final est cruel mais là aussi ça sonne très juste.
Chaudement recommandé !
C'est le genre d'histoire qui démarre très fort en installant un suspense et une angoisse latente dans un décor clos (ici un vaisseau spatial) à la manière d'Alien 3, et c'est très réussi, j'aime ce genre d'ambiance, ce n'est pas de la SF ennuyeuse bourrée de combats dans l'espace contre de méchants aliens, tout en étant située dans un contexte de SF, et tout en étant un peu bourrin sur les bords. En fait, c'est le décor qui régit toute l'histoire.
Ce qui est étonnant, c'est que ce diptyque fait immédiatement penser à Alien mais qu'en réalité, il ne comporte pratiquement aucun des éléments du film. C'est un diptyque concis et bien torché comme je les aime, rondement mené, sans avoir recours à des cycles interminables nécessitant 8 ou 10 albums voire plus, où les auteurs en profitent pour se complaire dans des développements qui traînent en longueur.
Comme de nos jours, rien n'a changé en 2052, il y a toujours des fumiers prêts à tuer des innocents, toujours des intérêts énormes et de l'argent engagés, des scandales à étouffer et des magouillages scientifico-économiques honteux ; s'y ajoute un concept révolutionnaire de cryogénisation et de régénération pour donner plus de corps au scénario, ainsi que le thème des morts-vivants qui rappelle des scènes gore vues dans le film Zombie de Romero.
J'aurais préféré un dessin plus léché, mais le trait de Bajram n'est pas si désagréable et se fait accepter sans mal, en dépit de petites maladresses et même si j'ai l'impression que le tome 2 est moins appliqué graphiquement.
Une excellente série B qui ne s'encombre pas d'une psychologie à 2 balles et qui va droit au but, en visant le divertissement, c'est l'essentiel.
Dès le début, je suis attiré par cette ambiance rurale de France profonde et d'époque XIXème bien restituée, ce joli château campagnard, ces rapports ambivalents entre maîtres et valets, ces relations tendues entre le baron et Mathilde, l'animosité entre 2 cousins...tout ça laisse augurer une belle saga romanesque et familiale au ton tragique digne de certains feuilletons TV. Et suprême délice, ce dessin de Stalner d'une belle fluidité, un style que j'aime beaucoup en BD, et assez proche ici du trait classique à la Juillard. Bref, des éléments réunis pour me faire passer un beau moment de lecture.
La suite des autres tomes me donne raison, c'est ce à quoi je m'attendais : affairisme, malversations, coucheries, secrets, complots, meurtres... le tout enveloppé par le jeu des passions qui sont courants dans ce genre de récit ; quand j'vous dis que ça a tout du feuilleton ! Mais je marche parce que même si j'en ai vu beaucoup en BD et surtout en fiction télé, je ne suis pas encore lassé de ce type de sujet, surtout s'il est situé dans un contexte historique.
Je crois que c'est la dernière série que les frères Stalner réalisent ensemble avant leur première séparation, ils n'ont pas lésiné en tout, mais il fallait qu'un tel sujet pour aider à vaincre le conventionnel, soit soutenu par un dessin haut de gamme, ce but est atteint amplement ; la luminosité des images est obtenue par de belles couleurs, et les décors sont impeccablement soignés, particulièrement les édifices de pierre (châteaux, forge, village, manoirs, église..). Le lieu de l'action n'est pas défini, mais d'après l'un d'eux dans le tome 4, j'ai cru reconnaître Avallon, jolie petite ville de Bourgogne. Autre détail graphique intéressant : les personnages féminins très opulents sont également bien agréables à regarder (sans doute moins pour une fille).
Le seul petit hic, c'est certains rebondissements un peu excessifs, à l'image de ce dénouement dans les ruines du vieux château qui me semble un peu théâtral, mais sinon c'est une très belle série dont la fin est un habile clin d'oeil à La Croix de Cazenac, série suivante de Stalner.
J’ai immédiatement été séduit par le dessin clair de cette série, par les personnages issus de milieux très différents, par l’univers à la fois chaotique et luxuriant. Le premier cycle commence bien, on y découvre un complot visant à détruire l’empire financier de notre héros, l’idée était accrocheuse. Les dessins de Malfin viennent quant à eux ajouter du crédit et du cachet à cette série. La mise en couleur très « Photoshop » renforce la précision des dessins et s’intègre parfaitement dans l’univers SF.
Seulement voilà, malgré une intrigue bien racontée, la fin du premier cycle ne parvient pas à séduire. C’est vraiment trop simple, c’est trop facile. Comment un scénariste qui travaille pendant 6 ans sur un premier cycle ne parvient t-il pas à trouver un meilleur dénouement ??!!
Le deuxième cycle n'avance pas très vite, c’est loooonnnnng. Les quatre premiers tomes auraient pu tenir dans deux tomes beaucoup plus rythmés (ce que l’on demande à une série B).
Il n’en demeure que Golden City est sûrement la série la mieux dessinée du label "Série B". De là à acheter les deux premiers cycles, c’est une autre histoire.
-1 étoile.
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Une Vie dans les Marges
Cela faisait longtemps que je n'avais pas trouvé une série aussi intéressante. Malgré ses 800 pages et plus, j'ai dévoré ce manga sans problème et sans ressentir de lassitude. L'auteur raconte très bien sa vie. La narration est très fluide et j'ai eu du plaisir à m'instruire sur le Japon d'après-guerre. J'aimais surtout lorsqu'on en apprenait sur le milieu du manga de l'époque et notamment comment un auteur débutant essayait de se faire publier. On voit très bien comment Tatsumi évolue et va créer un mouvement qui a révolutionné le manga. Je trouve tout de même dommage que l'auteur s'arrête aux années 60. J'aurais bien aimé voir ce qu'il a fait ensuite, mais peut-être que cela aurait fini par devenir répétitif.
Les 7 vies de l'épervier
Ce petit coup de cœur pourrait, je l’espère, remettre en avant la qualité de cette série vieille de trente ans ! Par-ailleurs, je ne lui trouve pas de vrai défaut, si ce n’est une légère baisse de rythme dans l’un ou l’autre volume. Du reste, cette série est un exemple de récit de capes et d’épées. Tandis que le background historique se plante habilement, le récit se développe quant à lui au travers de personnages évoluant au fil des monarques et des prédictions d’une voyante. Qu’est-ce que c’est bien foutu ! Le graphisme s'améliore aussi au fil des albums, s’affine et devient de plus en plus précis. Malgré l’âge de l’album, je trouve le trait dans son ensemble très précis et détaillé, en parfaite adéquation avec le thème. Au final, cette série figure parmi les fers de lance de la collection Vécu chez Glénat même si sa suite, vue au travers d’une deuxième et troisième époque, a trouvé preneur chez Dargaud. Une grande réussite, tout simplement !
Le Courseur et autres histoires drôles
Une autre œuvre assez rare de Vincent Hardy (elles sont pratiquement toutes rares de toute façon) que j'ai trouvée d'occasion dans son superbe grand format souple d'origine (éditions du miroir). Par contre les feuilles se délitant un peu au fur et à mesure (4 euros), ça c'est moins cool, je crois qu'il me manque une histoire. Il n’empêche que ce qui reste est tout à fait fameux. Toujours ce style complètement foutraque et hyper carré en même temps. Indéfinissable, géométrique, absurde, ultra précis, comique... Un style franco-belge futuriste très en avance sur son temps. Imaginez des décors urbains assez froids (bichromie de bleu) et spacieux (le grand format aère beaucoup les pages), une certaine ambiance à la Julius Corentin Aquefaque et des personnages assez simples (comparé au style assez fouillé des décors) plus proches du gang Mazda (ça c'est pour l'histoire du courseur qui donne son nom à l'album). En gros un "courseur" court à toute allure à travers les rues labyrinthiques d'une ville désertée par endroits (et par d'autres non). Je ne reviendrais par sur les textes : c'est du Vincent Hardy, ça peut être lourdingue ou paraître faussement absurde (des mots inventés). Les autres histoires n'ont strictement rien à voir, la 2ème: " Qu'est ce qu'est Dieu " enfin si un peu, par son caractère absurde. Celle-ci m'a moins marqué en dehors de jolis dessins de balustres étrangement belles par rapport à leur importance quasi nulle dans le récit. Avec la 3ème histoire "Ophélie" nous changeons radicalement de style, de couleur et d'univers. Il s'agit d'une femme nue qui erre dans la jungle puis s'envole à travers le ciel. C'est un simple exercice de style (très réussi) qui démontre toute la palette de talents différents de Vincent Hardy. La couleur est magnifique. Il y a sûrement une autre histoire mais elle n'est plus là. Donc un recueil de très grande qualité (surtout le courseur) à acheter les yeux fermés. 3.5
Flor de Luna
En feuilletant le premier album, je sens tout de suite que c'est le genre d'aventure qui va me plaire... et ça commence fort par une mutinerie, puis ça embraye vers le gros mélo historique et romanesque tel qu'on en voyait dans certains feuilletons télé des années 80, un peu comme pour Le Fer et le Feu des mêmes Stalner. Les éléments sont classiques : un ruffian spoliateur, parvenu et ignoble, une pauvre fille au bonheur bafoué, un père dépassé par les événements, un brave type aventurier qui souhaite oublier son passé en se rachetant une conduite...le tout dans un décor exotique ; mais tout ceci est fort bien agencé pour aboutir sur des situations tendues et inextricables au sein d'un drame familial, porté de façon magistrale par la perfidie de Portero qui campe un méchant intégral avec délectation, relayé par sa fille qui devient une belle garce se montrant à sa hauteur. On en apprend un peu plus sur la culture du tabac, mais ce n'est que l'arbre qui cache la forêt, le sujet principal étant les rapports humains dans ce Cuba du XIXème siècle, c'est ce que les auteurs ont élaboré sur un ton très romanesque, passé l'épisode du bateau, y compris les relations entre Créoles et Espagnols, et la condition des esclaves dans cette île, qui prend ici une petite tournure façon " Racines ". La série est fort bien conçue en jouant la carte de l'évasion pour atténuer la partie dramatique. D'autre part, l'interaction entre le passé et la partie contemporaine fonctionne plutôt bien. Le dessin limpide et propre sert encore une fois parfaitement l'histoire, c'est exactement ce qu'il faut pour m'intéresser à ce genre de récit ; j'aime le style de Stalner qui s'améliore à chacune de ses séries, quels progrès depuis Les Poux. Le style léché de Lambert m'a aussi toujours séduit, et je crois que c'est lui qui domine dans la partie dessin, Stalner étant plus habitué à la partie scénaristique ; la colorisation superbe colle parfaitement avec l'ambiance exotique. Le début du second cycle a l'air d'être bien parti avec un enchaînement de situations sensationnelles et violentes, mais je ne sais pas encore si j'ai envie de continuer, le premier cycle m'ayant laissé une telle impression positive ; j'ai peur qu'en tirant trop sur la corde, elle se casse et que ça vire à de la resucée... ce serait dommage. Une très belle série.
Le Crépuscule des Dieux
C'est une vision personnelle des sagas et de la mythologie germano-scandinave, mais très conforme aux légendes connues ; c'est là-dessus que s'est appuyé Wagner pour écrire sa Tétralogie. Passionné par cette mythologie, je savais à peu près que j'allais passer un bon moment, et c'est gagné ! Dès la seconde double page, avec le royaume souterrain des Nibelungen qui apparaît dans une vision dantesque, je comprends que je suis tombé dans un univers que j'aime et tel que je l'avais imaginé d'après ce que j'en connaissais par les opéras de Wagner et des lectures sur ce sujet. Le film de Fritz Lang, les Nibelungen tourné en 1924, juste avant Metropolis, est paraît-il très fidèle à la légende, ainsi qu'une autre version : un film allemand réalisé en 1967 par Harald Reinl, grosse production en 2 parties : La Vengeance de Siegfried, et Le Massacre des Burgondes. Tout démarre avec le Nibelung Albéric, c'est pourquoi le tome 0 réalisé après le début de la saga s'imposait pour connaître les fondements du récit. L'intrigue est dense, il y a beaucoup de personnages, d'événements qui se recoupent avec des faits historiques, et il n'est peut-être pas superflu pour le lecteur peu familier de cette légende fabuleuse de s'initier sur Internet ou dans des bouquins pour avoir une idée de l'ensemble ; visionner le film très complet de 1967 peut aussi aider à mieux comprendre cette saga dessinée. Tout est donc bien respecté, les différentes étapes de la légende sont conformes à ce que j'ai lu ou vu ailleurs. Là-dessus, comme le réclamait ce sujet, il fallait un dessin qui puisse retranscrire tout cet imaginaire clinquant et évocateur, cette fantasy germanique fascinante pleine de poésie et de fureur ; le but est atteint : c'est du lourd, du grand et bel art graphique, policé et précis qui correspond exactement à l'histoire contée et à la vision qu'on s'en fait. De nombreuses images rappellent le Seigneur des Anneaux, c'est là qu'on comprend où Tolkien a puisé ses sources, ne serait-ce qu'avec l'Anneau qui possède des pouvoirs presque similaires ; Tolkien est un copieur mais en bien, il a enrichi sa propre oeuvre, et après tout, les légendes appartiennent à tout le monde. En résumé, au risque de me répéter, cette formidable saga correspond exactement à mon attente et m'a fait oublier très vite la déception rencontrée avec le Siegfried d'Alice.
Locke & Key
La lecture du cinquième et avant dernier opus de la série a été un vrai déclic en ce qui me concerne. J'avais il est vrai été enchantée par le premier tome lors de sa sortie, mais le rythme de sortie des suivants, ma mémoire défaillante et l'arrivée laborieuse du quatrième tome avaient eu un peu raison de ma compréhension du récit et de tous les fils tissés au fil des pages des précédents volumes. Heureusement, ce cinquième tome qui nous plonge dans le passé offre un réel éclairage sur toutes les clés du récit qui avaient été semées ici et là. Rendell (père) Locke et sa bande de potes, la transformation de Dodge, la dissimulation des clés, et même plus loin encore, au point de départ de tout ça : tout prend son sens et tout se remet enfin dans l'ordre ici. C'est donc avec un réel plaisir que j'ai tout repris du début et, contrairement à ma première lecture, tout resitué dans son contexte et sa réalité. Et c'est vraiment maintenant que je prends la vraie mesure des énormes qualités de cette série. Graphiquement c'est du tout bon également et cette deuxième lecture m'a permis de voir tout un tas de choses qui m'avaient échappé au départ (petits détails en rapport avec des aspects du récit pas encore développés à ce stade de l'histoire ou simples touches d'humour des auteurs). Cette seconde lecture m'a vraiment ouvert les yeux à la fois sur le scénario et sur le dessin. Franchement culte, le T6 qui conclut la série est grandiose (avec un joli clin d'oeil à papa King en passant), vivement la prochaine production Hill/Rodriguez !
Rouge comme la neige
Christian de Metter signe là une histoire prenante d'un bout à l'autre et (ce n'est pas surprenant) remarquablement mise en images. Au niveau des couleurs, on reste dans le même ton marron rouge pendant tout l'album. C'est certes pas joyeux, par contre niveau ambiance c'est très efficace. Ça reste hyper lisible et on est happé par l'atmosphère qui se dégage des planches. Au niveau du trait, il se passe aussi quelque chose, surtout au niveau des expressions des personnages. Bref visuellement on a une BD percutante. L'histoire aussi m'a tenu en haleine. Dès le départ, ça fonctionne : on s’intéresse à cette femme et à sa famille. Il n'y a pas d'introduction inutile, on rentre rapidement dans le vif du sujet. Une fois plongé au coeur de l'histoire, il y a juste ce qu'il faut de rebondissements pour donner une tournure inattendue à l'intrigue.Ces péripéties ne tombent pas dans la surenchère inutile. L'histoire est prenante, cohérente et crédible du début à la fin. Le final est cruel mais là aussi ça sonne très juste. Chaudement recommandé !
Cryozone
C'est le genre d'histoire qui démarre très fort en installant un suspense et une angoisse latente dans un décor clos (ici un vaisseau spatial) à la manière d'Alien 3, et c'est très réussi, j'aime ce genre d'ambiance, ce n'est pas de la SF ennuyeuse bourrée de combats dans l'espace contre de méchants aliens, tout en étant située dans un contexte de SF, et tout en étant un peu bourrin sur les bords. En fait, c'est le décor qui régit toute l'histoire. Ce qui est étonnant, c'est que ce diptyque fait immédiatement penser à Alien mais qu'en réalité, il ne comporte pratiquement aucun des éléments du film. C'est un diptyque concis et bien torché comme je les aime, rondement mené, sans avoir recours à des cycles interminables nécessitant 8 ou 10 albums voire plus, où les auteurs en profitent pour se complaire dans des développements qui traînent en longueur. Comme de nos jours, rien n'a changé en 2052, il y a toujours des fumiers prêts à tuer des innocents, toujours des intérêts énormes et de l'argent engagés, des scandales à étouffer et des magouillages scientifico-économiques honteux ; s'y ajoute un concept révolutionnaire de cryogénisation et de régénération pour donner plus de corps au scénario, ainsi que le thème des morts-vivants qui rappelle des scènes gore vues dans le film Zombie de Romero. J'aurais préféré un dessin plus léché, mais le trait de Bajram n'est pas si désagréable et se fait accepter sans mal, en dépit de petites maladresses et même si j'ai l'impression que le tome 2 est moins appliqué graphiquement. Une excellente série B qui ne s'encombre pas d'une psychologie à 2 balles et qui va droit au but, en visant le divertissement, c'est l'essentiel.
Le Fer et le Feu
Dès le début, je suis attiré par cette ambiance rurale de France profonde et d'époque XIXème bien restituée, ce joli château campagnard, ces rapports ambivalents entre maîtres et valets, ces relations tendues entre le baron et Mathilde, l'animosité entre 2 cousins...tout ça laisse augurer une belle saga romanesque et familiale au ton tragique digne de certains feuilletons TV. Et suprême délice, ce dessin de Stalner d'une belle fluidité, un style que j'aime beaucoup en BD, et assez proche ici du trait classique à la Juillard. Bref, des éléments réunis pour me faire passer un beau moment de lecture. La suite des autres tomes me donne raison, c'est ce à quoi je m'attendais : affairisme, malversations, coucheries, secrets, complots, meurtres... le tout enveloppé par le jeu des passions qui sont courants dans ce genre de récit ; quand j'vous dis que ça a tout du feuilleton ! Mais je marche parce que même si j'en ai vu beaucoup en BD et surtout en fiction télé, je ne suis pas encore lassé de ce type de sujet, surtout s'il est situé dans un contexte historique. Je crois que c'est la dernière série que les frères Stalner réalisent ensemble avant leur première séparation, ils n'ont pas lésiné en tout, mais il fallait qu'un tel sujet pour aider à vaincre le conventionnel, soit soutenu par un dessin haut de gamme, ce but est atteint amplement ; la luminosité des images est obtenue par de belles couleurs, et les décors sont impeccablement soignés, particulièrement les édifices de pierre (châteaux, forge, village, manoirs, église..). Le lieu de l'action n'est pas défini, mais d'après l'un d'eux dans le tome 4, j'ai cru reconnaître Avallon, jolie petite ville de Bourgogne. Autre détail graphique intéressant : les personnages féminins très opulents sont également bien agréables à regarder (sans doute moins pour une fille). Le seul petit hic, c'est certains rebondissements un peu excessifs, à l'image de ce dénouement dans les ruines du vieux château qui me semble un peu théâtral, mais sinon c'est une très belle série dont la fin est un habile clin d'oeil à La Croix de Cazenac, série suivante de Stalner.
Golden City
J’ai immédiatement été séduit par le dessin clair de cette série, par les personnages issus de milieux très différents, par l’univers à la fois chaotique et luxuriant. Le premier cycle commence bien, on y découvre un complot visant à détruire l’empire financier de notre héros, l’idée était accrocheuse. Les dessins de Malfin viennent quant à eux ajouter du crédit et du cachet à cette série. La mise en couleur très « Photoshop » renforce la précision des dessins et s’intègre parfaitement dans l’univers SF. Seulement voilà, malgré une intrigue bien racontée, la fin du premier cycle ne parvient pas à séduire. C’est vraiment trop simple, c’est trop facile. Comment un scénariste qui travaille pendant 6 ans sur un premier cycle ne parvient t-il pas à trouver un meilleur dénouement ??!! Le deuxième cycle n'avance pas très vite, c’est loooonnnnng. Les quatre premiers tomes auraient pu tenir dans deux tomes beaucoup plus rythmés (ce que l’on demande à une série B). Il n’en demeure que Golden City est sûrement la série la mieux dessinée du label "Série B". De là à acheter les deux premiers cycles, c’est une autre histoire. -1 étoile.