Embarqué sur un steamer qui effectue chaque jour la traversée de la baie de San Francisco, Humphrey Van Heyden, journaliste au destin tout tracé, se trouve soudain pris dans une brume impénétrable. Le bateau, qui a perdu ses repères, est percuté par un paquebot avant de sombrer corps et biens… ou presque. Van Heyden, croyant sa dernière heure arrivée, s’abandonne à la mer et s’évanouit. A son réveil, quelle n’est pas sa surprise de se trouver à bord goélette pratiquant la chasse au phoque faisant route vers le Japon.
C’est alors qu’on découvre l’équipage ! Et là… on comprend que ça ne va pas être facile pour Humphrey. Mais l’équipage, ce n’est rien, comparé à Loup Larsen, le capitaine despotique du navire ! Commence alors un bras de fer terrible entre Humphrey et Loup Larsen. Deux hommes s’affrontent, la force et la violence du capitaine contre la faiblesse de l’écrivain, deux conceptions de la vie et de la mort, de l’immortalité de l’âme, deux visions de l’Homme dans ce qu’il a de meilleur et surtout de pire. Et pourtant... ils sont en commun l'amour des livres et des grands auteurs. La libre adaptation du roman de Jack London est une grande réussite. Décidément, Riff Reb’s est surdoué pour les récits de mer. Le dessin est sublime et la mise en couleurs toute aussi réussie. Un duel passionnant, profond et questionnant. C’est très bien écrit, fluide et puissant.
Décidément, ce nouvel éditeur semble orienter les sorties de ces mangas en fonctionne de la sortie des adaptations en anime parce que là c'est la troisième fois qu'il sort un manga lorsque la version animé commence ou était sur le point de sortir.
Je connaissais pas du tout ce manga et j'ai regardé le premier épisode parce que le résumé m'intéressait vaguement. Après avoir vu l'épisode, j'ai tellement aimé que j'ai fini par lire tous les chapitres du mangas qui sont sorti jusqu'à ce jour et maintenant tous les semaines je lis le dernier chapitre paru et je regarder un épisode de l'anime.
J'ai lu plusieurs manga du genre harem parce ce que c'est un genre de que j'aime et la prémisse de celui-ci m'intéresse parce qu'on prends l'idée que deux filles partagent le même gars au sérieux. C'est pas juste 'toutes les filles acceptent facilement d'être avec le même type', on montre vraiment de manière réaliste que c'est pas facile: les deux filles s'entendent bien, mais il y a tout de même un peu de jalousie entre-elles, le gars veut vraiment les aimer toutes les deux de manière égale et c'est pas facile, une relation à plusieurs demandant plus d'énergie qu'une simple relation entre deux personnes, etc. Cerise sur le gâteau, le manga est aussi humoristique.
Alors qu'avec une même base un autre auteur aurait fait un drame avec les personnages qui passeraient leur temps à ce plaindre de leurs situations pendant des pages et des pages, ici même si l'idée de la polygamie est traité de manière plus sérieuse que dans la plupart des mangas, cela reste une œuvre très drôle avec des personnages cons qui font des trucs cons. Mention spécial pour le héros qui a toujours des solutions qui défient la logique (enfin disons qu'il y a une logique, mais une logique que personne de sensé appliquerait). Le scénario est agréable à lire, le dessin est bon et l'humour fonctionne pour moi.
Il y a tout de même un truc que je reproche est que j'aurais bien aimé voir plus de scènes où les trois personnages principaux passent du bon temps ensemble sauf que pour le moment leurs vies est surtout parasité par deux autres filles qui ont découvert la vérité. Les deux filles sont très marrantes, mais j'aurais aimé que le trio ait plus d'intimité.
Une très étrange histoire ou au même titre que le personnage principal, Ter, nous plongeons avec lui pour ce qui est un petit bijou de mise en abyme. Kafka et Ubu sont convoqués pour emmener notre "héros" qui s'englue peu à peu dans un monde où les portes mènent vers un inconscient ubuesque.
S'il faut trouver une explication à cette histoire (eh oui pauvre lecteur tu voudrais bien comprendre, avoir des réponses, mais que nenni), alors qu'au détour d'une case il semble qu'enfin les choses aillent s'éclaircir l'auteur brouille à nouveau les pistes nous laissant sur le bord de la route. Pour ma part j'ai assez vite pensé que Ter avec son bandage sur le crâne avait été trépané suite à une blessure reçut pendant cette guerre évoquée par flashbacks, ce qui peut provoquer quelques séquelles. En fait tous les habitants de cet immeuble, ont un gros pète au casque.
Parabole sur la vacuité de l'existence ou de nos sociétés, quoi qu'il en soit il faut saluer ici le travail de l'auteur Koren Shadmi que je découvre à cette occasion. Scénariste, dessinateur, mais aussi coloriste qui avec des tons pastel assez ternes qui renforcent l'ambiance claustrophobique.
A mon sens un BD essentielle, je l'ai lu dans l'intégrale et c'est un prêt, mais je pense qu'elle est indispensable dans toute bonne bibliothèque qui se respecte aussi je vais en faire l'achat. N'hésitez pas à faire de même.
Très bonne surprise !
Le fil de l'histoire est très simple et bien construit et je vous laisse le découvrir. Mais c'est l'ambiance qui est très spécifique et réussie. Pour moi la première page, au contraire est un faux pas éditorial ; tout ce blanc autour empêche de lire la tâche centrale qui révèle à elle seule le pitch du scénario.
C'est une sorte de "La Tour" de Peeters (Benoît) et Schuiten, (rangée dans BDthèque dans les citées obscures, même si elle n'a rien à voir avec les autres) mais avec de l'humour, ce qui est appréciable et manque beaucoup, de mon point de vue, aux albums des deux compères. Par ailleurs le lavis noir laisse une vapeur indécise qui permet au lecteur de remplir les trous, de s'inquiéter alors qu'il n'y a pas lieu, ou de s'adoucir au moment où il devrait au contraire s'inquiéter. Rien à voir donc avec le trait maître de Schuiten.
Alors pourquoi cette comparaison ? Et bien c'est une sorte d'exploration , où un personnage âgé guide un plus jeune, le lecteur ne comprend pas vraiment ce qui se passe mais suit la pérégrination, emporté par la beauté des images en noir et blanc. Ici il y a d'autres personnages, des ombres blanches munies d'un bâton qui sont à la poursuite d'un chat blanc, les clients du café, l'oncle... Mais tous ces personnages n'ont pas de personnalité, souvent pas de bouche d'ailleurs. D'ailleurs ce n'est pas dans les visages que l'ont peut trouver de quoi s'identifier. Ce ne sont que les dialogues entre le jeune et le vieux qui nous attachent à eux, leurs erreurs, leurs inquiétudes, leurs interrogations.
La fin remet tout à sa place, et c'est important dans le sentiment du lecteur. Finalement tout cela avait un sens.
C'est un roman graphique qui raconte l'expérience d'une maladie. Une maladie qui vous coupe de la communauté générale et vous fait entrer un temps, pour partie à l'intérieur de vous même et pour partie dans un protocole hospitalier inconnu et répétitif. Ici il s'agit d'un AVC (accident vasculaire cérébral) d'une jeune finlandaise dessinatrice de BD. Le point de vue est résolument celui du malade.
Je le mettrais entre "quand vous pensiez que j'étais mort" pour le point de vue interne et Sous l'entonnoir pour l'observation de la vie entre les murs.
J'avoue que je viens de passer quelques jours à l’hôpital pour une opération simple et voir décrire si précisément le ressenti de la personne "en bonne santé" qui se trouve plongée, bien malgré elle, dans l'univers de l'hôpital, m'a touché. La description du coté banal des gestes médicaux qui se répètent chaque jour, mélangé à la prise en charge de l'urgence est parfaitement réussi... On est à la fois surpris et déprimé de constater que le quotidien du malade hospitalisé est exactement le même en Finlande qu'en France (personnel qui parle d'autre chose en te soignant comme si tu étais un objet, ou grands sourires infantilisants, protocoles imperturbables, équipe de jour, équipe de nuit, brancardiers peu loquaces ...) La fatigue, et l'angoisse de ne pas en voir le bout... l'imagination qui cherche à se rendre compte de ce que sera la vie à la sortie de l’hôpital, puis après, combien de temps pour que tout revienne à la normale, va-t-on revenir à la "normale" ?
Je ne sais pas si une personne qui n'a pas du tout vécu la chose de l'intérieur pourra en être aussi touchée. Cela peut justement être un outil pour l'entourage d'un malade, pour l'aider à se rendre compte. En tout cas l'outil graphique utilisé est très réussi (jus des 2 ou 3 lavis différents qui s'assemblent en de belles compositions, parfois un peu de craie plus claire quand on a oublié de réserver un blanc, contours de la grille noirs et réguliers). La première page rend bien cet équilibre froid, où même le rouge ne réchauffe pas .
Memento mori : souviens-toi que tu vas mourir.
Un homme d'affaire sans scrupule, avec un grand sens de l’adaptabilité aux situations. Que dire de plus sinon qu’il est prêt à tout pour s'enrichir et sauver sa famille ! Un héros presque ordinaire qui navigue entre deux eaux et dont on ne sait trop quoi penser. Est-il un héros, est-il un salaud ? Cette question lancinante qui se pose le lecteur est la clef de cette série remarquable qui traduit parfaitement bien ce que fut la société des années 40 et en particulier celle de la France occupée. On a trop souvent des personnages aux engagements tranchés, sûrs d’eux, aux combats justes et incontstables. Ici, on est dans ce qu’on appelle la zone grise, ni d’un côté ni de l’autre ou un peu d’un côté et de l’autre. L’ambiguïté et la complexité du personnage sont vraiment bien rendues. Autour de lui, toute une clique de gens, plus vrais que nature. Le dessin est précis et travaillé. Il restitue avec justesse l’ambiance des années noires, oppressante, soupçonneuse, dangereuse. C’est intelligent, subtil, pas caricatural et cette histoire nous incite à nous poser des questions sur l’époque et sur nous-mêmes. Un petit clin d’œil aux films de Jean Gabin ? Probablement. On y retrouve aussi des personnages historiques qui trouvent, une place naturelle dans le scénario, sans que leur présence alourdisse l’histoire. Fabien Nury ne nous livre pas une fresque historique – c’est toujours le risque avec les récits basés sur des faits et des ambiances réels. Il manie avec subtilité l’histoire et la fiction et franchement, je trouve que c’est une très grande réussite.
Franchement inclassable, comme souvent avec cet auteur argentin au style particulièrement reconnaissable et clivant, mais que j’apprécie beaucoup.
C’est l’aspect graphique qui justifie avant tout mon coup de cœur. Le dessin de Carlos Nine, déformant les corps et les objets dans une esthétique qui doit beaucoup au surréalisme, est plus que chouette ! Dessin et colorisation m’ont fait penser à un mixe de Bacon et Dali. Visuellement, c’est à la fois original, poétique, grotesque : j’en redemande.
D’autant plus que l’éditeur a fait un effort particulier avec cet album. En effet, loin des couvertures souples qui d’ordinaire habillent les albums de la collection L’Echo des Savanes d’Albin Michel, nous avons là une couverture rigide, avec un dos toilé, et un papier bien plus épais que d’habitude, ce qui met bien en valeur le dessin de Nine.
Quant aux petites histoires qui composent cet album, elles sont intéressantes, mais sans doute moins délirantes et poétiques que dans d’autres albums du même auteur. Pas de bulles ou de cases, dialogues et commentaires sont placés en off, tout autour des dessins.
C’est une suite de récits qui partent de postulats assez classiques : des privés racontent leurs aventures, sur un ton blasé, au milieu des starlettes et de personnages de cartoon (plusieurs personnages de Disney – Nine adore déformer cet univers – de Popeye, etc.).
Les amateurs de Carlos Nine se doivent de jeter un coup d’œil sur cet album (franchement pas des plus courants !). Les autres seront peut-être convaincus après un rapide feuilletage.
Note réelle 3,5/5.
Merci à Mac Arthur d'avoir attiré mon attention sur ce manga !
L'idée de départ est vraiment excellente. Notre pauvre héros est employé dans une société inhumaine (et malheureusement ce qui lui arrive se produit vraiment au Japon) et là il va enfin pouvoir profiter de la vie grâce à une invasion de zombies ! L'idée est vraiment bien maitrisée, le personnage principal est terriblement attachant et l'humour fonctionne bien. C'est exagéré, mais pas au point où cela devient lourd comme avec plusieurs mangas humoristiques, il faut dire qu'il y aussi un côté un peu sérieux et que les auteurs équilibrent bien, ce qui donne une bonne série où le héros agit comme s'il était en vacances, alors que la société s'écroule autour de lui et qu'il y a des zombies prêts à le bouffer. On peut voir ça comme une satire sociale du monde du travail japonais, qui peut être tellement inhumain que l'apocalypse à coté c'est chouette.
Le dessin est dynamique et les expressions exagérées des personnages sont vraiment drôles. Un bon manga que j'ai envie de suivre sur plusieurs tomes.
Après lecture des 2 premiers tomes qui m'ont attiré de par leurs très jolies couvertures !
Il s’agit d’une bd animalière politique très agréable à lire.
En préface Xavier Dorison cite ses diverses sources d’inspiration dont « La ferme des animaux » de George Orwell. Pour les intéressés, le film « L’ombre de Staline » dépeint la genèse de ce roman.
Cette bd narre une dictature imposant des mesures spoliatrices et liberticides aux individus sous prétexte du bien collectif : au final la loi du plus fort règne et non l’état de droit.
Comment se défendre d’un tel système autoritaire ?, c’est le propos des deux premiers tomes.
Le débat par rapport au fait de renverser la dictature par les armes ou par la non coopération non violente m’ont rappelé le prêtre (Jeremy Irons) et le mercenaire (Robert de Niro) dans le merveilleux film « Mission ». Jeremy Irons répondant à De Niro « si la seule possibilité pour gagner est de prendre les armes alors ce monde n’est pas pour moi, je ne saurais y vivre ».
Relater cette thématique sous forme de fable avec des personnages animaliers est une excellente idée. Le symbolisme des animaux donne au propos une intensité plus forte que ne l’aurait fait une histoire avec des humains. Du coup, cette bd prend un air sympathique de fable de la Fontaine. La présence des animaux rend aussi la lecture de ce drame plus ludique.
Le graphisme et la colorisation sont très réussis, ne font pas Walt Disney, ce qui aurait pu être une facilité et un écueil pour une bd animalière ; de surcroît le dessin est très accessible.
Pour terminer, l’action est bien présente, il y a de nombreux rebondissements.
J’ai vraiment passé un bon moment de lecture, j’ai dévoré ces premiers tomes, j’attends avec impatience les deux prochains.
Un album documentaire excellent.
Les auteurs parviennent à aborder la problématique du réchauffement climatique d'une main de maître. Autant j'ai l'habitude de lire des ouvrages traitant ce sujet, autant je n'ai jamais autant apprécié ma lecture qu'ici. On est loin des discours de "monsieur-je-sais-tout", des "bobo-écolo" ou autres personnages insupportables. On est au contraire dans un dialogue posé et agréable entre 2 hommes, préoccupés par le réchauffement climatique et cherchant vraiment à comprendre d'où il vient, ses conséquences et ce qu'il est possible de faire pour le contrer.
L'ouvrage est donc construit sous une forme de dialogue, entrecoupé par presque toutes les questions que l'on peut se poser sur le climat.
C'est sérieux, intelligent, très pédagogue et le tout, agrémenté d'un excellent humour pour alléger notre lecture.
Je conseille donc cette BD à tout le monde, et ne manquerai pas d'en faire la pub dans les écoles, afin qu'un maximum de personnes et de jeunes lisent cet ouvrage.
4 étoiles + coup de coeur
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Le Loup des Mers
Embarqué sur un steamer qui effectue chaque jour la traversée de la baie de San Francisco, Humphrey Van Heyden, journaliste au destin tout tracé, se trouve soudain pris dans une brume impénétrable. Le bateau, qui a perdu ses repères, est percuté par un paquebot avant de sombrer corps et biens… ou presque. Van Heyden, croyant sa dernière heure arrivée, s’abandonne à la mer et s’évanouit. A son réveil, quelle n’est pas sa surprise de se trouver à bord goélette pratiquant la chasse au phoque faisant route vers le Japon. C’est alors qu’on découvre l’équipage ! Et là… on comprend que ça ne va pas être facile pour Humphrey. Mais l’équipage, ce n’est rien, comparé à Loup Larsen, le capitaine despotique du navire ! Commence alors un bras de fer terrible entre Humphrey et Loup Larsen. Deux hommes s’affrontent, la force et la violence du capitaine contre la faiblesse de l’écrivain, deux conceptions de la vie et de la mort, de l’immortalité de l’âme, deux visions de l’Homme dans ce qu’il a de meilleur et surtout de pire. Et pourtant... ils sont en commun l'amour des livres et des grands auteurs. La libre adaptation du roman de Jack London est une grande réussite. Décidément, Riff Reb’s est surdoué pour les récits de mer. Le dessin est sublime et la mise en couleurs toute aussi réussie. Un duel passionnant, profond et questionnant. C’est très bien écrit, fluide et puissant.
Girlfriend Girlfriend
Décidément, ce nouvel éditeur semble orienter les sorties de ces mangas en fonctionne de la sortie des adaptations en anime parce que là c'est la troisième fois qu'il sort un manga lorsque la version animé commence ou était sur le point de sortir. Je connaissais pas du tout ce manga et j'ai regardé le premier épisode parce que le résumé m'intéressait vaguement. Après avoir vu l'épisode, j'ai tellement aimé que j'ai fini par lire tous les chapitres du mangas qui sont sorti jusqu'à ce jour et maintenant tous les semaines je lis le dernier chapitre paru et je regarder un épisode de l'anime. J'ai lu plusieurs manga du genre harem parce ce que c'est un genre de que j'aime et la prémisse de celui-ci m'intéresse parce qu'on prends l'idée que deux filles partagent le même gars au sérieux. C'est pas juste 'toutes les filles acceptent facilement d'être avec le même type', on montre vraiment de manière réaliste que c'est pas facile: les deux filles s'entendent bien, mais il y a tout de même un peu de jalousie entre-elles, le gars veut vraiment les aimer toutes les deux de manière égale et c'est pas facile, une relation à plusieurs demandant plus d'énergie qu'une simple relation entre deux personnes, etc. Cerise sur le gâteau, le manga est aussi humoristique. Alors qu'avec une même base un autre auteur aurait fait un drame avec les personnages qui passeraient leur temps à ce plaindre de leurs situations pendant des pages et des pages, ici même si l'idée de la polygamie est traité de manière plus sérieuse que dans la plupart des mangas, cela reste une œuvre très drôle avec des personnages cons qui font des trucs cons. Mention spécial pour le héros qui a toujours des solutions qui défient la logique (enfin disons qu'il y a une logique, mais une logique que personne de sensé appliquerait). Le scénario est agréable à lire, le dessin est bon et l'humour fonctionne pour moi. Il y a tout de même un truc que je reproche est que j'aurais bien aimé voir plus de scènes où les trois personnages principaux passent du bon temps ensemble sauf que pour le moment leurs vies est surtout parasité par deux autres filles qui ont découvert la vérité. Les deux filles sont très marrantes, mais j'aurais aimé que le trio ait plus d'intimité.
Abaddon
Une très étrange histoire ou au même titre que le personnage principal, Ter, nous plongeons avec lui pour ce qui est un petit bijou de mise en abyme. Kafka et Ubu sont convoqués pour emmener notre "héros" qui s'englue peu à peu dans un monde où les portes mènent vers un inconscient ubuesque. S'il faut trouver une explication à cette histoire (eh oui pauvre lecteur tu voudrais bien comprendre, avoir des réponses, mais que nenni), alors qu'au détour d'une case il semble qu'enfin les choses aillent s'éclaircir l'auteur brouille à nouveau les pistes nous laissant sur le bord de la route. Pour ma part j'ai assez vite pensé que Ter avec son bandage sur le crâne avait été trépané suite à une blessure reçut pendant cette guerre évoquée par flashbacks, ce qui peut provoquer quelques séquelles. En fait tous les habitants de cet immeuble, ont un gros pète au casque. Parabole sur la vacuité de l'existence ou de nos sociétés, quoi qu'il en soit il faut saluer ici le travail de l'auteur Koren Shadmi que je découvre à cette occasion. Scénariste, dessinateur, mais aussi coloriste qui avec des tons pastel assez ternes qui renforcent l'ambiance claustrophobique. A mon sens un BD essentielle, je l'ai lu dans l'intégrale et c'est un prêt, mais je pense qu'elle est indispensable dans toute bonne bibliothèque qui se respecte aussi je vais en faire l'achat. N'hésitez pas à faire de même.
L'île d'Om
Très bonne surprise ! Le fil de l'histoire est très simple et bien construit et je vous laisse le découvrir. Mais c'est l'ambiance qui est très spécifique et réussie. Pour moi la première page, au contraire est un faux pas éditorial ; tout ce blanc autour empêche de lire la tâche centrale qui révèle à elle seule le pitch du scénario. C'est une sorte de "La Tour" de Peeters (Benoît) et Schuiten, (rangée dans BDthèque dans les citées obscures, même si elle n'a rien à voir avec les autres) mais avec de l'humour, ce qui est appréciable et manque beaucoup, de mon point de vue, aux albums des deux compères. Par ailleurs le lavis noir laisse une vapeur indécise qui permet au lecteur de remplir les trous, de s'inquiéter alors qu'il n'y a pas lieu, ou de s'adoucir au moment où il devrait au contraire s'inquiéter. Rien à voir donc avec le trait maître de Schuiten. Alors pourquoi cette comparaison ? Et bien c'est une sorte d'exploration , où un personnage âgé guide un plus jeune, le lecteur ne comprend pas vraiment ce qui se passe mais suit la pérégrination, emporté par la beauté des images en noir et blanc. Ici il y a d'autres personnages, des ombres blanches munies d'un bâton qui sont à la poursuite d'un chat blanc, les clients du café, l'oncle... Mais tous ces personnages n'ont pas de personnalité, souvent pas de bouche d'ailleurs. D'ailleurs ce n'est pas dans les visages que l'ont peut trouver de quoi s'identifier. Ce ne sont que les dialogues entre le jeune et le vieux qui nous attachent à eux, leurs erreurs, leurs inquiétudes, leurs interrogations. La fin remet tout à sa place, et c'est important dans le sentiment du lecteur. Finalement tout cela avait un sens.
Memento mori
C'est un roman graphique qui raconte l'expérience d'une maladie. Une maladie qui vous coupe de la communauté générale et vous fait entrer un temps, pour partie à l'intérieur de vous même et pour partie dans un protocole hospitalier inconnu et répétitif. Ici il s'agit d'un AVC (accident vasculaire cérébral) d'une jeune finlandaise dessinatrice de BD. Le point de vue est résolument celui du malade. Je le mettrais entre "quand vous pensiez que j'étais mort" pour le point de vue interne et Sous l'entonnoir pour l'observation de la vie entre les murs. J'avoue que je viens de passer quelques jours à l’hôpital pour une opération simple et voir décrire si précisément le ressenti de la personne "en bonne santé" qui se trouve plongée, bien malgré elle, dans l'univers de l'hôpital, m'a touché. La description du coté banal des gestes médicaux qui se répètent chaque jour, mélangé à la prise en charge de l'urgence est parfaitement réussi... On est à la fois surpris et déprimé de constater que le quotidien du malade hospitalisé est exactement le même en Finlande qu'en France (personnel qui parle d'autre chose en te soignant comme si tu étais un objet, ou grands sourires infantilisants, protocoles imperturbables, équipe de jour, équipe de nuit, brancardiers peu loquaces ...) La fatigue, et l'angoisse de ne pas en voir le bout... l'imagination qui cherche à se rendre compte de ce que sera la vie à la sortie de l’hôpital, puis après, combien de temps pour que tout revienne à la normale, va-t-on revenir à la "normale" ? Je ne sais pas si une personne qui n'a pas du tout vécu la chose de l'intérieur pourra en être aussi touchée. Cela peut justement être un outil pour l'entourage d'un malade, pour l'aider à se rendre compte. En tout cas l'outil graphique utilisé est très réussi (jus des 2 ou 3 lavis différents qui s'assemblent en de belles compositions, parfois un peu de craie plus claire quand on a oublié de réserver un blanc, contours de la grille noirs et réguliers). La première page rend bien cet équilibre froid, où même le rouge ne réchauffe pas . Memento mori : souviens-toi que tu vas mourir.
Il était une fois en France
Un homme d'affaire sans scrupule, avec un grand sens de l’adaptabilité aux situations. Que dire de plus sinon qu’il est prêt à tout pour s'enrichir et sauver sa famille ! Un héros presque ordinaire qui navigue entre deux eaux et dont on ne sait trop quoi penser. Est-il un héros, est-il un salaud ? Cette question lancinante qui se pose le lecteur est la clef de cette série remarquable qui traduit parfaitement bien ce que fut la société des années 40 et en particulier celle de la France occupée. On a trop souvent des personnages aux engagements tranchés, sûrs d’eux, aux combats justes et incontstables. Ici, on est dans ce qu’on appelle la zone grise, ni d’un côté ni de l’autre ou un peu d’un côté et de l’autre. L’ambiguïté et la complexité du personnage sont vraiment bien rendues. Autour de lui, toute une clique de gens, plus vrais que nature. Le dessin est précis et travaillé. Il restitue avec justesse l’ambiance des années noires, oppressante, soupçonneuse, dangereuse. C’est intelligent, subtil, pas caricatural et cette histoire nous incite à nous poser des questions sur l’époque et sur nous-mêmes. Un petit clin d’œil aux films de Jean Gabin ? Probablement. On y retrouve aussi des personnages historiques qui trouvent, une place naturelle dans le scénario, sans que leur présence alourdisse l’histoire. Fabien Nury ne nous livre pas une fresque historique – c’est toujours le risque avec les récits basés sur des faits et des ambiances réels. Il manie avec subtilité l’histoire et la fiction et franchement, je trouve que c’est une très grande réussite.
Meurtres et chatiments
Franchement inclassable, comme souvent avec cet auteur argentin au style particulièrement reconnaissable et clivant, mais que j’apprécie beaucoup. C’est l’aspect graphique qui justifie avant tout mon coup de cœur. Le dessin de Carlos Nine, déformant les corps et les objets dans une esthétique qui doit beaucoup au surréalisme, est plus que chouette ! Dessin et colorisation m’ont fait penser à un mixe de Bacon et Dali. Visuellement, c’est à la fois original, poétique, grotesque : j’en redemande. D’autant plus que l’éditeur a fait un effort particulier avec cet album. En effet, loin des couvertures souples qui d’ordinaire habillent les albums de la collection L’Echo des Savanes d’Albin Michel, nous avons là une couverture rigide, avec un dos toilé, et un papier bien plus épais que d’habitude, ce qui met bien en valeur le dessin de Nine. Quant aux petites histoires qui composent cet album, elles sont intéressantes, mais sans doute moins délirantes et poétiques que dans d’autres albums du même auteur. Pas de bulles ou de cases, dialogues et commentaires sont placés en off, tout autour des dessins. C’est une suite de récits qui partent de postulats assez classiques : des privés racontent leurs aventures, sur un ton blasé, au milieu des starlettes et de personnages de cartoon (plusieurs personnages de Disney – Nine adore déformer cet univers – de Popeye, etc.). Les amateurs de Carlos Nine se doivent de jeter un coup d’œil sur cet album (franchement pas des plus courants !). Les autres seront peut-être convaincus après un rapide feuilletage. Note réelle 3,5/5.
Bucket List of the dead
Merci à Mac Arthur d'avoir attiré mon attention sur ce manga ! L'idée de départ est vraiment excellente. Notre pauvre héros est employé dans une société inhumaine (et malheureusement ce qui lui arrive se produit vraiment au Japon) et là il va enfin pouvoir profiter de la vie grâce à une invasion de zombies ! L'idée est vraiment bien maitrisée, le personnage principal est terriblement attachant et l'humour fonctionne bien. C'est exagéré, mais pas au point où cela devient lourd comme avec plusieurs mangas humoristiques, il faut dire qu'il y aussi un côté un peu sérieux et que les auteurs équilibrent bien, ce qui donne une bonne série où le héros agit comme s'il était en vacances, alors que la société s'écroule autour de lui et qu'il y a des zombies prêts à le bouffer. On peut voir ça comme une satire sociale du monde du travail japonais, qui peut être tellement inhumain que l'apocalypse à coté c'est chouette. Le dessin est dynamique et les expressions exagérées des personnages sont vraiment drôles. Un bon manga que j'ai envie de suivre sur plusieurs tomes.
Le Château des Animaux
Après lecture des 2 premiers tomes qui m'ont attiré de par leurs très jolies couvertures ! Il s’agit d’une bd animalière politique très agréable à lire. En préface Xavier Dorison cite ses diverses sources d’inspiration dont « La ferme des animaux » de George Orwell. Pour les intéressés, le film « L’ombre de Staline » dépeint la genèse de ce roman. Cette bd narre une dictature imposant des mesures spoliatrices et liberticides aux individus sous prétexte du bien collectif : au final la loi du plus fort règne et non l’état de droit. Comment se défendre d’un tel système autoritaire ?, c’est le propos des deux premiers tomes. Le débat par rapport au fait de renverser la dictature par les armes ou par la non coopération non violente m’ont rappelé le prêtre (Jeremy Irons) et le mercenaire (Robert de Niro) dans le merveilleux film « Mission ». Jeremy Irons répondant à De Niro « si la seule possibilité pour gagner est de prendre les armes alors ce monde n’est pas pour moi, je ne saurais y vivre ». Relater cette thématique sous forme de fable avec des personnages animaliers est une excellente idée. Le symbolisme des animaux donne au propos une intensité plus forte que ne l’aurait fait une histoire avec des humains. Du coup, cette bd prend un air sympathique de fable de la Fontaine. La présence des animaux rend aussi la lecture de ce drame plus ludique. Le graphisme et la colorisation sont très réussis, ne font pas Walt Disney, ce qui aurait pu être une facilité et un écueil pour une bd animalière ; de surcroît le dessin est très accessible. Pour terminer, l’action est bien présente, il y a de nombreux rebondissements. J’ai vraiment passé un bon moment de lecture, j’ai dévoré ces premiers tomes, j’attends avec impatience les deux prochains.
Urgence climatique
Un album documentaire excellent. Les auteurs parviennent à aborder la problématique du réchauffement climatique d'une main de maître. Autant j'ai l'habitude de lire des ouvrages traitant ce sujet, autant je n'ai jamais autant apprécié ma lecture qu'ici. On est loin des discours de "monsieur-je-sais-tout", des "bobo-écolo" ou autres personnages insupportables. On est au contraire dans un dialogue posé et agréable entre 2 hommes, préoccupés par le réchauffement climatique et cherchant vraiment à comprendre d'où il vient, ses conséquences et ce qu'il est possible de faire pour le contrer. L'ouvrage est donc construit sous une forme de dialogue, entrecoupé par presque toutes les questions que l'on peut se poser sur le climat. C'est sérieux, intelligent, très pédagogue et le tout, agrémenté d'un excellent humour pour alléger notre lecture. Je conseille donc cette BD à tout le monde, et ne manquerai pas d'en faire la pub dans les écoles, afin qu'un maximum de personnes et de jeunes lisent cet ouvrage. 4 étoiles + coup de coeur MAUPERTUIS, OSE ET RIT !