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Couverture de la série Lady Liberty
Lady Liberty

Cette Bd que j'ai découverte par hasard en bibli s'est vite révélée passionnante car même si elle se situe dans une époque qui ne figure pas parmi mes préférées, sa quête romanesque et aventureuse, et ses turpitudes multiples sur fond d'Histoire aux débuts de la révolution américaine, reste très intéressante. Les auteurs ont su habilement romancer et réécrire certaines parties historiques, mais la plupart des épisodes qui s'imbriquent dans une intrigue captivante et pleine de péripéties, sont réels. On croise de nombreux personnages historiques : les rois Louis XV et Louis XVI, le chevalier d'Eon (avec le mystère sur son identité), Beaumarchais, Benjamin Franklin... Au milieu de tout ceci, on a une belle héroïne fictive, Lya de Beaumont, fille adoptive du chevalier d'Eon, qui se démène dans des missions d'espionnage et une quête revancharde. On voit que les auteurs accomodent à leur façon l'Histoire car si le chevalier d'Eon a eu plusieurs amantes, il n'a pas dû avoir de temps pour s'occuper d'une enfant. Ceci n'empêche pas la série d'être riche et bien documentée, avec un premier tome d'introduction destiné à installer le contexte, d'où une intrigue qui semble un peu confuse entre la rivalité entre Français et Britanniques, le changement de souverain en France (Louis XVI succédant à Louis XV), et les premiers fondements de la révolution américaine qui va conduire à la guerre d'Indépendance. Mais ça décolle vraiment dès le tome 2 où Lya est décidée à se venger autant de Louis XVI que du roi d'Angleterre George III, se faisant ainsi pour ennemis la France et l'Angleterre. J'adore le mélange réussi entre réalité historique et fiction dans ce récit sur fond de révolution des deux côtés de l'Atlantique, en même temps que le personnage de Beaumarchais prend plus d'importance. Je savais qu'il avait été homme d'affaires et marchand d'armes pour le compte du roi, mais s'il est plus connu pour son oeuvre dramatique, j'ignorais qu'il avait été aussi agent du roi, soit un espion, je me suis renseigné et c'est vrai : expert en intrigues et en marchandages divers, il a bien mené des missions pour le compte de Louis XVI et a bien été en contact avec le chevalier d'Eon, les auteurs ont donc arrangé tout ça de belle façon en donnant un aspect très crédible à toutes ces aventures. La conclusion est à la hauteur des attentes grâce à une narration parfaitement menée et un récit efficace et prenant que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire. Sur le plan graphique, c'est assez surprenant, j'ai plus l'habitude sur des séries historiques d'un dessin bien franco-belge, classique et soigné, et ici, je vois un dessin à l'influence manga ; passé la surprise du début, ça ne m'a pas trop dérangé car ce style n'est heureusement pas trop accentué, juste ce qu'il faut, le résultat est clair, coloré, lumineux et d'une grande fraîcheur. Voila donc une jolie série conçue en 3 tomes, sans s'étirer inutilement, avec une belle ambiance et une aventure très plaisante.

04/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Affaires de famille (Une affaire de famille)
Affaires de famille (Une affaire de famille)

J'aime beaucoup ce petit opus. Les relations familiales sont une thématique centrale de l'oeuvre de Will Eisner. Par contre la forme est ici différente. C'est très concentré dans le temps et dans l'espace puisque tout se déroule en 24h dans un lieu restreint. Nous nous retrouvons dans un appartement où toute une fratrie se dirige pour fêter les 90 ans du patriarche. Cela ressemble à une saynète de théâtre bien menée. Le thème n'est pas nouveau mais je le trouve traiter avec beaucoup d'humour. L'auteur nous livre une concentration d'hypocrisie, d'envie, de jalousie, de perfidie, de tromperie ou de veulerie. Ces sentiments qui peuvent si facilement s'exprimer ici puisque l'on est entre soi dans un lieu clos. "Affaires de Famille" se transforme en affaires de linges sales. Mais sous la boue on y trouve de l'innocence et de la sincérité comme air pur. Eisner en profite pour aborder par la bande des problèmes liés à la fin de vie comme l'acharnement thérapeutique, le maintien à domicile et le business des structures d'accueil pour les aînés. Encore une oeuvre bien plus profonde qu'il n'y paraît mais avec Eisner c'est toujours du bon. J'ai même failli oublier sa qualité graphique tellement c'est une évidence pour le lecteur. A chacun de mes écrits, je classe Eisner parmi les meilleurs graphiquement. Je n'ai toujours pas changé d'avis.

03/06/2022 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Partitions irlandaises
Partitions irlandaises

Après leur Coupures irlandaises, qui remonte déjà à 2008, Vincent Bailly et Kris se retrouvent pour nous parler à nouveau de l'Irlande avec cette nouvelle série. J'avais déjà beaucoup apprécié leur premier album, c'est un réel plaisir de les retrouver dans cette Irlande contemporaine où les tensions sont toujours vives et la violence jamais bien loin. Cette fois donc, point de coupures, même si ça va saigner aux entournures, mais bien des partitions bien huilées que chaque camp va jouer à son corps défendant suivant les fils invisibles d'une tragédie shakespearienne toute tracée. Tim et Mary, nos deux tourtereaux ne vont pas déroger à cette logique. Eux que tout oppose, vont bien malgré eux avec leur amour naissant, s'enfoncer vers un destin funeste draguant leur entourage en faisant ressurgir de bien lourds souvenirs. C'est donc une histoire de destin tracé, de déterminisme auquel voudraient échapper Tim et Mary mais qui semble bien mal emmanché. En tout cas, j'ai dévoré cet album, pris par cette histoire merveilleusement racontée. Si la trame est classique jusqu'ici, la narration impeccable que nous proposent notre duo d'auteurs nous immerge pleinement dans les tribulations amoureuses de notre jeune couple qui essaye de s'extraire des affres de leur Histoire et celles de leurs familles. Le dessin de Vincent Bailly trouve l'équilibre parfait entre un trait expressionniste fluide et une colorisation qui sublime les ambiances qu'il pose. Reste maintenant à attendre la suite qui je l'espère confirmera ce très très bon début de série ! LA SUITEUUUU !!!

03/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Des milliards de miroirs
Des milliards de miroirs

C’est le deuxième album de Cousin que je lis après Le Chercheur fantôme - toujours chez le même éditeur d’ailleurs, et c’est encore un album intéressant, qui sort des sentiers battus. Et, là aussi, c’est une histoire qui utilise notre perception des connaissances scientifiques, les débats que peut susciter leur contrôle, et qui mêle à l’intrigue de base des soupçons de complot, et des comportements quasi sectaires. "Des milliards de miroirs" situe son intrigue dans une société pré-apocalypse, le désastre écologique que nous entrevoyons ou craignons étant très proche d’arriver. Sur ce arrivent quelques nouvelles – peu sûres – de l’espace : une autre vie pourrait exister sur une exoplanète. Ces extra-terrestres existent-ils ? Si oui, faut-il les contacter, sont-ils une menace potentielle s’ils sont plus avancés que nous ? Cette planète peut-elle accueillir des Terriens à terme ? Cousin a dressé un casting intéressant, avec une petite dizaine de personnages typés, qui s’affrontent sur ces sujets, s’entrecroisent. La narration est fluide, crédible. Son dessin, très simple – comme la colorisation, sans nuance – convient bien à ce type de récit, qui joue sur des débats de société actuels de façon intelligente, autour de l’écologie, du contrôle de l’information en démocratie, ou des dérives sectaires suicidaires. J’ai bien aimé ma lecture. Note réelle 3,5/5.

03/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Freaks' Squeele - Funérailles
Freaks' Squeele - Funérailles

Un spin-off qui surpasse la série mère à mes yeux, un univers plus sombre et adulte. Depuis sa sortie, je dévore chaque nouveau tome et je ne m’en lasse toujours pas. Florent Madoux, seul à la barre, est vraiment fort, il a bien digéré toutes ses influences et propose quelque chose de plaisant à la croisée du comics/manga et franco belge, tant pour le graphisme que pour l’histoire. Il y a du game of throne, du shonen, du chevalier du zodiaque … et de la musique rock, des références qui me parlent. Le monde créé et les personnages me plaisent beaucoup, l’auteur marche sur le fil (on aurait vite fait de tomber dans le nawak) mais à ce jour c’est fait avec énormément de talent, et ça se renouvelle. Bravo.

03/06/2022 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série ReV
ReV

C'est la superbe couverture et un feuilletage rapide qui m'ont fait craquer. Waouh !!!! Je découvre Édouard Cour. Je vais commencer par son dessin, il est renversant. Un véritable patchwork où se mélange, le crayonné, le déstructuré et un peu d'estampes, le tout sous un trait vif et nerveux. Mais le tour de force, c'est que cela reste homogène. Des planches où les détailles pullulent (la dernière planche en est un parfait exemple), où l'inventivité foisonne et où les couleurs apportent ce côté onirique. Que dire de la mise en page audacieuse. J'en suis pantois. - Bonjour Gladis - B... Bonjour - Souhaitez-vous personnaliser votre pseudonyme et votre avatar ? - Euh... Non, ça ira. - Choix enregistrés. Merci. Veuillez patienter......................... Chargement terminé. Bon voyage Gladis. Dans un futur indéterminé, il existe un monde virtuel, ReV, où l'on peut gagner des niveaux et des points comme dans les jeux vidéos. Gladis va franchir le pas et goûter à sa première expérience. Commence alors un voyage dans l'imaginaire et elle sera accompagnée par Mr_IO, un joueur expérimenté qui ne sera là que pour la conseiller. Ne cherchez pas de logique, le programme travaille avec les souvenirs et le subconscient de Gladis. Un scénario plus complexe que prévu, il m'aura fallu deux lectures pour bien en appréhender toutes les subtilités et mieux comprendre les dernières pages (enfin j'espère). Une narration fluide, certains passages peuvent sembler simplistes et/ou abscons, c'est Alice au pays du virtuel. Édouard Cour fait écho à Joseph Campbell et à sa théorie du mono-mythe qui consiste à démontrer que tous les mythes antiques ont le même schéma narratif. Et ce schéma est ici reproduit. Ai-je tout compris ? Pas certain, mais j'ai aimé me plonger dans ce monde de geek, il s'en dégage une ambiance de conte futuriste. Coup de cœur pour le graphisme étourdissant.

03/06/2022 (modifier)
Couverture de la série La République du Crâne
La République du Crâne

Un album que j’avais boudé à sa sortie, malgré les bons échos, je me méfiais un peu, dessins et couleurs ne me faisaient pas spécialement de l’œil. En grand vicieux que je suis, je l’ai fortement conseillé au frangin, afin de pouvoir le lire rapidement ? Eh bien, je suis ravi de dire que je suis de bon conseil. ^^ Un très bon album. J’ai été happé par l’aventure, relativement sans surprise mais vraiment bien faite avec de bons personnages, et quelques thématiques « actuelles ». Une lecture dense sans moments creux (chose rare), vraiment un chouette récit de pirates. La préface et le dossier final ajoutent à l’immersion. Pour la partie graphique, j’ai beaucoup plus de petites critiques (je suis pas fan des couleurs, du rendu des bateaux et de certains encrages) mais on ne peut pas nier que c’est super efficace et que ça ne gâche pas le plaisir. Ce n’est juste pas le trait de Ronan Toulhoat que je préfère, mais l’auteur étant prolifique, respect pour ces 200 pages, il faut assurer. Franchement bien donc, un bon one shot pour un excellent moment.

02/06/2022 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Les Cœurs de ferraille
Les Cœurs de ferraille

Les Cœurs de ferraille s'annonce comme une série d'histoires complètes en un tome, des contes rétrofuturistes dans un monde où humains et robots de côtoient sans que je puisse dire pour le moment si leur cadre sera toujours le même ou pas. Pour ce qui est du premier tome, nous sommes transportés dans un contexte qui rappelle fortement le sud des Etats-Unis, au tout début du 20e siècle, dans un village digne de la petite maison dans la prairie version sudiste mais où les esclaves noirs sont remplacés par des robots dociles, obéissants mais sensibles malgré tout. D'autres traces de technologie avancée sont également présentes, telles qu'un réseau informatique et des écrans holographiques, mais pour le reste tout parait résolument antique, jusqu'aux avions qui sont de vieux coucous en toile et en bois. Toute l'intrigue est basée sur cette transposition du thème de l'esclavage au monde robotique, avec des références aux champs de coton, au massacre de Tulsa et à une ville secrète où les esclaves émancipés viendraient chercher refuge. L'héroïne, elle, est une jeune humaine qui subit l'autorité d'une mère toxique qui la méprise et qui trouve le réconfort dans les bras de sa nounou robotique, jusqu'au jour où celle-ci se fait renvoyer par la marâtre. La jeune fille va alors fuguer et partir avec un nouvel ami pour essayer de retrouver ce robot qu'elle considère comme sa vraie mère. Munuera fait ici preuve de la maestria de son talent technique. Je lui ai trop souvent reproché son trait trop dynamique et ses personnages hyperactifs ; il évite ici cet écueil et fait preuve de bien plus de maturité. Son trait est plus posé, ses personnages plus sages, ses planches élégantes et joliment colorisées. C'est une très belle BD. Rien que pour le graphisme, l'album vaut le coup d'œil. Pour ne rien gâcher, le scénario est lui aussi à la hauteur. Il faut bien prendre en compte qu'il s'agit de contes en un tome seulement. L'histoire ne s'embarrasse donc pas de trop de complexité et certains passages peuvent paraitre légèrement rapides ou naïfs, mais ça n'en reste pas moins une bonne histoire. Les thèmes abordés sont intéressants, le contexte original et les personnages sont bons. Il y a une petite révélation en fin d'album qui vient expliquer cruellement le comportement de la mère et justifier d'autant plus les réactions de sa fille. Et puis il y a une dose de poésie et de beauté en général qui vient couronner le tout. Bref, c'est un bel album qui donne envie d'en lire d'autres dans le même univers pour voir où les auteurs vont nous mener.

02/06/2022 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Fritz Lang le maudit
Fritz Lang le maudit

Très bel album. J'étais curieux de voir le traitement qu'allaient faire Arnaud Delalande, avec son regard d'historien, et Eric Liberge, capable de s'attaquer à pas mal d'ambiances différentes, avec cette biographie partielle, après la réussite du "Cas Alan Turing". Biographie partielle car l'album s'attache à une période bien particulière de ce cinéaste né à Vienne, qui débute sa vie active en étant sculpteur et illustrateur, mais qui est frustré par les limites de ces arts et décide de s'orienter vers le 7ème Art. Avec un succès notable, dû entre autres à son association avec la scénariste et romancière Théa von Harbou, qui deviendra sa maîtresse. Une relation qui sert de moteur à l'album, en même temps qu'on observe la montée du nazisme dans l'Allemagne d'adoption du jeune réalisateur. Un parti pris narratif intéressant, car la dégoût et le malaise de Lang augmentent au diapason de la popularité du petit caporal. On apprend pas mal de choses au travers de ces destins divergents. L'album s'achève lorsque Lang, après une dernière dispute avec son ex-femme Théa, désormais acquise à la cause du national-socialisme. Côté dessin Eric Liberge fait preuve d'une belle maîtrise du decorum de l'époque, insérant habilement des revisites d'images iconiques de la carrière cinématographique du réalisateur allemand. Attention à la mise en couleurs, oscillant entre le noir et blanc presque pur et les teintes métalliques chères à Liberge. Visuellement c'est très réussi, et c'est un (gros) album que je recommande.

02/06/2022 (modifier)
Par Baboutsy
Note: 4/5
Couverture de la série L'Odyssée (La Sagesse des Mythes)
L'Odyssée (La Sagesse des Mythes)

Mon tout premier avis ici, dans l'ensemble cette série sur l'odyssée est un incontournable de la sagesse des mythes. Parfois un peu rapide dans ses passages (mais en même temps 4 tomes n'auraient surement pas suffi à tout raconter d'une façon plus claire), cependant ça ne m'a pas gêné, surtout dans la mesure où on sait que l'important dans les mythes est plus la symbolique que l'histoire en elle même. On retrouve une fois de plus ce sentiment de faire face à une logique totalement en décalage avec notre monde actuel, et ça fait plaisir (notamment certains passages très violents qui sont vraiment loin de ce qu'on attendrait d'un héros moderne). Les "dossiers" en fin de BD m'ont semblé plus superflus que sur les autres que j'avais lues. Les dessins m'ont beaucoup plu dans l'ensemble.

02/06/2022 (modifier)