Les derniers avis (9597 avis)

Par Yann135
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Bernard Prince
Bernard Prince

Le beau Bernard Prince est un ancien agent d’interpol qui parcourt le monde sur son navire – le cormoran – avec son pote Barnay Jordan, un marin ronchon, querelleur et alcoolique ainsi qu’avec le jeune Djinn. Avec cette série vous allez vivre des aventures enthousiasmantes qui fascineront les petits comme les grands. Les rebondissements sont nombreux. Le suspens est au rendez-vous dans chaque album. Vous ne pourrez que vous attacher à ces personnages nés sous la houlette d’un duo hors norme, Hermann et Greg. Voilà donc une série qui défie le temps et les styles. Les aventures tumultueuses de Bernard Prince sont remplies d’humanité et d’émotions positives. Si vous rajoutez des décors exotiques – souvent des pays imaginaires mais inspirés de pays existants - et un graphisme incroyablement beau, vous tomberez indéniablement sous le charme de ce héros. Je suis fan absolu de la série. Vous avez là l’occasion unique de plonger dans un bestseller de la BD ! A (re)découvrir de toute urgence.

25/08/2021 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Vers la tempête
Vers la tempête

Jean-Sébastien Bérubé continue dans l'autobiographie et nous raconte son retour au Québec après les événements de Comment je ne suis pas devenu moine. Il y a des moments assez durs car on voit Bérubé souffrir de dépression à cause de ses problèmes sentimentaux et aussi familiaux qui lui empoisonnent la vie. Sa mère a été violée par son propre père lorsqu'elle a été jeune et a développé des problèmes mentaux et son grand-père paternel contrôle tout ce qui fait en sorte que l'auteur n'a pas su bien se développer émotivement et qu'il finit toujours par se plier aux désirs des autres sans penser un peu à lui. Parallèlement, il retourne au karaté et essaie de se dépasser dans ce sport. On voit aussi un peu les débuts difficiles de sa carrière d'auteur de BD lorsqu'il commence à faire Radisson, mais c'est un élément mineur dans le scénario. Il ne faut pas s'attendre à lire la vie d'un jeune auteur de BD qui fait tout pour percer dans le métier et qui apprend comment bien faire une BD, c'est vraiment centré sur ses problèmes émotionnels et familiaux ainsi que sur le karaté. Comme je l'ai dit, certains passages sont un peu durs, notamment lorsque l'auteur raconte tous les malheurs qu'il a vécus durant sa jeunesse et qui expliquent pourquoi il a besoin d'aide psychologie. Moi qui ai de la difficulté à raconter mes problèmes, je trouve ça courageux lorsqu'un auteur se met à nu devant les lecteurs. Le scénario est bien écrit, c'est passionnant du début jusqu'à la fin, et j'aime bien le dessin. Ceux qui ont aimé le précédent roman graphique de l'auteur devraient aimer autant celui-ci et si vous ne connaissez pas cet auteur, son œuvre est à découvrir.

24/08/2021 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Gyo
Gyo

Si le pitch de départ peut sembler farfelu et grotesque (une attaque de poissons hors de l'eau juchés sur des pattes mécaniques) et peut lorgner autour des nanars italiens des années 80, Gyo se démarque assez vite par un rythme très soutenu et une intrigue qui ne cesse de se développer autour d'un couple en crise et spectateur de ce qui ressemble à une évolution d'un autre genre. On peut se demander ce qui tourne dans le cerveau de son créateur, Jinjo Ito, qui arrive par son talent à raconter un récit constamment sur le fil du grotesque. Un vrai tout d'équilibriste rehaussé par des dessins soignés et bien souvent répugnants. En dire davantage serait compliqué sans spoiler tout le sel de cette histoire rocambolesque qui puise autant son inspiration dans les récits post-apocalyptiques que dans l'imagerie Body Horror de Cronenberg. Cerise sur le gâteau, Ito change de fusil d'épaule en construisant pour une fois un récit linéaire s'éloignant des anthologies qui l'ont rendu célèbre et que l'on retrouvait également dans son célèbre manga Spirale. Voici une œuvre hautement recommandable pour qui a le cœur bien accroché devant autant d'atrocités. On en redemande.

23/08/2021 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Pulp
Pulp

Je découvre le duo Brubaker/Phillips et je dois avouer que je suis scotché par ce one shot. New York 1939, Max Winter écrit pour un "pulp" une série western, des histoires reprenant une partie de sa jeunesse de hors la lois. Brubaker nous distille un scénario aux petits oignons. Pas de fausses notes. Un thriller qui va crescendo jusqu'à une fin presque inévitable, sur fond de montée du nazisme. Une réflexion sur une vie de violence. J'ai apprécié la façon dont il traite la vieillesse, de choisir sa fin. Deux films de Clint Eastwood me sont revenus en mémoire : Grand Torino et Impitoyable. C'est le dessin de Phillips qui fait que je ne découvre que maintenant ce fameux duo. Il ne me faisait pas de l'œil, malgré de nombreux feuilletages. Mea culpa, j'ai apprécié son trait fin, précis et noir tout le long de ma lecture. Comme quoi, je dois dépasser mes aprioris. A lire et à posséder. Ne passez pas à côté de ce petit chef d'œuvre qui est bien plus qu'un thriller.

23/08/2021 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Plunge
Plunge

Plunge est un subtil cocktail, un mélange de The Thing (Carpenter) et de Abyss (Cameron) avec un soupçon de HP Lovecraft (L'appel de Cthulhu). Le scénario est maîtrisé, il nous plonge dans un univers fantastique qui va basculer dans l'horrifique. Des personnages bien trempés, dont l'un se nomme Carpenter (un balèze barbu), toujours cette référence à The Thing. Donc une histoire maîtrisée, mais sans réelle surprise, par contre pas de temps mort, ça va à cent à l'heure et on se laisse aspirer jusqu'aux confins de l'océan. Un bémol sur le vocabulaire, un brin trop vulgaire à mon goût sur quelques cases. Une planche complète en Russe sans traduction, heureusement que le portable et ses applications existent. Le dessin est au diapason, le trait est fin et précis, les visages expressifs. La mise en couleur, dans des tons bleus et verts, aporte un plus au plaisir visuel. Joe Hill (Locke & Key) et Stuart Immonen (Superman - Identité secrète) nous livrent un magnifique album. Pour les amoureux du genre.

21/08/2021 (modifier)
Par Blue boy
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Amants d'Hérouville - Une histoire vraie
Les Amants d'Hérouville - Une histoire vraie

L’histoire des studios d’Hérouville, intimement liée au destin de l’artiste Michel Magne, peu de gens la connaissent. Et pourtant, à la lecture de ce formidable one-shot, on a envie de remercier ses auteurs pour nous l’avoir mise en lumière d’aussi belle façon. Michel Magne était surtout connu pour ses musiques de films (Les Tontons Flingueurs, …), bien que sa notoriété n’ait jamais égalé celle d’un Vladimir Cosma ou d’un Maurice Jarre. Pourtant, ce dernier avait bien d’autres cordes à son arc, notamment à travers la peinture. Véritable touche-à-tout à l’appétit insatiable en matière de création artistique, il se situait à l’avant-garde dans une approche pour le moins facétieuse, qui pouvait rappeler celle des Dadaïstes. Magne a fréquenté l’élite artistique et noué de nombreuses amitiés (François Sagan, Boris Vian, Jean-Paul Sartre, Aragon, Jacques Prévert, Jean Cocteau, la liste est longue…). Il faut dire que l’homme avait une personnalité hors-du-commun, notamment par l’énergie qu’il était capable de déployer pour faire avancer ses projets, même si, las, le succès ne fut pas toujours au rendez-vous. La création des studios d’Hérouville au début des seventies inaugura une période de foisonnement artistique hors du commun. La partie du château où vivait et travaillait Michel Magne depuis 1962 venait d’être détruite par un incendie, provoquant la perte irrémédiable des documents et enregistrements de l’artiste. C’est sur ce drame que s’ouvre Les Amants d’Hérouville, montrant comment Magne trouva le moyen de rebondir en restaurant l’aile endommagée et en convertissant le château en studio, équipé des dernières technologies de pointe, avec la participation de Dominique Blanc-Francard. Dès lors, le lieu va attirer le gratin de la chanson française et du rock international, profitant d’un contexte jamais vu de libération des mœurs et d’hédonisme psychédélique (on n’oubliera pas de sitôt le passage relatant le concert des Grateful Dead donné aux habitants du village). Dépensant sans compter, Magne continuait à organiser des fêtes excentriques autour de la piscine construite sur sa propriété, aux petits soins avec ses invités (y compris les pique-assiettes…), avec le concours d’un chef cuisinier amateur de poésie… il y aura la même année la rencontre avec sa baby-sitter, Marie-Claude, qui devint rapidement la femme de sa vie et avec qui il vécut un amour passionné. Jusqu’au jour où, après quelques années fastes, le déclin et les coups durs pointèrent de nouveau le bout de leur nez… Cette biographie romancée n’est rien de moins qu’un conte de fées moderne, et la couverture ne dit pas autre chose en montrant les deux amants sur le toit du château, Magne en train de jouer une ritournelle à la guitare à l’adresse de sa bien-aimée au look hippie médiéval. Pendant ce temps, la fête bat son plein à l’intérieur comme à l’extérieur des murs, et l’on peut apercevoir Bowie en train d’enregistrer des vocaux. La narration de Yann Le Quellec est très bien construite, toute en fluidité, avec une trame principale entrecoupée de passages documentaires agrémentés de photos et d’articles de journaux sur la vie et l’œuvre de Magne. Pour accentuer l’authenticité des faits, des clichés ont été insérés sur certaines cases, répandant des arômes nostalgiques très puissants. Ce kaléidoscope chamarré et dynamique traduit parfaitement l’atmosphère de l’époque et du lieu, tel un tourbillon de folie douce et créativité libératrice sur fond d’amour pur et de substances psychotropes. Romain Ronzeau possède un trait léger et vif, jouant plus sur l’expressivité que sur la technique, avec un sens aigu du mouvement et une mise en page très variée. Son Michel Magne est dépeint comme un personnage bondissant et exubérant, haut en couleurs, mégalomane (voire mythomane) mais profondément généreux et désintéressé, d’abord amoureux de toutes les formes d’art et de leurs promoteurs. Hélas, l’aura bienveillante et hors-normes de Magne trouvera assez rapidement ses limites, suscitant la rapacité (et la jalousie peut-être) de ses partenaires, qui lui feront payer chèrement ses frasques et son style de vie dispendieux. La frénésie festive et créatrice mis en œuvre pour le projet hérouvillois se transformera alors en chaos destructeur et lugubre. Un dur retour à la réalité pour le démiurge exalté qui finira expulsé de son propre paradis, une aberration cruelle dont il ne se remettra pas. Son côté sombre sera parfaitement représenté, contrastant singulièrement avec le personnage solaire du début, dès lors que le « prince charmant » — et accessoirement prince de la nuit (toujours vêtu de noir) comme on le voit dans une scène au début du livre lorsqu’il pénètre dans la chambre de Marie-Claude — se transformera en ogre démoniaque et violent, fragile aussi, taraudé par la ruine ricanante, comme aspiré de l’intérieur par ses propres gouffres. Ou quand la bête n’est jamais loin de l’ange… En résumé, Les Amants d’Hérouville, en dehors de la touchante « love story », est le portrait tragique d’un homme dont la vie était entièrement dédiée à l’art et n’aura finalement fait que vivre dans l’ombre du gratin artistique qu’il côtoyait et aidait. Une vie dont les moments d’extase absolue précédaient immanquablement les zones de turbulence brutale où tout partait en cacahuète. Ce splendide roman graphique, chef d’œuvre de pop-culture, en constitue un excellent hommage, contribuant un peu plus à faire entrer le château dans la légende. Et si aujourd’hui les mythiques studios d’Hérouville fonctionnent encore, après plusieurs périodes de fermeture, c’est peut-être parce ses fantômes ne parviennent pas à se résoudre à la fin de cet incroyable âge d’or.

20/08/2021 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Pionniers de l'aventure humaine
Les Pionniers de l'aventure humaine

Avec cet album, vous découvrirez l’univers complétement déjanté de François Boucq à travers ses histoires courtes parues initialement dans la revue « à suivre ». J’admets avoir beaucoup ri à la découverte de cette BD surréaliste dans laquelle les aventures les plus abracadabrantes se succèdent à un rythme effréné. Un monde de rêve qui s’appuie sur une représentation sans faille du réel. Passant outre les limites de la réalité en deux coups de crayon, François Boucq va vous surprendre pour le meilleur et pour le meilleur. Le crayonné est parfait. Très réaliste jusqu’en dans les moindres détails. L’incroyable devient croyable. Du grand art. En fait il nous berne le bougre ! Jamais je n’ai senti l’histoire glisser vers l’irrationnel sans soupçonner un seul instant que celle-ci pouvais déraper. Je me suis laissé embarquer, et j’ai vraiment apprécié. Je comprends mieux pourquoi cet auteur est le premier à rentrer dans un musée (palais des beaux-arts de Lille). Par contre ce qui n’est pas normal, c’est le nombre d’avis sur cet album. Pour beaucoup d’entre vous, vous êtes passés à côté d’une petite perle incroyable. A découvrir rapidement.

20/08/2021 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Un été cruel
Un été cruel

C’est assurément - me concernant - l’album de l’été ! Il faut l’avouer quand Ed Brubaker est aux manettes, cela envoie du lourd ! Voici donc un récit noir sans beaucoup de lueurs d’espoirs avec une kyrielle de personnages bien trash. On se croirait dans « femme fatale » de Brian de Palma. Cela va vous secouer assurément. Vous y découvrirez une violence qui se propage comme des ondes sur un étang, au travers du temps et des générations. Vous allez plonger dans le récit dès les premières pages. Vous ne pourrez plus lâcher le bouquin avant de connaître la fin. Et pourtant c’est un pavé cet album, presque 300 pages ! Le graphisme est magnifique. Il est talentueux ce Sean Philipps avec notamment des planches remarquables pleine page pour mettre un terme à un chapitre. C’est délicieux visuellement. Le problème c’est que les lecteurs qui vont découvrir l’univers de Teeg Lawless vont en vouloir plus ! Et pour ça rien de plus simple que de se glisser avec avidité dans la sériel Criminal. Et oui lire les avis de BDthèque engendre souvent des dépenses supplémentaires imprévues ! Pas si grave que ça au final ! Allez-y … bouquinez cet été cruel qui est une descente vers les enfers à une vitesse vertigineuse. Un thriller explosif, haltant et infernal ! C’est juste wahou !

20/08/2021 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Un été cruel
Un été cruel

Yes, le nouveau polar de Brubaker et Phillips débarque chez Delcourt ! Il s’agit d’un hors-série de la série Criminal, et plus particulièrement d’une préquelle du tome 2 « Impitoyable » qui nous raconte la mort de Teeg Lawless. Le format se rapproche de Fondu au noir : l’album est plus long qu’un album typique de Criminal (9 fascicules comics, soit 288 pages). L’auteur prend le temps de développer son intrigue et surtout ses personnages, en proposant des points de vue multiples venant enrichir l’histoire. Cette dernière est prenante et bien construite, la narration est aux petits oignions, et la mise en image de Sean et Jacob Phillips est exemplaire. Un excellent album, que je recommande chaudement aux fans de la série mère, mais aussi à celles et ceux qui souhaitent découvrir l’univers de Criminal, ou de manière plus générale le travail de ces deux auteurs.

17/08/2021 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Petit Astronaute
Le Petit Astronaute

Je savais que Jean-Paul Eid était un très grand dessinateur humoristique, mais là je découvre qu'il est aussi très bon comme auteur complet de roman graphique ! Comme l'indique l'auteur en fin d'ouvrage, l'histoire est fictive, mais c'est basé sur des rencontres avec des spécialistes et des parents d'enfants handicapés et l'auteur lui-même a un fils atteint de paralysie cérébrale, je pense qu'il a mis beaucoup du sien dans cet album. On suit donc une famille dont la vie est bouleversée lorsqu'il se trouve que leur deuxième enfant a une paralysie cérébrale. J'ai bien aimé le principe qu'on découvre l'histoire via des flashbacks de la grande sœur qui visite la maison de son enfance. Le scénario est prenant et m'a bouleversé émotionnellement. Ce que j'ai aimé est que le ton est juste. On ne tombe pas dans le larmoyant facile, à aucun moment je n'ai eu l'impression que l'auteur forçait la note pour essayer de me faire pleurer ou m'attendrir à tout prix. Il y a un bon mélange de scènes qui montrent les difficultés d'avoir un enfant handicapé (il faut faire des exercices, les gens posent des questions, il y a un problème pour trouver une garderie, etc) et aussi des scènes un peu plus joyeuses où l'enfant a tout de même des moments joyeux. Ce n'est ni trop pessimiste, ni trop optimiste. J'ai aussi aimé découvrir le quotidien d'une famille qui doit vivre avec un enfant handicapé et on voit très bien que cela mérite plus d'efforts qu'avec un enfant 'ordinaire'. En tout cas, si vous aimez les romans graphiques, c'est à lire absolument !

13/08/2021 (modifier)