Neonomicon

Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 8 avis)

H.P. Lovecraft revu et corrigé par Alan Moore


Alan Moore Auteurs britanniques Avatar Press Lovecraft

Des agents du FBI visitent l'un de leur ancien collègue interné dans un asile psychiatrique. Deux crimes lui ont été imputés. Depuis, ce dernier, Sax, ne parle plus, mais cela n’empêche pas Lamper et Brears d'enquêter sur cette sombre histoire. De l'univers des dealers de leur ville, aux cercles fermés d'initiés à des rituels sexuels pour le moins étranges, les deux agents sont bien loin d'imaginer ce qui s'est réellement passé...

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 25 Octobre 2013
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Neonomicon
Les notes (8)
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03/11/2013 | Jetjet
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Par Ro
Note: 3/5
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J'ai acheté et lu cet album car c'est une des clés essentielles de la compréhension d'une autre série plus récente d'Alan Moore et Jacen Burrows, Providence. L'histoire de Neonomicon s'insère en effet au niveau de l'avant-dernier chapitre de cette autre série et le dernier chapitre amène un épilogue et une conclusion à Neonomicon. De quoi s'agit-il ? Il s'agit pour Alan Moore de faire revivre l'ambiance des récits Lovecraftien dans une intrigue policière se déroulant de nos jours, où quand des inspecteurs du FBI sont confrontés à l'aberration et à l'horreur surnaturelle de l'univers de Nyarlathotep et autres adorateurs de Dagon. Comme j'avais lu juste avant Providence, j'ai retrouvé avec plaisir tous les éléments qui font le lien entre les deux séries : personnages et autres lieux, même si l'époque n'est pas la même. J'ai beaucoup aimé le prologue de l'histoire mêlant enquête sur un tueur en série et sombre folie Lovecraftienne. De même, j'ai beaucoup accroché au premier chapitre qui est la suite directe de ce prologue et revient sur les mêmes lieux. J'ai eu par contre beaucoup plus de mal avec le deuxième chapitre et notamment sa controversée scène orgiaque. Je ne suis pas facile à choquer et je savais plus ou moins à quoi m'attendre, mais j'ai trouvé la façon de raconter ce passage très malsaine et surtout trop longue. Elle m'a rendu mal à l'aise, comme si les auteurs prenaient le même plaisir que les participants à leurs actes immoraux, et je ne parle pas là de l'orgie en elle-même mais de son contexte et de son déroulé. Du coup, le malaise a mis du temps à se diluer pour moi, d'autant que le début du troisième chapitre continue un peu sur la même lancée, mais le fait que l'intrigue tienne ensuite la route et que la fin apportée au quatrième tome soit assez satisfaisante a suffi à me contenter. Je regrette cependant que l'intrigue en elle-même de l'album se résume plutôt vite et se révèle un peu trop linéaire une fois le prologue achevé. Mais c'est parce que j'ai pu apprécier la façon dont le récit de Providence et celui de Neonomicon en viennent à s'imbriquer que j'ai pu davantage apprécier cette lecture. Chacun apporte davantage de profondeur à l'autre. Du coup, c'est pour ça que je conseille cet album, mais s'il n'avait été qu'un one-shot sans rien à côté, je ne suis pas sûr qu'il se serait suffi à lui-même.

26/07/2017 (modifier)
Par sloane
Note: 3/5
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A vrai dire je suis assez mitigé après ma lecture. Grand fan de Lovecraft dans ma jeunesse je ne pouvais que me réjouir de le voir mis en images grâce à un scénario d'Alan Moore. Toute la difficulté, lorsque l'on veut mettre en images les récits de Lovecraft, réside dans le fait que cet auteur a toujours beaucoup plus suggéré que montré. L'horreur, l'indicible, comme il disait, se distillait peu à peu. A part une ou deux nouvelles les choses n'étaient jamais décrites ou seulement en partie. De même le sexe était totalement absent ou alors juste des suggestions d'accouplements contre nature entre des êtres hideux et des populations avilies et dégénérées. Ici la vision et ce que nous montre Moore et Jacen Burows au dessin va à l'encontre complète des écrits. Partouze échangiste et surtout l'on voit la "bête". Ceci étant, montrer la violence, le sexe est un parti pris qui n'est pas totalement idiot et qui s'ancre dans une réalité très contemporaine et très cinématographique. A mon avis ceux qui sont peu connaisseurs de Lovecraft pourront se contenter d'une BD pleine de références et visuellement intéressante, pour les autres dont je suis, un poil de déception. Je reste donc sur ma faim et j'attends encore le dessinateur et le scénariste qui me retranscrirons les écrits de ce maître de l'horreur qu'était Lovecraft.

13/02/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 3/5
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J'aime bien Alan Moore et Lovecraft donc il fallait que je lise ce one-shot. J'ai trouvé que le résultat était pas mal, mais je n'irai pas jusqu'à dire que c'est mémorable. En effet, après un excellent prologue où j'ai retrouvé l'Alan Moore que j'aime (celui qui écrit des dialogues accrocheurs et a une mise en scène efficace), la suite est un peu convenue. Le récit manque un peu de surprise à mes yeux et je ne réussis pas à m'intéresser aux deux agents du FBI. Le dessin est correct, mais je trouve qu'il ne donne pas une atmosphère inquiétante. En fait, je trouve que cette histoire ne fait pas vraiment peur.

17/06/2014 (modifier)

Quand Moore rencontre Lovecraft, on ne peut que penser qu'il va y avoir du lourd ... et il y a du lourd :) Tout y est ! Atmosphère lugubre, peur visible sur les personnages et ambiance glauque. Le scénario est à l'image de ce que HPL aurait pu faire, une longue introduction très bien mise en scène qui ne laisse pas deviner ce qui va se passer. Les surprises sont au rendez-vous et la pression monte au fur et à mesure que les pages se tournent. Aucun personnage n'est épargné et le dessin est un plaisir à découvrir avec sa lecture. Les couleurs et les traits sont bien adaptés à la terreur et les interrogations des protagonistes, sa finesse transmet autant de sensations à ces derniers que chez le lecteur. Ils ont du prendre beaucoup de plaisir à créer cet album et j'ai eu beaucoup de plaisir à le lire.

25/03/2014 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
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En grand fan de Lovecraft (même si je n'ai pas lu toute sa bibliographie), je me suis précipité sur cette BD qui venait de sortir et associait à la fois la BD et Lovecraft avec Alan Moore, sans compter des retours déjà positifs. Et ce fut un très bon choix ! J'ai effectivement fait l'erreur de lire le résumé au dos, ce qui nous spoile agréablement tout le prologue, mais en dehors de ça je dois reconnaitre que c'est agréable de lire une pareille BD, même si Alan Moore n'a pas exprimé ici autant de talent que dans d'autres récits bien mieux construits. D'ailleurs le ton du prologue se perd par la suite et c'est vraiment regrettable, parce qu'il est particulièrement efficace. Le ton du livre est excellent, mélangeant les récits de Lovecraft avec l'auteur et l'époque actuelle. Lovecraft se glisse bien dans n'importe quel récit, c'est connu, mais c'est vraiment bien rendu ici. D'ailleurs l'auteur nous glisse énormément d'allusions à l’œuvre de Lovecraft, ce qui parait évident, mais j'ai apprécié la finesse dans la façon de le faire. Et notamment emprunter certains tics de l'auteur, comme de rendre certaines choses obsolètes alors qu'elles semblaient capitales auparavant. C'est une idée qui colle bien au style policier de la BD, en apportant son lot de fausses pistes. Le dessin n'est pas en reste, et pour les différentes situations, de sang ou de sexe, il rend bien, et certaines idées sont les bienvenues (surtout le passage où l'héroïne enlève ses lunettes). La façon aussi de traiter en bande verticale la première partie est excellente, et apporte un charme d'ambiance noir au prologue. En bref, j'ai adoré cette façon de concevoir Lovecraft et sa réutilisation en BD. L'esprit de l'auteur a été bien conservé, et Moore en a tiré une histoire originale, même si en dessous de ce qu'il est capable de faire, mais toujours très bon. Je ne peux que recommander la lecture de cet opus, agréable quand on connait les deux auteurs, pour retrouver une ambiance angoissante mais inventive.

27/12/2013 (modifier)

J'ai acheté cette BD au hasard. Le synopsis me plaisait, et puis c'est vrai qu'Alan Moore est capable de pondre de sacrés trucs. Je ne connaissais Lovecraft que de nom, et ne faisais même pas le lien entre lui et Cthulu, pensant que ce personnage avait été inventé dans des jeux de rôles... De cet ouvrage, j'ai bien aimé le début et la fin, mais pas trop le milieu. L'introduction via le premier chapitre est entraînante, on a envie de connaitre le pourquoi du comment. La suite est un peu gâchée par des dialogues de mauvaise qualité, piètres répliques, et raccourcis grossiers, comme la femme agent du FBI qui expose à qui veut l'entendre son problème de nymphomanie. Le niveau remonte sur la fin avec le dénouement. La postface est également intéressante avec ses illustrations, qui donnent envie d'en savoir plus sur l'univers d'HP Lovecraft. Côté graphisme, c'est satisfaisant mais sans plus. On saluera la bonne idée et le bon effet que procure le flou visuel de notre héroïne qui perd ses lentilles et qui découvre donc le monstre en le devinant plus qu'en le voyant, celui-ci étant au départ suggéré plus que montré. Ca manque un peu de piquant et d'originalité ceci dit, notamment concernant les humains. Au final, un ouvrage surprenant, car il m'a fait découvrir un univers intéressant et même inquiétant. Ceci dit, c'est assez vite lu et pas toujours très bien raconté sur toute la longueur de l'histoire. Un "pas mal" bien mérité. (273)

25/12/2013 (modifier)
Par Tomeke
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

N’y allons pas par quatre chemins, cela s’adresse à un public averti... Si j’ai déjà connu Alan Moore nettement plus inspiré, je dois dire qu’encore une fois, j’en ai eu pour mon argent. Comprenez que dès que cela est rythmé, que ça se tient et que c’est sensé me bousculer, « dans mon slip ou ailleurs », ça me plaît ! Pas que cela soit vraiment excitant mais plutôt percutant. Nous ne sommes pas dans le porno de Filles perdues, ni même dans la critique sociétale de V pour Vendetta, c’est plus direct et moins complexe tout en gardant cette touche de génie propre à Moore ! Bien qu’étant étranger à l’univers de H.P. Lovecraft, je me suis délecté de ce récit fantastico-policier constamment bercé par une dose d’horreur savamment dosée. C’est hyper prenant, surtout la préface passée qui promet dès le départ un retournement de la situation. À ce sujet, petit conseil : éviter de lire le quatrième plat. Encore une fois, il dévoile ce premier retournement qui, quand il est découvert, induit chez le lecteur une curiosité qui ne sera rassasiée que par la claque qu’il recevra au fil des planches… L’aspect graphique est bien maîtrisé, tant dans le trait que dans la colorisation. C’est d’ailleurs sur ce dernier point que l’album se distingue. L’angoisse et le suspens sont aussi créés par l’ambiance graphique que le dessinateur a su donner à l’histoire. Le tout ne manque pas de cohérence et confère à l’ensemble cette touche de folie bien malsaine… Vous l’aurez compris, je suis une fois de plus satisfait de l’œuvre de Moore. S’il rend hommage à Lovecraft, comme mentionné sur le premier plat, j’ai surtout pu découvrir un récit dérangeant, situé à la croisée de l’horreur, du fantastique et du policier. Ça ne plaira pas à tout le monde mais moi, j’en redemande !

13/11/2013 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5
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Alan Moore revisite l'oeuvre de H.P. Lovecraft !!! Cela est suffisamment intriguant pour tenter n'importe quel fan de l'un ou de l'autre de ces auteurs sacrés mais il est peut-être utile de prévenir dès le début que ce récit justement nommé "Neonomicon" en hommage au fameux livre maudit "NeCronomicon" de Abdul al-Hazred, poète arabe dément qui l'aurait écrit en 730 à Damas est destiné à un public adulte averti. En effet si l'on retrouve aux pinceaux le plutôt doué mais décrié Jacen Burrows qui avait illustré le comics trash Crossed avec son style imméditement reconnaissable, on peut comprendre que ce récit sera tout aussi gore et outrancier, ce qu'il est tout à fait... La légende veut que Moore ait écrit Neonomicon pour régler ses impôts et dans une période particulièrement énervée où son amour du prochain était au plus bas. On retrouve donc dans ce récit linéaire et limpide le "maître" au service d'un autre qu'il cite régulièrement et sans détours pour une enquête des plus glauques située quelque part entre X Files pour le duo d'agents et du film Seven pour le côté poisseux et malsain qu'il s'en dégage... Une série de meurtres avec cadavres amputés de leur mains et au torse ouvert comme une fleur introduit donc un agent black et sa coéquipière, une jolie blonde myope de retour aux affaires après quelques soucis de santé liées à ses mœurs. Ces meurtres ont été effectués par diverses personnes qui ne se connaissaient pas mais qui possèdent quelques troublants troubles du langage... :) L'un de ces criminels n'est autre qu'un ancien agent infiltré aujourd'hui placé en asile (non, non pas à Arkham :) ) et cette visite va entrainer notre duo vers de stupéfiantes rencontres dont l'issue risque de leur faire aussi mal qu'au lecteur ! Voilà, vous êtes bien accrochés ? La suite relève de l'horreur pure et je ne voudrais ni en dévoiler les artifices ni en dévoiler un peu trop... Disons que le découpage en 4 bandes horizontales permet convenablement d'installer une ambiance bien malsaine dont je me délecte encore tant ce petit bouquin pas du tout convenable m'a plu. Grand amateur de Lovecraft comme de Moore mais aussi d'histoires policières borderline, j'ai eu beaucoup de plaisir à lire un récit certes linéaire mais parsemé de références et gratiné de quelques scènes chocs à orientation sexuelle (Moore se permet de dévoiler ce que Lovecraft se contentait à juste titre de suggérer) et d'une fin convenue mais tout à fait honorable. A savoir que la présente édition Urban est agrémenté d'un prologue assez conséquent et basé sur un texte de Moore. La connexion entre les deux récits est évidente puisqu'il s'agit de l'histoire ayant conduit l'agent interné à se "retourner" contre son autorité. Il s'agit là d'un découpage astucieux de deux bandes verticales par page qui se passe exclusivement en voix off et est finalement bien plus subtil que le récit qui suit lui-même. Au final cette curieuse association ne plaira surement pas à tout le monde et l'ensemble pourra paraître "putassier" mais j'ai fortement apprécié cet écart de conduite qui n'est pas uniquement là pour choquer mais également desservir les propos des deux mentors... On peut dire qu'on tient à la fois une belle investigation du monde de Ctulhu mais uniquement destiné à un public averti des outrecuidances qu'a bien voulu y glisser un Moore paresseux mais non dénué de talent. Vous êtes prévenus ! ;)

03/11/2013 (modifier)