Bon, autant le dire tout de suite, le coup de cœur est aussi et avant tout un coup de gueule ! En effet, la lecture de ce documentaire laisse un goût amer, puisqu’il pointe une série de scandales tout à fait représentatifs de notre époque. Mais il le fait très bien, c’est super étayé, et sa lecture devrait être fortement encouragée – de la même manière que devraient être demandés des comptes aux autorités politiques, administratives ou aux industriels, tous complices, à des degrés divers et pour des intérêts eux aussi divers, d’une pollution, des décès, le tout étant cyniquement caché, dénié, avec tous les artifices et les complicités habituels.
Inès Léraud reprend ici plusieurs années de recherche, d’enquêtes, qui ont nourri articles et émissions de radios.
Après avoir présenté les différentes morts (animaux, humains) liées aux gaz dégagés par ces algues vertes (ainsi que l’obstruction systématique et écœurante des autorités pour en établir les circonstances et les responsabilités), Inès Léraud élargit le point de vue pour mieux comprendre comment on en est arrivé là : et ce sont les choix économiques, le poids de certains lobbys industriels – et de leurs relais dans les médias et parmi les scientifiques que les conflits d’intérêt n’étouffent pas (mais aussi, secondairement touristiques) qui sont pointés du doigt. De même que les agriculteurs sont ici présentés de façon « complète », c’est-à-dire à la pointe des lobbys (FNSEA et industriels), mais aussi finalement parmi les premières victimes de l’agriculture intensive et instrumentalisés par ces mêmes lobbys.
La démonstration est limpide, implacable, fortement documentée (nombreuses sources systématiquement citées, nombreux documents reproduits en annexe, etc.). C’est du beau travail, mais hélas le silence continue à étouffer ce genre de scandales qui s’accumulent discrètement, sans remettre en cause le système économique et médiatique qui les rend possibles.
A lire en tout cas !
Très bonne BD, tant du point de vue du scénario, que du dessin (que j'ai trouvé simpliste au début, mais qui est finalement très bien adapté).
A mon avis, cette série est méconnue du grand public.
C'est pas évident de trouver les albums, et j'ai clairement lutté pour les acquérir.
J'espère que la sortie des intégrales (re)lancera sur le devant de la scène ce petit chef d’œuvre.
Je mettrais 4.5/5 donc un 5 pour faire connaître un maximum.
Est-ce une bande dessinée pornographique ou alors un roman porno illustré....j'avoue m'être posé la question à la lecture de cette magnifique intégrale qui nous est proposée à un prix très abordable.
Peu importe la réponse à cette question, car il s'agit d'un ouvrage d'une très grande qualité. Pourtant connaisseur des bandes dessinées dites pour adultes, j'ai découvert cet auteur presque par hasard, à l'occasion de la parution de cette intégrale qui associe à un dessin superbe, un texte de grande qualité, basé sur des témoignages de femmes faites à l'auteur
J'avais déjà rencontré ce genre de procédé (dessin en noir et blanc, avec commentaires) avec Sois vicieux de Matthias Schulttheiss, mais là le dessin de Quinn est plus réaliste, et peut parfois égaler celui d'Hyman.
Les histoires relatées tournent le plus souvent autour de la soumission, qu'elle soit masculine ou féminine, sans oublier le candaulisme ou le voyeurisme.
Les textes sont crus, les dessins explicites mais le tout forme un ouvrage de grande qualité, que tout amateur de bande dessinée pornographique doit avoir lu, je dois dire je me demande encore comment j'ai fait pour passer à côté de cette série réservée à un public très averti.
Indispensable !
Bonjour tout le monde. J'ai un coup de cœur pour cette bd, et j'espère, mais franchement, un tome 2,3,4.... Cette histoire change tout de l'imaginaire ou du classique, elle est bien dessinée (bravo pour le travail), bien rédigée, écrite (bravo pour l'imagination). J'ai pas de mots pour ça parce que je l'adore. Ceux qui aiment les livre romantiques, mystérieux, ado, imaginatifs, etc. c'est ce livre qu'il vous faut. Alors croyez moi, ce livre est magnifiquement bien fait.
Faites un tome 2 et vite !
PS. N'oubliez pas de me prévenir si le tome 2 sort, je compte sur vous !
Allez, bisous tout le monde ????
En voyant que l'ami Josq avait posté cette série, j'en profite pour poster mon petit avis sur ce petit personnage de Bob Binn que je lisais avec intérêt dans le journal Tintin. Cette création non réaliste d'Edouard Aidans en 1960 dans les pages du journal, sur des idées de l'infatigable A.P. Duchâteau, puis de Jacques Acar (autre scénariste pilier chez Tintin), est la première série d'Aidans puisqu'elle apparait avant Tounga, sa série principale (et réaliste) à laquelle il se consacrera beaucoup, ce qui par la même occasion, l'a obligé à délaisser ce petit héros sympathique Bob Binn, de plus il était d'un esprit très années 60 et je crois qu'il ne correspondait plus trop à la ligne éditoriale du journal dans les années 70, c'est regrettable parce que moi je l'aimais bien.
Reporter-photographe qui exécute son métier, au contraire de Tintin qui le perdra vite, Bob Binn vit des aventures palpitantes et cocasses où l'entrainent ses reportages, et où l'humour tempère le dramatique. Grâce à son optimisme exacerbé et son amour du métier de reporter, il vient à bout de plusieurs obstacles. J'aime beaucoup le dessin réaliste d'Aidans, on le connait surtout pour celui-ci avec ses grandes séries Tounga, Les Franval, Tony Stark ou Les Panthères, mais j'aimais bien aussi le dessin caricatural et humoristique sur "Bob Binn", en plus cet auteur était adorable, je l'ai rencontré une fois en dédicace à Angoulême où on avait évoqué les heures de gloire du journal Tintin.
Bref, voila encore une série méconnue du journal qui n'avait jamais fait l'objet d'édition en album, jusqu'à celle offerte par Pan Pan, malheureusement, le prix prohibitif n'aidera pas à la faire mieux connaitre du grand public, c'est une édition pour collectionneurs, mais c'est quand même bien qu'elle existe, ça permet qu'une série sympa ne soit pas oubliée.
A noter que ce héros a fait l'objet de 17 récits dans le journal Tintin, dont 3 récits à suivre, les autres étant des récits complets de 8 pages si mes souvenirs sont bons. Celui qui est présenté ici est le premier récit apparu dans le journal, sous forme de couleurs en bichromie, les suivants verront la couleur vers le milieu des années 60, et le meilleur récit à mes yeux est "L'Ombre du chevalier", au ton très mystérieux, typique de Duchâteau, en tout cas c'était mon préféré ; la série quitte le journal en 1968. C'est ce genre de petites Bd secondaires du journal Tintin (qui suppléaient les grandes séries réalistes) que j'aime défendre, et j'y attache un certain lien sentimental parce qu'elles sont très méconnues et qu'elles ont donné une véritable identité au journal de mes jeunes années.
Excellente surprise ! Je ne connaissais pas du tout Jean Harambat (j'avais renoncé à lire Opération Copperhead à cause du dessin, peu engageant : oui, j'avoue, il m'en faut parfois peu), mais mes parents, connaissant mon amour inconditionnel de Chesterton, des auteurs du Detection Club (le vrai) et du roman policier en général, m'ont offert cette BD récemment sortie, et ils ont vu juste.
Le seul véritable reproche que j'ai à faire est au niveau du dessin : un peu plus de rigueur ne nuirait pas. Sans être insupportable, je trouve que le trait est trop grossier pour être vraiment efficace, et il aurait mérité un aspect caricatural plus maîtrisé ou bien un réalisme plus poussé. Ici, c'est brouillon sans dégager un vrai style, je trouve (mais ça n'engage que moi).
Pour le reste, c'est merveilleux ! Les personnages sont très fidèles à leur modèle initial (pour ce que j'en connais), et c'est un vrai plaisir de voir Chesterton, Agatha Christie ou John Dickson Carr, cette fois non plus en tant que créateur, mais en tant que personnages. Les échanges entre Chesterton et son amie Agatha sont délicieux, tant on y retrouve les caractères de l'un et de l'autre, et les dialogues sont écrits avec une intelligence bien rare.
Du côté scénario, on est dans le rocambolesque pur, mais c'est voulu et assumé. En fait, on est très proche d'une parodie type Un Cadavre au dessert (formidable comédie policière dotée d'un hallucinant casting) : ce qui compte, ce sont les péripéties en elles-mêmes, et non le scénario dans sa globalité. La résolution de l'affaire est donc dans l'outrance la plus complète, mais en réalité, c'est bien dans le ton de l'ensemble et finalement, très rigolo. Harambat s'y entend à merveille pour reprendre les codes du genre et les distordre dans tous les sens.
A mon sens, étant donné qu'il ouvre sa BD par les 10 commandements de la bonne intrigue policière, tels qu'édictés par l'authentique Detection Club, il aurait pu essayer de s'y plier au lieu de les trahir (volontairement) un à un, mais c'est un choix qu'il fait et que je respecte. Je trouve que cela aurait rendu l'exercice plus intéressant, mais aussi mille fois plus contraignant. Pas forcément facile pour quelqu'un qui n'a pas nécessairement la vocation d'auteur policier.
Bref, si c'est à réserver aux amateurs de whodunit et aux connaisseurs de littérature policière anglaise, ces derniers se délecteront face à cette fantaisie littéraire très bien écrite. A mon avis, Harambat gagnerait seulement à s'allier avec un bon dessinateur, et ce serait parfait !
Fan de films et séries policiers, je pense ne pas prendre trop de risques en disant que SODA est le meilleur polar en bande dessinée depuis 30 ans.
Plus on avance dans les albums, plus les personnages s’étoffent et le contexte général devient de plus en plus passionnant.
Du bon, du très très bon!!!
Mon album préféré? Allez, un petit coup de cœur pour "Prières et balistique"... Peut être parce que c'est la seule fois de ma vie où j'ai vu ces deux mots dans la même phrase :)...
Seconde série de Gianfranco Manfredi que je lis ce mois-ci et encore une fois c'est vraiment excellent. Cela me donne une autre raison de regretter que la BD populaire italienne ne soit pas aussi connue en francophonie parce que j'aimerais tellement que plus de titres soient traduits !
L'action se situe en Chine dans les dernières années du 19ème siècle lorsque le pays est colonisé par différentes nations occidentales et que les Chinois eux-même sont divisés entre réformateurs et conservateurs. Je ne connais pas trop cette période donc je ne sais pas à quel point le scénariste est fidèle à la réalité historique, mais tout dans la série me semble crédible. Au début, je pensais que l'intrigue serait simple: un jeune blanc idéaliste se déguise en justicier pour sauver les pauvres chinois contre l'oppresseur blanc, sauf que ça se révèle vite complexe (par exemple, le Chinois qu'il sauve au début du premier chapitre se révèle très vite n'être pas très sympathique) et que durant plusieurs chapitres, il ne se déguise même pas.
Les amateurs de récits feuilletonistes à la Charlier vont adorer cette série car chaque chapitre fait plus de 90 pages et durant ces chapitres il s'en passe des choses. C'est souvent un peu complexe parce que non seulement il y a beaucoup de personnages, mais plusieurs d'entre-eux sont des espions, des révolutionnaires (les fameux boxer chinois) ou encore des hommes d'affaires peu scrupuleux qui ont tous leurs propres buts et qui manipulent souvent le héros. Bref, il faut rester un peu concentré pour bien suivre. J'ai bien aimé parce qu'on ne sait jamais vraiment si tel personnage est du côté du héros ou non et cela donne des bonnes surprises. Le scénario est prenant et les différents dessinateurs ont un style qui me plait. Le seul défaut est que la naïveté du héros peut être un peu énervante par moment, mais je pense que l'un des points du scénario est comment ce jeune homme va devenir moins naïf au fil du temps et rentrer dans le monde complexe des adultes.
Dommage que le tome 3 semble indisponible au Québec parce que j'aimerais tellement lire la fin....
« Les Indes fourbes » ne pouvaient pas mieux tomber pour que je poste mon 900ème avis sur ce site de bédéphiles.
En effet, après avoir lu ce gros pavé, ma réaction fut : « Purée, quel job ! ». Je me demandais ce que faisait Juanjo Guarnido depuis quelques années… La réponse est dans la réalisation des « Indes fourbes », une bande dessinée de 160 pages ( !), en collaboration avec Alain Ayrolles en tant que scénariste.
« Les Indes fourbes » est une adaptation d’un récit d’aventures espagnol assez méconnu en France : « La vie de l'aventurier Don Pablos de Ségovie ». Ça se passe au XVIIème siècle à mi-cheval entre la péninsule ibérique et l’Amérique du Sud. Je ne voudrais pas en dire trop sur ce récit pour que vous gardiez l’effet de surprise en découvrant les (très) nombreuses péripéties de Pablo, le personnage principal de cette bande dessinée.
Ce fut une histoire très intéressante à lire du fait du contexte de l’époque et aussi, parce qu’à travers les situations rocambolesques de Pablo, le lecteur ne pourra que mesurer à quel degré la folie des hommes peut atteindre !
J’ai été donc très emballé par cette bande dessinée, elle aurait pu être parmi mes panthéons du 9ème art s’il n’y avait eu cet épilogue qui –à mon avis- discrédite complètement l’histoire et qui ne m’est pas apparu utile. Il est clair que ma relecture de ce récit s’arrêtera avant ce dernier chapitre afin que je puisse en apprécier pleinement toutes ces qualités.
Je ne vous ai pas encore parlé du coup de patte de Juanjo Guarnido, il est tout simplement exceptionnel ! L’apothéose de son travail est –à mon avis- atteint dans ce fameux passage muet et les vues panoramiques d’une extraordinaire beauté !
« Les Indes fourbes » est une bande dessinée assez chère à acquérir mais ce coût m’est apparu amplement justifié par le grand plaisir de lecture qu’elle m’a procuré. Cela fait longtemps que je n’avais pas feuilleté un tel ouvrage scénaristiquement et graphiquement exceptionnel. Dommage que l’épilogue (qui n’apporte pas grand chose à la compréhension de l’histoire) des « Indes fourbes » m’a un peu gâché ce feuilletage mais au moins, je saurai désormais m’arrêter avant ce chapitre.
Mon coup de cœur de l’année 2019 !
Déjà auteur de Couleur de peau : miel, Jung a été profondément marqué par son adoption. Il revient sur ce sujet avec cet album. Et même s’il ne s’agit pas d’un récit biographique, le fait que nous soyons plongés dans les pensées du personnage principal et les éléments issus du monde réel sont si présents que l’on a vraiment le sentiment de se trouver face à un témoignage.
A titre personnel, il m’aura fallu quelques pages avant de vraiment me sentir happé par ce récit. Mais une fois happé, je n’ai plus su lâcher prise. Car ce récit est extrêmement touchant et nous permet de mieux appréhender (je n’oserais dire comprendre tant ces sentiments doivent être personnels) les sentiments contradictoires d’une personne adoptée et ce besoin viscéral de connaître ses origines quand bien même sa famille d’adoption aurait été aimante.
Et au-delà de l’intérêt du scénario, cet album offre un magnifique visuel. Jung multiplie les belles cases dans lesquelles l’émotion affleure tant grâce à ses cadrages et à la finesse de son trait qu’à cette colorisation soignée qui ne met en avant qu’une seule couleur, celle des coquelicots référence directe au passé de l’héroïne.
Un bien bel album, donc, pour encore un peu plus explorer les états d’âme des personnes adoptées.
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Algues vertes - L'Histoire interdite
Bon, autant le dire tout de suite, le coup de cœur est aussi et avant tout un coup de gueule ! En effet, la lecture de ce documentaire laisse un goût amer, puisqu’il pointe une série de scandales tout à fait représentatifs de notre époque. Mais il le fait très bien, c’est super étayé, et sa lecture devrait être fortement encouragée – de la même manière que devraient être demandés des comptes aux autorités politiques, administratives ou aux industriels, tous complices, à des degrés divers et pour des intérêts eux aussi divers, d’une pollution, des décès, le tout étant cyniquement caché, dénié, avec tous les artifices et les complicités habituels. Inès Léraud reprend ici plusieurs années de recherche, d’enquêtes, qui ont nourri articles et émissions de radios. Après avoir présenté les différentes morts (animaux, humains) liées aux gaz dégagés par ces algues vertes (ainsi que l’obstruction systématique et écœurante des autorités pour en établir les circonstances et les responsabilités), Inès Léraud élargit le point de vue pour mieux comprendre comment on en est arrivé là : et ce sont les choix économiques, le poids de certains lobbys industriels – et de leurs relais dans les médias et parmi les scientifiques que les conflits d’intérêt n’étouffent pas (mais aussi, secondairement touristiques) qui sont pointés du doigt. De même que les agriculteurs sont ici présentés de façon « complète », c’est-à-dire à la pointe des lobbys (FNSEA et industriels), mais aussi finalement parmi les premières victimes de l’agriculture intensive et instrumentalisés par ces mêmes lobbys. La démonstration est limpide, implacable, fortement documentée (nombreuses sources systématiquement citées, nombreux documents reproduits en annexe, etc.). C’est du beau travail, mais hélas le silence continue à étouffer ce genre de scandales qui s’accumulent discrètement, sans remettre en cause le système économique et médiatique qui les rend possibles. A lire en tout cas !
Les Démons d'Alexia
Très bonne BD, tant du point de vue du scénario, que du dessin (que j'ai trouvé simpliste au début, mais qui est finalement très bien adapté). A mon avis, cette série est méconnue du grand public. C'est pas évident de trouver les albums, et j'ai clairement lutté pour les acquérir. J'espère que la sortie des intégrales (re)lancera sur le devant de la scène ce petit chef d’œuvre. Je mettrais 4.5/5 donc un 5 pour faire connaître un maximum.
Ombre & lumière (Ombre et lumière)
Est-ce une bande dessinée pornographique ou alors un roman porno illustré....j'avoue m'être posé la question à la lecture de cette magnifique intégrale qui nous est proposée à un prix très abordable. Peu importe la réponse à cette question, car il s'agit d'un ouvrage d'une très grande qualité. Pourtant connaisseur des bandes dessinées dites pour adultes, j'ai découvert cet auteur presque par hasard, à l'occasion de la parution de cette intégrale qui associe à un dessin superbe, un texte de grande qualité, basé sur des témoignages de femmes faites à l'auteur J'avais déjà rencontré ce genre de procédé (dessin en noir et blanc, avec commentaires) avec Sois vicieux de Matthias Schulttheiss, mais là le dessin de Quinn est plus réaliste, et peut parfois égaler celui d'Hyman. Les histoires relatées tournent le plus souvent autour de la soumission, qu'elle soit masculine ou féminine, sans oublier le candaulisme ou le voyeurisme. Les textes sont crus, les dessins explicites mais le tout forme un ouvrage de grande qualité, que tout amateur de bande dessinée pornographique doit avoir lu, je dois dire je me demande encore comment j'ai fait pour passer à côté de cette série réservée à un public très averti. Indispensable !
Comme ton ombre
Bonjour tout le monde. J'ai un coup de cœur pour cette bd, et j'espère, mais franchement, un tome 2,3,4.... Cette histoire change tout de l'imaginaire ou du classique, elle est bien dessinée (bravo pour le travail), bien rédigée, écrite (bravo pour l'imagination). J'ai pas de mots pour ça parce que je l'adore. Ceux qui aiment les livre romantiques, mystérieux, ado, imaginatifs, etc. c'est ce livre qu'il vous faut. Alors croyez moi, ce livre est magnifiquement bien fait. Faites un tome 2 et vite ! PS. N'oubliez pas de me prévenir si le tome 2 sort, je compte sur vous ! Allez, bisous tout le monde ????
Bob Binn
En voyant que l'ami Josq avait posté cette série, j'en profite pour poster mon petit avis sur ce petit personnage de Bob Binn que je lisais avec intérêt dans le journal Tintin. Cette création non réaliste d'Edouard Aidans en 1960 dans les pages du journal, sur des idées de l'infatigable A.P. Duchâteau, puis de Jacques Acar (autre scénariste pilier chez Tintin), est la première série d'Aidans puisqu'elle apparait avant Tounga, sa série principale (et réaliste) à laquelle il se consacrera beaucoup, ce qui par la même occasion, l'a obligé à délaisser ce petit héros sympathique Bob Binn, de plus il était d'un esprit très années 60 et je crois qu'il ne correspondait plus trop à la ligne éditoriale du journal dans les années 70, c'est regrettable parce que moi je l'aimais bien. Reporter-photographe qui exécute son métier, au contraire de Tintin qui le perdra vite, Bob Binn vit des aventures palpitantes et cocasses où l'entrainent ses reportages, et où l'humour tempère le dramatique. Grâce à son optimisme exacerbé et son amour du métier de reporter, il vient à bout de plusieurs obstacles. J'aime beaucoup le dessin réaliste d'Aidans, on le connait surtout pour celui-ci avec ses grandes séries Tounga, Les Franval, Tony Stark ou Les Panthères, mais j'aimais bien aussi le dessin caricatural et humoristique sur "Bob Binn", en plus cet auteur était adorable, je l'ai rencontré une fois en dédicace à Angoulême où on avait évoqué les heures de gloire du journal Tintin. Bref, voila encore une série méconnue du journal qui n'avait jamais fait l'objet d'édition en album, jusqu'à celle offerte par Pan Pan, malheureusement, le prix prohibitif n'aidera pas à la faire mieux connaitre du grand public, c'est une édition pour collectionneurs, mais c'est quand même bien qu'elle existe, ça permet qu'une série sympa ne soit pas oubliée. A noter que ce héros a fait l'objet de 17 récits dans le journal Tintin, dont 3 récits à suivre, les autres étant des récits complets de 8 pages si mes souvenirs sont bons. Celui qui est présenté ici est le premier récit apparu dans le journal, sous forme de couleurs en bichromie, les suivants verront la couleur vers le milieu des années 60, et le meilleur récit à mes yeux est "L'Ombre du chevalier", au ton très mystérieux, typique de Duchâteau, en tout cas c'était mon préféré ; la série quitte le journal en 1968. C'est ce genre de petites Bd secondaires du journal Tintin (qui suppléaient les grandes séries réalistes) que j'aime défendre, et j'y attache un certain lien sentimental parce qu'elles sont très méconnues et qu'elles ont donné une véritable identité au journal de mes jeunes années.
Le Detection Club
Excellente surprise ! Je ne connaissais pas du tout Jean Harambat (j'avais renoncé à lire Opération Copperhead à cause du dessin, peu engageant : oui, j'avoue, il m'en faut parfois peu), mais mes parents, connaissant mon amour inconditionnel de Chesterton, des auteurs du Detection Club (le vrai) et du roman policier en général, m'ont offert cette BD récemment sortie, et ils ont vu juste. Le seul véritable reproche que j'ai à faire est au niveau du dessin : un peu plus de rigueur ne nuirait pas. Sans être insupportable, je trouve que le trait est trop grossier pour être vraiment efficace, et il aurait mérité un aspect caricatural plus maîtrisé ou bien un réalisme plus poussé. Ici, c'est brouillon sans dégager un vrai style, je trouve (mais ça n'engage que moi). Pour le reste, c'est merveilleux ! Les personnages sont très fidèles à leur modèle initial (pour ce que j'en connais), et c'est un vrai plaisir de voir Chesterton, Agatha Christie ou John Dickson Carr, cette fois non plus en tant que créateur, mais en tant que personnages. Les échanges entre Chesterton et son amie Agatha sont délicieux, tant on y retrouve les caractères de l'un et de l'autre, et les dialogues sont écrits avec une intelligence bien rare. Du côté scénario, on est dans le rocambolesque pur, mais c'est voulu et assumé. En fait, on est très proche d'une parodie type Un Cadavre au dessert (formidable comédie policière dotée d'un hallucinant casting) : ce qui compte, ce sont les péripéties en elles-mêmes, et non le scénario dans sa globalité. La résolution de l'affaire est donc dans l'outrance la plus complète, mais en réalité, c'est bien dans le ton de l'ensemble et finalement, très rigolo. Harambat s'y entend à merveille pour reprendre les codes du genre et les distordre dans tous les sens. A mon sens, étant donné qu'il ouvre sa BD par les 10 commandements de la bonne intrigue policière, tels qu'édictés par l'authentique Detection Club, il aurait pu essayer de s'y plier au lieu de les trahir (volontairement) un à un, mais c'est un choix qu'il fait et que je respecte. Je trouve que cela aurait rendu l'exercice plus intéressant, mais aussi mille fois plus contraignant. Pas forcément facile pour quelqu'un qui n'a pas nécessairement la vocation d'auteur policier. Bref, si c'est à réserver aux amateurs de whodunit et aux connaisseurs de littérature policière anglaise, ces derniers se délecteront face à cette fantaisie littéraire très bien écrite. A mon avis, Harambat gagnerait seulement à s'allier avec un bon dessinateur, et ce serait parfait !
Soda
Fan de films et séries policiers, je pense ne pas prendre trop de risques en disant que SODA est le meilleur polar en bande dessinée depuis 30 ans. Plus on avance dans les albums, plus les personnages s’étoffent et le contexte général devient de plus en plus passionnant. Du bon, du très très bon!!! Mon album préféré? Allez, un petit coup de cœur pour "Prières et balistique"... Peut être parce que c'est la seule fois de ma vie où j'ai vu ces deux mots dans la même phrase :)...
Shanghai Devil
Seconde série de Gianfranco Manfredi que je lis ce mois-ci et encore une fois c'est vraiment excellent. Cela me donne une autre raison de regretter que la BD populaire italienne ne soit pas aussi connue en francophonie parce que j'aimerais tellement que plus de titres soient traduits ! L'action se situe en Chine dans les dernières années du 19ème siècle lorsque le pays est colonisé par différentes nations occidentales et que les Chinois eux-même sont divisés entre réformateurs et conservateurs. Je ne connais pas trop cette période donc je ne sais pas à quel point le scénariste est fidèle à la réalité historique, mais tout dans la série me semble crédible. Au début, je pensais que l'intrigue serait simple: un jeune blanc idéaliste se déguise en justicier pour sauver les pauvres chinois contre l'oppresseur blanc, sauf que ça se révèle vite complexe (par exemple, le Chinois qu'il sauve au début du premier chapitre se révèle très vite n'être pas très sympathique) et que durant plusieurs chapitres, il ne se déguise même pas. Les amateurs de récits feuilletonistes à la Charlier vont adorer cette série car chaque chapitre fait plus de 90 pages et durant ces chapitres il s'en passe des choses. C'est souvent un peu complexe parce que non seulement il y a beaucoup de personnages, mais plusieurs d'entre-eux sont des espions, des révolutionnaires (les fameux boxer chinois) ou encore des hommes d'affaires peu scrupuleux qui ont tous leurs propres buts et qui manipulent souvent le héros. Bref, il faut rester un peu concentré pour bien suivre. J'ai bien aimé parce qu'on ne sait jamais vraiment si tel personnage est du côté du héros ou non et cela donne des bonnes surprises. Le scénario est prenant et les différents dessinateurs ont un style qui me plait. Le seul défaut est que la naïveté du héros peut être un peu énervante par moment, mais je pense que l'un des points du scénario est comment ce jeune homme va devenir moins naïf au fil du temps et rentrer dans le monde complexe des adultes. Dommage que le tome 3 semble indisponible au Québec parce que j'aimerais tellement lire la fin....
Les Indes fourbes
« Les Indes fourbes » ne pouvaient pas mieux tomber pour que je poste mon 900ème avis sur ce site de bédéphiles. En effet, après avoir lu ce gros pavé, ma réaction fut : « Purée, quel job ! ». Je me demandais ce que faisait Juanjo Guarnido depuis quelques années… La réponse est dans la réalisation des « Indes fourbes », une bande dessinée de 160 pages ( !), en collaboration avec Alain Ayrolles en tant que scénariste. « Les Indes fourbes » est une adaptation d’un récit d’aventures espagnol assez méconnu en France : « La vie de l'aventurier Don Pablos de Ségovie ». Ça se passe au XVIIème siècle à mi-cheval entre la péninsule ibérique et l’Amérique du Sud. Je ne voudrais pas en dire trop sur ce récit pour que vous gardiez l’effet de surprise en découvrant les (très) nombreuses péripéties de Pablo, le personnage principal de cette bande dessinée. Ce fut une histoire très intéressante à lire du fait du contexte de l’époque et aussi, parce qu’à travers les situations rocambolesques de Pablo, le lecteur ne pourra que mesurer à quel degré la folie des hommes peut atteindre ! J’ai été donc très emballé par cette bande dessinée, elle aurait pu être parmi mes panthéons du 9ème art s’il n’y avait eu cet épilogue qui –à mon avis- discrédite complètement l’histoire et qui ne m’est pas apparu utile. Il est clair que ma relecture de ce récit s’arrêtera avant ce dernier chapitre afin que je puisse en apprécier pleinement toutes ces qualités. Je ne vous ai pas encore parlé du coup de patte de Juanjo Guarnido, il est tout simplement exceptionnel ! L’apothéose de son travail est –à mon avis- atteint dans ce fameux passage muet et les vues panoramiques d’une extraordinaire beauté ! « Les Indes fourbes » est une bande dessinée assez chère à acquérir mais ce coût m’est apparu amplement justifié par le grand plaisir de lecture qu’elle m’a procuré. Cela fait longtemps que je n’avais pas feuilleté un tel ouvrage scénaristiquement et graphiquement exceptionnel. Dommage que l’épilogue (qui n’apporte pas grand chose à la compréhension de l’histoire) des « Indes fourbes » m’a un peu gâché ce feuilletage mais au moins, je saurai désormais m’arrêter avant ce chapitre. Mon coup de cœur de l’année 2019 !
Babybox
Déjà auteur de Couleur de peau : miel, Jung a été profondément marqué par son adoption. Il revient sur ce sujet avec cet album. Et même s’il ne s’agit pas d’un récit biographique, le fait que nous soyons plongés dans les pensées du personnage principal et les éléments issus du monde réel sont si présents que l’on a vraiment le sentiment de se trouver face à un témoignage. A titre personnel, il m’aura fallu quelques pages avant de vraiment me sentir happé par ce récit. Mais une fois happé, je n’ai plus su lâcher prise. Car ce récit est extrêmement touchant et nous permet de mieux appréhender (je n’oserais dire comprendre tant ces sentiments doivent être personnels) les sentiments contradictoires d’une personne adoptée et ce besoin viscéral de connaître ses origines quand bien même sa famille d’adoption aurait été aimante. Et au-delà de l’intérêt du scénario, cet album offre un magnifique visuel. Jung multiplie les belles cases dans lesquelles l’émotion affleure tant grâce à ses cadrages et à la finesse de son trait qu’à cette colorisation soignée qui ne met en avant qu’une seule couleur, celle des coquelicots référence directe au passé de l’héroïne. Un bien bel album, donc, pour encore un peu plus explorer les états d’âme des personnes adoptées.