Cette série est globalement excellente mais je trouve qu'il y a un gros ventre mou entre le troisième et le sixième tome. Au début j'avais du mal à m'arrêter mais par la suite, il y a des moments où j'ai dû me forcer pour continuer parce que c'était chiant. Ça avance très lentement, parfois dans un tome de 60 pages, il ne va y avoir que 5-6 pages qui font vraiment avancer l'histoire...
Mais au final l'histoire se tient très bien, les personnages sont très attachants, juste que ça aurait été mieux en 5 tomes à mon avis.
L'ambiance est tout de même extrêmement noire, ce qui n'est pas forcément évident à la lecture du premier tome plutôt léger, plein de magie et d'émerveillement.
C'est noir mais très cohérent, certains trucs font écho à la crise du COVID et à la guerre en Ukraine alors que la série s'est finie en 2019, donc il y a petit un côté visionnaire de la part de Loisel. Même si bien sûr, la situation de notre monde n'est pas tombée aussi bas que celle de série (en tout cas pas encore).
Côté dessin, j'ai trouvé ça excellent très coloré, un style assez léger qui tranche avec l'histoire très sombre (et la fait mieux passer).
L'humour absurde que j'apprécie tant en BD.
Mention spéciale pour les différentes scènes sur les kamikazes, les flics remplacés par les profs, l'interrogatoire du futur, la ville anti-migrants... J'ai vraiment rigolé, c'est génialement con. Parfois l'humour noir et pince-sans-rire dominent, ce qui fait un peu plus cogité. Le principe est bien de pousser la bêtise humaine à l'extrême, mais cela permet quand même de mettre en avant plusieurs maux de notre société occidentale. Les thèmes abordés sont même franco-français.
C'est un recueil de blagues plutôt indépendantes entre elles, même si certaines s'enchaînent en gardant le même environnement. Il est annoté que certaines histoires reprennent des publications début des années 2000 (Psikopat) et 2008 (L'écho des savanes), pour lesquelles le dessin a été réadapté. Sur la forme, Emmanuel Reuzé a permis de donner à cette BD une homogénéité graphique bienvenue. Sur le fond, il y a quelque chose d'assez navrant: certaines blagues datent d'il y a 15 à 20 ans, pour autant elles sont toutes encore liées avec l'actualité de nos jours... Si ce n'est davantage. Mais bon, il faut savoir rire de tout, sinon qu'est ce qu'il nous reste!
Forcément, avec la présence d'images figées, le rapprochement avec Fabcaro est à noter.
Si vous aimez Desproges, Gotlib ou plus généralement le burlesque, vous aimerez cette BD.
Et si vous aimez cette BD, il faut enchaîner avec les réalisations de Fabcaro.
Attention à l'overdose, ce sont des plats savoureux qui se mangent lentement.
Edit: assez d'accord avec l'avis de Titanick aussi, j'ai un petit doute sur le plaisir conservé après une seconde lecture.
Je conseille plutôt l'emprunt dans un premier temps.
Ah, Petzi ! Que de temps passé à lire et relire les deux ou trois albums que j’avais. Et qu’est-ce que j’ai pu rêver que je partais en voyage avec Petzi et ses amis.
Il ne m’en reste qu’un dans l’ancienne édition avec les délicieuses petites icônes sous la case qui indiquent quel personnage est en train de parler. Du coup j’en avais racheté quelques uns pour les enfants, des éditions plus récentes avec les bulles. Perso, j’aime moins mais je reconnais que c’est plus adapté pour les bambins d’aujourd’hui.
Parce que Petzi, c’est toujours super bien, je viens de les relire. C’est rond, coloré, lisible comme il faut.
Oui, c’est plein de bons sentiments ; oui, il n’y a que des gentils et c’est très bien comme ça. Les valeurs d’entraide et d’amitié sont valorisées, il y a de l’aventure et un soupçon de suspense. Laissons un peu rêver le très jeune public auquel ces histoires s’adressent. Et vive les crêpes au chocolat !
Très belle ambiance dans cet album. Les cadrages sont travaillés et le dessin élégant avec une colorisation chaude et intimiste. On a l’impression de ressentir la chaleur, l’odeur de sueur et de crasse. Les personnages ont des caractères bien trempés et des visages très expressifs. Aucun n’est sympathique, pour ne pas dire odieux, et en même temps chacun est attachant pour un aspect de sa personnalité. Ca évite un récit moralisateur et manichéen.
L’histoire se déroule au moment de la construction du chemin de fer qui va vers l’Ouest américain. Une transition entre deux mondes, entre deux périodes de l’histoire des États-Unis. Deux hommes que tout oppose vont finir par se retrouver face à face dans une lutte à mort. L’un est un fonctionnaire de Washington… il ressemble à Sean Connery (perso, je n’aime pas trop ce genre de ressemblances) dont la vie était prévue pour être organisée à l’abri de tout imprévu, l’autre un hors la loi, auteur d’un coup audacieux qui devait lui rapporter gros. Son amour sans partage pour la nature sauvage fait de lui un personnage intéressant et original alors que son adversaire, a priori dans son bon droit, est un homme rigide, au ton cynique et à la vision très étroite de la vie. Tous ces ingrédients aboutissent à un western noir, dense, et fort. Tout m’a plu dans cette série à part la voix off que j’ai trouvée à certains moments un peu mièvre et agaçante. Les premières pages qui plantent le personnage principal sont particulièrement réussies tout comme la chute de l’histoire.
4,5/5. Comment comment ? Les aviseurs avisés ne l'ont pas encore avisé ? Mais cette BD est ma-gi-strale!
Tout juste inscrit à une nouvelle bibliothèque, je vois ce joli ouvrage au format à l'italienne. Un poil dubitatif en feuilletant les premières pages, je me demande ce qui vaut à cette BD le "coup de cœur" des bibliothécaires. Tentons voir, et je verrai si je peux leur faire confiance par la suite. Et je jubile!
C'est l'histoire de deux hommes que tout oppose ou presque, car ils ont en commun une détermination rageante et aveuglante exprimée à travers un sport que tout deux pratique: la boxe. La première originalité a noté sera bien sur la forme. Ayant emprunté cet ouvrage à l'aveugle, j'ai totalement buté au milieu du bouquin. Me voilà à devoir retourner la BD pour continuer à lire? Mais non, pas du tout: le milieu, c'est la fin! "- Hein? - Oui oui!" Cette BD contient deux débuts et une conclusion! Côté pile, il y a Hector: "le Bourge", beau gosse au brushing, champion d'athlétisme en devenir et éduqué par un père autoritaire au passé glorieux. Côté face, voilà Rafa, surnommé "Warmachine": une brute épaisse, sans famille, vivant dans une maison close et ouvert à tous les vices que les nuits peuvent offrir. Nous suivons donc le parcours de chacun de ces personnages jusqu'à les retrouver pour un final épique où les deux destinées s'entrechoquent, et quel fracas!
La seconde originalité de la même trempe est sur l'aspect graphique. 1 personne = 1 dessinateur. L'histoire de Rafa est travaillée par Rubén Del Rincón, et nous suivons le parcours d'Hector avec la plume de Manolo Carot. Mais gardons à l'esprit les similitudes mentionnées plus haut, et nous retrouverons une colorisation identique : ce noir et rouge-sang qui se noient sur un fond blanc pur. Cette colorisation m'a bousculé au début, et puis quelques esquives ont fini par avoir eu raison de moi: c'est d'une beauté terrifiante! Après je dois dire que ma préférence va clairement pour le style de Manolo Carot (Hector): alors que j'y trouvais trop de brouhaha au début, je finis par y voir des corps et des visages absolument magnifiques. Quel trait, vraiment! Les combats sont d'une nervosité palpitante et les regards sont perçants à souhait. Le dessin de Rubén Del Rincón m'apparaît moins grave avec le contour plus arrondi. Cette inégalité me fait retirer 1 demi étoile, encore que...
Il n'y a plus que le scénario qui quitte les rayons de l'originalité mais qui, en même temps, reflète tout à fait la réalité de ce sport, ou l'image qui s'en dégage. En effet, le monde de la Boxe aime à donner des surnoms à chacune de ses étoiles et on se retrouve très souvent confronter à des légendes vivantes au style de jeu foncièrement différent. "L'art de la boxe" se ressent, je trouve, à chaque planche car se dégage la description d'une attitude sur le ring en accord parfait avec la nature profonde de l'individu-boxeur lorsqu'il en est éloigné. Il existe aussi une forme de réalité dans le sens où la boxe est un univers où les champions ont très souvent une histoire singulière. Et c'est bien là ce qu'a tenté de construire les auteurs. Pour moi c'est plus qu'une réussite. Après avoir fini une "première histoire", je me demandais si j'allais pleinement profité de la seconde puisque j'en connaissais la fin... Tu parles Charles! Les auteurs m'ont juste permis d'être autrement conquis! Je n'en dirai pas plus.
Et puis la présentation, c'est un pavé qui se lit rapidement malgré tout et l'éditeur a soigné l'ouvrage, ça fait plaisir. Par contre 2/3 erreurs dans l'écriture et la grammaire (une illustration le montre). Pas méchant mais il a manqué une relecture plus assidue.
Poignant, dramatique, beau, animal, humain, concret, profond, cohérent, fracassant... Que demande le peuple ?
Me concernant, c'est parmi les découvertes "coups de cœur" de l'année, à n'en pas douter.
Pichard a produit – seul ou simplement au dessin – pas mal de séries du même genre dans les années 1970-1980, avec à chaque fois une héroïne très délurée, mais aussi très bien en chair, dans des aventures passablement foutraques et inclassables.
Résumer l’histoire est difficile, et n’apporterait pas grand-chose, tant cela part dans tous les sens, au point qu’on peut supposer que, sur une trame légère, Danie Dubos a pas mal brodé, se laissant emporter par l’improvisation. C’est de l’aventure foutraque, mâtinée d’une certaine poésie surréaliste, d’un peu de fantastique poétique, et de non-sens. On le voit il ne faut pas être un adepte forcené de la BD franco-belge classique pour apprécier ce délire !
Surtout qu’à tous ces ingrédients s’ajoute une touche érotique, plus ou moins marquée – d’ailleurs bien plus visible dans le second tome, avec certains passages frôlant presque le BDSM soft, lorsque Caroline est violée par tout un équipage, et que des femmes ficelées subissent des outrages que la morale pourrait réprouver.
Le look improbable de Caroline Choléra, jeune berrichonne qui traverse le monde pour ramener sa bestiole, une « douvve » dans une île lointaine, vaut aussi son pesant de cacahuètes. Caroline est souvent dénudée, et, lorsqu’elle est « habillée », elle porte une sorte de combinaison et des bas assortis, noirs à points blancs, avec des sabots !
Vaisseau spatial ou navires de pirates, animaux merveilleux (comme une sorte de dauphin à deux têtes tout droit sorti d’un vieux portulan) ajoutent à l’aspect merveilleux et loufoque de l’ensemble.
Un gros délire sans doute un peu daté, mais que j’ai apprécié.
Note réelle 3,5/5.
C’est peut-être l’album des Paul que j’ai le plus aimé. Toujours rien d’’extraordinaire, mais la narration toujours aussi simple et fluide de Rabagliati est agréable. Il nous fait découvrir d’autres facettes de son double de papier. Chaque album apporte sa pierre à l’édifice, précisant la personnalité de Paul, mais aussi de son entourage – ici en grande partie familial. Les divers albums, souvent remplis de flash-backs, et se situant à diverses périodes de la vie du héros, complète bien ce puzzle autobiographique.
Ici nous suivons Paul jeune ado, qui flirte, échappe à l’emprise familiale en participant à des camps scouts. C’est assez frais et, surtout, les dernières pages « relèvent le plat », avec quelques couches d’une certaine cruauté (sur le flirt, mais surtout ses nouveaux amis scouts).
Un des meilleurs millésimes de l’univers des Paul.
Note réelle 3,5/5.
Sur un thème proche de Pereira prétend, que j’ai lu – et apprécié – il n’y a pas longtemps, cet album réussit bien le mélange entre petite et grande histoire.
En effet, tout en suivant le personnage principal, docteur sans histoire qui échappe aux contingences de la dictature et qui, au hasard de rencontres, va se trouver confronté à ses plus terribles aspects, nous découvrons aussi par la bande la dictature de Salazar au Portugal.
L’ensemble est équilibré, la narration est fluide, on s’attache aux personnages (quelques flash-backs permettent de mieux connaitre la personnalité du docteur et l’histoire du pays). Le dessin de Barral est lui aussi agréable et efficace.
C’est une lecture recommandable, le côté romanesque n’empêchant pas de discerner l’horreur de cette dictature, qui envoyait ses enfants faire la guerre en Afrique, et dont la police torturait (quelques séances courtes, mais dures ici) les « opposants ».
Je me rappelle encore de ma surprise lors de ma découverte de la 1ère intégrale à la Fnac : Comment ? quoi ? y a un préquel à une œuvre culte qui a bercé mes jeunes années et on me l’a jamais dit !!
Ni une ni deux, j’ai dépensé mes maigres économies.
Je ne le regrette absolument pas.
L’objet en lui même est superbe, fournit dans un bel écrin (avec les couleurs d’origine). Ça c’est pour la forme.
Pour le fond, c’est moins mémorable que son aîné mais ça reste fort réussi. Malgré le même univers, je trouve que cette série arrive bien à se démarquer, en nous proposant autre chose en terme d’aventure. Cette fois Jodo réfrène ses délires mystiques et s’appuie à dépeindre la jeunesse de Difool, et les mœurs de Cité-puit pas bien glorieuses (les castes, la surconsommation, les médias etc ...) qui me rappelle une certaine société tient !!
C’est une lecture plus dense que L’Incal et les 6 albums se tiennent jusqu’au raccrochage à la série mère.
Au dessin, la comparaison avec le maître peut être fatale, mais Janjetov s’en sort très bien, et on retrouve les couleurs psychédéliques, finalement bien plus chaleureuses que celles dans la refonte des années 2000.
L’ensemble est toujours original et déjanté, un bon moment de lecture.
Par contre connaissant déjà la base de cet univers et l’ayant apprécié, je ne sais pas ce que ça donnerait sans ce pré requis surtout vers la fin de l’aventure, où des passages peuvent faire Wtf.
A noter qu’on est face à un John Difool au comportent bien différent, pas déplaisant du tout (mais je garde ma préférence), et avec une explication satisfaisante pour ce changement d’attitude.
Un préquel qui a sa place à côté du matériau de base.
Glenn Head, auteur de comics indépendants aux USA livre ici une autobiographie sans concession. Il sera question des drames de son enfance qui ont façonné sa personnalité d'adulte torturé. De prime abord le dessin noir et blanc très chargé peut effrayer un peu. Mais ce style particulier colle au récit et il n'est finalement pas du tout étouffant. Au contraire il retranscrit brillamment le mal être qui correspond à l'état d'esprit de l'auteur.
Adolescent, au collège, il a été scolarisé dans une école privée catholique. Et lui, comme tous ces petits camarades, ont vécu là-bas un vrai traumatisme. L'école est dirigée par un pervers manipulateur qui leur à fait subir maints châtiments corporels (fessées, ...) et surtout pas mal d'abus sexuels. Le gars se fait appeler modestement 'Monsieur', et il répète à longueur de temps aux enfants qu'il les aime. Les gestes d'affection succèdent aux violences. Le type détestable par excellence.
Glenn raconte cette partie de sa vie sans détour. On se prend tout ça en pleine face. C'est assez dur. Mais il va plus loin. Il ne se contente pas de livrer un témoignage sur les abus dont il a été victime. Le livre ne se limite pas à son enfance. Il raconte comment ce traumatisme a construit sa vie. Et comment elle la rythme encore bien des années après. Il ne cachera rien de ses problèmes pour établir une relation avec une jeune femme, préférant largement sa boite de mouchoirs et sa revue porno. Il ne cachera rien non plus de ses problèmes d'alcool, de ses réunions aux alcooliques anonymes, de ses visites aux strip-clubs ou aux prostituées. Ça fait beaucoup et on imagine la difficulté pour essayer de mener une vie d'adulte équilibrée.
Cela dit il prend du recul pour raconter son histoire, il le fait de manière assez factuelle. Cela manquerait presque un peu d'émotions. On est touché forcément, mais pas bouleversé. Il ne s'apitoie pas sur son sort, il est arrivé à un moment de sa vie où il a besoin de livrer ce témoignage pour avancer. Mais il ne cherche pas à dénoncer son agresseur, qui a été condamné par la suite (assez mollement il faut bien le dire).
Au final bien que très prenant et très interessant, il manque un petit peu d'émotion pour en faire un récit marquant au même titre que Pourquoi j'ai tué Pierre par exemple. Lecture tout de même largement recommandée.
3,5/5.
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Le Grand Mort
Cette série est globalement excellente mais je trouve qu'il y a un gros ventre mou entre le troisième et le sixième tome. Au début j'avais du mal à m'arrêter mais par la suite, il y a des moments où j'ai dû me forcer pour continuer parce que c'était chiant. Ça avance très lentement, parfois dans un tome de 60 pages, il ne va y avoir que 5-6 pages qui font vraiment avancer l'histoire... Mais au final l'histoire se tient très bien, les personnages sont très attachants, juste que ça aurait été mieux en 5 tomes à mon avis. L'ambiance est tout de même extrêmement noire, ce qui n'est pas forcément évident à la lecture du premier tome plutôt léger, plein de magie et d'émerveillement. C'est noir mais très cohérent, certains trucs font écho à la crise du COVID et à la guerre en Ukraine alors que la série s'est finie en 2019, donc il y a petit un côté visionnaire de la part de Loisel. Même si bien sûr, la situation de notre monde n'est pas tombée aussi bas que celle de série (en tout cas pas encore). Côté dessin, j'ai trouvé ça excellent très coloré, un style assez léger qui tranche avec l'histoire très sombre (et la fait mieux passer).
Faut pas prendre les cons pour des gens
L'humour absurde que j'apprécie tant en BD. Mention spéciale pour les différentes scènes sur les kamikazes, les flics remplacés par les profs, l'interrogatoire du futur, la ville anti-migrants... J'ai vraiment rigolé, c'est génialement con. Parfois l'humour noir et pince-sans-rire dominent, ce qui fait un peu plus cogité. Le principe est bien de pousser la bêtise humaine à l'extrême, mais cela permet quand même de mettre en avant plusieurs maux de notre société occidentale. Les thèmes abordés sont même franco-français. C'est un recueil de blagues plutôt indépendantes entre elles, même si certaines s'enchaînent en gardant le même environnement. Il est annoté que certaines histoires reprennent des publications début des années 2000 (Psikopat) et 2008 (L'écho des savanes), pour lesquelles le dessin a été réadapté. Sur la forme, Emmanuel Reuzé a permis de donner à cette BD une homogénéité graphique bienvenue. Sur le fond, il y a quelque chose d'assez navrant: certaines blagues datent d'il y a 15 à 20 ans, pour autant elles sont toutes encore liées avec l'actualité de nos jours... Si ce n'est davantage. Mais bon, il faut savoir rire de tout, sinon qu'est ce qu'il nous reste! Forcément, avec la présence d'images figées, le rapprochement avec Fabcaro est à noter. Si vous aimez Desproges, Gotlib ou plus généralement le burlesque, vous aimerez cette BD. Et si vous aimez cette BD, il faut enchaîner avec les réalisations de Fabcaro. Attention à l'overdose, ce sont des plats savoureux qui se mangent lentement. Edit: assez d'accord avec l'avis de Titanick aussi, j'ai un petit doute sur le plaisir conservé après une seconde lecture. Je conseille plutôt l'emprunt dans un premier temps.
Petzi
Ah, Petzi ! Que de temps passé à lire et relire les deux ou trois albums que j’avais. Et qu’est-ce que j’ai pu rêver que je partais en voyage avec Petzi et ses amis. Il ne m’en reste qu’un dans l’ancienne édition avec les délicieuses petites icônes sous la case qui indiquent quel personnage est en train de parler. Du coup j’en avais racheté quelques uns pour les enfants, des éditions plus récentes avec les bulles. Perso, j’aime moins mais je reconnais que c’est plus adapté pour les bambins d’aujourd’hui. Parce que Petzi, c’est toujours super bien, je viens de les relire. C’est rond, coloré, lisible comme il faut. Oui, c’est plein de bons sentiments ; oui, il n’y a que des gentils et c’est très bien comme ça. Les valeurs d’entraide et d’amitié sont valorisées, il y a de l’aventure et un soupçon de suspense. Laissons un peu rêver le très jeune public auquel ces histoires s’adressent. Et vive les crêpes au chocolat !
L'Etoile du Désert
Très belle ambiance dans cet album. Les cadrages sont travaillés et le dessin élégant avec une colorisation chaude et intimiste. On a l’impression de ressentir la chaleur, l’odeur de sueur et de crasse. Les personnages ont des caractères bien trempés et des visages très expressifs. Aucun n’est sympathique, pour ne pas dire odieux, et en même temps chacun est attachant pour un aspect de sa personnalité. Ca évite un récit moralisateur et manichéen. L’histoire se déroule au moment de la construction du chemin de fer qui va vers l’Ouest américain. Une transition entre deux mondes, entre deux périodes de l’histoire des États-Unis. Deux hommes que tout oppose vont finir par se retrouver face à face dans une lutte à mort. L’un est un fonctionnaire de Washington… il ressemble à Sean Connery (perso, je n’aime pas trop ce genre de ressemblances) dont la vie était prévue pour être organisée à l’abri de tout imprévu, l’autre un hors la loi, auteur d’un coup audacieux qui devait lui rapporter gros. Son amour sans partage pour la nature sauvage fait de lui un personnage intéressant et original alors que son adversaire, a priori dans son bon droit, est un homme rigide, au ton cynique et à la vision très étroite de la vie. Tous ces ingrédients aboutissent à un western noir, dense, et fort. Tout m’a plu dans cette série à part la voix off que j’ai trouvée à certains moments un peu mièvre et agaçante. Les premières pages qui plantent le personnage principal sont particulièrement réussies tout comme la chute de l’histoire.
El Boxeador
4,5/5. Comment comment ? Les aviseurs avisés ne l'ont pas encore avisé ? Mais cette BD est ma-gi-strale! Tout juste inscrit à une nouvelle bibliothèque, je vois ce joli ouvrage au format à l'italienne. Un poil dubitatif en feuilletant les premières pages, je me demande ce qui vaut à cette BD le "coup de cœur" des bibliothécaires. Tentons voir, et je verrai si je peux leur faire confiance par la suite. Et je jubile! C'est l'histoire de deux hommes que tout oppose ou presque, car ils ont en commun une détermination rageante et aveuglante exprimée à travers un sport que tout deux pratique: la boxe. La première originalité a noté sera bien sur la forme. Ayant emprunté cet ouvrage à l'aveugle, j'ai totalement buté au milieu du bouquin. Me voilà à devoir retourner la BD pour continuer à lire? Mais non, pas du tout: le milieu, c'est la fin! "- Hein? - Oui oui!" Cette BD contient deux débuts et une conclusion! Côté pile, il y a Hector: "le Bourge", beau gosse au brushing, champion d'athlétisme en devenir et éduqué par un père autoritaire au passé glorieux. Côté face, voilà Rafa, surnommé "Warmachine": une brute épaisse, sans famille, vivant dans une maison close et ouvert à tous les vices que les nuits peuvent offrir. Nous suivons donc le parcours de chacun de ces personnages jusqu'à les retrouver pour un final épique où les deux destinées s'entrechoquent, et quel fracas! La seconde originalité de la même trempe est sur l'aspect graphique. 1 personne = 1 dessinateur. L'histoire de Rafa est travaillée par Rubén Del Rincón, et nous suivons le parcours d'Hector avec la plume de Manolo Carot. Mais gardons à l'esprit les similitudes mentionnées plus haut, et nous retrouverons une colorisation identique : ce noir et rouge-sang qui se noient sur un fond blanc pur. Cette colorisation m'a bousculé au début, et puis quelques esquives ont fini par avoir eu raison de moi: c'est d'une beauté terrifiante! Après je dois dire que ma préférence va clairement pour le style de Manolo Carot (Hector): alors que j'y trouvais trop de brouhaha au début, je finis par y voir des corps et des visages absolument magnifiques. Quel trait, vraiment! Les combats sont d'une nervosité palpitante et les regards sont perçants à souhait. Le dessin de Rubén Del Rincón m'apparaît moins grave avec le contour plus arrondi. Cette inégalité me fait retirer 1 demi étoile, encore que... Il n'y a plus que le scénario qui quitte les rayons de l'originalité mais qui, en même temps, reflète tout à fait la réalité de ce sport, ou l'image qui s'en dégage. En effet, le monde de la Boxe aime à donner des surnoms à chacune de ses étoiles et on se retrouve très souvent confronter à des légendes vivantes au style de jeu foncièrement différent. "L'art de la boxe" se ressent, je trouve, à chaque planche car se dégage la description d'une attitude sur le ring en accord parfait avec la nature profonde de l'individu-boxeur lorsqu'il en est éloigné. Il existe aussi une forme de réalité dans le sens où la boxe est un univers où les champions ont très souvent une histoire singulière. Et c'est bien là ce qu'a tenté de construire les auteurs. Pour moi c'est plus qu'une réussite. Après avoir fini une "première histoire", je me demandais si j'allais pleinement profité de la seconde puisque j'en connaissais la fin... Tu parles Charles! Les auteurs m'ont juste permis d'être autrement conquis! Je n'en dirai pas plus. Et puis la présentation, c'est un pavé qui se lit rapidement malgré tout et l'éditeur a soigné l'ouvrage, ça fait plaisir. Par contre 2/3 erreurs dans l'écriture et la grammaire (une illustration le montre). Pas méchant mais il a manqué une relecture plus assidue. Poignant, dramatique, beau, animal, humain, concret, profond, cohérent, fracassant... Que demande le peuple ? Me concernant, c'est parmi les découvertes "coups de cœur" de l'année, à n'en pas douter.
Caroline Choléra
Pichard a produit – seul ou simplement au dessin – pas mal de séries du même genre dans les années 1970-1980, avec à chaque fois une héroïne très délurée, mais aussi très bien en chair, dans des aventures passablement foutraques et inclassables. Résumer l’histoire est difficile, et n’apporterait pas grand-chose, tant cela part dans tous les sens, au point qu’on peut supposer que, sur une trame légère, Danie Dubos a pas mal brodé, se laissant emporter par l’improvisation. C’est de l’aventure foutraque, mâtinée d’une certaine poésie surréaliste, d’un peu de fantastique poétique, et de non-sens. On le voit il ne faut pas être un adepte forcené de la BD franco-belge classique pour apprécier ce délire ! Surtout qu’à tous ces ingrédients s’ajoute une touche érotique, plus ou moins marquée – d’ailleurs bien plus visible dans le second tome, avec certains passages frôlant presque le BDSM soft, lorsque Caroline est violée par tout un équipage, et que des femmes ficelées subissent des outrages que la morale pourrait réprouver. Le look improbable de Caroline Choléra, jeune berrichonne qui traverse le monde pour ramener sa bestiole, une « douvve » dans une île lointaine, vaut aussi son pesant de cacahuètes. Caroline est souvent dénudée, et, lorsqu’elle est « habillée », elle porte une sorte de combinaison et des bas assortis, noirs à points blancs, avec des sabots ! Vaisseau spatial ou navires de pirates, animaux merveilleux (comme une sorte de dauphin à deux têtes tout droit sorti d’un vieux portulan) ajoutent à l’aspect merveilleux et loufoque de l’ensemble. Un gros délire sans doute un peu daté, mais que j’ai apprécié. Note réelle 3,5/5.
Paul au parc
C’est peut-être l’album des Paul que j’ai le plus aimé. Toujours rien d’’extraordinaire, mais la narration toujours aussi simple et fluide de Rabagliati est agréable. Il nous fait découvrir d’autres facettes de son double de papier. Chaque album apporte sa pierre à l’édifice, précisant la personnalité de Paul, mais aussi de son entourage – ici en grande partie familial. Les divers albums, souvent remplis de flash-backs, et se situant à diverses périodes de la vie du héros, complète bien ce puzzle autobiographique. Ici nous suivons Paul jeune ado, qui flirte, échappe à l’emprise familiale en participant à des camps scouts. C’est assez frais et, surtout, les dernières pages « relèvent le plat », avec quelques couches d’une certaine cruauté (sur le flirt, mais surtout ses nouveaux amis scouts). Un des meilleurs millésimes de l’univers des Paul. Note réelle 3,5/5.
Sur un air de Fado
Sur un thème proche de Pereira prétend, que j’ai lu – et apprécié – il n’y a pas longtemps, cet album réussit bien le mélange entre petite et grande histoire. En effet, tout en suivant le personnage principal, docteur sans histoire qui échappe aux contingences de la dictature et qui, au hasard de rencontres, va se trouver confronté à ses plus terribles aspects, nous découvrons aussi par la bande la dictature de Salazar au Portugal. L’ensemble est équilibré, la narration est fluide, on s’attache aux personnages (quelques flash-backs permettent de mieux connaitre la personnalité du docteur et l’histoire du pays). Le dessin de Barral est lui aussi agréable et efficace. C’est une lecture recommandable, le côté romanesque n’empêchant pas de discerner l’horreur de cette dictature, qui envoyait ses enfants faire la guerre en Afrique, et dont la police torturait (quelques séances courtes, mais dures ici) les « opposants ».
Avant l'Incal
Je me rappelle encore de ma surprise lors de ma découverte de la 1ère intégrale à la Fnac : Comment ? quoi ? y a un préquel à une œuvre culte qui a bercé mes jeunes années et on me l’a jamais dit !! Ni une ni deux, j’ai dépensé mes maigres économies. Je ne le regrette absolument pas. L’objet en lui même est superbe, fournit dans un bel écrin (avec les couleurs d’origine). Ça c’est pour la forme. Pour le fond, c’est moins mémorable que son aîné mais ça reste fort réussi. Malgré le même univers, je trouve que cette série arrive bien à se démarquer, en nous proposant autre chose en terme d’aventure. Cette fois Jodo réfrène ses délires mystiques et s’appuie à dépeindre la jeunesse de Difool, et les mœurs de Cité-puit pas bien glorieuses (les castes, la surconsommation, les médias etc ...) qui me rappelle une certaine société tient !! C’est une lecture plus dense que L’Incal et les 6 albums se tiennent jusqu’au raccrochage à la série mère. Au dessin, la comparaison avec le maître peut être fatale, mais Janjetov s’en sort très bien, et on retrouve les couleurs psychédéliques, finalement bien plus chaleureuses que celles dans la refonte des années 2000. L’ensemble est toujours original et déjanté, un bon moment de lecture. Par contre connaissant déjà la base de cet univers et l’ayant apprécié, je ne sais pas ce que ça donnerait sans ce pré requis surtout vers la fin de l’aventure, où des passages peuvent faire Wtf. A noter qu’on est face à un John Difool au comportent bien différent, pas déplaisant du tout (mais je garde ma préférence), et avec une explication satisfaisante pour ce changement d’attitude. Un préquel qui a sa place à côté du matériau de base.
Le Manoir de Chartwell
Glenn Head, auteur de comics indépendants aux USA livre ici une autobiographie sans concession. Il sera question des drames de son enfance qui ont façonné sa personnalité d'adulte torturé. De prime abord le dessin noir et blanc très chargé peut effrayer un peu. Mais ce style particulier colle au récit et il n'est finalement pas du tout étouffant. Au contraire il retranscrit brillamment le mal être qui correspond à l'état d'esprit de l'auteur. Adolescent, au collège, il a été scolarisé dans une école privée catholique. Et lui, comme tous ces petits camarades, ont vécu là-bas un vrai traumatisme. L'école est dirigée par un pervers manipulateur qui leur à fait subir maints châtiments corporels (fessées, ...) et surtout pas mal d'abus sexuels. Le gars se fait appeler modestement 'Monsieur', et il répète à longueur de temps aux enfants qu'il les aime. Les gestes d'affection succèdent aux violences. Le type détestable par excellence. Glenn raconte cette partie de sa vie sans détour. On se prend tout ça en pleine face. C'est assez dur. Mais il va plus loin. Il ne se contente pas de livrer un témoignage sur les abus dont il a été victime. Le livre ne se limite pas à son enfance. Il raconte comment ce traumatisme a construit sa vie. Et comment elle la rythme encore bien des années après. Il ne cachera rien de ses problèmes pour établir une relation avec une jeune femme, préférant largement sa boite de mouchoirs et sa revue porno. Il ne cachera rien non plus de ses problèmes d'alcool, de ses réunions aux alcooliques anonymes, de ses visites aux strip-clubs ou aux prostituées. Ça fait beaucoup et on imagine la difficulté pour essayer de mener une vie d'adulte équilibrée. Cela dit il prend du recul pour raconter son histoire, il le fait de manière assez factuelle. Cela manquerait presque un peu d'émotions. On est touché forcément, mais pas bouleversé. Il ne s'apitoie pas sur son sort, il est arrivé à un moment de sa vie où il a besoin de livrer ce témoignage pour avancer. Mais il ne cherche pas à dénoncer son agresseur, qui a été condamné par la suite (assez mollement il faut bien le dire). Au final bien que très prenant et très interessant, il manque un petit peu d'émotion pour en faire un récit marquant au même titre que Pourquoi j'ai tué Pierre par exemple. Lecture tout de même largement recommandée. 3,5/5.