La couverture attire l'œil immédiatement, du vert fluorescent pour le bas, du bleu nuit pour le haut, et une petite touche de rouge qui est l'habit d'un étrange petit être du genre félidé. Ça sent le fantastique… Après ouverture de la bd, c'est presque un choc pour moi, j'adore ! J'adore ! Une espèce de mélange de Winshluss et de Micol, deux auteurs que j'apprécie énormément, dans un style ni précis ni brouillon, sobre et en même temps détaillé, alternant le trait fin et gras ; le mélange est excellent. Les couleurs de Juliette Nardin sont pétantes, rarement criardes et vont comme un gant au récit.
Et pour le genre c'est du conte noir, un peu macabre mais trop quand même, pour l'instant. L'histoire commence en s'inspirant du fameux joueur de flûte de Hamelin, entraînant derrière lui une ribambelle de petits enfants, des orphelins dans ce cas. Ceux-ci pas très heureux dans l'orphelinat, sont ravis de suivre ce petit être étrange qui ressemble à un chat, qui à défaut de flûte possède une langue bien pendue et leur promet une maman, une vrai qui aime et sait donner des caresses. Alléchés, ils le suivent et ne voient pas le piège se refermer sur eux… Le tout se déroule dans un cirque où les freaks par ailleurs ont une belle part de l'histoire.
Le tout est bien mené et sans temps morts, le suspense est posé et ce premier tome se termine sur une belle énigme qu'on a envie de découvrir au plus vite.
Je n'émettrai qu'une critique, malgré la noirceur du récit, je le trouve au final presque trop gentil, j'aurais aimé un peu plus d'acidité, voire même de sadisme. Tout est raconté de manière à ne pas choquer, peut-être pour toucher un public plus large, c'est dommage, un ton plus incisif lui irait mieux. Espérons que ce sera le cas dans les prochains tomes.
Quoi qu'il en soit j'ai hâte d'avoir la suite entre mes petites mains.
Suite et fin
Les tomes 2 et 3 sont de même qualité que le premier niveau scénario comme graphisme. La lecture est agréable et les personnages attachants surtout Prune. Je voulais plus de noirceur sur cette suite et elle est bien là, presque trop, c'est pour cette raison que je laisse 4 étoiles sans option d'achat car je n‘ai pas très envie de replonger dans cette ambiance un peu trop glauque qui me rappelle celles de Jolies ténèbres ou de Coeur de Glace (Dargaud), bien que Braise soit tout de même nettement moins oppressante.
Une belle histoire à lire au moins une fois, plus pour les amateurs de noirceur infantile.
Et bien voilà avec ce « Match » une bonne pioche dans cette collection Shampooing assez éclectique et inégale !
Grégory Panaccione nous narre dans cet album l’intégralité du match de tennis opposant l’Anglais Rod Jones et le Français Marcel Coste. Oui, vous avez bien lu, l’intégralité ! Le moindre point du match vous est présenté dans les 186 pages de cet album petit format. On a parfois droit aux ralentis (traités un peu à la façon manga je trouve) !
Que les phobiques du sport en général et du tennis en particulier se rassurent, ce n’est pas un pensum, ce n’est pas du tout rébarbatif, et il n’est pas nécessaire d’aimer le tennis pour apprécier « un truc pareil », comme le qualifie l’auteur dans ses remerciements. Pas nécessaire non plus d’avoir une culture tennistique très poussée. Les deux joueurs sont imaginaires, et on peut apprécier l’album sans trop connaître les règles. Mais les connaître, et avoir vu quelques matches peut augmenter le plaisir en pointant les mimiques, les réactions de Marcel Coste, et le décalage par rapport à la réalité.
C’est une BD muette (le seul mot prononcé est un « vamos » tonitruant de Marcel Coste se prenant peut-être pour Nadal), mais l’auteur rend tellement expressifs les deux protagonistes que l’on suit et comprend tout ce qui se passe, sur le court et dans leurs têtes.
J’en arrive au plus important : c’est vraiment drôle ! Dès le début, on comprend que le Français est inadapté (entrainement et équipement, voire morphotype) et qu’il risque de se faire balayer par son adversaire. Et effectivement, il se prend une grosse raclée (je vous laisse découvrir l’évolution du score et les réactions poilantes de Coste).
Si la branlée reçue est atténuée sur la fin – Coste ayant recours à un produit dopant original, la chute bucolique éclaire d’une lumière nouvelle ce Coste, finalement adapté à son monde, loin des caméras et de la compétition.
Je finis par le dessin, vraiment très réussi, et qui contribue, dans un style minimaliste (décors quasi absents et « figés ») à agiter nos zygomatiques.
Vraiment à découvrir !
Voici une manière originale d'aborder le débarquement du 6 juin 44.
A partir d'une photo emblématique prise par Robert Capa (1er grand photoreporter), nous sommes plongés dans ce déluge de feu qu'ont dû subir les forces alliées sur les plages normandes. Mais le récit ne se limite pas à ce D day. Il retrace aussi la vie mouvementée de R. Capa jusqu'à sa mort accidentelle 10 ans après la fin de la 2e guerre mondiale. Des éléments annexes, tels que le cheminement chaotique des pellicules ou encore le questionnement sur l'identité du soldat de la photo, sont également abordés. Bref, voici un angle de vue unique et très instructif. Côté dessin, Bertail frappe fort. Son trait délié et vif est bien en rapport avec le sujet. Il y a également la présence d'une quadruple page qui vaut le détour. A noter un format original à l'italienne pour la collection Air Libre qui colle bien avec le sujet.
Un premier tome convainquant ... J'ai hâte de voir quelle photo sera traitée par la suite.
Merci Jetjet de m'avoir fortement suggéré cette BD, elle vaut vraiment le détour !
Je l'ai commandée d'occasion sur un site marchand dont je tairai le nom et en la feuilletant rapidement jusqu'à la fin pour voir si son état général correspondait à ce qui était annoncé, j'ai failli m'insurger contre le vendeur qui la prétendait "comme neuve"... ah ah ah, c'est en arrivant aux dernières pages du bouquin que j'ai compris (j'vous dis pas quoi, faut l'acheter pour savoir).
Cette suite de nouvelles humoristico-horrifiques est une habile construction autour d'un bouquin qui ne réussit pas du tout à ceux qui le lisent... Les histoires s’enchevêtrent, se croisent et se justifient mutuellement dans les moindres détails et jusqu'à la dernière page, c'est un vrai plaisir de découvrir page après page tous ces liens.
Graphiquement c'est plus que correct et une fois de plus la preuve que l'on peut faire du comics qui ne fait pas mal aux yeux (mais pas à la hauteur de Gabriel Rodriguez dans le fameux Locke & Key).
A acheter les yeux fermés et à lire et relire pour être sûr de n'avoir rien loupé !
Je connaissais cette série de nom, mais je ne l'avais jamais lue et franchement je trouve cela dommage de ne pas avoir lu cette série avant car de toutes les séries récentes sorties du Journal de Spirou, c'est sans aucun doute la meilleure !
J'adore les différents styles des dessinateurs qui participent à cette oeuvre collective sauf pour le cas de Pedrosa. Je n'aime pas trop les couleurs qu'il emploie. Je n'ai pas non plus aimé les trois strips hyper-réalistes à la fin du tome 1 même si les gags étaient drôles.
Ce que j'ai surtout aimé, c'est que non seulement les différents auteurs sont drôles et je n'ai pas ressenti que l'humour d'un auteur était moins bien que celui d'un autre, mais en plus tout est cohérent. Il y a des strips dessinés par différents auteurs qui se suivent (notamment lorsqu'ils sont à Angoulême) sans aucune difficulté comme si c'était la même personne qui dessinait et scénarisait tous les strips !
En plus, les auteurs font preuve d'auto-dérision et n'ont aucun problème à se montrer ridicules et cela donne des moments hilarants.
Attention attention !
Si les petits cochons ne le mangent pas, "Le Bois des Vierges" va faire son trou dans la bande dessinée !
En effet, à la lecture du premier tome, il est difficile de ne pas tomber sous le charme. Parlons du dessin tout d'abord. Ceux qui ont lu Fée et tendres Automates sont probablement tombés sous le charme du graphisme élégant, fin, racé de Béatrice Tillier. Après une longue éclipse ponctuée d'un album sympathique (Mon voisin le Père Noël), la voilà qui nous revient en très grande forme. Son dessin a encore -alors qu'il était déjà très fort dans ses deux premiers albums- évolué vers une maîtrise quasi parfaite. C'est bien simple, c'est tout simplement superbe. Ses humains ont tous une élégance, un port altier qui n'ont d'égal que la noblesse conférée aux animaux, les loups en particulier. Rendre expressif un faciès canin n'est pas chose aisée, et pourtant elle y arrive, et de façon éclatante. Seul petit bémol au niveau graphique : les décors ont parfois l'air d'être vus à travers un écran de fumée, pour placer les personnages en surimpression. L'intention de mettre l'accent sur eux est claire et compréhensible, mais je trouve un peu dommage de ne pas pouvoir profiter du talent de la dessinatrice également dans les paysages et les architectures. Et bien sûr, en maîtresse des couleurs, Béatrice Tillier accompagne à merveille son trait. Le tome 3 mer semble par contre un peu étrange de ce point de vue, la mise en couleurs me semble nettement plus sombre, comme si l'imprimeur avait un peu foiré sa balance...
Mais "Le Bois des Vierges" c'est également l'oeuvre peut-être majeure d'un scénariste qui ne l'est pas moins. Jean Dufaux nous a en effet déjà gratifiés de séries qui comptent. Je pense à Murena, Giacomo C., Voleurs d'Empires par exemple. La maîtrise et le goût du monsieur pour les récits historiques ne sont plus à démontrer, et avec "le Bois des Vierges", il s'aventure sur un terrain proche, mais encore vierge pour lui, celui du conte. Cela partait très fort, avec une intrigue assez dramatique, aux accents presque shakespeariens, et puis j'ai trouvé que cela piétinait un peu à la moitié de la série... Dufaux ne me semble pas aller au bout de son histoire, et le côté "happy end", plus proche de l'esprit Disney que des contes classiques, ne me plaît que partiellement...
Enthousiasmant, gouleyant et palpitant, même si en-deça des espérances du début.
Cette série cataloguée pour un public assez jeune, peut tout autant intéresser un public adulte par son ambiance victorienne bien recréée, son atmosphère constituée de plusieurs éléments typiques de cette époque : aspect crasseux des bas-fonds de Londres, sales bobines, grouillement et promiscuité auxquels nous ont habitué de nombreuses adaptations filmées de Sherlock Holmes. On a l'impression de bien connaître ces décors et cet univers propices à l'étrangeté. Il y a aussi du Dickens dans cette série.
Les auteurs jouent sur la fascination du célèbre limier de Baker Street, avec des allusions à Jack l'Eventreur et aux affaires dont Holmes s'est occupé, telle celle du chien des Baskerville ; le fameux appartement du 221 B où les jeunes héros viennent dévorer les cakes de Mme Hudson, est constellé de détails constituant la mythologie sherlockienne (casquette à carreaux, violon, pipe, flacons de cocaïne...), mais on y voit peu Holmes, plus souvent le Dr Watson, les vrais héros restant les 3 jeunes gens et leur chat qui évoluent pour leur compte dans cette cour des miracles londonienne qu'était l'East End dans les années 1890. Le concept s'appuie sur un détail bien réel dans les nouvelles de Conan Doyle : le recours de Holmes à ces informateurs atypiques que sont des gosses de quartier qui épient et sont à l'affût de tout ce qui se passe à Londres.
Cette optique de placer des héros autour d'un personnage ultra célèbre et très utilisé, est donc originale ici, et se met en place doucement, car après un premier tome d'introduction plutôt simple et classique, la suite qui s'articule en 1 récit par album (avec continuité), est plus élaborée.
L'intérêt est décuplé par une narration pleine de profondeur qui s'attache à camper des personnages consistants en la personne des 3 suppléants de Holmes qui aiment bien jouer les détectives en herbe, et de certains personnages secondaires tels le Dr Watson bien cerné, ou le méchant Bloody Percy, tandis que le dessin est vraiment beau, avec des décors précis et de bons cadrages en plongée ou contre-plongée qui sont un bon rendu du Londres victorien.
Une série à qui il manque un brin de mystère et d'étrangeté qui caractérise certaines enquêtes de Holmes, mais captivante et attachante.
Une histoire de marin, avec tout le cynisme et les injustices que l'on attend avec pourtant une fin qui m'a marqué. La mis en scène, les dessins et la colorisation donnent sur certaines planches les allures de tableau. C'est magnifique et cela donne envie d'aller lire le roman :)
Sans vous dévoiler l'intrigue, l'auteur a eu l'idée de ce roman suite (entre autre) au discours de Sarkozy sur les "vertus/conséquences" de Mai 68 où nous serions atteints de cynisme et incapable de différencier le bien du mal, ainsi que de sa vie perso où en tant que portier/voiturier/barman un certain nombre de loosers/petites frappes ont vidé leur sac sur leur vie.
Je pensais connaître la fin car on s'attend soit au polar qui dégénère soit à beaucoup d'action soit une fin bisounours. Rien de tout cela, c'est très bien construit et je me suis laissé prendre à l'histoire au côté du personnage principal et jusqu'à la dernière page.
Les dessins sont bien dans l'ambiance (la couverture est exactement le style que l'on trouve tout le long) avec une colorisation efficace. Les dialogues sont très stylés (même si ce n'est pas du audiart mais nous immerge bien dans l'ambiance aussi). Pour moi, le tout est cohérent pour une histoire bien humaine.
3.5
Je connais l'anime qui me fait bien rire. Les personnages sont tous attachants et surtout Osaka ! C'est donc avec une bonne opinion que j'ai lu le manga.
Évidemment, comme le format est en strips de 4 pages la plupart du temps, il y a moins de rythme que dans l'anime, mais j'ai tout de même aimé ma lecture car j'ai retrouvé l'humour de la série (j'ai même reconnu des scènes de l'anime) et les mêmes personnages qui sont attachants et qui ont des défauts qui donnent des bons gags.
Évidemment, il y a quelques strips qui ne m'ont pas fait rire, mais globalement j'ai trouvé que le niveau était très bon.
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Braise
La couverture attire l'œil immédiatement, du vert fluorescent pour le bas, du bleu nuit pour le haut, et une petite touche de rouge qui est l'habit d'un étrange petit être du genre félidé. Ça sent le fantastique… Après ouverture de la bd, c'est presque un choc pour moi, j'adore ! J'adore ! Une espèce de mélange de Winshluss et de Micol, deux auteurs que j'apprécie énormément, dans un style ni précis ni brouillon, sobre et en même temps détaillé, alternant le trait fin et gras ; le mélange est excellent. Les couleurs de Juliette Nardin sont pétantes, rarement criardes et vont comme un gant au récit. Et pour le genre c'est du conte noir, un peu macabre mais trop quand même, pour l'instant. L'histoire commence en s'inspirant du fameux joueur de flûte de Hamelin, entraînant derrière lui une ribambelle de petits enfants, des orphelins dans ce cas. Ceux-ci pas très heureux dans l'orphelinat, sont ravis de suivre ce petit être étrange qui ressemble à un chat, qui à défaut de flûte possède une langue bien pendue et leur promet une maman, une vrai qui aime et sait donner des caresses. Alléchés, ils le suivent et ne voient pas le piège se refermer sur eux… Le tout se déroule dans un cirque où les freaks par ailleurs ont une belle part de l'histoire. Le tout est bien mené et sans temps morts, le suspense est posé et ce premier tome se termine sur une belle énigme qu'on a envie de découvrir au plus vite. Je n'émettrai qu'une critique, malgré la noirceur du récit, je le trouve au final presque trop gentil, j'aurais aimé un peu plus d'acidité, voire même de sadisme. Tout est raconté de manière à ne pas choquer, peut-être pour toucher un public plus large, c'est dommage, un ton plus incisif lui irait mieux. Espérons que ce sera le cas dans les prochains tomes. Quoi qu'il en soit j'ai hâte d'avoir la suite entre mes petites mains. Suite et fin Les tomes 2 et 3 sont de même qualité que le premier niveau scénario comme graphisme. La lecture est agréable et les personnages attachants surtout Prune. Je voulais plus de noirceur sur cette suite et elle est bien là, presque trop, c'est pour cette raison que je laisse 4 étoiles sans option d'achat car je n‘ai pas très envie de replonger dans cette ambiance un peu trop glauque qui me rappelle celles de Jolies ténèbres ou de Coeur de Glace (Dargaud), bien que Braise soit tout de même nettement moins oppressante. Une belle histoire à lire au moins une fois, plus pour les amateurs de noirceur infantile.
Match
Et bien voilà avec ce « Match » une bonne pioche dans cette collection Shampooing assez éclectique et inégale ! Grégory Panaccione nous narre dans cet album l’intégralité du match de tennis opposant l’Anglais Rod Jones et le Français Marcel Coste. Oui, vous avez bien lu, l’intégralité ! Le moindre point du match vous est présenté dans les 186 pages de cet album petit format. On a parfois droit aux ralentis (traités un peu à la façon manga je trouve) ! Que les phobiques du sport en général et du tennis en particulier se rassurent, ce n’est pas un pensum, ce n’est pas du tout rébarbatif, et il n’est pas nécessaire d’aimer le tennis pour apprécier « un truc pareil », comme le qualifie l’auteur dans ses remerciements. Pas nécessaire non plus d’avoir une culture tennistique très poussée. Les deux joueurs sont imaginaires, et on peut apprécier l’album sans trop connaître les règles. Mais les connaître, et avoir vu quelques matches peut augmenter le plaisir en pointant les mimiques, les réactions de Marcel Coste, et le décalage par rapport à la réalité. C’est une BD muette (le seul mot prononcé est un « vamos » tonitruant de Marcel Coste se prenant peut-être pour Nadal), mais l’auteur rend tellement expressifs les deux protagonistes que l’on suit et comprend tout ce qui se passe, sur le court et dans leurs têtes. J’en arrive au plus important : c’est vraiment drôle ! Dès le début, on comprend que le Français est inadapté (entrainement et équipement, voire morphotype) et qu’il risque de se faire balayer par son adversaire. Et effectivement, il se prend une grosse raclée (je vous laisse découvrir l’évolution du score et les réactions poilantes de Coste). Si la branlée reçue est atténuée sur la fin – Coste ayant recours à un produit dopant original, la chute bucolique éclaire d’une lumière nouvelle ce Coste, finalement adapté à son monde, loin des caméras et de la compétition. Je finis par le dessin, vraiment très réussi, et qui contribue, dans un style minimaliste (décors quasi absents et « figés ») à agiter nos zygomatiques. Vraiment à découvrir !
Magnum Photos
Voici une manière originale d'aborder le débarquement du 6 juin 44. A partir d'une photo emblématique prise par Robert Capa (1er grand photoreporter), nous sommes plongés dans ce déluge de feu qu'ont dû subir les forces alliées sur les plages normandes. Mais le récit ne se limite pas à ce D day. Il retrace aussi la vie mouvementée de R. Capa jusqu'à sa mort accidentelle 10 ans après la fin de la 2e guerre mondiale. Des éléments annexes, tels que le cheminement chaotique des pellicules ou encore le questionnement sur l'identité du soldat de la photo, sont également abordés. Bref, voici un angle de vue unique et très instructif. Côté dessin, Bertail frappe fort. Son trait délié et vif est bien en rapport avec le sujet. Il y a également la présence d'une quadruple page qui vaut le détour. A noter un format original à l'italienne pour la collection Air Libre qui colle bien avec le sujet. Un premier tome convainquant ... J'ai hâte de voir quelle photo sera traitée par la suite.
Lucy Loyd's nightmare
Merci Jetjet de m'avoir fortement suggéré cette BD, elle vaut vraiment le détour ! Je l'ai commandée d'occasion sur un site marchand dont je tairai le nom et en la feuilletant rapidement jusqu'à la fin pour voir si son état général correspondait à ce qui était annoncé, j'ai failli m'insurger contre le vendeur qui la prétendait "comme neuve"... ah ah ah, c'est en arrivant aux dernières pages du bouquin que j'ai compris (j'vous dis pas quoi, faut l'acheter pour savoir). Cette suite de nouvelles humoristico-horrifiques est une habile construction autour d'un bouquin qui ne réussit pas du tout à ceux qui le lisent... Les histoires s’enchevêtrent, se croisent et se justifient mutuellement dans les moindres détails et jusqu'à la dernière page, c'est un vrai plaisir de découvrir page après page tous ces liens. Graphiquement c'est plus que correct et une fois de plus la preuve que l'on peut faire du comics qui ne fait pas mal aux yeux (mais pas à la hauteur de Gabriel Rodriguez dans le fameux Locke & Key). A acheter les yeux fermés et à lire et relire pour être sûr de n'avoir rien loupé !
L'Atelier Mastodonte
Je connaissais cette série de nom, mais je ne l'avais jamais lue et franchement je trouve cela dommage de ne pas avoir lu cette série avant car de toutes les séries récentes sorties du Journal de Spirou, c'est sans aucun doute la meilleure ! J'adore les différents styles des dessinateurs qui participent à cette oeuvre collective sauf pour le cas de Pedrosa. Je n'aime pas trop les couleurs qu'il emploie. Je n'ai pas non plus aimé les trois strips hyper-réalistes à la fin du tome 1 même si les gags étaient drôles. Ce que j'ai surtout aimé, c'est que non seulement les différents auteurs sont drôles et je n'ai pas ressenti que l'humour d'un auteur était moins bien que celui d'un autre, mais en plus tout est cohérent. Il y a des strips dessinés par différents auteurs qui se suivent (notamment lorsqu'ils sont à Angoulême) sans aucune difficulté comme si c'était la même personne qui dessinait et scénarisait tous les strips ! En plus, les auteurs font preuve d'auto-dérision et n'ont aucun problème à se montrer ridicules et cela donne des moments hilarants.
Le Bois des Vierges
Attention attention ! Si les petits cochons ne le mangent pas, "Le Bois des Vierges" va faire son trou dans la bande dessinée ! En effet, à la lecture du premier tome, il est difficile de ne pas tomber sous le charme. Parlons du dessin tout d'abord. Ceux qui ont lu Fée et tendres Automates sont probablement tombés sous le charme du graphisme élégant, fin, racé de Béatrice Tillier. Après une longue éclipse ponctuée d'un album sympathique (Mon voisin le Père Noël), la voilà qui nous revient en très grande forme. Son dessin a encore -alors qu'il était déjà très fort dans ses deux premiers albums- évolué vers une maîtrise quasi parfaite. C'est bien simple, c'est tout simplement superbe. Ses humains ont tous une élégance, un port altier qui n'ont d'égal que la noblesse conférée aux animaux, les loups en particulier. Rendre expressif un faciès canin n'est pas chose aisée, et pourtant elle y arrive, et de façon éclatante. Seul petit bémol au niveau graphique : les décors ont parfois l'air d'être vus à travers un écran de fumée, pour placer les personnages en surimpression. L'intention de mettre l'accent sur eux est claire et compréhensible, mais je trouve un peu dommage de ne pas pouvoir profiter du talent de la dessinatrice également dans les paysages et les architectures. Et bien sûr, en maîtresse des couleurs, Béatrice Tillier accompagne à merveille son trait. Le tome 3 mer semble par contre un peu étrange de ce point de vue, la mise en couleurs me semble nettement plus sombre, comme si l'imprimeur avait un peu foiré sa balance... Mais "Le Bois des Vierges" c'est également l'oeuvre peut-être majeure d'un scénariste qui ne l'est pas moins. Jean Dufaux nous a en effet déjà gratifiés de séries qui comptent. Je pense à Murena, Giacomo C., Voleurs d'Empires par exemple. La maîtrise et le goût du monsieur pour les récits historiques ne sont plus à démontrer, et avec "le Bois des Vierges", il s'aventure sur un terrain proche, mais encore vierge pour lui, celui du conte. Cela partait très fort, avec une intrigue assez dramatique, aux accents presque shakespeariens, et puis j'ai trouvé que cela piétinait un peu à la moitié de la série... Dufaux ne me semble pas aller au bout de son histoire, et le côté "happy end", plus proche de l'esprit Disney que des contes classiques, ne me plaît que partiellement... Enthousiasmant, gouleyant et palpitant, même si en-deça des espérances du début.
Les Quatre de Baker Street
Cette série cataloguée pour un public assez jeune, peut tout autant intéresser un public adulte par son ambiance victorienne bien recréée, son atmosphère constituée de plusieurs éléments typiques de cette époque : aspect crasseux des bas-fonds de Londres, sales bobines, grouillement et promiscuité auxquels nous ont habitué de nombreuses adaptations filmées de Sherlock Holmes. On a l'impression de bien connaître ces décors et cet univers propices à l'étrangeté. Il y a aussi du Dickens dans cette série. Les auteurs jouent sur la fascination du célèbre limier de Baker Street, avec des allusions à Jack l'Eventreur et aux affaires dont Holmes s'est occupé, telle celle du chien des Baskerville ; le fameux appartement du 221 B où les jeunes héros viennent dévorer les cakes de Mme Hudson, est constellé de détails constituant la mythologie sherlockienne (casquette à carreaux, violon, pipe, flacons de cocaïne...), mais on y voit peu Holmes, plus souvent le Dr Watson, les vrais héros restant les 3 jeunes gens et leur chat qui évoluent pour leur compte dans cette cour des miracles londonienne qu'était l'East End dans les années 1890. Le concept s'appuie sur un détail bien réel dans les nouvelles de Conan Doyle : le recours de Holmes à ces informateurs atypiques que sont des gosses de quartier qui épient et sont à l'affût de tout ce qui se passe à Londres. Cette optique de placer des héros autour d'un personnage ultra célèbre et très utilisé, est donc originale ici, et se met en place doucement, car après un premier tome d'introduction plutôt simple et classique, la suite qui s'articule en 1 récit par album (avec continuité), est plus élaborée. L'intérêt est décuplé par une narration pleine de profondeur qui s'attache à camper des personnages consistants en la personne des 3 suppléants de Holmes qui aiment bien jouer les détectives en herbe, et de certains personnages secondaires tels le Dr Watson bien cerné, ou le méchant Bloody Percy, tandis que le dessin est vraiment beau, avec des décors précis et de bons cadrages en plongée ou contre-plongée qui sont un bon rendu du Londres victorien. Une série à qui il manque un brin de mystère et d'étrangeté qui caractérise certaines enquêtes de Holmes, mais captivante et attachante.
Le Loup des Mers
Une histoire de marin, avec tout le cynisme et les injustices que l'on attend avec pourtant une fin qui m'a marqué. La mis en scène, les dessins et la colorisation donnent sur certaines planches les allures de tableau. C'est magnifique et cela donne envie d'aller lire le roman :)
Ma révérence
Sans vous dévoiler l'intrigue, l'auteur a eu l'idée de ce roman suite (entre autre) au discours de Sarkozy sur les "vertus/conséquences" de Mai 68 où nous serions atteints de cynisme et incapable de différencier le bien du mal, ainsi que de sa vie perso où en tant que portier/voiturier/barman un certain nombre de loosers/petites frappes ont vidé leur sac sur leur vie. Je pensais connaître la fin car on s'attend soit au polar qui dégénère soit à beaucoup d'action soit une fin bisounours. Rien de tout cela, c'est très bien construit et je me suis laissé prendre à l'histoire au côté du personnage principal et jusqu'à la dernière page. Les dessins sont bien dans l'ambiance (la couverture est exactement le style que l'on trouve tout le long) avec une colorisation efficace. Les dialogues sont très stylés (même si ce n'est pas du audiart mais nous immerge bien dans l'ambiance aussi). Pour moi, le tout est cohérent pour une histoire bien humaine.
Azu Manga Daioh
3.5 Je connais l'anime qui me fait bien rire. Les personnages sont tous attachants et surtout Osaka ! C'est donc avec une bonne opinion que j'ai lu le manga. Évidemment, comme le format est en strips de 4 pages la plupart du temps, il y a moins de rythme que dans l'anime, mais j'ai tout de même aimé ma lecture car j'ai retrouvé l'humour de la série (j'ai même reconnu des scènes de l'anime) et les mêmes personnages qui sont attachants et qui ont des défauts qui donnent des bons gags. Évidemment, il y a quelques strips qui ne m'ont pas fait rire, mais globalement j'ai trouvé que le niveau était très bon.