Connectez-vous pour cacher cette bannière publicitaire.

Providence

Note: 4/5
(4/5 pour 4 avis)

L'oeuvre de Lovecrat revue par Alan Moore.


1919 - 1929 : L'Après-Guerre et les Années Folles Alan Moore Auteurs britanniques Gays et lesbiennes Lovecraft [USA] - Nord Est

Providence est une oeuvre à couper le souffle sur laquelle Alan Moore a travaillé durant de nombreuses années. Le légendaire auteur de comics s'approprie les concepts d'H. P. Lovecraft et les insère habilement au sein de l'Histoire américaine. En 1919, des êtres mythiques vont ainsi se mélanger aux habitants de la côte Est des États-Unis ! Texte: L'éditeur

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 13 Janvier 2016
Statut histoire Série terminée 3 tomes parus
Couverture de la série Providence
Les notes (4)
Cliquez pour lire les avis

27/04/2016 | Gaston
Modifier


Par gruizzli
Note: 4/5
L'avatar du posteur gruizzli

Voilà une BD que j'ai du mal à aviser, et que je noterais soit 3/5 soit 5/5. Et je ne parviens pas à totalement trancher entre les deux notes ... En fait, la BD est une œuvre monumentale et dense, riche et complète. Mais aussi obscure et cryptique si l'on n'a pas les clés de compréhension, ce qui explique peut-être que cette BD semble être passée relativement inaperçue (contrairement à Neonomicon du même auteur). Après, c'est qu'il faut s'y attaquer, au bestiau ! Épais et long, dense, et beaucoup de textes ! Je dois confesser d'ailleurs ne pas avoir lu toutes les pages manuscrites glissées entre chaque chapitres, et qui ne sont pas nécessaires à la compréhension de l'histoire. Il me reste donc encore un peu de lecture à faire ... Ce qui me gène avec cette BD, c'est qu'il s'agit d'une adaptation/extrapolation de l'univers de Lovecraft à la sauce Moore. Et si vous n'y connaissez rien à Lovecraft, je pense que la lecture de cette BD sera bien plus laborieuse qu'intéressante. C'est ce qui me fait hésiter sur ma note : la BD est excellente mais s'adresse assez clairement à un public d'initiés et de personnes déjà bien renseignées (ce qui rejoint les thèmes de Lovecraft, sur les initiés et les textes obscurs ... Il est fort ce Moore !). En fait, j'ai apprécié ma lecture parce que j'ai pu recouper les histoires avec les écrits de Lovecraft que j'ai déjà lus, mais aussi parce que je joue à des jeux de rôle "lovecraftiens" qui développent justement cet univers et ajoutent les textes d'autres auteurs (ce que fait Moore en faisant référence à tous ces auteurs de fantastique qu'on rattache aujourd'hui à l'univers lovecraftien). C'est d'une richesse incroyable, chaque histoire étant à la fois une création nouvelle, une référence et un maillon d'une chaîne. Du travail d'orfèvre qui continue d'un bout à l'autre de la série. Cela dit, j'ai quelques réserves tout de même : c'est dense et lourd à lire, pas très palpitant niveau action et très posé. En fait ça me rappelle beaucoup les textes de Lovecraft, souvent peu dynamiques et très posés. Le dessin renforce cet aspect, avec un aspect très froid et raide (clairement volontaire), et des personnages souvent caricaturaux de l'Américain moyen. Les passages fantastiques sont bien rendus, même si certains "monstres" font moins peur une fois représentés. L'ambiance est bien rendue aussi, avec de la tension et des incohérences visuelles qui rendent le tout inquiétant. Il est assez difficile de juger et noter Providence au final, et j'ai beaucoup de mal à me prononcer. J'ai l'impression de devoir faire une dissertation sans quoi mon avis ne pourrait être clair et cohérent. Alors qu'en dire à ceux qui ne savent quoi en penser ? Premièrement, que si vous aimez l'univers de Lovecraft et tout ce qui en découle, c'est probablement fait pour vous. Ensuite, que c'est dur et long à lire (avec Moore faut s'y attendre), mais que c'est également riche et dense. Un achat est rentable, puisqu'on peut le relire plusieurs fois et que le temps de lecture est long. Enfin, que je ne sais trop quoi dire si vous n'êtes pas familier de cet univers et de ce genre : ça peut vous indifférer comme vous intéresser, et là je ne suis d'aucun secours. C'est quand même pas évident de parler des séries de Moore ... Il est fort, le bougre.

12/02/2019 (modifier)

Si un mot devait, à mes yeux, résumer le travail d'Alan Moore, ce serait iconoclasme. Moore est un iconoclaste, autrement dit un "briseur d'images" ou, dans une acception moins radicale, un auteur qui s'autorise des libertés avec le matériau dont il s'inspire, que celui-ci soit clairement identifiable (c'est le cas ici avec l'oeuvre d'H.P. Lovecraft) ou moins strictement défini (les univers de Wells et Stevenson dans La Ligue des Gentlemen Extraordinaires par exemple). C'est à mon sens la première chose que le lecteur abordant Providence (mais aussi Neonomicon, mini-série qui lui est rattachée) doit avoir en tête. Et l'iconoclasme rime souvent avec extravagance, outrance et ironie. Et, encore une fois : liberté. Toutefois, cette liberté n'est pas non plus inconciliable avec un certain souci de fidélité et même de maniaquerie référentielle envers l'oeuvre/l'auteur dont on s'inspire. De fait, l'oeuvre de Moore est bien une brillante (re)lecture de l'oeuvre de Lovecraft dont elle conserve nombre d'éléments très lovecratiens qui devrait ravir les amateurs de cet univers tels que l'époque où se situe l'action (1919), le narrateur cultivé mais assez passif voir résigné, l'ambiance calfeutrée des bibliothèques où sommeillent - mais attention à leur réveil subit ! - de vieux grimoires interdits dont se servent les occultistes pour invoquer quelque entité innommable et une Amérique à deux visages où se côtoient dans une même histoire et une même mythologie des érudits peuplant des villes hautement "civilisées" comme Boston ou New-York mais aussi ces paysans "dégénérés" de l'arrière pays. Sur ce plan, Providence fait déjà honneur à l'oeuvre de HPL et en conserve l'essentiel de la saveur. Toutefois, contrairement à d'autres auteurs qui se limitent à des tentatives d'adaptations - et non de recréation - à la fois graphiques et narratives, le propos de Moore est bien plus ambitieux. Et c'est là que nous retrouvons l'iconoclaste et l'analyste qu'est Alan Moore, qui ne se contente pas de simplement raconter une histoire. Mais alors, que fait-il d'autre ? Ce que fait toujours Alan Moore dans ses meilleures oeuvres : s'interroger sur le sens de ses créations. Je ne suis pas un intellectuel et je ne vais pas me prendre pour Umberto Eco en vous bombardant de termes (dont je ne saisi moi-même qu'imparfaitement le sens profond) comme exégèse, analyse méta-textuelle, mise en abyme, sémiotique, approche socio-culturelle, psychanalyse jungienne, inconscient collectif, et autres notions tout aussi tarabiscotées. Je me contenterai de dire que la lecture de Providence se situe sur plusieurs niveaux et qu'elle jongle avec des sujets tels que l'oeuvre de HPL, l'Amérique puritaine de l'époque et ses comportements considérés comme "déviants" (dans le cas présent : l'homosexualité), sur le fantastique et l'occultisme, le pouvoir des rêves, sur la psychanalyse et l'appropriation de l'oeuvre d'un auteur (HPL en l’occurrence) par un autre auteur (devinez qui). Avec iconoclasme, bien sûr. Et une bonne dose d'érudition. Finalement, l'auteur du "Nom de la Rose" n'est pas si loin. Sur le plan narratif, Moore a eu cette idée astucieuse de rassembler plusieurs nouvelles de Lovecraft parmi les plus importantes et de les incorporer dans une grande histoire cohérente dont le fil conducteur est la recherche d'un livre impie (le Kitab Al-Hikmah Al-Najmiya ou "Livre de la Sagesse des Etoiles", ersatz évident du Necronomicon) par un journaliste qui se démène avec ses propres démons intérieurs... et autres monstruosités bien moins métaphoriques. Toutefois, les nouvelles ne sont pas reprises telles quelles (raison pour laquelle le terme adaptation n'est pas pertinent ici) et le scénariste va jusqu'à changer tous les noms des personnages et références diverses. Il ne s'agit pas d'un artifice ayant la prétention d'éclipser la nomenclature lovecratienne mais ce choix fait partie du jeu littéraire auquel se livre Moore. Moore et le dessinateur Jacen Burrows, dont le style propret et assez conventionnel par ailleurs, insistant davantage sur l'apparence de soi-disant normalité et rationalité à laquelle Robert Black s'accroche désespérément, optent pour un fantastique finalement assez suggestif et ambigu... traversé ça et là par quelques fulgurances outrancières qui désarçonnent d'autant plus le lecteur. C'est d'ailleurs pour moi une différence importante avec Neonomicon, dont la crudité et l'excès dans le viscéral me porte plutôt à lui préférer nettement Providence et ses nuances. En effet, si l'on excepte quelques scènes d'horreur "frontale" (mais perçue par le protagoniste de manière confuse et/ou lacunaire), l'inquiétude est plutôt savamment distillée par les rencontres déconcertantes, les dialogues, les quelques informations parcellaires grappillées par le personnage et dont il ne saisit pas toujours le sens exact. Bref, sur ce plan, on est bien sur les terres de HPL et de certains autres écrivains fantastiques de son époque. Si l'on ajoute que chaque chapitre se clôture par des extraits du journal de Robert Black, qui permettent d'éclairer les scènes graphiques par des impressions personnelles, nous sommes ici bel et bien en présence d'un véritable roman graphique qui demande une lecture attentive et assidue. Providence n'est pas la bande dessinée la plus abordable du monde, c'est un fait. Même en la considérant de la manière la plus superficielle et en faisant fi de son contenu réflexif sous-jacent pour simplement "lire une bonne histoire", le lecteur devra en accepter ses parti-pris extrêmes : une somme considérable de textes dont certains (la narration manuscrite de Robert Black) peuvent sembler rébarbatifs, un manque certain d'action au profit de nombreuses scènes dialoguées qui donnent à l'ensemble un côté un peu statique (amateur d'action et de dynamisme, s'abstenir !) et un découpage spartiate qui se présente la plupart du temps en quatre grandes cases d'égale longueur. De plus, une bonne connaissance préalable de l'oeuvre de H.P. Lovecraft apporte un "plus" indéniable, même si elle n'est sans doute pas absolument nécessaire (pas plus que la lecture de Neonomicon même si, là encore, elle apportera un supplément de compréhension globale) et peut même être une porte d'entrée vers les écrits de HPL. Ceci étant dit, il ne faudrait pas non plus décourager le lecteur éventuel, d'autant que cette oeuvre - que je considère comme une des meilleures réussites d'Alan Moore et l'une de mes préférées - ne paraît pas avoir suscité l'enthousiasme qu'elle était en droit d'obtenir.

30/07/2017 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
L'avatar du posteur Ro

Série pour lecteurs avertis... ou devrais-je plutôt dire pour lecteurs érudits ? Car si vous voulez l'apprécier à sa juste valeur, il est très fortement conseillé de bien connaître l'oeuvre de Lovecraft... et éventuellement aussi d'avoir lu ou de pouvoir lire en parallèle la série Neonomicon. Alan Moore offre avec cette série un hommage revisitant l'oeuvre du maître de Providence et, comme à son habitude, il le fait avec une quantité de détails, d'informations et d'érudition qui est assez impressionnante. Pour bien l'assimiler, il m'a fallu prendre le temps de relire soigneusement l'intégrale une seconde fois mais aussi d'acheter et lire la série Neonomicon que je conseille de lire entre le chapitre 10 et 11 de Providence pour vraiment bien tout capter. Car à la première lecture, j'étais un peu sur ma faim. Le déroulé de l'action en elle-même n'est pas complexe (même si elle devient un peu plus barrée sur la fin) mais suivre précisément les dialogues n'est pas toujours évident. En outre, chaque chapitre est séparé par plusieurs pages de texte issus du journal intime du héros, texte qui apporte beaucoup de profondeur au récit en réexpliquant les faits et pensées de celui-ci mais dont la densité demande du temps et un effort de lecture supplémentaire. Et pour ceux qui, comme moi, ont une bonne connaissance de l'univers Lovecraftien, la recherche de toutes les références et clins d'oeil est un autre effort à ajouter. Et sur les deux derniers chapitres vient en plus le fait de devoir assimiler des faits et personnages de la série Neonomicon pour ceux qui n'ont pas lu cet autre album... Tout cela fait qu'au final, la lecture de cette série n'est vraiment aisée pour un néophyte et que, comme je l'ai dit plus haut, elle mérite amplement une relecture voire plus pour la savourer pleinement. A titre personnel, je l'ai lue d'abord en 3 ou 4 soirées, puis je suis allé acheter et j'ai lu Neonomicon. J'ai ensuite relu Providence avec la connaissance de ce que je savais de ma première lecture et en appréciant combien l'intrigue recoupait souvent celle de Neonomicon, et du coup en appréhendant nettement mieux son dernier chapitre ébouriffant. Et suite à cela, j'ai aussi regroupé tous mes romans de Lovecraft, j'ai parcouru sur Internet le résumé des histoires auxquelles chaque chapitre de la série fait référence pour me les remettre en mémoire, et j'ai enfin trouvé et parcouru un excellent site web regroupant une foule de commentaires et explications concernant chaque page de ces bandes dessinées d'Alan Moore qui m'a permis de comprendre les quelques références qui m'avaient manqué. Et ce n'est que suite à cela que je peux confirmer que c'est une très bonne série, même si je sentais son énorme potentiel dès les premières pages. En quoi consiste-t-elle ? On y suit Robert Black, jeune journaliste homosexuel qui va parcourir la Nouvelle Angleterre puritaine de 1919 pour remonter la piste d'un ouvrage ésotérique, du groupe secret qui a permis sa diffusion et de tout le monde souterrain au sens propre comme figuré que cela implique. Parti de New York, il va visiter Salem, Athol, Manchester, Boston puis Providence, visitant les lieux réels des nouvelles imaginaires de Lovecraft et étant le témoin de phénomènes de plus en plus inquiétants et surnaturels. Si initialement chaque chapitre fait une référence plus ou moins directe à l'une des nouvelles en particulier de Lovecraft, les références se multiplient au fur et à mesure, jusqu'à une apothéose finale. Je ne peux pas trop en dire mais il faut comprendre que si la série Providence se déroule au début du 20e siècle sur sa grande majorité, elle se termine de nos jours quand elle recoupe au passage le récit de Neonomicon et apporte une conclusion à ces deux récits... et à bien davantage de choses en même temps. Son discours est excellemment appuyé par le graphisme de Jacen Burrows. Son style réaliste et sa ligne claire, sobre et légèrement désuète s'appliquent très bien à l'ambiance du début 20e siècle. Comme dans Watchmen, Alan Moore dicte des cadrages et mises en scène soigneusement réfléchis qui appuient avec intensité la force du récit tout en lui amenant une profondeur supplémentaire. Il y aurait trop à en dire pour commenter ici tous les choix narratifs et les détails de cette série qui est d'une densité exceptionnelle. Je souhaiterais cependant insister sur l'angle par lequel Alan Moore aborde son récit, celui de mettre en scène ce héros dont l'homosexualité est un élément qui reviendra très souvent dans l'intrigue. Par ce biais, il fait le parallèle entre le monde souterrain des homosexuels obligés de vivre cachés dans des Etats-Unis trop puritains et le monde caché du surnaturel Lovecraftien. Mais de ce fait, Alan Moore ajoute aussi une grosse dose de sexualité et d'éléments charnels dans l'intrigue qui s'éloignent fortement de l'ambiance Lovecraftienne classique. Même si j'approuve le fait de jouer sa propre partition et ne pas se contenter de plagier le maître, je ne suis pas particulièrement fan de cet angle du récit. D'autant que cela donne parfois l'impression que le héros rencontre vraiment partout d'autres homosexuels, comme s'ils s'attiraient mutuellement dans la rue. Le coup de la récompense offerte par Carcosa dans le chapitre 10 m'a également laissé assez dubitatif. De même, l'aspect qu'Alan Moore met en avant des histoires de Lovecraft est une facette très humaine alors que justement j'aime davantage le côté déshumanisé et inéluctable du mythe des Grands Anciens où les humains ne sont qu'une poussière dans un temps démesuré à leur échelle et où le danger n'a pas de notion de Bien ou de Mal mais juste de foncièrement inhumain et écrasant. Il y a moins de cosmique et moins d'indicible chez Alan Moore et davantage de sorciers et d'hommes mauvais qui trichent avec les lois du monde humain et de la nature souvent par égoïsme voire pure méchanceté. Cet aspect plus humain du fantastique Lovecraftien me convient un peu moins que ce que je ressens à la lecture de ses nouvelles. Ce sont ces réserves qui font que j'ai pas totalement succombé au charme, à la force et à la densité intellectuelle de Providence. Mais à tous ceux qui aiment et connaissent bien Lovecraft, et qui savent de quoi l'auteur de Watchmen est capable, je conseille cette lecture sans hésitation !

26/07/2017 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
L'avatar du posteur Gaston

3.5 Alan Moore continue son exploration de l'oeuvre de Lovecraft. J'avais été un peu déçu par Neonomicon et c'est donc avec un sentiment mitigé que j'ai lu ce premier tome qui comporte les 4 premiers chapitres de la nouvelle série de Moore. J'ai bien aimé. Le scénario est prenant et le découpage est bien maîtrisé. On suit un journaliste qui est sur la piste d'un mystérieux livre d'alchimie qui rendrait les gens fous. Il rencontre différentes personnes et chaque chapitre est une référence à une histoire de Lovecraft. En effet, il faut savoir que Moore a essayé de relier toutes les nouvelles importantes de l'écrivain dans un même univers cohérent (apparemment l'écrivain se foutait un peu de savoir si ses œuvres se contredisaient). C'est une entreprise intéressante si on connaît l'oeuvre de Lovecraft et si ce n'est pas le cas cela ne causera pas de problème de compréhension et de toute façon on explique les références à la fin du volume. Chaque chapitre se termine avec des bonus (extraits de journal personnel, articles) comme dans Watchmen. C'est donc pour le moment une bonne histoire quoique je n'aille pas jusqu'à dire que c'est un chef-d'oeuvre et j'espère qu'il y aura des rebondissements dans les tomes suivants parce que j'ai peur de commencer à me lasser si on ne fait que suivre le journaliste qui rencontre des gens.

27/04/2016 (modifier)