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Couverture de la série Fikrie
Fikrie

Joël Alessandra est un amoureux de l’Afrique et des Africains. Nous avons ce point en commun. J'avais beaucoup aimé sa participation pour les couleurs de Séjour en Afrique, oeuvre assez difficile. Dans Fikrie Alessandra est seul aux commandes mais on retrouve un peu le même esprit onirique, un graphisme similaire et toujours ces très belles couleurs. La poésie est de mise avec l'introduction d'extraits d'oeuvres de Rimbaud qui avait trouvé l'inspiration sur les bords de la Mer Rouge loin des vals natals de ses Ardennes. Alessandra rend hommage au poète mais livre aussi son histoire, anecdote à caractère d'autofiction de la rencontre bien réaliste de Tom avec la belle Fikrie. L'auteur n'est pas tendre, ni avec son héros ni avec ses collègues même si, à leur corps défendant ils finiront à faire le bien. L'ambiance décrite n'est pas loin d'un néo colonialisme présentable avec ses beaux habits culturels. Mais la naïveté de Tom est vite rattrapée par le cynisme ambiant, volontaire ou imposé, des uns et des autres. Je n'éprouve pas trop d'empathie pour Tom qui se conduit comme un ado pas encore très responsable. J'éprouve beaucoup plus d'empathie pour la belle Erythréenne qui, comme des millions de femmes, ne peuvent survivre que grâce à leur pouvoir de séduction. En quelques cases très dignes, Alessandra nous rappelle le gouffre qui existe entre les préoccupations d'un Tom et celles d'une Fikrie. La leçon d'humanité qui permet de grandir ne proviendra pas du plus instruit et Rimbaud n'est pas forcément d'une grande aide sur le moment. Une lecture rapide mais bien intéressante.

11/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Le Prince des Ecureuils
Le Prince des Ecureuils

Faire d'un écureuil le héros d'un conte de fée est le pari que Yann a tenu avec l'aide des très bons dessins d'Hausman. Un conte de fée un peu particulier tout de même. Noir, cruel et pervers comme l'indique la quatrième de couverture. Avec un zest de sexe pour pimenter le tout. Car c'est un conte de fée bien trop épicé pour les jeunes lecteurs. En non-conformiste, Yann s'amuse avec le genre en pariant que les pires horreurs passent très bien sous la forme du conte de fée. Cannibalisme, torture, génocide, paricide sont au menu de son scénario. La présentation graphique est implicite mais ne laisse pas de doute sur la brutalité de la réalité exprimée. Le décalage est d'autant plus grand que les personnages sont quasi muets et froids, sans empathie. Tout est exprimé dans un texte récitatif très soutenu qui accentue l'écart entre culture et brutalité. En effet quand la culture s'amuse avec la brutalité le chemin vers le sadisme est tracé. Un monde étrange, très fantasmé du Moyen-Âge et comme le dit Hausman nous renvoie à Dürer et à la Renaissance allemande. Un dessin très fin et très travaillé où fourmillent les détails. C'est du très beau travail.

11/06/2022 (modifier)
Par Benjie
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Pulp
Pulp

Max Winter est un vieil homme qui écrit des histoires de cowboys inspirées de sa jeunesse. Mais les temps sont durs et de jeunes auteurs ne demandent pas mieux que de prendre la relève. Max a besoin d’argent et il ne voit qu’une façon d’en trouver : revenir à ses anciennes activités de hors-la-loi. Ce vieux monsieur qui n’a pas compris que les temps avaient changé depuis longtemps inspire la pitié. L’histoire se passe dans le New York des années 1930 alors que la montée du nazisme se fait sentir même aux Etats-Unis. C’est bien glauque, bien noir et il se dégage une très belle émotion de cette histoire. Les allers et retours entre le présent et le passé de Max sont très élégants graphiquement. Chacun est prisonnier de son destin pourrait être un des enseignements de ce récit.

11/06/2022 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5
Couverture de la série La Brigade Chimérique - Ultime Renaissance
La Brigade Chimérique - Ultime Renaissance

Avant toute chose, je préfère annoncer la couleur. L’auteur de ces lignes, et ceux qui me connaissent ne seront pas surpris, lit peu de comics et n’a aucune réticence à s’avouer profane en la matière, si ce n’est les quelques rares Marvel glanés ça et là durant une enfance déjà lointaine, et plus récemment des ouvrages d’Alan Moore ou de Robert Kirkman. Pardon pour les inconditionnels ! Mais c’était sans compter Serge Lehman, qui est arrivé avec son érudition unique dans le domaine et son ambition digne d’un titan (oui !), celle de faire revivre les « surhommes » (traduction européenne de superhéros) de l’époque dite « du radium », en référence à Marie Curie, première femme nobélisée pour ses travaux sur l’élément chimique. Car on l’ignore souvent, la chercheuse a inspiré nombre de feuilletonistes de la première moitié du XXe siècle, dans un genre qu’on n’appelait pas encore « science-fiction », le « merveilleux scientifique ». A commencer par Jean Severac, héros amnésique qui aurait travaillé avec Marie Curie dans son institut du radium et sera cité comme le Soldat inconnu dans le récit. A ses côtés, nous retrouverons Jean Lebris, alias l’Homme truqué, héros de la guerre des tranchées doté d’une vue surhumaine suite à une opération des yeux (créé en 1921 par Maurice Renard), et Felifax, homme-tigre surpuissant issu d’une expérience génétique, un personnage sorti de l’imagination de Paul Féval fils. Des personnages qui curieusement tombèrent dans l’oubli dès le début de la Seconde guerre mondiale… Dans « La Brigade chimérique – Ultime Renaissance », ces personnages formeront donc l’équipe de superhéros missionnés par le professeur Charles Dex pour défendre le Grand Paris contre les menaces diverses, dans un premier temps venues des sous-sols de la capitale (les hommes-rats donc), puis dans un second temps d’outre-espace (Chob). Serge Lehman a donc puisé, à l’aide de ses bras puissants (oui, très puissants les bras !), dans la mythologie de l’époque, en ressuscitant, sans nostalgie aucune, ces créatures de l’ « hypermonde », sorte de monde parallèle où la fiction dialogue avec la réalité. Cet opus est la suite de la première série intitulée simplement « La Brigade chimérique », avec la participation du fidèle Gess au dessin, déjà co-auteur d’autres productions de Lehman empruntant à cet univers (« L’Homme truqué » et « L’œil de la nuit »). Inutile de dire que cette suite est une réussite, et même le béotien que je suis a traversé cette lecture avec engouement voire émerveillement grâce notamment au talent narratif de l’auteur et malgré les références pléthoriques qui jalonnent l’ouvrage et ne font au contraire qu’enrichir nos connaissances ! D’un point de vue graphique, Stéphane de Caneva remplit parfaitement le cahier des charges de ce que doit être un « comic book ». Les scènes spectaculaires et « couillues » ne manquent pas, son trait réaliste et son sens du mouvement sont efficaces, et la mise en page correspond aux codes américains du genre. Mais la comparaison s’arrête là. La principale différence est que l’action se situe non pas à New York ou L.A., mais principalement en région parisienne, dans ce fameux « Grand Paris » qui pour certains appartient toujours au futur, tant il peine à prendre forme. S’il peut paraître anachronique au départ, le lecteur s’habitue pourtant très vite à ce parti pris qui consiste à réintégrer l’Europe dans la pop-culture après l’éclipse qui dure quasiment depuis la Seconde guerre mondiale, un objectif devenu sacerdoce pour Serge Lehman. L’autre caractéristique notable qui distingue « La Brigade » des productions U.S., c’est l’aspect et le genre de ces super-héros. Exit les corps bodybuildés des confrères yankees (qui sont assurément pour beaucoup dans le succès des salles de sport de ce côté-ci de l’Atlantique !). Nos « vieux » héros ont le physique modeste : l’Homme truqué (Jean Legris) est constitué de métal à 90 %, d’une corpulence plus raisonnable que celle de Robocop, tandis que le Soldat inconnu (Séverac), certes très bien gaulé, ne porte ni collant ni tenue moulante destinés à faire ressortir sa musculature. De plus, il n’échappera à personne que la « dream team » qu’est la Brigade respecte quasiment la parité. En effet, le lecteur découvrira vite que l’homme-tigre originel Félifax est désormais une femme-tigre, de son vrai nom Béatrice Ortega, et on assistera à la métamorphose de Nelly Malherbe, recrutée au départ pour ses compétences en ressources humaines, qui va peu à peu prendre conscience des super-pouvoirs dont elle a hérité de son arrière-grand-mère Palmyre. On apprécie accessoirement le chapitre scientifique, où Lehman introduit via quelques créatures d’outre-espace aux propriétés étonnantes (Chos, le redoutable « titan de l’espace » et la Xénobie, déesse cosmique polymorphe), des concepts quantiques et biologiques inconnus sur notre bonne vieille Terre. Tout cela fait de la « Brigade chimérique - Ultime Renaissance », pourrait-on dire, un vrai comics européen. Le format très vertical propre au genre est respecté, avec un découpage en huit épisodes qui auraient dû paraître les uns après les autres, mais Covid oblige, le projet est tombé à l’eau, comme l’explique Serge Lehman dans la passionnante post-face qui ne fait que dévoiler sa connaissance exhaustive du sujet. Le récit a finalement été publié en intégrale, et la motivation de David Chauvel, directeur éditorial quand il n’est pas scénariste, n’y est pas étrangère (on lui sera infiniment reconnaissant d’avoir cru au projet), car l’accouchement a été compliqué pour ce « bébé mal né ». Et pourtant, à l’heure où les menaces n’ont jamais été aussi grandes, le moment est peut-être venu pour cette bande dessinée de faire un vrai carton. Si à la base cela reste du divertissement, on peut y voir en filigrane les dangers qui traversent notre époque : réchauffement climatique et catastrophes environnementales rampantes, terrorisme de masse, violences urbaines, pandémies mondiales, montée de l’extrême-droite (les fameux hommes-rats ne sont-ils pas la meilleure métaphore pour décrire le phénomène ?), et désormais menace nucléaire avec la récente guerre en Ukraine. L’Europe que l’on croyait un havre de paix depuis 1945 est désormais un théâtre potentiel de conflits et de catastrophes, et peut-être plus encore la France, un pays où les tensions et les violences tendent souvent à s’exacerber plus qu’ailleurs. Et aujourd’hui, alors que l’Europe se cherche, sachant que depuis l’élection de Trump, elle ne peut plus compter totalement sur ses alliés historiques que sont les Etats-Unis, qu’elle doit désormais s’inventer une nouvelle identité et ne compter que sur elle-même pour sa défense, nos surhommes nietzschéens symbolisent à merveille cette problématique, prenant en quelque sorte leur revanche après des décennies d’effacement derrière les Superman, Batman et autres Captain America. Pourrait-on avancer l’hypothèse, sans tomber dans le chauvinisme, que ces héros oubliés ont été victimes de la colonisation culturelle (ce qu’on appelle aujourd’hui le « soft power ») menée avec succès par l’Oncle Sam dans la foulée du plan Marshall ? Et si leur heure était venue, et si la conjoncture actuelle était la bonne, celle qui leur permettra de s’imposer à nouveau ? Plongez-vous sans hésiter dans cette saga à la fois délicieusement régressive et pleine de sagesse, avec des héros plutôt humbles donc forcément attachants ! Une occasion d’en savoir plus sur une page de l’histoire culturelle européenne méconnue et des héros injustement refoulés aux portes de la pop-culture mondiale de la deuxième moitié du XXe siècle et de notre début de millénaire. Cet ouvrage conséquent ne fait que leur rendre justice, et cette chronique inhabituellement longue tente d’y contribuer à sa façon. Terminons juste en saluant le travail de Delcourt qui nous a concocté un très bel ouvrage avec dos toilé.

10/06/2022 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Paco les mains rouges
Paco les mains rouges

Cette BD a reçu le prix décerné par … Lulu la nantaise ! excusez-moi du peu ! je vois bien que vous êtes perplexes ! La rédaction de tous les sites du réseau ARTS dont fait partie 9ièmeArt est basée à Nantes. Je ne peux donc pas passer sous silence un prix nantais décerné à une bande dessinée d’auteurs nantais ! Wouais je suis peut-être un peu chauvin mais franchement cette série est une tuerie ! Mon palpitant en a pris un coup ! Lecture d’une seule traite. La Guyane et son bagne ! C’est le décor de l’histoire. Une narration comme si vous y étiez. L’atmosphère sordide qu’ont vécu les condamnés aux travaux forcés va vous coller à la peau. La descente aux enfers est subjuguante. Pas une minute de répit. Vous serez tenu en haleine et surtout vous ne pouvez sortir de votre lecture indemne. Tout est réglé comme du papier à musique. Les dialogues sont étudiés. Le rythme est cadencé. Pas de modération dans les propos. C’est cru mais bien dans le tempo de l’histoire. Nous sommes bien en territoire oppressant où règne la loi du plus fort. Paradoxalement dans ce climat putride et violent, c’est bien une histoire d’amitié (voir plus !) qu’Eric Sagot et Fabien Vehlmann nous relate ! Le ton est juste. Un peu d’humanité et d’espoir dans ce monde de brutes ! C’est magnifique. Le graphisme est tortueux et anguleux. Le trait est épais. La colorisation est en tons sépia. Même si pas un grand fan de ce type de dessin, j’avoue que c’est adapté pour décrire cette atmosphère suffocante. C’est brillant. Cette BD un petit bonbon acidulé à déguster sans modération. Je recommande chaudement.

10/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Moi, assassin
Moi, assassin

J’avais découvert récemment Altarriba avec L'Art de voler, que j’avais bien apprécié. Je le retrouve ici dans un tout autre registre, loin de la biographie. Mais c’est encore une lecture très plaisante. Le sujet est assez audacieux, et plutôt bien traité. Le personnage principal, chercheur universitaire spécialisé dans le domaine de l’art, s’intéresse à la cruauté dans l’art, à l’expression de la violence mortelle. Mais c’est aussi un artiste, qui met en application ses théories : pour lui, tuer n’est pas un crime, c’est un art. il accumule donc les assassinats, réalisés en esthète, avec le plus souvent une mise en scène macabre. Si l’aspect polar est intéressant, c’est surtout les réflexions autour de l’art, et d’une certaine vision sadienne de la vie qui sont captivantes. Apprécier et connaître les nombreuses œuvres évoquées est un réel plus. Altarriba en a en tout cas fait bon usage, car il n’y a jamais d’érudition stérile, la lecture est fluide. Si le sujet pouvait paraître dérangeant, il est intellectuellement stimulant. Et le dessin de Keko, très sombre, avec un trait charbonneux, convient très bien à l’atmosphère de l’histoire, cette noirceur étant relevée par quelques très rares pointes de rouge (des pommes ou du sang). Chouette lecture.

10/06/2022 (modifier)
Couverture de la série Travis
Travis

Une série que je suis depuis son tome 5, un bon cocktail d’action sur fond de récits d’anticipation sf. Ce n’est pas sans défauts mais reste toujours distrayant, les amateurs s’y retrouveront. Je passe souvent un bon moment dans cet univers et avec ces personnages. Disons le de suite, le personnage de Travis est peu intéressant, le boy-scout de service, et la révélation sur son rôle « véritable » à la fin du 1er cycle m’a fait l’effet d’un pétard mouillé. Heureusement des seconds rôles réussis (Pacman, Vlad, Thundercat…) des méchants qui deviennent gentils, un peu cliché mais je ne boude pas de les suivre, d’autant qu’ils sont réussis graphiquement. Christophe Quet, au dessin, assure le spectacle. Il possède un trait assez spécial mais que je trouve efficace. Il y a parfois des maladresses ou approximations et je l’ai moins apprécié sur certains albums, on perd en qualité je trouve, notamment le tome 16 (un changement de technique ou un peu de relâchement ?). Mais niveau design et surtout narration, c’est plus que réussi, c’est fluide et certaines scènes d’action sont d’anthologie. À ce jour, la série est composée de 5 cycles terminés, j’ai mes préférences mais les scenarii d’anticipation de Fred Duval tiennent bien la route, il n’oublie pas d’être divertissant tout en donnant à réfléchir. 1er cycle (T.1 à 5) : le début de l’aventure, plutôt tourné action (la scène de la Tour Eiffel est majestueuse) mais une fin moyenne. Divertissant 3* 2ème cycle (T.6 x 2 et 7) : j’ai adoré ce cycle, moins action, plus intime, et la tarentule m’a bien plu 4* 3ème cycle (T. 8 à 10) : très très bon, cette histoire d’intelligence artificielle, d’eau … m’a bien emballé, 4* 4ème cycle (T.11 à 13) : un peu en dessous des 2 précédents mais toujours bon, 3,5* 5ème cycle (T.14 à 16) : un petit oui, ça partait pas mal mais le finish m’a laissé un peu dubitatif. J’ai trouvé que ça voulait trop faire écho au 2ème cycle de Carmen Mc Callum, ces 2 séries partageant le même univers mais pas spécialement la même temporalité (je suis un peu largué d’ailleurs, une petite frise replaçant les différents cycles et séries ne serait pas superflu). De la chouette Série B pour les amateurs. 3,5

10/06/2022 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
Couverture de la série L'Enfer est vide, tous les démons sont ici
L'Enfer est vide, tous les démons sont ici

3.5 Les auteurs parlent de la peine de mort dans un contexte difficile : fallait-il exécuter Adolf Eichmann, un homme responsable de crimes atroces et qui en plus ne semblait exprimer aucun regret ? Le récit met en scène deux journalistes fictives, l'une israélienne et l'autre française. On croise aussi des figures historiques comme Hanna Harendt. Le scénario est bien ficelé et intelligemment écrit, on voit bien les arguments des deux camps. Comme je connaissais déjà l'issue du procès d'Eichmann et aussi sa défense ('c'est pas ma faute j'ai juste suivis des ordres'), je pensais pas que j'allais trouver le déroulement de son procès passionnant, mais très vite j'ai trouvé que c'était raconté de manière captivante. Il faut dire qu'Eichmann lui-même est un personnage troublant tant il reste froid la plupart du temps. J'ai aussi appris quelques trucs, notamment que des personnalités juives étaient contre l'exécution d'Eichmann. Le dessin est très bon et la narration fluide. Bref, l'album traite d'un sujet, la peine de mort, de manière intelligence en posant des bonnes questions (faut-il faire une exception contre un homme qui a commis le pire ?). À lire si on aime ce genre de BD.

10/06/2022 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5
Couverture de la série Djemnah - Les Ombres corses
Djemnah - Les Ombres corses

Voilà un duo d'auteurs qui, pour une première collaboration, nous propose un album très abouti ! Patrice Réglat-Vizzavona au dessin et Philippe Donadille au scénario nous embarquent dans une chasse au trésor sur leur terre d'origine : la Corse. Ange Pizarti, brocanteur sur Paris, découvre dans une vieille brochure un dessin représentant une femme au premier plan d'un paysage Corse. Intrigué par le texte l'accompagnant, il décide sur un coup de tête d'essayer de retrouver le lieu exact et d'identifier la femme du dessin. Commence alors une quête qui lui fera remonter le cours de l'histoire jusqu'à Napoléon... Voilà un one shot très réussi, tant sur la construction du récit et par les magnifiques planches toute à l'aquarelle que réalise Patrice Réglat-Vizzavona. Son coup de crayon et sa mise en couleur retranscrivent à merveille les ambiances estivales ou hivernales de la Corse que traverse notre héros. Un peu comme notre jeune Ange, on va se faire piéger par une histoire à la narration redoutable une fois que fil de cette dernière commence à être tiré. Si quelques passages historiques sont un peu trop pointu à mon goût, ils ne gênent pas pour autant le plaisir de lecture, on peut très bien les survoler et se concentrer sur cette chasse au trésor. C'est donc une très belle surprise et découverte que propose cet album, les amoureux de la Corse et des belles planches devraient se régaler !

09/06/2022 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ours
Ours

Belle surprise que cet album jeunesse ! Que ce soit sur le sujet abordé et la façon de le traiter, nos deux auteurs nous proposent un album tout en finesse qui ravira autant les jeunes lecteurs que les adultes. Ours, qui n'en est pas un, mais qui est un chien dévoué à son maître Patrick, va soudainement perdre la vue. Un comble pour un chien d'aveugle qui voit son univers s'écrouler ainsi que sa raison de vivre... Suivants les pernicieux conseils d'une bande de ratons laveurs, Ours va se retrouver à battre la campagne en espérant trouver une solution pour recouvrer la vue. Ben Queen et Joe Todd-Stanton réussissent un petit coup de maître avec cet album carré en trouvant un équilibre parfait. Que ce soit les idées originales pour faire comprendre au lecteur l'utilisation de ses autres sens, l'universalité du propos et des publics qui transpire de ce graphisme simple mais pas simpliste, on se laisse captiver et embarquer dans cette aventure. Au fil des rencontres animales que va faire Ours on apprendra également pas mal de choses sur la cécité sans que cela devienne didactique ou barbant. Voilà donc un album jeunesse (mais pas que !) qui mérite le détour pour le sujet qu'il aborde de façon intelligente tout en restant divertissant.

09/06/2022 (modifier)