Les derniers avis (9589 avis)

Couverture de la série Perpendiculaire au soleil
Perpendiculaire au soleil

Un album remarquable !! Malgré le bon retour, je dois dire que j’en attendais pas grand chose (le sujet …), plusieurs fois que je repousse sa lecture … finalement je l’ai torpillé dans la soirée, en marquant quelques pauses tout de même, + de 400 pages, c’est du costaud, il faut être dans de bonnes conditions. Sur un sujet qui ne m’attire guère, une correspondance avec un condamné à mort en Floride, l’autrice a réussi à me captiver. Elle propose un récit fluide, intelligent et d’une belle humanité, c’est très bien construit et majestueusement mis en images. Sa maîtrise du noir et blanc et la variété de son trait sont assez bluffantes. L’histoire doit évidemment beaucoup à Renaldo mais l’autrice sublime ce témoignage par sa personnalité et son talent de conteuse. Sur le coup, j’ai un peu bloqué sur la fin mais plus j’y pense plus elle me semble réussie, ainsi que la provenance du titre. J’ai beaucoup aimé et appris beaucoup de choses, un album qui va me marquer et une sacré entrée pour Valentine Cuny - Le Callet dans le monde du 9eme art. Je vais laisser digérer mais pas loin du culte, je ne vois que des qualités. Cette album n’aurait pas démérité dans la sélection officielle d’Angoulême, mais qu’importe il sera à coup sûr dans le prix 2022 des lecteurs du site :) (Édit suite parution des prix lecteurs 2022 : finalement ce tome n’en fera malheureusement pas parti ?! Mais qu’importe ça reste une lecture marquante de 2022) Autres infos, l’autrice « adapte » son livre « Le monde dans cinq mètres carrés » sortie en 2020, et qu’elle est tout aussi talentueuse que la scénariste de Médée ;)

20/01/2023 (modifier)
Par Hervé
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Merlu
Le Merlu

Tome 1 : Les Routes de la défaite J'ai découvert cette série presque par hasard, en lisant un sujet lui étant dédié sur un forum de bd. J'avoue être passé complétement à côté de sa sortie en 2020. J'ai vite réparé cet oubli, en trouvant chez mon libraire l'édition canalbd limitée à 1000 exemplaires. Il faut avouer qu'il s'agit d'un bel objet éditorial avec le nom de la série étrangement en retrait sur la couverture et un 2ème plat de couverture qui me rappelle les anciennes bd (avec le rappel des titres déjà parus). Après ces considérations de collectionneur, qu'en est-il de cet album? Certes le thème de l'exode a souvent été évoqué récemment dans la bd (rappelons nous d'Emile Bravo, avec sa vision de Spirou - d'ailleurs un clin d’œil y est fait page 27- ou ,encore Comment faire fortune en juin 40 d'Astier et Dorison), mais là, nous sommes rapidement plongé dans l'ambiance du désastre de mai 40. Nous suivons donc les aventures du sergent Colin (colin....merlu...vous avez fait le rapprochement? ,non? attendez de lire le tome 2 alors...), rendu à la vie civile, suite à son évasion. Bref, tout au long de ce volume, nous assistons à la vie des petites gens, des anonymes sous l'occupation, qui peu à peu vont s'engager dans la résistance, par des actes presque anodins C'est bien observé, et même si les personnages sont assez caricaturaux (le jeune fougueux, le père pétainiste , l'ami juif , le pro-allemand, sans oublier l'amoureuse de service), on lit cet album avec un grand plaisir. Le dessin de Jérôme Phalippou sied parfaitement à cette histoire, à tel point que j'ai envie de découvrir d'autres albums de ce dessinateur . Un scénario certes traditionnel servi par un dessin classique, mais qui s'achève sur une page qui ne demande qu'à découvrir le tome 2, bref un très bel album. Je remercie les participants du forum dédié à cet album de m'avoir fait découvrir cette série, prévue en 3 volumes, et qui va rejoindre mes incontournables de mon immense bibliothèque. Tome 2 : Les Routes de sang Avec ce deuxième opus d'une série qui en comptera trois, Thierry Dubois nous plonge dans une ambiance plus sombre, d'ailleurs j'ai préféré cet album au premier, qui plaçait déjà la barre assez haut. Car nous plongeons ici dans le coeur de l'occupation, avec une description de la Résistance, vue au niveau local, avec ses différents réseaux que la France Libre veut réunifier. Il s'agit non seulement de la Résistance, menée par le Merlu, mais aussi la résistance passive . Le ton est plus dramatique dans cet album, même si le running gag de l'explication de Colin sur l'explosion du berlier fait sourire. "Les routes du sang", titre de cet album, passent donc par les traitres, les héros anonymes mais aussi par la torture, et les collabos. Si vous vous intéressez, comme moi à cette période trouble de l'histoire, lisez cette série. Ce second volume est encore plus prenant que le précédent. Vivement le prochain pour connaitre le dénouement de cette histoire imaginée par Thierry Dubois. Tome 3: Les routes de la victoire Hasard de mes lectures, et de mes visionnages de séries, je suis plongé dans la période de la collaboration (je viens d'achever "Un allemand à Paris" de Gerhard Heller, "Une brève libération" de Félicitée Herzog, et je débute la série Un village français, avec beaucoup de retard, je sais) Et là, je découvre avec plaisir le troisième volume d'"Une aventure du Merlu" qui me replonge dans cette période sombre de l'histoire. Il fallait s'y attendre, après la période de la Résistance, nous sommes confrontés dès les premières pages à l'Epuration et aux derniers mois de l'Occupation. Le destin des personnages principaux est donc tracé dans ce dernier volume, avec des retrouvailles mais aussi des séparations, parfois brutales. J'ai beaucoup aimé l'atmosphère qui se dégage de cet album à la fois violente, mais aussi plus tendre. Bref, l' album des révélations, mais qui ne ferme pas la porte à une suite, si j'en juge la fin ouverte. Une série que je recommande.

19/05/2021 (MAJ le 17/01/2023) (modifier)
Par Lucie
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Comme un garçon
Comme un garçon

Ce livre est incroyable. Je suis tombée dessus et j'ai adoré . L'histoire est super sympa, le style de dessin aussi est parfait, on a vraiment l'impression que l'histoire est vraie. Charlotte se retrouve devant un problème et on découvrira bientôt comment elle s'en sortira. Et j'espère que le tome 6 sortira bientôt. Je n'ai jamais été autant attachée à une BD.

17/01/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Monsieur Apothéoz
Monsieur Apothéoz

Quel album, mais quel album ! Théo Apothéoz est persuadé que son nom de famille porte malheur, il est vrai que son père, son grand-père et son arrière grand-père n'ont pas été gâté par la vie (voir la galerie). Sa rencontre avec l'écrivain à succès, Antoine Pépin (si si), va chambouler son destin. A partir de cet instant, le récit va prendre une tournure inimaginable. Impossible d'en dire plus. J'avais déjà apprécié le talent de Julien Frey avec Lisa et Mohamed, mais là, il se surpasse. On a affaire un roman graphique de premier ordre qui traite de la réussite professionnelle et amoureuse, bref de réussir sa vie ou pas. Le choix narratif que propose Frey est jubilatoire, tout le long du récit vous aurez le sourire aux lèvres et pourtant les situations ne sont pas des plus drôles. Il emploie un humour décalé, pythonesque qui fait mouche à chaque fois. Le ton est juste, le rythme soutenu est fluide et les personnages sont pittoresques et attachants. Il vous sera impossible de lâcher le bouquin tant les situations cocasses et incongrues se succèdent. Une histoire déroutante qui vous laissera sur le cul. Une fin en apothéose ? Surprise. Je découvre Dawid et là aussi, grosse surprise. Des planches magnifiques dans un style semi-réaliste. Un dessin expressif, de superbes couleurs et une mise en page dynamique. Du très très beau boulot. En conclusion, j'ai passé un merveilleux moment avec Théo, Antoine et Camille. Je veux aussi signaler l'excellent travail des éditions Vents d'Ouest pour ce très bon rapport qualité/prix. Un gros coup de cœur.

17/01/2023 (modifier)
Couverture de la série Les Sept Ours Nains
Les Sept Ours Nains

Je suis un grand fan de la série de Spirou d'Emile Bravo. J'étais donc très curieux de découvrir ce que cet artiste pouvait proposer pour un public assez jeune. Je n'ai pas été déçu. Sa relecture des nombreux contes populaires qui ont bercé notre enfance m'a vraiment beaucoup plu. J'ai la chance d'avoir lu les quatre récits à la suite via la dernière intégrale chez Seuil Jeunesse (à un prix très abordable). Je conseille donc aux futurs lecteurs/lectrices le choix de cette intégrale qui crée un ensemble favorisant la dynamique du récit. J'ai compté 16 références aux contes les plus célèbre de la littérature européenne (j'en ai peut-être zappé). La mise en scène est si minutieuse que toutes ces princesses, princes, fées, veaux-vaches-cochons s'articulent avec brio et humour autour de nos sept oursons aussi empathiques que nos premiers nounours. Série pour les enfants peut-être mais les grands y trouvent leur compte tellement l'humour apporté par les détournements des oeuvres premières est drôle. Le graphisme d'Emile Bravo est à la hauteur du récit : très bon. C'est un peu déroutant en début de lecture car ce n'est pas dans les standards d'un dessin pour enfants assez jeunes. Bravo joue constamment dans son dessin avec les contrastes entre deux mondes : le monde merveilleux et féérique pour enfants (les belles robes, les châteaux ou trésors) et un arrière-plan réaliste plus sombre (les oursons émaciés, Hansel et Gretel au look un peu brun). L'excellente mise en couleur renforce ce contraste entre les cases très colorées et celle beaucoup plus grises ou brunes qui préfigurent certains passages de Spirou sous l'Occupation. Un mot sur le découpage qui nous offre une grande variété de cases et beaucoup de pleines pages très belles, détaillées qui sont de véritables invites à entrer dans le récit. Cette série est pour moi une des meilleures série Jeunesse que j'ai lu. Elle se distingue de mes autres préférées (Bergères Guerrières, Lulu et Nelson) par un esprit d'humour qui favorise le développement du sens critique. Incontestablement un ouvrage à avoir dans sa bibliothèque pour tous.

17/01/2023 (modifier)
Par MacKott
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Edgar P. Jacobs - Le Rêveur d'apocalypses
Edgar P. Jacobs - Le Rêveur d'apocalypses

Cette biographie de Jacobs en BD sortie en 2021 m'avait tout de suite tapé dans l'œil mais j'avais préféré attendre un peu avant de me la procurer, estimant que j'avais tout mon temps. Et là, en septembre j'ai même pu m'offrir l'édition Deluxe ! Comme son titre l'indique, cette BD scénarisée par François Rivière, déjà connu pour ses travaux sur Jacobs, relate la vie (parfois un peu remaniée de l'aveu des auteurs) du célèbre créateur de Blake et Mortimer. Nous suivrons donc à travers plusieurs chapitres, Jacobs du début des années 1930 et son rêve de devenir chanteur d'opéra (de là viendra son surnom de "Baryton du 9ème art") à sa mort en 1987. Etant moi-même passionné par cet auteur et par sa fameuse série Blake et Mortimer, je dois dire que j'espérais vraiment ne pas être déçu... Autant vous dire que j'ai été comblé dés les premières pages ! ... Tout d'abord par le dessin, d'une précision et d'une beauté assez époustouflante. On sent que le dessinateur Philippe Wurm a voulu rendre hommage au maître en s'inspirant de cette méticulosité qui caractérisait Jacobs. Du musée du cinquantenaire au marché du quartier des Marolles, en passant par le palais royal somptueusement dessinés, on en prend plein la vue tout au long de l'album. Je n'insisterai jamais assez sur les détails présents sur chaque planche, chaque case qui donnent vraiment l'impression (la certitude !) que le dessinateur ne s'est pas moqué de nous. Et pour cause ! Le duo travaillait sur cette biographie depuis 2014 ! Je n'ai même pas senti une sensation de rigidité dans les personnages, d'ailleurs tous bien reconnaissables ! On rencontrera Hergé, Franquin, Duchâteau, Martin, Van Melkebeke (un ami de Jacobs qui l'aida sur presque tous ses scénarios), ou encore Leblanc le directeur des éditions du Lombard... Bref, tous ces personnages qui auront un rôle important dans la vie de Jacobs sont parfaitement identifiables bien qu'ils soient nombreux, et ça ne gênent donc pas la lecture. J'ai quand même feuilleté la version couleurs de l'album et je trouve que celles-ci sont très jolies, avec un côté un peu velours renforcé par l'usage de vert foncé, de gris, de noir ou de beige. Mais la version N&B est tout simplement magnifique. Les scènes de nuit sont tout particulièrement réussies, notamment lorsque les auteurs choisissent de mettre en scène les craintes et les pensées de Jacobs. Les cases sont d'ailleurs assez grandes, voire parfois immenses, ce qui rend la lecture d'autant plus agréable. Par ailleurs, le dessinateur écrit son propre commentaire de la planche à chaque page, en montrant parfois des recherches de personnages, parfois des croquis de bâtiments. Bref, vous pourrez comprendre tout ce qu'il a voulu mettre en valeur dans chaque case, ce qui est quand même un vrai plus. Le scénario reprend donc (évidemment !) la vie de Jacobs en ajoutant parfois un dialogue ou deux, mais certains sont des authentiques que Rivière a pu sortir de l'ombre (entre Jacobs et sa femme/ Van Melkebeke/ Martin...). A travers la lecture, on se rend quand même compte que Jacobs a eu une vie parfois pénible, notamment du fait de la censure d'album, de son divorce ou de la mort de sa femme. Cependant, il est très intéressant de mieux comprendre le personnage et ses relations aux autres auteurs. Mais cette qualité vire parfois dans le défaut, notamment avec des dialogues inutiles et à rallonge entre Jacobs et sa femme, même si ce n'est pas non plus flagrant et que ça ne m'a pas particulièrement dérangé. En définitive, je recommande la lecture de cet album pour tout amateur de Jacobs, qui fut qu'on le veuille ou non, un des piliers de la BD de son vivant, mais qui continue à être étudié encore aujourd'hui (je pense à une conférence sur la Marque Jaune sortie sur la chaîne du Collège de France encore tout récemment). Il laissera derrière lui Blake et Mortimer, Le Rayon U ainsi que quelques rares productions très peu connues du grand public.

16/01/2023 (modifier)
Couverture de la série La Guerre de Catherine
La Guerre de Catherine

C'est exactement le genre de récit que j'affectionne beaucoup. J'ai trouvé cette série adaptée d'un roman éponyme de la scénariste Julia Billet est en tout point passionnante. J'ai beaucoup aimé la qualité littéraire des dialogues et du récit. Chaque phrase est porteuse de sens ou d'émotion. La thématique de la recherche du beau et de la fraternité au milieu de l'ignominie grâce à l'art s'impose tout au long du roman. Entre réalité et fiction, l'autrice construit un récit équilibré et touchant qui propose un hommage aux personnes qui ont protégé sa mère d'une déportation vers la mort. J'ai trouvé le rythme soutenu et la charge émotionnelle forte. Contrairement à des récits comme Un Juste ou L'Enfant cachée la petite Rachel/Catherine et ses petites amies vivent les dénonciations qui imposent une réactivité immédiate pour survivre. Cette ambiance de stress et de tension dramatique est très présente dans le scénario de Julia Billet. La peinture psychologique des personnages est vraiment excellente. Même s’ils sont presque tous bienveillants, l'autrice sait exprimer une présence malveillante invisible qui rôde autour de ces enfants. Le graphisme de Claire Fauvel soutient à merveille le récit. Son trait tout en courbes exprime à la fois cette vitalité de l'enfance et ce mouvement perpétuel de fuite devant l'indicible. Ses dessins de groupes d'enfants joyeux et innocents dans les différentes classes font contraste avec l'invisible des pensées du lecteur qui renvoient aux camps de la mort. Ici le seul Allemand présent, que Fauvel dessine presque comme une femme, sauve Rachel de la rafle. Même si c'est marginal je trouve que c'est un épisode qui repousse un manichéisme producteur de haine. Comme un cliché photographique qui saisit un moment de grâce, cette série m'a vraiment touché et remué. Une excellente lecture.

16/01/2023 (modifier)
Par r0ud0ud0u
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Lock
Lock

Bonne série où j'ai pris beaucoup de plaisir à lire. Un monde étrange où se côtoient les esprits perdus des humains dans le coma. Réincarnés dans ce monde, ils y mènent une quête pour revenir à la vie réelle. Avec en parallèle des luttes de pouvoir entre les maîtres de ce monde. Très bonne histoire, bon dessin perfectible avec des planches plus ou moins bonnes. D'où une note de 4/5 et pas 5/5.

15/01/2023 (modifier)
Couverture de la série Aya de Yopougon
Aya de Yopougon

Je ne pouvais pas passer à côté de la série à succès de Marguerite Abouet. Ce "Dallas" made in Abidjan mérite à mon avis tout le bien écrit et dit sur cette série. Ce type de récit soap n'est pas l'apanage des TV mexicaines ou brésiliennes. Les producteurs nigérians, camerounais ou ivoiriens savent très bien en proposer à leurs publics qui en sont friands. Il n'est donc pas surprenant que l'autrice ait pu puiser dans cette veine. Ici les auteurs s'adressent avant tout à un public français qui ne possède pas forcément toutes les clés de compréhension des traditions familiales africaines. La magie du scénario de Marguerite Abouet est que son récit possède une vitalité, une authenticité et une fraicheur qui suffisent à captiver le lecteur. Il y a une prouesse au niveau de la mise en scène et du découpage pour faire intervenir quatre familles principales plus des personnages (importants) isolés sans que cela ne devienne un horrible imbroglio incompréhensible. On pourrait un peu reprocher à l'autrice, pour des raisons scénaristiques, de réduire les fratries à quelque chose de rare en Afrique, voire quelque chose d'incongru. En effet un homme d'importance peut difficilement accepter de se contenter d'un ou deux enfants. C'est un peu la seule entorse à l'authenticité africaine du récit que je note. Pour le reste, c'est un vrai régal. Maguerite Abouet fait rentrer pendant les six premiers tomes, le pays, le quartier et le village dans nos froids salons européens. Tout y est, l'autorité par strate générationnelle, les relations au sein d'un même groupe horizontal (les frères et soeurs au sens africain), les problèmes avec le village et son chef qui possède une autorité incontournable. Il y a beaucoup d'autres thématiques développées avec un plein d'humour, ce qui alimente le rythme de la série. Le tome 7 ne m'a pas autant enthousiasmé car les auteurs reprennent la série avec des thématiques plus européennes à mon goût (politique et manifs). Il y a aussi une perte dans la personnalité de certains personnages comme Moussa, Adjoua ou Mamadou. Car dans les six premiers tomes on suit le parcours d'un nombre important de personnages avec un équilibre remarquable. Aya n'est même que secondaire dans beaucoup de parcours. J'ai beaucoup aimé les récits autour d'Innocent, de Moussa et particulièrement celui du retour forcé de Félicité. Bien sûr le plus de la série tient dans les dialogues truculents et fruités que nous délivre l'autrice. Entendre chanter cette langue franco-ivoirienne m'a procuré des émotions dignes des meilleures poésies et des rires à n'en plus finir. Le graphisme de Clément Oubrerie n'est pas, pour moi, à ce niveau d'excellence, mais il fait bien le travail dans un style humoristique. Les personnages sont bien reconnaissables, leurs gestuelles sont bien dans les rôles attribués à chacun. Le travail des regards est très bon et donne une formidable expressivité aux intervenants. La mise en couleur participe au récit en soulignant les différences entre Paris et Abidjan. Cette série est une vraie réussite et procure une lecture plaisir qui réchauffe le coeur.

14/01/2023 (modifier)
Couverture de la série Dans un rayon de soleil
Dans un rayon de soleil

Bon, je vais faire simple, mon ressenti étant exactement le même que celui d’Alix, je vais me contenter de renvoyer vers celui-ci. Hein, on me demande de développer ? Bon. Comme Alix, j’ai découvert cette auteure avec Sur la route de West. Et d’ailleurs, je pourrais tout aussi bien reprendre le début de mon avis sur cet album, tant j’ai là aussi eu du mal à entrer dans cette lecture, ne sachant pas trop où cela semblait nous mener (remarque valable pour l’histoire et pour le dessin). Mais au bout d’un moment je m’y suis fait. Et, une fois embarqué, on ne peut plus lâcher cette histoire, assez hypnotique. C’est de la SF douce, proche de ce que peut faire Frederik Peeters. Aucune esbroufe, pas de recherche de crédibilité scientifique, c’est une sorte de SF poétique (cet aspect est franchement accentué dans le dernier tiers, sur les Escaliers, avec de très belles planches !). C’est aussi une bonne partie de l’intrigue qui reste énigmatique – mais je suis prêt à l’accepter, tant l’ensemble est envoûtant. Ainsi ces planètes improbables (comme les vaisseaux en forme d’oiseaux), ainsi de ces réparateurs de monuments perdus dans l’espace, espace et planètes sur lesquelles les personnages se meuvent sans problème pour respirer. Personnages justement, quasiment tous féminins, chose qui n’est jamais expliqué. Les flash-backs s’imbriquent bien dans l’ensemble, l’histoire d’amour au cœur de l’intrigue aussi. Bref, une histoire évanescente, laissant l’imagination du lecteur au pouvoir. Tillie Walden est une auteure à suivre, qui produit des œuvres sortant clairement de l’ordinaire. Une originalité sur le fond et la forme. Je suis curieux de découvrir le reste de son œuvre en tout cas.

14/01/2023 (modifier)