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Couverture de la série Le Fantôme de Canterville (Drouin/Céka)
Le Fantôme de Canterville (Drouin/Céka)

Je ne connais pas ce conte d'Oscar Wilde mais c'est un petit délice de parodie caustique. Empruntant à l'univers gothique Wilde met en présence une famille américaine très rationnelle en face des vieilles légendes anglaises. L'auteur irlandais y raille ce monde poussiéreux incapable de faire face à l'énergie débordante et trublionne de la jeune nation. Même si in fine, elles finiront main dans la main. J'avais déjà beaucoup apprécié le travail de Ceka dans l'adaptation du "Procès" de Kafka. Ici encore sa mise en scène est un plaisir pour les jeunes et pour les plus grands. Son adaptation avec des jumeaux mixtes modernise le récit à bon escient. Ceka réussit parfaitement à traduire l'humour décalé du conte. Les dessins et les couleurs de Drouin correspondent piles à l'esprit et à l'ambiance de l'histoire. Les apparences et les attitudes du fantôme sont très bien travaillées. Les enfants débordent d'humour et de vitalité. On se laisse facilement entraîner par leur sympathique énergie. Un dynamisme qui ne laisse pas beaucoup respirer pour une lecture réussie.

06/06/2022 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série Cautious Hero
Cautious Hero

J'avais déjà vu l'anime lorsqu'il est sorti et j'avais adoré cette comédie qui jouait un peu avec les clichés (c'est l'héroïne la grosse perverse) et qui utilisait bien son point de départ. Le problème est qu'une bonne partie de l'humour venait de l'animation et donc j'avais peur que cela passe moins bien en version papier. Heureusement, le dessin est de qualité sans être extraordinaire. On sent qu'il y a un effort et que c'est pas juste une œuvre de commande venue d'un studio comme c'est le cas avec d'autres adaptations de light novel. L'humour fonctionne bien et les personnages sont marrants, même si le héros risque de devenir vite agaçant pour une partie des lecteurs. Il y a un bon mélange entre la comédie et des moments plus sérieux. L'histoire est prenante et j'ai bien envie de voir si le manga va aller plus loin que ce que j'ai vu dans l'adaptation en anime. Donc voilà un bon divertissement si on aime bien les comédies se passant dans un univers de fantasy.

05/06/2022 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5
Couverture de la série Sprague
Sprague

La couverture magnifique, le nom de Rodolphe sur cette dernière et le résumé en 4ème de couverture m’ont convaincu d’acheter cet album dont je n’avais pas entendu parler, et je ressors ravi de ma lecture. L’intrigue est pourtant classique, et débute avec deux jeunes hommes qui partent à l’aventure pour élucider le mystère de la disparition de la mer, dont le village a tant besoin pour survivre. Les réponses arrivent petit à petit, et les révélations finales sont logiques et satisfaisantes, même si les férus de science-fiction auront peut-être une impression de déjà-vu. J’ai aussi beaucoup aimé la toute fin et cette histoire d’amour improbable. La mise en image d’Olivier Roman est magnifique, le trait est fin, les personnages sont bien représentés et les paysages sont un délice pour les yeux. Les couleurs ocres de Denis Béchu contribuent grandement à l’ambiance sablonneuse. Un one-shot assez classique, mais prenant, divertissant et parfaitement réalisé.

05/06/2022 (modifier)
Par Anya
Note: 4/5
Couverture de la série Aventurosaure
Aventurosaure

Belle petite découverte faite au hasard d’un salon du livre. Les personnages sauront plaire aux amateurs de dinosaures. Les couleurs des planches sont vives. Le héros, Rex, est un jeune dinausore bleu qui vit dans le village de Crétincia avec son papa qui est très malade. L'incendie du village et la mort du père de Rex le conduiront à rencontrer Dactyle, un ami de son père, qui l'incitera à partir à la recherche de sa mère, à la recherche de ses origines. La série est un récit initiatique intelligent qui a plu ici tant à ma fille que mon neveu qui ont pourtant des goûts en lecture très opposés. La mode des dinosaures chez nous a passé, mais pas l’intérêt pour cette série, ce qui je crois est un bon signe quant à la qualité de l’œuvre.

05/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Intrus à l'Etrange
Intrus à l'Etrange

Quelle bonne surprise que cette série de Simon Hureau. J'y retrouve un petit quelque chose du Voyage d'Abel de Bruno Duhamel. J'y vois le même humour grinçant dans la description de ce village Creusois avec ses vieux habitants antipathiques. Ce qui m'a tout de suite conquis est le graphisme de Simon Hureau. Je lui trouve une filiation avec Eisner et Nancy Peña, deux auteur-es que j'apprécie beaucoup. Un trait très fluide, très expressif et vivant, une recherche dans les détails très méticuleuse. Les dessins sont accompagnés de dialogues où sourde un humour que j'aime. Le scénario a plus des airs de Maigret que de OSS117 mais Hureau en profite pour envoyer quelques piques bien senties. La violence n'est pas l'apanage du 93 mais on la retrouve depuis toujours au fin fond des campagnes françaises. Le passé de ces villages n'est peut-être pas aussi glorieux et sympathique que le montrent les monuments aux morts ou les cartes postales. On a pu y accueillir ces horribles maisons de correction, véritables bagnes infernaux pour enfants ou des camps militaires avec des expérimentations animales dignes d'apprentis Mengele. Tout cela pour le plus grand profit économique d'un village où les chevaux ne sont pas les seuls à avoir des œillères. Hureau termine sur une fin poétique qui réchauffe le coeur. Encore une fois pour le plaisir... " Ya pas de bitume là-bas, c'est qu'des pâtures/N'empêche qu'on y croise pas mal d'ordures"(Kamini) Excellente lecture.

05/06/2022 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Primo Levi
Primo Levi

L'ouvrage porte en postface une précision : la rencontre de Primo Levi avec ces enfants n'a jamais eu lieu. Il s'agit du résultat des recherches faites par le scénariste sur ses différents témoignages, ceux de personnes qui ont pu le rencontrer, mais aussi, pour la partie relatant sa vie à Auschwitz (parler de survie serait plus juste), de digests de ses différents écrits. Il ne l'a jamais rencontré, mais a imaginé ce qu'aurait pu être la rencontre cette figure avec une classe, dont il aurait fait partie, peu de temps avant sa mort présumée accidentelle en 1987. Primo Levi est en effet un romancier très célèbre en Italie. Le début de son oeuvre est en effet marqué par des récits sans fard (ou presque) sur sa déportation et l'errance qui a résulté de la libération d'Auschwitz par l'armée russe en 1945. Il a également oeuvré dans les genres mêlant la science et la science-fiction, revenant régulièrement toutefois vers cette période particulière de sa vie. La BD se concentre essentiellement sur sa courte vie de partisan dans leVal d'Aoste, son arrestation par la milice fasciste et surtout les 11 mois passés à Auschwitz. Ce récit est donc encapsulé dans celui de sa rencontre avec une classe d'enfants de 10 ans, raconté de manière tirée au cordeau, l'horreur vécue en déportation fracassant les idées reçues des enfants. Même si elle est fictive, la scène contant la façon dont ceux-ci réagissent au traumatisme engendré par une simple sonnerie est l"une des plus belles que j'aie jamais vues en BD. Elle est symbolique, bien sûr, mais porte en elle tout l'enjeu de l'album : les rescapés de l'Holocauste sont de moins en moins nombreux, et avec leur disparition, que restera-t-il d'eux ? Le dessin d'Alessandro Ranghiasci est dans une ligne claire d'une grande intensité, l'accent a été mis sur l'allure des personnages, leurs visages. Un point a particulièrement retenu mon attention : les yeux des protagonistes. Lorsqu'ils arrivent dans le "lager", les déportés n'ont plus de pupilles, ils sont comme des fantômes, comme dépourvus d'âme, sauf lors des rares moments d'espoir. Ce sont plutôt des morts en sursis. Lorsque Primo Levi raconte cette survie, ses pupilles disparaissent aussi. Et lorsque les enfants comprennent enfin l'enfer qu'il a vécu, ils n'en ont plus à leur tour. C'est subtil mais frappant. Utile. Essentiel.

04/06/2022 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Frieren
Frieren

J'ai été surpris par cette nouvelle série de fantasy. Elle prend en effet le contrepied de nombre d'autres récits émargeant dans le même genre. Plutôt que de nous montrer les combats menés par Frieren et ses compagnons et leurs relations particulières, le scénariste propose de nous montrer leur vie d'après. Lorsque les méchants ont tous (ou presque) été battus, que les lumières s'éteignent et que la plupart des héros fatigués disparaissent à leur tour. Frieren se retrouve quasiment toute seule, vivant dans les souvenirs de ses amis, et se rendant compte qu'elle les connaissait à peine, même en ayant passé dix ans à leurs côtés. Alors elle repart pour un tour, essayant de comprendre ce qu'est l'amitié, accompagnée par une apprentie dont la fraîcheur et la franchise vont lui servir à la fois de révélateur et de miroir. La façon dont elle et ses anciens compagnons, libérateurs de tout un continent, est aussi mise à profit. Le récit est émaillé de nombreux dialogues, qui mettent en valeur les deux héroïnes, mais aussi celles et ceux qu'elles croisent. Cette série est donc centrée sur les personnages, dépeints de façon assez juste, même si Frieren, qui essaie de s'ouvrir au monde, garde une certaine part de mystère. Il y a tout de même des personnages négatifs avec des démons aux visées suspectes, sous la coupe d'une certaine Aura qui reste un peu dans l'ombre dans les deux premiers volumes. Elle apparaît plus nettement dans le troisième, plus fourni en combats. Il y a encore beaucoup de flashes-backs, on s'y perd d'ailleurs encore un peu. Attention à recentrer le récit vers le présent pour la suite, sous peine de décrochage... Le volume 4 continue sur sa lancée. Frieren et ses amis ont un compagnon pour quelques aventures, Sein, dont les propres souvenirs s'ajoutent à ceux de l'Elfe. Il y a très peu d'action, on reste dans l'intime, la nostalgie, mais toujours avec un message positif. Le volume s'achève sur un cliffhanger, le début d'un examen de magie pour Frieren et son amie Fern, face à d'autres personnages troubles, dont Übel... Le scénario malin et original est admirablement servi par un graphisme parmi les plus élégants que j'aie jamais vu dans un manga. Tsukasa Abe est aussi à l'aise dans les scènes de dialogue, les grands espaces, que dans les (rares) scènes de combat. L'ensemble est un manga qui est est intéressant par sa posture originale et son dessin classique mais maîtrisé. Je suis curieux de lire la suite.

09/04/2022 (MAJ le 04/06/2022) (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Proie d'Hugo Strange (Batman - Proie)
La Proie d'Hugo Strange (Batman - Proie)

Très bel album de Batman. L’histoire se situe au début de son parcours de justicier à une époque où le héros paraît encore bien vulnérable. Et c’est sous l’angle psychologique qu’attaque le méchant de l’histoire, le docteur Hugo Strange, psychanalyste de son état. Admirant Batman autant qu’il le déteste, Strange a recourt à une arme pernicieuse et imparable visant à déstabiliser le Dark Knight : l’arme psychologique. Comment fragiliser son pire ennemi ? Comment retourner contre lui l’opinion publique ? Comment détruire son image de justicier ? C’est intelligent et subtil. Après une première histoire mettant en action Hugo Strange, l’album enchaîne avec un second récit faisant entrer en scène l’Épouvantail. Sorti d’Arkham grâce à ce bon professeur Strange, Jonathan Crane est le maître de la peur. Ivre de vengeance, il attend son heure pour régler son compte aux ennemis jurés de sa jeunesse Cette seconde histoire est bien construite elle-aussi, les personnages ont une personnalité très riche et ils sont bien exploités par le scénariste. Les dessins de Gulacy sont très bons, classiques mais efficaces. Belles scènes d’action, s’enchainant parfaitement dans un décor bien choisi comme celui de la maison abandonnée totalement réaménagée au service de la vengeance. Très chouette découverte !

04/06/2022 (modifier)
Par Yanna
Note: 4/5
Couverture de la série Les Nombrils
Les Nombrils

J'ai découvert les Nombrils il y longtemps, alors que seuls les deux premiers tomes étaient sortis, et c'est peu dire que les couvertures ne m'avaient pas du tout engagée à lire cette série. Pas envie de voir des gags sur une pauvre fille gentille se faire martyriser gratuitement par deux pét... pendant 48 pages. Je trouvais néanmoins le dessin dynamique et gai, et j'ai fini par l'emprunter sans en attendre grand chose. Et j'ai bien aimé. Car même si les Nombrils c'est un peu ça (au début en tout cas), les auteurs savent rendre les personnages attachants. Chaque page est un gag à part entière, mais le tout forme une histoire, je trouve déjà que c'est une prouesse de construire un album comme ça. Mais ce n'est pas tout. Chaque album fait évoluer l'histoire et les personnages et apporte un éclairage nouveau sur chacun(e). Karine gagne en assurance. Les deux pestes s'étoffent, on en apprend plus sur leur passé et on comprend mieux leurs réactions. Elles aussi évoluent beaucoup et deviennent plus sympathiques. Les derniers tomes parus à ce jour donnent la part belle à Vicky. Je n'ai jamais été déçue par un album des Nombrils, chaque tome a apporté quelque chose de nouveau et son lot de surprises. Pas d'essoufflement, j'ai toujours pris un grand plaisir à lire cette série. C'est suffisamment rare pour être souligné. Hélas, l'avenir de la série est compromis, les auteurs étant aujourd'hui séparés. La série était initialement prévue en 10 tomes et huit sont parus. Il n'y a donc pas encore de conclusion à cette histoire, c'est pourquoi je ne mets "que" 4 étoiles. Un ou deux tomes pour conclure cette histoire, dans la lignée des précédents, feraient pour moi passer cette sympathique série au rang de "culte".

04/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Ubu Roi - Texte intégrale en BD
Ubu Roi - Texte intégrale en BD

J'aime bien cette collection proposée par les éditions Petit à Petit. C'est le quatrième titre majeur du répertoire du théâtre français édité en BD, après ''Le Cid'', ''Phèdre'' et ''Cyrano de Bergerac''. Luc Duthil et Aurore Petit nous proposent le si particulier ''Ubu Roi'' d'Alfred Jarry. En gestation dans l'esprit baroque et farceur du jeune lycéen Jarry qui en fait une esquisse avec ses marionnettes dans "Les Polonais", cette oeuvre qui va bouleverser une partie du théâtre du XXeme siècle vois le jour, un soir de décembre 1886. Jarry renverse la table d'entrée de jeu : "Merdre" les bourgeois du classicisme, regardez ce que je fais de Shakespeare en parodiant Mac Beth, semble me dire l'auteur dès le premier acte. J'y suis j'y reste et si cela ne vous plaît pas, j'ai un bon crochet à phynance pour vous mettre dans la trappe. Du moment que je m'en mets plein les fouilles et que j'amuse le peuple avec des courses au trésor, qu'importe et MERDRE !!! C'est violent, ça bouscule toutes les règles à tel point que la pièce ne sera jouée que 5 fois jusqu'en 1950. Pourtant quelle vision, quelle audace quand on sait aujourd’hui qu'un roi (pas de Pologne) à la même époque faisait passer au crochet à phynance des enfants qui ne produisaient pas assez de caoutchouc. Début d'un XXème siècle qui maniera l'absurde, la cruauté et la bêtise avec délectation. C'est évidemment un texte difficile. Le découpage et le lettrage (type imprimerie) de Luc Duthil font beaucoup à la fluidité de lecture et à sa compréhension. Une belle réussite qui met ce texte à la portée des lycéens. Pour un graphiste représenter Ubu doit être à la fois un casse-tête et un défi excitant. Jarry appartient aux écoles symbolistes et surréalistes. Pour respecter l'esprit de l'oeuvre il n'est pas question de faire du réel figuratif puisque c'est un des codes à respecter. Pas de décor, des personnages marionnettes, des figures grotesques et caricaturales. C'est imposer à la dessinatrice une contrainte qui peut faire fuir le lecteur/la lectrice non averti-e. Une fois ce préalable admis, je trouve qu'Aurore Petit s'en tire très bien. L'oeuvre est enrichie d'un complément pédagogique qui m'a ravi. Si vous avez été désarçonné par de précédentes lectures d'Ubu, je vous conseille cette collection.

04/06/2022 (modifier)