J’ai la chance d’avoir de terribles lacunes dans l'univers western dans la BD. Mon plan est de lire quelques histoires qui s’offrent à moi avant d’attaquer vraiment le graal immanquable, Blueberry, dont j’ai de trop vagues souvenirs. Bref, j’ai pris l’opportunité de démarrer par Le Révérend… Et boum, voilà une su-per surprise.
L’intrigue se révèle sans cesse du début à la fin parallèlement aux actions qui, elles aussi, s’enchaînent. Chaque personnage a son lot de charisme et une personnalité profondément travaillée, même si on retrouve à peu près le casting classique du western US. La jeune femme a du toupet et je reste poli. Son rôle pourrait être sous-estimé, pourtant c’est bien elle en plus du Révérend qui permet à l’histoire d’avoir tous ces retournements de situation et toute cette complexité…
Et franchement, chapeau aux auteurs pour avoir créé une intrigue aussi « efficace ». Ca démarre comme il faut, l’histoire monte en puissance continuellement pour finalement atteindre une grande intensité au moment de l’épilogue. Il pourrait ne pas y avoir de suite que je serai encore plus ravi. Je trouve ces dernières bulles absolument parfaites, totalement calibrées par rapport au thème principal du récit, où l’auteur nous explique ce que l’expression « faire justice soi-même » veut dire. Peut-être aussi cherche-t-il à offrir à son héros une réponse à la question suivante : de quoi te venges-tu?
Difficile de ne pas aimer le dessin et les couleurs qui permet à l’ensemble d’avoir un dynamisme de folie… La réussite de la gestuelle et des mouvements m’a permis de dévorer le bouquin. Mais j’ai essayé de réduire mon rythme pour ne pas perdre une miette sur les détails présents dans l’environnement, ni sur la qualité des ambiances dégagées par les couleurs, qu’elle que soit l’heure ou même le climat (nuit étoilée, aube, pluie, neige, ciel bleu…). C'est un exercice graphique largement réussi !
Je ne peux que conseiller la lecture aussi bien que l’achat. Quand j’aurais un peu plus de place, je pense bien en faire l’acquisition. De mon point de vue, c’est vraiment un super beau travail !
J'ai commencé cette série après en avoir lu le début distribué gratuitement et qui m'avait intrigué...
Bien m'en a pris...
L'univers post apocalyptique de ce manga se met en place petit à petit, avec de faux airs de Casshern Sins.
Le dessin est très bon et dynamique, il me rappelle des mangas comme Blame et Biomega mais en plus lisible.
Les personnages principaux sont attachants et l'intrigue est bien amenée.
Ce manga est très bon et pourrait basculer sur un 5/5 à l'avenir selon le déroulement de la suite...
Bref, à lire!!
Un bon diptyque dont je n'attendais rien et que j'ai lu un peu par hasard, mais qui au final m'a grandement séduit. Le récit mêle habilement l'aventure antique à des relents vaguement historiques, et qui trouve son originalité dans le fait de retrouver un Romain et un Celte aux confins du monde, sur la Route de la Soie après s'être échappé de chez les Parthes. Cette Bd m'a rappelé le film Dragon Blade avec Jackie Chan et John Cusack où des Romains se retrouvaient aussi en Chine ancienne en se frottant aux ancêtres de Gengis Khan, est-ce que les auteurs s'en sont inspirés ? si on me le disait, ça ne m'étonnerait pas du tout.
D'un autre côté, cette idée n'est peut-être pas si incongrue quand on sait que l'Empire Parthe occupait l'actuel Iran et que ce territoire était situé sur la Route de la Soie. Le récit est ultra violent avec de multiples scènes de batailles bien sanglantes et d'étripages à tout va, si on l'adaptait en film, ça serait très bourrin, mais en bande dessinée, on a vu ce genre de scènes dans des Bd comme Arawn ou Orks. C'est bien rythmé, agréable à lire, avec des personnages bien définis, un contexte guerrier féroce et bien développé, et le tout est bien rendu par un dessin nerveux et costaud, un découpage et une mise en page très efficaces. Les décors chinois sont également soignés, bref c'est de la bonne BD de détente.
Après Le Mystère du Monde Quantique, Mathieu Burniat signe avec « Sous terre » sa deuxième docu-BD dans le domaine scientifique. On avait pu constater son talent pour vulgariser des concepts plutôt obscurs pour le lecteur lambda. Force est de reconnaître que Burniat s’en sort haut la main dans cet exercice, parvenant à produire ici quelque chose de hautement original, avec la bénédiction du Muséum national d’histoire naturelle.
Cet ouvrage nous immerge immédiatement grâce au mode narratif choisi, celui de l’aventure. Hadès, qui a lancé une invitation aux humains pour participer à une sorte de jeu de piste, promet au vainqueur de prendre sa place lorsqu’il découvrira la « corne d’abondance ». Et les candidats au poste seront très nombreux… En réalité, le dieu des enfers va utiliser leur cupidité et leur soif de pouvoir pour se venger des désordres commis en son royaume, conséquence de l’activité humaine. Et il s’est juré de leur faire vivre… l’enfer ! En se mettant dans les pas de cette fillette qui va répondre à l’invitation pour demander à Hadès de ramener son chien mort tragiquement, le lecteur, ramené dans la position du candide, va pénétrer dans les entrailles de la Terre, un univers aussi méconnu que fascinant, dans un voyage plein de surprises et de rebondissements…
Dans sa ligne claire toute en rondeur, Mathieu Burniat nous révèle ces souterrains obscurs en y insufflant des couleurs chatoyantes, renforçant l’aspect ludique de son exposé didactique. A ce titre, la très belle couverture est on ne peut plus parlante et suggère un royaume souterrain coloré et aux richesses infinies, méconnu même des scientifiques qui « ignorent le nom de plus de 99 pour cent des êtres qui s’y trouvent et la manière dont ils vivent ». L’auteur réussit la gageure de ne jamais nous ennuyer grâce à une narration enlevée. On appréciera les clins d’œil au cinéma fantastique, notamment au film de Richard Fleischer, « Le Voyage fantastique ». Pour leur permettre d’avoir une meilleure vision de cet univers étrange, les protagonistes voient leur taille constamment modifiée, parfois à des dimensions microscopiques. Les créatures invisibles à l’œil nu deviennent des monstres dignes de « Voyage au centre de la Terre ». On frissonnera de voir Suzanne et son nouveau compagnon Tom aux prises avec des taupes géantes, des « pseudoscorpions » à taille humaine ou encore des acariens tueurs gros comme des ballons de foot. On s’esclaffera de voir nos aventuriers dialoguer avec des bactéries et on s’émerveillera de ce « métrover », moitié lombric moitié métro, se frayant un chemin dans les profondeurs du sol. Jusqu’à la conclusion du livre, autre référence particulièrement bien sentie aux zombies.
« Sous terre », c’est un peu comme une fête foraine où l’on ressort tourneboulé mais aussi enrichi d’une connaissance qui nous aurait paru négligeable avant cette lecture. La terre, ce n’est pas juste de la terre, ce n’est pas juste cette matière inerte de couleur brune ou noire, amas charbonneux saturé de microbes servant seulement à salir nos beaux habits. On réalise au contraire que notre sous-sol est un vaste microcosme où le vivant prospère dans une parfaite symbiose, dans l’ombre du mépris des hommes qui pourraient pourtant s’inspirer de cette formidable machine à recycler.
Ce monde qui grouille de vie, certes pas toujours très ragoûtant, Mathieu Burniat s’emploie à le nous le rendre familier, le présentant comme un élément qui mérite le plus grand respect car indispensable à la survie des générations futures. Et à travers la référence à la mythologie, il pointe du doigt nos tares et notre comportement anthropocentriste, non sans espièglerie. L’homme peut-il se persuader, sans une bonne dose de mauvais foi, que la planète est exploitable à l’infini et que son génie suffira pour pallier les problèmes environnementaux qui ne font que s’accentuer avec les années. Notre arrogance a provoqué la colère de Hadès, à juste titre, car au fond, il est plutôt sympa le dieu des enfers.
Un documentaire poignant, totalement immersif grâce au savant mélange de photos et de dessins. Loin des photos d’Afghanistan que l’on connaît, celles de Didier Lefèbre sont dans leur jus, grises, sombres aussi, parfois à la limite de la lisibilité mais très belles. Et c’est ce qui donne l’extraordinaire impression d’être sur le terrain, au sein de la mission de MSF. Est-ce une BD ? Oui et non, mais c’est ce qui est certain c’est que c’est une expérience, au premier sens du terme. J’avais lu cette série à sa sortie, je viens de la relire et je redécouvre ces paysages, ces populations qui vivent sur fond de guerre qui déroule au loin… enfin, pas si loin que ça. De la préparation de la mission au Pakistan, à l’hôpital de campagne dans une vallée du nord du pays, on marche avec eux, on vit avec eux. Le côté répétitif du quotidien est renforcé par les planches contacts aux scènes répétées. On n’est pas du tout dans l’aventure héroïque, mais plutôt dans le laborieux travail d’une équipe médicale qui œuvre avec les moyens du bord pour soigner les populations locales et inculquer des rudiments de médecine aux soignants locaux. Le dessin, en total contraste avec les photos est simple et coloré. Il raconte essentiellement le quotidien des membres de la mission. Le texte est très bon parce qu’il est sincère, simple et humble. La voix off aborde tous les sujets, le caractère des hommes et des femmes, leurs relations, leur vie privée, les galères, la fatigue, les astuces pour survivre dans cet environnement hostile… Si de prime abord, l’album peut rebuter par une certaine austérité, à peine commencé on est happé, emmené en voyage au cœur d’un pays peu connu, on apprend des tas de choses, des petits détails sur le quotidien des Afghans et sur celui de la mission. Je recommande très chaleureusement.
Dès la première page de cet album, on entre par la porte de service dans la domesticité d’une maison de maîtres. Dans l’Angleterre victorienne, un dandy beau, réputé bien membré et fêtard rentre un soir inconscient et ensanglanté. Il s’est aventuré dans l’East End londonien au péril de sa vie. Alors que le personnel est absent, une jeune domestique consignée pour garder la maison n’a d’autre choix que de s’occuper de son maître et de le déshabiller. S’instaure, à partir de cette soirée, un rapport très ambigu entre les deux personnages : Edouard, un maître de maison dépravé et Lisbeth, une domestique besogneuse et discrète, au physique ingrat, mais à la vertu inébranlable. Entre tendresse, écoute patiente, suffisance et mépris, une relation complice s’installe. C’est très bien fait, bien écrit – même si dans plusieurs bulles il manque des mots ! – Le scénario est bien découpé. La logique voudrait que l’on aime Lisbeth et que l’on déteste Edouard, mais ce n’est pas si simple… La fresque sociale peinte par les auteurs est passionnante et nous plonge dans la société de l’époque victorienne. Les personnages sont complexes, profonds, mais, si on découvre le passé d’Edouard et les raisons de son comportement excessif, on ne sait pas grand-chose de Lisbeth. Dommage… un tome 2 serait le bienvenu. Le dessin est très précis, d’une grande finesse avec des cadrages réussis et des couleurs douces parfaitement bien choisies. Bref ! Une lecture très agréable, un régal pour les yeux.
J'ai été passionné dès les premiers tomes, avec les enquêtes, puis la deuxième série je me suis emballé également. Seul regret, et très grosse déception, que la série se soit arrêtée. Je suis resté sur ma faim, dommage.
J’avais beau savoir que cette trilogie a été abandonnée avant son dernier tome, ça fait plus mal que ce que je pensais d’être forcé de l’abandonner là…
En effet, ce diptyque inachevé qu’est Le Banni m’aura marqué durablement par la puissance de ses choix narratifs et graphiques. Visuellement, donc, le dessin de Tarumbana est absolument incroyable. Epique à souhait, sombre et réaliste, il confère à la saga une atmosphère fascinante en tous points. Il fallait beaucoup de talent pour restituer à égalité la brutalité virile et la sensualité vénéneuse qui constituent les deux points forts de cet univers extrêmement prenant.
Le choix des cadrages, la minutie de la couleur directe et les partis-pris graphiques sont proprement géniaux. J’avais rarement lu une bande dessinée dont se dégageait une telle sensation de puissance.
Mais je ne sais ce qui m’a émerveillé le plus, entre la force du dessin et l’intelligence de la construction du scénario. Alors même que chaque tome contient les 46 pages standards, Olivier Henscher réussit à y construire quelque chose d’infiniment plus complexe que dans la plupart des autres bandes dessinées du genre. Ici, les relations entre personnages sont minutieusement construites, que ce soit dans le présent ou dans le passé au gré de flashbacks savamment distillés.
Les jeux de pouvoir sont magnifiquement mis en scène et projetés sur l’écueil des destins individuels, sur lesquels ils se brisent en mille morceaux pour donner naissance à de nouveaux jeux de pouvoir, toujours plus denses et plus complexes. Bien sûr, la mise en scène de personnages aussi nombreux dans un nombre de pages somme toute assez réduit peut engendrer le risque de perdre un lecteur peu attentif, mais si on s’accroche un tout petit peu, le récit nous guide de manière franchement claire au travers de cet univers très, très dense, agrémenté de discrètes touches de fantastiques, évoquant les plus grandes réussites du genre, tenant très bien la comparaison inévitable avec Game of Thrones ou Le Seigneur des anneaux.
Et une fois qu’on a accepté de s’immiscer au sein de cet univers, il est très dur d’en sortir… C’est ce qui rend si difficile la décision des auteurs d’abandonner la saga alors que le troisième tome était déjà en cours de réalisation, même si on imagine qu’ils avaient une bonne raison. D’autant que l’abandon de la part des auteurs rend la chance de voir ce troisième tome paraître un jour beaucoup moins envisageable que si cela avait été une décision de l’éditeur…
Alors oui, pour moi, Le Banni aurait pu, sans son abandon, être à la bande dessinée ce que Le Seigneur des anneaux est au cinéma. Une claque mémorable pour un chef-d’œuvre de dessin et de narration.
Le titre et la couverture n'avaient pas attiré mon attention, une sorte de déjà vu : une silhouette qui court sur un fond orangé, et un nom à consonance italienne, bah... So what ?
Effectivement le coté classique est présent, tant dans le pitch ( un enfant sans père et sans ressource qui part à la recherche de son chemin dans l'inconnu) que dans l'apparence ( Un dessin aquarellé avec une technique irréprochable et une sensibilité pour toutes les diversités des personnages et des paysages.)
Le choix d'un monde imaginaire sans technologie et pleins de rituels, qui évoque le moyen-âge mais sans situation historique particulière, permet au dessinateur de créer un environnement à la fois séduisant et mystérieux pour accueillir les personnages.
Ensuite l'histoire est très bien développée depuis le début à la sans famille, jusqu'à la fin qui est une pirouette malicieuse !
L'originalité de cet album est en fait son actualité. Le héros fragile apporte un questionnement bien d'aujourd'hui sur une histoire maintes fois racontée, de princesse enfermée dans un château imprenable. Les dangers, les espoirs, les personnages secondaires que l'on ne remarque pas et qui deviennent les rotules de l'histoire sont mis au service de notre imaginaire enfantin. Nous aussi nous sommes à la recherche de notre chemin vers l'inconnu.
Le secret de cet album, c'est l'identification. Nous sommes avec Aldobrando. Nous sommes Aldobrando.
J'aime moyennement la dark fantasy, mais là je fais une exception, j'ai de suite senti qu'on n'était pas dans une énième série de HF parce que quand je me trouve face à un récit d'une telle profusion dans son déroulement et surtout face à une partie graphique aussi sensationnelle, je suis de suite conquis. Pourtant je me méfiais parce que ma lecture d'Arawn m'avait bien déçu, aussi suis-je rentré dans cette histoire avec circonspection.
C'est de la dark fantasy sombre et tragique, j'oserais même dire qu'il y a un petit air shakespearien dans tout ça, en beaucoup plus sombre, et surtout c'est beaucoup moins bourrin que Arawn et ça n'a strictement rien à voir avec les Bd de fantasy plus légères ou pour ados du genre Lanfeust de Troy qui ne m'a jamais fait vibrer (même si c'est sympa) ou Les Forêts d'Opale que j'avais bien aimé. Non, ici Istin prend son temps et développe une intrigue ambitieuse, bien échafaudée, en distillant à chaque tome des informations qui enrichissent l'univers et en installant une atmophère fascinante. L'histoire est d'une grande complexité, tout est très sérieux, faut s'accrocher et s'investir totalement dans cet univers au risque de s'y perdre. Il y a beaucoup de personnages, on va d'un lieu à un autre, d'un personnage à l'autre, la qualité du scénario se démarque de tout ce que j'ai pu lire jusqu'ici dans le genre, même si Istin réutilise pas mal de codes connus ; les personnages sont vraiment intéressants, j'aime beaucoup la templière Sinead qui a l'allure d'une héroïne à la fois très féminine et très forte.
Tout ceci est illustré par Grenier avec une dextérité graphique, comme il l'a fait sur Arawn, sauf que là ce n'est pas ennuyeux, et ces dessins, oulalah ! qu'est-ce que c'est beau ! c'est somptueux, fabuleux, on dirait presque des tableaux, bref j'ai pas les mots, et je me réjouis quand un récit d'une telle qualité est illustré par un dessin aussi merveilleux, c'est l'osmose totale de la perfection scénaristique et graphique. Grenier livre des images qui ont une force évocatrice, j'adore ce style de dessin-peinture, ça m'a rappelé un peu le style de Segrelles sur Le Mercenaire, même si le côté pictural chez Segrelles était plus marqué ; ici, c'est d'une puissance phénoménale dans le détail des fonds de cases, des arrière-plans, des nombreux éléments décoratifs ou des ambiances qui alternent les paysages arides et les paysages glacés. La mise en page est sublimée par des cadrages de différentes tailles, des pleine-pages et des double pages qui rendent un visuel carrément époustouflant, on s'arrête sur ces dessins, on les scrute avec attention, on y revient tellement ils sont grandioses surtout dans certaines architectures fantasmagoriques. D'ailleurs ça crée des ambiances cinématographiques, on pense bien sûr à la trilogie du Seigneur des Anneaux de PJ, qui a dû probablement influencer Grenier, notamment dans les architectures ; mais dans ce déferlement de splendeur visuelle, je trouve étrange d'avoir donné le physique de l'acteur Philippe Noiret à Don Coskarelli, ça n'est pas très compatible, c'est pour moi le seul grief que j'ai sur cette série qui m'a totalement ébloui.
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Le Révérend
J’ai la chance d’avoir de terribles lacunes dans l'univers western dans la BD. Mon plan est de lire quelques histoires qui s’offrent à moi avant d’attaquer vraiment le graal immanquable, Blueberry, dont j’ai de trop vagues souvenirs. Bref, j’ai pris l’opportunité de démarrer par Le Révérend… Et boum, voilà une su-per surprise. L’intrigue se révèle sans cesse du début à la fin parallèlement aux actions qui, elles aussi, s’enchaînent. Chaque personnage a son lot de charisme et une personnalité profondément travaillée, même si on retrouve à peu près le casting classique du western US. La jeune femme a du toupet et je reste poli. Son rôle pourrait être sous-estimé, pourtant c’est bien elle en plus du Révérend qui permet à l’histoire d’avoir tous ces retournements de situation et toute cette complexité… Et franchement, chapeau aux auteurs pour avoir créé une intrigue aussi « efficace ». Ca démarre comme il faut, l’histoire monte en puissance continuellement pour finalement atteindre une grande intensité au moment de l’épilogue. Il pourrait ne pas y avoir de suite que je serai encore plus ravi. Je trouve ces dernières bulles absolument parfaites, totalement calibrées par rapport au thème principal du récit, où l’auteur nous explique ce que l’expression « faire justice soi-même » veut dire. Peut-être aussi cherche-t-il à offrir à son héros une réponse à la question suivante : de quoi te venges-tu? Difficile de ne pas aimer le dessin et les couleurs qui permet à l’ensemble d’avoir un dynamisme de folie… La réussite de la gestuelle et des mouvements m’a permis de dévorer le bouquin. Mais j’ai essayé de réduire mon rythme pour ne pas perdre une miette sur les détails présents dans l’environnement, ni sur la qualité des ambiances dégagées par les couleurs, qu’elle que soit l’heure ou même le climat (nuit étoilée, aube, pluie, neige, ciel bleu…). C'est un exercice graphique largement réussi ! Je ne peux que conseiller la lecture aussi bien que l’achat. Quand j’aurais un peu plus de place, je pense bien en faire l’acquisition. De mon point de vue, c’est vraiment un super beau travail !
Heart Gear
J'ai commencé cette série après en avoir lu le début distribué gratuitement et qui m'avait intrigué... Bien m'en a pris... L'univers post apocalyptique de ce manga se met en place petit à petit, avec de faux airs de Casshern Sins. Le dessin est très bon et dynamique, il me rappelle des mangas comme Blame et Biomega mais en plus lisible. Les personnages principaux sont attachants et l'intrigue est bien amenée. Ce manga est très bon et pourrait basculer sur un 5/5 à l'avenir selon le déroulement de la suite... Bref, à lire!!
Da Qin
Un bon diptyque dont je n'attendais rien et que j'ai lu un peu par hasard, mais qui au final m'a grandement séduit. Le récit mêle habilement l'aventure antique à des relents vaguement historiques, et qui trouve son originalité dans le fait de retrouver un Romain et un Celte aux confins du monde, sur la Route de la Soie après s'être échappé de chez les Parthes. Cette Bd m'a rappelé le film Dragon Blade avec Jackie Chan et John Cusack où des Romains se retrouvaient aussi en Chine ancienne en se frottant aux ancêtres de Gengis Khan, est-ce que les auteurs s'en sont inspirés ? si on me le disait, ça ne m'étonnerait pas du tout. D'un autre côté, cette idée n'est peut-être pas si incongrue quand on sait que l'Empire Parthe occupait l'actuel Iran et que ce territoire était situé sur la Route de la Soie. Le récit est ultra violent avec de multiples scènes de batailles bien sanglantes et d'étripages à tout va, si on l'adaptait en film, ça serait très bourrin, mais en bande dessinée, on a vu ce genre de scènes dans des Bd comme Arawn ou Orks. C'est bien rythmé, agréable à lire, avec des personnages bien définis, un contexte guerrier féroce et bien développé, et le tout est bien rendu par un dessin nerveux et costaud, un découpage et une mise en page très efficaces. Les décors chinois sont également soignés, bref c'est de la bonne BD de détente.
Sous Terre
Après Le Mystère du Monde Quantique, Mathieu Burniat signe avec « Sous terre » sa deuxième docu-BD dans le domaine scientifique. On avait pu constater son talent pour vulgariser des concepts plutôt obscurs pour le lecteur lambda. Force est de reconnaître que Burniat s’en sort haut la main dans cet exercice, parvenant à produire ici quelque chose de hautement original, avec la bénédiction du Muséum national d’histoire naturelle. Cet ouvrage nous immerge immédiatement grâce au mode narratif choisi, celui de l’aventure. Hadès, qui a lancé une invitation aux humains pour participer à une sorte de jeu de piste, promet au vainqueur de prendre sa place lorsqu’il découvrira la « corne d’abondance ». Et les candidats au poste seront très nombreux… En réalité, le dieu des enfers va utiliser leur cupidité et leur soif de pouvoir pour se venger des désordres commis en son royaume, conséquence de l’activité humaine. Et il s’est juré de leur faire vivre… l’enfer ! En se mettant dans les pas de cette fillette qui va répondre à l’invitation pour demander à Hadès de ramener son chien mort tragiquement, le lecteur, ramené dans la position du candide, va pénétrer dans les entrailles de la Terre, un univers aussi méconnu que fascinant, dans un voyage plein de surprises et de rebondissements… Dans sa ligne claire toute en rondeur, Mathieu Burniat nous révèle ces souterrains obscurs en y insufflant des couleurs chatoyantes, renforçant l’aspect ludique de son exposé didactique. A ce titre, la très belle couverture est on ne peut plus parlante et suggère un royaume souterrain coloré et aux richesses infinies, méconnu même des scientifiques qui « ignorent le nom de plus de 99 pour cent des êtres qui s’y trouvent et la manière dont ils vivent ». L’auteur réussit la gageure de ne jamais nous ennuyer grâce à une narration enlevée. On appréciera les clins d’œil au cinéma fantastique, notamment au film de Richard Fleischer, « Le Voyage fantastique ». Pour leur permettre d’avoir une meilleure vision de cet univers étrange, les protagonistes voient leur taille constamment modifiée, parfois à des dimensions microscopiques. Les créatures invisibles à l’œil nu deviennent des monstres dignes de « Voyage au centre de la Terre ». On frissonnera de voir Suzanne et son nouveau compagnon Tom aux prises avec des taupes géantes, des « pseudoscorpions » à taille humaine ou encore des acariens tueurs gros comme des ballons de foot. On s’esclaffera de voir nos aventuriers dialoguer avec des bactéries et on s’émerveillera de ce « métrover », moitié lombric moitié métro, se frayant un chemin dans les profondeurs du sol. Jusqu’à la conclusion du livre, autre référence particulièrement bien sentie aux zombies. « Sous terre », c’est un peu comme une fête foraine où l’on ressort tourneboulé mais aussi enrichi d’une connaissance qui nous aurait paru négligeable avant cette lecture. La terre, ce n’est pas juste de la terre, ce n’est pas juste cette matière inerte de couleur brune ou noire, amas charbonneux saturé de microbes servant seulement à salir nos beaux habits. On réalise au contraire que notre sous-sol est un vaste microcosme où le vivant prospère dans une parfaite symbiose, dans l’ombre du mépris des hommes qui pourraient pourtant s’inspirer de cette formidable machine à recycler. Ce monde qui grouille de vie, certes pas toujours très ragoûtant, Mathieu Burniat s’emploie à le nous le rendre familier, le présentant comme un élément qui mérite le plus grand respect car indispensable à la survie des générations futures. Et à travers la référence à la mythologie, il pointe du doigt nos tares et notre comportement anthropocentriste, non sans espièglerie. L’homme peut-il se persuader, sans une bonne dose de mauvais foi, que la planète est exploitable à l’infini et que son génie suffira pour pallier les problèmes environnementaux qui ne font que s’accentuer avec les années. Notre arrogance a provoqué la colère de Hadès, à juste titre, car au fond, il est plutôt sympa le dieu des enfers.
Le Photographe
Un documentaire poignant, totalement immersif grâce au savant mélange de photos et de dessins. Loin des photos d’Afghanistan que l’on connaît, celles de Didier Lefèbre sont dans leur jus, grises, sombres aussi, parfois à la limite de la lisibilité mais très belles. Et c’est ce qui donne l’extraordinaire impression d’être sur le terrain, au sein de la mission de MSF. Est-ce une BD ? Oui et non, mais c’est ce qui est certain c’est que c’est une expérience, au premier sens du terme. J’avais lu cette série à sa sortie, je viens de la relire et je redécouvre ces paysages, ces populations qui vivent sur fond de guerre qui déroule au loin… enfin, pas si loin que ça. De la préparation de la mission au Pakistan, à l’hôpital de campagne dans une vallée du nord du pays, on marche avec eux, on vit avec eux. Le côté répétitif du quotidien est renforcé par les planches contacts aux scènes répétées. On n’est pas du tout dans l’aventure héroïque, mais plutôt dans le laborieux travail d’une équipe médicale qui œuvre avec les moyens du bord pour soigner les populations locales et inculquer des rudiments de médecine aux soignants locaux. Le dessin, en total contraste avec les photos est simple et coloré. Il raconte essentiellement le quotidien des membres de la mission. Le texte est très bon parce qu’il est sincère, simple et humble. La voix off aborde tous les sujets, le caractère des hommes et des femmes, leurs relations, leur vie privée, les galères, la fatigue, les astuces pour survivre dans cet environnement hostile… Si de prime abord, l’album peut rebuter par une certaine austérité, à peine commencé on est happé, emmené en voyage au cœur d’un pays peu connu, on apprend des tas de choses, des petits détails sur le quotidien des Afghans et sur celui de la mission. Je recommande très chaleureusement.
Monsieur désire ?
Dès la première page de cet album, on entre par la porte de service dans la domesticité d’une maison de maîtres. Dans l’Angleterre victorienne, un dandy beau, réputé bien membré et fêtard rentre un soir inconscient et ensanglanté. Il s’est aventuré dans l’East End londonien au péril de sa vie. Alors que le personnel est absent, une jeune domestique consignée pour garder la maison n’a d’autre choix que de s’occuper de son maître et de le déshabiller. S’instaure, à partir de cette soirée, un rapport très ambigu entre les deux personnages : Edouard, un maître de maison dépravé et Lisbeth, une domestique besogneuse et discrète, au physique ingrat, mais à la vertu inébranlable. Entre tendresse, écoute patiente, suffisance et mépris, une relation complice s’installe. C’est très bien fait, bien écrit – même si dans plusieurs bulles il manque des mots ! – Le scénario est bien découpé. La logique voudrait que l’on aime Lisbeth et que l’on déteste Edouard, mais ce n’est pas si simple… La fresque sociale peinte par les auteurs est passionnante et nous plonge dans la société de l’époque victorienne. Les personnages sont complexes, profonds, mais, si on découvre le passé d’Edouard et les raisons de son comportement excessif, on ne sait pas grand-chose de Lisbeth. Dommage… un tome 2 serait le bienvenu. Le dessin est très précis, d’une grande finesse avec des cadrages réussis et des couleurs douces parfaitement bien choisies. Bref ! Une lecture très agréable, un régal pour les yeux.
Les Druides
J'ai été passionné dès les premiers tomes, avec les enquêtes, puis la deuxième série je me suis emballé également. Seul regret, et très grosse déception, que la série se soit arrêtée. Je suis resté sur ma faim, dommage.
Le Banni
J’avais beau savoir que cette trilogie a été abandonnée avant son dernier tome, ça fait plus mal que ce que je pensais d’être forcé de l’abandonner là… En effet, ce diptyque inachevé qu’est Le Banni m’aura marqué durablement par la puissance de ses choix narratifs et graphiques. Visuellement, donc, le dessin de Tarumbana est absolument incroyable. Epique à souhait, sombre et réaliste, il confère à la saga une atmosphère fascinante en tous points. Il fallait beaucoup de talent pour restituer à égalité la brutalité virile et la sensualité vénéneuse qui constituent les deux points forts de cet univers extrêmement prenant. Le choix des cadrages, la minutie de la couleur directe et les partis-pris graphiques sont proprement géniaux. J’avais rarement lu une bande dessinée dont se dégageait une telle sensation de puissance. Mais je ne sais ce qui m’a émerveillé le plus, entre la force du dessin et l’intelligence de la construction du scénario. Alors même que chaque tome contient les 46 pages standards, Olivier Henscher réussit à y construire quelque chose d’infiniment plus complexe que dans la plupart des autres bandes dessinées du genre. Ici, les relations entre personnages sont minutieusement construites, que ce soit dans le présent ou dans le passé au gré de flashbacks savamment distillés. Les jeux de pouvoir sont magnifiquement mis en scène et projetés sur l’écueil des destins individuels, sur lesquels ils se brisent en mille morceaux pour donner naissance à de nouveaux jeux de pouvoir, toujours plus denses et plus complexes. Bien sûr, la mise en scène de personnages aussi nombreux dans un nombre de pages somme toute assez réduit peut engendrer le risque de perdre un lecteur peu attentif, mais si on s’accroche un tout petit peu, le récit nous guide de manière franchement claire au travers de cet univers très, très dense, agrémenté de discrètes touches de fantastiques, évoquant les plus grandes réussites du genre, tenant très bien la comparaison inévitable avec Game of Thrones ou Le Seigneur des anneaux. Et une fois qu’on a accepté de s’immiscer au sein de cet univers, il est très dur d’en sortir… C’est ce qui rend si difficile la décision des auteurs d’abandonner la saga alors que le troisième tome était déjà en cours de réalisation, même si on imagine qu’ils avaient une bonne raison. D’autant que l’abandon de la part des auteurs rend la chance de voir ce troisième tome paraître un jour beaucoup moins envisageable que si cela avait été une décision de l’éditeur… Alors oui, pour moi, Le Banni aurait pu, sans son abandon, être à la bande dessinée ce que Le Seigneur des anneaux est au cinéma. Une claque mémorable pour un chef-d’œuvre de dessin et de narration.
Aldobrando
Le titre et la couverture n'avaient pas attiré mon attention, une sorte de déjà vu : une silhouette qui court sur un fond orangé, et un nom à consonance italienne, bah... So what ? Effectivement le coté classique est présent, tant dans le pitch ( un enfant sans père et sans ressource qui part à la recherche de son chemin dans l'inconnu) que dans l'apparence ( Un dessin aquarellé avec une technique irréprochable et une sensibilité pour toutes les diversités des personnages et des paysages.) Le choix d'un monde imaginaire sans technologie et pleins de rituels, qui évoque le moyen-âge mais sans situation historique particulière, permet au dessinateur de créer un environnement à la fois séduisant et mystérieux pour accueillir les personnages. Ensuite l'histoire est très bien développée depuis le début à la sans famille, jusqu'à la fin qui est une pirouette malicieuse ! L'originalité de cet album est en fait son actualité. Le héros fragile apporte un questionnement bien d'aujourd'hui sur une histoire maintes fois racontée, de princesse enfermée dans un château imprenable. Les dangers, les espoirs, les personnages secondaires que l'on ne remarque pas et qui deviennent les rotules de l'histoire sont mis au service de notre imaginaire enfantin. Nous aussi nous sommes à la recherche de notre chemin vers l'inconnu. Le secret de cet album, c'est l'identification. Nous sommes avec Aldobrando. Nous sommes Aldobrando.
La Cathédrale des Abymes
J'aime moyennement la dark fantasy, mais là je fais une exception, j'ai de suite senti qu'on n'était pas dans une énième série de HF parce que quand je me trouve face à un récit d'une telle profusion dans son déroulement et surtout face à une partie graphique aussi sensationnelle, je suis de suite conquis. Pourtant je me méfiais parce que ma lecture d'Arawn m'avait bien déçu, aussi suis-je rentré dans cette histoire avec circonspection. C'est de la dark fantasy sombre et tragique, j'oserais même dire qu'il y a un petit air shakespearien dans tout ça, en beaucoup plus sombre, et surtout c'est beaucoup moins bourrin que Arawn et ça n'a strictement rien à voir avec les Bd de fantasy plus légères ou pour ados du genre Lanfeust de Troy qui ne m'a jamais fait vibrer (même si c'est sympa) ou Les Forêts d'Opale que j'avais bien aimé. Non, ici Istin prend son temps et développe une intrigue ambitieuse, bien échafaudée, en distillant à chaque tome des informations qui enrichissent l'univers et en installant une atmophère fascinante. L'histoire est d'une grande complexité, tout est très sérieux, faut s'accrocher et s'investir totalement dans cet univers au risque de s'y perdre. Il y a beaucoup de personnages, on va d'un lieu à un autre, d'un personnage à l'autre, la qualité du scénario se démarque de tout ce que j'ai pu lire jusqu'ici dans le genre, même si Istin réutilise pas mal de codes connus ; les personnages sont vraiment intéressants, j'aime beaucoup la templière Sinead qui a l'allure d'une héroïne à la fois très féminine et très forte. Tout ceci est illustré par Grenier avec une dextérité graphique, comme il l'a fait sur Arawn, sauf que là ce n'est pas ennuyeux, et ces dessins, oulalah ! qu'est-ce que c'est beau ! c'est somptueux, fabuleux, on dirait presque des tableaux, bref j'ai pas les mots, et je me réjouis quand un récit d'une telle qualité est illustré par un dessin aussi merveilleux, c'est l'osmose totale de la perfection scénaristique et graphique. Grenier livre des images qui ont une force évocatrice, j'adore ce style de dessin-peinture, ça m'a rappelé un peu le style de Segrelles sur Le Mercenaire, même si le côté pictural chez Segrelles était plus marqué ; ici, c'est d'une puissance phénoménale dans le détail des fonds de cases, des arrière-plans, des nombreux éléments décoratifs ou des ambiances qui alternent les paysages arides et les paysages glacés. La mise en page est sublimée par des cadrages de différentes tailles, des pleine-pages et des double pages qui rendent un visuel carrément époustouflant, on s'arrête sur ces dessins, on les scrute avec attention, on y revient tellement ils sont grandioses surtout dans certaines architectures fantasmagoriques. D'ailleurs ça crée des ambiances cinématographiques, on pense bien sûr à la trilogie du Seigneur des Anneaux de PJ, qui a dû probablement influencer Grenier, notamment dans les architectures ; mais dans ce déferlement de splendeur visuelle, je trouve étrange d'avoir donné le physique de l'acteur Philippe Noiret à Don Coskarelli, ça n'est pas très compatible, c'est pour moi le seul grief que j'ai sur cette série qui m'a totalement ébloui.