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Couverture de la série LIP (des héros ordinaires)
LIP (des héros ordinaires)

Les récits traitant de lutte sociale, si, dans la majeure partie des cas, ils présentent un intérêt historique réel, ne sont pas toujours les plus agréables à lire. Trop formels, ils peuvent vite se révéler assommants. Il existe cependant de belles exceptions, comme « Un homme est mort » ou… « LIP » ! Intelligemment construit autour du parcours d’une jeune femme que cette lutte ouvrière va émanciper à tous niveaux, ce récit se révèle aussi instructif que prenant. Le chemin emprunté par Solange et ses compagnons ne peut qu’interpeller à une époque où les délocalisations et la mainmise des actionnaires sur les travailleurs sont devenus plus qu’un simple fait. D’autant plus que ce récit est celui d’une réalité. Les évènements qui nous sont ici relatés sont bien réels. Mais si j’avais entendu parler de cette occupation d’usine, devenue un symbole et par là même presque une utopie irréelle, les faits exposés par Laurent Galandon et Damien Vidal, avec ce souci de documentation et de véracité, ont réveillé ma conscience. Le choix d’un noir et blanc sobre est de nature à accentuer encore ce côté « reportage » et convient donc parfaitement au récit. Les nombreux personnages sont extrêmement bien typés, au point qu’il est impossible de les confondre en cours de lecture. Le découpage et l’emploi d’un journal intime favorisent encore l’immersion dans le quotidien de ces travailleurs. Intelligent, opportun, interpellant, soigné, agréable à lire… je me demande vraiment ce que vous attendez pour y jeter plus qu’un œil… surtout si la politique économique et l’évolution de la société sont des sujets qui vous intéressent (superjé, ce livre est pour toi ;) ). Même la postface de Claude Neuschwander mérite que l’on s’y attarde… contrairement à la préface de Jean-Luc Mélenchon sur laquelle j’avoue m’être endormi. Une belle réussite pour un sujet plus que jamais d'actualité (difficile de croire que ces événements se sont déroulés il y a déjà 40 ans !)

05/04/2014 (modifier)
Couverture de la série La Chronique des Immortels
La Chronique des Immortels

Adaptation de romans de fantasy, cette Chronique des Immortels présente suffisamment d’atouts pour que j’en conseille l’achat. Rien d’extrêmement original, cependant, mais que ce soit le dessin, les personnages ou leurs aventures, tout est parfaitement mis en place, de sorte qu’il est finalement difficile d’abandonner sa lecture en cours de route. Le ton est résolument dramatique et emphatique… mais pas lourdingue pour la cause. La lecture est aisée, le découpage est aéré et alterne avec talent scènes d’action et passages plus lents, voire introspectifs. Point d’humour ici mais ce n’est pas vraiment un problème. Le changement de dessinateur entre les deux cycles ne constitue pas un frein. Ce changement survient à un moment judicieux et, si les styles divergent en certains points, une harmonie d’ensemble existe bel et bien et (plus important encore) la qualité reste au rendez-vous. Le style, qui rappelle celui utilisé dans l'animation, est parfaitement maîtrisé et employé avec talent. Rares sont les dessinateurs qui peuvent se vanter de me convaincre en employant cette technique en bande dessinée. En voici deux qui y parviennent les doigts dans le nez ! Prenant ! Cette série ne remportera sans doute jamais un prix de l’originalité mais elle est suffisamment efficace pour que je vous invite à la lire.

05/04/2014 (modifier)
Par Yannis
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Joker
Joker

Joker est une oeuvre magnifique pour les yeux mais crasseuse. On suit une petite frappe qui accompagne le Joker et qui découvrira les avantages et surtout les inconvénients de traîner avec un tel malade. Le traitement réaliste (voir Killer Croc par exemple) dans la veine de The Dark Knight de Nolan est un atout majeur de l'oeuvre. On suit le Joker dans sa quête et il est intéressant de voir ce qu'il fait pendant que Batman le recherche (d'habitude on suit le chevalier noir dans sa quête d'indices). Mais l'atout numéro un et la raison de mon coup de coeur vient du dessin que je trouve magnifique. Plongez vous dans cette incroyable histoire.

05/04/2014 (modifier)
Par Yannis
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Killing Joke (Batman - The Killing Joke/Rire et Mourir/Souriez !)
Killing Joke (Batman - The Killing Joke/Rire et Mourir/Souriez !)

Quand Alan Moore explore la psyché du plus grand vilain des comics cela donne Killing Joke. L'histoire est violente et la thématique, une mauvaise journée peut transformer quelqu'un en bien ou en mal, est intéressante. Moore mène bien son histoire et l'épisode est tellement devenu culte qu'il a encore des répercussions aujourd'hui (voir la série Batgirl de Gail Simone). Le dessin est bien et les nouvelles couleurs le mettent en valeur. Une lecture indispensable pour les fans du batverse.

05/04/2014 (modifier)
Par Yannis
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série New York trilogie (Les Gens) (Peuple Invisible)
New York trilogie (Les Gens) (Peuple Invisible)

Dernier tome de cette trilogie et je trouve le moins bon même si je l'ai lu d'une traite également. Le problème à des histoires un peu plombantes. L'album aurait gagné à avoir une histoire plus joyeuse ou se terminant bien. Je mets quand même une petite mention spéciale à la première histoire d'un cynisme incroyable.

05/04/2014 (modifier)
Par Yannis
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série New York Trilogie (L'Immeuble) (Le Building)
New York Trilogie (L'Immeuble) (Le Building)

Mettre une telle note à Will Eisner est assez facile dans le sens où il est un très bon dessinateur mais surtout car c'est un observateur incroyable et un conteur génial. J'ai lu les trois tomes de cette série en un peu plus d'une heure happé par les histoires tantôt joyeuses mais plus souvent tristes voire cyniques. Une oeuvre admirable de l'un des plus grands noms de la BD US. Dans le premier tome l'auteur nous parlait de sa ville en général, là il s'attache à nous brosser le portrait de quatre personnes au destin tragique d'un même immeuble. Remarquable une fois de plus.

05/04/2014 (modifier)
Par Yannis
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série New York trilogie (Big City)
New York trilogie (Big City)

Mettre une telle note à Will Eisner est assez facile dans le sens où il est un très bon dessinateur mais surtout car c'est un observateur incroyable et un conteur génial. J'ai lu les trois tomes de cette série en un peu plus d'une heure happé par les histoires tantôt joyeuse mais plus souvent triste voire cynique. Une oeuvre admirable de l'un des plus grand nom de la BD US

05/04/2014 (modifier)
Couverture de la série La Malédiction des sept boules vertes
La Malédiction des sept boules vertes

Avis portant sur le premier cycle de 6 tomes. Ai-je passé un bon moment de lecture avec cette série qui me faisait envie depuis longtemps ? Oui. Est-elle culte ou même immanquable ? Non... J'ai apprécié cette BD qui est divertissante et possède une atmosphère très particulière, onirique, vue trop peu souvent, qui m'a un peu fait retomber en enfance. Hélas, si la fluidité est de mise, l'action fait parfois cruellement défaut, comme dans le tome 1 par exemple qui pourrait se résumer en 2-3 lignes ! De plus, pour le peu de fois où ça s'active un peu, il n'arrive jamais rien de bien grave à nos héros, notre petit Guillio en chef de file: il y a toujours une solution, jamais de danger, toujours un deus ex machina qui vient sauver nos personnages en cas de coup dur... C'est sympa, mais pas toujours très recherché. J'ai globalement lu ces 6 tomes avec plaisir, et je reconnais bien volontiers le talent de narration de Parcelier. Je lui tire d'ailleurs mon chapeau pour la séquence de la poursuite dans le tome 6, dans les 2 univers parralèles, Guillio étant poursuiveur ou poursuivi. Un grand bravo. Malheureusement, je sens aussi que l'imagination commence à faire défaut à l'auteur en fin de cycle: on commence à voir des cases inutiles, comme un bête paysage, ou des séquences entièrement superflues, qui, vraiment n'apportent rien de rien à l'histoire, comme la séquence des taches que doit faire Guillio dans la maison du collectionneur. Ce problème n'est absolument pas présent dans les 4 premiers tomes. Graphiquement, ces albums jouissent d'une ligne claire agréable et de couleurs pastelles et délavées, qui habituellement ne me plaisent guère, mais qui ne m'ont pas du tout dérangé dans le cas présent. La mise en page est très bien réussie, c'est le gros point fort de Parcelier. Concernant l'achat, pas évident...Tomes nombreux, pas faciles à trouver, donc pas donnés...Même si je pouvais envisager de la relire un jour ou la faire connaitre à mes enfants, je déconseille l'achat, car, librement téléchargeable, la lecture sous format numérique m'a amplement suffi. Je remercie d'ailleurs les membres du site qui m'ont permis de découvrir cette oeuvre. (289)

04/04/2014 (modifier)
Couverture de la série Vercingétorix
Vercingétorix

Quelle bonne idée ont eu les 2 éditeurs Glénat et Fayard de s'associer ; la réputation du second dans le domaine des bios historiques n'est plus à faire, quant à Glénat, on a tous en mémoire la collection Vécu qui fut une référence dans le créneau historique. Souhaitant relancer les récits historiques, Glénat a fait des recherches pour choisir des personnages dignes et suffisamment riches pour plaire aux lecteurs de BD, tout en parvenant à être accessibles à tous sans redondance, et en développant une histoire très documentée. Un beau projet qui donne une collection prometteuse, dont le premier album à ouvrir le bal est celui consacré à Vercingétorix. L'approche semble encore plus sérieuse que Vécu qui était avant tout basée sur l'aventure. Comme pour Le Trône d'argile, on dirait qu'on a répondu encore à un de mes voeux, celui de trouver enfin une Bd racontant l'incroyable destin de ce chef Gaulois que j'admire tant. Il était bien apparu dans les BD Larousse ou dans Les Gaulois contre César, mais pas en album seul ; c'est fait et bien fait. Encore une fois, je suis conquis par le travail des auteurs ; la méthode de narration est bonne : c'est Vercingétorix vaincu qui narre à César sa lutte contre l'invasion de la Gaule qu'il juge injuste et brutale. Tout est fidèlement relaté : le massacre d'Avaricum, la victoire de Gergovie, l'assemblée de Bibracte, le siège d'Alésia bien-sur qui occupe le dernier quart de l'album. Même des paroles soi-disant prononcées par Vercingétorix et rapportées par César dans sa Guerre des Gaules figurent ici, c'est dire si l'approche du sujet est sérieuse, documentée et aussi précise que possible. J'insiste là-dessus car entreprendre une bio de Vercingétorix relève d'une véritable gageure, parce que l'Histoire le met en scène bien chichement, seulement quelques mois de l'année 52 avant n/ère. Mais cette année là est celle du siège d'Avaricum, de la victoire de Gergovie et de la défaite d'Alésia, événements transfigurés où s'enracine la mémoire nationale. Eh oui car le personnage est aujourd'hui encore tellement enserré dans une gangue légendaire forgée depuis le milieu du XIXème siècle, qu'il est difficile d'avoir une vue précise. La France de Napoléon III (qui a fait démarrer les fouilles d'Alésia) l'a hissé au rang de mythe national fortement ancré dans la mémoire collective pour en faire une sorte de porte-drapeau de première unité nationale, un peu comme l'a été Jeanne d'Arc. C'était la mode en ce siècle, on revendiquait cet état d'esprit qui a été appliqué de la même façon avec Clovis roi des Francs. (tiens là aussi, j'aimerais que dans cette collection, on réalise mon voeu suivant : une bio de Clovis, personnage que je trouve aussi fascinant. Mais ne nous égarons pas.). Surtout, le gros handicap avec Vercingétorix, c'est que le peu de renseignements écrits sur lui n'est dû qu'à la Guerre des Gaules, seule source où César n'a pas été toujours honnête et a volontairement occulté des détails pour ne pas magnifier son ennemi. Pour ces raisons, et aussi pour l'ingratitude qu'il a manifesté envers son adversaire après Alésia, je n'ai jamais admiré César et les Romains en général, avec ce goût de vouloir toujours envahir des peuples. Ce que les auteurs font ici est donc remarquable, car ils comblent les trous comme ils peuvent en s'appuyant sur les recherches archéologiques et de nombreuses études rédigées sur Vercingétorix. On y voit un jeune prince Arverne apprendre au contact de la Légion romaine où il s'enrôle dans les troupes auxiliaires, la tactique, la stratégie, la discipline, l'ordre et l'unité, autant de qualités qui lui serviront dans sa lutte contre César. Son ascension et sa détermination sont bien démontrées, son désir d'unifier les tribus gauloises a été choisi au détriment de celui sans doute moins noble mais plus plausible de restaurer le prestige du peuple arverne pour dominer la Gaule ; c'était son but initial. Certains historiens révisionnistes ont tenté de démontrer ce fait, et qu'il avait été le jouet de César ou son faire-valoir, en diminuant son rôle de stratège, ce qui est faux, c'était au contraire un véritable génie militaire qui était surement aussi grand que son adversaire romain et digne du nom qu'il portait : "grand roi des guerriers". En revanche, il fut certainement peu doué en politique, mais il s'est rendu compte des ambitions de César et a sans doute ensuite voulu rassembler les tribus pour le contrer, c'est surement vrai, et l'assemblée de Bibracte le prouve. On découvre aussi dans l'album sa tactique de la terre brûlée (vrai), et aussi sa faiblesse hélas devant les habitants et le vergobret d'Avaricum qui le supplient d'épargner leur ville (vrai aussi); il se laisse fléchir et cette erreur sera fatale. On apprend encore que la victoire des Romains à Alésia s'est jouée à un cheveu, et que les Gaulois ont manqué de chance (encore vrai). La fin est un peu rapide, les auteurs ignorent volontairement la raison pour laquelle César n'a pas fait preuve de mansuétude envers Vercingétorix et l'a laissé pourrir 5 ans au Tullianum avant de le faire exécuter sommairement après son triomphe. En réalité, il lui en voulait de l'avoir trahi et de s'être rebellé, et surtout d'avoir trahi leur prétendue amitié. Quoi qu'il en soit, cette Bd nous indique que Vercingétorix fut sincère et que le sens de son action ne doit pas être négligé. Le dossier historique en fin d'album en apprendra un peu plus sur lui, mais si vous voulez une bio vraiment rigoureuse, lisez l'ouvrage de Paul Martin qui fait autorité (il est cité à la fin). Je termine par la partie graphique : c'est un dessin qui par endroits n'est pas si terrible que ça, mais dont l'ensemble se révèle honnête ; Vignaux réussit de belles images, ne cherche pas à trop héroïser Vercingétorix (la reddition est sobre et belle), et surtout réussit mieux ses gros plans de visages, sans compter la double page d'Alésia, la pleine page d'Avaricum et de belles reconstitutions des oppidums de Gergovie et d'Alésia. Au final, un album pas totalement parfait, mais qui ne démérite pas, qui apporte un vrai plaisir de lecture et qui permet de nourrir l'éternelle réflexion sur la façon dont l'imaginaire collectif s'est construit un héros éphémère mais patriotique en la personne de Vercingétorix.

03/04/2014 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Abraham Stone
Abraham Stone

Abraham Stone, ou la série-charnière dans la carrière de Joe Kubert... D'abord connu surtout pour ses oeuvres fortement testostéronées (mais non moins de qualité) ou il met en scène des soldats ou des super-héros, il prend, au début des années 1990 (après presque 50 ans de carrière, et alors qu'il lui en reste encore une vingtaine), un virage décisif, abordant des thèmes plus adultes, plus complexes. Il y eut Fax de Sarajevo, Yossel, mais aussi, avant ces titres incontournables, cet Abraham Stone, qui lui permet de plonger dans les Etats-Unis des années 1910, dans le sillage d'un jeune homme marqué par la cruauté du destin, et décidé à faire quelque chose de sa vie au sein d'une société en pleine mutation : les avions, les automobiles, le cinéma... Il va connaître le labeur de petite frappe, de recouvreur de créances, avant d'essayer de voler de ses propres ailes après avoir assouvi sa vengeance. Cela promettait beaucoup, d'autant plus que Kubert abordait, en filigrane, de nombreux thèmes de société : les mafias, la pédophilie, la prostitution. Heureusement ce premier tome peut se lire comme un one shot. Auteur complet, Joe Kubert a eu jusqu'à la fin de sa vie un trait élégant et typé. A la lecture de ses albums, on se rend compte qu'il a influencé ou été influencé par des gens comme Will Eisner, Jean Giraud (mais oui, j'ose !) ou encore Carlos Gimenez (Dani Futuro). On retrouve tout ça dans son style, et sa carrière est tellement longue aux côtés de ces grands noms qu'il est bien difficile de démêler l'écheveau des influences. Mais dans cet album il fait preuve d'une grande souplesse dans le trait, avec des personnages très expressifs, le tout mis en scène de façon tour à tour classique, tour à tour audacieuse, avec des cases prenant toute la hauteur de la planche ou avec un sens de lecture parfois très inhabituel. Bref, un découpage au service du récit. Hélas, Glénat n'a pas jugé bon, pour des raisons que je ne connais pas, de poursuivre la traduction et la publication de la suite (il y avait apparemment deux autres aventures de 48 pages, la série ayant été réalisée à l'époque pour un éditeur européen, Strip Art Features). Espérons qu'un jour on pourra lire la suite en français...

02/04/2014 (modifier)