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1984 (Torregrossa)

Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 2 avis)

D'après le roman culte et visionnaire de George Orwell, l'adaptation en bande dessinée d'une oeuvre précurseure, miroir à peine déformant de notre époque.


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Londres, 1984. Smith est un employé du Parti chargé de réviser l'Histoire. Dans un monde où toute sentimentalité est interdite, il est attiré par Julia, une femme peut-être dangereuse pour lui. Ensemble, ils vont tenter d'échapper à l'emprise du gouvernement et de Big Brother, le chef omnipotent du gouvernement. Mais est-ce possible dans un monde où tout fait et geste est surveillé et enregistré ?

Scénariste
Auteur oeuvre originale
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 06 Janvier 2021
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série 1984 (Torregrossa)
Les notes (2)
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13/01/2021 | PAco
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Par Blue boy
Note: 3/5
L'avatar du posteur Blue boy

En l’espace de deux mois, ce ne seront pas moins de quatre adaptations de « 1984 » qui auront été publiées (une en novembre 2020 et trois ce mois-ci). Il faut dire que 70 ans après la sortie française du roman culte de George Orwell, désormais entré dans le domaine public, plusieurs éditeurs (Soleil, Sarbacane, Rocher et Grasset) se tenaient sur les starting blocks pour sortir leur propre version. On pourra objecter que cela est tout à fait ridicule de sortir en même temps quatre adaptations, mais quoiqu’en en pense, cela confirme toute la puissance et la modernité du livre de l’auteur anglais. Si la pertinence d’une adaptation est incontestable, reste à en connaître la valeur ajoutée. Commençons avec celle de Soleil Productions. Sur le plan graphique, Rémi Torregrossa prouve qu’il sait dessiner, cela n’est pas à contester. Son style réaliste et assez détaillé, un peu froid, a su parfaitement donner corps au roman d’Orwell, en restituant scrupuleusement l’univers du livre que chacun pouvait avoir en tête. Le choix du noir et blanc paraissait approprié pour dépeindre un monde terne et déshumanisé, avec une rare intrusion de la couleur dans les scènes où Winston et Julia parviennent à se retrouver dans un cadre intime pour vivre leur amour. Clairement, on reste dans l’académisme propre à tout un pan de la bande dessinée actuelle et qui caractérise le plus souvent les séries dont le but est de capter le public le plus large, et qui probablement laissera de marbre la frange des bédéphiles en quête d’originalité. La récit de Jean-Christophe Derrien est de façon peu surprenante à l’image du dessin. Elle suit à la lettre la structure de l’œuvre littéraire, la seule digression que s’est autorisée le scénariste étant d’avoir choisi la narration subjective en utilisant les extraits de journal du héros Winston. Ce faisant, cette option permet à l’histoire de conserver une grande fluidité, à l'instar du roman d’Orwell. En optant pour la fidélité au récit d’origine, on pourrait en déduire que Soleil a voulu limiter les risques d’un échec commercial. Cette version, qui semble être la plus convenue, est loin d’être mauvaise mais n’apportera pas grand-chose au « 1984 » de 1949, et ne conviendra qu’à ceux qui ne lisent que de la BD. A cet égard, on ne pourra que conseiller au lecteur — jeune ou non, et ouvert à tous les formats narratifs — de se précipiter plutôt sur l’ouvrage original, monument incontournable de la littérature de science-fiction qui conserve une acuité terrible sur la façon dont les technologies permettent de suivre à la trace les citoyens. A l’heure d’Internet et des réseaux sociaux, la question n’en est que plus brûlante. Les télécrans de « 1984 » ne sont-ils pas d’une certaine manière les smartphones de 2021 ?

16/01/2021 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
L'avatar du posteur PAco

Toujours difficile de se lancer dans ce genre d'adaptation dès qu'il s'agit d'un roman qui aura marqué l'histoire de la littérature et que, forcément, tout le monde attend au tournant. Surtout que vu que le texte vient de tomber dans le domaine public cette année, les adaptations sont nombreuses et la concurrence rude. Mais Jean-Christophe Derrien au scénario et Rémi Torregrossa au dessin s'en sortent plutôt très bien avec une adaptation fidèle qui rend parfaitement hommage au texte de George Orwell. La trame narrative semble suivre assez rigoureusement celle du roman et le dessin de Rémi Torregrossa, tout en ligne claire rehaussé d'un encrage assez marqué et d'une colorisation volontairement restreinte à une palette de gris, nous immerge rapidement dans ce Londres sous emprise totalitaire de 1984 imaginé par Orwell en 1949. Ce choix graphique lui permet de mettre en valeur les quelques moments de bonheur que vont partager nos deux protagonistes en introduisant la couleur sur quelques rares planches. Cet univers régit d'une main de fer par Big Brother est donc bien retranscrit et questionne toujours autant sur notre résignation ou notre résistance à ce totalitarisme omnipotent. L'actualité nous renvoie en miroir à ces réflexions, et notre addiction grandissante aux réseaux sociaux et à note capacité à livrer de nous même toute sorte d'informations à même de nous desservir également. Quand on voit comment la Chine par exemple tient d'une main de fer sa population grâce aux nouvelles technologies, on se dit que Big Brother est loin d'être une dystopie irréalisable, loin de là malheureusement... Voilà donc une adaptation réussie qui met parfaitement en valeur le texte d'Orwell malheureusement toujours plus d'actualité que jamais. A redécouvrir pour les amateurs d'Orwell ou a découvrir de belle façon pour ceux qui n'ont jamais tenté sa lecture.

13/01/2021 (modifier)