Les derniers avis (9597 avis)

Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Célestin et le coeur de Vendrezanne
Célestin et le coeur de Vendrezanne

Excellent, coup de coeur Encore une fois c'est avec délice que je replonge dans l'univers des contes de La Pieuvre, troisième opus ou cette fois Gess nous propose de suivre Céléstin serveur à l'auberge de ladite Pieuvre. Bien sûr il possède un talent, un Don mais dont il ne se vante pas ayant trop peur qu'on l'utilise contre son gré. Car Célestin est un Discerneur, il peut voir la véritable apparence des gens. L'histoire foisonnante, difficile à résumer se déroule dans un Paris fin XIX ème siècle, un brin fantasmagorique. En 1842 dans un hôtel bourgeois un spectre apparait en poussant un cri qui rompt les tympans d'un nouveau-né. Le père de l'enfant intervient et transperce la chose d'un coup de sabre. Quelques années plus tard en 1872 quatre enfants de la bande des asticots drainent les égouts de Paris pour y récupérer d'éventuels trésors. Malheureusement pour eux la voirie décide de purger les égouts et déverse des milliers de litres d'eau. Pendant ce temps Célestin déambule de table en table à l'auberge de La Pieuvre en proposant le plat du jour "Poulet sans tête". L'auberge est bien sûre fréquentée par une multitude de mauvais garçons dont plus d'un au service de La Pieuvre possèdent des talents. Ainsi on y croise Pluton l'hypnotiseur ou le saigneur, un tellurique, un découvreur et bien sûr le quarteron à la tête de l'organisation; l’œil, la bouche, l'oreille et le nez. Dans ce monde fantasmagorique Célestin a bien du mal à trouver sa place, cerné qu'il est par tous ces personnages hauts en couleur et animé de mauvaises intentions. A la manière des feuilletonistes de l'époque Gess découpe son récit de manière plus qu'habile, distillant avec parcimonie les indices qui au final nous dévoilent les tenants et aboutissants de l'histoire. Personnellement si je me suis un peu perdu dans les toutes premières pages , je n'ai pu ensuite lâcher l'affaire. Le graphisme est plus qu'efficace avec une colorisation qui utilise beaucoup les sépias, notons également l'utilisation d'une couleur très tranchée lorsque nous nous plaçons selon le point de vue de Célestin et de son Don. Personnellement j'ai dévoré cet album dont je souhaiterais qu'il ne soit pas le dernier dans cet univers, du grand et très beau travail qui nous entraine dans un univers extrêmement original, j'en redemande.

16/04/2021 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Une touche de bleu
Une touche de bleu

Ce manga est assez intéressant, car il propose de traiter non pas d'un, mais de deux handicaps : l'un est visible, bien que directement pas problématique, chez Ruriko. Sa tache de naissance n'est pas douloureuse, mais se répercute dans le regard des autres. L'autre est invisible, mais impacte sévèrement son professeur, puisqu'il souffre de prosopagnosie, qui l'empêche de distinguer les traits de ses interlocuteurs. A la différence, donc, de Ruriko, sur le visage de laquelle il croit voir une aura, ce qui lui permet de la distinguer nettement, y compris au travers d'une foule. Son professeur lui parle donc plus facilement qu'aux autres, ce qui amène la lycéenne à penser qu'il a peut-être des sentiments pour elle. Lui, de son côté, est troublé. Après la lecture des deux premiers tomes, on pourrait croire que ce shôjô verserait dans le sentimentalisme excessif, ou dans le malaise avec ce rapprochement des deux personnes. Ce n'est pas vraiment le cas, et la lecture en est plutôt agréable, la façon dont chacun se débrouille avec sa différence et chemine vers son acceptation est plutôt intéressante et fine. Sur le plan graphique, c'est du shôjô relativement classique, mais sobre, sans ornements floraux, même si des petites lumières ou auras apparaissent ça et là. Si je tombe dessus je lirai la suite avec curiosité, car ce manga traite de handicaps rares.

13/04/2021 (modifier)
Par grogro
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Voyage du Commodore Anson
Le Voyage du Commodore Anson

Christian Perrissin et Matthieu Blanchin ont donc remis un ouvrage sur leur métier. Après la déjà remarquable Martha Jane Cannary, ils se focalisent une nouvelle fois sur une petite histoire dans l'Histoire, de celles qui lui donnent toute sa saveur et sa chair. De celles qui permettent de sentir son souffle épique agiter votre imaginaire. Le duo nous plonge la tête sous l'eau dès les premières pages qui décrivent la préparation de l'expédition. Là, on sent bien que notre Commodore Anson n’y croit pas des masses. Tout comme le lecteur qui, même non instruit des choses militaires, comprend rapidement que cette mission est moisie. Huit navires dont deux pinques pour assurer le transport des prises qui s'annoncent immanquablement prodigieuses, c'est déjà beau, non ? De quoi qu'y se plaint ?... Anson se montre néanmoins respectueux des ordres donnés. Il a en outre à cœur de prouver une nouvelle fois sa valeur. En homme avisé, il prépare au mieux le calvaire qui l'attend, à savoir un mille-feuille de galères avec des vrais morceaux de bravoure dedans ! On s'en doute bien, la mer n'est pas un long fleuve tranquille, et elle réserve bien des surprises. Le lecteur affronte ainsi des tempêtes proprement monstrueuses, contracte des maladies qui feraient blêmir la covid, s'infligeant des conditions de survie un tantinet incertaines... Mais il se sent aussi porté par quelque chose de plus grand que lui, quand le sort cesse soudain de s'acharner... Tout ça pour tenter, bien humblement, de se mesurer à ces hommes d'une autre trempe qui, le destin chevillé au corps, traçaient leur sillon jusque dans les bras de la mort ! Tout cela est mis en récit par Christian Perrissin. Le chapitrage permet de suivre le « voyage » par étapes, comme autant de paliers dans cette descente vers l'enfer. Des cartes et des gravures apportent encore du coffre à cette histoire incroyable. Établie à partir du récit rédigé par le chapelain de l'expédition et qui fut dès sa sortie un succès éditorial (là aussi un petit poème), la trame narrative permet de se tenir au plus près des personnages, de saisir mieux leur humanité. Ainsi, on admire leur sang-froid et leur obstination, tout autant leur savoir-faire. On loue leur génie intuitif, leur capacité à improviser... Car en plus d'être des combattants, dans tous les sens du terme, au moral forgé, les mecs sont des artisans rompus. On appréciera également la sagesse de George Anson qui le pousse à se munir de quelques récits de navigation et d'exploration de première main. Les livres, quand même... On jugera enfin de la valeur de ces navigateurs hors-pair, notamment au moment de doubler un Cap Horn à la hauteur de sa légende, un moment particulièrement réussi du livre. Au fil du récit, à travers des situations extrêmes, on parvient à s'immiscer dans le geste et l'esprit de ce temps où l'homme, même réduit à un sort peu enviable, pouvait toujours compter sur un savoir éprouvé pour s'arracher à la mort. Une époque où l'essentiel avait un sens palpable. Une époque où commandement n'était pas synonyme de management. Allez ! Voilà le fantasme qui pointe son nez ! Parce que faut reconnaître aussi qu'à l'époque, tu pouvais toujours te payer avec le droit à l'erreur... Quoiqu'il en soit, c'était, comme on dit, une autre époque, l'occasion étant donnée ici de saisir une nouvelle fois toute la portée de cette vérité de comptoir ! Matthieu Blanchin semble s'être emparé des illustrations comme un mort de faim. Et l'alchimie fonctionne une fois de plus. Pour donner corps à cette épopée échevelée s'étirant sur quatre années d'une densité homérique, il fallait bien son dessin nerveux, creusé dans la matière. Ces personnages aux visages burinés, liés dans les épreuves et la mort, le sont également dans la texture sauvage, urgente. Le trait laisse parler les personnages, au point qu'ils semblent vous murmurer un avertissement solennel. T'as plus le choix. Va falloir t'accrocher à tes tripes. T'auras plus que ça quand tes dernières forces t'auront abandonné. Des forces en l’occurrence insoupçonnées... Au-dessus de ces corps tragiques, comme mus par des réflexes désespérés, les regards acquièrent d'autant plus de force. Ils vous percutent et vous happent, traduisant parfaitement le doute, la détresse, la détermination, l'idée qui surgit, le plan qui se fait jour, l'espoir renaissant de ses cendres... Les paysages, par un effet de contraste saisissant et riche de sens, sont parfois l'objet d'un traitement particulier, à l’aquarelle notamment. Des moments idylliques et rares, suspendus sur le fil tendu de cette course échevelée. Le regard, sans doute, de l'artiste de l'expédition que l'on surprend en de rares occasions à poser son chevalet... De cet événement héroïque dont les conséquences furent loin d'être négligeables, Christian Perrissin et Matthieu Blanchin dressent une peinture exceptionnelle, nous invitant à pénétrer dans la matière mouvante de l'Histoire, tout au bord du gouffre, quand soudain... Puisse ainsi le fabuleux voyage du Commodore Anson éclairer un peu notre présent !

13/04/2021 (modifier)
Couverture de la série Cathédrale
Cathédrale

Cardon est un vieux routier, qui a participé par ses dessins à de nombreuses entreprises : dessins de presse (Canard enchainé ; Humanité ; Le Monde), mais aussi des choses plus rentre dedans, dans Hara Kiri, Siné Massacre, Charlie Hebdo ou L’Écho des savanes. Par son activité, mais aussi par son dessin, Cardon a des accointances avec Topor. C’est assez visible ici, où son dessin use d’un Noir et Blanc à la fois précis et brumeux, mais surtout de décors étranges : il y a là beaucoup de poésie, et un certain surréalisme affleure dans les dédales de cette « cathédrale », au sein desquels se meut un personnage que nous suivons, sorte d’alter ego de l’auteur. Car, sans aucune parole, et avec une narration faisant la part belle à l’imagination, louvoyant entre quelques repères rappelant la réalité, c’est bien des quelques moments forts de sa propre vie que Cardon se sert pour guider le lecteur, à commencer par la seconde guerre mondiale, qui l’a fortement marqué (une longue préface présente d’ailleurs très bien cet aspect). Et bien sûr on y retrouve sa vision des pouvoirs et de la religion : la plupart des publications pour lesquelles il a travaillé ne les portaient pas dans leur cœur ! Par-delà l’aspect autobiographique, je dois dire que j’ai été captivé par ce dessin, vraiment très beau (et pour moi son caractère poétique est un réel plus). C’est vraiment un plaisir pour les yeux !

12/04/2021 (modifier)
Par fuuhuu
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Baron (Masbou)
Le Baron (Masbou)

L'histoire commence par le baron de Münchhausen qui rentre chez lui pour profiter de sa retraite dans son village auprès de sa femme. Ce dernier ne quitte plus son domaine, car sa femme le lui interdit. Ce qu'il faut savoir, c'est que le baron de Münchhausen a énormément voyagé et vécu toutes sortes de péripéties rocambolesques, et que ce dernier adore les conter, au point qu'on commence sérieusement à croire ses histoires farfelues. Un jour, un vendeur itinérant propose aux villageois un livre, racontant les histoires du baron. La population est donc très intriguée et cela lance un certain engouement pour les histoires du baron. Ce récit est donc ponctué d'une part de pleins de petites histoires, racontées par le livre ou le baron lui même. Et d'une autre part, de la réaction que provoque ces histoires au sein du village. Certains sont crédules, d'autres sceptiques. Certains retournent ciel et terre pour entendre les histoires, d'autres refusent de les écouter. J'avoue n'avoir pas été grandement emballé par les nombreuses petites histoires du baron. Certes, elles sont magnifiquement illustrées, avec à chaque fois, un style graphique différent et très réussi. Mais je n'ai pas été vraiment immergé dans ces fables. En revanche, j'ai adoré la partie du récit se passant dans le présent, où l'on nous montre les différentes réactions des villageois. De même, le baron lui même m'est apparu comme quelqu'un de fort sympathique. Il s'agit en vérité d'un conteur, souhaitant juste en mettre plein les oreilles à son auditoire. En vérité, peu importe si les histoires du baron sont véridiques ou complètement inventées. Les villageois écoutent le baron car c'est un excellent conteur, qui les fait rêver. Je pense que tout le monde sait qu'il s'agit de fantaisies. Mais et alors? Nous même, lecteur de BD, sommes les premier à lire et écouter des histoires que nous savons imaginaires. Cela ne nous empêche absolument pas de les dévorer, avec des étoiles pleins les yeux. Je pense que tout l'intérêt de cette BD se trouve là et qu'il s'agit du message qu'a voulu nous transmettre Masbou. Enfin, l'album est beau, magnifique même. Mais c'est devenu normal pour un dessinateur talentueux comme Masbou. 4 étoiles MAUPERTUIS, OSE ET RIT !

11/04/2021 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ma révérence
Ma révérence

Le scénario est très bien monté. Les dialogues bien écrits, un déroulement fluide avec les rebondissements nécessaires – ni trop, ni trop peu - qui maintiennent le suspense jusqu’au bout. Entre action et récit introspectif, on découvre un album tout en sensibilité avec une bonne dose de valeurs humaines et une autre de chronique sociale. Ces robins des bois au talent plus qu’incertain ne vont pas réussir à aller très loin dans leur projet, mais là n’est pas l’essentiel. Les personnages sonnent juste, leur vie passée est là pour le rappeler. Le dessin est précis, plein d’énergie, les scènes de rixes sont réussies, et grosse qualité : ce n’est pas une BD bavarde. Pas trop de texte, de l’efficacité, l’album a du rythme ! C’est très bon ! Un coup de cœur !

11/04/2021 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Et si l'amour c'était aimer ?
Et si l'amour c'était aimer ?

Mais que c’est bon cette BD ! Qu’est-ce que j’ai ri ! Pas pouffé dans mon coin, non non, je me suis bien esclaffé à la découverte des nombreux gags saugrenus complétement décalés ! un vrai rire quoi ! C’est complétement dingue ! L’absurdité des situations est gérée de main de maitre par Fabcaro. C’est jouissif ! Le rythme est soutenu ! Au moins un gag par page. C’est simple et efficace. Bien évidemment le dessin est un peu figé ! C’est la marque de l’auteur ! Mais c’est parfait pour appuyer le côté caricatural et burlesque des situations. Côté narration, c’est jubilatoire. A prendre au deuxième degré bien évidemment. Pour résumer mes sentiments, je dirais comme le grand philosophe belge Mac Arthur … pute borgne ! voilà tout est dit ! Cette parodie de romans photos est à déguster comme un petit bonbon sucré ! Je me suis régalé. Question existentielle qui me taraude … et si l’amour c’était aimer manger de la macédoine ?

11/04/2021 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Walking Dead
Walking Dead

J’ai longtemps hésité à plonger dans Walking dead version BD. J’avais tellement apprécié la série sur Netflix, que je craignais d’être déçu. C’est donc avec un peu d’appréhension que je me suis lancé. J’ai bravé mes certitudes en me procurant d’un seul coup tous les albums. Quitte à plonger, il ne faut pas faire les choses à moitié ! Et pour tout vous dire, je me demande encore pourquoi j’ai attendu tout ce temps pour me glisser dans le monde peuplé de zombies de Robert Kirkman ! Si j’ai apprécié la version télé, j’ai adoré la version dessinée. Ca secoue assurément. C’est bon. J’adore les histoires dans un décor post apocalyptique ! Et là je suis servi ! 33 tomes que m’ont procuré un plaisir visuel incomparable. On suit les péripéties d’un groupe de personnes essayant de survivre face à une invasion de morts vivants. Rick Grimes, un ancien policier est à la tête de ces survivants . La force du récit, ce n’est pas les zombies qui restent bien présents et dangereux, mais plutôt la subsistance de l’homme civilisé. La société se craquèle. Les rapports humains sont bouleversés. La loi du plus fort devient la règle. Des choix difficiles doivent être pris. Le monde que nous connaissons est en danger. Les rescapés doivent s’adapter pour survivre tout en maintenant une once d’éducation et de savoir-vivre pour ne pas devenir une horde sans foi ni loi. Rick Grimes incarne les valeurs dites d’un monde civilisé. Il fait tout pour protéger ses proches et assurer leur survie. Il poursuit donc sa mission de gardien de l’ordre au milieu du chaos… aider et défendre, même si il n y a plus d’autorité, plus de police et plus d’espoir. Le dessin est simple. L’aspect noir et blanc peut rebuter mais ce choix au final se justifie plus on avance dans l’histoire. Du suspens à couper le souffle. Les albums se lisent rapidement. Pas de prise de tête. Je vous invite à lire cette série même si vous n’appréciez pas les zombies ! Vous serez immédiatement accro ! Oui c’est sanguinolant ! Oui c’est gore ! mais je suis sûr qu’au final vous serez convaincu. C’est une série magistrale à ne rater sous aucun prétexte. On ne parle pas de la mort mais bien de la vie ! je recommande vivement.

11/04/2021 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Séquelles
Séquelles

Une fois n'est pas coutume, amenons directement ce dialogue puisé dans l'épilogue : "- trop de questions sans réponse. - Elle est toute simple la réponse : l'action mon vieux, le mouvement" Avec ces quelques lignes, Hugues Micol vient de résumer parfaitement les 320 pages de son pavé graphique qui se peut se lire comme une suite de sa première oeuvre Romanji (3) mais également comme un reboot totalement indépendant. Rappelons rapidement que cet OVNI pouvait facilement diviser (l'avis de Ro en est un bel exemple en contrepartie du mien). Il y a au moins de la consistance dans cette haletante course-poursuite qui renvoie autant aux dialogues d'un Michel Audiard pour certaines réparties pas piquées des hannetons qu'à un polar bien noir et craspec. On retrouve le valeureux agent Sabre qui n'en a décidément pas terminé avec son enquête surréaliste en croisant quelques créatures fantastiques et même quelques divinités. Hugues Micol dont le trait s'apparente désormais à celui plus charbonneux de Blutch arrive à captiver son lectorat tout en le désorientant par quelques effets temporels de mise en scène dont il est préférable de ne rien dévoiler. Il y aura de l'action, de l'absurde, de l'humour noir et pas mal de gunfights. La frénésie initiale laisse ici place à une subtilité narrative efficace. Et c'est même assez joli à regarder si on adhère au style survolté de son auteur. Séquelles ne plaira pas au plus grand nombre mais offre de belles perspectives de relecture pour qui veut bien abandonner un peu de sa rigueur cartésienne. Hugues Micol n'aura jamais été aussi généreux quitte de présenter un plat à la limite indigeste par la multitude de ses ingrédients.

08/04/2021 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série 1984 (Torregrossa)
1984 (Torregrossa)

Inutile de s'appesantir davantage sur ce classique absolu de la littérature mondiale qui reste aujourd'hui et pour de longues années malheureusement l'exemple de ce qu'il ne faudrait pas suivre en politique et dans une société de plus en plus surveillée et falsifiée. Cela doit faire plus de 35 ans que j'en connaissais chaque ligne et presque tout autant que je souhaitais en lire une adaptation en bande dessinée. Quelle ne fut pas ma surprise de trouver non pas une ou deux adaptations en ce début d'année 2021 mais bien quatre toutes distinctes et d'éditeurs différents. Celle de Soleil était mon choix initial et le resta même si je risque de craquer sur d'autres adaptations. La motivation de ces lectures n'est pas tant de retranscrire l'univers froid et sans émotions du monde créé par George Orwell mais bien d'en ressentir de nouvelles par les dessins. De ce côté-là, tout est plutôt bien retranscrit en seulement 120 pages de dessins inspirés par la ligne claire franco-belge classique et tout en nuances de gris. Quelques couleurs rehaussent intelligemment les rares moments de plaisir (un verre d'alcool, une étreinte, la nature) et le rythme est très soutenu. La première partie décrit assez rapidement (mais pas succinctement) toutes les caractéristiques de ce Londres déshumanisé même si de nombreux détails sont survolés et qu'on aurait apprécié encore plus de de décors écrasants sur quelques doubles pages par exemple. L'accent est en effet porté sur la relation entre Winston Smith et Julia qui restent présent au cœur du récit. Le travail est assez conséquent pour ce qui semble être l'adaptation la plus condensée et la plus accessible pour un jeune public. Rien que pour tout cela et une narration très fluide, cette adaptation du chef d'œuvre d'Orwell mérite amplement votre attention.

08/04/2021 (modifier)