Sanctuary

Note: 4/5
(4/5 pour 6 avis)

Sexe, violence ou amour à l’eau de rose, voilà de quoi sont faits les manga diront certains. Du sexe et de la violence, certes il y a, mais il y a aussi une histoire et derrière celle-ci, des idées. Je vous garantis que vous ne resterez pas de marbre devant les deux héros de Sanctuary et devant leur quête ! Vous dévorerez littéralement la saga de Hojo et d’Asami !


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Ce manga est fascinant. C'est une fenêtre ouverte sur la Japon d'aujourd'hui. On y découvre ses intrigues politiques, le rôle "social" des Yakuzas ainsi que la moutonnerie et la frilosité au changement du peuple japonais. Le rêve des deux hommes est extrêmement romantique en soi car ils espèrent changer la face de leur pays à travers des voies opposées : le "bien" (l'arène politique) et le "mal" (l'arène du banditisme). Mais on réalise que le bien et le mal ne sont pas toujours là où les attends. On a envie avec eux de changer les choses et surtout de croire que l'on peut le faire. C'est donc aussi une histoire qui donne espoir et qui inspire le courage. Un seul petit reproche : l'action est un peu lente à venir dans les premiers chapitres mais une fois pris par l'histoire, on ne peut plus relâcher la BD. Hojo, jeune yakusa au sens de l'honneur inébranlable, cherche a tout prix à écarter le député Sakura des prochaines élections à l'Assemblée. Mais pourquoi ? Bien décidé à faire en un jour ce qui prend trente ans au commun des mortels, Hojo va contre les décisions du Sôchô, le chef de son clan, fait face aux hommes de mains envoyés par le député, et prend même le temps de s'amuser avec Kyoko Ishihara, une commissaire adjoint bien décidé à le coincer. Quant à ses rapports avec Asami, le premier secrétaire du député Sakura, ils ne font qu'alimenter le mystère sur le passé d'Hojo et le "Sanctuaire"... Une première fois édité par Glénat et finalement stoppé en pleine collection, Sanctuary nous revient chez Kabuto, nouveau label de SEEBD (encore ?), pour la résurrection qu'il méritait. Et quel bonheur ! Ryoichi IKEGAMI, faut-il le rappeler, est le dessinateur du célèbre Crying Freeman, et quiconque a déjà vu une de ses planches sait à quel point il est un illustrateur de talent. Il n'y a qu'à voir avec quelle précision il dessine les visages, lorsque chaque trait concorde à rendre, avec un certain réalisme, les expressions de ses personnages. Et que dire sur le découpage de ses planches et l'agencement des cases qui, preuve de leur qualité, s'apparentent facilement à un travail de story-board pour le cinéma. Car se plonger dans la lecture de Sanctuary vaut tout aussi bien qu'une bonne séance de cinéma. Ce premier volume n'est qu'une introduction à l'oeuvre de IKEGAMI et FUMIMURA. On suit les premiers chapitres avec plaisir, mais aussi avec curiosité jusqu'à se perdre tant on croule sous les questions sans réponses. Quelle est la motivation de Hojo ? Pourquoi s'acharne-t-il ainsi ? Qui est Asami ? Un début de réponse apparaît enfin dans les deux derniers chapitres de ce volume qui aura su jouer avec nos nerfs. Et ce n'est qu'un début... Cette nouvelle édition de Sanctuary est salutaire, incontournable, mais malheureusement pas exempt de défauts. Aussi, le reproche qu'on pourra faire à Kabuto n'est pas l'aspect intérieur du manga (impression, qualité du papiern traduction), mais plutôt sa couverture qui, bien éloignée des originales, est affublée d'un logo extrêmement mal placé. De plus, on ne saura pas pourquoi Sho FUMIMURA est nommé Sho SHIMURA sur la couverture du volume. Enfin, ce n'est pas une couverture qui va nous arrêter... Que de mystères ! Niveau dessin, on en redemande, et niveau scénario, on veut en savoir plus...

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Juin 1996
Statut histoire Série terminée 12 tomes parus
Couverture de la série Sanctuary
Les notes (6)
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27/09/2005 | Neurone
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Par Anononyme
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

J'ai lu ce manga pour la première fois dans les années 2000, quand j'avais 14 ans. Une jeune adolescente donc, sortant à peine de l'âge des dessins animés tels que Sakura Chasseuse de Cartes. Je ne connaissais absolument rien du paysage politique Japonais des années 90. Je n'étais donc pas exactement le public visé par Sanctuary. Et pourtant... de mon point de vue, j'avais l'âge idéal pour découvrir cette oeuvre. Elle m'a bouleversée, moi petite ado vivant dans sa bulle de privilégiée, et m'a fait prendre conscience pour la toute première fois de l'importance de mon futur vote en tant que citoyen. Elle m'a fait comprendre que la politique, c'est pas juste des gens barbants à la télé qui parlent de choses compliquées. Elle m'a fait réaliser que la vie peut être violente et injuste, et qu'il faut se battre, et que la complaisance dans son confort est un dangereux somnifère. Je suis devenue l'adulte que je suis aujourd'hui en partie grâce à ce manga. Et je le conseille 1000x à n'importe quel adolescent sans repère. Vous voulez booster le taux de participation aux élections? Distribuez ce manga. Je suis sérieuse. Le charisme incroyable des deux personnages principaux et de leurs plus fidèles alliés pète l'écran (ou plutôt les pages?) et on est happé et impliqué dans leur quête impossible dès le premier tome. On est choqué de leur détermination. On pleure les sacrifices de certains. On enrage de l'injustice du système. Et tout ça forge un foutu caractère de battant et l'envie de changer le monde. En tout cas, c'est l'effet que ça a eu sur moi (les blasés ne seront pas du même avis). Les dessins très beaux et soignés soulignent encore plus l'intensité de l'histoire. Après, l'oeuvre n'est pas sans défaut, et je dirais que le principal est l'inutilité des personnages féminins (sauf une, mais elle n'apparait que dans des flash-backs, parce qu'elle est morte avant le début de l'histoire...). Alors qu'il y avait pourtant de quoi faire. Elles ont beau être fortes et indépendantes, et occuper des positions prestigieuses, dès le moment où elles sont domptées par leur "love interest", c'est foutu, elles deviennent de braves petites femmes sans défense et sans aucun intérêt scénaristique. C'est récurrent dans les oeuvres de Buronson, et c'est très dommage, car ça veut dire que Sanctuary n'a que très peu de chance de trouver du public aujourd'hui. Car peu importe la qualité de son histoire, les gardiens de la bienséance moderne ne verront que le côté machiste et crucifieront sans état d'âme cette oeuvre pourtant tellement plus riche que ça. J'espère vraiment qu'elle ne sombrera pas dans l'oubli. Si j'ai des enfants un jour, c'est sûr et certain que je leur ferai lire ce manga.

09/08/2019 (modifier)
Par Gaendoul
Note: 5/5
L'avatar du posteur Gaendoul

Sanctuary est un manga très particulier. Tout d'abord parce qu'il traite avant tout de la mafia japonaise, les yakuza et que cela ne plaira pas à tout le monde. Ensuite parce qu'il fait intervenir énormément d'éléments de politique et des sentiments ne pouvant être compris que lorsque l'on connait un minimum le japon. Si on arrive à se mettre dans les conditions favorables pour comprendre les enjeux et les buts des deux héros, on part pour une sacrée traversée et cela ne s'achève qu'avec la fin du dernier tome. L'histoire est très bien menée, les dessins très bons (mention spéciale aux expressions des visages qui sont très très réussies) et le tout fort dynamique. Contrairement à ce qui a été dit dans certains avis, la violence est loin d'être omniprésente et n'est jamais gratuite. Il y'a relativement peu de scènes réellement violentes ou de "sexe", et c'est peut être le début de l'histoire qui peut donner cette impression (ce qui me fait penser que les avis en question proviennent de gens n'ayant pas lu l'oeuvre dans son intégralité). En lisant ce manga, on ne peut s'empêcher de penser à des oeuvres comme Election ou Le parrain... ce qui est plutôt bon signe. Bref, c'est vraiment très très bon et entraînant et je conseille à tous ceux qui aiment le manga ou les histoires de mafia.

26/05/2011 (modifier)
Par Pacman
Note: 2/5

Commençons par le point fort: le dessin. Ce n'est pas génial, mais c'est plutôt soigné, et très réaliste (je n'aime pas trop la "déformite" qui touche les personnages de pas mal de mangas) . Bon, le seul reproche, c'est qu'on peut avoir un peu de mal à différencier certains personnages. Maintenant, coté scénario, je lis un précédent avis qui recherche (sans le trouver) un second degré dans la lecture. Pour ma part, je préfère m'en tenir à la lecture divertissante, car la toile de fond de ce récit me semble pour le moins nauséabonde. - jeunisme exacerbé: seul les jeunes gens beaux, musclés, audacieux sont capables de donner un second souffle à la nation. Exit les vieux corrompus frileux. - machisme de bas étages: les femmes ne sont que des objets sexuels dans les mains expertes de nos jeunes loups, fussent-elles commissaires ou vice-présidente des états unis. Et encore, celles ci sont les plus chanceuses! les autres sont juste bonnes à se faire sodomiser sur la cuvette des chiottes (la scène se reproduit au moins une dizaine de fois dans la série). - nationalisme triomphant: On va vous reconstruire un grand Japon, de nouveau capable de faire trembler le monde devant sa puissance recouvrée. Au passage, l'électeur nippon, si l'on en croit les auteurs, est vraiment une girouette décérébrée, prête à accepter tous les revirements du jeune candidat aux dents longues. Le summum étant le tee shirt à l'effigie du candidat qui remonte sa côte de popularité... A quand un tee shirt de Sarkozy qui fait son Jogging ? Ceci n'est bien sûr qu'un résumé, et je conseillerais donc une lecture un peu désinvolte, qui m'a permis à moi de terminer la série.

14/06/2007 (modifier)

L'une des séries les plus impressionnantes qui soit, pour plusieurs raisons : . un dessin ultra-réaliste, très sensuel, très beau, en parfaite adéquation avec le thème ; . enfin une BD rien que pour les grands : le thème est très noir (le milieu des yakuzas), les protagonistes ont tous leurs faiblesses/points forts (sexe, drogue, violence). . un scénario à rebondissements très bien fichu, et un travail phénoménal fait sur les principaux personnages pour nous faire ressentir la passion qui les anime et ce par quoi ils sont passés pour en arriver là. On ne peut raisonnablement pas croire à l'histoire en elle-même (c'est trop "gros" pour un pays conservateur comme le Japon), mais on a envie de partager les buts de ces deux héros qui veulent révolutionner ensemble un pays en manipulant politiciens d'une part et la pègre d'autre part. C'est grand, c'est beau. Une histoire qui finit dans la douleur, avec en particulier les trois dernières pages : on comprend ce que peuvent signifier les mots "motivation", "sacrifices" et "rêves"...

16/08/2006 (modifier)

Sanctuary est la première série sur laquelle ont collaborés Buronson et Ikegami, suivront ensuite Strain et Heat qui sont plus ou moins des redites mettant en scène des personnages similaires, dans des intrigues semblables. Tout cela pour dire que la lecture de l'une de ces séries suffit. Le thème cher à Buronson est ici utilisé, encore une fois, c'est l'affrontement entre les jeunes loups aux dents longues et la vieille garde garante des traditions. Comme d'habitude cela se passe dans un monde corrompu, pourri jusqu'à la moelle et peuplé de putains, de flics véreux et de yakuzas. On peut y voir en deuxième niveau de lecture une critique du système politique japonais, mais bon, le but est clair: Assurer le divertissement. La violence est bien sûr utilisée de façon spectaculaire et les scènes de sexe mettant exagérément l'homme en valeur sont très présentes. Le style graphique d'Ikegami est fort réaliste, même si à ce moment là ses dessins étaient moins travaillés. En tout cas, l'aspect général était moins figé qu'aujourd'hui. En conclusion, Sanctuary est la série la moins "mauvaise" qu'ait scénarisé Buronson et elle a un certain succès, sans doute dû au développement de cet univers Hard Boiled si caractéristique à l'auteur. Cela reste tout de même consternant tant les séquences chocs s'enchaînent avec une totale gratuité. De plus, même si le spectacle graphique est assuré, le scénario a son lot de lourdeurs et de facilités. Allez, un 2/5 parce que c'est la première du genre.

28/09/2005 (modifier)
Par Neurone
Note: 5/5

Rarement une série a su rester aussi palpitante jusqu’au dernier volume, distillant les éléments de cette vaste intrigue et des retournements de situation à chaque opus, sans jamais lasser. Sanctuary fait partie de ces albums susceptibles d’'amener au manga des lecteurs n'’en ayant jamais lu. La série transcende les préjugés que certains éprouvent à l’encontre du manga, elle est un condensé de tous les éléments qui font la force du genre. Les nombreuses pages que compte chacun des 12 volumes permettent de développer l’intrigue de façon passionnante, de poser les ambiances et surtout de percevoir la personnalité complexe de chaque personnage. Déjà une série incontournable du manga, en rappelant toutefois qu’elle est destinée à un public adulte. Certaines scènes sont sexuellement plus qu’explicites, d’autres très violentes. Mais tout cela sans aucune gratuité : ces scènes concourent à dépeindre au plus près le monde des Yakusas.

27/09/2005 (modifier)