Quel plaisir de lecture.
Il y a un cocktail assez rare dans ce carnet de voyage :
le format pour ce type de récit
l'humour
les dessins
et bien sur l'exotisme dans le quotidien...
Ce que j'ai le plus apprécié je pense c'est de sentir le Voyage sans bouger de chez moi. On se sent avec lui, à découvrir Tokyo, les différences, les rues, certains détails du quotidien, avec un humour ça et là qui rend l'ensemble assez tendre.
Ca m'a fait un bien fou.
Il y a vraiment quelque chose qui transparait dans ce carnet de voyage, qui dégage une très grande fraicheur.
Fraichement conseillé donc !
J'ai vraiment beaucoup apprécié cette série. J'ai relu 2 fois les 2 tomes et je vais assurément les relire dans les prochains jours ! Je me suis même amusé à retrouver sur Gmaps les principaux lieux des actions dans une ville balnéaire... qui existe réellement !
J'ai bien hâte au 3ième tome. Lequel devrait nous parvenir dans les prochains mois, espère-je bien !
J’imaginais un truc bien plus austère. Une surprise comme je les aime !!
Les auteurs, que je découvre pour l’occasion, nous propose un chouette roman graphique. Ils nous offrent un sacré numéro d’équilibriste, un récit remplit de tendresse mais également de noirceur à travers ces différents personnages, tantôt solaires tantôt détestables et malheureusement humains. Et ça marche très bien, à mes yeux ils réalisent une belle prouesse.
Une histoire qui se décompose en 12 actes - répartis en deux parties, plus un épilogue. Nous allons faire connaissance avec de nombreux personnages mais tout tourne autour de notre Lucien, un gentil balayeur de parc, un peu naïf mais au combien attachant.
La première partie est plaisante mais plutôt sans surprises, je l’ai trouvé très classique et un peu déjà vu. On découvre le petit microcosme qui gravite autour de notre « héros », au programme amitié et bêtise humaine. Je dois avouer qu’à son issue je n’étais pas plus emballé que ça.
Puis, sans trop en dire, arrive la seconde partie que j’ai trouvé bien plus originale et accrocheuse dans son déroulée. Elle emmène dans de nouvelles sphères la première. L’épilogue par contre n’apporte pas grand chose.
Une récit finalement relativement simple mais aux personnages au combien réussis, le tout est sans manichéisme et profondément touchant.
Un dernier mot sur le dessin, il ne m’a pas de suite charmé mais il s’avère superbe et en parfaite adéquation avec le propos, tantôt d’une belle finesse, tantôt assez brut, du beau noir et blanc. Des pleines pages fabuleuses, une narration maîtrisée, une mise en page inspirée, c’est ponctué de chouettes trouvailles graphiques. Au top.
Ça ne plaira sans doute pas à tout le monde mais un bel album que je vous encourage à découvrir.
Seule ombre au tableau … le tarif, à feuilleter avant de se lancer dans l’aventure.
J’aime beaucoup la Grèce antique et j’ai trouvé mon compte dans cette histoire.
C’est léger, cela se lit facilement, le dessin est agréable et lumineux.
Nous suivons l’aventure d’un fils de pêcheur grec en quête de gloire.
Il ne s’agit pas du héros classique noble tel Achille, Ulysse, etc. à qui tout réussit ou presque, mais au contraire d’un anti héros, pauvre, issu du peuple, à qui il arrive nombre de mésaventures.
C’est de la mythologie, de l’antiquité grecque à hauteur d’homme, à un niveau réaliste plus proche de nous : il est ainsi très facile de s’identifier au personnage.
Le récit regorge d’informations sur le mode de vie et la mythologie grecque, on apprend beaucoup tout en s'amusant des déconvenues du héros. C’est ce que j’ai particulièrement apprécié dans cette bd.
Une nouvelle adaptation du classique de Mary Shelley.
Cette fois-ci c'est une autrice espagnole, Sandra Hernandez, qui en livre sa version, en faisant du Pr Frankenstein une femme. Et pourquoi pas ? En effet, en inversant les sexes, cela n'enlève rien à la puissance de l'histoire écrite il y a deux cents ans par l'apprentie écrivaine britannique. J'ai une tendresse particulière pour cette histoire, et je suis toujours attentif quand je vois passer une adaptation.
Je ne suis pas fan du trait de Sandra Hernandez. j'ai un peu l'impression, en le voyant, de voir des éléments graphiques épars copiés sans grand discernement. Je ne trouve pas qu'il y ait d'harmonie visuelle ; par contre ce côté "chaotique", "brut", respecte le caractère clinique, "sec" de l'histoire du/de la Pr Frankenstein. Cette adaptation respecte aussi une autre caractéristique, à savoir les récitatifs, qui mettent le lecteur dans l'esprit du savant lors de ses études, sa création, son rejet, puis la chasse. Cette chasse désespérée, échevelée, à travers une partie de l'Europe, vouée à l'échec..
Malgré le souci du graphisme, je n'ai pas pu lâcher ma lecture jusqu'à la fin. C'est donc une itération intéressante de ce classique de la littérature fantastique.
J'ai eu vraiment une excellente surprise en lisant cette ancienne (1985) série africaine. Tout d'abord j'ai trouvé le dessin de Léon Tchibemba excellent dans son style caricatural assez réaliste. Formé en RDC puis à St Etienne j'ai découvert grâce à cet album un dessinateur de grand talent.
Son trait est précis, fin, expressif et apporte beaucoup d'humour dans les gestuelles proposées. Les cases fourmillent de détails dans la description du village ou dans les quartiers de Kinshasa. Le soin pris pour dessiner la simple barraque est remarquable.
Je n'ai pas vu beaucoup de différences entre le travail de Tchibemba et celui des meilleurs professionnels européens.
Le scénario est aussi intéressant puisqu'il décrit avec beaucoup d'humour et de clairvoyance ce qui va marquer les décennies qui suivent : à savoir la migration des populations rurales vers les capitales. Migrations internes qui furent un préalable aux migrations internationales vers l'Europe ou d'autres pays africains.
Sous un aspect humoristique les auteurs montrent déjà que migrer n'est pas une partie de plaisir même dans son propre pays.
Quand on sait que la situation s'est fortement dégradée en RDC on peut imaginer ce que serait le scénario aujourd'hui.
Les auteurs abordent aussi le thème des difficultés à concilier un mode de vie traditionnel hérité de la vie au village et un mode de vie plus urbain avec des influences de la modernité issue de l'étranger.
Les dialogues sont très travaillés pour participer à l'effet comique de la série. Nos deux migrants, Nyangara et Fataki parlent un français recherché et plutôt désuet en décalage complet de leur naïveté et de leur simplicité naturelle mais aussi du langage plus moderne mais trivial des citadins.
J'ai trouvé cette lecture découverte très rafraîchissante et amusante. À découvrir pour d'autres horizons.
L'ère des anges est un récit à plusieurs niveaux de lecture : un bon récit d'anticipation dans un futur proche, avec un univers crédible, de l'action et de la tension. Mais au delà de ça, cet album ouvre la porte à des questions bien plus profondes qui dépassent largement le cadre de la simple bonne petite histoire futuriste. C'est très fort.
Ce récit retourne intelligemment le rôle du gentil et du méchant. Ita est initialement présenté comme un dictateur fou, les forces de l'ONU s'attaquant à lui pour l'évincer. On a donc une vision assez claire qu'il est le méchant de l'histoire. 60 pages plus loin, on le voit radicalement différemment. C'est un scientifique extrêmement intelligent qui a tout mis en oeuvre pour éliminer la famine dans son pays... plus si méchant que ça notre bonhomme. Par contre on peut discuter de la méthode.
C'est ainsi que le récit pose de vraies questions d'éthique, sur ce qui est acceptable ou pas en terme de progrès génétique. Si d'un coté tout le monde est d'accord pour vouloir réduire la famine, est ce que nous sommes pour autant prêt à le faire à n'importe quel prix ? Si il faut pour cela modifier de l'ADN par exemple, acceptable ou pas ?
Cet album contient tout ça, et il est plaisant autant pour le récit d'anticipation que pour les questions qu'il soulève. La fin est à la fois spectaculaire et subtile. Elle donne tout son sens au titre de l'album.
Après quelques tomes un peu moins bons, ce titre se place clairement parmi les meilleures adaptations de la collection des futurs de Liu Cixin.
C'est sur le stand des éditions "Les rêveurs" à Angoulême que je me suis laissé tenter par cet album en voyant que Lelis, auteur brésilien, était présent. J'étais déjà admiratif des aquarelles qu'il réalisait en dédicace, mais la lecture de cet album m'a pleinement convaincu de son talent.
Lelis contextualise la réalisation de cette BD en début d'album. L'idée de base était au début de réaliser un album (pas une BD) pour enfants qui mettait en avant le pouvoir de la lecture et de l'imagination, en référence à une anecdote qu'il relate. Le COVID est passé par là, l’extrême droite aussi, et la tristesse ambiante a poussé Lelis à réaliser un album pour sortir les gens de cette torpeur morbide et les faire rire. C'est comme ça que "En fuite !" va prendre forme. Il reprend l'idée du pouvoir de la littérature en y intégrant ce qui le faisait rire enfant : les films de Buster Keaton et de Laurel et Hardy.
Car "En fuite !", c'est ça : pas de texte, juste de savoureuses aquarelles sur un trait éraillé mais d'une expressivité folle, tant dans ses petites cases que ses magnifiques pleines pages aux détails redoutables ! On est happés par ces successions d'événements "rocamburlesques" en collant aux basques de nos deux agents municipaux en charge de récupérer les animaux errants. Le fantastique (ou le rêve ?) s'invite au détour d'une librairie et voilà que de nouveaux personnages et de nouveaux horizons se dessinent... pour reprendre leur course folle !
Lelis voulait régaler ses compatriotes d'un peu de bonne humeur pour faire la nique au triste contexte qui l'entourait : pari tenu et son humour, sa fraicheur et sa poésie ont largement dépassé ses frontières ! Merci aux éditions Les Rêveurs (qui porte décidément bien son nom) pour nous avoir fait passer ce petit bijou ; un vrai ravissement !
Imaginez.
Il existe un programme qui permet de corriger les œuvres littéraires lorsque celles-ci sont mauvaises ou mal écrites, un algorithme qui arrive à cerner les incohérences ou le mauvais goût. En gros, une intelligence artificielle qui officiera en lieu et place des éditeurs de chair et de sang. De toute façon, la plupart ne lisent pas tous les bouquins qu'on leur envoie, trop de masse. L'idée, si elle peut faire flipper, fait tout de même sens.
Imaginez encore.
Ce programme est en réalité chapeauté par des héros issus d’œuvres diverses : manga, roman graphique, roman à l'eau de rose, aventure de capes et d'épées, etc. Ces personnages travaillent au sein même dudit programme et entrent dans les œuvres pour en corriger les défauts avant édition. Et ces derniers, s'ils savent qu'ils ne sont que fiction, savent aussi que leur réalité fictionnelle est LEUR réalité. Avec leurs souvenirs, leurs amours, leurs familles.
Imaginez une dernière fois.
A la suite de la mort d'un de ces "éditeurs", la cheffe engage un petit nouveau, personnage issu d'un roman graphique qui raconte l'histoire d'un auteur de bande dessinée. Triple mise en abyme. Le personnage de l’œuvre écrit lui-même une histoire sur un autre personnage (que l'on ne verra pas).
Bah, avec tout ça, on pourrait prendre peur.
Et oui, les première pages font peur, on ne comprend pas où on va. Puis le talent de Sean Murphy passe par là et il arrive à nous accrocher finalement très rapidement. Et c'est génial.
Nous voici donc plongé au sein du programme avec cette bande de héros de seconde zone qui, maintenant qu'ils sont sortis de leurs œuvres originelles, se battent pour sauver les livres. Quel scénario brillant.
Sans se prendre la tête outre mesure, Sean Murphy pose les bonnes questions tout en n'omettant pas de nous passionner par les aventures de nos héros dans ce monde éditorial. Pêle-mêle :
- la question de la perception de la réalité entre deux personnes est posée intelligemment. Le personnage issu du manga est touchant lorsque, après des moqueries au sujet de l’œuvre complètement barrée (et débile) dont il est issu, explique que pour lui, c'est la seule réalité qu'il connaisse et qu'elle est donc SA réalité.
- la question du pouvoir des livres est aussi malignement interrogée : à partir de quand un livre d'Histoire, pour reprendre l'exemple utilisé dans la BD, remplace la vraie Histoire ?
- la question de la catégorisation est présente aussi, peut-on changer, même lorsque nous avons été "programmé", éduqué d'une manière et pas d'une autre ?
- etc.
Le dessin est splendide, Sean Murphy arrive à reconstituer les styles de chacun des univers présenté dans le comics. Le découpage est vraiment bien foutu et les scènes d'actions se lisent avec délectation.
De même, j'ai beaucoup apprécié le clin d’œil à Punk Rock Jesus du même auteur (il y en a peut-être d'autres).
Seul petit bémol, qui n’est pas du fait des auteurs mais de l’édition française, j’ai relevé quelques coquilles et fautes d’orthographe.
J'en suis presque à regretter que ce comics ne soit qu'un one-shot, tellement l'univers pensé par Sean Murphy pourrait nous amener vers de multiples réflexions sur la littérature, sur la nature humaine, sur la sociologie des rapports humains. Mais c'est peut-être très bien ainsi, l'auteur nous ouvre une porte, à nous de continuer à la penser, à la faire vivre.
Vraiment bravo !
Vraiment super, je recommande vivement ! Ce livre est très intéressant, j’ai appris beaucoup comme l’existence de Los Alamos, le fait que certains scientifiques soient contre l’utilisation de l’arme,... La narration de l’atome lui-même est une bonne idée qui nous tient au fil tout au long de cet ouvrage assez intense. Le noir et blanc nous plonge dans cette ambiance tragique. On peut dire que c’est un chef-d’œuvre, bravo et merci !
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Tokyo Sanpo
Quel plaisir de lecture. Il y a un cocktail assez rare dans ce carnet de voyage : le format pour ce type de récit l'humour les dessins et bien sur l'exotisme dans le quotidien... Ce que j'ai le plus apprécié je pense c'est de sentir le Voyage sans bouger de chez moi. On se sent avec lui, à découvrir Tokyo, les différences, les rues, certains détails du quotidien, avec un humour ça et là qui rend l'ensemble assez tendre. Ca m'a fait un bien fou. Il y a vraiment quelque chose qui transparait dans ce carnet de voyage, qui dégage une très grande fraicheur. Fraichement conseillé donc !
Monsieur Vadim
J'ai vraiment beaucoup apprécié cette série. J'ai relu 2 fois les 2 tomes et je vais assurément les relire dans les prochains jours ! Je me suis même amusé à retrouver sur Gmaps les principaux lieux des actions dans une ville balnéaire... qui existe réellement ! J'ai bien hâte au 3ième tome. Lequel devrait nous parvenir dans les prochains mois, espère-je bien !
Lucien (Carayol/Sénégas)
J’imaginais un truc bien plus austère. Une surprise comme je les aime !! Les auteurs, que je découvre pour l’occasion, nous propose un chouette roman graphique. Ils nous offrent un sacré numéro d’équilibriste, un récit remplit de tendresse mais également de noirceur à travers ces différents personnages, tantôt solaires tantôt détestables et malheureusement humains. Et ça marche très bien, à mes yeux ils réalisent une belle prouesse. Une histoire qui se décompose en 12 actes - répartis en deux parties, plus un épilogue. Nous allons faire connaissance avec de nombreux personnages mais tout tourne autour de notre Lucien, un gentil balayeur de parc, un peu naïf mais au combien attachant. La première partie est plaisante mais plutôt sans surprises, je l’ai trouvé très classique et un peu déjà vu. On découvre le petit microcosme qui gravite autour de notre « héros », au programme amitié et bêtise humaine. Je dois avouer qu’à son issue je n’étais pas plus emballé que ça. Puis, sans trop en dire, arrive la seconde partie que j’ai trouvé bien plus originale et accrocheuse dans son déroulée. Elle emmène dans de nouvelles sphères la première. L’épilogue par contre n’apporte pas grand chose. Une récit finalement relativement simple mais aux personnages au combien réussis, le tout est sans manichéisme et profondément touchant. Un dernier mot sur le dessin, il ne m’a pas de suite charmé mais il s’avère superbe et en parfaite adéquation avec le propos, tantôt d’une belle finesse, tantôt assez brut, du beau noir et blanc. Des pleines pages fabuleuses, une narration maîtrisée, une mise en page inspirée, c’est ponctué de chouettes trouvailles graphiques. Au top. Ça ne plaira sans doute pas à tout le monde mais un bel album que je vous encourage à découvrir. Seule ombre au tableau … le tarif, à feuilleter avant de se lancer dans l’aventure.
Kleos
J’aime beaucoup la Grèce antique et j’ai trouvé mon compte dans cette histoire. C’est léger, cela se lit facilement, le dessin est agréable et lumineux. Nous suivons l’aventure d’un fils de pêcheur grec en quête de gloire. Il ne s’agit pas du héros classique noble tel Achille, Ulysse, etc. à qui tout réussit ou presque, mais au contraire d’un anti héros, pauvre, issu du peuple, à qui il arrive nombre de mésaventures. C’est de la mythologie, de l’antiquité grecque à hauteur d’homme, à un niveau réaliste plus proche de nous : il est ainsi très facile de s’identifier au personnage. Le récit regorge d’informations sur le mode de vie et la mythologie grecque, on apprend beaucoup tout en s'amusant des déconvenues du héros. C’est ce que j’ai particulièrement apprécié dans cette bd.
Frankenstein (Hernandez)
Une nouvelle adaptation du classique de Mary Shelley. Cette fois-ci c'est une autrice espagnole, Sandra Hernandez, qui en livre sa version, en faisant du Pr Frankenstein une femme. Et pourquoi pas ? En effet, en inversant les sexes, cela n'enlève rien à la puissance de l'histoire écrite il y a deux cents ans par l'apprentie écrivaine britannique. J'ai une tendresse particulière pour cette histoire, et je suis toujours attentif quand je vois passer une adaptation. Je ne suis pas fan du trait de Sandra Hernandez. j'ai un peu l'impression, en le voyant, de voir des éléments graphiques épars copiés sans grand discernement. Je ne trouve pas qu'il y ait d'harmonie visuelle ; par contre ce côté "chaotique", "brut", respecte le caractère clinique, "sec" de l'histoire du/de la Pr Frankenstein. Cette adaptation respecte aussi une autre caractéristique, à savoir les récitatifs, qui mettent le lecteur dans l'esprit du savant lors de ses études, sa création, son rejet, puis la chasse. Cette chasse désespérée, échevelée, à travers une partie de l'Europe, vouée à l'échec.. Malgré le souci du graphisme, je n'ai pas pu lâcher ma lecture jusqu'à la fin. C'est donc une itération intéressante de ce classique de la littérature fantastique.
Cap sur la capitale
J'ai eu vraiment une excellente surprise en lisant cette ancienne (1985) série africaine. Tout d'abord j'ai trouvé le dessin de Léon Tchibemba excellent dans son style caricatural assez réaliste. Formé en RDC puis à St Etienne j'ai découvert grâce à cet album un dessinateur de grand talent. Son trait est précis, fin, expressif et apporte beaucoup d'humour dans les gestuelles proposées. Les cases fourmillent de détails dans la description du village ou dans les quartiers de Kinshasa. Le soin pris pour dessiner la simple barraque est remarquable. Je n'ai pas vu beaucoup de différences entre le travail de Tchibemba et celui des meilleurs professionnels européens. Le scénario est aussi intéressant puisqu'il décrit avec beaucoup d'humour et de clairvoyance ce qui va marquer les décennies qui suivent : à savoir la migration des populations rurales vers les capitales. Migrations internes qui furent un préalable aux migrations internationales vers l'Europe ou d'autres pays africains. Sous un aspect humoristique les auteurs montrent déjà que migrer n'est pas une partie de plaisir même dans son propre pays. Quand on sait que la situation s'est fortement dégradée en RDC on peut imaginer ce que serait le scénario aujourd'hui. Les auteurs abordent aussi le thème des difficultés à concilier un mode de vie traditionnel hérité de la vie au village et un mode de vie plus urbain avec des influences de la modernité issue de l'étranger. Les dialogues sont très travaillés pour participer à l'effet comique de la série. Nos deux migrants, Nyangara et Fataki parlent un français recherché et plutôt désuet en décalage complet de leur naïveté et de leur simplicité naturelle mais aussi du langage plus moderne mais trivial des citadins. J'ai trouvé cette lecture découverte très rafraîchissante et amusante. À découvrir pour d'autres horizons.
L'Ere Des Anges
L'ère des anges est un récit à plusieurs niveaux de lecture : un bon récit d'anticipation dans un futur proche, avec un univers crédible, de l'action et de la tension. Mais au delà de ça, cet album ouvre la porte à des questions bien plus profondes qui dépassent largement le cadre de la simple bonne petite histoire futuriste. C'est très fort. Ce récit retourne intelligemment le rôle du gentil et du méchant. Ita est initialement présenté comme un dictateur fou, les forces de l'ONU s'attaquant à lui pour l'évincer. On a donc une vision assez claire qu'il est le méchant de l'histoire. 60 pages plus loin, on le voit radicalement différemment. C'est un scientifique extrêmement intelligent qui a tout mis en oeuvre pour éliminer la famine dans son pays... plus si méchant que ça notre bonhomme. Par contre on peut discuter de la méthode. C'est ainsi que le récit pose de vraies questions d'éthique, sur ce qui est acceptable ou pas en terme de progrès génétique. Si d'un coté tout le monde est d'accord pour vouloir réduire la famine, est ce que nous sommes pour autant prêt à le faire à n'importe quel prix ? Si il faut pour cela modifier de l'ADN par exemple, acceptable ou pas ? Cet album contient tout ça, et il est plaisant autant pour le récit d'anticipation que pour les questions qu'il soulève. La fin est à la fois spectaculaire et subtile. Elle donne tout son sens au titre de l'album. Après quelques tomes un peu moins bons, ce titre se place clairement parmi les meilleures adaptations de la collection des futurs de Liu Cixin.
En fuite !
C'est sur le stand des éditions "Les rêveurs" à Angoulême que je me suis laissé tenter par cet album en voyant que Lelis, auteur brésilien, était présent. J'étais déjà admiratif des aquarelles qu'il réalisait en dédicace, mais la lecture de cet album m'a pleinement convaincu de son talent. Lelis contextualise la réalisation de cette BD en début d'album. L'idée de base était au début de réaliser un album (pas une BD) pour enfants qui mettait en avant le pouvoir de la lecture et de l'imagination, en référence à une anecdote qu'il relate. Le COVID est passé par là, l’extrême droite aussi, et la tristesse ambiante a poussé Lelis à réaliser un album pour sortir les gens de cette torpeur morbide et les faire rire. C'est comme ça que "En fuite !" va prendre forme. Il reprend l'idée du pouvoir de la littérature en y intégrant ce qui le faisait rire enfant : les films de Buster Keaton et de Laurel et Hardy. Car "En fuite !", c'est ça : pas de texte, juste de savoureuses aquarelles sur un trait éraillé mais d'une expressivité folle, tant dans ses petites cases que ses magnifiques pleines pages aux détails redoutables ! On est happés par ces successions d'événements "rocamburlesques" en collant aux basques de nos deux agents municipaux en charge de récupérer les animaux errants. Le fantastique (ou le rêve ?) s'invite au détour d'une librairie et voilà que de nouveaux personnages et de nouveaux horizons se dessinent... pour reprendre leur course folle ! Lelis voulait régaler ses compatriotes d'un peu de bonne humeur pour faire la nique au triste contexte qui l'entourait : pari tenu et son humour, sa fraicheur et sa poésie ont largement dépassé ses frontières ! Merci aux éditions Les Rêveurs (qui porte décidément bien son nom) pour nous avoir fait passer ce petit bijou ; un vrai ravissement !
The Plot Holes
Imaginez. Il existe un programme qui permet de corriger les œuvres littéraires lorsque celles-ci sont mauvaises ou mal écrites, un algorithme qui arrive à cerner les incohérences ou le mauvais goût. En gros, une intelligence artificielle qui officiera en lieu et place des éditeurs de chair et de sang. De toute façon, la plupart ne lisent pas tous les bouquins qu'on leur envoie, trop de masse. L'idée, si elle peut faire flipper, fait tout de même sens. Imaginez encore. Ce programme est en réalité chapeauté par des héros issus d’œuvres diverses : manga, roman graphique, roman à l'eau de rose, aventure de capes et d'épées, etc. Ces personnages travaillent au sein même dudit programme et entrent dans les œuvres pour en corriger les défauts avant édition. Et ces derniers, s'ils savent qu'ils ne sont que fiction, savent aussi que leur réalité fictionnelle est LEUR réalité. Avec leurs souvenirs, leurs amours, leurs familles. Imaginez une dernière fois. A la suite de la mort d'un de ces "éditeurs", la cheffe engage un petit nouveau, personnage issu d'un roman graphique qui raconte l'histoire d'un auteur de bande dessinée. Triple mise en abyme. Le personnage de l’œuvre écrit lui-même une histoire sur un autre personnage (que l'on ne verra pas). Bah, avec tout ça, on pourrait prendre peur. Et oui, les première pages font peur, on ne comprend pas où on va. Puis le talent de Sean Murphy passe par là et il arrive à nous accrocher finalement très rapidement. Et c'est génial. Nous voici donc plongé au sein du programme avec cette bande de héros de seconde zone qui, maintenant qu'ils sont sortis de leurs œuvres originelles, se battent pour sauver les livres. Quel scénario brillant. Sans se prendre la tête outre mesure, Sean Murphy pose les bonnes questions tout en n'omettant pas de nous passionner par les aventures de nos héros dans ce monde éditorial. Pêle-mêle : - la question de la perception de la réalité entre deux personnes est posée intelligemment. Le personnage issu du manga est touchant lorsque, après des moqueries au sujet de l’œuvre complètement barrée (et débile) dont il est issu, explique que pour lui, c'est la seule réalité qu'il connaisse et qu'elle est donc SA réalité. - la question du pouvoir des livres est aussi malignement interrogée : à partir de quand un livre d'Histoire, pour reprendre l'exemple utilisé dans la BD, remplace la vraie Histoire ? - la question de la catégorisation est présente aussi, peut-on changer, même lorsque nous avons été "programmé", éduqué d'une manière et pas d'une autre ? - etc. Le dessin est splendide, Sean Murphy arrive à reconstituer les styles de chacun des univers présenté dans le comics. Le découpage est vraiment bien foutu et les scènes d'actions se lisent avec délectation. De même, j'ai beaucoup apprécié le clin d’œil à Punk Rock Jesus du même auteur (il y en a peut-être d'autres). Seul petit bémol, qui n’est pas du fait des auteurs mais de l’édition française, j’ai relevé quelques coquilles et fautes d’orthographe. J'en suis presque à regretter que ce comics ne soit qu'un one-shot, tellement l'univers pensé par Sean Murphy pourrait nous amener vers de multiples réflexions sur la littérature, sur la nature humaine, sur la sociologie des rapports humains. Mais c'est peut-être très bien ainsi, l'auteur nous ouvre une porte, à nous de continuer à la penser, à la faire vivre. Vraiment bravo !
La Bombe
Vraiment super, je recommande vivement ! Ce livre est très intéressant, j’ai appris beaucoup comme l’existence de Los Alamos, le fait que certains scientifiques soient contre l’utilisation de l’arme,... La narration de l’atome lui-même est une bonne idée qui nous tient au fil tout au long de cet ouvrage assez intense. Le noir et blanc nous plonge dans cette ambiance tragique. On peut dire que c’est un chef-d’œuvre, bravo et merci !