J’ai eu un peu de mal à rentrer dans cette histoire, peut-être la faute à un dessin que je trouve certes esthétique, mais pas forcément idéal pour représenter les émotions des personnages, ni les décors (souvent monotones). Quoi qu’il en soit, j’ai souffert sur le premier tiers de l’album.
Et puis j’ai fini par m’intéresser aux destins assez incroyables des membres de cette expédition. Je me suis particulièrement attaché au botaniste, Antoine Laurent de Jussieu, dont l’humanisme m’a beaucoup touché. Le mini-dossier en fin d’album est un parfait complément au récit, et nous rappelle que les évènements présentés ici sont avérés, et que traverser un océan au 18eme siècle était une aventure dont on ne ressortait pas toujours vivant (à ce titre « Méridien » m’a un peu rappelé Le Voyage du Commodore Anson)
Une chouette lecture, finalement.
Bon, je vais faire simple, mon ressenti étant exactement le même que celui d’Alix, je vais me contenter de renvoyer vers celui-ci.
Hein, on me demande de développer ?
Bon.
Comme Alix, j’ai découvert cette auteure avec Sur la route de West. Et d’ailleurs, je pourrais tout aussi bien reprendre le début de mon avis sur cet album, tant j’ai là aussi eu du mal à entrer dans cette lecture, ne sachant pas trop où cela semblait nous mener (remarque valable pour l’histoire et pour le dessin).
Mais au bout d’un moment je m’y suis fait. Et, une fois embarqué, on ne peut plus lâcher cette histoire, assez hypnotique.
C’est de la SF douce, proche de ce que peut faire Frederik Peeters. Aucune esbroufe, pas de recherche de crédibilité scientifique, c’est une sorte de SF poétique (cet aspect est franchement accentué dans le dernier tiers, sur les Escaliers, avec de très belles planches !).
C’est aussi une bonne partie de l’intrigue qui reste énigmatique – mais je suis prêt à l’accepter, tant l’ensemble est envoûtant. Ainsi ces planètes improbables (comme les vaisseaux en forme d’oiseaux), ainsi de ces réparateurs de monuments perdus dans l’espace, espace et planètes sur lesquelles les personnages se meuvent sans problème pour respirer. Personnages justement, quasiment tous féminins, chose qui n’est jamais expliqué.
Les flash-backs s’imbriquent bien dans l’ensemble, l’histoire d’amour au cœur de l’intrigue aussi.
Bref, une histoire évanescente, laissant l’imagination du lecteur au pouvoir. Tillie Walden est une auteure à suivre, qui produit des œuvres sortant clairement de l’ordinaire. Une originalité sur le fond et la forme. Je suis curieux de découvrir le reste de son œuvre en tout cas.
J’aime beaucoup La brigade chimérique 1ère du nom, le scénariste remettait au goût du jour le « super-héros » européen de bien belle manière. Depuis Lehman a approfondi cet univers avec quelques séries dérivées, même si je ne les ai pas toutes lues, je trouve le tout d’une sacré richesse et cohérence. La brigade chimérique ultime renaissance s’annonce comme une conclusion (ouverte) de tout ce petit monde.
Un sacré paris pour son maître d’orchestre, d’autant que cette fois le récit se passe à notre époque, fini la première moitié du XXème siècle. La grande question est comment faire revivre ces héros « old school » et oubliés ? A mes yeux une sacré gageure.
Le scénariste s’en sort admirablement, sur un récit au fond « Marvelien » (le grand vilain m’a direct fait penser à Galactus) il propose un bel hommage au genre super-héros et en allant bien plus loin avec cette thématique européenne. Il construit un récit intelligent et rempli de nombreux clins d’œil habilement placés et plutôt discrets, les connaisseurs apprécieront, j’ai personnellement été surpris de quelques uns, ce monde est commun à celui du Shield, du Bprd … et même de Masqué, ceux ne sont que des détails sans importance mais rajoutent au charme.
En postface l’auteur avoue avoir accouché de cette œuvre dans la douleur, ça ne se voit pas à la lecture, j’aime beaucoup ce qu’il propose. Une idée qui marche sur un fil mais qui reste toujours sur un juste équilibre et dosage. Je dis bravo.
Aux dessins, Stéphane De Caneva assure la relève de Gess de belle manière, il rend une très bonne copie, une lecture fluide.
J’ai pris grand plaisir à découvrir cette aventure et retrouver certains personnages (ou versions). Je conseille forcément à ceux ayant appréciés les précédentes séries, mais aussi aux néophytes, la force de cet univers est que ça forme un grand tout mais que chacune peut se lire indépendamment.
Enfin un mot sur l’édition, pas donné mais vous en aurez pour votre argent en temps de lecture, et l’album est très classe avec sa jaquette, une couverture en partie toilée et maquette hommage au début de l’aventure chez l’Atalante.
3.5
Un manga qui fait parti de la catégorie des séries qui existent pour relaxer les lecteurs en montrant la vie quotidienne d'une gameuse et de son nouveau chat. Il y a pas de héros qui veut devenir le plus fort du monde ou d'héroïne qui veut sortir avec le garçon qu'elle aime en secret, c'est juste des situations où pourront se retrouver les propriétaires de chats.
L'humour fonctionne bien même si l'héroïne est un peu trop débile par moment, traitant les personnes autour d'elle comme des personnages de jeux vidéos. Le dessin est très bon et la narration fluide fait en sorte que les tomes se lisent rapidement sans problème. Les situations avec le chat sont amusantes et je me suis reconnu dans plusieurs situations. Une bonne idée est qu'après quelques tomes, un second chat est introduit et cela apporte du renouveau dans le récit.
Donc voilà le scénario est pas profond, mais c'est à lire si on veut passer un bon moment de détente.
Encore une très belle surprise que ce 'Labyrinthe inachevé'.
Un récit sur plusieurs strates, un père part à la recherche de sa fille décédée depuis 10 ans. Sa recherche commencera dans le monde réel pour se terminer dans un monde parallèle.
Une narration avec un fil rouge bien présent physiquement sur les planches, celui-ci provient du pull-over de sa fille, un pull-over qui se détricote à l'infini pour servir de lien entre le père et la fille.
Une narration toute en nuances qui explore les rouages du cerveau après le traumatisme de la perte d'un enfant et l'impossibilité d'en faire le deuil. Le labyrinthe en sera la clé, pas celui de Dédale pour enfermer le minotaure (même si celui-ci apparaîtra), mais plutôt comme un espace inconnu ou on peut y voir l'espace du mental, celui de l'inconscient et du subconscient.
Lemire ne tombe pas dans le larmoyant, il interroge simplement sur la difficulté à accepter l'inadmissible.
Lemire interroge aussi sur les conséquences de la perte d'un être cher. Continuer à vivre ou se recroqueviller sur soi-même quitte à s'isoler ?
Un récit poignant qui m'a profondément marqué.
Une mise en page surprenante où nos yeux suivent le sens de lecture des cases avec ce fameux fil rouge qui suit des chemins tortueux. Un trait puissant et expressif qui apporte cette force au récit.
Grandiose.
Plongez-vous dans ce Labyrinthe mental.
Je dois reconnaître que sans les bons retours du site, je n’aurais pas approché de sitôt cet album. La faute à mes préjugés sur l’éditeur et à un dessin sans plus au premier abord … une grossière erreur !! J’ai beaucoup aimé.
Une plongée dans la culture précolombienne très intéressante et agréable à suivre, il faut dire que je ne suis pas expert en la matière mais j’ai trouvé que c’était ici restitué de façon très fluide et sans lourdeur, sur le sujet j’ai lu quelques albums beaucoup moins digestes.
Voilà pour le cadre.
Mais ma sympathie pour l’œuvre va sur d’autres découvertes.
L’autrice tout d’abord, elle assure seule un boulot magnifique, un dessin et des couleurs qui vous attrapent, un séquençage réussi, un album que j’ai lu d’une traite, complètement happé.
Puis le sujet, j’ai adoré le traitement proposé pour ce personnage de la Malinche, on sait peu de choses sur elle mais l’autrice en propose une vision « contemporaine » auquel j’ai grandement adhéré. On assiste à ses jeunes années jusqu’à sa rencontre avec Cortès et la naissance de Celle qui parle, un portrait romancé donc mais crédible, réussi et accrocheur.
Je conseille et d’autant plus à ceux ayant apprécié Médée (Le Callet / Peña) et Milady de Winter, j’y ai vu beaucoup de similitudes.
Ah bah, je me suis bien amusé, là !
Basketful of heads a tout d’un polar classique, à un détail près qui fait toute la différence.
Polar classique : une jeune femme va se retrouver confrontée à une organisation criminelle dans un petit village coupé du monde. Venue rejoindre son fiancé qui officiait comme assistant de police dans le bled en question, elle va progressivement prendre conscience de la gravité de la situation tout en accumulant les meurtres (soit pour sauver sa peau, soit parce que les mecs commencent quand même tout doucement à lui casser les pieds). Ça, c’est le côté classique. Et déjà de ce point de vue, le scénario est bien fichu, les personnages sont parfois détournés des stéréotypes habituels, le récit est prenant.
Et à côté de ça, il y a tout un aspect épouvante et humour noir qui entraine le récit vers des territoires jamais explorés (du moins, je ne me souviens pas d’une idée similaire dans une autre de mes lectures). Je m’en voudrais de trop en dire car l’intrusion de cet élément fantastique et horrifique (et bien comique) a beaucoup joué dans mon appréciation (je pense que je me souviendrai longtemps de la séquence qui nous permet de découvrir le twist). En plus, cet élément apporte de nouvelles possibilités de développement à ce genre d’intrigue, permettant à l’héroïne de prendre rapidement connaissance de certains faits qu’il aurait été difficile pour le scénariste de justifier en l’absence de ce ‘pouvoir’.
Le dessin n’est pas des plus fins mais il dispose des qualités nécessaires pour illustrer le récit. Les personnages sont bien typés, leurs expressions faciales sont souvent caricaturales mais sans excès, les décors sont présents sans tout envahir. C’est agréable à lire mais sans jamais me distraire de ma lecture.
Au final, et comme dit en début d’avis, je me suis bien amusé. Vraiment une chouette lecture dans son genre, et cerise sur le gâteau, c’est un one-shot (donc pas de frustration à devoir attendre une suite éventuelle).
Si je devais résumer la très bonne série du couple Ferrier je dirais Fantastique, Humour et Fantaisie (ie pas y). J'ai vraiment apprécié chacun des six tomes de la série.
Si le tome 1 travaille comme de coutume sur la présentation des personnages et l'implantation de l'ambiance générale, les autres tomes proposent tous des thématiques différentes et d'un excellent niveau.
Les auteurs nous proposent une atmosphère fantastique où le gentil, flemmard et goinfre Kaki cohabite avec fantômes, poussières et troublions sous la direction bienveillante de Marietta qui doit faire tourner son hôtel du printemps à Noël.
Quand nos héros n'hibernent pas, ils vivent des aventures qui les mettent en face de problématique telles que le pouvoir, le droit et la liberté, la propriété et la solidarité. Les scénarii bien dynamiques et adaptés au plus jeunes (dès 7 ans à mon avis) cachent des références et des interrogations bien plus profondes.
"Il est interdit d'interdire" (article arc-en-ciel du code pénal, XLOL) découvrira notre bon Léclair pour se sortir légalement d'un bien mauvais pas. Je laisse aux plus jeunes le loisir de découvrir ce que cache ce très célèbre slogan, bien absurde et irréalisable par ailleurs.
Il y a donc un double niveau de lecture qui permet les échanges féconds.
J'ai beaucoup aimé le graphisme de Katherine Ferrier. L'autrice nous sert un trait fin et humoristique pour enfants. C'est d'un très bon goût sans blague vaseuse. Son bestiaire est vraiment bien travaillé et inventif. Il y a même une trouvaille reprise dans l'excellent Bergères Guerrières avec son Krockmonstre qui m'a fait penser à la Malbête.
Tout cela est soutenu par une formidable mise en couleur "arc-en ciel" qui donne une atmosphère très vive et chaleureuse.
Pour les apprenti-es patissier-es, il y a même une recette de gourmandises pour Kaki (et pour nous) à la fin de chaque histoire.
Pour finir un mot sur l'objet album. J'ai lu les deux premiers tomes via des occasions en albums classiques cartonnés. Puis j'ai découvert que Sarbacane venait (le 4 janvier 2023) de rééditer la série via sa collection "Les Petits Sarbac'".
Cette collection propose la série en trois petits albums (160 x 216 mm) souples qui regroupent les tomes 1 et 2, 3 et 4 puis 5 et 6. Chaque album au prix de 10,50 euros ce qui fait une série d'excellente qualité à un prix neuf très abordable (5,25 euros l'histoire).
Des esprits chagrins pourraient regretter cette économie de moyens au détriment de la qualité de lecture. Ce n'est pas mon cas. Je trouve que la qualité des cases et le plaisir de lecture ne souffrent pas de la réduction du format. De plus je trouve la couverture très attractive et très douce au toucher.
C'est une série que j'essaierai de promouvoir autour de moi avec grand plaisir.
Un peu comme les aviseurs précédents, j’ai bien aimé cette lecture. Il faut dire que je suis bien dans le public visé : le kayak, la nature, la randonnée, la nécessité de freiner l’impact des activités humaines sur l’environnement… tous ces sujets me parlent !
Le dessin n’est pas exempt de certaines maladresses, tout comme la composition de certaines planches qui me parait parfois perfectible. Cependant, a contrario, certaines planches sont de toute beauté et rendent à merveille l’immensité des paysages de ce passage intérieur et le pari fou de cette aventure humaine.
Il s’agit d’une première BD pour un dessinateur qui a de l’avenir devant lui : il n’est pas très loin parfois des BD reportages d’un Emmanuel Lepage.
J’arrondis au supérieur avec 4 étoiles.
J’ai adoré cette histoire de la Malinche. Une histoire romancée basée sur des faits réels mais l’autrice comble les zones d’ombres de la vie de ce personnage historique par une proposition très convaincante. Le Mexique de l’époque m’a semblé très bien rendu et ce périple de la Malinche, qui reste à taille humaine, est réellement passionnant. L’auteur nous invite à suivre cette aventure sur une carte de la région et l’on s’aperçoit que de Potonchan a Tenochtitlan, il y a peut-être 300 kilomètres...
Oui mais ces 300 kilomètres nous font traverser beaucoup de paysages et surtout de cultures amérindiennes et de langues ! Cette différence d’échelle par rapport à l’envahisseur espagnol est assez saisissante.
L’autrice le dit en postface : la Malinche est un personnage clivant, souvent considérée comme traîtresse à son peuple et la vision proposée ici est à la fois romancée et orientée. Mais j’ai Beaucoup apprécié cette idée que Celle qui parle, simple interprète, jeune femme amérindienne d’une culture dominée par les hommes, subissant une invasion espagnole, ait pu influencer par la parole, par la culture, par la communication, la grande histoire…
Un mot sur le dessin, qui n’est pas en reste, un dessin semi réaliste qui convient parfaitement à l’histoire et une colorisation très réussie, sachant rendre les ambiances. J’ai eu l’occasion d’échanger quelques mots avec l’autrice : il s’agit de sa première BD… de plus de 200 pages…pour un coup d’essai, c’est un coup de maître !
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Méridien
J’ai eu un peu de mal à rentrer dans cette histoire, peut-être la faute à un dessin que je trouve certes esthétique, mais pas forcément idéal pour représenter les émotions des personnages, ni les décors (souvent monotones). Quoi qu’il en soit, j’ai souffert sur le premier tiers de l’album. Et puis j’ai fini par m’intéresser aux destins assez incroyables des membres de cette expédition. Je me suis particulièrement attaché au botaniste, Antoine Laurent de Jussieu, dont l’humanisme m’a beaucoup touché. Le mini-dossier en fin d’album est un parfait complément au récit, et nous rappelle que les évènements présentés ici sont avérés, et que traverser un océan au 18eme siècle était une aventure dont on ne ressortait pas toujours vivant (à ce titre « Méridien » m’a un peu rappelé Le Voyage du Commodore Anson) Une chouette lecture, finalement.
Dans un rayon de soleil
Bon, je vais faire simple, mon ressenti étant exactement le même que celui d’Alix, je vais me contenter de renvoyer vers celui-ci. Hein, on me demande de développer ? Bon. Comme Alix, j’ai découvert cette auteure avec Sur la route de West. Et d’ailleurs, je pourrais tout aussi bien reprendre le début de mon avis sur cet album, tant j’ai là aussi eu du mal à entrer dans cette lecture, ne sachant pas trop où cela semblait nous mener (remarque valable pour l’histoire et pour le dessin). Mais au bout d’un moment je m’y suis fait. Et, une fois embarqué, on ne peut plus lâcher cette histoire, assez hypnotique. C’est de la SF douce, proche de ce que peut faire Frederik Peeters. Aucune esbroufe, pas de recherche de crédibilité scientifique, c’est une sorte de SF poétique (cet aspect est franchement accentué dans le dernier tiers, sur les Escaliers, avec de très belles planches !). C’est aussi une bonne partie de l’intrigue qui reste énigmatique – mais je suis prêt à l’accepter, tant l’ensemble est envoûtant. Ainsi ces planètes improbables (comme les vaisseaux en forme d’oiseaux), ainsi de ces réparateurs de monuments perdus dans l’espace, espace et planètes sur lesquelles les personnages se meuvent sans problème pour respirer. Personnages justement, quasiment tous féminins, chose qui n’est jamais expliqué. Les flash-backs s’imbriquent bien dans l’ensemble, l’histoire d’amour au cœur de l’intrigue aussi. Bref, une histoire évanescente, laissant l’imagination du lecteur au pouvoir. Tillie Walden est une auteure à suivre, qui produit des œuvres sortant clairement de l’ordinaire. Une originalité sur le fond et la forme. Je suis curieux de découvrir le reste de son œuvre en tout cas.
La Brigade Chimérique - Ultime Renaissance
J’aime beaucoup La brigade chimérique 1ère du nom, le scénariste remettait au goût du jour le « super-héros » européen de bien belle manière. Depuis Lehman a approfondi cet univers avec quelques séries dérivées, même si je ne les ai pas toutes lues, je trouve le tout d’une sacré richesse et cohérence. La brigade chimérique ultime renaissance s’annonce comme une conclusion (ouverte) de tout ce petit monde. Un sacré paris pour son maître d’orchestre, d’autant que cette fois le récit se passe à notre époque, fini la première moitié du XXème siècle. La grande question est comment faire revivre ces héros « old school » et oubliés ? A mes yeux une sacré gageure. Le scénariste s’en sort admirablement, sur un récit au fond « Marvelien » (le grand vilain m’a direct fait penser à Galactus) il propose un bel hommage au genre super-héros et en allant bien plus loin avec cette thématique européenne. Il construit un récit intelligent et rempli de nombreux clins d’œil habilement placés et plutôt discrets, les connaisseurs apprécieront, j’ai personnellement été surpris de quelques uns, ce monde est commun à celui du Shield, du Bprd … et même de Masqué, ceux ne sont que des détails sans importance mais rajoutent au charme. En postface l’auteur avoue avoir accouché de cette œuvre dans la douleur, ça ne se voit pas à la lecture, j’aime beaucoup ce qu’il propose. Une idée qui marche sur un fil mais qui reste toujours sur un juste équilibre et dosage. Je dis bravo. Aux dessins, Stéphane De Caneva assure la relève de Gess de belle manière, il rend une très bonne copie, une lecture fluide. J’ai pris grand plaisir à découvrir cette aventure et retrouver certains personnages (ou versions). Je conseille forcément à ceux ayant appréciés les précédentes séries, mais aussi aux néophytes, la force de cet univers est que ça forme un grand tout mais que chacune peut se lire indépendamment. Enfin un mot sur l’édition, pas donné mais vous en aurez pour votre argent en temps de lecture, et l’album est très classe avec sa jaquette, une couverture en partie toilée et maquette hommage au début de l’aventure chez l’Atalante.
La Gameuse et son chat
3.5 Un manga qui fait parti de la catégorie des séries qui existent pour relaxer les lecteurs en montrant la vie quotidienne d'une gameuse et de son nouveau chat. Il y a pas de héros qui veut devenir le plus fort du monde ou d'héroïne qui veut sortir avec le garçon qu'elle aime en secret, c'est juste des situations où pourront se retrouver les propriétaires de chats. L'humour fonctionne bien même si l'héroïne est un peu trop débile par moment, traitant les personnes autour d'elle comme des personnages de jeux vidéos. Le dessin est très bon et la narration fluide fait en sorte que les tomes se lisent rapidement sans problème. Les situations avec le chat sont amusantes et je me suis reconnu dans plusieurs situations. Une bonne idée est qu'après quelques tomes, un second chat est introduit et cela apporte du renouveau dans le récit. Donc voilà le scénario est pas profond, mais c'est à lire si on veut passer un bon moment de détente.
Le Labyrinthe inachevé
Encore une très belle surprise que ce 'Labyrinthe inachevé'. Un récit sur plusieurs strates, un père part à la recherche de sa fille décédée depuis 10 ans. Sa recherche commencera dans le monde réel pour se terminer dans un monde parallèle. Une narration avec un fil rouge bien présent physiquement sur les planches, celui-ci provient du pull-over de sa fille, un pull-over qui se détricote à l'infini pour servir de lien entre le père et la fille. Une narration toute en nuances qui explore les rouages du cerveau après le traumatisme de la perte d'un enfant et l'impossibilité d'en faire le deuil. Le labyrinthe en sera la clé, pas celui de Dédale pour enfermer le minotaure (même si celui-ci apparaîtra), mais plutôt comme un espace inconnu ou on peut y voir l'espace du mental, celui de l'inconscient et du subconscient. Lemire ne tombe pas dans le larmoyant, il interroge simplement sur la difficulté à accepter l'inadmissible. Lemire interroge aussi sur les conséquences de la perte d'un être cher. Continuer à vivre ou se recroqueviller sur soi-même quitte à s'isoler ? Un récit poignant qui m'a profondément marqué. Une mise en page surprenante où nos yeux suivent le sens de lecture des cases avec ce fameux fil rouge qui suit des chemins tortueux. Un trait puissant et expressif qui apporte cette force au récit. Grandiose. Plongez-vous dans ce Labyrinthe mental.
Celle qui parle
Je dois reconnaître que sans les bons retours du site, je n’aurais pas approché de sitôt cet album. La faute à mes préjugés sur l’éditeur et à un dessin sans plus au premier abord … une grossière erreur !! J’ai beaucoup aimé. Une plongée dans la culture précolombienne très intéressante et agréable à suivre, il faut dire que je ne suis pas expert en la matière mais j’ai trouvé que c’était ici restitué de façon très fluide et sans lourdeur, sur le sujet j’ai lu quelques albums beaucoup moins digestes. Voilà pour le cadre. Mais ma sympathie pour l’œuvre va sur d’autres découvertes. L’autrice tout d’abord, elle assure seule un boulot magnifique, un dessin et des couleurs qui vous attrapent, un séquençage réussi, un album que j’ai lu d’une traite, complètement happé. Puis le sujet, j’ai adoré le traitement proposé pour ce personnage de la Malinche, on sait peu de choses sur elle mais l’autrice en propose une vision « contemporaine » auquel j’ai grandement adhéré. On assiste à ses jeunes années jusqu’à sa rencontre avec Cortès et la naissance de Celle qui parle, un portrait romancé donc mais crédible, réussi et accrocheur. Je conseille et d’autant plus à ceux ayant apprécié Médée (Le Callet / Peña) et Milady de Winter, j’y ai vu beaucoup de similitudes.
Basketful of heads
Ah bah, je me suis bien amusé, là ! Basketful of heads a tout d’un polar classique, à un détail près qui fait toute la différence. Polar classique : une jeune femme va se retrouver confrontée à une organisation criminelle dans un petit village coupé du monde. Venue rejoindre son fiancé qui officiait comme assistant de police dans le bled en question, elle va progressivement prendre conscience de la gravité de la situation tout en accumulant les meurtres (soit pour sauver sa peau, soit parce que les mecs commencent quand même tout doucement à lui casser les pieds). Ça, c’est le côté classique. Et déjà de ce point de vue, le scénario est bien fichu, les personnages sont parfois détournés des stéréotypes habituels, le récit est prenant. Et à côté de ça, il y a tout un aspect épouvante et humour noir qui entraine le récit vers des territoires jamais explorés (du moins, je ne me souviens pas d’une idée similaire dans une autre de mes lectures). Je m’en voudrais de trop en dire car l’intrusion de cet élément fantastique et horrifique (et bien comique) a beaucoup joué dans mon appréciation (je pense que je me souviendrai longtemps de la séquence qui nous permet de découvrir le twist). En plus, cet élément apporte de nouvelles possibilités de développement à ce genre d’intrigue, permettant à l’héroïne de prendre rapidement connaissance de certains faits qu’il aurait été difficile pour le scénariste de justifier en l’absence de ce ‘pouvoir’. Le dessin n’est pas des plus fins mais il dispose des qualités nécessaires pour illustrer le récit. Les personnages sont bien typés, leurs expressions faciales sont souvent caricaturales mais sans excès, les décors sont présents sans tout envahir. C’est agréable à lire mais sans jamais me distraire de ma lecture. Au final, et comme dit en début d’avis, je me suis bien amusé. Vraiment une chouette lecture dans son genre, et cerise sur le gâteau, c’est un one-shot (donc pas de frustration à devoir attendre une suite éventuelle).
Hôtel étrange
Si je devais résumer la très bonne série du couple Ferrier je dirais Fantastique, Humour et Fantaisie (ie pas y). J'ai vraiment apprécié chacun des six tomes de la série. Si le tome 1 travaille comme de coutume sur la présentation des personnages et l'implantation de l'ambiance générale, les autres tomes proposent tous des thématiques différentes et d'un excellent niveau. Les auteurs nous proposent une atmosphère fantastique où le gentil, flemmard et goinfre Kaki cohabite avec fantômes, poussières et troublions sous la direction bienveillante de Marietta qui doit faire tourner son hôtel du printemps à Noël. Quand nos héros n'hibernent pas, ils vivent des aventures qui les mettent en face de problématique telles que le pouvoir, le droit et la liberté, la propriété et la solidarité. Les scénarii bien dynamiques et adaptés au plus jeunes (dès 7 ans à mon avis) cachent des références et des interrogations bien plus profondes. "Il est interdit d'interdire" (article arc-en-ciel du code pénal, XLOL) découvrira notre bon Léclair pour se sortir légalement d'un bien mauvais pas. Je laisse aux plus jeunes le loisir de découvrir ce que cache ce très célèbre slogan, bien absurde et irréalisable par ailleurs. Il y a donc un double niveau de lecture qui permet les échanges féconds. J'ai beaucoup aimé le graphisme de Katherine Ferrier. L'autrice nous sert un trait fin et humoristique pour enfants. C'est d'un très bon goût sans blague vaseuse. Son bestiaire est vraiment bien travaillé et inventif. Il y a même une trouvaille reprise dans l'excellent Bergères Guerrières avec son Krockmonstre qui m'a fait penser à la Malbête. Tout cela est soutenu par une formidable mise en couleur "arc-en ciel" qui donne une atmosphère très vive et chaleureuse. Pour les apprenti-es patissier-es, il y a même une recette de gourmandises pour Kaki (et pour nous) à la fin de chaque histoire. Pour finir un mot sur l'objet album. J'ai lu les deux premiers tomes via des occasions en albums classiques cartonnés. Puis j'ai découvert que Sarbacane venait (le 4 janvier 2023) de rééditer la série via sa collection "Les Petits Sarbac'". Cette collection propose la série en trois petits albums (160 x 216 mm) souples qui regroupent les tomes 1 et 2, 3 et 4 puis 5 et 6. Chaque album au prix de 10,50 euros ce qui fait une série d'excellente qualité à un prix neuf très abordable (5,25 euros l'histoire). Des esprits chagrins pourraient regretter cette économie de moyens au détriment de la qualité de lecture. Ce n'est pas mon cas. Je trouve que la qualité des cases et le plaisir de lecture ne souffrent pas de la réduction du format. De plus je trouve la couverture très attractive et très douce au toucher. C'est une série que j'essaierai de promouvoir autour de moi avec grand plaisir.
Le Passage intérieur
Un peu comme les aviseurs précédents, j’ai bien aimé cette lecture. Il faut dire que je suis bien dans le public visé : le kayak, la nature, la randonnée, la nécessité de freiner l’impact des activités humaines sur l’environnement… tous ces sujets me parlent ! Le dessin n’est pas exempt de certaines maladresses, tout comme la composition de certaines planches qui me parait parfois perfectible. Cependant, a contrario, certaines planches sont de toute beauté et rendent à merveille l’immensité des paysages de ce passage intérieur et le pari fou de cette aventure humaine. Il s’agit d’une première BD pour un dessinateur qui a de l’avenir devant lui : il n’est pas très loin parfois des BD reportages d’un Emmanuel Lepage. J’arrondis au supérieur avec 4 étoiles.
Celle qui parle
J’ai adoré cette histoire de la Malinche. Une histoire romancée basée sur des faits réels mais l’autrice comble les zones d’ombres de la vie de ce personnage historique par une proposition très convaincante. Le Mexique de l’époque m’a semblé très bien rendu et ce périple de la Malinche, qui reste à taille humaine, est réellement passionnant. L’auteur nous invite à suivre cette aventure sur une carte de la région et l’on s’aperçoit que de Potonchan a Tenochtitlan, il y a peut-être 300 kilomètres... Oui mais ces 300 kilomètres nous font traverser beaucoup de paysages et surtout de cultures amérindiennes et de langues ! Cette différence d’échelle par rapport à l’envahisseur espagnol est assez saisissante. L’autrice le dit en postface : la Malinche est un personnage clivant, souvent considérée comme traîtresse à son peuple et la vision proposée ici est à la fois romancée et orientée. Mais j’ai Beaucoup apprécié cette idée que Celle qui parle, simple interprète, jeune femme amérindienne d’une culture dominée par les hommes, subissant une invasion espagnole, ait pu influencer par la parole, par la culture, par la communication, la grande histoire… Un mot sur le dessin, qui n’est pas en reste, un dessin semi réaliste qui convient parfaitement à l’histoire et une colorisation très réussie, sachant rendre les ambiances. J’ai eu l’occasion d’échanger quelques mots avec l’autrice : il s’agit de sa première BD… de plus de 200 pages…pour un coup d’essai, c’est un coup de maître !