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La Fin du monde

Note: 3.88/5
(3.88/5 pour 8 avis)

2009 : Prix du jury œcuménique de la bande dessinée. Wazem et Tirabosco signent, après « Monroe », un récit où l’intime et le fantastique se mêlent délicatement pour mieux faire surgir l’émotion.


Auteurs suisses Bichromie Douleurs intimes Futurs immanquables La Mort Nouveau Futuropolis One-shots, le best-of Prix oecuménique

Sur une route de campagne, une voiture file malgré l’orage. À l’intérieur un couple et leur petit garçon. La mère est sur le point d’accoucher. Un arbre, touché par la foudre, s’écrase brutalement sur la voiture. Vingt ans plus tard, une jeune fille mélancolique regarde la pluie tomber. Depuis quelques jours déjà, un véritable déluge tombe sur la terre comme un signe de début de fin du monde… « Elle », réfugiée dans ses pensées intérieures, ne peut s’empêcher de songer que son état de vide coïncide avec le début de la pluie. Mais est-ce une simple coïncidence ? D’autant que son amoureux n’est pas loin de croire que la fin du monde approche. Un retour dans la maison de son enfance et ces dialogues avec un chat lui permettront de mieux comprendre les raisons de son spleen.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 25 Août 2008
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série La Fin du monde
Les notes (8)
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09/09/2008 | iannick
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Par Pierig
Note: 4/5
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Voici un récit étrange concocté par notre duo suisse qui prend sa pleine mesure avec la révélation finale. A l’instar de Vanoli, le trait de Tom Tirabosco évolue . . . il est toujours aussi gras mais moins caricatural qu’un Cabinet de curiosités par exemple. Bref, il perd en personnalité ce qu’il gagne en consensualité et réalisme. Mais le travail fourni reste bien en adéquation avec l’histoire de Wazem. Une histoire qui démarre sur fond de déluge pour s’ouvrir ensuite au fantastique. Il s’agit en quelques sortes d’un cheminement intérieur pour dissiper les brumes du passé qui pèsent sur les frêles épaules d’une jeune fille en perdition. Même si le récit tarde à se lancer (pour sans doute mieux imprégner le lecteur de l’ambiance), il suit une logique implacable … Rien est laissé au hasard. C’est intelligemment amené ! Bref, du bel ouvrage que voici ! Assurément un bon one shot, à ne pas manquer !

22/05/2013 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
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Un récit assez étrange et atypique. La pluie à tout envahit, l'eau monte, les silures arrivent, et dans ce chaos de la fin du monde, une femme est envahit par la mélancolie. Le récit est très joliment illustré, avec un ton très sombre et pourtant pas noir. On est dans une atmosphère ouatée, l'émotion de l'héroïne envahit les pages. Le récit tend vers le fantastique, et pourtant on ne décroche pas une seconde de la réalité. Car quoi de mieux pour comprendre la réalité que le fantastique ? Des personnages apparaissent et parlent. D'abord un chat dans une maison vide, et une grand-mère qui semble savoir beaucoup. Un père et un petit garçon vont venir plus tard. Il faut parler, beaucoup parler. C'est une catharsis pour le personnage principal que de faire ce trajet. On va assister à une révélation sur ce qui s'est passé. Le récit prendra une allure de drame. Et pourtant le soleil reviendra, le jour se lèvera à nouveau. Ce récit est à la fois prenant et pourtant insaisissable au premier abord. Tout est suggéré, on se doit de comprendre par soi-même. Les relations entre les gens ne sont pas simples, les raisons des actes non plus. On ne peut pas tout comprendre. Mais au moins en savoir le plus gros. Et c'est ce que ce livre démontre. Un bien bel ouvrage, d'autant que Futuropolis fait des magnifiques impressions. La lecture est chaudement recommandée. Elle est envoutante. 4/5

03/11/2012 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
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J'étais curieux de lire ce livre car je trouvais sa couverture et ses pages jolies et je n'avais aucune idée de son sujet. Effectivement, le graphisme me plait bien. Je trouve une certaine naïveté au style de Tirabosco et à sa représentation des personnages. Mais cette naïveté fait aussi la place à une vraie beauté, un esthétisme qui ressort d'autant mieux dans les scènes pluvieuses de cet album. Très joli. L'histoire se lit bien, la narration est douce et fluide. J'ai cependant été circonspect pendant un bon moment. L'intrigue est mystérieuse et je n'ai pas trop accroché au personnage principal de cette fille qui se sent vide, se laisse aller et suit parfois des instincts que je ne comprenais pas. Dans une mise en scène de fin du monde, l'irruption du fantastique va lui faire vivre un petit voyage mystique qui lui expliquera la source de son vide. J'ai trouvé ça joli, plutôt bien mené, mais je n'ai été que peu touché. Les personnages ne m'ont pas paru assez attachants, leurs émotions me sont passées un peu à côté.

05/12/2009 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
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Futuropolis est la collection par excellence qui me plaît. Il faut dire qu'en lecteur exigeant, j'ai rarement été déçu par les titres proposés par cet Editeur hors du commun. Il y a souvent des one shot et des romans graphiques. Bref, que des choses qui me ravissent. Ce titre un rien évocateur avait une couverture assez étrange qui m'a donné envie d'en savoir plus. Oui, c'est une pure merveille que je conseille à la lecture. Beaucoup de choses justes ont été dites dans les avis précédents. Mon but étant de ne pas reproduire un concert de louanges au demeurant justifié, je voudrais juste m'attacher à un petit détail qui a emporté totalement ma conviction. Ce genre de détail qui font que cela le fait ou pas... On a une héroïne qui évolue dans un monde où le climat semble totalement déréglé. On se croirait dans le film de Roland Emmerich à savoir Le jour d'après. Il n'arrête pas de pleuvoir sur la ville où des inondations ont lieu. Le copain de notre héroïne semble affolé par la situation que les médias amplifient. Cela me rappelle d'ailleurs cette épidémie actuelle de grippe A où il n'y a pas un jour qui passe sans que cela soit évoqué à tort ou à travers. On n'entend que parler de cela jusque dans les entreprises. Les gens ont peur etc... Et au milieu de toute cette agitation de fin du monde, pour en revenir à la bd, la jeune fille s'en fout totalement. Elle passe au travers. Elle est d'ailleurs plongée dans une espèce de méditation dont elle ignore la cause. Il va y avoir une aventure extraordinaire où la mort sera même un personnage à part (dans une curieuse représentation bien trouvée). Oui, il y a quelque chose de vraiment unique et original qui semble sortir des sentiers battus par le vent de la sinistrose. A lire de toute urgence !

02/11/2009 (modifier)
Par Ems
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Cette BD est une merveille, j'ai pris une claque en la lisant. Les auteurs ne peuvent pas être plus complémentaires !!! Wazem offre un scénario sensible, émouvant et difficile mais jamais larmoyant. Il faut du temps pour comprendre le lien de la première scène choc et le reste du récit. En fait, on comprend les tenants et les aboutissants au fil de l'eau. Le récit a une part de fantastique qui permet d'adoucir ce thème qu'est la mort. Un parallèle est présent tout au long du récit entre l'épreuve que vit l'héroïne et le déluge de fin du monde. Tirabosco sublime ce superbe scénario avec un dessin expressif et personnel. Avec pour seules couleurs le bleu, le blanc et le noir, l'ambiance du récit est surnaturelle. Cette histoire est un modèle du genre et vaut le détour. Le dessin et le scénario se mettent mutuellement en valeur pour notre plus grand plaisir. Le coup de coeur du moment.

18/08/2009 (modifier)
Par Sejy
Note: 4/5
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Il est des œuvres qui vous font aimer l’automne, quand elles vous plongent dans une mélancolie conjuguée d‘optimisme. Cette sensation seconde, entre éveil et sommeil, où chaque période de pluie se mue en un ravissant andante, en une délicieuse attente de cet instant, quand le ciel se gorgera de soleil. La fin du monde m’abandonne dans cet état là. Sa longue métaphore, à l’orée du conte, est d’une langueur à la fois soyeuse et lancinante. Par l’exploration subtile du repli sur soi de l’héroïne, on pénètre d’abord sur la pointe des pieds dans une sorte de journal intime. Spectateur de ses monologues intérieurs, de ses états d’âme, reflets d’une crise existentielle qui agit comme autant d’étaux psychologiques ou physiques, on reste immobile par peur de déranger. Puis, en empruntant les chemins mystérieux d’une fable onirique hantée de personnages singuliers, on devient le compagnon de son errance. Une quête identitaire, une recherche de réponses qui pourraient expliquer l’absence de cette mère et combler son vide affectif. On effleure souvent ses douleurs profondes, on partage quelquefois ses angoisses muettes, et malgré l’atmosphère pesante et inquiétante, on se sent habité d’une étrange confiance. C’est tout l’art de Wazem pour l’allégorie qui s’exprime ici. Une patte, une façon d’éviter le sentiment facile, de faire passer l’émotion tout en suggestions et en demi-teintes, d’installer une ambiance fantastique et sombre où l’on entrevoit l’espoir en filigrane. Par bien des aspects, cette poésie toute personnelle me rappelle un Koma dont le côté optimiste était exacerbé par le trait enjoué de Peeters. L’approche de Tirabosco l’est beaucoup moins. Un graphisme qu’il faudra apprivoiser. Au-delà d’une beauté glacée (admirez ces dessins pleine page), ce bleu profond et ce noir, contrastant avec un blanc pastel froid, confèrent une impression étrange et dépaysante. Un théâtre surnaturel qui, s’il affirme la perspective surréaliste du récit, lui confère paradoxalement un sentiment d’inéluctabilité qui ramène violemment les pieds sur terre. Un bémol à l’approche parabolique du scénario, un contrepoids nécessaire. Une magnifique fleur de saison où vous adorerez égarer votre bourdon.

19/10/2008 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
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Très bel album. A tous points de vue. En effet les Editions Futuropolis ont soigné la maquette, offrant un objet vraiment très beau, très agréable à manier. La beauté est présente également dans le dessin, Tirabosco étant, je le pense, arrivé à maturité, au sommet de son art. Il est difficile de décrire son dessin, tout en bichromie et carte à gratter (je crois). C'est de la bichromie, mais l'utilisation des ombres, des expressions, des reflets est portée de façon exceptionnelle. La beauté est présente également dans l'histoire. La beauté de la mort, envoûtante, sage, séduisante, bienveillante. Une histoire universelle, tout simplement touchante, qui nous emmène au coeur de l'intime (si si, je vous assure, c'est possible). Avec une touche de fantastique pour amener le thème de la mort de façon subtile, c'est vraiment réussi. D'ores et déjà un classique.

10/09/2008 (modifier)
Par iannick
Note: 4/5
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Si j’ai longtemps hésité à lire « La Fin du monde », c’est à cause du dessin de Tom Tirabosco qui est loin de me plaire… d’ailleurs, c’est la première fois que je lis une de ses bd. En fait, ce qui a motivé ma lecture, c’est sa parution sous le label de Futuropolis (éditeur que j’admire !). Inutile que je vous fasse un résumé du début de « La fin du monde », celui cité dans la fiche suffit amplement. Je pense que vous avez compris que l’histoire a pour trame la recherche du passé de la jeune femme et des raisons qui ont amenées son entourage à se comporter ainsi… Le scénario comporte une touche de fantastique intéressante qui apporte beaucoup de douceur et de poésie à ce récit d’un drame familial. Quant à sa localisation dans une France soumise à des inondations d’une ampleur considérable, c’est une mise en situation intéressante qui boucle en quelque sorte la scène du début et le reste de l’histoire se situant vingt ans après. Ce récit est plein de sensibilité, il nous amène une vraie réflexion sur la perte d’un ou des proches. Cette histoire m’est apparue très accrocheuse, en tout cas, j’ai été totalement imprégné par son atmosphère et par sa bonne narration. Graphiquement, c’est la mise en couleurs qui m’a beaucoup plu dans cet album. Je la trouve parfaitement adaptée au récit car elle retransmet bien par ses tons froids l’atmosphère fantastique et pluvieuse. Quant au coup de crayon très personnel de Tom Tirabosco, il m’a fallu un petit temps d’adaptation pour l’apprécier. J’y ai aimé la mise en page et la fluidité du découpage. En conclusion, « La Fin du monde » est un roman graphique que j’ai beaucoup apprécié. C’est surtout son ambiance fantastique qui m’a fasciné, l’histoire proprement dite m’est apparue intéressante par sa réflexion sur la perte d’un des proches. En tout cas, j’ai été littéralement capté par ce récit d’autant plus que la narration m’est apparue excellente. Quant au coup de patte de Tom Tirabosco, il est –à mon avis- parfaitement adapté au scénario de Pierre Wazem, sa mise en couleurs contribue beaucoup à rendre étrange l’atmosphère de cette bd. A découvrir !

09/09/2008 (modifier)