Les derniers avis (32323 avis)

Par pol
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Safrane Chu
Safrane Chu

Après Tony, le détective cannibale, série absolument généralissime, cette préquel nous propose de découvrir les aventures de sa soeur. La trame et le découpage sont semblables en tout point à la série mère. Un découpage en chapitres bien ficelé, des prologues loufoques, une voie off aux petits oignons qui rythme la narration et apporte régulièrement une petite touche d'humour. Et bien sur, en plat de résistance un polar teinté de pouvoirs alimentaires, évidemment, mais sans en abuser. On n'est pas dépaysé et c'est tant mieux. Si l'intérêt de certains spin-off est discutable, les aventures de Safrane ne sont pas du tout de ceux là. On garde l'esprit et le style d'origine et on enrichit l'univers. Cette histoire se passe avant Tony Chu, on y apprendra pleins de choses interessantes, sur Tony, sur sa famille, sur les éléments à l'origine de cette crise du poulet... Ce n'est pas juste un prétexte à nous servir des idées qui n'aurait pas été utilisée dans la série principale. Le scénariste se renouvelle juste ce qu'il faut et la trame de l'intrigue se révèle être très interessante. Et les touches de déconne sont tout aussi efficaces. Un petit effort malin est fait sur les nombreux pseudonymes des personnages et ça marche nickel. Le dessinateur n'est pas le même, et sans atteindre la maestria de Rob Guillory, le dénommé Dan Boultwood s'en sort très bien. Légèrement plus cartoon mais toujours dans l'esprit, son style colle également bien à l'esprit et l'histoire. Bref, c'est un plaisir de se replonger dans l'univers de Tony Chu. Le second tome enfonce le clou. On laisse Tony de coté et on est maintenant focalisé sur les aventures de Safrane. On pourrait dire que le premier tome a permit d'introduire l'histoire en faisant lien avec la série principale, et que maintenant la série trace sa propre route et prend son indépendance. L'esprit barré est toujours autant jubilatoire, évidement il faut aimer ce style décalé, mais en la matière je crois que le scénariste est un génie. Il y a des bonnes idées dans tous les chapitres (pour pas dire toutes les pages). Une fois c'est un flash back hyper malin, une fois c'est un découpage hyper original, une autre fois ce sont des détails rigolos cachés dans les planches, une autre fois ce sont les dialogues marrants qui font mouche, ... bref ça fourmille d'éléments excellents du début à la fin. Et comme tout ça est au service d'une intrigue de plus en plus captivante, que demander de plus ? Vivement la suite !

31/10/2021 (MAJ le 08/06/2022) (modifier)
Par patwer
Note: 4/5
Couverture de la série Janardana
Janardana

J’avais été attiré par quelques planches de ce one shot, et me promettait de poursuivre la lecture en me procurant l’album, ce que j’ai fait. Puis, je l’ai un peu oublié étant occupé à d’autres lectures. Et bien j’ai eu tort d’attendre aussi longtemps avant de me plonger dans cette aventure. Tous les ingrédients pour une bonne histoire y figurent : des personnages attachant alors que rien ne prédispose à leur rencontre, un bon méchant ou plutôt une bonne méchante atypique, une belle intrigue et des paysages éblouissants et dépaysant. Bref j’ai adoré. Pas de grandes tirades explicatives, les dialogues soutiennent juste les dessins. Et là on est franchement gâté, l’aquarelle dessert parfaitement les décors et l’environnement et l’utilisation de celle-ci ne nuit pas non plus au rythme de l’histoire et aux expressions des personnages. J’ai passé un très bon moment.

08/06/2022 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5
Couverture de la série Sara (Ennis/Epting)
Sara (Ennis/Epting)

Voilà une histoire de guerre plutôt bien foutue sous le label TKO studios. Voilà du bon comics comme je l’aime. Une histoire particulièrement originale et un graphisme fouillé et détaillé. Bref un bon moment de lecture en perspective. Deuxième guerre mondiale durant le siège de Léningrad. 1942. Nous sommes sur le front de l’Est en plein hiver. Il fait froid. Il y a de la neige partout. Sept tireuses d’élite soviétiques sont à la manœuvre pour repousser l’occupant nazi. Sara est l’une d’entre elles. C’est la plus talentueuse. Ses « exploits » provoquent l’affolement dans les deux camps. C’est un peu le Christ Kyle féminin. Le graphisme est travaillé. Les nombreuses scènes de combat sont détaillées et précises. Pas facile de dessiner des décors hivernaux. C’est à couper le souffle. Enfin les tensions sont palpables. J’en ai froid dans le dos. Nous sommes bien au cœur de la toundra. Bravo à Steve Epting. J’ai pris plaisir à lire les aventures de ces snipers féminins tirées de faits réels. Les femmes sont mises à l’honneur. Cela reste violent. Les balles fusent de partout mais surtout elles atteignent leurs cibles ! un album avec un scénario efficace de 152 planches à lire sans modération.

08/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Apache Junction
Apache Junction

Je découvre ce western d'un auteur que je ne connaissais pas, et ça me plait bien, avec des personnages Indiens bien utilisés, en l'occurrence des Apaches. Le texte du plat de couverture à l'arrière revendique la filiation avec Blueberry pour son univers du cycle apache ; c'est tout à fait ça. Non seulement ça rappelle par son intrigue (qui joue quand même sur de larges variations) et surtout son décor les 2 cycles des guerres indiennes de Blueberry, soit les 5 premiers albums de Fort Navajo à la Piste des Navajos, puis les 4 autres allant du Cheval de fer à Général Tête Jaune, mais en plus de ce contexte, le dessin de Peter Nuyten est très proche de celui de Giraud, à tel point que sur certaines planches et certaines images, la ressemblance graphique est assez troublante. J'aime bien le rendu des matières sur les rochers et les montagnes, j'avais vraiment l'impression de me retrouver dans un Blueberry, en tout cas ce dessin est superbe, même si Nuyten n'égale pas Giraud, disons qu'il n'en est vraiment pas loin. La référence étant du très haut de gamme en matière de western, la comparaison peut sembler prétentieuse et risquée pour un auteur pas connu, et il est difficile de se hisser au niveau d'un tel monument de la BD comme Blueberry ; en western BD, il y a Blueberry et puis il y a les autres, je l'ai toujours dit, même Comanche ou Durango sont derrière, et pourtant j'adore autant ces 2 séries. En tout cas, même si "Apache Junction" n'atteint pas le savoir-faire et l'excellence narrative et scénaristique de Charlier, cette trilogie ne démérite pas. Certes, c'est une trame classique et sans risque, l'intrigue est assez convenue et les dialogues moins puissants que chez Charlier, cependant l'ensemble est très bien ficelé, bien documenté et n'en demeure pas moins très attrayant, ça se lit avec plaisir pour les amateurs de western, et sans être un chef-d'oeuvre, c'est du bel ouvrage qu'il serait idiot de bouder. Seul le tome 3 m'a paru plus faible que les 2 autres tomes, surtout dans son final qui aurait pu être plus réussi, mais ce n'est pas bien grave, ce qui compte c'est l'impression générale, et pour moi, c'est un bon western.

08/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Mon dernier jour au Vietnam
Mon dernier jour au Vietnam

Je partage l'avis de Sloane en ce qui concerne la qualité de ce petit opus de Will Eisner. 6 récits, rapportés à la façon journalistique, d'épisodes vécus en guerres du Vietnam ou de Corée. Graphiquement Eisner introduit dans son dessin un pointillé qui rappelle un vieil écran tv, ce qui renforce la distance entre le narrateur et les "héros" des différentes saynètes. Ce filtre montre au lecteur la position d'Eisner ni participant, ni juge moralisateur mais simplement observateur d'un gâchis humain des deux côtés. Eisner se démarque totalement d'un récit de guerre classique à la John Wayne sans verser pour autant dans la charge caricaturale de l'armée US. Les combattants Vietnamiens montrés sont des enfants ou une femme qui se prostitue pour attendre sa cible. De l'autre côté des pères de familles touchés par le conflit qui les dépasse. Eisner explique que la composition du livre correspond à une mise en scène de l'accroissement de l'émotion qu'il a éprouvé à dessiner ces épisodes. Du sourire du GI qui rentre à la maison se sortant in extremis du bourbier sanglant, au jeune paumé irresponsable qui demande, dans sa saoulerie vantarde, l'affectation la plus risquée quand ses camarades protecteurs sont absents. Eisner nous offre ainsi une palette de sentiments qui assaillent la plupart de ces pauvres bougres. Deux remarques pour conclure. Eisner souligne le grand nombre de soldats US qui sont retournés au Vietnam comme si un lien indestructible s'était créé. Ensuite Eisner introduit cette remarque du major sur l'utilisation de la bombe atomique sur Hanoï. On l'a peut-être oublié mais cette option a réellement été sérieusement sur la table. Il faut quand même avoir une pensée positive pour ceux qui l'ont repoussée. Une vision pleine d'humanité au milieu de ce désastre inhumain. Oups le graphisme et la composition ? Com'dab topissime !

08/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Un putain de salopard
Un putain de salopard

Un premier tome qui m’avait bien plu à sa sortie, mais j’attendais de voir. Après lecture des 2 tomes, je peux dire que c’est plus que pas mal du tout. De la chouette aventure (loin d’être bucolique) concoctée par 3 auteurs de talent. Au scénario, Loisel que l’on ne présente plus, déroule son histoire tranquille, on prend le temps de présenter les personnages et ce microcosme brésilien (particulier et dur), assez rare et dépaysant dans le monde de la bd. La partie graphique est magnifiée par le trait d’Olivier Pont et les couleurs de François Lapierre. Bravo à eux, ils apportent énormément à l’album. Le tout est un plaisir à parcourir, les planches sont fluides et bien construites, les albums sont épais, je n’ai pas vu le temps passé. Une multitude de personnages, bons comme mauvais, pour un récit manichéen (ce n’est pas dit de manière péjorative) et distrayant. J’espère une fin dans le prochain tome et qu’elle soit à la hauteur de cet « exotisme » proposé par les auteurs. Un bon moment de lecture.

07/06/2022 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Aquarica
Aquarica

Voilà, j’ai fini de lire ce qui restera la dernière BD du grand Sokal, emporté par la maladie avant d’avoir pu terminer le tome 2. Le non moins grand François Schuiten (Les Cités obscures entre autres) a dessiné les 12 dernières pages. Le scenario, peaufiné par les deux auteurs depuis des années, est parfaitement maitrisé. La narration est fluide, et on retrouve cette humanité propre à Sokal. Les différents protagonistes ont certes des personnalités un peu « cliché », mais parfaitement définies – même les pêcheurs « brutes épaisses » ont leurs raisons pour justifier des comportements un peu bestiaux : leurs coutumes, des souvenirs douloureux… vraiment, pas de « méchants » dans cette histoire, juste des êtres humains… Il y a bien entendu des tons de « Jules Verne » dans cette fable teintée d’écologie… impression renforcée par ces éléments mi-organiques, mi-mécaniques, par le mystère ambiant, par la présence de scientifiques essayant de tout rationaliser… et par le dessin somptueux. Sokal était déjà au sommet de son art dans Kraa, il remet ça, avec des planches magnifiques, un trait maitrisé (j’adore ses personnages), et des couleurs lumineuses. Le second tome conclut brillement le récit, et propose un petit reportage « making off » super intéressant. Un excellent diptyque, que je recommande chaudement.

04/02/2018 (MAJ le 07/06/2022) (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Syberia
Syberia

Si vous fréquentez ces lieux, vous savez peut-être que je suis un gros fan des créations de Benoît Sokal. Ses BDs, mais aussi ses jeux vidéo. Je viens justement de (re)finir le premier jeu Syberia, et avant d’enchaîner sur la suite, j’ai lu le premier tome de cette adaptation BD. L’histoire reprend les évènements du jeu, mais les présente d’un point de vue diffèrent, sous formes de flashbacks racontés par une Kate « dans le futur ». On retrouve les lieux et personnages tellement attachants du jeu (Valadilène, l’usine, le train, Oscar) et la narration est fluide et prenante, même si tout semble s’enchainer trop vite (forcément, on ne bloque pas dans le bouquin, alors que dans le jeu, c’est une autre paire de manches !) L’ouvrage se termine sur un reportage qui donne la parole à Benoît et Hugo Sokal, qui nous parlent des jeux vidéo Syberia, de leur collaboration père/fils, et du futur. Maintenant que Benoît s’en est allé, je me demande si la suite sortira un jour ? Ce premier tome ne représente que la première partie du 1er jeu, après tout. Un album selon moi essentiel pour les amateurs de la série Syberia. Quant à moi, j’enchaîne sur Syberia 2 et 3 !

07/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Codine
Codine

"Codine" est un conte autobiographique de l'auteur roumain méconnu Panaït Istrati. C'est une oeuvre nostalgique qui allie aventure et poésie. Adrien Zograffi, orphelin d'un père haïdouc/bandit tué par des gardes-frontières, se retrouve dans un quartier déshérité de sa petite ville natale roumaine. Enfant effacé et gentil, il doit apprendre à vivre dans cet environnement hostile. Une rencontre fortuite avec le géant et ancien forçat Codine permettra de créer une amitié imprévue entre l'enfant et la brute. Chacun apprendra de l'autre au cours de leurs vagabondages et de leurs réflexions au milieu du magnifique delta du Danube. L'oeuvre de Jacques Baujard et simon Géliot a l'immense mérite de participer à la réhabilitation de l'auteur roumain Panaït Istrati injustement calomnié et censuré pour avoir dit du mal de l'Union Soviétique de Staline à la suite de ses voyages en URSS. Le scénario mêle violence et poésie dans cette Roumanie pauvre de la fin du XIXème siècle. Le langage est soutenu avec une vraie profondeur sur la justice et le véritable amour fraternel. Sous ses aspects de brute inculte Codine nous délivre souvent un message plein de philosophie et de bon sens. Le dessin en aquarelles aux tons sombres porte bien le scénario. Des visages anguleux, peu souriant nous rappellent facilement que le quotidien était un combat contre la misère, la maladie ou la violence. Le petit Adrien/Panaït est de ces enfants qui ont tout appris à l'école de la vie. Cette série rappelle sa mémoire avec justesse et poésie. Une belle lecture.

07/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Scotland
Scotland

Ce quatrième cycle de Kenya aux aventures paranormales permet de retrouver à nouveau la jolie Kathy Austin ; j'ai lu Kenya et Namibia avec grand intérêt, mais j'ai raté Amazonie. J'avoue que la perspective de replonger dans le paranormal en compagnie de la belle espionne du MI6 me faisait envie, mais c'est aussi le décor qui m'a attiré car j'ai toujours eu une fascination pour l'Ecosse. Dans ce premier tome, les auteurs plantent un début de récit qui promet et distillent une série d'indices et d'éléments intrigants, tout en évitant le cliché des monstres aquatiques écossais dans le loch proche du manoir dont hérite l'héroïne. J'aime ce genre de début qui vous met bien dans l'ambiance, même si ça fait peut-être un peu trop, mais après tout, on est en Ecosse, les auteurs le savent et ne se privent pas de jouer avec la couleur locale, il n'y a plus qu'à se laisser porter, et en cela, je suis beaucoup plus enthousiaste que mes 2 éminents prédécesseurs dans leurs avis. Je suis très réceptif à cette ambiance d'étranges phénomènes agrémentés par des références aux aventures de Kathy Austin dans les précédents cycles, surtout lorsqu'il s'agit d'OVNI... mais peut-être s'agit-il de fausses pistes, car avec Rodolphe et Leo, il faut s'attendre à tout, on le saura sans doute dans les albums suivants. D'autre part, Rodolphe et Leo ne faillissent pas à leur réputation, non seulement ils baladent le lecteur à travers un méandre de situations typiques de leurs précédentes Bd chargées de mystères, mais ils n'oublient surtout pas le cliffhanger inévitable en fin d'album, après avoir mis en place leur incroyable machine à faits inexplicables et à mystère nébuleux ; tout ceci va sans aucun doute annoncer une série de coups de théâtre et de rebondissements déroutants. Ce schéma reste immuable chez eux, mais ça me plait toujours autant. De son côté, Bertrand Marchal repart aussi avec son trait esthétisant et soigné dans son style "à la Leo", mais en plus dynamique et un peu moins raide ; il est bien inspiré par les landes écossaises et livre de belles planches qui font honneur au décor, j'aime ce type de fluidité dans ce genre de bande, de même que les colorisations captent bien les ciels incertains de cette Ecosse brumeuse. Un excellent début de série d'atmosphère qui joue à la fois sur le fantastique, le mystère et les péripéties aventureuses.

06/06/2022 (modifier)