Les derniers avis (9697 avis)

Par herve
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Amabilia
Amabilia

Tome 1 Quel raffinement dans cette bande dessinée pour adultes. Habitué du genre, je suis encore sous le charme de cette première intégrale qui avec un dessin très sensuel, est une véritable révélation. C'est en tombant sur la parution de la seconde intégrale, que j'ai finalement cédé à l'achat de cette série que je ne connaissais que de nom. Il faut avouer que les dessin sont somptueux avec un choix de couleurs limité (noir & blanc avec une pointe de rouge toujours très bien ciblée), les auteurs nous offrent une histoire très sensuelle malgré des scènes très hard classiques et des dialogues parfois très crus qui tranchent avec l'érotisme raffiné des dessins. Là où la plupart des bandes dessinées pour adultes ne sont qu'un catalogue de scènes hard, nous avons le droit ici à un scénario élaboré et crédible, avec des chapitres où l'on découvre le point de vue des personnages, Iris et Simon, le tout pimenté par les aventures saphiques (et terriblement excitantes) de Charlotte . Tome 2 5 ans ont passé depuis la première rencontre entre Iris et Simon, et l'habitude remplace le désir. Avec ce second volume, Elise et Thomas Raven s'allie avec la scénariste Candice Solère. Si le dessin est toujours aussi sublime, avec l'apparition de nouveaux personnages comme "la danseuse folle" et la très délurée Valentine, l'histoire tourne surtout autour des amours lesbiens de Charlotte, et de la" danseuse folle", bref les femmes prennent le pouvoir dans ce second opus. Il y a un parfum de "Eyes Wilde Shut" qui flotte sur cette histoire, qui prend un tour nouveau avec une Iris qui finit par céder à une aventure où on ne l'attendait pas. Un peu en deçà du premier volume, sans doute en raison de trop longues scènes qui se déroulent à "la danseuse folle", ce second tome reste tout de même de grande qualité . Bref, une très belle réussite, et je me demande encore pourquoi je suis passé à côté de ce petit chef d’œuvre de la bande dessinée érotique. L'histoire se conclut par un cliffhanger qui ne peut que nous entraîner dans l'achat de la seconde intégrale. Tome 3 Troisième intégrale pour cette série érotique qui possède deux atouts de taille dans le monde des bandes dessinées pour adultes. D'une part un dessin d'une élégance que je n'ai pas retrouvé ailleurs, et d'autre part un scénario inspiré, ce qui est assez rare dans ce domaine. Nous retrouvons ici notre couple, Simon et Iris, mais séparément,leur mariage n'ayant pas résisté aux assauts de La Danseuse folle. En effet, nous assistons à la dérive des principaux personnages dans ce volume. Simon ,esseulé,essaie de se rattacher à ses souvenirs; Iris va jusqu'au bout de ses fantasmes avec La Danseuse folle, tandis que la plantureuse Charlotte a du mal a surmonter ses aventures avec Ava et Richard. Les auteurs nous offrent donc un portrait assez désabusé de nos héros, le tout illustré par des scènes de sexe explicites, d'ailleurs de toute beauté. C'est pourtant le paradoxe de cet album, le dessin est si élégant qu'il fait oublier le côté pornographie de la série. A noter, à la fin de l'album, la présence d'un bonus constituée de planches "coupées au montage", avec le commentaire des auteurs. J'en conseille la lecture évidemment. Tome 4 Clap de fin avec ce 4ème volume d'une série qui restera pour moi une des meilleures séries érotiques que j'ai lues. Je dis bien érotique et non pornographique car, malgré des scènes très crues voire explicites, je ne vois aucune vulgarité mais plutôt un érotisme torride et raffiné. Après un 3ème opus assez sombre et désabusé, les auteurs nous offrent là une véritable renaissance des personnages. J'ai immédiatement songé à ce titre Renaissance au fil de la lecture, jusqu'à ce que je tombe en fin d'album sur ces mots: "mourir un peu, renaître; meilleur; Et tout recommencer....une boucle d'agonies et d'extases, de petites morts et de renaissances." Car à travers les principaux personnages que nous suivons depuis presque 7 ans, Charlotte, Simon, Iris, nous assistons à un véritable tournant dans leur vie. Les auteurs, non seulement, nous offrent une bouffée d'espoir après un album très sombre, mais aussi un changement de style avec l'apparition de la couleur dans les dernières pages, comme un feu d'artifice ou un apaisement après une période assez dure vécue par l'ensemble des personnages. (Jean Louis Tripp avait utilisé le même procédé avec Le Petit Frère) Il faut souligner en fin d'album , la présence d' un superbe cahier "art book" qui met en valeur le dessin de Raven. Une série érotique de qualité, reposant sur un dessin soigné, et un dessin d'une qualité rarement vue dans ce genre de bande dessinée. Bref une réussite complète.

31/03/2019 (MAJ le 02/03/2023) (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Gotham Central
Gotham Central

Cette série allait forcément me plaire, j’adore l’univers de Gotham, et je suis friand de ces séries télévisées genre NCIS, CSI (Les experts), Esprits Criminels etc. où on s’intéresse autant aux enquêtes criminelles qu’aux vies personnelles des enquêteurs. Et comme « Gotham Central » réunit ces deux éléments avec brio, j’ai passé un excellent moment de lecture. Alors attention, être un fan d’histoires de Batman plus traditionnelles ne garantit pas que vous aimiez « Gotham Central ». Le personnage de Batman n’a vraiment qu’un rôle secondaire, et l’action passe souvent au second plan, laissant le premier rôle aux petits soucis personnels des différents détectives, ce qui ne sera sans doute pas au gout de tout le monde. De même, être un fan des séries télévisées suscitées n’est pas une garantie en soi, car il faut s’accommoder du fait que nos enquêteurs sont opposés à des super méchants genre Mister Freeze ou Joker :) Bref, un concept hybride qui ne plaira sans doute pas à tout le monde. Les intrigues elles-mêmes sont intéressantes dans l’ensemble, mais sans pour autant être renversantes… j’allais quand même mettre un bon 3/5, et puis… j’ai lu le 5eme tome (en VO. La VF chez Urban Comics est en 4 tomes). Je l’ai trouvé remarquable, prenant au possible, et la fin m’a bouleversé comme peu de BDs le font. Je vous recommande vraiment d’aller jusqu’au bout avant de vous faire une opinion sur l’ensemble de la série. Du coup ma note passe à 4/5, et je mets un coup de cœur ! Quel dommage que « Gotham Central » ait enflammé la critique US, mais sans jamais décoller au niveau des ventes… phénomène pas exclusivement « bien de chez nous » malheureusement.

06/08/2009 (MAJ le 02/03/2023) (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ex Machina
Ex Machina

(MAJ 2023 : Avis après lecture des 10 tomes parus en VO – la série est terminée, mais la VF semble toujours abandonnée, malgré la reprise chez Urban Comics… dommage) Je me retrouve face au même dilemme que lorsque j’ai écrit mon avis sur Y Le Dernier Homme, autre série du même auteur : les défauts sautent aux yeux, et pourtant je n’ai pas pu m’empêcher d’apprécier la série dans son ensemble. L’histoire frise souvent le ridicule. Je pense notamment à la façon dont notre héros se débarrasse de son ennemi juré, ou encore aux nombreuses dernières pages de chapitre versant dans le cliffhanger ridicule. L’histoire tire en longueur, et sa qualité varie énormément d’un tome à un autre. J’ai littéralement englouti les 6 premiers tomes. Le scenario est très moderne, très « post-9/11 ». Il est composé d’une trame générale (le phénomène mystérieux qui a donné ce pouvoir étrange à Mitchell Hundred) et la gestion quotidienne de la ville de New-York. La trame générale avance assez peu dans les 5 premiers tomes, mais décolle littéralement dans le 6eme, et m’a vraiment enchanté. Les amateurs de SF complexe (uchronie, dimensions parallèles…) vont être ravis, avec l’apparition d’un personnage complètement inattendu qui va éclaircir de nombreux points. Les 5 premiers tomes se concentrent donc sur le passé du héros, et sur le présent, cad la gestion politique et sociale de New-York. L’action pure se fait rare, et des sujets tels que les droits des homosexuels, la peine de mort, la classification des drogues douces, la communication avec la presse, etc… sont traités avec intelligence. Ca fait plaisir de voir une BD mélanger une histoire typée SF avec des concepts aussi intéressants. Par contre j’imagine que le manque d’action et le coté assez pointu de certaines discussions (révisez votre politique américaines, le nom des deux partis politiques principaux etc…) risque de barber les lecteurs avides d’action. Et puis les tomes 7 et 8 viennent tout gâcher, et sont d’une médiocrité inconcevable. Que s’est-il passé ?! Heureusement l’histoire se reprend dans les tomes 9 et 10, qui nous offrent un final plaisant. Ouf. Une série inégale, mais remplie de qualités, que je recommande malgré les défauts ci-dessus.

12/05/2008 (MAJ le 02/03/2023) (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Itinéraire d'une garce
Itinéraire d'une garce

Je n'aurais rien à ajouter aux autres avis sur cette BD tant ils ont décrit à merveille ce que je ressens aussi : une BD touchante, juste et qui nous fait ressentir tout une remise en question d'une femme mature. C'est beau, enveloppé dans des textes qui font mouche autant qu'ils nous plongent directement au cœur du sujet. C'est sensible, dans le sens noble du terme, et ça m'a sincèrement touché. Je lorgnais sur cette BD comme celles qui font partie de la nouvelle collection de Glénat "Porn'pop", dirigée par Céline Tran, dont j'ai envie de lire tout les titres (sauf Petit Paul). Céline Tran était connue comme actrice du X, puis comme actrice tout court notamment dans des fictions youtube, en tant qu'auteure dans des petites histoires du label 619, et maintenant comme directrice de collection. Et ce bagage, on le sent dans l'histoire qu'elle nous donne ici, avec un ton maitrisé de bout en bout, l'utilisation de textes qui frisent la poésie et une histoire en totale empathie. C'est surtout la façon dont le récit évolue autour de cette femme qui en fait sa force. Il n'y a pas ici de regard extérieur, tout est posé dans la façon dont cette femme voit le monde, mais surtout dont elle se voit. Les textes qui parsèment l’œuvre sont une petite merveille à lire, permettant de se plonger réellement dans la pensée de Élise. Le regard conduit tout le récit, regard d’Élise sur elle-même et sa vie, regard des autres sur elle, regard du lecteur sur l'ensemble. Bien sur, la collection reste portée sur la pornographie, mais nous sommes très loin du genre de BD qui se lit à une main. Pour être honnête, ça s'approche bien plus du roman graphique pour moi. La pornographie n'est utilisée que comme outil de narration, à tel point que j'ai du réfléchir pour me rappeler les scènes osées qui parsèment l'ouvrage. C'est vraiment ce qui marque le moins. Non, la BD est marquante pour son dessin, qui sublime le propos en nous montrant le désir, l'envie, le mystère, la séduction, le regard ... C'est un dessin sensuel, qui explore un corps vieillissant mais qui sait encore frémir à l'envie. C'est un dessin qui joue sur les cadrages, les couleurs (magnifiques au passage) et sur les expressions pour que passe plus que simplement le texte. C'est beau, vraiment beau, et ce dessin nous entraine dans un propos qui reste toujours à hauteur d'humain. Je pourrais encore ajouter, mais les autres avis l'ont déjà mieux dit, alors je ne peux que rester sur un conseil de lecture très sincère. C'est franchement un gros coup de cœur que j'ai eu à la lecture, et c'est une chaude recommandation que je fais. Ça fait longtemps que je n'ai pas lu une BD qui donne autant l'impression d'être sincère dans son propos et humaine dans son traitement. Lisez-là !

01/03/2023 (modifier)
Couverture de la série L'Université des Chèvres
L'Université des Chèvres

Un livre déroutant dans lequel Christian Lax nous parle de sujets qui lui tiennent à cœur et qui sont tous liés à l’instruction et à l’éducation. Livre déroutant car il semble dépourvu de fil conducteur (même si à la fin, tout se recoupe). Durant la première partie du récit, nous allons suivre un personnage qui deviendra instituteur itinérant, bibliothécaire ambulant, chasseur d’or ou encore instituteur auprès d’indiens Hopis. Une destinée hors du commun marquée par l’envie de partager son savoir, sans distinction de race ou de sexe et, surtout, sans chercher à l’imposer. Durant la deuxième partie du récit, nous retrouvons une lointaine descendante de cet homme, journaliste américaine. Les deux sujets majeurs de cette partie sont alors les massacres réguliers perpétrés par des étudiants et qui ont lieu dans les établissements scolaires aux USA et la situation des femmes en Afghanistan. Ne pouvant parler du premier sujet, l’héroïne sera envoyée en Afghanistan pour écrire des papiers sur des femmes militantes là-bas. A nouveau, ça peut paraître un peu foutraque, comme si Christian Lax ne parvenait pas à se limiter à une seule thématique, mais tout est en lien. Un personnage d’instituteur itinérant en Afghanistan rappelle immanquablement l’instituteur de la première partie. La thématique de l’importance de l’instruction demeure constamment présente, avec un accent mis sur l’instruction accessible à tous, quel que soit son sexe, sa religion, sa classe sociale. Le danger des armes à feu aux USA, la répression en Afghanistan, le sort des indiens Hopis au siècle dernier, autant de faits contre lesquels l’auteur s’élève, nous criant ses craintes quant à une autorité qui imposerait un savoir par la force, brisant les uns pour glorifier les autres. J’ai vraiment senti le besoin de Christian Lax de parler de ces sujets, et il en parle bien. Ses personnages sont formidablement crédibles (et c’est un réel exploit de donner autant de matière à des personnages de fiction), son dessin est de toute beauté, sa colorisation apporte les lumières nécessaires, ses dialogues sonnent d’une manière naturelle… et la conclusion du récit émeut par son absurdité. Franchement, une très belle lecture.

01/03/2023 (modifier)
Par Antoine
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Années Spoutnik
Les Années Spoutnik

Les Années Spoutnik est une BD extrêmement touchante et totalement intergénérationnelle. Mon fils de 9 ans a lu l'intégralité de la série 2 ou 3 fois et il a adoré, bien qu'il n'était pas très motivé au départ, mon insistance ayant payé. Le talent de Baru éclabousse les 4 tomes, on prend un plaisir fou à observer la vie de ces gamins et de leurs familles dans cette cité ouvrière des années 50-60, qui me rappelle la rue de mes grands-parents, dans laquelle toutes les maisons se ressemblent. Les souvenirs racontés par mon père et mes oncles dans ce quartier communiste ouvrier, balancé entre papeterie et cimenterie, collent parfaitement avec ceux de Baru. C'est émouvant, on est face à un témoignage de la vie et des rêves de nos ascendants. Et même moi, qui suis plus jeune, je me suis retrouvé dans plein de choses : la scène du pénalty évidemment, les bandes "rivales" (même si on ne se mettait pas des peignées comme ça !), le fait que n'importe quel endroit à l'extérieur pouvait nous servir de terrain de jeu. Je revois Alex, Alicia, Gwenaël, Gladys et d'autres, mes voisins avec qui je partais jouer toute la journée dans la forêt, sur le terrain de foot, dans le champ d'à côté, etc. Les dialogues sont géniaux, ils ont réveillé en moi le passionné de langues, de jargons et de patois. Ils ont fait rire mon fils. J'ai lu la série deux fois, et à chaque fois, j'ai pris un plaisir fou à lire et à décrypter ces sociolectes. Encore mieux, le mélange des cultures - et donc des langues - est un témoignage surpuissant des bienfaits, linguistiques et sociaux, de la diversité. Sous ses abords de BD simple et légère, Baru nous livre une œuvre bien plus complexe sur notre histoire, sur la vie de nos parents et grands-parents. Et, si comme moi, vous êtes issus d'une famille modeste, communiste et ouvrière (mais heureuse), et qu'en plus vous vous intéressez de près au multiculturalisme et à la diversité linguistique et sociale, cette série doit trôner en haut de votre bédéthèque. Les Années Spoutnik est un véritable trésor.

01/03/2023 (modifier)
Couverture de la série Cherchez Charlie
Cherchez Charlie

Exercice de style parfaitement maîtrisé par un vieux briscard, Cherchez Charlie ne trompe pas sur la marchandise. Vous regardez la couverture, vous lisez le titre, vous savez à quoi vous attendre. Emmanuel Moynot joue et jubile avec ce concept de ‘course à la valise’ dans lequel un attaché-case des plus compromettants va passer d’une main à une autre alors que le nombre de personnes désireuses de le récupérer ne fait que s’accroître. Le récit est rondement mené et s’enrichit encore de l’univers choisi. En effet, nous nous retrouvons en plein New-York durant l’année 69. Un choix d’autant plus judicieux que l’artiste peut s’éclater avec sa colorisation, résolument tranchée. Je ne vais pas bouder mon plaisir : je me suis bien amusé. Ce n’est pas l’œuvre du siècle, c’est un concept qui a déjà été souvent exploré, mais quand c’est bien tourné (comme c’est le cas présentement), quand il y a osmose entre l’univers et le dessin, quand les personnages accrochent (même s’ils sont assez classiques dans le genre), et bien je passe un agréable moment de lecture. Franchement pas mal du tout !

01/03/2023 (modifier)
Couverture de la série Le Château des Animaux
Le Château des Animaux

Du pur bonheur cette série !! 2 auteurs au diapason pour régaler le lecteur, j’ai hâte de connaître la conclusion et pourquoi pas revoir la note à la hausse. Pour faire court, j’ai tout aimé. Du très très bon Dorison, un récit intelligent, bien construit, des personnages réussis. Je manque d’adjectifs mais à mes yeux vraiment une belle qualité d’écriture. Je ne suis pas spécialement fan de l’auteur mais ici il me surprend plus que positivement. Il rend un bel hommage à la ferme des animaux. Une bd ne serait rien sans la partie graphique, Felix Delep fait une entrée remarquable dans le monde du 9eme art, que dire sinon : Quel talent !! Les animaux sont exquis, découpage et couleurs aux petits oignons, ça envoie du lourd. Une réalisation de haute volée pour un récit hyper prenant, je dis OUI !!, bravo et merci.

28/02/2023 (modifier)
Couverture de la série Arcana
Arcana

Bah alors ça ?! Je ne m’attendais pas à succomber. Une belle surprise de l’éditeur Drakoo que j’avais bien trop vite catalogué. Déjà un bel objet, soigné dans sa réalisation, et l’intérieur l’est tout autant. Serena Blasco que je découvre m’a emporté. Pourtant on a affaire à de la Fantasy orientée vers le jeune public, une prophétie, une école, des jeunes qui vont apprendre à maîtriser un pouvoir… du classique mais plein de fraîcheur ici. Tout est bien dosé, un 1er tome dense, la « banalité » de l’histoire est magnifiquement compensée par le dessin coloré et le cadre ésotérique. Ma lecture a eu un petit côté magique, j’y ai trouvé une belle osmose. La découverte de ce microcosme tournant autour des arcanes du Tarot me fut fort sympathique. Franchement un chouette univers de créé, c’est plein de vie à chaque page. Décidément, après d’autres récentes lectures, j’apprécie beaucoup la patte féminine dans ce genre. Une belle découverte. MàJ après tome 2 : Je viens réitérer tout le bien que je pense de cet univers, qu’est-ce que c’est bon de s’y perdre !! L’ensemble m’est paru encore plus attachant et rondement mené. Hâte de découvrir la suite, j’agrémente ma note d’un joli coup de cœur.

04/10/2022 (MAJ le 27/02/2023) (modifier)
Par Antoine
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Algues vertes - L'Histoire interdite
Algues vertes - L'Histoire interdite

Cette "histoire interdite" dénonce tout ce que je déteste, que cela soit chez nos chers politiques ou chez nous, simples citoyens. Notre incroyable capacité à fermer les yeux sur des évènements d'une extrême gravité me retourne la tête. L'argument qui veut qu'en agissant, ou simplement en avouant ou en acceptant une situation, on pourrait faire plus de mal qu'autre chose me révolte, et ce, depuis toujours. C'est même au-delà de la révolte, je ne le comprends tout simplement pas. Inès Léraud n'est pas d'accord avec ce postulat. Elle, elle agit, elle dénonce, elle démontre, elle ne cache rien, même si cette vérité fait mal, qu'elle pourrait mettre en péril, ici, la situation des agriculteurs ou du tourisme. Parce que non, la vérité ne doit pas être cachée. Et puis, au nom de quoi, devrions-nous cacher, ou minimiser une catastrophe d'une telle ampleur que celle des algues vertes en Bretagne, et ailleurs ? La sacro-sainte économie pourrait souffrir d'une telle honnêteté, parce que c'est bien ça le problème, mais essayer de maintenir cette dernière malgré tout, n'est-ce pas sauter pour mieux reculer (!) ? Les réactions lors de la sortie de la bd prouvent malheureusement que, pour beaucoup, tant que l'argent rentre dans les caisses, le reste n'est qu'accessoire. Des plages magnifiques défigurées ? Pas grave. Des sous-sols pollués pour des décennies ? Pas grave. Des aliments contaminés ? Pas grave. L'eau contaminée ? Pas grave. Des animaux morts ? Pas grave. Des morts humaines ? Pas grave. Et puis, tiens, au lieu d'agir pour comprendre et essayer de diminuer, voire de faire disparaître le problème, on va plutôt aller intimider les lanceurs d'alertes, les scientifiques, les militants écolos. Le travail d'Inès Léraud est minutieux, rigoureux et très didactique. Le travail graphique de Pierre Van Hove exploite parfaitement le caractère journalistique de la bd. Les couleurs, en particulier, sont très réussies. Ceci n'est pas un avis, c'est un coup de gueule monumental. Le coup de cœur que je lui octroie est ma façon de faire passer ce coup de gueule. La lecture de cette bd m'a révolté, m'a attristé, m'a déprimé. Je suis le scandale des algues bretonnes depuis longtemps, et encore aujourd'hui, bien naïf que je suis, je suis estomaqué par le traitement politique, médiatique, citoyen de la situation. Après tout, on s'en fout, on va vivre une petite centaine d'années pour les mieux lotis d'entre nous, on n'a pas de temps à perdre avec ces conneries...

27/02/2023 (modifier)