Les derniers avis (9597 avis)

Par doumé
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Chasse
La Chasse

Une traque qui se transforme en odyssée, une proie qui se transforme en guide, l'exploration de nouvelles contrées qui se transforme en voyage temporel, une lecture qui devient un vrai moment de plaisir. Quel dessin, graphiquement cet album est hors norme, j'ai découvert cet album un peu par hasard en visitant le site de l'éditeur et je n'ai pas regretté mon achat, son style est remarquable Un dessin en noir et blanc inspiré par plusieurs tendances, l'art pariétal ou par d'autres auteurs comme Frans Maaserel qui sont une source d'inspiration pour Vazquez. Le résultat est un style de dessin propre à l'auteur et le résultat est visuellement une réussite. Une qualité qui permet de savourer chaque case. Il n'y a aucun dialogue, quelques commentaires nous guident, c'est le dessin qui porte cette œuvre pour suivre l'odyssée de notre héros. Pour le scénario, je suis plus mitigé, la première partie est réussie jusqu'à ce voyage temporel qui méritait plus de développements pour l'ensemble des thèmes abordés. Ce voyage permet à l'auteur d'opposer deux visions, la première d'un homme qui vit en symbiose avec son environnement et la seconde d'un homme piloté par une société violente et inhumaine. L'auteur dénonce la violence, la déshumanisation de notre système, la pollution générée par la société de consommation. Une bd qui se déguste.

30/04/2021 (modifier)
Couverture de la série Ô Verlaine
Ô Verlaine

Donc juste quelques petites choses sur le livre. (1) Vous devez savoir qui est Paul Verlaine avant d'entrer (par exemple, le célèbre poète français, Baudelaire contemporain, a eu une liaison avec un autre poète Arthur Rimbaud et est allé en prison pour avoir tenté de l'abattre, est également allé en prison pour avoir apparemment tenté de tuer son mère ...? Vous pouvez dire que la lecture de fond ne sera pas ennuyeuse.). (2) Le livre n'a pas vraiment d'intrigue. Ce ne sont que les derniers jours de la vie de Verlaine. Je ne mentirai pas, c'est une déception totale. Il est constamment ivre, a des insectes qui courent autour de sa maison et de ses vêtements, semble totalement déprimé, vit avec des gens abusifs qui l'utilisent pour de l'argent mais qu'il traite aussi comme de la merde, il gaspille également un tas de dons de ses fans en alcool et vend une marque nouveau costume en échange de vêtements enlevés à un sans-abri mort (non vraiment, c'est dans le livre). (3) Malgré ce qui précède, c'est une bonne lecture. Bien sûr, c'est lent, et ce n'est pas l'affaire de tout le monde, mais le livre a beaucoup à offrir. L'auteur se donne beaucoup de mal pour décrire l'argot parisien, les quartiers populaires, les hôpitaux à l'époque, le large éventail de personnes qui admiraient la poésie de Verlaine, les tenants et les aboutissants de l'édition et comment Verlaine recevait son salaire (et son Commentaires). Et il y a un aperçu vraiment étrange de la façon dont les artistes boho-chic ont pris des décisions de style de vie discutables (par exemple: avoir un anaconda pour animaux de compagnie qui finit par manger votre petite amie entière parce qu'elle a manqué d'opium pour la distraire) (je ne pourrais pas inventer cela si J'ai essayé). (4) Le livre est inattendu. Cela en dit long sur l'idolisation, la dépression, les abus, l'amitié, l'agressivité passive, la classe, l'opinion populaire ... et le tout saupoudré d'une belle poésie de Verlaine en plus. Donc, si cette critique ne vous a pas effrayé pour de bon, je recommande le livre à tous ceux qui aiment les poètes du 19ème siècle, la fiction d'époque précise qui vous donne un sens de la vie quotidienne, le drame axé sur les personnages et (bien sûr) la poésie de Verlaine. Ou, vous savez, vous pouvez simplement aller lire la poésie. Peut-être faire ça. Je vais faire ça.

29/04/2021 (modifier)
Par fuuhuu
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Homme gribouillé
L'Homme gribouillé

En flânant dans les rayons de ma bibliothèque communale, mon regard s'est rapidement posé sur cette bande dessinée. Tout de suite, j'ai été intrigué et je n'ai pas attendu pour la dévorer. En effet, j'ai trouvé cette couverture à la fois fascinante et terrifiante. J'ai tourné les premières pages et je n'ai ensuite su refermer l'album qu'après en avoir lu l'intégralité. Tout d'abord, le dessin est incroyablement beau. Le tout en noir et blanc, avec une atmosphère angoissante tout au long. Pour autant, l'histoire n'est pas que suspens et angoisse. Nous avons droit à une belle relation entre une mère atteinte de troubles d'aphasie et une fille bavarde et pleine d'imaginations. Tout au long de l'histoire, nous allons prendre du plaisir à découvrir cette belle relation dans un contexte rempli de mystères, de meurtres, d'enquêtes et de surnaturels. L'histoire ne souffre d'aucun temps mort, le rythme est parfaitement maîtrisé et la fin est excellente. Ma seule petite déception est que certains personnages ne sont que trop peu développés. On aimerait tellement en voir plus... 4.5 étoiles MAUPERTUIS, OSE ET RIT !

27/04/2021 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Odyssée d'Hakim
L'Odyssée d'Hakim

Une très bonne série documentaire sur le sort d'un migrant qui a dû fuir sa Syrie natale à cause de la guerre. J'ai trouvé son histoire passionnante du début jusqu'à la fin, malgré le fait qu'on sait déjà comment va être sa situation finale. C'est très intéressant comment la vie d'un jeune homme peut basculer alors que son futur semblait prometteur. On voit aussi qu'il n'a pas tout de suite pensé à venir en Europe, il a essayé des pays arabes et la Turquie, et la décision d'aller en France va venir ensuite et un peu par hasard. J'ai tout adoré dans cette série: la situation en Syrie, des réfugiés dans les pays musulmans (où on voit que ce n'est pas mieux qu'en Europe), les problèmes pour embarquer clandestinement, etc et etc. Il y a des passages terriblement émouvants et j'ai appris plein de choses. Une œuvre à lire si on veut en apprendre plus sur un sujet terriblement d'actualité.

27/04/2021 (modifier)
Par Solo
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Crépuscule des Dieux
Le Crépuscule des Dieux

Je suis heureux d'avoir cette collection en ma possession et je remercie les libraires. Un peu baigné dans les histoires mythologiques depuis l'enfance, j'ai 8/9 ans quand je découvre la Communauté de l'Anneau de Peter Jackson. Et là, le mal est fait! Le libraire saura toujours conseiller mes parents pour m'offrir les BD qui me feront grandir dans le milieu de la Fantasy. On commence en douceur avec Le Seigneur d'Ombre de Jean-Luc Istin… Et puis il me fera passer un grand moment grâce à cette adaptation d'une des histoires originelles de la Fantasy : l'histoire des Nibelungen. L'ensemble est une réussite pour moi. Le récit est prenant, l'aventure des hommes est haletante, la querelle des dieux est profonde, le lien entre Asgard et Midgard est admirablement mis en scène, les batailles sont épiques, les monstres sont titanesques, les héros sont dignes d'être au premier plan de cette grande histoire et on ressent la terrible tragédie divine et humaine. Bref, les auteurs de BD prouvent que la Mythologie, ici germanique, a trouvé son medium de prédilection. Et j'aime bien garder le terme de récit mythologique autant que celui de la fantasy, tant l'histoire racontée ici semble conforme à l'histoire originelle. J'ai revu quelques sources différentes et la retranscription paraît fidèle. La plus grande réussite est d'avoir réussi à dégager une ambiance particulière, propre à ces récits nordiques aux destinées tragiques. L'anneau des Nibelungen est utilisé ou interprété de partout, et je trouve toujours assez remarquable de créer un succès sans chercher à surenchérir une histoire qui se suffit à elle-même. Le tome 0 n'est pas nécessaire dans l'absolu, même s'il est le bienvenu pour assurer la compréhension du récit pour les néophytes comme moi. Construit après parution des premiers tomes, il a malheureusement rendu l'introduction du tome 1 quasiment obsolète. Mais bon, les détails supplémentaires sont salvateurs pour comprendre davantage les origines et enrichir l'univers de cette saga. Je noterai quelques points bloquants en ce qui me concerne. Jusqu'au tome 6, ce récit est une pure merveille et ça finit en apothéose. Par contre, le deuxième cycle (tome 7/8/9) qui se déroule dans une époque plus lointaine ne m'aura pas fait le même effet... Et enfin, ma plus grande déception fini par être le dessin. Je pense que c'est le style qui cherche à attirer un public assez jeune. Si je peux comprendre le choix éditorial (j'ai moi même été totalement conquis quand j'étais ado), je suis frustré de voir les traits finalement en décalage par rapport à la gravité du scénario et l'ambiance abyssale qui règne dans ce mythe. Mais bon, cela ne m'empêche pas de me replonger à répétition dans cette saga, c'est un coup de cœur sincère et j'invite les amateurs de mythologie ou de fantasy à découvrir cette série qui ne devrait franchement pas vous décevoir.

25/04/2021 (modifier)
Par DCD
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Imbattable
Imbattable

J'avais peur de la redondance du super pouvoir d'Imbattable, mais l'incorporation d'autres pouvoirs chez d'autres personnages, voire de la machine à trou noir du méchant, a élevé le niveau déjà haut du concept, vers des sommets ! Je lis habituellement des bandes dessinées à l'intrigue tortueuse et aux personnages complexes, mais là c'est simple (mais pas plat) et efficace ! Une réelle très bonne découverte ! PS : et le troisième tome est une réussite !

24/11/2020 (MAJ le 24/04/2021) (modifier)
Par Josq
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Reconquêtes
Reconquêtes

Quelle épopée ! Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas vibré ainsi au rythme des pages d'une bande dessinée ! Emballé par Zaroff de Sylvain Runberg et François Miville-Deschênes, j'ai voulu découvrir ces auteurs plus en détail et bien m'en a pris. Reconquêtes contient exactement tout ce que j'aime, dans ce genre de récit ! Commençons déjà par une petite mise au point : Reconquêtes n'est pas une bande dessinée historique et n'a aucune volonté de l'être. On est très clairement dans de la fantasy antique, où l'Atlantide a existé, où les griffons ont été domptés par les Scythes, où certains personnages ont des pouvoirs magiques avérés, etc... Si, bien sûr, Sylvain Runberg s'appuie sur un contexte historique bien réel, il profite du peu de renseignements fiables dont disposent les historiens pour créer un univers antique alternatif où la magie est une réalité et où il peut faire à peu près ce qu'il veut des personnages, puisqu'on ne sait pas grand-chose d'eux sinon que certains d'entre eux ont existé il y a des millénaires. Cela donne un formidable terrain de jeu à Sylvain Runberg et François Miville-Deschênes (qui a également participé au scénario) pour créer leur propre histoire, et ils ne se privent pas pour nous donner quelque chose d'assez incroyable. Le développement du récit en 4 tomes permet aux deux auteurs de créer un univers d'une densité remarquable. Les personnages sont très étoffés et ce dès le premier tome, puis toute leur évolution au cours des 4 tomes se fait de manière toujours cohérente par rapport aux bases initialement posées. Le scénario en lui-même, d'ailleurs, est d'une cohérence remarquable, et sait toujours prendre le temps de poser ses pions pour les exploiter plus tard (même si parfois, il les exploite un peu trop vite après les avoir révélés). Les enjeux sont simples et efficaces, on est dans un récit de guerre classique, avec ses deux camps et leurs jeux d'alliance. J'apprécie beaucoup le fait que les auteurs n'aient pas cherché la complexité à tout prix dans la mise en scène de ces alliances. Celles-ci sont donc assez claires et ne bougent pas tant que ça, mais en revanche, on sent clairement leur fragilité et la menace qui pèse sur elle, risquant de les défaire à chaque instant. A cette image, toute la saga sait restituer cette atmosphère ultra-tendue où le moindre geste de travers peut avoir des conséquences dévastatrices pour tout un peuple. En cela, les personnages sont parfaitement écrits. Très attachants, on peut comprendre les parcours et les choix de chacun d'entre eux, même sans les approuver constamment. Les personnages sont vraiment humains, ils ont tous des qualités et des faiblesses, et ça donne énormément de relief au récit. Cela n'exclut pas nécessairement certaines facilités scénaristiques, mais celles-ci sont vraiment peu nombreuses, et ne sortent jamais de nulle part (sauf peut-être celle qui permet de hâter la conclusion dans le dernier tome). Si chaque tome peut se targuer d'être un véritable petit bijou, c'est aussi, voire avant tout, grâce au talent hallucinant de François Miville-Deschênes. Son trait est absolument magnifique, réaliste mais pas figé, la composition des cases est toujours dynamique et cultive un sens impressionnant du grand spectacle. Vraiment, chacun des tomes de cette saga est un magnifique objet, dès la couverture, et jusqu'à la plus discrète des cases. Le reproche que j'ai pas mal vu sur le côté racoleur de la saga est à mon avis assez justifié, car il est vrai que les auteurs ne se privent jamais (sauf dans le dernier tome qui se passe sous la neige !) pour déshabiller leurs personnages au physique évidemment très avantageux. Mais bon, pour moi, ça contribue à l'atmosphère globale, typique des péplums antiques, avec ce mélange de violence brute et de sensualité débridée (même s'il est vrai que voir des guerriers ou guerrières aller au combat le torse nu est quand même assez illogique...). Pour moi, en tous cas, le point culminant de la saga est indéniablement le dernier tome, qui conclut ses différents arcs narratifs d'une manière très satisfaisante (au prix d'une facilité scénaristique pas si méchante), et termine sur une touche spectaculaire proprement hallucinante. J'étais littéralement scotché à mon album. Ce dernier tome est vraiment du niveau d'un Siegfried pour moi (auquel il peut faire penser, graphiquement). Donc voilà, à condition de ne pas venir chercher une saga historique, mais un vrai péplum de fantasy antique, Reconquêtes est à mon avis un incontournable du genre, qui montre une parfaite aisance dans la maîtrise d'une narration complexe, aux personnages nombreux, aux systèmes religieux/politiques variés, et aux scènes de combats graphiquement époustouflantes. Ne seraient quelques facilités (vraiment légères) en termes de scénario, je serais sans doute monté à l'échelle du 5/5 "Culte". En tous cas, on est clairement sur une saga personnellement culte.

24/04/2021 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Jardin secret
Le Jardin secret

Le Jardin Secret est un roman de Frances Hodgson Burnett, l'auteure de La Petite Princesse, vous savez, la fameuse Princesse Sarah. Cette histoire en reprend les éléments de base, à savoir une jeune fille ayant grandi dans le luxe des Indes et qui se retrouve soudain orpheline en Angleterre. Mais cette fois-ci, ce n'est pas dans une institution londonienne mais dans le manoir isolé de son oncle, un homme absent et traumatisé par la mort de sa femme. Et Mary n'a rien de la brave et gentille Sarah car elle a un caractère épouvantable et hautain. Pourtant la vie campagnarde, quelques belles rencontres et la découverte d'un jardin caché et laissé à l'abandon vont la transformer. Tout cela, je ne l'ai appris qu'après avoir fini ma lecture. Je n'avais pas noté qu'il s'agissait d'une adaptation de roman et il y avait un je-ne-sais-quoi de mystérieux et d'envoutant dans le récit de la BD qui m'a laissé penser à tout moment à l'apparition d'une dose de merveilleux, comme ces récits fantastiques pour la jeunesse moderne. Je me suis laissé transporter par cette lecture qui m'a franchement plu. Le dessin est relativement simple, dans cette veine que j'aime à associer à la Nouvelle BD ; il est charmant et réhaussé de belles couleurs. L'histoire est bien rythmée et bien construite, avec une accroche permanente qui donne envie de voir où il va nous mener. Les lieux qu'on y visite et les personnes qu'on y rencontre sont intéressants et assez magnétiques, emplis d'une part de poésie du quotidien. J'ai trouvé une vraie intelligence dans ce récit, évitant les lieux communs et offrant des comportements réalistes à ses protagonistes. L'héroïne, notamment, qui est plutôt détestable au début de l'histoire, regagne peu à peu notre sympathie jusqu'à en devenir touchante et attachante. En définitive, un petit coup de cœur pour une lecture qui pourra plaire tant aux adultes qu'aux plus jeunes.

21/04/2021 (modifier)
Couverture de la série Fritz Haber
Fritz Haber

Deux choses sautent aux yeux à la lecture de cette série. D’abord le parti pris esthétique. En effet, l’aspect graphique est assez original. Un rendu proche de vieilles photos floutées, mouillées, retravaillées parfois, avec d’autres passages plus nets (et des interludes entre les différents chapitres qui s’inspirent des légendes et de l’antique histoire allemandes). Les dominantes sombres, le rendu pas toujours très clair (sans doute cela peut-il gêner la lecture, mais ça n’a pas été le cas pour moi) s’accordent parfaitement à l’intrigue, mais aussi à l’histoire qui lui sert de cadre : c’est effectivement très sombre, et l’on touche là la noirceur de l’âme humaine, comme de l’Histoire. Ensuite, ce qui est notable, c’est l’ambition de David Vandermeulen ! C’est en effet une vision de l’histoire de l’Allemagne du dernier quart du XIXème siècle au premier tiers du suivant qui nous est contée, en plus d’une vision intéressante de certains conflits (génocide des Hereros en Afrique, et surtout Première guerre mondiale). C’est aussi le parcours étonnant de Haber que nous suivons, dans une sorte de pacte faustien : ambitieux (il veut diriger son institut), travailleur (il fait froid dans le dos lorsqu’il teste ses produits, son gaz, avec une vision uniquement commerciale et dépassionnée alors qu’il parle d’une arme potentiellement hyper dangereuse ! - quant à la façon dont il laisse sa femme de côté...), nationaliste, il essaye de faire oublier sa judéité, alors même que ses adversaires ne cesseront de la lui rappeler – dans une époque et en des lieux où cette question est des plus sensibles ! Autour de ces thèmes, l’évolution du mouvement sioniste (et les projets de fondation d'un Etat juif), la personnalité pacifiste d’Einstein, etc. Bref, on a là quelque chose de très dense et très bien mené. Œuvre ambitieuse et réussie, qui plus est avec des choix esthétiques forts pour la porter, nous avons là une série des plus recommandables ! J’ai lu les 4 albums déjà parus – mais le dernier date de 2014 et s’arrête en 1917, c’est dire qu’il y a encore matière à au moins deux tomes ! Et j’espère que cette série n’est pas abandonnée !

21/04/2021 (modifier)
Couverture de la série La Fin du monde
La Fin du monde

Impossible de se tromper sur le dessin de Tirabosco. Qu'on aime ou pas, l'aspect de crayon gras dû à la technique du monotype employée, ses formes douces qui passent facilement pour du dessin jeunesse, lui confèrent une personnalité sur laquelle on peut difficilement se tromper. Et ici la bichromie avec ce bleu rend cet album particulier entre tous ceux de Tirabosco. Personnellement j'aime beaucoup, même si le dessin en question ne convient peut-être pas pour tous les types d'histoires. La fin du monde est de prime abord une histoire étrange. En tout cas si on pense lire une véritable histoire de fin du monde. Mais bien sûr, il ne s'agit pas de cela. La fin du monde raconte un secret de famille, un non-dit, qui reste en suspens au milieu des membres de cette famille, et qui, loin de disparaître, fermente, se désseche, mais reste là, bloqué, suspendu, piégé et piégeant tout le monde. Notre héroïne - qui ne sera jamais nommée, comme si elle n'avait pas d'identité - est prise dans ses rets sans le savoir, elle ne se débat pas, elle reste allongée sur son plancher, anesthésiée. Et puis elle retourne dans la maison de son enfance, et avec des compagnons assez particuliers - un chat et une vieille dame - elle part à la découverte. Sous l'apparence d'un voyage à la Alice au pays des merveilles, elle va découvrir son passé et ce secret. Sous des dessous d'aventure bizarre et d'un titre apocalyptique, La fin du monde raconte une aventure intérieure, une naissance. Car parfois, pour pouvoir revivre, il faut accepter de faire son deuil, et peut-être, telle la chenille qui devient papillon, accepter de mourir. Chaque fois qu'un homme meurt, c'est pour lui la fin du monde, peut-être cela peut-il donner une clé de lecture de ce titre. Histoire contenant des éléments autobiographiques, son aspect très onirique lui confère un caractère étrange, fascinant et lancinant. L'athmosphère de ce récit est particulièrement réussie. Pas étouffante, pas inquiétante, non, mais pourtant on n'en est jamais loin. Ce qui est sûr, c'est que cet album est envoûtant, et fait ressentir une palette d'émotions assez impressionnante. On en ressort des questions et des images plein la tête. Très bonne lecture. Egalement de Tirabosco et dans un genre proche : Le Colporteur.

21/04/2021 (modifier)