Note réelle = 4.5/5
Ayant commencé la série TV, je l'ai trouvée un peu répétitive (notamment la saison 2 ) et je me suis par conséquent mis aux comics. Il n'y a pas photo c'est pour ma part beaucoup mieux !
Je conseille Walking Dead à tous, même à ceux qui sont réticents pour ce qui est des zombies puisque moi à la base les morts-vivants... j'aime pas tellement mais avec Robert Kirkman pas de soucis !
Après pour les dessins le noir et blanc ne gène qu'au début mais je préférais largement le T1 pour Charlie en Illustrations...
Dès les premières pages, je suis conquis par cette étrange cohabitation entre humains et bêtes qui parlent, par la beauté lisse du dessin, la colorisation adéquate, la richesse du dialogue, le luxe des décors, et surtout l'univers développé. Le dessin de Béatrice Tillier que je ne connaissais pas, est d'une précision et d'une pureté magnifiques qui se constatent dans les détails d'architecture, de mobilier et de costumes chatoyants qui s'apparentent à la Renaissance. Elle a reproduit certains châteaux existants, tel celui du prince des Armures qui est le château de Trécesson en Bretagne, tandis que celui de Clam ressemble au donjon de Septmonts en Picardie. D'autre part, sa vision graphique réaliste des animaux est plus séduisante à mes yeux que celle de Masbou sur De Cape et de Crocs, plus humoristique.
C'est une véritable parabole sur la nature humaine, sur l'instinct de l'homme qui est souvent bien plus bestial que les bêtes elles-mêmes, et qui joue sur la fascination du loup vu maintes fois dans les contes de fée ou les fables ; sorte de conte adulte, de Belle et la Bête revisité, ce récit troublant et passionnant est un vrai plaisir à lire. La dessinatrice s'est inspiré de l'imaginaire des contes et des légendes, notamment pour son bestiaire du Bois des Vierges qui offre des créatures intéressantes.
Le tome 2 peut sembler plus faible car il s'écarte de la guerre, mais en même temps, il ajoute à cette histoire une note romantique avec l'amour entre Aube et Clam qui doit choisir entre les 2 races auxquelles il appartient ; l'intérêt décline un peu mais ça n'en est pas pour ça ennuyeux, et d'un autre côté, centrer tout sur la guerre et ne montrer que des combats sanglants aurait fini par lasser. Je ne suis pas sûr qu'avec un dessin moyen, le charme aurait pris ; le dessin très soigné est donc le point fort de cette série qui me réconcilie avec Dufaux, car après avoir lu plusieurs séries de lui qui m'avaient déçu, je retrouve avec joie son génie de l'écriture et de l'imaginaire.
Gustave Doré était un génie, qui à mon âge, fut en plus un précurseur du médium de la Bande Dessinée.
Ces "Des-agréments" sentent bon le XIXème siècle. En effet, on pourra suivre, dans cet album, le récit d'un voyage (dans les Alpes) rempli de péripéties loufoques, d'un personnage assez caricatural, parodiant une certaine classe de la société (dont les attributs qui faisaient la spécificité de cette classe ont aujourd'hui disparu, ce qui amoindrit un peu l'impact de cette caricature). Ça ne vous dit rien cette formule ? Et oui, Rodolphe Töpffer avec ces messieurs (Jabot, Pencil, Vieux Bois, Crepin, Pictogramme, Festus), tout comme L'Idée fixe du savant Cosinus de Christophe utilisait déjà cette formule.
Sauf que le dessin de Doré est beaucoup plus sophistiqué (mais paradoxalement, pas fait, à mon sens, pour la bande dessinée). En effet, son style graphique fait beaucoup plus moderne, à mi-chemin entre Calvo et des auteurs animaliers encore plus récents tels que Michel Plessix par exemple.
Le dessin, avec une maîtrise de l'ombrage absolument fabuleuse (qui préfigure en somme son travail de contraste d'obscurité/luminosité en gravure mais pas tellement sa technique même de la gravure), entièrement au fusain/ crayon de bois est très joli à regarder. Cependant, il parait régulièrement figé, et si les personnages de Doré sont très rigolos, ses dessins m'ont paru trop petits pour être "enfermés" ainsi dans des cases (et c'est en ce sens que je trouve que le dessin de Gustave Doré est plus adapté à l'illustration et la peinture qu'à la narration par suites d'images).
Néanmoins, pour l'époque, son travail de narration est particulièrement innovant. En effet, si le scénario est savamment comique, il sert aussi de fondation à un nombre de jeux narratifs assez impressionnant pour l'époque, les plus frappants étant l'organisation des planches en fonction de l'effet désiré (cases aux dimensions différentes ou gaufrier rappelant furieusement les images d'Epinal), l'usage d'"effets" sur les planches, mêlant récit du narrateur et vécu du narrateur (la trace de pied, l'apparition du museau de la vache, etc...). Les trois planches vues au travers du télescope sont aussi résolument modernes (fort ingénieuses et beaucoup moins figuratives qu'une BD classique) tout comme la mise en abyme de l'artiste qui apparaît lui-même dans ses planches (en train de peindre un tableau). Le seul reproche à faire à ces jeux de narration est le cafouillage de narrateur en début d'album (d'abord, apparemment, c'est Gustave Doré ou du moins l'éditeur du carnet, puis M. Plumet, mais sans changement de représentation visible...c'est bien compliqué pour pas grand chose tout ça).
La BD du XIXème siècle la plus innovante que j'ai pu lire, une œuvre de jeunesse d'un artiste de génie (qui arrêtera la BD par la suite) et un bon moment de lecture dont il ne faudrait pas se priver !
Ecosystème perturbé, créatures étranges, paysages majestueux, aspect humaniste et écolo, pouvoir totalitaire, expédition pleine de dangers, un peu de sexe... Les ingrédients sont les mêmes que dans Aldébaran puisque la saga continue avec cette seconde partie où l'on retrouve Kim Keller encore plus épanouie et plus mûre.
Il y a un côté exploration en nature hostile qui est plus passionnant que dans Aldébaran, j'adore les récits de jungle depuis mon enfance, et ici j'y trouve mon compte. Ce second cycle en lui-même apporte quelques réponses mais n'est pas absolument capital pour faire avancer l'histoire, il est juste agréable et procure de très bons moments, l'intérêt est indéniablement plus fort que dans le premier volet, en dépit du fait qu'il y a beaucoup de verbiage, mais ça sert aussi à étoffer les personnages, dont je regrette que certains disparaissent quand ils sont sympas, tel Steve. Les scènes de nu ne sont peut-être pas obligatoires mais elles ne ralentissent pas la narration et apportent un petit plus qui détend entre deux situations plus sérieuses.
En tout cas, même si Aldébaran était nécessaire pour installer l'univers voulu par Léo, j'ai nettement préféré ce segment qui joue sur l'atout du mystère, du danger et de l'inconnu avec plus de brio.
D'un trait simple, sans prouesses graphiques, Léo construit encore un monde fantastique crédible et attachant. Une vraie réussite donc, pleine de fraîcheur, qui m'incite à aller voir sur Antarès.
Cette bande-dessinée est tout bonnement géniale. C'est celle de Ralf König que je préfère avec La Capote qui tue. Je conseille particulièrement à ceux qui voudrait découvrir Ralf König de commencer par cette bande-dessinée. Elle est moins trash et plus accessible que d'autres œuvres de cet auteur. C'est nettement moins vulgaire et homo-centré que le reste de sa production tout en demeurant hilarant.
L'idée de départ, que Ralf König emprunte à la pièce du même nom dont cette bd est un hommage et un supplément plus qu'une parodie, est géniale, les Athéniennes menées par Lysistrata, sorte de gourou féministe, en ont plein le cul que leurs Athéniens de maris passent leur temps à se foutre sur la gueule avec les Spartiates, décident une grève du sexe jusqu'à que les époux rangent leurs armes.
L'élément qu'ajoute König à la pièce d'origine est l'homosexualité. Les maris ne résistent pas longtemps à cette grève et vont donc chercher consolation ailleurs... Les femmes font également des expériences entre-elles etc.
C'est vraiment à mourir de rire et réjouissant et je le répète encore c'est accessible à tous homo comme hétéro contrairement à d'autres Ralf König dont le public est plus restreint. Là y a vraiment aucun malaise à avoir, c'est que du plaisir.
Situation banale dégénérant en cataclysme, gros nichons qui rebondissent, chat fainéant qui parle, répétition évoluant jusqu'à l'éxagération jusqu' au-boutiste, gros mec balèze qui péte la tête à un mec pas balèze, famille nonchalante vautrée devant télé, bulles de texte étouffant le personnage, appendices testiculoïdales pendouillantes jusqu'au sol, gringalets se balladant en slip kangourou, mini-jupes plus que minis, vulgarité, ridicule et absurde encastrés, l'art du gros nez transcendé, du sexe et du sexe également, des cassos et des sportifs improbables dans des positions idiotes, des dialogues de sourds, apocalypse visuellement irrévérencieuse, des dents carriées et des poils dans le nez, des sales tronches, humour sadique mais humour quand même, auto-censure absentéïste, non-respect des forces de l'ordre, du gag en veux-tu en voilà, femme au foyer en jogging, gesticulations diverses tous azimuts, cases fourre-touts, je m'en-foutisme graphique, poisson rouge dans bocal, curés cédant aux plaisirs de la chaire, bouées et tubas près des bouches d'égouts, etc...
Post Scrispthum: et bizarre de classer Edika en tant que série...
Ça commence directement par le détournement d’un train, oui un train !!!! L’homme qui menace le chauffeur de la locomotive est également un peu spécial puisqu’il a l’élégante particularité d’avoir un frère siamois partageant le même corps sous le nombril !
Bienvenue dans le monde hyper barré de Ibn Al Rabin illustré par l’immense Frederik Peeters dans une bichromie argentée beige du plus bel effet !
Le lecteur n’a même pas le temps de poser ses fesses pour lire confortablement qu’il est happé à 150 km/h dans cette histoire invraisemblable mené tambour battant dans un train avançant à la vitesse d’un omnibus !
Car évidemment dans cette sombre histoire de détournement au profit du Lichtenstein libre, rien ne va tourner correctement pour le plus grand plaisir du lecteur effaré devant tant d’absurdités !
Il faut bien le dire, les 20 premières pages n’ont pas été des plus aisées à suivre. On passe d’une situation ubuesque à une autre dans un échange de bons mots que Michel Audiard lui-même n’aurait pas renié.
Mais après une fois que le décor est bien planté, qu’on pense avoir à peu près le dessus sur la narration éclatée je vous garantis que ce n’est qu’un pur best of d’humour cynique et non sensique propre à dérider chaque dépressif potentiel qui sommeille en chacun de nous !
Un alchimiste pris en otage censé redonner un peu de fortune à ces terroristes désoeuvrés va surtout transformer le plomb en ricard, un train qui n’avance pas attaqué par une bande de pillards de San Marino à cheval, un baron au look soigné mais à la verve peu inspirée et une sacré bande de pieds cassés qui n’arrivera jamais à accorder ses violons pour arriver à bon port !
Les miettes, (dont on comprend le sens le temps d’un phylactère disséminé sur les 70 pages !!) est une superbe madeleine de Proust à dévorer et dont il ne restera que des miettes également à la fin tant le voyage onirique offert prend tout son sens au fur et à mesure d’une lecture unique et dont on ne reviendra pas sans un sourire.
L’occasion est d’autant plus agréable à vivre que Atrabile a eu la bonne idée de rééditer à un prix tout doux une œuvre rapidement épuisée et dont la remastérisation des couleurs doit faire honneur à l’œuvre d’origine. Dos toilé, grand format, l’ensemble est suffisamment classe pour en faire un objet de choix à posséder pour toute bibliothèque décalée qui se respecte.
Et Peeters avait déjà une sacrée maitrise alors qu’il n’était qu’un inconnu. Voici une belle occasion de mettre la main sur ce Saint Graal désormais à nouveau disponible et accessible à toutes les bourses !
Avec mon copain pol, on s’était fait la réflexion que Rue de Sèvres nous préparait de bien jolies surprises éditoriales à venir. Et pour l’instant cet éditeur est loin de nous donner tort. Pour preuve la sortie de "Cet été-là".
Roman graphique de 300 pages, "Cet été-là" nous plonge dans les vacances estivales de deux jeunes adolescentes. Rose et Windy, 13 ans et 11 ans et demie, se retrouvent tous les étés au bord du lac Awago. Deux visions vont alors se côtoyer, une plus enfantine mais d’une grande maturité et une autre qui commence à basculer franchement vers l’adolescence sans vouloir renier ses plaisirs d’enfance. On suit donc avec une belle justesse de ton, qui ne sombre jamais dans la caricature, les journées de ces deux jeunes filles qui oscillent sur le fil mince de la frontière entre l’enfance et l’adolescence.
Pour quiconque a l’habitude d’avoir passé ses vacances d’été toujours au même endroit, on ne peut ignorer l’écho que fait résonner cette bd à sa lecture. On y retrouve la joie des lieux et des habitudes retrouvées, les jeux,…
Rose et Windy nous délivrent leurs histoires, leurs états d’âmes, leurs questionnements avec une grande finesse de narration et un rythme qui nous plonge habilement dans cette ambiance estivale dans laquelle elles évoluent. N’allez pas croire que je vous décris là 300 pages de torpeur, au contraire. Ce sont 300 pages de vie, de joie, de découverte et de tristesse parfois.
Graphiquement, le dessin n’est pas en reste. Il est tout en nuances de noir et blanc, allant de lignes presque claires à des "effets de matière". Avec un cadrage travaillé et un style qui a fait ses preuves avec Craig Thompson, il vient parfaitement appuyer l’histoire. Certaines cases, voire planches sont vraiment magnifiques et on peut facilement rester quelques minutes devant, comme devant une fenêtre ouverte sur un paysage dont on ne se lasse pas.
Loin des fioritures sans jamais tomber dans la simplicité, j’ai pris beaucoup de plaisir à passer un été avec Rose et Windy.
Très belle fable sur la vie que voici.
L'histoire est émouvante, prenante et drôlement bien écrite!
Tout est bien fait dans ce Quartier Lointain, pas une fausse note.
Indispensable!
Ça c'est un reboot comme j'aimerais en lire plus souvent !
Je connaissais le personnage de Choc, super-méchant récurrent, éternel ennemi de Tif et Tondu, ombre maléfique posant avec son smoking, son heaume de chevalier médiéval et son fume-cigarette (au fait comment fait-il pour fumer sans ouvrir sa boîte de conserve ? il doit étouffer là-dedans !). Un genre de Fantomas aussi hiératique qu'un Président de la République posant pour la photo officielle, qui m'a toujours paru plus grotesque que menaçant. Dans les albums scénarisés par Rosy, il constituait une sorte d'Olrik ridicule ; même si ses complots ignobles n'avaient rien de risibles, il constituait un pendant comique aux deux héros de la série, qu'il m'était d'ailleurs tout aussi difficile de prendre au sérieux en tant que redresseurs de torts. En fait, je préfère les scénarios de Tillieux qui campaient des bandits moins grand-guignolesques.
Mais dans cette version 2014, Stéphane Colman construit une vraie bonne histoire policière, dans laquelle Choc s'avère infiniment plus ambigu que dans la série dont il est issu. Le scénario articule une série d'aller-retours très efficaces entre le présent de 1955 et l'Angleterre de l’Entre-deux-guerres. Nous suivons Choc au sommet de son art, mettant au point un casse particulièrement violent tout en réglant ses comptes avec son passé, lequel est expliqué par une série de flashbacks expliquant comment un jeune homme brisé par une société injuste est devenu un génie du mal.
Choc devient enfin consistant ! Il n'est plus seulement l'enveloppe vide incarnant le malfrat absolu, mais un assassin, un justicier, une victime… un être de chair et d'os, haïssable certes, mais dont on ne peut s'empêcher d'approuver certains actes, tout en le plaignant.
L'histoire se déroule très efficacement dans ce premier volet riche de 86 planches, ce qui lui permet de détailler les scènes tout en conservant un rythme qui ne faiblit pas.
Au dessin, Éric Maltaite est impérial, en digne fils du grand Will qui dessina les meilleurs épisodes de la série Tif et Tondu durant plus de 40 ans. J'aime ses planches élaborées avec un grand souci du décor et des ambiances. Les personnages sonnent justes ; leur violence est présentée sans complaisance, mais elle est flippante.
Je recommande vivement la lecture de cet album, y compris et surtout aux nouveaux lecteurs qui ne connaissent pas la série d'origine. Ils découvriront une excellente histoire policière centrée sur un Monsieur Choc qui ne prête vraiment plus à sourire.
Je mets un 4,5/5, et j'attends la fin du diptyque pour savoir si j'arrondis à 5.
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Walking Dead
Note réelle = 4.5/5 Ayant commencé la série TV, je l'ai trouvée un peu répétitive (notamment la saison 2 ) et je me suis par conséquent mis aux comics. Il n'y a pas photo c'est pour ma part beaucoup mieux ! Je conseille Walking Dead à tous, même à ceux qui sont réticents pour ce qui est des zombies puisque moi à la base les morts-vivants... j'aime pas tellement mais avec Robert Kirkman pas de soucis ! Après pour les dessins le noir et blanc ne gène qu'au début mais je préférais largement le T1 pour Charlie en Illustrations...
Le Bois des Vierges
Dès les premières pages, je suis conquis par cette étrange cohabitation entre humains et bêtes qui parlent, par la beauté lisse du dessin, la colorisation adéquate, la richesse du dialogue, le luxe des décors, et surtout l'univers développé. Le dessin de Béatrice Tillier que je ne connaissais pas, est d'une précision et d'une pureté magnifiques qui se constatent dans les détails d'architecture, de mobilier et de costumes chatoyants qui s'apparentent à la Renaissance. Elle a reproduit certains châteaux existants, tel celui du prince des Armures qui est le château de Trécesson en Bretagne, tandis que celui de Clam ressemble au donjon de Septmonts en Picardie. D'autre part, sa vision graphique réaliste des animaux est plus séduisante à mes yeux que celle de Masbou sur De Cape et de Crocs, plus humoristique. C'est une véritable parabole sur la nature humaine, sur l'instinct de l'homme qui est souvent bien plus bestial que les bêtes elles-mêmes, et qui joue sur la fascination du loup vu maintes fois dans les contes de fée ou les fables ; sorte de conte adulte, de Belle et la Bête revisité, ce récit troublant et passionnant est un vrai plaisir à lire. La dessinatrice s'est inspiré de l'imaginaire des contes et des légendes, notamment pour son bestiaire du Bois des Vierges qui offre des créatures intéressantes. Le tome 2 peut sembler plus faible car il s'écarte de la guerre, mais en même temps, il ajoute à cette histoire une note romantique avec l'amour entre Aube et Clam qui doit choisir entre les 2 races auxquelles il appartient ; l'intérêt décline un peu mais ça n'en est pas pour ça ennuyeux, et d'un autre côté, centrer tout sur la guerre et ne montrer que des combats sanglants aurait fini par lasser. Je ne suis pas sûr qu'avec un dessin moyen, le charme aurait pris ; le dessin très soigné est donc le point fort de cette série qui me réconcilie avec Dufaux, car après avoir lu plusieurs séries de lui qui m'avaient déçu, je retrouve avec joie son génie de l'écriture et de l'imaginaire.
Des-Agréments d'un Voyage d'Agrément
Gustave Doré était un génie, qui à mon âge, fut en plus un précurseur du médium de la Bande Dessinée. Ces "Des-agréments" sentent bon le XIXème siècle. En effet, on pourra suivre, dans cet album, le récit d'un voyage (dans les Alpes) rempli de péripéties loufoques, d'un personnage assez caricatural, parodiant une certaine classe de la société (dont les attributs qui faisaient la spécificité de cette classe ont aujourd'hui disparu, ce qui amoindrit un peu l'impact de cette caricature). Ça ne vous dit rien cette formule ? Et oui, Rodolphe Töpffer avec ces messieurs (Jabot, Pencil, Vieux Bois, Crepin, Pictogramme, Festus), tout comme L'Idée fixe du savant Cosinus de Christophe utilisait déjà cette formule. Sauf que le dessin de Doré est beaucoup plus sophistiqué (mais paradoxalement, pas fait, à mon sens, pour la bande dessinée). En effet, son style graphique fait beaucoup plus moderne, à mi-chemin entre Calvo et des auteurs animaliers encore plus récents tels que Michel Plessix par exemple. Le dessin, avec une maîtrise de l'ombrage absolument fabuleuse (qui préfigure en somme son travail de contraste d'obscurité/luminosité en gravure mais pas tellement sa technique même de la gravure), entièrement au fusain/ crayon de bois est très joli à regarder. Cependant, il parait régulièrement figé, et si les personnages de Doré sont très rigolos, ses dessins m'ont paru trop petits pour être "enfermés" ainsi dans des cases (et c'est en ce sens que je trouve que le dessin de Gustave Doré est plus adapté à l'illustration et la peinture qu'à la narration par suites d'images). Néanmoins, pour l'époque, son travail de narration est particulièrement innovant. En effet, si le scénario est savamment comique, il sert aussi de fondation à un nombre de jeux narratifs assez impressionnant pour l'époque, les plus frappants étant l'organisation des planches en fonction de l'effet désiré (cases aux dimensions différentes ou gaufrier rappelant furieusement les images d'Epinal), l'usage d'"effets" sur les planches, mêlant récit du narrateur et vécu du narrateur (la trace de pied, l'apparition du museau de la vache, etc...). Les trois planches vues au travers du télescope sont aussi résolument modernes (fort ingénieuses et beaucoup moins figuratives qu'une BD classique) tout comme la mise en abyme de l'artiste qui apparaît lui-même dans ses planches (en train de peindre un tableau). Le seul reproche à faire à ces jeux de narration est le cafouillage de narrateur en début d'album (d'abord, apparemment, c'est Gustave Doré ou du moins l'éditeur du carnet, puis M. Plumet, mais sans changement de représentation visible...c'est bien compliqué pour pas grand chose tout ça). La BD du XIXème siècle la plus innovante que j'ai pu lire, une œuvre de jeunesse d'un artiste de génie (qui arrêtera la BD par la suite) et un bon moment de lecture dont il ne faudrait pas se priver !
Bételgeuse
Ecosystème perturbé, créatures étranges, paysages majestueux, aspect humaniste et écolo, pouvoir totalitaire, expédition pleine de dangers, un peu de sexe... Les ingrédients sont les mêmes que dans Aldébaran puisque la saga continue avec cette seconde partie où l'on retrouve Kim Keller encore plus épanouie et plus mûre. Il y a un côté exploration en nature hostile qui est plus passionnant que dans Aldébaran, j'adore les récits de jungle depuis mon enfance, et ici j'y trouve mon compte. Ce second cycle en lui-même apporte quelques réponses mais n'est pas absolument capital pour faire avancer l'histoire, il est juste agréable et procure de très bons moments, l'intérêt est indéniablement plus fort que dans le premier volet, en dépit du fait qu'il y a beaucoup de verbiage, mais ça sert aussi à étoffer les personnages, dont je regrette que certains disparaissent quand ils sont sympas, tel Steve. Les scènes de nu ne sont peut-être pas obligatoires mais elles ne ralentissent pas la narration et apportent un petit plus qui détend entre deux situations plus sérieuses. En tout cas, même si Aldébaran était nécessaire pour installer l'univers voulu par Léo, j'ai nettement préféré ce segment qui joue sur l'atout du mystère, du danger et de l'inconnu avec plus de brio. D'un trait simple, sans prouesses graphiques, Léo construit encore un monde fantastique crédible et attachant. Une vraie réussite donc, pleine de fraîcheur, qui m'incite à aller voir sur Antarès.
Lysistrata
Cette bande-dessinée est tout bonnement géniale. C'est celle de Ralf König que je préfère avec La Capote qui tue. Je conseille particulièrement à ceux qui voudrait découvrir Ralf König de commencer par cette bande-dessinée. Elle est moins trash et plus accessible que d'autres œuvres de cet auteur. C'est nettement moins vulgaire et homo-centré que le reste de sa production tout en demeurant hilarant. L'idée de départ, que Ralf König emprunte à la pièce du même nom dont cette bd est un hommage et un supplément plus qu'une parodie, est géniale, les Athéniennes menées par Lysistrata, sorte de gourou féministe, en ont plein le cul que leurs Athéniens de maris passent leur temps à se foutre sur la gueule avec les Spartiates, décident une grève du sexe jusqu'à que les époux rangent leurs armes. L'élément qu'ajoute König à la pièce d'origine est l'homosexualité. Les maris ne résistent pas longtemps à cette grève et vont donc chercher consolation ailleurs... Les femmes font également des expériences entre-elles etc. C'est vraiment à mourir de rire et réjouissant et je le répète encore c'est accessible à tous homo comme hétéro contrairement à d'autres Ralf König dont le public est plus restreint. Là y a vraiment aucun malaise à avoir, c'est que du plaisir.
Edika
Situation banale dégénérant en cataclysme, gros nichons qui rebondissent, chat fainéant qui parle, répétition évoluant jusqu'à l'éxagération jusqu' au-boutiste, gros mec balèze qui péte la tête à un mec pas balèze, famille nonchalante vautrée devant télé, bulles de texte étouffant le personnage, appendices testiculoïdales pendouillantes jusqu'au sol, gringalets se balladant en slip kangourou, mini-jupes plus que minis, vulgarité, ridicule et absurde encastrés, l'art du gros nez transcendé, du sexe et du sexe également, des cassos et des sportifs improbables dans des positions idiotes, des dialogues de sourds, apocalypse visuellement irrévérencieuse, des dents carriées et des poils dans le nez, des sales tronches, humour sadique mais humour quand même, auto-censure absentéïste, non-respect des forces de l'ordre, du gag en veux-tu en voilà, femme au foyer en jogging, gesticulations diverses tous azimuts, cases fourre-touts, je m'en-foutisme graphique, poisson rouge dans bocal, curés cédant aux plaisirs de la chaire, bouées et tubas près des bouches d'égouts, etc... Post Scrispthum: et bizarre de classer Edika en tant que série...
Les Miettes
Ça commence directement par le détournement d’un train, oui un train !!!! L’homme qui menace le chauffeur de la locomotive est également un peu spécial puisqu’il a l’élégante particularité d’avoir un frère siamois partageant le même corps sous le nombril ! Bienvenue dans le monde hyper barré de Ibn Al Rabin illustré par l’immense Frederik Peeters dans une bichromie argentée beige du plus bel effet ! Le lecteur n’a même pas le temps de poser ses fesses pour lire confortablement qu’il est happé à 150 km/h dans cette histoire invraisemblable mené tambour battant dans un train avançant à la vitesse d’un omnibus ! Car évidemment dans cette sombre histoire de détournement au profit du Lichtenstein libre, rien ne va tourner correctement pour le plus grand plaisir du lecteur effaré devant tant d’absurdités ! Il faut bien le dire, les 20 premières pages n’ont pas été des plus aisées à suivre. On passe d’une situation ubuesque à une autre dans un échange de bons mots que Michel Audiard lui-même n’aurait pas renié. Mais après une fois que le décor est bien planté, qu’on pense avoir à peu près le dessus sur la narration éclatée je vous garantis que ce n’est qu’un pur best of d’humour cynique et non sensique propre à dérider chaque dépressif potentiel qui sommeille en chacun de nous ! Un alchimiste pris en otage censé redonner un peu de fortune à ces terroristes désoeuvrés va surtout transformer le plomb en ricard, un train qui n’avance pas attaqué par une bande de pillards de San Marino à cheval, un baron au look soigné mais à la verve peu inspirée et une sacré bande de pieds cassés qui n’arrivera jamais à accorder ses violons pour arriver à bon port ! Les miettes, (dont on comprend le sens le temps d’un phylactère disséminé sur les 70 pages !!) est une superbe madeleine de Proust à dévorer et dont il ne restera que des miettes également à la fin tant le voyage onirique offert prend tout son sens au fur et à mesure d’une lecture unique et dont on ne reviendra pas sans un sourire. L’occasion est d’autant plus agréable à vivre que Atrabile a eu la bonne idée de rééditer à un prix tout doux une œuvre rapidement épuisée et dont la remastérisation des couleurs doit faire honneur à l’œuvre d’origine. Dos toilé, grand format, l’ensemble est suffisamment classe pour en faire un objet de choix à posséder pour toute bibliothèque décalée qui se respecte. Et Peeters avait déjà une sacrée maitrise alors qu’il n’était qu’un inconnu. Voici une belle occasion de mettre la main sur ce Saint Graal désormais à nouveau disponible et accessible à toutes les bourses !
Cet été-là
Avec mon copain pol, on s’était fait la réflexion que Rue de Sèvres nous préparait de bien jolies surprises éditoriales à venir. Et pour l’instant cet éditeur est loin de nous donner tort. Pour preuve la sortie de "Cet été-là". Roman graphique de 300 pages, "Cet été-là" nous plonge dans les vacances estivales de deux jeunes adolescentes. Rose et Windy, 13 ans et 11 ans et demie, se retrouvent tous les étés au bord du lac Awago. Deux visions vont alors se côtoyer, une plus enfantine mais d’une grande maturité et une autre qui commence à basculer franchement vers l’adolescence sans vouloir renier ses plaisirs d’enfance. On suit donc avec une belle justesse de ton, qui ne sombre jamais dans la caricature, les journées de ces deux jeunes filles qui oscillent sur le fil mince de la frontière entre l’enfance et l’adolescence. Pour quiconque a l’habitude d’avoir passé ses vacances d’été toujours au même endroit, on ne peut ignorer l’écho que fait résonner cette bd à sa lecture. On y retrouve la joie des lieux et des habitudes retrouvées, les jeux,… Rose et Windy nous délivrent leurs histoires, leurs états d’âmes, leurs questionnements avec une grande finesse de narration et un rythme qui nous plonge habilement dans cette ambiance estivale dans laquelle elles évoluent. N’allez pas croire que je vous décris là 300 pages de torpeur, au contraire. Ce sont 300 pages de vie, de joie, de découverte et de tristesse parfois. Graphiquement, le dessin n’est pas en reste. Il est tout en nuances de noir et blanc, allant de lignes presque claires à des "effets de matière". Avec un cadrage travaillé et un style qui a fait ses preuves avec Craig Thompson, il vient parfaitement appuyer l’histoire. Certaines cases, voire planches sont vraiment magnifiques et on peut facilement rester quelques minutes devant, comme devant une fenêtre ouverte sur un paysage dont on ne se lasse pas. Loin des fioritures sans jamais tomber dans la simplicité, j’ai pris beaucoup de plaisir à passer un été avec Rose et Windy.
Quartier lointain
Très belle fable sur la vie que voici. L'histoire est émouvante, prenante et drôlement bien écrite! Tout est bien fait dans ce Quartier Lointain, pas une fausse note. Indispensable!
Choc
Ça c'est un reboot comme j'aimerais en lire plus souvent ! Je connaissais le personnage de Choc, super-méchant récurrent, éternel ennemi de Tif et Tondu, ombre maléfique posant avec son smoking, son heaume de chevalier médiéval et son fume-cigarette (au fait comment fait-il pour fumer sans ouvrir sa boîte de conserve ? il doit étouffer là-dedans !). Un genre de Fantomas aussi hiératique qu'un Président de la République posant pour la photo officielle, qui m'a toujours paru plus grotesque que menaçant. Dans les albums scénarisés par Rosy, il constituait une sorte d'Olrik ridicule ; même si ses complots ignobles n'avaient rien de risibles, il constituait un pendant comique aux deux héros de la série, qu'il m'était d'ailleurs tout aussi difficile de prendre au sérieux en tant que redresseurs de torts. En fait, je préfère les scénarios de Tillieux qui campaient des bandits moins grand-guignolesques. Mais dans cette version 2014, Stéphane Colman construit une vraie bonne histoire policière, dans laquelle Choc s'avère infiniment plus ambigu que dans la série dont il est issu. Le scénario articule une série d'aller-retours très efficaces entre le présent de 1955 et l'Angleterre de l’Entre-deux-guerres. Nous suivons Choc au sommet de son art, mettant au point un casse particulièrement violent tout en réglant ses comptes avec son passé, lequel est expliqué par une série de flashbacks expliquant comment un jeune homme brisé par une société injuste est devenu un génie du mal. Choc devient enfin consistant ! Il n'est plus seulement l'enveloppe vide incarnant le malfrat absolu, mais un assassin, un justicier, une victime… un être de chair et d'os, haïssable certes, mais dont on ne peut s'empêcher d'approuver certains actes, tout en le plaignant. L'histoire se déroule très efficacement dans ce premier volet riche de 86 planches, ce qui lui permet de détailler les scènes tout en conservant un rythme qui ne faiblit pas. Au dessin, Éric Maltaite est impérial, en digne fils du grand Will qui dessina les meilleurs épisodes de la série Tif et Tondu durant plus de 40 ans. J'aime ses planches élaborées avec un grand souci du décor et des ambiances. Les personnages sonnent justes ; leur violence est présentée sans complaisance, mais elle est flippante. Je recommande vivement la lecture de cet album, y compris et surtout aux nouveaux lecteurs qui ne connaissent pas la série d'origine. Ils découvriront une excellente histoire policière centrée sur un Monsieur Choc qui ne prête vraiment plus à sourire. Je mets un 4,5/5, et j'attends la fin du diptyque pour savoir si j'arrondis à 5.