Une adaptation du roman de David Vann. Roman que je n'ai pas lu.
Une drôle de famille, le grand-père, le père, le fils et un ami partent pour une partie de chasse dans les "goat mountain", l'occasion pour le petiot de tuer son premier cerf, il est d'ailleur prêt à tirer sur n'importe quoi. Des fusils, des rites initiatiques et un adolescent déconnecté du réel sont le terreau de cette escapade.
Mais tout va basculer lorsque par accident .... le fils va tuer un braconnier. Que faire du cadavre ? La filiation serait-elle plus forte que tout ?
A partir de ce moment, dans un mélange de thriller et de drame, les instincts primitifs vont se réveiller.
Je découvre O. Carol de son vrai nom Caroline Van Linthout, la fille de Georges.
Une narration singulière, dérangeante et oppressante où la voix off du gosse de onze ans et les dialogues crus mettent mal à l'aise. Une descente aux enfers. Un récit violent dans tous les sens du terme. Un récit qui happe et ne vous lâche plus. Une fin inéluctable avec le goût du sang dans la bouche.
Et si la lecture fût si plaisante, elle le doit aussi beaucoup au graphisme de papa Van Linthout. Un trait charbonneux, une maîtrise de toute la palette des gris juste réhaussée de quelques touches de couleurs où le rouge et le jaune orangé prédominent. Un travail remarquable.
Si vous voulez savoir ce qu'il se trame dans la tête d'un gamin de onze ans ....
Quelle belle surprise que ce pastiche proposé par Howard Mc Cock (Lol). Les anglicistes qui ont de l'humour (un pléonasme) devinent immédiatement que l'on va parler sexe avec ce Rhââl-Han.
Rhââl-Han probable ancêtre préhistorique de Rhââ-lovely pour son cri de victoire extatique est le frère pastiche du célèbre Rahan. C'est comme dans toutes les familles, on cache longtemps celui dont on a un peu honte.
C'est malheureux que le célèbre pourfendeur de tigres aux dents de sabres n'ait pas voulu nous présenter ce parent qui lui ressemble "comme deux gouttes d'eau qu'auraient rien à voir !".
Même si je doute qu'à l'époque où je montais des gadgets en lisant Rahan, Rhââl-Han eût pu passer la porte de ma chambre. Car au-delà d'une représentation sexuelle explicite masculine virile classique notre ami Mc Cock propose à Rhââl-Han la visite complète de la maison.
Interracial, homo, bi, Rhââl-han n'a aucun préjugé et y trouve son plaisir à chaque fois. Il est même papa poule d'un adorable petit Tégévéh car sa délicieuse maman n'a pu résister au sort lancé par la copine de l'horrible Maâ-Kron "le courtes pattes".
Un pastiche, c'est toujours le risque de déplaire aux purs et durs amoureux du héros d'origine. Howard prend la précaution d'introduire (re lol) son héros, d'autant plus que Rahan n'est pas seul dans cette galère. A vous de les découvrir. C'est la BD de chez Tabou la plus drôle que j'ai lue.
Enfin il y la forme.
On est très loin des BD sexes, N/B, vite faites (pas toujours) bien faites. Tabou nous propose un album très soigné au graphisme semi-réaliste très réussi. Mais pour moi le top ce sont les couleurs et la mise en page.
On a tout ! Des pages bien ordonnées à l'ancienne et des découpages qui explosent la page, des doubles pages grandioses avec des couleurs psychédéliques. Un vrai feu d'artifice comme dans les films au moment où...
Sur une même page le ciel prend huit couleurs différentes. Un vrai moment d'humour extatique pour adultes évidemment.
Du Fred pur jus, un régal pour les amateurs, un petit ovni littéraire pour les autres. Une histoire absurde au dernier degré, dans lequel un homme à moustache (qui ressemble assez à Fred, d'ailleurs) erre dans un hôtel immense et enfermant toute sorte d'individus. J'aime beaucoup ce genre d'histoire qui s'en va en tout sens dans une quête inutile et absurde, mais dont tout l'intérêt réside dans l'aventure.
Je pense que cette BD est réellement adressée au fan de l'auteur, et qu'elle n'a que peu d'intérêt pour ceux qui n'aiment pas beaucoup l'auteur et surtout ceux qui le découvrent. Par contre, pour ceux qui aiment vraiment Fred, c'est un petit régal d'humour absurde et d'inventivité parfois poétique, faisant explicitement référence à des évènements réels (comme les marées noires et l'impunité des émirs lors de ces catastrophes). L'histoire pourrait sembler partir un peu en tout sens, mais on sent tout de même une sorte de poésie onirique qui traverse l'ensemble, et la lassitude ne s'installe pas au cours de la lecture, avec une fin qui arrive au bon moment.
C'est du Fred, j'aime Fred, j'aime son univers, j'ai aimé la BD. C'est le meilleur résumé que je peux en donner.
Uli Oesterle s’est beaucoup nourri de sa propre expérience (et du profil de son père) pour créer cette fiction dans laquelle il nous offre à découvrir un personnage à la fois détestable et touchant, un noceur inconséquent, lâche et arrogant qui, progressivement, sombre dans une forme de paranoïa.
Il y a du Pierre-Henry Gomont (Malaterre) dans ce récit, mais aussi de l’Alexandre Clérisse (L'Eté Diabolik). Gomont pour le personnage du père, détestable à plus d’un titre et que je ne parviens pourtant pas à totalement détester, et Clérisse dans la rondeur du trait, dans sa lisibilité et dans l’harmonie des planches.
A titre personnel, j’ai beaucoup aimé cette première partie et j’ai le sentiment que la suite sera encore plus poignante. Le personnage central me fascine par son inconséquence, sa lâcheté et son égocentrisme. Le fils, qui reproduit sans s’en rendre compte le comportement du père, me touche. Le Munich des années ’70, avec ses boîtes branchées, ses monuments historiques et ses costumes d’époque m’offre un cadre qui m’attire (même si cela demeure très secondaire face aux destins de vie des personnages). La narration est agréable, le découpage est bien équilibré, le dessin est beau et facile à lire. Que des points positifs en somme. J’attends donc la suite avec impatience.
Franchement, je comprends mal les avis négatifs postés précédemment, moi j'ai pris beaucoup d'intérêt à lire cette BD, et pas spécialement parce que c'est un western, mais tout simplement parce que c'est bien envoyé.
Au sein de la fièvre de l'or californienne, épisode marquant du vieux Far West, un gars fuyant la France de la révolution de 1848 et ses barricades, se retrouve dans un autre décor, plus dépaysant, pour vivre une aventure tumultueuse nourrie d'abord par un net désir de vengeance. A première vue, ce récit semblait annoncer quelque chose d'intéressant, à tel point qu'au fur et à mesure de sa progression, on en oublie presque qu'au départ, le héros était parti pour venger son frère, mû par ce désir que rien ne pouvait détourner, malgré l'ébullition de la quête aurifère autour de San Francisco... Le récit est si adroitement élaboré que l'on voit le jeune Maximilien passer vite à l'action, en accomplissant en partie sa vengeance, puis se diriger vers d'autres préoccupations.
J'aime cette ambiance de western un peu sordide qui change des westerns classiques, sans se rattacher au courant du western spaghetti parfois tentant pour des auteurs, et même si je le concède, on y trouve pas mal d'éléments habituels du genre, voire des clichés éculés, mais ça m'est égal, c'est très supportable tant le récit est bien construit. Pécau constitue une trame qui bifurque dans une autre direction tout en échafaudant un scénario qui explore plusieurs pistes, il crée un contexte historique solide avec une histoire riche où tout s'enchaine sans aucun temps mort. Pourtant avec Pécau, j'ai appris à me méfier un peu car sur certaines BD historiques, il a déconné, parfois il a tendance à favoriser une certaine minutie historique qui n'est pas exempte d'erreurs, au détriment d'une narration fluide où parfois il s'englue un poil. Mais là non, dès le premier tome, l'action est bien lancée et ça ne se relâche jamais.
Le dessin de Dellac que j'ai déjà pu apprécier sur plusieurs autres bandes, comme dernièrement sur Nottingham, sert parfaitement ce récit en offrant de belles images très parlantes pour un western, j'aime particulièrement son trait plus épais ici qui convient bien à ce genre de western assez rude, ainsi que ses cadrages et ses enchainements de plans.
Le tome 2 continue sur cette bonne lancée et verse dans quelques tueries sanglantes, les revolvers crachent des balles et la poudre parle, j'adore ça ! Tout ceci survient au moment où se constitue l'Etat de Californie qui devient le 31ème Etat de l'Union. Pécau mélange habilement les joutes brutales à coups de revolver, la fièvre de l'or, un fond historique réel sur l'Amérique, et les manœuvres politiciennes basses et crasseuses, c'est donc pour moi un cocktail réussi bien conté et bien dessiné, c'est ce que je cherche en western, genre dont j'ai fait le tour depuis de longues années et qui parvient encore parfois à me surprendre ou à m'intéresser.
La petite ville de Bergerac en Dordogne doit autant sa notoriété à Edmond Rostand qu'à ses crus bien agréables. Impossible de dissocier Cyrano et Bergerac tellement le personnage a marqué l'histoire du théâtre.
Les éditions petit à petit ont donc choisi la pièce d'Edmond Rostand pour compléter leur collection des grands classiques du théâtre. Nous sommes loin du classicisme du Grand Siècle. Ici on se bat, on boit,on mange, on tue ses ennemis, on brocarde les puissants.
On va même sur le champ de bataille y mourir en musique pour l'amour d'une belle. La bande dessinée est donc assez bien adaptée à transcrire cette pièce tellement le visuel y est important. Reste le texte... probablement l'un des plus riches et des plus fournis en vocabulaire du répertoire français.
Je plains les auditeurs sans lexique tellement les mots sont recherchés et souvent inconnus. Peu importe, la musique des phrasés est si belle qu'elle ne séduit pas seulement Roxane. Ici encore le découpage de Fanch Juteau est essentiel pour garder le rythme du récit.
Comme pour le Cid ou Phèdre nous avons un dessin en N/B sans beaucoup de décors. Comme au théâtre l'important est dans l'expressivité des personnages presque des comédiens. C'est précis et sans fioriture presque minimaliste même si le côté purement artistique manque un peu.
Un mot sur Roxane. N'est-elle pas l'image d'une femme moderne? Eduquée au point de tenir tête aux plus nobles, libre de choisir ou de refuser son mari, courageuse et intelligente au point de franchir les lignes ennemies pour apporter des vivres à sa compagnie. Voici une précieuse loin d'être ridicule à mon avis.
Pour finir je ne peux m'empêcher de reprendre en Acte III scène 14 " Mes compliments , monsieur l'inventeur de machines: votre récit eût fait s'arrêter au portail du paradis, un saint! Notez-en le détail, car vraiment cela peut resservir dans un livre!- Monsieur, c'est un conseil que je m'engage à suivre." Et oui c'est de ce type de conseil que peut naitre un certain De Cape et de Crocs
Une lecture du 1er tome qui remonte à plusieurs mois maintenant mais j’en garde un très bon souvenir.
On m’a prêté ce tome et je dois dire qu’initialement sa lecture ne m’emballait pas franchement. L’adaptation en bd du best seller « Sapiens, une brève histoire de l’humanité » de l’historien Yuval Noah Harari.
J’imaginais un gros pavé didactique au dessin austère, un truc chiant mais utile. Et honnêtement il y a un peu de ça, j’ai du le lire en plusieurs fois.
Mais la narration m’a agréablement surpris, l’auteur se mettant en scène pour nous narrer notre genèse, ça reste fluide malgré la quantité d’infos, quelques pointes d’humour et c’est très très bien raconté, ça s’adresse vraiment à tout le monde.
Finalement la naissance de l’humanité est assez passionnante à suivre, j’ai appris énormément de choses, et me pose quelques questions, l’homo sapiens une espèce néfaste ou ?
Un bon et gros boulot de vulgarisation. Je lirais la suite dès qu’on me la prête.
Lax nous propose un bel album avec un scénario qui se décline à trois niveaux de lecture. Une histoire sportive et un récit familial plus intimiste. Ces deux niveaux sont prisonniers de la grande histoire, l'une des plus sombres de notre passé .
C'est sam Ancelin pistard de renom dans les années 30/40 qui fait le lien entre ces deux histoires.
On sent l'amour de Lax pour le vélo, ses difficultés, ses risques et surtout cet engouement populaire des gradins avec ses codes, son vocabulaire, ses familles d'aficionados.
Lax nous fait vibrer pour ces acrobates qui risquaient leur vie pour gagner des cacahuètes quand on compare aux contrats d'aujourd'hui. La piste a disparu du paysage des sports populaires français et c'est avec plaisir que je me suis plongé dans ces ambiances gouailleuses de cette époque.
Même si Sam reste dans sa bulle de sportif pour traverser les évènements dramatiques de son époque, Lax l'implique dans le monde qui l'entoure. Résistance active du frère, plus passive de la maman mais aux conséquences qui n'étaient pas forcement liées au degré d'implication, le zèle d'un fonctionnaire plus ou moins bien/malveillant pouvant écrire un destin.
En filigrane la tragédie des familles juives d'abord réfugiées d'Allemagne puis françaises qui ont subi l'ignominie des décisions du gouvernement de l'époque.
Lax n'insiste pas dans cette voie, il n'insiste même pas sur la déportation de la maman c'est un peu la faiblesse que je trouve au livre. Mais vouloir tout traiter aurait été probablement trop compliqué pour l'unité du récit.
Le dessin de Lax est toujours excellent. Il est à son meilleur quand il peint ces visages assez fins ou grossiers empreints des émotions du supporter ou de l'effort des sportifs.
Un bel ouvrage qui oppose la lutte sportive tout fait de dépassement et de fraternité dans l'effort où la tricherie doit rester exceptionnelle et marginale, à la guerre tout fait d'inhumanité où la fraternité des ennemis existe de façon exceptionnelle.
Lax, comme a son habitude, nous fait passer un bon moment d'humanité.
3.5
Lorsqu'il retourne chez Marvel en 1990, Jim Starlin se voit confier la série du Silver Surfer et il ne perd pas de temps en ressuscitant Thanos, son personnage fétiche. Durant un an il va mettre en place les éléments qui vont conduire aux événements de Le Gant de l'Infini - Le Défi de Thanos. À noter que ces trois albums ne contiennent pas la minisérie en deux épisodes où Thanos récupère les gemmes qui lui donnent tous les pouvoirs, pour ça il faut lire Thanos - La Quête de Thanos qui contient aussi les épisodes contenus dans le premier tome de cette série Thanos vs Silver Surfer (oui, oui, vous avez bien lu, c'est tellement pas une arnaque, hein).
Ce sont des bons épisodes de comics, peut-être le meilleur récit de Thanos que Starlin a écrit. Il faut dire qu'ici ce n'est pas un gros crossover avec plein de personnages Marvel qui ne servent à rien, lorsqu'un personnage apparait, il a un rôle à jouer. Tout le long de ces trois albums on verra les raisons de la Mort pour ramener Thanos à la vie, son plan pour plaire à la Mort, les tentatives de Silver Surfer pour le vaincre, l'alliance de Thanos et Méphisto et plusieurs autres événements qui vont aboutir à ce qu'on voit au début de Le Gant de l'Infini. Cela se lit bien, pour une fois le Silver Surfer n'est pas un personnage chiant. Le dessin est très agréable.
Je précise bien sûr que pour un achat, je conseille de ne prendre que les deux derniers albums sauf si vous aimez voir des récits de comics en double.
La lecture de cette bande dessinée m'a fait penser à la série Les Tuniques Bleues , le sergent Lester Durret , le caporal Elzaphan McDonnell sont un peu les équivalents de Blutch et le lieutenant Robert Goodloe lui serait Chesterfield sauf que le parallèle s’arrête ici , car ce sont de vraies crapules.
Il n'y a rien de révolutionnaire dans ce récit, mais les auteurs ont su bien manœuvrer leur barque jusqu'à bon port pour un dénouement digne d’intérêt.
Le Prix de L'Honneur est un western de bonne facture avec un graphisme assez particulier et une mise en scène simple mais efficace ( entre 5 et 6 vignettes par planche)
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
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Goat mountain
Une adaptation du roman de David Vann. Roman que je n'ai pas lu. Une drôle de famille, le grand-père, le père, le fils et un ami partent pour une partie de chasse dans les "goat mountain", l'occasion pour le petiot de tuer son premier cerf, il est d'ailleur prêt à tirer sur n'importe quoi. Des fusils, des rites initiatiques et un adolescent déconnecté du réel sont le terreau de cette escapade. Mais tout va basculer lorsque par accident .... le fils va tuer un braconnier. Que faire du cadavre ? La filiation serait-elle plus forte que tout ? A partir de ce moment, dans un mélange de thriller et de drame, les instincts primitifs vont se réveiller. Je découvre O. Carol de son vrai nom Caroline Van Linthout, la fille de Georges. Une narration singulière, dérangeante et oppressante où la voix off du gosse de onze ans et les dialogues crus mettent mal à l'aise. Une descente aux enfers. Un récit violent dans tous les sens du terme. Un récit qui happe et ne vous lâche plus. Une fin inéluctable avec le goût du sang dans la bouche. Et si la lecture fût si plaisante, elle le doit aussi beaucoup au graphisme de papa Van Linthout. Un trait charbonneux, une maîtrise de toute la palette des gris juste réhaussée de quelques touches de couleurs où le rouge et le jaune orangé prédominent. Un travail remarquable. Si vous voulez savoir ce qu'il se trame dans la tête d'un gamin de onze ans ....
Rhââl-Han - Le Fils des âges des filles pas farouches
Quelle belle surprise que ce pastiche proposé par Howard Mc Cock (Lol). Les anglicistes qui ont de l'humour (un pléonasme) devinent immédiatement que l'on va parler sexe avec ce Rhââl-Han. Rhââl-Han probable ancêtre préhistorique de Rhââ-lovely pour son cri de victoire extatique est le frère pastiche du célèbre Rahan. C'est comme dans toutes les familles, on cache longtemps celui dont on a un peu honte. C'est malheureux que le célèbre pourfendeur de tigres aux dents de sabres n'ait pas voulu nous présenter ce parent qui lui ressemble "comme deux gouttes d'eau qu'auraient rien à voir !". Même si je doute qu'à l'époque où je montais des gadgets en lisant Rahan, Rhââl-Han eût pu passer la porte de ma chambre. Car au-delà d'une représentation sexuelle explicite masculine virile classique notre ami Mc Cock propose à Rhââl-Han la visite complète de la maison. Interracial, homo, bi, Rhââl-han n'a aucun préjugé et y trouve son plaisir à chaque fois. Il est même papa poule d'un adorable petit Tégévéh car sa délicieuse maman n'a pu résister au sort lancé par la copine de l'horrible Maâ-Kron "le courtes pattes". Un pastiche, c'est toujours le risque de déplaire aux purs et durs amoureux du héros d'origine. Howard prend la précaution d'introduire (re lol) son héros, d'autant plus que Rahan n'est pas seul dans cette galère. A vous de les découvrir. C'est la BD de chez Tabou la plus drôle que j'ai lue. Enfin il y la forme. On est très loin des BD sexes, N/B, vite faites (pas toujours) bien faites. Tabou nous propose un album très soigné au graphisme semi-réaliste très réussi. Mais pour moi le top ce sont les couleurs et la mise en page. On a tout ! Des pages bien ordonnées à l'ancienne et des découpages qui explosent la page, des doubles pages grandioses avec des couleurs psychédéliques. Un vrai feu d'artifice comme dans les films au moment où... Sur une même page le ciel prend huit couleurs différentes. Un vrai moment d'humour extatique pour adultes évidemment.
Magic Palace Hotel
Du Fred pur jus, un régal pour les amateurs, un petit ovni littéraire pour les autres. Une histoire absurde au dernier degré, dans lequel un homme à moustache (qui ressemble assez à Fred, d'ailleurs) erre dans un hôtel immense et enfermant toute sorte d'individus. J'aime beaucoup ce genre d'histoire qui s'en va en tout sens dans une quête inutile et absurde, mais dont tout l'intérêt réside dans l'aventure. Je pense que cette BD est réellement adressée au fan de l'auteur, et qu'elle n'a que peu d'intérêt pour ceux qui n'aiment pas beaucoup l'auteur et surtout ceux qui le découvrent. Par contre, pour ceux qui aiment vraiment Fred, c'est un petit régal d'humour absurde et d'inventivité parfois poétique, faisant explicitement référence à des évènements réels (comme les marées noires et l'impunité des émirs lors de ces catastrophes). L'histoire pourrait sembler partir un peu en tout sens, mais on sent tout de même une sorte de poésie onirique qui traverse l'ensemble, et la lassitude ne s'installe pas au cours de la lecture, avec une fin qui arrive au bon moment. C'est du Fred, j'aime Fred, j'aime son univers, j'ai aimé la BD. C'est le meilleur résumé que je peux en donner.
Le Lait paternel
Uli Oesterle s’est beaucoup nourri de sa propre expérience (et du profil de son père) pour créer cette fiction dans laquelle il nous offre à découvrir un personnage à la fois détestable et touchant, un noceur inconséquent, lâche et arrogant qui, progressivement, sombre dans une forme de paranoïa. Il y a du Pierre-Henry Gomont (Malaterre) dans ce récit, mais aussi de l’Alexandre Clérisse (L'Eté Diabolik). Gomont pour le personnage du père, détestable à plus d’un titre et que je ne parviens pourtant pas à totalement détester, et Clérisse dans la rondeur du trait, dans sa lisibilité et dans l’harmonie des planches. A titre personnel, j’ai beaucoup aimé cette première partie et j’ai le sentiment que la suite sera encore plus poignante. Le personnage central me fascine par son inconséquence, sa lâcheté et son égocentrisme. Le fils, qui reproduit sans s’en rendre compte le comportement du père, me touche. Le Munich des années ’70, avec ses boîtes branchées, ses monuments historiques et ses costumes d’époque m’offre un cadre qui m’attire (même si cela demeure très secondaire face aux destins de vie des personnages). La narration est agréable, le découpage est bien équilibré, le dessin est beau et facile à lire. Que des points positifs en somme. J’attends donc la suite avec impatience.
Sonora
Franchement, je comprends mal les avis négatifs postés précédemment, moi j'ai pris beaucoup d'intérêt à lire cette BD, et pas spécialement parce que c'est un western, mais tout simplement parce que c'est bien envoyé. Au sein de la fièvre de l'or californienne, épisode marquant du vieux Far West, un gars fuyant la France de la révolution de 1848 et ses barricades, se retrouve dans un autre décor, plus dépaysant, pour vivre une aventure tumultueuse nourrie d'abord par un net désir de vengeance. A première vue, ce récit semblait annoncer quelque chose d'intéressant, à tel point qu'au fur et à mesure de sa progression, on en oublie presque qu'au départ, le héros était parti pour venger son frère, mû par ce désir que rien ne pouvait détourner, malgré l'ébullition de la quête aurifère autour de San Francisco... Le récit est si adroitement élaboré que l'on voit le jeune Maximilien passer vite à l'action, en accomplissant en partie sa vengeance, puis se diriger vers d'autres préoccupations. J'aime cette ambiance de western un peu sordide qui change des westerns classiques, sans se rattacher au courant du western spaghetti parfois tentant pour des auteurs, et même si je le concède, on y trouve pas mal d'éléments habituels du genre, voire des clichés éculés, mais ça m'est égal, c'est très supportable tant le récit est bien construit. Pécau constitue une trame qui bifurque dans une autre direction tout en échafaudant un scénario qui explore plusieurs pistes, il crée un contexte historique solide avec une histoire riche où tout s'enchaine sans aucun temps mort. Pourtant avec Pécau, j'ai appris à me méfier un peu car sur certaines BD historiques, il a déconné, parfois il a tendance à favoriser une certaine minutie historique qui n'est pas exempte d'erreurs, au détriment d'une narration fluide où parfois il s'englue un poil. Mais là non, dès le premier tome, l'action est bien lancée et ça ne se relâche jamais. Le dessin de Dellac que j'ai déjà pu apprécier sur plusieurs autres bandes, comme dernièrement sur Nottingham, sert parfaitement ce récit en offrant de belles images très parlantes pour un western, j'aime particulièrement son trait plus épais ici qui convient bien à ce genre de western assez rude, ainsi que ses cadrages et ses enchainements de plans. Le tome 2 continue sur cette bonne lancée et verse dans quelques tueries sanglantes, les revolvers crachent des balles et la poudre parle, j'adore ça ! Tout ceci survient au moment où se constitue l'Etat de Californie qui devient le 31ème Etat de l'Union. Pécau mélange habilement les joutes brutales à coups de revolver, la fièvre de l'or, un fond historique réel sur l'Amérique, et les manœuvres politiciennes basses et crasseuses, c'est donc pour moi un cocktail réussi bien conté et bien dessiné, c'est ce que je cherche en western, genre dont j'ai fait le tour depuis de longues années et qui parvient encore parfois à me surprendre ou à m'intéresser.
Cyrano de Bergerac en bandes dessinées
La petite ville de Bergerac en Dordogne doit autant sa notoriété à Edmond Rostand qu'à ses crus bien agréables. Impossible de dissocier Cyrano et Bergerac tellement le personnage a marqué l'histoire du théâtre. Les éditions petit à petit ont donc choisi la pièce d'Edmond Rostand pour compléter leur collection des grands classiques du théâtre. Nous sommes loin du classicisme du Grand Siècle. Ici on se bat, on boit,on mange, on tue ses ennemis, on brocarde les puissants. On va même sur le champ de bataille y mourir en musique pour l'amour d'une belle. La bande dessinée est donc assez bien adaptée à transcrire cette pièce tellement le visuel y est important. Reste le texte... probablement l'un des plus riches et des plus fournis en vocabulaire du répertoire français. Je plains les auditeurs sans lexique tellement les mots sont recherchés et souvent inconnus. Peu importe, la musique des phrasés est si belle qu'elle ne séduit pas seulement Roxane. Ici encore le découpage de Fanch Juteau est essentiel pour garder le rythme du récit. Comme pour le Cid ou Phèdre nous avons un dessin en N/B sans beaucoup de décors. Comme au théâtre l'important est dans l'expressivité des personnages presque des comédiens. C'est précis et sans fioriture presque minimaliste même si le côté purement artistique manque un peu. Un mot sur Roxane. N'est-elle pas l'image d'une femme moderne? Eduquée au point de tenir tête aux plus nobles, libre de choisir ou de refuser son mari, courageuse et intelligente au point de franchir les lignes ennemies pour apporter des vivres à sa compagnie. Voici une précieuse loin d'être ridicule à mon avis. Pour finir je ne peux m'empêcher de reprendre en Acte III scène 14 " Mes compliments , monsieur l'inventeur de machines: votre récit eût fait s'arrêter au portail du paradis, un saint! Notez-en le détail, car vraiment cela peut resservir dans un livre!- Monsieur, c'est un conseil que je m'engage à suivre." Et oui c'est de ce type de conseil que peut naitre un certain De Cape et de Crocs
Sapiens (Albin Michel)
Une lecture du 1er tome qui remonte à plusieurs mois maintenant mais j’en garde un très bon souvenir. On m’a prêté ce tome et je dois dire qu’initialement sa lecture ne m’emballait pas franchement. L’adaptation en bd du best seller « Sapiens, une brève histoire de l’humanité » de l’historien Yuval Noah Harari. J’imaginais un gros pavé didactique au dessin austère, un truc chiant mais utile. Et honnêtement il y a un peu de ça, j’ai du le lire en plusieurs fois. Mais la narration m’a agréablement surpris, l’auteur se mettant en scène pour nous narrer notre genèse, ça reste fluide malgré la quantité d’infos, quelques pointes d’humour et c’est très très bien raconté, ça s’adresse vraiment à tout le monde. Finalement la naissance de l’humanité est assez passionnante à suivre, j’ai appris énormément de choses, et me pose quelques questions, l’homo sapiens une espèce néfaste ou ? Un bon et gros boulot de vulgarisation. Je lirais la suite dès qu’on me la prête.
L'Ecureuil du Vel d'Hiv
Lax nous propose un bel album avec un scénario qui se décline à trois niveaux de lecture. Une histoire sportive et un récit familial plus intimiste. Ces deux niveaux sont prisonniers de la grande histoire, l'une des plus sombres de notre passé . C'est sam Ancelin pistard de renom dans les années 30/40 qui fait le lien entre ces deux histoires. On sent l'amour de Lax pour le vélo, ses difficultés, ses risques et surtout cet engouement populaire des gradins avec ses codes, son vocabulaire, ses familles d'aficionados. Lax nous fait vibrer pour ces acrobates qui risquaient leur vie pour gagner des cacahuètes quand on compare aux contrats d'aujourd'hui. La piste a disparu du paysage des sports populaires français et c'est avec plaisir que je me suis plongé dans ces ambiances gouailleuses de cette époque. Même si Sam reste dans sa bulle de sportif pour traverser les évènements dramatiques de son époque, Lax l'implique dans le monde qui l'entoure. Résistance active du frère, plus passive de la maman mais aux conséquences qui n'étaient pas forcement liées au degré d'implication, le zèle d'un fonctionnaire plus ou moins bien/malveillant pouvant écrire un destin. En filigrane la tragédie des familles juives d'abord réfugiées d'Allemagne puis françaises qui ont subi l'ignominie des décisions du gouvernement de l'époque. Lax n'insiste pas dans cette voie, il n'insiste même pas sur la déportation de la maman c'est un peu la faiblesse que je trouve au livre. Mais vouloir tout traiter aurait été probablement trop compliqué pour l'unité du récit. Le dessin de Lax est toujours excellent. Il est à son meilleur quand il peint ces visages assez fins ou grossiers empreints des émotions du supporter ou de l'effort des sportifs. Un bel ouvrage qui oppose la lutte sportive tout fait de dépassement et de fraternité dans l'effort où la tricherie doit rester exceptionnelle et marginale, à la guerre tout fait d'inhumanité où la fraternité des ennemis existe de façon exceptionnelle. Lax, comme a son habitude, nous fait passer un bon moment d'humanité.
Thanos vs Silver Surfer
3.5 Lorsqu'il retourne chez Marvel en 1990, Jim Starlin se voit confier la série du Silver Surfer et il ne perd pas de temps en ressuscitant Thanos, son personnage fétiche. Durant un an il va mettre en place les éléments qui vont conduire aux événements de Le Gant de l'Infini - Le Défi de Thanos. À noter que ces trois albums ne contiennent pas la minisérie en deux épisodes où Thanos récupère les gemmes qui lui donnent tous les pouvoirs, pour ça il faut lire Thanos - La Quête de Thanos qui contient aussi les épisodes contenus dans le premier tome de cette série Thanos vs Silver Surfer (oui, oui, vous avez bien lu, c'est tellement pas une arnaque, hein). Ce sont des bons épisodes de comics, peut-être le meilleur récit de Thanos que Starlin a écrit. Il faut dire qu'ici ce n'est pas un gros crossover avec plein de personnages Marvel qui ne servent à rien, lorsqu'un personnage apparait, il a un rôle à jouer. Tout le long de ces trois albums on verra les raisons de la Mort pour ramener Thanos à la vie, son plan pour plaire à la Mort, les tentatives de Silver Surfer pour le vaincre, l'alliance de Thanos et Méphisto et plusieurs autres événements qui vont aboutir à ce qu'on voit au début de Le Gant de l'Infini. Cela se lit bien, pour une fois le Silver Surfer n'est pas un personnage chiant. Le dessin est très agréable. Je précise bien sûr que pour un achat, je conseille de ne prendre que les deux derniers albums sauf si vous aimez voir des récits de comics en double.
Le Prix De L'Honneur
La lecture de cette bande dessinée m'a fait penser à la série Les Tuniques Bleues , le sergent Lester Durret , le caporal Elzaphan McDonnell sont un peu les équivalents de Blutch et le lieutenant Robert Goodloe lui serait Chesterfield sauf que le parallèle s’arrête ici , car ce sont de vraies crapules. Il n'y a rien de révolutionnaire dans ce récit, mais les auteurs ont su bien manœuvrer leur barque jusqu'à bon port pour un dénouement digne d’intérêt. Le Prix de L'Honneur est un western de bonne facture avec un graphisme assez particulier et une mise en scène simple mais efficace ( entre 5 et 6 vignettes par planche)